SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Pendant l’épidémie et le confinement, le droit du travail continue de s’appliquer !

« Depuis le confinement, rien n’a changé, on a reçu des ordres : respecter les distances d’un mètre, ne pas se serrer la main… Mais aucun dispositif n’a été mis en place pour se protéger et protéger les autres, on n’a pas de gel, pas de gants ni de masque », s’inquiète un employé toulousain d’Amazon, ce 19 mars, dans Libération. Certains salariés peuvent rencontrer jusqu’à 90 clients à livrer chaque jour. Cette inquiète colère monte un peu partout, alors que de nombreuses directions de sites industriels hésitent encore à fermer temporairement.

« On ne refuse pas de travailler, mais les gars sont inquiets. Salariés et sous-traitants, on est plus de 10 000 sur le site », explique un syndicaliste des chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, dans Ouest France, alors que le confinement vient d’être instauré. « Alors qu’on interdit les rassemblements, qu’on demande aux gens de rester chez eux et de ne même pas aller dans les parcs, ici on se côtoie tous. Pas de gel, pas de masques. » Les ateliers des chantiers ont finalement fermé pour la semaine.

Les activités et agences bancaires, elles, demeurent ouvertes, considérées comme indispensables par le gouvernement. « Dans de nombreuses agences les salarié.es sont contraint.es de travailler face à la clientèle sans moyens de protection (…) malgré leur obligation de résultat en matière de santé au travail », dénonce les syndicalistes Sud de la Caisse d’épargne, dans un communiqué du 19 mars. « La négligence coupable de certains présidents de Caisses d’épargne régionales pourrait coûter des centaines de vies de salarié.es et de client.es. » Selon le syndicat, la direction refuse pour l’instant d’assurer « un point régulier de la situation ».

L’employeur doit protéger la santé de ses salariés

Coronavirus ou pas, l’employeur a l’obligation de protéger la santé de ses salariés. Définie à l’article L4121-1 du Code du travail, cette obligation est une contrepartie du lien de subordination qui lie tout salarié à son employeur. C’est lui qui doit fournir les matériels nécessaires (gels, masques), garantir l’hygiène (renforcement du nettoyage des lieux de travail, aération des locaux) et mettre en place une organisation du travail respectant les consignes édictées par les autorités publiques (ouverture de nouvelles salles pour les pauses, vitres de protection pour l’accueil du public, télétravail, mise en quarantaine, arrêt de l’activité). Si ces obligations ne sont pas remplies, les salarié.es peuvent utiliser leur droit de retrait.

Droit de retrait

Les salarié.es qui estiment que leur situation de travail présente un danger grave et imminent peuvent se retirer de leur poste de travail. Cette disposition de la loi (article L4131-1. du Code du travail) s’applique au risque de contagion – de la même manière que lorsque le salarié estime être en présence d’une machine dangereuse ou dans une situation d’insécurité pour cause de manque de personnel, par exemple. Les personnes qui exercent leur droit de retrait n’ont pas à prouver l’existence du danger. Il suffit d’avoir un motif raisonnable de penser que ce danger existe. Travailler au contact du public sans masque de protection, en pleine période d’épidémie de coronavirus, peut parfaitement justifier l’exercice du droit de retrait. De même que l’obligation de prendre les transports en commun pour rejoindre son lieu de travail.

Un salarié qui exerce son droit de retrait reste à disposition de son employeur, chez lui si l’ensemble de son lieu de travail est considéré comme dangereux. Ou bien au sein de son lieu de travail, à distance de l’aire considérée comme dangereuse. « Être en droit de retrait ne permet donc pas de rentrer chez soi mais bien de ne plus être au contact du danger identifié, détaille la fédération syndicale Solidaires. Par exemple, une guichetière qui exercerait son droit de retrait, pourrait tout à fait demander à son employeur de continuer à travailler mais sans contact avec le public. »

Le droit de retrait peut s’exercer seul ou collectivement, dans la fonction publique comme dans le secteur privé. Il n’y a pas de formalité particulière à remplir, mais les syndicats conseillent de s’entourer de témoins, de produire un écrit et de prévenir les représentants du personnel s’il y en a. Tant que le danger persiste, l’employeur ne peut demander aux salariés de reprendre leur activité. Aucune sanction et aucune retenue de salaire ne peut être prise à l’encontre d’un.e salarié.e exerçant son droit de retrait. Si l’employeur conteste la réalité du danger, ce sera au juge de trancher.

Pour en savoir plus, voir cette fiche de l’union syndicale Solidaires.

Télétravail

En cette période de crise sanitaire, à la demande du gouvernement, le télétravail devient « la règle impérative pour tous les postes qui le permettent ». La mise en place du télétravail exige normalement la consultation du Comité social et économique (CSE) des entreprises, et la signature d’un accord collectif. Vu les circonstances exceptionnelles, cette consultation du CSE n’est pas obligatoire. Près de 8 millions d’emplois du secteur privé (soit plus de 4 emplois sur 10) « sont aujourd’hui compatibles avec le télétravail », évalue le ministère du Travail. « Le télétravail nécessite néanmoins l’accord des salarié.es, remarque Philippe Saunier de la CGT. Il faut aussi régler préalablement des questions matérielles. Par exemple : est-ce que votre logement le permet ? » On peut y ajouter la question suivante : « Avez-vous des enfants à garder ? » Les représentants syndicaux déconseillent aux personnes qui ont, seuls, leurs enfants à gérer à domicile, d’accepter le télétravail.

Les conditions d’exercice du télétravail (article L1222-9 du code du travail) continuent de s’appliquer. À savoir que l’employeur doit fournir les équipements nécessaires et prendre en charge les coûts induits (communications téléphoniques, connexion Internet, réparations …). Il doit également fournir un service approprié d’appui technique. Les salarié.es doivent définir avec leur employeur les horaires auxquelles ils peuvent être joints. Et tout accident survenu sur le lieu où est exercé le télétravail, pendant l’exercice de l’activité professionnelle, est présumé être un accident de travail.

Chômage partiel

En cas de fermeture totale ou partielle des lieux de travail, les salarié.es peuvent être mis au « chômage partiel ». C’est à l’employeur d’en faire la demande, mais ce n’est pas lui qui décide et il y a des conditions à remplir, par exemple la consultation des représentants du personnel. C’est ensuite le préfet – ou Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) – qui décide en fonction du contenu du dossier. Ces conditions d’obtention du chômage partiel pourraient évoluer dans les prochains jours. Toutes les entreprises concernées par l’arrêté de fermeture du 14 mars 2020 sont déjà éligibles à l’activité partielle, notamment celles qui font l’objet d’une obligation de fermeture – restaurants, magasins, etc. (lire ici). 400 000 salariés ont été mis en chômage partiel depuis le début de la crise sanitaire, selon la ministre du Travail Muriel Pénicaud, soit 1,5 % de l’ensemble des salariés.

Le chômage partiel indemnise les salarié.es à hauteur de 70% du salaire brut (soit environ 84% du salaire net), il est pris en charge par l’État. Les salarié.es concerné.es vont donc voir leurs revenus diminuer, à moins que leurs employeurs – ou l’État – ne décident de compléter. La ministre du Travail a par ailleurs annoncé qu’un système similaire au chômage partiel, avec versement de 80 % du montant des salaires, sera mis en place pour les assistantes maternelles et les emplois à domicile (femmes de ménage) qui ne peuvent plus assurer leurs contrats.

Hors situation de chômage partiel, si un salarié est renvoyé à son domicile par l’employeur, le salaire reste dû par celui-ci. Il est alors conseillé au salarié de garder une trace écrite de cette demande. Un employeur n’a pas le droit d’imposer à son salarié la prise de congés payé ou de RTT.

Garde d’enfants de moins de 16 ans

Les salarié·es peuvent être placé.es en arrêt de travail et indemnisé.es, s’ils n’ont pas de solutions de garde pour leurs enfants de moins de 16 ans. Les déclarations sont à faire par l’employeur sur le site dédié (https://declare.ameli.fr). L’arrêt peut être délivré pour une durée de 1 à 21 jours. Cette mesure ne peut concerner qu’un seul des parents en même temps (mais il est possible de fractionner l’arrêt ou de le partager entre les parents). Les salarié.es doivent donc fournir une attestation indiquant nom, âge, établissement scolaire, lieu ainsi que la période de fermeture de l’établissement scolaire concerné. Les indemnités journalières seront perçues dès le 1er jour, sans délai de carence.

Du côté des précaires

Les intérimaires, sous-traitants, vacataires de la fonction publique et intermittents sont particulièrement inquiets. Comment obtenir le maintien de leurs salaires alors que la fin de leurs contrats était déjà programmée ? Plusieurs syndicats ont alerté sur la situation de ces personnes en contrat précaire, sachant que des employeurs ont d’ores et déjà annoncé qu’ils mettaient fin prématurément (ce qui est illégal) à divers CDD, et alors que les conditions d’indemnisation chômage se sont durcies depuis l’automne dernier. « Nous exigeons des mesures immédiates qui permettent à tous et toutes les salarié·es quelque soit leur statut de bénéficier de la même protection contre la crise qui vient et donc le maintien du salaire pour les intérimaires, vacataires, salarié-es des sous-traitants… », a annoncé la fédération syndicale Solidaires. Pour le moment, aucune garantie ne leur a été apportée.

Nolwenn Weiler

Photo : © Pedro Da Fonseca

Publié par anti-K

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Vidéo. La Poste envoie la police réprimer des agents en droit de retrait

Des postiers du centre de tri postal de Croissy sur Seine (78), en première ligne face au coronavirus, ont décidé d’exercer leur droit de retrait. La direction du centre a envoyé la police les menacer, montrant une fois de plus que pour les patrons nos vies valent moins que leurs profits.

MILICE PATRONALE

Depuis le début du confinement, les facteurs continuent d’exercer leur travail. Pourtant, être facteur à l’ère du coronavirus est un métier à risque ; en effet, les facteurs voient du monde, touchent le courrier, les digicodes et peuvent donc transmettre le coronavirus à toutes les personnes qu’ils livrent.

En première ligne face au virus, la seule protection auxquels les employés ont droit est un mini flacon de gel hydroalcoolique. Certains n’ont même aucune protection.

 

 

Bonjour @EPhilippePM , j'aimerais savoir quelle attitude adopter face au coronavirus rapport à mon métier : facteur à La Poste. En contact avec des centaines de personnes tous les jours, avec comme seule protection un mini flacon de gel hydroalco

Comme le revendique Olivier Besancenot dans ses vidéos sur Twitter, il faudrait « suspendre l’activité courrier et colis » pour désengorger les bureaux de poste et maintenir l’activité au strict minimum : le retrait d’espèces pour celles et ceux qui n’ont pas d’autres moyens. Cela implique aussi, de suspendre le paiement « des loyers et des factures » pour tout le monde, pas que pour les entreprises !

 

 

L’enterrement d’un proche c’est non, mais chercher un recommandé à la poste c’est possible ??? Le matériel de protection (masques, gants et gel) doit aller en priorité à la santé et au commerce d’alimentation! Nos vies valent plus que leurs profits!

Face à cette situation à risque, certains bureaux ont exercé leur droit de retrait, comme au centre de tri postal de Croissy sur Seine, dans le 78 (Yvelines). Mais dans ce centre, la direction de La Poste, bien cachée à la maison, en télétravail, a décidé d’envoyer la police pour réprimer les agents en droit de retrait. Alors que le droit de retrait est un droit inscrit dans le code du Travail et qu’il n’a jamais été aussi justifiable qu’à l’heure actuelle, les salariés qui l’exercent se voient menacés par la police. Prenant à partie un représentant syndical, la police lui demande une attestation pour justifier sa présence sur le site. Or, la direction de la Poste a refusé de lui fournir. Etonnant ! Les patrons prendraient donc appui sur la situation pour attaquer le droit syndical et réprimer les ouvriers combatifs ? Le syndicaliste explique la situation, le policier, droit dans ses bottes, et ayant clair en tête sa mission - maintenir l’ordre des patrons - vaille que vaille peu importe la situation, le menace de sanctions puisqu’il ne peut pas présenter l’attestation.

Ce n’est pas la première fois que la police vient réprimer des droits de retrait, pour différentes raisons, parfois pour cause d’attroupement comme à Belfort, ici le prétexte est celui de l’attestation, qui sert à sanctionner tant de « mauvais citoyens » (des « imbéciles » pour citer Castaner ») qui ne respecteraient pas les règles de confinement. Mais que faire de tous ceux que le gouvernement et le patronat forcent à aller travailler ? Le dur labeur immunise-t-il contre le virus ?

Dans un contexte où toute la population française est confinée et se voit dans l’obligation de justifier le moindre de ses déplacements, il est inacceptable que des entreprises non essentielles comme La Poste ou la SNCF continuent de fonctionner, mettant en danger des milliers de salariés. Ainsi, les agents des entreprises de transports tout comme les postiers se retrouvent au quotidien en première ligne face au virus et sont mis en danger, eux, leurs proches et les gens qu’ils croisent dans le cadre de leur travail. Face à ça, les salariés qui exercent leur droit de retrait ou exigent la fermeture de leur entreprise se voient menacés par la police et par le gouvernement qui mène une véritable campagne contre les ouvriers qui affirment que leur santé et leurs vies passent avant les profits, un gouvernement qui remet en cause leurs revendications légitimes, et essaye de tout mettre en œuvre pour que l’on continue à produire des avions, des voitures, à construire des maisons en pleine pandémie pour le profit de quelques actionnaires et patrons bien confinés chez eux.


 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
« Il va peut-être falloir travailler plus que les 35h, le dimanche, et pendant les vacances » défend une sénatrice

A l’occasion de l’examen de la loi d’urgence relative à l’épidémie Covid-19 au Sénat, une sénatrice des Républicains a dit tout haut ce que le patronat pense tout bas : que les mesures « d’urgence » pour sauver l’économie se pérennisent dans le temps.

LE MEDEF SE FROTTE LES MAINS

Alors que le gouvernement essaye de faire de passer en vitesse une loi pour faire face à la crise sanitaire du covid-19, de nombreuses dispositions économiques, destinées à « sauvegarder l’économie françaises » ont été votées par le Sénat en première lecture. Parmi elles, des mesures qui vont une fois de plus attaquer les acquis sociaux en termes de congés payés et de limitation du temps de travail. Autant de cadeaux cédés par le gouvernement au patronat, et ce, sans durée temporelle de la loi. De quoi donner des idées à certains députés, comme Sophie Primas, députée Les Républicains des Yvelines, qui a, au Sénat, proposé au Sénat ce que le Medef propose dans les médias : « quand il va falloir redémarrer les entreprises, il va falloir mettre un coup de rein, il va falloir y aller, il va falloir peut-être travailler un peu plus que les 35h, il va falloir peut-être travailler le dimanche, et il va falloir peut-être falloir travailler en juillet et en août. C’est confortable pour personne, mais on est en face d’une crise économique majeure. »

Une intervention publique qui illustre parfaitement l’état d’esprit du gouvernement et du patronat actuellement, pour lesquels la priorité numéro une reste la sauvegarde des profits des grandes entreprises, quitte à faire payer les salariés, ceux-là même qui continuent à aller travailler quand certains patrons interdisent les droits de retrait.

 


Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Lu dans la Voix du Nord, et aussi dans la presse bien pensante, la déclaration de Muriel Pénicaud, commise au ministère du Travail par un ex-banquier d'affaires depuis son palais présidentiel: Coronavirus : "Muriel Pénicaud appelle les salariés à poursuivre leur activité."

Avec ou sans masque?

 

Il faut aller bosser, non d'un capital!

Et combatif, dans le sens de la lutte des classes, le dernier communiqué de la CGT:

Il faut aller bosser, non d'un capital!

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Coronavirus - COVID-19 Questions/réponses pour les entreprises et les salariés

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
L'inquiétude dans l'esprit des travailleurs

Suite aux échanges que nous avons pu avoir avec les salariés dernièrement, nous avons décidé d’interpeller la direction ce matin afin de faire part de l’inquiétude grandissante des salariés de la situation actuelle au sein de l’entreprise.

Malgré toutes les consignes de précaution et les actions mises en place depuis plusieurs semaines, cela restent insuffisantes pour rassurer les salariés.

En conséquence, nous avons demandé à la direction qu’elle se rende au contact des salariés pour qu’elle puisse échanger et comprendre de cette anxiété.

Comme nous l’avons déjà précisé (aux salariés et à la direction), exercer le droit de retrait individuellement est tout à fait possible. Mais dans la situation actuelle, il est difficile de remettre en cause toutes les précautions mises en place par la direction sur le sujet.

Par contre, si nous sentons que la situation se généralise et que le collectif demande d’aller plus loin, nous le ferons. (la direction a été prévenue)

Pour finir, la direction s’est engagée à rencontrer rapidement les salariés. (cela a commencé en début d’après-midi)

 

La CGT Unilever

 

 

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Etat d’urgence sanitaire. RTT, durée du travail, repos : le gouvernement ouvre la voie à des attaques sociales

Présenté au Parlement à partir d’aujourd’hui, le « projet de loi d’urgence » vise à habiliter le gouvernement à légiférer par ordonnance dans des domaines divers et à déclarer un « état d’urgence sanitaire » Il permettra notamment de restreindre les libertés individuelles, mais aussi d'attaquer le droit du travail en étendant les pouvoirs des employeurs.

GESTION PRO-PATRONALE

Crédit photo : REUTERS/Georges Gobet

Diffusé hier sur les réseaux, le « projet de loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19 » sera présenté aujourd’hui au Sénat et demain à l’Assemblée Nationale. Composé de 23 articles, le texte vise à permettre au gouvernement de légiférer par ordonnances dans un ensemble de domaines épars, sensés faciliter la gestion de la crise sanitaire : loi électorale, droits fondamentaux, droit du travail, droit de la sécurité sociale…

Outre le report du second tour des élections municipales au mois de juin prochain, le texte se structurent en deux parties : « l’état d’urgence sanitaire » et « mesures d’urgence économique et d’adaptation à la lutte contre l’épidémie ». Dans le premier volet, il s’agit pour le gouvernement d’instaurer un état d’exception pour au moins douze jours.

Celui-ci ouvrira au Premier Ministre la possibilité de prendre par décret « les mesures générales limitant la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion et permettant de procéder aux réquisitions de tout biens et services nécessaires afin de lutter contre la catastrophe sanitaire. » En clair, une limitation des libertés individuelles qui, si elle est à relier à la politique de confinement du gouvernement, devra être surveillée de près pour éviter l’instrumentalisation répressive qui ne manquera pas d’en être faite par le gouvernement.

Le second volet contient un ensemble de mesures diverses, toujours dans la logique de permettre au gouvernement de légiférer par ordonnances dans divers domaines. En dehors des mesures concernant la prolongation de la validité des titres de séjour, l’intervention à distance de l’avocat en cas de garde-à-vue ou encore les modalités de validation des diplômes, la question économique est au cœur du texte. « Afin de faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du virus Covid-19, et notamment de limiter les fermetures d’entreprises et les licenciements », le gouvernement pourra ainsi prendre des mesures d’aide aux entreprises et de modification du droit du travail.

Or sur ce plan, ce sont les droits des employeurs que le gouvernement entend clairement étendre, en phase avec sa gestion pro-patronale de la crise sanitaire. Ainsi, si le texte permet de « limiter les ruptures des contrats de travail, en facilitant et en renforçant le recours à l’activité partielle » c’est en « réduisant le reste à charge pour l’employeur », tandis que le gouvernement entend laisser la possibilité « aux entreprises de secteurs particulièrement nécessaires à la sécurité de la nation ou à la continuité de la vie économique et sociale de déroger de droit aux règles d’ordre public et aux stipulations conventionnelles relatives à la durée du travail, au repos hebdomadaire et au repos dominical » et, plus généralement, aux employeurs de « modifier les conditions d’acquisition de congés payés et permettre à l’employeur d’imposer ou de modifier unilatéralement les dates de prise d’une partie des congés payés, des jours de réduction du temps de travail et des jours de repos affectés sur le compte épargne-temps du salarié. »

Des mesures qui interrogent : quel rapport entre « l’acquisition de congés payés », acquis social fondamental, et la gestion de la catastrophe sanitaire ? Et pourquoi permettre aux employeurs, dans des secteurs qui ne sont pas « particulièrement nécessaires à la continuité de la vie économique », de « modifier unilatéralement les dates de prise d’une partie des congés payés », c’est-à-dire de refuser aux salariés la prise de congés payés à la date où ils le souhaitent ? Quant à la notion même de « secteurs particulièrement nécessaires à la sécurité de la nation ou à la continuité de la vie économique et sociale », son flou interroge. Alors que les patrons se battent pour imposer l’idée que leur production serait « essentielle » et ne pourrait pas être arrêtée, le gouvernement pro-patronal ouvre la possibilité à tous les patrons de se revendiquer d’un tel statut pour mieux jouir de la possibilité de « déroger aux règles d’ordre public et aux stipulations conventionnelles relatives à la durée du travail, au repos hebdomadaire et au repos dominical ». En clair : d’attaquer les droits de leurs salariés !

Evidemment, les mesures prises par le gouvernement restent encadrées par un certain nombre de textes législatifs : Constitution, droit de l’Union Européenne, mais ils sont suffisamment larges pour admettre des attaques sociales d’envergure, par ordonnance. Surtout, aucune limitation ne serait prévue pour ces mesures d’exception. « Ces mesures concernant le champ social sont annoncées par le projet de loi comme devant être "provisoires", et ce "afin de faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du virus Covid-19". Le texte ne prévoit pour autant pas de date limite. Elles resteront donc en vigueur même après la crise sanitaire, jusqu’à une période encore indéterminée. » note ainsi Etienne Girard dans Marianne.

Avec ce texte, et en dehors des mesures administratives inhérentes à la nécessité d’adapter le droit au fonctionnement particulier en période d’épidémie et de confinement, le gouvernement se dote de marges manœuvres en termes de limitation des libertés individuelles et étend les pouvoirs des employeurs. Un texte dans la continuité de la politique « pro-patronale » de gestion de la crise, qui donne tout soutien et tout pouvoir aux employeurs pour attaquer les droits des salariés, et appuie sans faille ceux qui exigent la continuité de la production au détriment de la santé des travailleurs.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Droits de retrait : le MEDEF s’inquiète du « changement d’attitude extrêmement brutal des salariés »

Alors que les droits de retrait se multiplient pour imposer l’arrêt de la production dans des activités non-essentielles, le patronat s’inquiète des réactions des salariés. En effet, ceux-ci semblent bien décider à ne pas continuer à produire pour alimenter les profits de leur patron en période d'épidémie et dans des secteurs clairement "non-essentiels".

#NOSVIESPASLEURSPROFITS

Crédit photo : Usine Nouvelle

Interrogé par l’AFP aujourd’hui, le président délégué du MEDEF, Patrick Martin, ne cache pas son inquiétude. Suite aux annonces du gouvernement concernant le confinement et l’arrêt des activités non-essentielles « il y a eu dans tous les secteurs d’activité, y compris dans ceux très nombreux dont l’exploitation n’est pas interdite par les mesures sanitaires, un changement d’attitude extrêmement brutal des salariés. » note le dirigeant de l’organisation patronale.

En effet, depuis les annonces, nombre de salariés commencent à se rebeller contre les directions qui tentent de leur imposer de continuer de produire des biens non-essentiels dans des conditions sanitaires qui ne les protègent pas de l’épidémie. Chez Bombardier, Capgemini, Valeo, General Electric, PSA, Renault, Renault Trucks aux Chantiers de l’Atlantique, ces derniers jours ont ainsi été marqués par des droits de retrait massifs qui ont permis de contraindre l’arrêt de la production.

De quoi faire frémir les patrons, laissés tranquille par les mesures très peu restrictives d’un gouvernement qui entend sécuriser les profits avant les salariés. « Cela met à l’arrêt la plupart des secteurs d’activité, dont ceux dont l’activité n’a pas été suspendue par les récentes mesures » s’effraie ainsi Patrick Martin, selon qui « il y a une forme de sur-interprétation des propos du président de la République » au point que les entreprises « ne sont plus en mesure de poursuivre leur activité sous la pression des salariés ».

Le coronavirus semble ainsi avoir réveillé des franges de salariées dans des secteurs qui s’étaient plutôt tenus à l’écart des derniers mouvements sociaux, notamment dans l’industrie ou dans des entreprises industrielles moyennes comme aux Ateliers de la Haute-Garonne dans la région de Toulouse. Patrick Martin en vient même à douter de la politique pourtant ultra pro-patronale de Macron, qui n’aurait « pas assez insisté sur la nécessaire continuité de l’activité économique ».

Loin de là ! Dès ce matin, Le Maire et Darmanin étaient sur BFM pour réaffirmer la nécessité pour les salariés dont les « entreprises sont encores ouvertes » de « se rendre au travail ». Un coup de semonce en réponse claire aux salariés qui rechignent à aller exposer leur santé et celle de l’ensemble de la population en allant travailler pour satisfaire leurs patrons, qui n’a pas empêché de nouveaux mouvements de contestation dans la journée comme chez Dassault à Argenteuil.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Ni eau, ni savon : sous le capitalisme, des milliards de personnes désarmées face au coronavirus

La pandémie a mis en évidence la mise à mal des systèmes de santé. Mais, d’après les chiffres de l’UNICEF, ce sont aussi 3 milliards de personnes qui n’ont pas accès à l’eau ou qui ne peuvent pas acheter de savon, les éléments de bases pour se protéger du virus.

CORONAVIRUS ET CAPITALISME

Cet article est traduit du castillan et a été initialement publié sur la Izquierda Diario, journal et organisation sœur de Révolution Permanente dans l’Etat espagnol.

Expression la plus crue du capitalisme, 40% de la population mondiale manque d’accès à l’eau potable et au savon pour suivre les recommandations de lavage fréquent des mains, mesure de prévention essentielle face au coronavirus. Dans les pays moins avancés, ce chiffre s’élève à 75%.

Une aberration qu’ « offre » ce système dirigé par des gouvernements qui ne sont que des représentants du grand patronat.

Ces chiffres ont été publié ce vendredi par l’UNICEF. Dans son communiqué, le directeur des programmes de l’UNICEF Sanjay Wijesekera prévient également que 47% des écoles à échelle mondiale ne disposent pas d’eau ni de savon. Derrière ce pourcentage ce sont 900 millions d’enfants qui ne peuvent suivre les conseils que les gouvernements émettent constamment pour éviter la contagion.

Il s’agit de régions entières de notre planète, où les habitants ne disposent que de travail très précaire ou sont au chômage, et où beaucoup de personnes survivent dans des camps de réfugiés ou des logements précaires.

En Asie centrale et méridionale par exemple 22% de la population urbaine ne dispose pas à domicile d’installations adaptées pour une hygiène personnelle complète.

Voilà le visage du capitalisme que les gouvernements des pays impérialistes veulent cacher.

Mais pourquoi ? Parce que ce sont leurs politiques d’ajustement, conduites par ces gouvernements et par des gouvernants de pays dépendants, et dictées par des organismes tels que le FMI ou la Banque mondiale, qui jettent dans la misère des milliards de personnes, qui provoquent des guerres, avec les conséquences terribles pour les travailleurs et travailleuses de ces pays et des vagues de réfugiés qui se voient obligés de fuir leur propre pays.

Maintenant qu’une nouvelle souche de coronavirus provoque cette crise mondiale, les personnes les plus touchées sont les travailleurs et les populations pauvres. Les morts sont évitables mais cela nécessite d’imposer à ces gouvernants et leurs partis des mesures qui affecteront les profits des patrons afin de les reverser à des systèmes de santé capables de prendre soin de l’ensemble de la population d’un pays.

A partir de là, les milliards de personnes qui aujourd’hui ne disposent ni d’eau ni de savon pourront entrevoir un futur pour leurs vies.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Coronavirus : confine-toi, mais va bosser !

Lundi 16 mars au soir, le chef de l’État a appelé les Français à la « mobilisation générale ». Sans prononcer le mot confinement, il a pris des mesures visant à restreindre à l’indispensable les déplacements de la population, pour une durée de 15 jours, à compter de mardi midi. Mais concernant le travail, le confinement effectif ne semble pas vraiment souhaité par l’exécutif. Résultat ce matin dans de nombreuses entreprises : une situation chaotique et des salariés déboussolés par des injonctions contradictoires.

Emmanuel Macron l’a dit et répété six fois : « nous sommes en guerre ». Dans cette guerre, « chacun d’entre nous doit à tout prix limiter le nombre de personnes avec lesquelles il est en contact chaque jour. Les scientifiques le disent, c’est la priorité absolue », a expliqué le chef de l’État. Ainsi, les déplacements et les interactions sociales de l’ensemble de la population vont être limités au moins pendant 15 jours. Deux heures après l’allocution du président de la République, le ministre de l’Intérieur a organisé une conférence de presse pour détailler les modalités du confinement à la française.

« Les déplacements pour s’alimenter, pour des motifs familiaux impérieux, pour des motifs sanitaires seront autorisés. Les sorties pour assurer une activité physique ou pour promener son chien sans se retrouver en groupe seront possibles. On pourra prendre l’air, mais certainement pas jouer un match de foot […], aller pique-niquer dans un parc, c’est interdit, se retrouver en groupe c’est interdit », a expliqué Christophe Castaner. En résumé : « restez chez vous » comme l’a préconisé le ministre, et comme ne cesse de le répéter les personnels soignants des hôpitaux.

Travail : l’exception à la règle

Des mesures-chocs frappant l’imaginaire et le quotidien des Français dès mardi midi. Cependant, à la question d’une journaliste de LCI l’interrogeant sur la liste des métiers jugés indispensables en dehors des professions sanitaires, le ministre de l’Intérieur s’est fait moins martial. « La décision du président de la République et du gouvernement permet à tous les citoyens français de se rendre à leur travail, quel que soit le travail », a répondu Christophe Castaner. Pour l’exécutif, un appel non contraignant à la responsabilité des entreprises, pour qu’elles étendent le télétravail ou respectent les consignes et gestes barrières suffit. Ici, pas de contravention à 38 € prévue en cas de non-respect des obligations de protection.

Emmanuel Macron n’avait finalement pas dit autre chose deux heures plus tôt : « Seuls doivent demeurer les trajets nécessaires : ceux pour faire les courses, ceux pour se faire soigner, ceux pour aller travailler quand le télétravail n’est pas possible. » Pour l’exécutif, la poursuite de l’activité économique semble primer sur les mesures de confinement, et pas seulement pour les activités indispensables. Sur ce point, une certaine continuité est à l’œuvre. Déjà au début du mois de mars, de nombreux ministres étaient montés au créneau pour affirmer de façon hasardeuse que le droit de retrait ne s’appliquait pas face à l’épidémie de Covid-19.

Guerre de classe dans les entreprises ce mardi matin

Des grèves vont-elles éclater comme en Italie du Nord dans le secteur industriel ? Cela semble probable au regard de l’ambiance dans de nombreuses entreprises depuis quelques jours. « Comment concevoir sérieusement que l’on puisse participer au freinage de la propagation du virus si les salariés des sites de PSA continuent à s’entasser dans les transports en commun pour se rendre au travail, à se changer dans les vestiaires, à manger et à travailler les uns sur les autres, le jour, la nuit et le week-end ? » interrogeait ce week-end un communiqué de la CGT chez Peugeot. Mettant en avant le caractère non indispensable de la poursuite de la production, la CGT demandait la fermeture des sites du groupe automobile. Lundi, la direction a décidé de fermer 15 sites français avant la fin de la semaine.

Avant que son concurrent Renault décide de faire de même, ses salariés de l’usine produisant des moteurs de camions à Bourg-en-Bresse ont fait valoir leur droit de retrait en dénonçant l’insuffisance des mesures de protection mise en œuvre par leur employeur. Si aujourd’hui, le secteur de l’automobile a décidé de se mettre à l’arrêt avec les annonces de fermeture chez Michelin et Toyota, il n’en est pas de même dans toute l’industrie. Le secteur qui justement concentre une grande proportion d’emplois impossibles à basculer en télétravail. Chez General Electric en Franche-Conté, 150 ouvriers ont fait valoir leur droit de retrait ce matin. À Saint-Nazaire, la CGT demande la fermeture des Chantiers de l’Atlantique où 5000 personnes travaillent quotidiennement.

Des salariés sous pression

Autre lieu de grande tension ce matin : La Poste. À Mulhouse, Marseille, en Gironde, dans les Hauts-de-Seine ou la Sarthe, de nombreux facteurs ont fait valoir leur droit de retrait. Outre l’inquiétude pour leur propre santé, les agents de la distribution du courrier craignent de participer à la diffusion du Covid-19 en poursuivant leurs visites au domicile des usagers sur leurs tournées. « Une bouteille d’eau, un paquet de mouchoirs jetables et un sac poubelle : c’est tout ce que la Poste a fourni aux facteurs au lendemain de l’allocution du président de la République annonçant le confinement », explique auprès de l’AFP un responsable syndical de la région grenobloise.

À Montpellier Sud, en l’absence de nouvelles mesures prises par la direction, les facteurs ont improvisé une assemblée générale et voté à une écrasante majorité l’utilisation du droit de retrait. Un temps, la direction tenta de leur expliquer que le droit de retrait ne s’appliquait pas à La Poste, avant de reculer face à des postiers scandalisés. Ce qui ne l’a pas empêché par la suite de mettre une pression individuellement sur les facteurs pour qu’ils travaillent, notamment ceux en CDD. Finalement, une vingtaine de facteurs ont maintenu leur retrait du service. Pour autant, dans ce bureau, La Poste envisage pour les jours à venir de faire tourner les effectifs pour n’avoir que 50 % des agents présents par jour. A Lunel, dans le même département, ce sont des menaces verbales de licenciements auxquelles les facteurs ont eu droit en guise de protections supplémentaires.

Des débrayages ou des droits de retrait ont également eu lieu ce matin chez Amazon, à l’usine Safran du Havre, à la Compagnie des transports strasbourgeois. Par contre, dans les petites entreprises la situation est nettement plus difficile. La présence syndicale y est plus rare et de nombreux salariés doivent se débrouiller seuls face à leur employeur. Dans celui de l’aide à domicile par exemple, dominé par le travail féminin et la précarité, les salariés rendent visite à des personnes fragiles chez elles, le plus souvent sans protections et sans connaître leurs droits. Avec le risque bien sûr d’être infecté par le virus et d’être un vecteur de la contagion auprès d’un public souvent déjà malade. Ici, pour ces salariés, la formule « nous sommes en guerre » d’Emmanuel Macron ressemble plutôt à celle d’un « à la guerre comme à la guerre ».

Publié par anti-K

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Pour réussir à faire fermer son usine, "le droit de retrait doit être une bataille collective !"

Comment s’organiser pour faire fermer son usine ? Comment exercer son droit de retrait ? De nombreuses entreprises continuent de tourner, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Gaëtan Gracia, ouvrier CGT dans l’aéronautique répond aux questions de Révolution Permanente après la fermeture de son usine.

#NOSVIESPASLEURSPROFITS. ENTRETIEN AVEC GAËTAN, OUVRIER DANS L’AÉRO

Alors que tout le pays est confiné pour tenter d’endiguer la propagation du coronavirus et qu’Emmanuel Macron a déclaré lundi soir qu’il n’était plus possible de sortir pour retrouver ses proches, de nombreuses usines continuent de tourner au péril de la santé de leurs salariés. C’était le cas des Ateliers de la Haute-Garonne (AHG), entreprise de sous-traitance aéronautique productrice de rivets dans la périphérie de Toulouse. Mais mardi 17 mars la direction a été contrainte de fermer la boîte devant la menace d’un droit de retrait massif des salariés. C’est à ce titre que nous avons interrogé Gaëtan Gracia, ouvrier, délégué syndical CGT et militant NPA-Révolution permanente.

RP : Tu travailles dans une boîte de sous-traitance aéronautique dans la périphérie de Toulouse. Ce matin vous avez réussi à faire fermer votre usine, ce qui n’était à priori pas gagné d’avance. Quelle était la situation jusque-là ?

Gaëtan Gracia : J’imagine que la situation chez nous ressemblait à ce qui pouvait exister dans d’autres lieux de travail. Chez les salariés il y avait évidemment beaucoup d’inquiétude dans un contexte où l’ampleur de la crise sanitaire devenait de plus en plus claire pour tout le monde dans le pays. On avait seulement le droit à quelques mesures de protection que la direction a mis en place suite à une réunion de CSE extraordinaire qu’on avait convoqué, mais elles étaient minimales : gestes barrières, gel hydroalcoolique, quelques consignes de sécurité, rien de plus. La direction ne préconisait pas l’utilisation systématique de gants, nous n’avions pratiquement aucuns masques FFP2, voire même pas de masques du tout, jusqu’à ce mardi d’ailleurs… Donc voilà qu’elle était la situation globalement mais elle a commencé à changer à partir du premier discours d’Emmanuel Macron du jeudi 12 mars. L’annonce de la fermeture des écoles et établissements scolaires a suscité une inquiétude supplémentaire parmi les collègues et tout le monde a commencé à juger que la situation devenait grave.

Dès le vendredi donc on a cherché à être très réactifs pour organiser la question de la garde d’enfants pour les salariés concernés. L’inquiétude est allée crescendo pendant le weekend, avec notamment les annonces d’Edouard Philippe samedi soir et les mesures de fermetures des commerces non essentiels. L’état d’esprit des collègues c’était de se demander en quoi fabriquer des rivets pour des pièces d’avions était une activité essentielle dans la période… Et c’est pourquoi dès lundi la plupart pensait que la fermeture de l’usine était une mesure tout à fait légitime.

RP : Quelle a été l’attitude de la direction et comment vous êtes-vous organisés concrètement ?

GG : D’abord il faut savoir qu’on est une section syndicale très jeune et récente, dans une usine où il y avait peu de tradition de lutte puisque depuis 40 ans il n’y avait ni grève, ni syndicat. La deuxième chose qui me semble importante à préciser c’est qu’on essaie toujours de penser notre action syndicale au-delà des batailles partielles et des questions tactiques et immédiates. On réfléchit toujours comment, à partir d’une revendication ou d’une question qui se pose, on arrive à agir en pensant sur le long terme, et donc notamment à comment renforcer l’unité et la cohésion entre les collègues, la confiance dans leurs propres forces, etc. C’est important car c’est cette logique qui a motivé la manière avec laquelle on a tenté de s’organiser dans cette situation concrète.

On a commencé à faire monter la pression surtout après les annonces du jeudi 12 mars de Macron. Le soir même on envoyait un mail à la direction de l’usine en leur demandant de se réunir le lendemain matin, le vendredi, pour gérer l’application des mesures prévues pour la garde des enfants et informer les salariés. On savait qu’il allait y avoir beaucoup d’incertitudes chez les collègues et on voulait notamment pouvoir les informer de leur droit et les rassurer dans la situation. Il fallait également que les salariés concernés par la garde d’enfants puissent s’organiser dès le vendredi, en étant assurés de leur maintien de salaire par exemple, car il y avait beaucoup de doutes par rapport à ça. La direction a choisi de ne pas nous écouter et nous a proposé une réunion en toute fin de journée, en se réservant le droit d’assurer elle-même sa propre communication dans la boîte… et on a compris pourquoi ! Des salariés sont venus nous prévenir que la communication était la suivante : la direction faisait semblant de n’être pas sûre de comment seraient payés les salariés, et proposition leur était faite de passer en horaire de soirée pour pouvoir s’occuper de leurs enfants la journée. Une attitude totalement mesquine qui s’appuie sur l’inquiétude des travailleurs quant à leur paye pour les faire venir bosser et ne surtout pas impacter la production. En repoussant la réunion de CSE extraordinaire en fin d’après-midi la direction entendait en faire une simple chambre d’enregistrement. Dès qu’on a eu vent de ça j’ai immédiatement posé des heures de délégation pour tourner dans toute l’usine et contrecarrer le discours mensonger de la direction : les salariés concernés par la garde d’enfant étaient assurés de leur salaire, n’avaient qu’à faire une attestation sur l’honneur et l’employeur devait faire le reste et ne pouvait pas refuser. Cette première bataille a été décisive puisque les collègues ont bien compris où voulait en venir la direction, et qu’on était vraiment de leur côté. Cela a été déterminant pour la suite, puisque les salariés nous ont accordé une grande confiance dans tout ce qui a suivi.

C’est à partir du weekend et des annonces d’Edouard Philippe que la situation s’est accélérée. Comme je te disais tout le monde était convaincu que la production de rivets n’avait pas à être maintenue dans la situation. Dès le lundi matin le patron est venu me voir à l’atelier mais il s’est contenté de me parler des mesures de protection très partielles comme l’organisation de différentes tournées à la cantine pour réduire la présence simultanée, ou des changements d’organisation pour éviter l’encombrement dans les vestiaires. Je lui ai dit que notre position était que l’usine devait fermer purement et simplement et qu’en attendant que ce soit effectif il fallait que les salariés les plus fragiles, au moins les plus de 50 ans et ceux concernés par une maladie comme l’hypertension, l’asthme ou certaines maladies chroniques ou graves, soient immédiatement renvoyés chez eux en les assurant de leur maintien de salaire.

Je m’étais également préparé à poser un droit d’alerte et j’ai fait deux déclarations : l’une classique pour danger grave et imminent, sur le danger pour la santé des salariés en expliquant que la continuité de la production ne permettait pas d’assurer leur protection. La deuxième déclaration repose sur un dispositif moins connu prévu pour des cas de danger grave pour la santé publique en justifiant que le maintien du travail à l’usine faisait courir le risque d’augmenter la propagation du virus et donc de participer à augmenter le risque d’encombrement des hôpitaux. Il faut savoir que quand un élu fait un droit d’alerte l’employeur doit immédiatement y répondre, c’est à dire enquêter avec l’élu en question sur le danger et proposer des solutions. C’est ce qu’ils ont fait et ils nous ont proposé d’attendre les annonces du soir en nous assurant qu’ils suivraient les recommandations de Macron, mais que pour l’heure ils refusaient de fermer l’usine.

Sur les salariés fragiles ils ont été particulièrement scandaleux en expliquant que si ça représentait deux personnes on pouvait « voir pour s’arranger », mais que si ça représentait 15 personnes « c’était pas la même chose ». Je leur ai répondu que pour notre part nous n’allions pas attendre le discours de Macron pour informer les collègues et j’ai repris des heures de délégation pour tourner dans toute la boîte et informer moi-même les salariés de leur droit de retrait. Notre discours était qu’on était déterminé à nous battre pour la fermeture de l’usine, que tous les salariés avaient le droit de retrait, qu’on allait s’organiser collectivement pour l’exercer le plus massivement possible si le patron refusait de fermer l’entreprise.

Comme tu le sais le soir-même Macron a annoncé des mesures beaucoup plus strictes de confinement mais qui ne concernaient pas les usines. Donc en clair on nous demandait à nous de retourner travailler dans des ateliers, mais on nous interdisait formellement de sortir dans la rue pour rejoindre nos proches… Si jusque-là il pouvait subsister pas mal d’illusions sur le fait que Macron allait nous donner raison, d’autant que le lundi plusieurs usines avaient annoncer leur décision de fermer comme PSA, Renault ou Michelin, pour beaucoup de salariés son discours a été une vraie douche froide. « Nous les ouvriers de l’industrie on est des citoyens de seconde zone », comme disait un collègue, et c’est pour ça qu’on devrait prendre le risque de retourner travailler pour produire des pièces d’avion !

Dès la fin des annonces, le soir même, on a commencé à s’organiser et à discuter d’un plan de bataille pour le lendemain qui devait être le suivant. D’abord à l’embauche je devais aller voir le patron pour exiger la fermeture immédiate de l’usine. Si la direction ne proposait rien, on se préparait à faire débrayer les ateliers les uns après les autres pour tenir une Assemblée générale et exiger collectivement la fermeture de l’usine ou, si la direction persistait, pour exercer notre droit de retrait massif. Les collègues étaient tous d’accord avec ce plan et dès le matin la direction a montré que c’était elle, cette fois-ci, qui était inquiète. Et donc avant même 8 h le mardi matin le patron est venu pour tenter de me rassurer en me disant qu’on allait se réunir au plus tôt, chose qu’on a fait très rapidement car ils ont bien vu que nous étions déterminés. On a donc tenu une réunion de CSE le matin-même et on a obtenu la fermeture de l’usine pour 15 jours minimum, avec dispositif de chômage partiel donc.

RP : Beaucoup d’ouvriers ou de salariés qui sont aujourd’hui encore contraints de travailler en France s’interrogent sur leur droit de retrait... Comment ça marche concrètement ?

GG : C’est vrai que c’est une question qui tourne beaucoup. Déjà il faut savoir que le droit de retrait est considéré dans la loi comme un droit individuel du salarié qui, s’il considère qu’une situation de travail est dangereuse et qu’elle crée un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, peut s’extraire de cette situation tout en restant disponible de son employeur sur son lieu de travail. Le patron doit alors résoudre le problème pour que le salarié puisse reprendre son poste ou sa tâche. Pendant tout le temps où il exerce son droit de retrait le salarié continue d’être payé, de cumuler ses congés, etc. Pour ceux qui se posent la question il y a donc bien maintien de salaire.

Dans la situation d’épidémie du coronavirus ce droit de retrait est totalement légitime. Il faut savoir néanmoins qu’un patron, notamment s’il pense qu’il a le rapport de force, va toujours essayer de faire croire aux salariés que le droit de retrait est illégitime, illégal, abusif, en jouant sur la peur des salariés ou sur le fait que beaucoup ne connaissent pas leur droit, surtout s’il n’existe pas de syndicat dans la boîte. Le patron a essayé avec moi, mais n’a plus rien dit quand il a vu qu’on connaissait précisément ce droit. Mais il faut savoir que le droit de retrait repose sur le jugement du salarié lui-même, c’est à dire que s’il considère qu’une situation est risquée, même s’il se trompe, il ne peut pas être sanctionné. La seule manière d’invalider un droit de retrait c’est si le patron conteste aux prud’hommes et que ce droit de retrait est très clairement abusif, mais c’est une situation très rare en général. Ce dispositif est donc plutôt du côté des salariés mais est mal connu, notamment dans les entreprises où il y a peu de rapport de force, de syndicats et de tradition de lutte. C’est pour ça qu’une de nos tâches a été d’informer tous les collègues et de les rassurer. On a fait un mini dossier sur une feuille, avec les articles de lois concernés, qu’on a donné aux salariés qui le souhaitaient.

Le plus important pour nous c’était de casser la logique individuelle du droit de retrait et d’essayer d’adopter au maximum une logique collective. Individuellement, face à son employeur, on est faible, mais collectivement on a plus confiance et on a davantage de rapport de force. Et c’est pour ça que notre plan de bataille prévoyait une Assemblée générale dans laquelle on aurait pu exercer tous ensemble notre droit de retrait et aller collectivement informer l’employeur. Ca donne de la force, ça coupe l’herbe à toutes les tentatives d’intimidations de la direction… Autrement dit on voit bien que cette question du droit de retrait, pour être massive, elle ne se décrète pas, comme parfois je peux lire sur des commentaires facebook où on t’explique que « c’est simple, t’as qu’à faire un droit de retrait ». Ca n’a rien de simple au contraire car comme on l’a vu chez nous beaucoup de salariés ne connaissent pas bien le droit et donc ont peur des conséquences que cela pourrait avoir, d’où l’intérêt d’en faire une bataille collective. C’est quelque chose qui doit être organisé, en ne ménageant aucun aspects pratiques, du travail d’information, à celui de rassurer les collègues, etc.. Je pense que le rôle des militants là-dedans peut être vraiment décisif.

RP : C’est une victoire, donc ? Comment vous envisagez la suite maintenant ?

GG : Oui, pour nous c’est évident que c’est une victoire puisque dans une situation comme celle que nous traversons actuellement, maintenir l’usine ouverte c’était faire prendre des risques inconsidérés aux salariés et à leur famille. C’est une victoire aussi parce que sans l’action des militants syndicaux et des salariés le patron n’aurait pris aucune disposition dans ce sens, ou bien l’aurait fait le plus tard possible. Quand on a annoncé aux collègues que l’usine fermait on était évidemment tous très content, mais quelques chefs d’ateliers ont quand même réussi à se plaindre qu’on laisse exprimer notre joie en affirmant que cela n’avait rien d’une bonne nouvelle pour la situation économique de l’entreprise. Des salariés leur ont spontanément répondu que c’était n’importe quoi de pleurer pour la santé économique de l’usine quand c’était leur santé qui était en jeu. Pour moi ça montre que les collègues ont compris quelque chose de profond à travers cette expérience, quelque chose qu’on entend dans certains slogans « nos vies avant leur profits » et c’est un énorme acquis pour la suite.

En fait les collègues ont fait l’expérience de leur force et que lorsqu’on s’organise et qu’on cherche à donner une expression collective à notre colère on peut imposer nos décisions et nos revendications. De notre point de vue aussi c’est une victoire parce qu’on sent bien que la confiance en nous a grandi, qu’on a montré que notre logique n’est pas seulement de « gueuler n’importe comment en tout temps » mais qu’on cherche à les défendre concrètement et à nous battre pour vivre mieux.

Maintenant, comme toujours, ça n’est pas une victoire totale et la bataille est loin d’être finie.

Premièrement, il faut savoir que le maintien de la rémunération lors du chômage partiel ne permet de toucher que 84% de son salaire net, payé par l’argent public qui plus est, alors que nos patrons sont multimillionnaires et pourraient largement assumer le maintien de notre salaire à 100%. Pour ça il faudrait taper dans leurs profits et ils ne sont évidemment pas prêts à faire ça donc il faut maintenir le rapport de force collectif. De la même manière on va revendiquer que la prime de production, qui représente en moyenne 160 euros par mois, soit maintenue ce qui n’est pas gagné d’avance. Surtout, notre plus gros combat reste celui de la défense des intérimaires. Nous revendiquons que les intérimaires soient maintenus, y compris reconduits quand la question se pose puisque certains interim arrivent à terme à partir de la fin de la semaine et donc ne pourraient plus toucher le chômage partiel après ça, dans une position très difficile pour retrouver un travail et une source de revenus dans situation où beaucoup d’entreprises ferment et n’embauchent pas.

Enfin, on veut utiliser notre exemple pour aider ceux qui n’ont pas encore pu imposer la fermeture à leur patron ou à se mettre en droit de retrait. Elles sont déjà nombreuses à avoir fermer mais c’est scandaleux qu’il en reste encore qui continuent de tourner, y compris dans des conditions sanitaires déplorables pour certaines. Pour ma part je ne pense pas que nos batailles soient des batailles confinées dans les frontières de l’usine mais je pense au contraire qu’elles peuvent être utiles et venir renforcer l’ensemble des combats menés par les travailleurs de l’aéronautique et, plus en général, des salariés. C’est d’ailleurs quelque chose qui s’est matérialisé très rapidement puisqu’à la suite de la vidéo qu’on a sortie avec la section syndicale beaucoup de salariés nous ont contacté sur Facebook pour nous demander de l’aide sur des questions concrètes. On essaie de les aider à s’organiser de leur côté et, entre parenthèses, je dois dire qu’on est en train de combler le travail que n’a pas fait l’appareil syndical puisqu’en théorie la confédération aurait dû mettre ses moyens ses avocats, sa stratégie, au service des salariés confrontés à ces questions. Ca n’a pas été le cas, en tout cas plusieurs équipes syndicales ont eu le sentiment d’être laissées à elles-même, et d’ailleurs la direction de la CGT a attendu mardi après-midi pour revendiquer publiquement la fermeture des usines non essentielles… après que les syndicalistes ou sections locales aient du faire tout le travail d’eux-mêmes. Nous on savait déjà qu’on ne peut pas faire une confiance aveugle aux directions syndicales puisqu’elles n’ont pas intérêt à une lutte dure avec le patronat et avec le gouvernement, comme nous l’avions vu au moment des Gilets jaunes, par exemple. Mais ça c’est une autre histoire sur laquelle je ne vais pas revenir ici…

Propos recueillis par Marina Garrisi

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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Pour Darmanin « la meilleure prime aux soignants c’est de respecter les gestes sanitaires »

Interrogé sur BFM TV, Darmanin a répondu de façon honteuse sur la question d'une éventuelle prime aux soignants. Alors les personnels de santé attendaient des actes - des moyens humains, techniques, financiers - le gouvernement continue de ne proposer qu'une réponse minimale à une situation grave, produit de décennies de casse de l'hôpital public, au moment même où les soignants luttent de toutes leurs forces contre l'épidémie.

2 MILLIARDS POUR LA SANTÉ SUR 45 MILLIARDS D'AIDES !

En situation de crise sanitaire, les personnels sont donc contraints de faire avec tous les manques dénoncés depuis longtemps. La réponse du gouvernement se tient au point de jonction entre le foutage de gueule et le cynisme ordinaire de la classe bourgeoise : sur 45 milliards d’aides destinés à sauver l’économie, Darmanin annonce qu’une ligne comptable de 2 milliards sera réservée à l’hôpital et que les heures supp seront "évidemment payées". Merci, bonsoir.

Quant à l’éventualité d’une prime, on la paiera par la reconnaissance et non par des mesures économiques : le même Darmanin, qui représente sans doute l’avant-garde de la bêtise et n’hésite pas à nous en faire leçon, interrogé sur BFM TV sur une éventuelle prime pour les soignants, indique sans rire que « la meilleure prime qu’on peut donner aux soignants, c’est de respecter les gestes sanitaires ». En revanche, grand prince, Darmanin affirme de façon « extrêmement ferme » « chaque heure supplémentaire travaillée pendant cette période de crise sera payée. » Lavez-vous les mains et restez confinés, voilà qui devrait suffire aux personnels des hôpitaux. C’est la partie foutage de gueule, ou l’insulte de plus adressée à ceux et celles qui travaillent sans relâche depuis trois semaines.

Si cette crise doit nous enseigner une chose, c’est que les critères de la bourgeoisie ne sont décidément pas les bons quand il s’agit de savoir ce qui doit s’arrêter et ce qui doit continuer, et à qui donner des aides massives. Autrement dit, alors que les infrastructures de la société bourgeoise sont en train de finir leur existence souterraine et se rendent lisibles aux yeux de tous, il s’agit désormais que la société reprenne son pouvoir de décider des secteurs qui lui sont indispensables.

Où sont passés les milliardaires qui faisaient des chèques à donner le vertige il y a quelques mois pour la cathédrale Notre-Dame ? D’où viennent les 117 milliards de dollars de la fortune personnelle de Bernard Arnault ? A-t-on des milliardaires qui cueillent leur fortune dans des arbres prolifiques ou ces grandes fortunes privées se sont-elles constituées sur la sueur et l’exploitation du travail de toute la société ? La réponse et évidente et la conclusion, logique : ces fortunes sont nôtres et il est temps d’exiger qu’elles nous servent. Le voilà, le cynisme ordinaire de la classe bourgeoise, certaine de son bon droit à pratiquer la déprédation et à laisser mourir les travailleurs et les travailleuses. Il est temps d’opposer nos besoins et nos secteurs indispensables à ces crapules qui gouvernent le regard rivé sur la richesse et en fonction des critères du profit.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Se syndiquer CGT ?

Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.

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