Nos vies valent plus que leurs profits La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat ! Les propositions de SARKO et MERKEL pour l'Europe sont scandaleuses - SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPC

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Syndicat CGT unilever HPC France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Appel Cgt et Communiqué usine

Meeting franco-allemand
dans le cadre de la semaine de mobilisation européenne au moment

du Sommets des Chefs d’Etat consacré au « Pacte de compétitivité »

22 mars 2011
Intervention de Bernard THIBAULT,
Secrétaire général de la CGT
_______________________________

Chers Amis, Chers Camarades,

Je veux tout d’abord vous remercier d’avoir répondu présent à ce rassemblement unitaire avec nos camarades du DGB.

Cette mobilisation s’inscrit dans une semaine d’action de l’ensemble des syndicats européens pour dénoncer un véritable pacte d’austérité qui sera à l’ordre du jour de la réunion des chefs d’état à la fin de cette semaine.

Aujourd’hui à Paris, jeudi à Berlin et à Bruxelles, samedi à Londres, le 9 avril à Budapest, les syndicats ont décidé de réagir ensemble devant ce qu’il faut bien appeler une agression sociale caractérisée.

Alors que le chômage, la précarité, les bas salaires et l’exclusion sociale gangrènent les pays d’Europe, les gouvernements s’apprêtent à adopter une série de mesures anti-sociales comme remèdes à la crise :

-      il faudrait ainsi réduire les salaires,

-      étendre la flexibilité des horaires de travail,

-      reculer les âges de départ en retraite,

-      réduire les dépenses de protection sociale et les budgets publics.

Tout ceci nous est présenté comme des mesures incontournables pour sortir d’une crise dont les travailleurs en Europe ne sont en rien responsables.

Le président de la République française et la chancellerie allemande sont à l’origine de cette démarche qui satisfait grandement les employeurs.

Nous sommes là, ensemble, syndicalistes allemands et français, pour dénoncer ce projet, non seulement parce que c’est injuste socialement mais aussi totalement inadapté et en total décalage avec les origines de la crise.

Au même moment où ce plan d’austérité se dessine, les grands groupes affichent des profits record et des dividendes versés aux actionnaires parfois supérieurs à ce qu’ils étaient avant la crise.

C’est à cela qu’il faut s’attaquer en priorité.

L’Europe n’est pas malade du fait des droits sociaux.

Par contre, elle sera de plus en plus contestée si elle sert de levier pour mettre en concurrence les travailleurs européens sur le moins disant social.

Nous nous sentons solidaires des travailleurs grecs à qui l’on veut faire payer les turpitudes de leur ancien gouvernement,

Nous nous sentons solidaires des travailleurs roumains à qui on impose une révision de leur code du travail pour plus de flexibilité,

Des polonais de qui on exige une baisse des salaires et pensions,

Des anglais frappés par la baisse des budgets publics.

Nous sommes déterminés à poursuivre ensemble le combat pour une Europe sociale, sans quoi elle n’aura aucun avenir.

Pas plus en France que dans d’autres pays, l’austérité ne doit être à l’ordre du jour.

-      La lutte contre les bas salaires et la précarité doit être présente dans les entreprises,

-      Le principe du travail égal – salaire égal dans un même lieu de travail doit être la règle,

-      La mise en place du salaire minimum national doit être garanti,

-      Les budgets sociaux doivent être préservés.

Avec votre participation, nous n’abandonnerons pas notre objectif d’une reconnaissance des travailleurs de toute l’Europe.

Tous ensemble, soyons offensifs !

Merci de votre attention.

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Déclaration commune des syndicats Français et Allemands

L’Europe n’a pas besoin d’un pacte sur la compétitivité Merkel-Sarkozy mais d’un changement d’orientation politique pour une Europe juste et équitable

Au cours des prochaines semaines, le Conseil Européen va adopter les mesures de convergence budgétaire et économique dans le cadre du dispositif du « semestre européen ». En l’état actuel des propositions, en particulier celles impulsés par les chefs d’Etat Allemand et Français, les organisations syndicales françaises et allemandes CGT, FO, UNSA, CFTC, DGB, avec la CES, expriment leur critique fondamentale.

Nous nous prononçons fortement contre une gouvernance économique basée sur une conception limitée de la compétitivité fondée sur la stagnation, voire la réduction des salaires et des marchés de travail flexibles et dérégulés.

Depuis longtemps, ces organisations revendiquent une plus grande convergence économique et sociale dans l’Union Européenne. Les difficultés que connaissent plusieurs Etats membres de la zone euro confortent cet objectif. Mais la consolidation de l’euro et les objectifs qui en découlent en matière de gouvernance doivent viser le développement économique, l’emploi et le progrès social.

Les propositions pour la diminution des salaires minimums pour l’abolition des systèmes d’indexation et la non prise en compte de l’inflation sont des offensives qui remettent en cause les droits des salariés, et l’autonomie des partenaires sociaux dans le champ de la négociation collective, propre à chacun des systèmes nationaux de formation des salaires.

Les propositions actuelles de gouvernance économique et le pacte Merkel-Sarkozy dérogent à des nombreux principes du droit primaire européen. Les traités engagent l’Union à combattre les inégalités, améliorer les conditions de vie et de travail, respecter les systèmes de négociation collective nationaux et de sauvegarder l’autonomie des partenaires sociaux, et ne donnent pas de compétences à l’Union européenne en matière salariale. Avec les propositions du pacte Merkel-Sarkozy en matière salariale, l’Europe fait fausse route.

Nous nous prononçons contre le plafonnement européen des endettements, contre des politiques d’austérités qui entravent la croissance et contre la proposition d’un ajustement automatique des systèmes de retraite à l’évolution démographique.

Une gouvernance économique ne peut pas reposer sur les seuls objectifs d’équilibre budgétaire. L’Europe a besoin de favoriser en même temps le développement économique et sociale et, pour cela, doit radicalement changer de politique. Une obstination sur cette mauvaise politique au seul profit des forces du marché met en péril la stabilité de l’euro et mène à la détérioration de la situation économique, politique et sociale de tous les pays impliquées.

Nous considérons indispensable:

-       que soit préservé l’autonomie de négociation des partenaires sociaux en matière tarifaire ou bien qu’elle soit inscrite dans les constitutions nationales comme c’est le cas en Allemagne.

-       Que soient renforcées la cohésion sociale et le socle social de l’Europe à travers la lutte contre la précarité et les bas salaires  par la mise en place des salaires minimums nationaux garantissant une vie décente.

-       Que soit respecté sur le marché de travail, le principe du « travail égal – salaire égal » dans un même lieu de travail, quelque soit le statut (intérimaires, saisonniers, …). L’Europe ne peut pas avoir des travailleurs de seconde zone, socialement défavorisés.

-       Que la maîtrise des budgets et la réduction des déficits publics préservent les capacités d’investissement et les budgets sociaux

-       Que la convergence en matière fiscale soit basée sur une harmonisation de l’assiette de la fiscalité des entreprises et la fixation d’un taux-plancher d’imposition. A cet égard, l’annonce par la Commission européenne de son intention de présenter un projet de directive sur « une assiette commune consolidée d’impôts sur les sociétés » pour relancer le marché intérieur, va dans le bon sens.

-       Que soit adopté, au lieu des politiques d’austérité et du plafonnement européen des endettement, un programme d’innovations et d’investissements ambitieux pour l’encouragement généralisé des investissements dans le développement durable, afin de doter l’Europe  d’infrastructures modernes, d’industries pérennes, des services publics de qualité et d’une offre d’éducation et de formation de qualité.

Nous refusons et nous combattrons les réductions de salaires imposées par l’Etat ainsi que la fixation par celui-ci d’objectifs limitant ou plafonnant dans le cadre des négociations collectives, les salaires réels.

Compte tenu des enjeux pour les travailleurs de l’Union européenne, les partenaires sociaux doivent être consultés sur les réformes envisagées par les Etats et par l’Union européenne.

Le, 22 mars 2011

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