SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Pénibilité et réforme des retraites : la « justice sociale » à la moulinette

Attac France, 16 décembre 2019

La projet de réforme des retraites va faire disparaître les retraites anticipées pour travail pénible du secteur public, et aligner tout le monde sur le dispositif dérisoire aujourd’hui en vigueur dans le privé (le « compte professionnel de prévention », C2P). Tout le monde ? Non : les policiers et gendarmes, exerçant des fonctions « régaliennes et exposant au danger », continueront à pouvoir partir à 52 ans. Tandis que les ouvriers du bâtiment, exposés à des dangers encore plus graves, devront partir à 64 ans – la pénibilité de leurs métiers n’étant pas reconnue.

La pénibilité du travail à l’origine des inégalités devant la mort

« Moi j’adore pas le mot de pénibilité, parce que ça donne le sentiment que le travail serait pénible », disait Emmanuel Macron le 3 octobre dernier.

Pourtant, selon les chiffres du Ministère du travail [1], 70 % des ouvriers sont quotidiennement exposés à au moins un facteur de pénibilité physique. C’est aussi le cas pour 36 % des employés mais seulement 12 % des cadres. Pire encore, 26 % des ouvriers cumulent au moins trois facteurs de pénibilité, contre 0,5 % des cadres.

Les conséquences sont lourdes en termes d’inégalités sociales de santé. Selon l’Insee [2], chez les hommes, l’écart moyen d’espérance de vie à 35 ans entre un ouvrier et un cadre est encore aujourd’hui de 6,4 années ; il est de 3,2 années entre une ouvrière et une cadre.

La pénibilité ne sera plus reconnue dans le secteur public

Historiquement, les agents de la Fonction publique ont obtenu une reconnaissance de cette inégalité devant la mort : l’exercice de travaux pénibles permet d’accéder à un départ plus précoce à la retraite, par le biais du classement en « catégorie active ».
Même si rien ne peut compenser une mort précoce, les missions dangereuses ou insalubres, le travail de nuit (facteur reconnu de cancer du sein), sont aujourd’hui « compensées » de cette façon : 43 % des départs sont anticipés pour « catégorie active » dans la Fonction publique hospitalière, 21 % dans la Fonction publique d’État (et 6 % dans la Fonction publique territoriale).

En 2016, 66% des personnels des services de soins occupent un emploi de catégorie active ; c’est le cas pour 80 % des aides-soignantes [3].

Dans la fonction publique d’État, ce sont surtout les policiers, douaniers, surveillants pénitentiaires… qui bénéficient de la catégorie « active », et ont actuellement le choix de partir à la retraite à taux plein à 57 ans, ou à 52 ans avec décote. Chez les enseignants, les instituteurs étaient classés en catégorie dite « active » mais ne le sont plus depuis leur intégration dans le corps de professeurs des écoles.

Enfin dans les transports publics, les réformes de 2003 et 2010 ont réduit les départs anticipés. L’âge de départ est de 52 ans pour les agents de conduite de la SNCF (contre 57 ans pour le reste des agents « sédentaires ») ; mais les nouveaux embauchés partiront à 62 ans après la réforme de 2018. A la RATP, c’est de 52 ans pour le personnel roulant ou travaillant en souterrain et 57 ans pour le personnel travaillant en atelier (contre 62 ans pour le personnel sédentaire).

Dans la réforme Delevoye, tous ces éléments de reconnaissance de la pénibilité vont disparaître. Tous ? Enfin presque… Les policiers et gendarmes, comme l’a annoncé Christophe Castaner, conserveront leurs droits acquis du fait des dangers auxquels ils sont exposés. Mais sont-ils les seuls à risquer leur vie au travail ?

Accidents du travail mortels : les ouvriers du bâtiment plus touchés que les policiers

La réponse est clairement négative : selon les données officielles, le taux d’accidents mortels dans la police et la gendarmerie a été inférieur à celui du bâtiment et des travaux publics sur la période 2015-2017. Malgré un pic exceptionnel en 2016 – 26 policiers et gendarmes tués en service [4] -, la police et la gendarmerie comptent en moyenne 7,3 accidents mortels par an pour 100 000 salariés, contre 8,2 pour le bâtiment-travaux publics [5] sur les trois dernières années connues.

 

Comme le montre le remarquable blog de Mathieu Lépine, « Accident du travail : silence, des ouvriers meurent », les ouvriers du BTP paient un lourd tribut à la société.

Or les ouvriers du BTP ne disposent d’aucun moyen d’anticiper leur départ à la retraite : les critères de pénibilité qui pouvaient s’appliquer à eux – vibrations, postures pénibles et manutention de charges lourdes – ont été retirés du dispositif « pénibilité » par les ordonnances Macron de 2017.

Compte pénibilité dans le privé : un dispositif indigent

La réforme Hollande de 2013 avait en effet créé un compte pénibilité, supposément pour permettre aux métiers pénibles de ne pas subir de plein fouet le report de l’âge de la retraite à 62 ans. Il aurait fallu avoir été exposé pendant 20 ans à une pénibilité, et que l’employeur la déclare chaque année, pour avoir droit à partir à 60 ans au lieu de 62.

Même si cette mesure était très insuffisante pour compenser les injustices liées aux écarts de mortalité, le Medef a bloqué son application, et Emmanuel Macron l’a encore affaiblie en 2017, en supprimant 6 des 10 critères de pénibilité : exit les produits chimiques cancérogènes, les postures pénibles, le port de charges, les températures extrêmes, les vibrations… seuls restent le travail en équipes alternantes, le travail de nuit et le travail répétitif [6].

Depuis 2017 aucun chiffre officiel n’a été publié concernant le nombre de salariés inclus dans le nouveau dispositif au rabais. Mais les résultats du dispositif initial (Compte personnel de prévention de la pénibilité, C3P) étaient déjà très médiocres : sur 3,3 millions de « bénéficiaires » annoncés par la loi de 2013, seulement 900 000, moins d’un tiers, ont vu la pénibilité de leur travail reconnue et déclarée par leur employeur en 2016 [7]. Si l’on se limite aux 3 critères encore valables (travail de nuit, du travail en équipes ou du travail répétitif), seulement la moitié (630 000 exactement, soit 3 % des salariés du privé) [8] ont été reconnus. Autrement dit la réforme Macron a divisé par 2 le dispositif pénibilité déjà rachitique de la réforme Hollande de 2013. Cela signifie que dans 20 ans, avec l’actuel dispositif, au maximum 3 % des départs à la retraite pourront être anticipés en reconnaissance de la pénibilité du travail.

En 2018, sur 600 00 départs à la retraite dans le régime général, 1 500 salariés (soit 0,3% !) ont pu anticiper leur départ en retraite de un ou plusieurs trimestres grâce à leur compte pénibilité. Si on y ajoute les 4 000 salariés qui ont pu partir à 60 ans du fait d’une exposition reconnue à l’amiante, on aboutit à moins de 1 % de salariés du secteur privé bénéficiant d’une retraite un peu plus précoce du fait de la pénibilité de leur métier.

par Attac France

Publié par anti-K

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

L'article marque la très forte disparité entre ces journalistes star qui occupent les ondes aux heures stratégiques et dans les émissions le plus importantes et une masse de journalistes rétribués de bien moindre façon.

N'oublions pas que ce système - pour le privé en tout cas - est la propriété d'une dizaine de milliardaires qui se sont achetés une part du marché de l'influence et de la propagande afin de préserver leurs intérêts de classe.

Nul étonnement donc que ces journalistes star et ces éditocrates soutiennent actuellement la contre-réforme actuelle des retraites et pointent du doigts les "privilégiés " de la SNCF et de la RATP.

En bons serviteurs de ceux qui les paient grassement !

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Source : ACRIMED, Frédéric Lemaire, 26-11-2019

 

Lors des mobilisations des gilets jaunes, les journalistes n’ont pas manqué de s’interroger sur la « défiance » exprimée par les manifestants à l’égard des médias. Pour certains, leur profession serait victime d’un mythe, selon lequel les journalistes seraient membres d’une élite parisienne, fortunée, proche du pouvoir. En particulier, la question du salaire des journalistes a pris une dimension importante : dans quelle mesure son montant révèle-t-il une éventuelle déconnexion à l’égard du reste de la population ? Dans cet article, nous proposons un ensemble de chiffres qui livrent, en réalité, une situation très contrastée. Il n’en reste pas moins qu’au sein de la profession, les éditocrates et autres présentateurs stars – qui font l’agenda médiatique – affichent des rémunérations très supérieures à celles de la grande majorité de la population française – et en particulier des autres journalistes.

En décembre 2018, dans une émission d’Arrêt sur images, l’historienne Ludivine Bantigny expliquait la déconnexion des présentateurs stars des chaînes d’information vis-à-vis du mouvement des gilets jaunes par leurs salaires très élevés. « J’ai vérifié les salaires des journalistes, ce sont des gens qui sont payés entre 15 000 et pour certains 50 000, 60 000 euros mensuels » avançait-elle, à la suite de la diffusion d’un extrait d’une émission de Bruce Toussaint.

Souvent prise au pied de la lettre – comme si l’historienne évoquait le cas de l’ensemble des journalistes – la citation a suscité de nombreuses réactions dans les médias [1]. Selon L’Express, les salaires faramineux des journalistes seraient « un mythe » ; un « fantasme » selon Challenges ; Le Parisien y va également de son article de « fact-checking ».

Autant de mises en perspective qui ont au moins l’intérêt de rappeler la grande hétérogénéité des situations parmi les journalistes. Ainsi, comme le rappelle l’article de L’Express, les titulaires d’une carte de presse ne disposent pas tous de revenus comparables à ceux de Natacha Polony, qui touchait 27 400 euros mensuels (l’article ne précise pas s’il s’agit du montant net ou brut) pour sa revue de presse sur Europe 1 jusqu’en 2017, ou de Maïtena Biraben (55 944 euros brut par mois comme présentatrice du « Grand journal », avant son licenciement en 2016).

Selon les chiffres de l’Observatoire des métiers de la presse, le salaire médian des journalistes en CDI est, en 2017, de 3 591 euros brut par mois (plus de 2 700€ net), celui des pigistes et des CDD de 2 000 euros environ (soit plus de 1 500€ net). À cela s’ajoute un abattement fiscal de 7 650 euros sur leurs revenus imposables. Pour rappel, selon l’INSEE le salaire médian mensuel net s’élevait à 1 789€ en 2016 en France dans le secteur privé (soit un peu plus de 2 300€ brut).

Challenges reprend quant à lui les chiffres de 2011, avancés par Éric Marquis (membre de la Commission de la carte de 1994 à 2018), pour étudier la répartition des salaires des détenteurs de la carte de presse embauchés en CDI. Nous les avons représentés sous forme de graphique :

Enfin Le Parisien apporte également d’autres éléments, en évoquant la grille de salaires établie par le Syndicat national des journalistes (SNJ). En 2017, dans la presse quotidienne nationale, les salaires varient entre 2 162 euros brut à la sortie d’une école de journaliste (près de 1 600€ net) à 5 430 pour un rédacteur en chef (près de 4 200€ net). Pour la presse quotidienne régionale, les salaires sont légèrement inférieurs, de 1 833 à 5 138 euros brut.

Dans Challenges, le sociologue Jean-Marie Charon, note « un phénomène de précarisation de la profession, mais qui n’est pas très nouveau », avec notamment le nombre croissant de pigistes dans les statistiques de la commission de la carte. Pigistes qui sont confrontés à des difficultés croissantes (comme le rappelait Arrêt sur images) et rémunérés à des tarifs bas et qui n’ont pas été revalorisés depuis parfois quinze ou vingt ans (comme le souligne le dernier rapport de la Scam). Et qui sont fortement pénalisés par la réforme de l’assurance-chômage en application depuis novembre 2019.

Le rapport de la Scam revient par ailleurs de manière détaillée sur le « grand écart » des rémunérations parmi les journalistes. Une enquête réalisée auprès de 4 000 journalistes pointe notamment les inégalités importantes entre permanents et pigistes, mais également parmi les permanents (avec des salaires nets mensuels allant de 1 150 à 10 000 euros). Les inégalités se distribuent selon les types de médias (télévision, presse écrite, radio ou web), l’âge (les plus jeunes étant embauchés à des salaires moindres), mais également le genre (les femmes étant moins bien payées, moins souvent embauchées en CDI ou à des postes d’encadrement).

 

Des « journalistes stars » aux salaires faramineux

Ces considérations importantes sur les fortes inégalités qui traversent le milieu – et la précarisation qui touche la profession – ne remettent nullement en question le fond du problème posé par Ludivine Bantigny. Car si la plupart des journalistes sont loin de rouler sur l’or, ce sont les rédacteurs en chef et autres animateurs ou journalistes stars – aux salaires parfois faramineux – qui sont en position de fixer les orientations éditoriales. Et dont la déconnexion avec la réalité de la plupart des salariés (y compris des « simples journalistes ») pose question. Outre les cas de Maïtena Biraben et de Natacha Polony, les exemples ne manquent pas.

Ainsi Mediapart évoque-t-il, dans une enquête publiée en avril 2019, les contradictions de la politique salariale d’Europe 1 : d’un côté, des réductions budgétaires pour les salariés et pigistes ; et de l’autre, des contrats aux montants mirobolants pour ses animateurs (avec des salaires moyens de 15 513 euros en 2015) et les « têtes d’affiche » telles que Nicolas Canteloup (qui bénéficie d’un contrat prévoyant une enveloppe « d’un montant mensuel forfaitaire et définitif de 150 755 euros HT » [2]) :

Il est vrai qu’Arnaud Lagardère peut se montrer généreux et que sa radio n’a jamais prétendu mettre au régime sec ses intervenants les plus prestigieux. Dans les fiches de salaire que nous avons pu consulter, on trouve d’anciennes gloires du petit écran payées 3 000 euros la chronique, des matinaliers flirtant avec les 30 000 euros de salaire.

Cyril Hanouna aussi a eu la promesse de voir son très confortable salaire augmenter régulièrement. S’il n’avait pas quitté la station après des scores d’audience décevants, sa société H20 aurait dû recevoir 750 000 euros pour la saison 2016-2017, 800 000 euros l’année suivante.

Le Dauphiné libéré a également publié une enquête en avril 2018 sur les salaires des journalistes. Le quotidien régional évoque notamment des ordres de grandeur pour les salaires des présentateurs de TF1 (Gilles Bouleau, Anne-Claire Coudray et Jean-Pierre Pernaut), estimés entre 30 000 et 45 000 euros par mois [3] ; de Ruth Elkrief sur BFM-TV (10 000 euros par mois) ainsi que pour le service public : 15 000 euros net par mois pour Laurent Delahousse (France 2) et 6 000 euros net par mois pour les présentatrices et présentateurs de France 3. Les matinales radio ne sont pas en reste : le prédécesseur de Patrick Cohen au 7-9 d’Europe 1, Thomas Sotto, touchait un salaire de 37 938 euros net par mois selon le Canard enchaîné. Des ordres de grandeur qui demeurent inférieurs au salaire de Claire Chazal, présentatrice de TF1 sur le départ, révélé par Challenges en 2015 : près de 120 000 euros brut par mois.

Une enquête de BFM-Business évoquait déjà les salaires des journalistes en CDI au sein des groupes audiovisuels français pour l’année 2014 :

À noter que ces moyennes de salaires sont des indicateurs qui peuvent être trompeurs, car très sensibles aux importantes inégalités de salaires. En l’occurrence, les salaires considérables des « journalistes stars », dont les ordres de grandeurs ont été évoqués précédemment, contribuent à tirer vers le haut ces moyennes.

Il n’empêche que le niveau de ces moyennes place les journalistes permanents dans les groupes d’audiovisuel parmi les salariés les mieux lotis de la population française. Selon les données 2016 de l’Observatoire des inégalités, la moyenne de ces salaires correspond aux 10% des salariés les mieux payés en France. Le pourcentage des salariés français touchant un salaire mensuel net au moins aussi élevé que les moyennes indiquées varie de 9% (pour ce qui est du montant le plus « faible », celui de NextRadioTV) à 6% (pour ce qui est de TF1).

Pour compléter ces informations, nous proposons, sur la base d’éléments fournis par différentes sources, plusieurs fourchettes de salaires pour l’année 2016 qui recoupent les informations déjà rendues publiques :

Ainsi, au sein même du groupe privilégié des présentateurs ou animateurs « en vue » sur les chaînes de TV et radio, les différences de salaires restent importantes. Et si François Gapihan (BFM-TV) peut se prévaloir publiquement d’un salaire très confortable mais pas extravagant (3 600€ net par mois), il est loin des montants touchés par les « stars » de sa propre chaîne, des présentateurs des JT de France 2 et TF1 ou des animateurs matinaliers des stations de radio privées. Ces derniers s’inscrivent tous largement, selon les chiffres de l’Observatoire des inégalités, dans les 1% des salariés les mieux rémunérés.

Un autre cas de figure intéressant à étudier est celui des éditocrates multicartes qui multiplient les sources de revenus en se déployant sur différents médias : presse, radio, télévision. Les cas sont nombreux, si l’on se réfère encore une fois à l’année 2016 : ainsi Christophe Barbier était directeur de rédaction de L’Express (jusqu’en octobre 2016) et chroniqueur pour BFM-TV, il était rémunéré par le groupe Altice Média (devenu SFR Presse en juillet 2016) ; Franz-Olivier Giesbert était rémunéré par Le Pointet RTL (« Les grosses têtes ») ; Hervé Gattegno par le JDD, RMC et BFM-TV où il donnait son « parti-pris » ; Nicolas Domenach était chroniqueur à Challenges, « La nouvelle édition » (Canal +) et débattait avec Éric Zemmour tous les matins sur RTL à partir du mois d’août ; Thomas Legrand intervenait comme éditorialiste politique dans la matinale de France Inter et chroniqueur dans « 28 minutes » ; Dominique Seux était également éditorialiste dans la matinale de la radio publique, et directeur des Échos ; Nicolas Beytout était rémunéré par L’Opinion dont il est le fondateur et par France Inter, où il donnait son éditorial le samedi matin ; Jean-Michel Aphatie cumulait les revenus de ses activités sur Europe 1, sur France Info et dans « C l’hebdo » (France 5). Enfin Yves Calviintervenait sur RTL (animateur de la matinale), sur LCI et dans « C dans l’air » (France 5). Là encore, au sein même de cet échantillon du petit groupe privilégié des éditocrates multicartes, les écarts de revenus cumulés sont importants puisqu’ils varient de 100 000 euros brut annuel à près d’un million d’euros [4]. Tous figurent (au moins) dans les 2% des salariés français les mieux rémunérés.

***

Que gagnent les journalistes ? Le rapide panorama que nous avons tenté de dresser fait état d’une situation très inégale parmi les journalistes. Non, tous les journalistes ne roulent pas sur l’or – et certains s’emploient à faire un travail exigeant dans des conditions de précarité accrue, en particulier parmi les pigistes de plus en plus nombreux. Les journalistes en CDI bénéficient en majorité de bons salaires (avec un salaire médian de 2 700€ net par mois en 2017). Enfin, une minorité de journalistes, présentateurs stars ou éditocrates multicartes – souvent dans des positions décisionnaires dans les rédactions – bénéficient quant à eux de salaires considérables. Et Ludivine Bantigny n’a sans doute pas tort de pointer que cela les place, à tout le moins s’agissant des conditions matérielles d’existence, bien plus près du grand patronat que des gilets jaunes…

Frédéric Lemaire

Annexe : les animateurs-producteurs de la télévision

Les animateurs-producteurs de la télévision ne sont généralement pas journalistes. Mais leur cas n’en reste pas moins intéressant, c’est pourquoi nous le traitons en annexe. Dans un article publié en avril 2018, Le Dauphiné libéré s’intéresse aux salaires des animateurs de télévision. Cette enquête fait suite à la publication d’une interview de Thierry Ardisson dans le JDD où il affirmait gagner entre 15 000 et 20 000 euros par mois. Elle reprend en grande partie les éléments d’un dossier publié par le magazine Capital en mars 2017 concernant les « animateurs-producteurs ».

L’article du Dauphiné évoque notamment le cas de Cyril Hanouna, dont la société (H20) affichait un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros pour la saison 2016-2017, sur la base d’un contrat de 250 millions d’euros sur cinq ans signé avec Vincent Bolloré et le groupe Canal+.

Le cas de Nagui est également cité :

France Télévisions commanderait pour 30 à 32 millions d’euros d’émissions à la société qu’il a créée, Air Productions (« Tout le monde veut prendre sa place », « Taratata », « N’oubliez pas les paroles »…). Pour les présenter, il toucherait un total de cachets estimé entre 750 000 et un million d’euros. Il percevrait par ailleurs entre 120 000 et 150 000 euros de salaire annuel pour animer quotidiennement « La Bande originale » sur France Inter. Mais c’est en tant qu’actionnaire que l’animateur gagnerait énormément d’argent : ses parts (5,3%) dans la société Banijay, qui lui a racheté Air Productions en octobre 2008 mais où il reste décisionnaire, pèseraient 20 millions d’euros aujourd’hui.

Ainsi que les cas de Yann Barthès, Arthur et Michel Drucker :

Le troisième animateur-producteur qui transforme ce qu’il touche en or ? Le Savoyard Yann Barthès, co-actionnaire majoritaire de Bangumi (« Quotidien » sur TMC, « Stupéfiant » sur France 2), qui aurait engrangé 27 millions d’euros de chiffre d’affaires sur l’exercice 2016-2017. Arthur arriverait quatrième avec 14 millions d’euros de chiffre d’affaires pour sa société « Satisfaction » (« Vendredi tout est permis »), devant Michel Drucker et ses 9 millions d’euros avec « Production DMD » (« Vivement dimanche »).

Publié par FSC

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Retraite, tous ensemble

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TOUS ENSEMBLE LE 17 DECEMBRE

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Retraites. Non, le système suédois n’est pas un exemple à suivre Mr Berger

Comme on peut le lire dans l’entretien qu’il donne au JDD, pour Laurent Berger, c’est bien l’âge pivot, et seulement celui-ci, qui est inacceptable dans la réforme actuelle. Grand fan du système par points, il estime qu’il ne manquerait juste qu’à mieux prendre en compte la pénibilité du travail pour arriver à construire un système « universel » équitable. Et bien non, Monsieur Berger se trompe (ou cherche à nous tromper)...

RETRAITES À POINTS

En Suède justement, modèle à suivre selon la macronie, le système est loin de satisfaire les salariés ou les syndicats. La réforme date de 1994 mais ne s’est appliquée qu’à partir de 1998. En vingt ans, pour maintenir le financement en équilibre, à trois reprises, il a été révisé, réduisant d’autant le montant des pensions. En effet, la valeur des points a déjà été modifiée en fonction de l’espérance de vie de la génération du retraité, de la conjoncture économique du pays (des cotisations collectées), et de l’âge de départ à la retraite. Ainsi, la valeur du point est devenue une donnée conjoncturelle. Elle a été réduite de -3% en 2010 et -4% en 2011, avant de remonter +3 et +4% les deux années suivantes, puis de redescendre en 2014.

Le taux moyen de remplacement s’est tassé, passant à 60% pour une carrière complète en 2000 à 53% en 2018. Le système pousse à travailler plus longtemps, car à 67ans, le taux atteint péniblement 60%.

Pour compenser le manque à gagner, les Suédois peuvent s’appuyer sur des ressources complémentaires, à savoir le régime conventionnel et le régime des fonds de retraite privés individuels. Le dernier représente une part marginale des pensions versées (6%) tandis que la retraite conventionnelle rajoute en moyenne 10 à 20% du dernier revenu. L’un dans l’autre, le suédois atteint un taux de remplacement de 70% mais en mobilisant des ressources d’épargne propres ou des ressources ponctionnées sur les salaires conventionnels de branche. Mais ont des système de capitalisation, avec des fonds de pension en cogestion paritaire.

Le système par points brille par les inégalités qu’il reconduit. Les femmes sont pénalisées, en particulier celles nées avant 1945. Un quart des plus de 75 ans perçoivent une retraite de moins de 1150 euros par mois et doivent alors faire appel à des allocations de logement ou du minimum vieillesse. De plus, il n’a rien universel. Ainsi, les points collectés au cours d’une carrière faite de temps partiel ou de cessation d’activité pour prendre le charge l’éducation des enfants pénalisent lourdement les femmes. Leur retraite sont en moyenne inférieures de 600 euros par mois par rapport à celles des hommes. Il ne faut donc pas s’étonner que depuis l’an 2000, la part des personnes âgées de 67 ans ou plus continuant à travailler est passée de 18% à 36%. Le cas de femmes âgées vivant dans la pauvreté est devenu si banal qu’elle a inspirée une série télévisée “Braquage à la suédoise” mettant en scène des mamies qui décident de braquer une banque pour assurer leurs vieux jours…

La prise en compte de la pénibilité serait le point fort du système à points. Rien de cela en Suède. Le seul “acquis” du système étant que les pensions sont devenues flexibles et que les cols bleus peuvent progressivement passer au temps partiel mais sans avoir un âge de départ ajusté.. La confédération syndicale suédoise LO revendique désormais une réforme globale du système à points, une hausse des retraites, une baisse de la charge fiscale et une péréquation de celles-ci sur les salaires des non-retraités.

Les points s’envolent sans jamais revenir

Comme l’explique à juste titre l’économiste Benoît Borrits, le système par points n’a que l’apparence de l’équité. Il est fondé sur un principe où les cotisations des salariés sont converties en points sur la base d’un prix d’achat, lesquels seront ensuite convertis en pensions selon la valeur du point au moment de l’entrée en retraite. Ce système est doublement désavantageux pour les salariés. D’abord, il n’existe aucune garantie d’évolution du prix d’achat du point et de sa valeur liquidative dans le temps. Il peut donc être indexé sur les salaires ou sur le coût de la vie. Ou pas.

Ensuite, la règle « un euro cotisé doit ouvrir les mêmes droits », fondement du régime à points, est tout sauf équitable. En effet, quiconque traite les inégalités de façon égale ne fera que reconduire celles-ci. Par conséquent, selon Benoît Borrits, « un tel système pénalisera les personnes qui ont eu une carrière discontinue, notamment les précaires, et accentuera, dans la retraite, l’inégalité homme-femme. » C’est exactement ce qui s’est passé en Suède.

Dans le système par répartition, les actifs d’aujourd’hui financent via les cotisations les pensions des retraités d’aujourd’hui. Il s’agit d’un contrat social de solidarité intergénérationnelle qui implique que les actifs d’aujourd’hui bénéficieront des mêmes droits au salaire socialisé lorsqu’ils et elles auront atteint l’âge de départ à la retraite.

Certes, ce système n’a pas été à même de répondre à la progressive érosion de l’emploi stable. La précarisation des statuts, le temps partiel, l’intérim et les CDD produisent des retraites insuffisantes. Mais il aurait suffit de considérer que ces formes atypiques de l’emploi ne modifient en rien les droits à la retraite, de considérer ces années de faible ou de non cotisation (chômage) comme équivalents à des années de travail à temps plein pour offrir à ces salaries le droit à des retraites pleines. En règle générale, le chômage est involontaire car il est le résultat d’un changement conjoncturel ou structurel et fait suite à des décisions prises par les employeurs (« investir », « moderniser », « externaliser », « délocaliser », etc.).

La solution ? Faire payer le capital !

Pour financer le manque à gagner, il serait possible de faire surcotiser les employeurs pour les contrats courts (intérim et CDD) tout comme il est envisageable d’élargir l’assiette de cotisations en incluant dans le calcul des cotisations à la sécurité sociale les dividendes sinon une part de la valeur ajoutée (ce qu’on appelle aussi taxer les robots).

Plus on creuse la question plus on comprend que les régimes spéciaux qui permettent des départs anticipés à la retraite existent parce qu’on a pris en compte la dangerosité et les pénibilités du travail (posté, de huit, weekend, etc). Ces salariés (ou fonctionnaires) voient rarement grandir leurs enfants tandis que le rythme de travail tend à réduire l’espérance de vie et notamment celle où on est encore en bonne santé.

Les chiffres que l’on peut retrouver à cet égard sont plus qu’alarmants. Ainsi, travailler régulièrement la nuit (une semaine par mois comme c’est le cas en travail posté), fait perdre huit à dix ans d’espérance de vie. Le travail de nuit est également considéré comme « probablement cancérigène » par le Ministère de la Santé.

Prendre en compte la pénibilité est une clef importante. Les régimes spéciaux offrent un cadre qui permet de réduire l’âge de départ à la retraite sans être pénalise financièrement. Dans le bâtiment, le transport routier, la logistique, les métiers de maintenance (docks, aéroports) comme dans les soins de santé, il y a lieu de baisser l’âge de départ à 55 ans. Dans le secteur de l’assemblage automobile, vu l’intensité du travail, il faudrait même réduire cet âge à 52 ans. Les mesures d’âges répondaient à ce besoin mais leur démantèlement progressif a laissé la place à des réductions d’effectifs laissant les travailleurs âgés sur le carreau.

La réforme des retraites mérite un seul destin, le même que celui du gouvernement : la poubelle ! Qu’il faille reconstruire un vrai système de protection sociale est une évidence, mais cela ne peut être fait que dans le cadre d’un autre gouvernement, au service des intérêts des salarié.e.s et des catégories fragilisées par un capitalisme prédateur.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Alors que la contestation contre la réforme des retraites ne faiblit pas, la pauvreté et la précarité, elles, gagnent du terrain en France. La tentative récente d’un étudiant de s’immoler par le feu souligne la gravité du problème chez les jeunes.

Publié par EL DIALO

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Voilà une bonne chose de faite !

 

Remarquons la fébrilité et la fragilité du pouvoir qui en quelques heures est passé du soutien à DELEVOYE à l'acceptation de sa démission.

 

MAIS  MAINTENANT?

Car La contre-réforme scélérate de DELEVOYE, elle est toujours là!

Alors encore un petit effort monsieur MACRON, pour revenir au calme et permettre à tout le monde de fêter joyeusement Noël et les fêtes de nouvel an

il faut

 

R E T I R E R le projet

Publié par FSC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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Ce samedi sur le site pétrochimique de Lavéra dans les Bouches-du-Rhône, l'intersyndicale qui réclame toujours "le retrait pur et simple"de la réforme des retraites souhaitée par le gouvernement, a organisé un grand meeting unitaire. Objectif : préparer et renforcer la mobilisation du 17 décembre.

Par Marc Civallero
Publié le 14/12/2019 à 16:33

Les porte-paroles et les secrétaires généraux des syndicats du département des Bouches-du-Rhône, mobilisés dans le mouvement de grève, depuis le 5 décembre, contre le projet de réforme des retraites du gouvernement, se sont retrouvés sur le site pétrochimique de Lavéra pour un meeting unitaire.

Objectifs : durcir les actions de grève et préparer la manifestation du 17 décembre, mardi prochain.

Les participants ont tout d'abord expliqué que le choix de la plateforme pétrochimique de Lavéra n'avait rien d'anodin " c'est un haut lieu de lutte, emblématique de l'unité public/privé" ont-ils expliqué . Des syndicats qui souhaitent aussi montrer qu'ils défendent "l'intérêt général et non pas des revendications catégorielles"

Pour Olivier Mateu secrétaire général de l'UD CGT 13, " les modalités de grève vont se durcir la semaine prochaine, une semaine qui va être bouillante" il explique à notre équipe l'analyse que son syndicat fait de cette réforme 

 

 

Pour Serge Reynaud, agent de la Poste et co-secrétaire de "solidaires 13" "les réformes mises en place à la Poste doivent servir de retour d'expérience"

Serge Reynaud co-secrétaire

Enfin pour la porte-parole de la FSU 13, Caroline Chevé ( enseignante) cette réforme "c'est l'affaire de tous et pas seulement celle des régimes spéciaux"


Caroline Chevé porte-parole FSU 13 à Lavéra

Publié par FSC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

« Tout le monde comprend bien que quand on vit plus longtemps il faut travailler plus longtemps. Certains sont en grève parce qu’ils ne comprennent pas tout », a déclaré le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, le 2 décembre dernier sur RTL. Les dernières réformes des retraites prévoient d’ailleurs un allongement des durées de cotisation nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein jusqu’en 2025, allongement basé sur les projections d’évolution de l’espérance de vie du scénario démographique central de l’Insee.

Or, ce que l’on constate depuis 2015 défie ce scénario : l’évolution effective de l’espérance de vie à 60 ans (en trait rouge épais sur le graphique) se situe très en dessous de ce scénario central, pour se rapprocher voire, dans le cas des femmes, passer sous le scénario bas de l’Insee. Autrement dit, l’espérance de vie à 60 ans a quasiment cessé de progresser.

Espérance de vie : le grand ralentissement

Dans un tel contexte la proposition du gouvernement d’allonger encore davantage que prévu les durées de cotisation nécessaires pour avoir droit à une retraite à taux plein d’ici 2025 ne peut – à juste titre – être perçue que comme une provocation et une volonté de baisser les revenus des futurs retraités.

En toute logique, compte tenu des résultats constatés depuis 2015 en matière d’espérance de vie c’est exactement l’inverse qu’il faudrait faire : à savoir ralentir l’allongement des durées de cotisations prévu d’ici 2025. Mais on n’en prend sans doute pas le chemin.

GUILLAUME DUVAL

Publié par anti-K

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Mediapart

Mediapart

Un pays bloqué, un désordre général, une société une fois de plus violentée. Depuis l’été 2017, ce pouvoir est l’organisateur d’incessants troubles à l’ordre public. Sourd aux compromis comme aux demandes sociales, il impose par les violences policières et avec le soutien d’une majorité godillot un projet néolibéral. Jusqu’à quand?

Insensiblement, la France s’acclimate à une violence sociale inédite. Inédite, car ses fractures et ses conflits présentent deux nouveautés. La première est la longue durée d’une crise sociale multiforme commencée quelques mois à peine après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. La seconde est qu’il s’agit d’un choix délibéré du pouvoir politique d’exacerber les tensions. Protégé par les institutions de la Ve République, ce pouvoir a décidé d’avancer seul et d’imposer ses réformes, sans ou contre la société.

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Publié par anti-K

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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Je le dis aux étudiants : mardi, sortez ! Je le dis aux enseignants : mardi, sortez ! Je le dis aux infirmiers : mardi, sortez ! Je le dis aux gilets jaunes : mardi sortez ! Il faut le dire à tout le pays : c'est maintenant ou jamais, mardi, sortez !

 

François Ruffin

Le 13 décembre 2019

 

Publié par EL DIABLO

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Se syndiquer CGT ?

Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.

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