Lourdes sanctions pour le cartel des lessives

par Syndicat CGT Le Meux  -  14 Avril 2011, 08:13  -  #Unilever Europe

La Commission européenne inflige 315 millions d’euros d’amendes aux géants mondiaux du secteur.  Entre 2002 et 2005, Procter & Gamble, Unilever et Henkel s’étaient entendus sur les prix dans huit pays d’Europe. 

Bruxelles lave plus blanc ! Dans le cadre de sa vaste ­offensive contre les cartels, la Commission européenne s’attaque aux lessiviers. Elle a infligé mercredi une amende de 315,2 millions d’euros à Procter & Gamble et à Unilever, qui s’étaient entendus pendant plus de trois ans sur les prix dans huit pays européens.

Le groupe allemand Henkel qui faisait aussi partie du cartel, a, lui, bénéficié d’une immunité totale pour avoir révélé les faits. Pour les autres, l’amende aurait pu être plus salée. Mais la Commission a accordé un rabais de 60 % à l’américain Procter & Gamble, et de 35 % à l’anglo-néerlandais Unilever, car ils ont coopéré et reconnu leur culpabilité pour obtenir un accord amiable.

Procter devra donc payer 211,2 millions d’euros, et Unilever 104 millions. Des montants élevés, justifiés par la taille des parts de marché et «l’extrême gravité de l’infraction».

Le cartel a commencé à l’occasion d’une initiative professionnelle visant à améliorer les performances écologiques des produits et a fonctionné entre janvier 2002 et mars 2005 dans huit pays: Belgique, France, Allemagne, Grèce, Italie, Portugal, Espagne et Pays-Bas. Henkel, Procter et Unilever se sont entendus pour se partager le marché des lessives en poudre et fixer les prix. Ils se sont ainsi mis d’accord pour ne pas baisser les tarifs quand la taille des paquets diminuait, a souligné le commissaire à la Concurrence Joaquin Almunia. Ce dernier n’a voulu citer aucune ­marque, estimant n’être «pas là pour faire de la publicité». Les produits des trois grands lessiviers font partie de la vie quotidienne des Européens : Bonux et Ariel pour Procter & Gamble, Skip et Omo pour Unilever, ou encore Le Chat ou Mir pour Henkel.

Main de plus en plus lourde 

Unilever a assuré dans un communiqué que le règlement amiable était «dans l’intérêt même de l’entreprise», et souligné que le montant avait déjà été provisionné.

L’affaire risque cependant de peser sur les poursuites en dommages et intérêts éventuellement engagées devant les tribunaux des États membres. Une condamnation de Bruxelles constitue généralement une «preuve contraignante de l’existence et du caractère illicite des pratiques en cause», rappelle la Commission.

«Les entreprises ne doivent pas se faire d’illusions sur la détermination de la Commission à poursuivre une lutte énergique contre les ententes qui imposent aux consommateurs des prix plus élevés que ceux qu’ils paieraient dans le contexte d’une concurrence saine et loyale», a martelé Joaquin Almunia. Bruxelles a en effet la main de plus en plus lourde dans ses sanctions, qui peuvent théoriquement atteindre 10 % du chiffre d’affaires. Près de 12 milliards d’euros d’amendes ont été infligés ces cinq dernières années.

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