SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Schneider Electric : « On nous vire pour 400 000 euros de bénéfice »

Les salariés du site de Lattes, au sud de Montpellier, étaient en grève vendredi 8 janvier. Ce jour-là, ils se sont invités à la réunion du comité social et économique dont l’ordre du jour portait sur les conditions de la fermeture du site, annoncée le 16 septembre 2020 par Schneider Electric.

 

Il est 7 h du matin devant le site de l’usine Schneider Electric. La nuit est glaçante. Une fumée blanche à peine éclairée par les phares de voitures coiffe la voie rapide. Une quarantaine de personnes résistent au froid autour d’un feu de palettes. Depuis l’annonce de la fermeture du site, le 16 septembre, les salariés sont en lutte. Ce jour-là, le groupe Schneider Electric actait la fermeture des sites de Saumur (Maine-et-Loire) et de l’un de ses deux sites à Lattes, spécialisé dans les ampoules à vide et disjoncteurs moyenne tension. La nouvelle, tranchante comme un couperet, avait noué les gorges, croisé les bras aux mains abîmées, noyé le regard dans le désespoir et l’amertume d’avoir été trahi. Encore une fois.

Depuis, cinq mois sont passés. Cinq mois durant lesquels la production tourne au ralenti, à 10 % de la normale selon un délégué syndical qui estime à deux mois le retard pris. Derrière cette décision, 80 personnes sont mises sur le carreau. Autant à Saumur où le maire Jackie Goulet a été averti par un appel de l’entreprise, la veille de l’annonce. Même pressenti de longue date, tout semble se précipiter. Le plan de restructuration prévoit l’arrêt définitif au second semestre 2021.

 

Compréhension et encouragement des automobilistes

 

Le jour pointe à l’horizon. Une bonne partie du groupe se dirige vers le rond-point le plus proche pour diffuser les tracts annonçant la mauvaise nouvelle. La file de voitures s’étire depuis l’autoroute et ralentit au gré des discussions entre automobilistes et grévistes. Malgré le ralentissement occasionné, l’accueil est plutôt chaleureux. Des chauffeurs routiers encouragent l’action après avoir immobilisé complètement leurs camions. L’ambiance est bonne et les tracts disparaissent, parfois en échange d’un sourire complice, quelques fois par un juron, une mine contrainte, crispée ou pas encore réveillée.

Pour les salariés de Lattes éreintés, il s’agit de la cinquième restructuration dans la région en moins de dix ans. Il y a d’abord eu la fermeture progressive dès 2013 de l’atelier de La Pompignane à Montpellier. Puis, les deux plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) de Fabrègues en 2015 et 2018 qui ont débouché sur la fermeture du site. Et enfin, Mudaison, fermé en 2017 pour transférer ses activités sur les sites de Mâcon (Saône-et-Loire) et d’Aubenas (Ardèche). Toutes ces fermetures successives ont fini par éroder la confiance. Les salariés ne croient plus aux belles paroles patronales.

 

Un groupe bénéficiaire qui détruit des emplois

 

Pourtant, avec un bénéfice net de 2,4 milliards d’euros en 2019, le groupe se porte bien. Et la crise du coronavirus ne semble pas affecter le cours de l’action qui a doublé en quelques moins, passant de 67 euros en mars dernier, en plein confinement, à 127 euros aujourd’hui. À la bourse, Schneider Electric signe même la deuxième meilleure performance du CAC 40 derrière Hermès, et termine l’année 2020 en hausse de 29,3 %. En mai 2020, malgré les appels à la retenue en période de crise, l’entreprise du PDG Jean-Pascal Tricoire verse un dividende à ses actionnaires en hausse de 8,50 % sur un an.

Si tout va bien pour les actionnaires, c’est la soupe à la grimace pour les salariés. Philippe, 54 ans, 28 ans d’ancienneté et syndiqué Force Ouvrière, se prépare à un départ à la retraite. Il s’inquiète pour d’autres, plus jeunes que lui. « Nous n’en sommes pas à notre premier PSE. Où allons-nous aller ? Il n’y a plus de site Schneider dans la région à part Lattes et Alès. J’ai déjà vécu le GPEC (Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) en 2014 à Pompignane. Nous étions 200 », explique-t-il. Le site a fermé. « Moi, le reclassement je ne pourrais pas, c’est 200 kilomètres minimum. C’est tout le système qu’il faut revoir. Ils investissent en Hongrie [12,5 millions d’euros] avant même d’avoir finalisé le PSE, c’est dire ! »

L’alternative pour les salariés qui ont encore des années à tirer avant la retraite, est d’aller sur le site d’Aubenas à plus de 200 kilomètres, où seuls quinze postes leur sont proposés. Voire d’être reclassé plus loin encore comme à Grenoble… « Des humains qui massacrent d’autres humains pour le business. Et ce n’est pas fini », s’exclame un ouvrier qui nourrit le feu d’une nouvelle palette. « On arrive au bout d’un système, ils nous ont cramé. Les courants durs de la CGT ont sauté en premier, maintenant c’est plus facile pour dégraisser le personnel » explique Jean-Marc, élu CGT de 60 ans.

Pauline, 48 ans, assise sur une pile de palettes, bonnet vissé sur la tête et masque sur la bouche, regarde le feu la réchauffer, impassible. Elle fait partie des dernières arrivées, lors des embauches opérées en 2008. Elle a connu la fermeture de La Pompignane et le transfert de Mudaison vers Lattes en 2017. « J’ai le sentiment qu’on nous harcèle. Tous les trois ans, ils nous bougent. Là, c’est le terminus. J’ai encore plus de 20 ans à bosser. Je n’irai ni à Aubenas ni à Mâcon, Grenoble ou Alès. J’ai toute ma famille ici dans le bassin méditerranéen », lance-t-elle comme un défi avant d’asséner : « je ne sais pas où je vais atterrir, je suis perdue. Nous ne sommes que des numéros pour Schneider, que des « SESA », ces matricules que la boîte nous attribue. On a une colère monstre contre la direction et ça ne date pas d’hier. »

Un poids lourd s’arrête soudainement. « Mais, je dis quoi moi ? » s’exclame le livreur devant l’entrée de l’usine bloquée par le piquet de grève. « C’est pour un petit carton », tente-t-il de négocier en ouvrant son haillon. « T’as qu’à prendre une photo pour expliquer. C’est fermé ! On est en grève », lui rétorque-t-on. « Allez, bon courage les gars », lance-t-il finalement, tout en démarrant son camion au son de quelques pétards qui crépitent dans le feu. Olivier fume sa cigarette devant l’entrepôt. Il est chauffeur livreur pour l’entreprise américaine XPO Logistics. Son camion, garé à l’extérieur n’a pas pu livrer ni recevoir la marchandise prévue. Il a envoyé un message pour prévenir sa direction. Il attend, discute avec les grévistes, puis rallume une cigarette.

 

Délocalisations à marche forcée

 

Depuis le rachat des sites Areva par Schneider Electric en 2010, l’entreprise est en perpétuelle restructuration. Et aujourd’hui clairement à contre-courant des annonces ministérielles de relocalisation en France de productions sensibles. Le scénario se répète jusqu’à épuisement du tissu industriel français. Les dirigeants préfèrent implanter leurs usines à l’étranger pour profiter d’une main d’œuvre meilleure marché, aux dépens des travailleurs abandonnés ici ou sous-payés là-bas. Cette fois, l’activité de production des ampoules à vide de Lattes sera rapatriée sur les sites d’Aubenas et en Inde (Salt Lake City), les disjoncteurs délocalisés à Grenoble et en Turquie. « Pour Schneider Electric, la France n’a plus vocation à être un pays industriel » confie Éric Perrin, de la CGT. Les investissements sont dirigés vers la Chine, l’Inde, la Turquie et la Hongrie, des pays dont le modèle démocratique laisse à désirer.

 

Une réunion sous tension

 

Sur le piquet de grève, la quarantaine de présents se regroupent, puis forme un arc de cercle autour des délégués syndicaux, non loin du feu maintenant alimenté par des pneus. Le délégué syndical FO de Schneider Electric, Jean-Charles Bigotière, prend la parole. « On nous vire pour 400 000 euros de bénéfice espéré d’ici trois ans à Aubenas. Ils n’en ont rien à foutre de nous. » Une quinzaine de personnes décident d’accompagner les délégués syndicaux pour se rendre à la réunion du PSE, dans un hôtel à proximité. Un syndicaliste FO fait irruption dans la salle où un diaporama est exposé : « pour beaucoup ici, on a vécu trois PSE. Je suis écœuré de l’état des propositions avancées par l’entreprise. Des propositions en deçà de celles présentées à Fabrègues, indignes d’une structure comme Schneider Electric. Nous voulons une prime Covid, nous voulons une prime préjudice, prime qui existait auparavant. Révisez vos copies, vous verrez. »

La personne chargée des ressources humaines aux côtés du directeur Patrick Verne, tente de calmer la situation. « J’entends votre colère. Aujourd’hui, il y a des négociations, il y en aura deux autres la semaine prochaine. On ne fera pas de miracles… » Mais Jean-Luc, un ancien de la boîte, ne tient plus, il interrompt : « il y a 2 ans, on nous a promis la pérennité des emplois, on nous a bernés. Maintenant, il faut payer ! » Jean-Charles, assis à la table des négociations enchaîne : « maintenant, ça suffit, on va se mettre en grève de la faim si vous ne ramenez pas du concret ». Assis à quelques chaises de là, Éric Perrin, secrétaire du comité social économique (CSE) prévient : « j’espère que la direction a pris la mesure de la détresse des salariés qui subissent la pression des PSE successifs. » La petite délégation sort vite rejoint par les élus salariés du CSE. La direction a demandé une interruption de séance lui permettant de rendre compte de la situation à ses supérieurs et d’orienter le débat.

Pour Jean Charles, le sentiment de haine reste palpable à l’issue de cette réunion. « Les négociations démarrent au ras des pâquerettes. » Le reclassement d’une quinzaine de postes sur Aubenas en vue d’un bénéfice supposé de 400 000 euros d’ici trois ans, n’est que de la poudre aux yeux. « Il ne faut pas s’attendre à aller jusqu’à la retraite là-bas. Aubenas va subir le même sort. » La prochaine réunion devant sceller le sort des salariés est fixée au 29 janvier, mais d’ici là deux réunions de négociations sont prévues les 12 et 15 janvier prochains. Deux nouvelles occasions pour les salariés de porter haut leurs revendications.

 

Publié par anti-K

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Reportage. Raffineurs de
 
Grandpuits en grève : "Tant que
 
Total lâche pas, on lâche pas
 
non plus !"

 

Depuis lundi 4 janvier, les raffineurs de Grandpuits sont en grève illimitée pour le maintien de l'emploi. Paul, Thomas, Sébastien et Sylvain nous expliquent les raisons de leur colère : « Total ne fait que raconter des mensonges depuis le début donc tant qu'il n'y aura rien de lâché du côté de la direction, nous c'est clair qu'on ne lâchera pas non plus » « S'ils veulent être jusqu'au-boutistes, on va être jusqu'au-boutistes aussi ».

 

Vidéo

Un reportage réalisé par Flora Carpentier jeudi 7 janvier, au 4e jour de grève. Des travailleurs de Monoprix, de la SNCF et de différents secteurs, ainsi qu’une délégation de jeunes du NPA avaient fait le déplacement en soutien aux grévistes.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Tandis que les médias système font silence sur les prisonniers politiques comme Julian Assange, Georges Ibrahim Abdallah (plus de 35 ans d'emprisonnement) et préfèrent de loin mener campagne sur le  "martyr" des Ouïghours devenus les nouveaux dissidents de la nouvelle guerre froide, la répression des étudiants en lutte, la chasse aux militants, aux gilets jaunes bat son plein en France.

 

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SOURCE : La Dépêche

 

Pour la CGT "ce procès est un témoin de la dérive autoritaire de l’Etat"

Publié le 10/01/2021 

 

Julien Antigo est également membre du syndicat CGT du centre hospitalier Agen-Nérac. Son syndicat d’affiliation appelle ainsi à rejoindre le rassemblement annoncé mardi devant le palais de justice à partir de 8 heures, en soutien à ce militant. "Julien est bien connu dans le militantisme agenais" souligne la CGT dans un communiqué.


Militant "engagé"

"Il est porte-parole et figure incontournable des Gilets jaunes, il est de tous les combats, défend toutes les causes, et donne beaucoup de son temps à œuvrer pour des meilleurs lendemains. Toujours avec le mot juste, sans aucune forme d’agressivité, on ne peut l’accuser que d’être un militant engagé."

L’occasion est donnée aux responsables de la CGT de rappeler le sort qui est réservé aux militants en 2021. "C’est bien de ça dont il est question ! À la suite d’une action des Gilets jaunes, il fallait trouver un bouc émissaire pour calmer l’ardeur d’un mouvement social qui s’ancrait dans la durée." Depuis deux ans, le mouvement social a changé de direction, aussi.

"Fichage massif"

"Aujourd’hui, en pleine contestation contre la loi sécurité globale, au lendemain du feu vert du Conseil d’Etat pour le fichage massif de militant quel qu’il soit, ce procès est un témoin de la dérive autoritaire de l’Etat, d’un Etat policier qui cherche à faire peur !" L’union locale CGT de l’Agenais et le syndicat du CHU Agen-Nérac appellent à soutenir "sans réserve" ce camarade.

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Ce qui lui est reproché :

    

Publié par FSC

 

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Ca bouge dans la CGT
Ca bouge dans la CGT

Le 29 octobre 2020 se sont tenues à Martigues des Assises pour un changement de société, regroupant 400 militants de la CGT issus de 70 départements et de 20 fédérations professionnelles. L’ensemble des organisations de la CGT, direction confédérale comprise, étaient invitées à y participer.

Ces Assises faisaient suite à une série d’actions de mobilisation dans toute la France, les Marches pour l’emploi et la dignité, impulsées par l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône et reprises largement, qui ont convergé dans la manifestation parisienne du 17 octobre, avec les sans-papiers.

Les conclusions d’Emmanuel Lepine secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats CGT des industries chimiques reflètent l’exigence des débats pour un changement de stratégie syndicale de la CGT, et revenir à nos valeurs de lutte de classe.

 

Ca bouge dans la CGT

Les conclusions d’Emmanuel Lepine secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats CGT des industries chimiques reflètent l’exigence des débats pour un changement de stratégie syndicale de la CGT, et revenir à nos valeurs de lutte de classe.

Durant ces Assises auront été abordés l’essentiel des sujets qui touchent l’ensemble du monde du travail d’aujourd’hui, une société marquée au fer par son mode particulier de production qu’est le capitalisme.

La lutte, c’est la vie. C’est vrai dans l’ensemble des domaines qui touchent notre existence, les domaines économique, social, environnemental, les questions touchant l’école et l’université, la santé, les questions sociétales comme l’égalité femmes-hommes, les LGBT, la diversité, le soutien aux migrants et aux sans-papiers, la lutte contre la xénophobie…

Sur l’ensemble de ces sujets, notre substance doit rester notre analyse de classe.

L’analyse de classe, c’est notre lumière politique, celle qui éclaire la totalité des enjeux auxquels nous sommes confrontés, y compris par exemple, les droits humains, avec notamment le droit à disposer d’un environnement sain et de qualité. Si on oublie l’analyse de classe, on transforme totalement notre action qui se limite, du coup, à deux choses :

–  Gagner ce qui est gagnable au périmètre des seules entreprises, autrement dit, faire du réformisme syndical, ce qui peut être considéré par certains comme déjà notable. Ou pire encore, du choix de l’accompagnement de la politique rétrograde des patrons et du gouvernement.

–  Et pour ce qui concerne l’extérieur de l’entreprise, s’en tenir aux questions sociétales, du type lutte contre le racisme ou pour l’environnement. On remplace alors notre action confédérale, c’est-à-dire notre action nationale interprofessionnelle, par un activisme de type ONG, où la construction du rapport de forces est remplacée par la réalisation de constats et la signature de tribunes qui se limite au monde des idées. Or, comme l’écrivait Emile Pouget, co-rédacteur de la Charte d’Amiens, à l’aube de notre CGT il y a plus de cent ans, « contre la force brutale, l’idée, réduite à ses seuls moyens de persuasion, est vaincue d’avance ».

Si on oublie notre analyse de classe, on arrive immanquablement à appeler à voter Macron pour faire barrage à l’extrême-droite, on arrive à choisir la peste plutôt que le choléra, à choisir le nom de notre exploiteur.

L’analyse de classe, au contraire, nous permet d’y voir clair sur le rouleau compresseur qui nous accable et sur l’apparente inaction, ou l’insuffisante réaction du monde du travail, et des citoyens en général.

La grande crise capitaliste nous traverse depuis 2008, elle montre l’incapacité de la version ultra-libérale du capitalisme, initiée par Reagan et Thatcher, à répondre à ses propres contradictions. Le taux de profit baisse inéluctablement, ce qui justifie aux yeux de ceux qui possèdent les moyens de production, l’augmentation des inégalités, la baisse des salaires et de la protection sociale, la précarité et le chômage, et la division mondiale du travail. Cette crise montre son visage le plus cru avec le révélateur qu’est la pandémie du Covid-19.
Rien n’arrête la machine infernale du Capital, cela a été largement illustré lors de ces Assises, jusqu’à sacrifier la vie, la santé des salariés, jusqu’à remettre en cause la capacité des travailleurs, des retraités, ou des jeunes, à tout simplement conserver dignité, humanité et autonomie de vie. La pression sur le financement de notre Sécurité sociale en fait partie, l’armée de réserve des chômeurs utilisée pour peser sur les revenus de celles et ceux qui ont un emploi également. Dans ce contexte, le capitalisme, compte tenu de sa structure même, n’a pas d’autre choix qu’une fuite en avant. Prétendre qu’il y a une voie intermédiaire, c’est tromper les travailleurs ou se tromper soi-même.

La période est celle de grands bouleversements, d’accélérations et de clarification politique. Nous vivons un cataclysme social, économique, culturel, politique, environnemental. Il s’agit d’une évolution à haut risques mais qui est aussi faite d’opportunités.
Nous avons besoin, nous l’avons vu, d’un sursaut de notre classe sociale, pour se placer en légitime défense. Le développement d’une autre stratégie de luttes, en particulier dans notre CGT, pour inverser la dynamique des reculs sociaux sur le plan interprofessionnel, participe de la même exigence.
Au final, l’alternative qui nous est posée est celle du type de syndicalisme que nous devons développer : Le syndicalisme du possible ou bien le syndicalisme du nécessaire ? La CGT partant systématiquement de la réponse aux besoins, c’est bien ce qui est nécessaire qu’il nous faut mettre en œuvre.
Il nous faut marteler cette exigence de changement de société, auprès des travailleurs, auprès de citoyens, des étudiants, des retraités, et même, auprès de nos camarades dans la CGT, qui semblent avoir oublié pour certains, à quoi sert l’outil que les Fédérations et les Bourses du Travail ont bâti en 1895 et qui se nomme Confédération Générale du Travail.

A partir de cet objectif, quand on sait où l’on veut aller, et qu’on sait d’où on part, on peut tracer un chemin et déterminer la manière de s’y rendre, en établissant des étapes. On peut également, déterminer de la manière dont il faut nous organiser pour y parvenir.

Organiser le syndicalisme interprofessionnel et intergénérationnel, cela signifie ne pas recréer ou laisser perdurer un syndicalisme de spécificités que l’histoire sociale nous a conduits à mettre en œuvre. Agir toutes les professions ensemble ; Agir actifs, privé d’emploi, jeunes et retraités ensemble, c’est affirmer que les revendications sont les mêmes, qu’elles sont communes, qu’on parle le même langage et qu’on agit sur ce qui nous unifie plutôt que sur ce qui nous différencie.

C’est refuser les corporatismes et penser que les autres vont se battre à notre place pour nos revendications. C’est se doter d’un objectif unique et commun et partagé. Cet objectif unique, c’est le projet de société CGT. Il existe, il est interprofessionnel, il trace les lignes d’une société basée, non sur le capitalisme, mais clairement sur ce qu’il est convenu d’appeler le socialisme, débarrassé des chaines de l’exploitation.

Cette dimension globale de l’analyse est insuffisamment prise en compte dans nos rangs. Cela pose le problème de savoir où nous plaçons la barre des changements nécessaires si l’on veut prétendre inverser la tendance actuelle.

Cela peut paraître de grandes phrases mais souvenons-nous de notre histoire les camarades. Tout fut conquis de haute lutte, notre classe sociale est allée chercher les garanties dont elle bénéficie en les arrachant une à une au patronat et à son commanditaire, l’Etat capitaliste. Même fortement dégradées comme aujourd’hui, ces garanties dont nous bénéficions, étaient vues comme des utopies inatteignables par nos anciens il y a cent ans. Et pourtant elles existent aujourd’hui, ce qui démontre notre immense force. Les utopies d’aujourd’hui sont les réalités de demain, mais encore faut-il avoir ces utopies comme objectifs, car celui qui n’a pas d’objectif ne risque pas de les atteindre.

C’est l’objectif politique qui doit commander la forme d’organisation et non l’inverse comme aujourd’hui. Cette réflexion est vraie pour les syndicats, CGT comprise mais aussi pour les partis politiques.

La stratégie des luttes et la manière de nous organiser découle des objectifs qu’on se donne. L’outil est toujours adapté à sa finalité. Suivant qu’on veut faire de la menuiserie ou de la maçonnerie, l’outil utilisé sera différent et adapté au but poursuivi. De même dans le syndicalisme, un syndicalisme de lutte des classes pour un changement de société, ou un syndicalisme d’accompagnement sans changement de régime économique, ne nécessitent pas la même organisation, ni la même stratégie.

La construction du rapport de forces nécessaire à un changement de société passe obligatoirement par la bataille des idées d’abord, celle qui pose clairement une rupture avec le système capitaliste, ancrée dans les problématiques quotidiennes des travailleurs. C’est la fameuse « double besogne » de notre Charte d’Amiens, c’est-à-dire articuler en permanence les revendications immédiates à l’objectif de changement de société.

Dans ce contexte, notre responsabilité, c’est de donner des perspectives concrètes aux travailleurs. Car si nous ne le faisons pas, les seuls à leur donner des perspectives, même si elles sont d’une toute autre nature, ce sont les forces de l’extrême-droite. Pour faire la clarté dans le clair-obscur entre la fin d’un monde et l’émergence du nouveau, que nous rappelait un camarade ce matin, et éviter l’émergence de monstres, il nous faut résolument combattre toutes les formes de divisions qui sont à la base de la montée de la violence dans la société, les ostracismes et la désignation de boucs émissaires, qui n’ont pour effet que la perpétuation du modèle capitaliste.

C’est aussi par des perspectives politiques et syndicales lisibles, claires et pour tout dire, radicales, que passera le renforcement de notre CGT, dont de moins en moins de travailleurs voient aujourd’hui l’utilité.

Ces perspectives, ce que nous devons construire, doivent amener l’élévation du rapport de forces. La bataille des idées en constitue la base, la stratégie des luttes en est le moyen. Cette démarche, obligatoirement articulée avec le champ politique, ce n’est pas un retour en arrière vers une CGT fantasmée, c’est ce qu’il nous faut faire aujourd’hui car cela correspond à la situation d’aujourd’hui. Ce n’est pas une démarche dogmatique mais une démarche pragmatique.

A l’opposé de tout corporatisme, nous devons être et rester les promoteurs de l’unité dans la CGT, à l’opposé du syndicalisme rassemblé qui, lui, a pour résultat un corporatisme dont le caractère unitaire avec les autres organisations syndicales est à géométrie variable suivant les professions. L’unité d’action dans la CGT, c’est forcément un projet politique interprofessionnel, et cela signifie aussi l’unité des travailleurs.

Mettre en œuvre ce projet nécessite la maîtrise de l’agenda, autrement dit dépasser les postures de défense sur telle ou telle attaque, même s’il nous faut toujours nous appuyer sur la colère exprimée par les salariés pour mettre le feu à la mèche. Nous devons ainsi poursuivre et élargir la dynamique que nous avons engagée l’an dernier le 27 avril, et la dynamique des marches pour l’emploi et la dignité, qui avait vocation à démontrer qu’une convergence des luttes est possible et nécessaire. Cette démarche est profondément unitaire, unitaire dans la CGT, elle vise à l’unité des travailleurs et non l’addition de sigles syndicaux ni la coïncidence des luttes mais leur convergence.

Un plan de travail a été adopté au travers de la motion d’actualité et des perspectives d’action validées par ces Assises, avec l’objectif de bloquer l’économie capitaliste de notre pays, l’arrêt de la machine à profit et à broyer l’Humain. Dans cette période particulière de reconfinement dû à la situation désastreuse de notre système de santé, l’heure n’est pas au repli ni à courber l’échine, mais au contraire à élargir, dans les têtes, l’analyse de classe. L’urgence absolue se situe dans la réouverture des lits et services hospitaliers fermés, elle se situe aussi dans un moratoire immédiat de tous les licenciements projetés. J’en oublie certainement.

Nous ne disons pas que la tâche est facile, nous disons qu’elle est nécessaire. Il nous faut convaincre nos camarades de travail, ceux que nous côtoyons au quotidien, qu’il ne faut plus nous limiter à nous défendre contre les conséquences, mais qu’il faut nous attaquer à la cause.

Nos racines de lutte sont profondes les camarades, nous ne partons pas de rien. Munis d’une vision claire de nos objectifs, soyons confiants en notre capacité à peser de manière décisive sur le cours des choses. Quand elle est unie sur un objectif commun, la classe des travailleurs est une force irrésistible, l’histoire sociale dans notre pays et dans les autres, l’a montré à de multiples reprises.

Gardons en mémoire cet esprit des Assises de Martigues, celui de notre volonté de changer de société, non pas de manière théorique, mais concrètement, avec un plan de luttes construit qui nous mènera, marche après marche, vers notre objectif. Plongeons nos forces dans la bataille des idées, scellons un pacte de solidarité pour nous retrouver dans les luttes à venir, avec la conviction qu’à la fin, c’est nous qui allons gagner.
Vive le syndicalisme de lutte de classe et vive la CGT.

Emmanuel LEPINE
Secrétaire général de la FNIC-GT

 

Publié par http://canempechepasnicolas.over-blog.com

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La semaine en BD et en capture d'écran
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Et comme aujourd'hui, c'est un dimanche et pas une dimanche:

 

Il pleut. Il pleut
Il fait beau
Il fait du soleil
Il est tôt
Il se fait tard
Il
Il
Il
Toujours Il
Toujours Il qui pleut et qui neige
Toujours Il qui fait du soleil
Toujours Il
Pourquoi pas Elle
Jamais Elle
Pourtant Elle aussi
Souvent se fait belle!
 
Jacques Prévert (1900 - 1977)
 
 
Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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Dans la sphère occidentale il est couramment fait référence à l'état de droit qui serait fondé sur la séparation des pouvoirs, l'indépendance de la justice et des instances juridictionnelles.

Allons donc y voir de plus près comme nous y invite l'article ci-après :

SOURCE  RT France

 

 

Alors que le Conseil d'Etat vient de rejeter les recours contre les trois décrets élargissant les possibilités de fichage, Franck Pallet, collaborateur dans plusieurs cabinets d'avocats, questionne l'indépendance politique de cette institution.

Crée en 1799 par Napoléon Bonaparte dans le cadre de la Constitution du 22 frimaire an VIII, le Conseil d'Etat, appelé «Conseil du Roi» sous l'ancien Régime, exerce deux missions historiques :

 

conseiller du gouvernement pour la préparation des projets de loi et décrets,

il est également le juge administratif suprême qui tranche les litiges relatifs aux actes des administrations.

 

Franck Pallet a été collaborateur dans plusieurs cabinets d'avocats français et monégasques. Outre ses compétences juridiques, il est actuellement doctorant en sciences de gestion à l'Institut d'administration des entreprises. Ses travaux de recherche sont axés sur le management public et l'efficacité de l'action publique.

Par sa double fonction, à la fois juridictionnelle et consultative, le Conseil d'Etat assure le respect effectif de la règle de droit par l'administration française. Il est ainsi le garant de la légalité de l'action publique et veille à la protection des droits et des libertés des citoyens.

Il n'est pas inutile de rappeler qu'à côté des membres ordinaires (auditeurs, maîtres des requêtes et conseillers d'Etat), recrutés à la sortie de l'Ena ou désignés pour certains d'entre eux au tour extérieur,

 

le Conseil d'Etat compte des membres extraordinaires dont 12 conseillers d'Etat nommés par le gouvernement par décret en conseil des ministres pour une durée de quatre ans, qui participent uniquement aux activités consultatives du Conseil.

 

Ce bref rappel des missions et du mode de recrutement des membres du Conseil d'Etat incite à nous interroger sur l'indépendance de celui ci vis-à-vis du pouvoir politique. Une telle question mérite à tout le moins d'être posée au regard de plusieurs arrêts qui ont été rendus tout récemment, notamment ceux en date du 4 janvier 2021 sur saisine de plusieurs associations de défense des libertés et des droits fondamentaux et organisations syndicales parmi lesquelles la CGT.

En effet, les requérantes ont sollicité dans le cadre d'un référé liberté prévu à l'article L. 521-2 du code de justice administratif la suspension de l'exécution de trois décrets en date du 2 décembre 2020 modifiant des dispositions du code de la sécurité intérieure relatives au traitement de données à caractère personnel. Elles estiment, en effet, que certaines des dispositions qui y sont contenues portent une atteinte grave et manifestement illégale à plusieurs libertés fondamentales et qu'elles instaurent ainsi une forme de «délit d'opinion» en considération de l'appartenance à une organisation syndicale, d'idées ou opinions philosophiques, politiques ou encore d'éléments inhérents à la santé des personnes.

 

Il est prévu notamment que ces données soient collectées sur la seule appréciation des services de police en fonction de la dangerosité de certaines «pratiques» pour la sécurité publique ou la sûreté de l'Etat, sous couvert de prévention des risques terroristes.

Les mesures d'exception sont devenues la règle par leur introduction dans le droit commun. En quelque sorte, une forme d'état d'urgence permanent déjà institué par la loi du 30 octobre 2017 renforçant la sécurité intérieure.

Ainsi, les mesures d'exception sont devenues la règle par leur introduction dans le droit commun.

 

En dépit des moyens de droit développés par les requérants, le Conseil d'Etat a rejeté leurs requêtes en considérant qu'aucun argument n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité des dispositions contenues dans les décrets incriminés.

Ainsi, toujours selon le Conseil d'Etat, «la collecte et l'accès aux données concernées au strict nécessaire pour la prévention des atteintes à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat ne portent pas une atteinte disproportionnée à la liberté d'opinion, de conscience et de religion ou à la liberté syndicale».

Sans parti pris politique et sur les seules considérations juridiques des recours entrepris, cette extension du fichage de ces données constitue une aggravation de certaines restrictions des libertés individuelles, notamment la liberté d'opinion, d'expression et le droit au respect à la vie privée prévu à l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'Homme intégré désormais dans la Charte des droits fondamentaux ratifié par la France dont l'exécution s'impose à chaque Etat signataire.

 

Les décrets ainsi pris par le gouvernement, dans un contexte de crise sanitaire sans précédent, sont à l'évidence une manière détournée de contourner le débat démocratique dans la mesure où tout ce qui a trait aux libertés individuelles relève en théorie des dispositions de l'article 34 de la Constitution, donc d'un débat parlementaire précédant le vote du ou des projets de loi présenté(s) par le gouvernement.

Depuis les attentats terroristes de 2015, les gouvernements successifs n'ont cessé d'étendre par la loi ou par des actes réglementaires des mesures de restriction de certaines libertés individuelles pourtant déjà prévues dans notre arsenal juridique.

 

Or, cette escalade juridique n'est pas sans présenter un danger pour notre démocratie. À cet égard, le fichage de données à caractère individuel laissé à la libre appréciation des services de police à l'occasion de leur enregistrement, sans contrôle juridictionnel, est un exemple flagrant d'une atteinte à nos libertés essentielles pourtant ancrées dans la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen faisant partie intégrante de notre bloc de constitutionnalité.

Par ailleurs, on ne comprend pas très bien en quoi les éléments inhérents à la santé de la personne aient un lien avec la prévention des atteintes à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat dans la mesure où il s'agit d'un aspect touchant le droit au respect à la vie privée.

 

Cet état de choses participe manifestement d'une dérive autoritaire de notre pays en permettant à l'administration de dresser une forme de «liste noire» à l'encontre de ceux qui osent contester la pensée dominante dans le cadre du militantisme politique ou syndical.

Or le propre d'une démocratie est précisément de permettre le débat et partant, la contestation. Les avancées sociales ont été acquises à ce prix.

 

En rendant de telles ordonnances, le Conseil d'Etat a ouvert la boîte de Pandore car l'expérience montre qu'il est difficile de revenir sur de telles dispositions législatives ou réglementaires sauf la possibilité pour tout justiciable d'introduire à l'occasion d'une action judiciaire ou d'une procédure administrative une question prioritaire de constitutionnalité lorsqu'une disposition de la loi porte atteinte à une liberté ou à un droit que la Constitution garantit. 

Rappelons qu'en 2008, le fichier Edvige (exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) qui prévoyait notamment de recenser des personnes exerçant ou ayant exercé un mandat politique, syndical ou économique, avait suscité un tel tollé qu'il avait été retiré.

 

Les temps ont malheureusement bien changé... Il devient urgent de réagir afin que les principes démocratiques ne soient pas l'exception mais restent la règle.

 

Franck Pallet

 

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Comment les forces de l’ordre ont saboté la manifestation du 12 décembre 2020
 PAR SÉBASTIEN BOURDONCAMILLE POLLONIANTTON ROUGET ET ANTOINE SCHIRER

Mediapart a collecté et analysé des centaines de vidéos prises le 12 décembre à Paris lors de la manifestation contre la loi « Sécurité globale ». Notre enquête démontre le caractère illicite de plusieurs dizaines de charges policières effectuées ce jour-là et documente les arrestations arbitraires de manifestants, les coups portés sans raisons et la communication mensongère de Gérald Darmanin, notamment au regard du bilan judiciaire.

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Grève contre les suppressions
 
d’emplois à Grandpuits : « c’est
 
un nouveau Bridgestone
 
déguisé »

 

En grève reconductible depuis le 4 janvier, les raffineurs de Grandpuits dénoncent « un nouveau Bridgestone » orchestré par Total. A la clé 700 suppressions d’emplois. Une casse sociale qui va avoir des conséquences directes sur toute la Seine-et-Marne et contre laquelle se battent les salariés, qu’il est impératif de soutenir.

 

les raffineurs de Grandpuits

Crédits photo : O Phil des Contrastes

 

Malgré les déclarations de Total, des suppressions de postes en masse

 

Contrairement à ce que prétend la direction de Total qui a annoncé qu’il n’y aurait aucun licenciement, ne pouvant se permettre avec leurs 10 milliards de bénéfices sur l’année 2018 et leurs 7 milliards de dividendes sur l’année 2020 d’annoncer des centaines de licenciements face à l’opinion publique, la reconversion de la raffinerie de Grandpuits annoncée par Patrick Pouyanné va bien toucher 200 emplois de chez Total et 500 sous-traitants du site. S’il ne s’agit pas de licenciements secs chez Total, mais plutôt de mutations forcées ou de non renouvellement des contrats en CDD, cela signifie, pour les salariés une véritable casse sociale. Pour ceux à qui on demande d’aller travailler ailleurs, cela signifie de s’arracher de leur famille, la direction leur proposant d’aller travailler par exemple à Donges ou en Normandie, soit à plusieurs heures de route. Et ceux qui refuseraient d’être mutés seront sans doute mis « au placard », c’est-à-dire qu’ils continueront à aller travailler mais se retrouveront sans mission, sans tâches déterminées à effectuer, dans des emplois en deça de leurs qualifications avec des acquis à la baisse, avec pour conséquences une démoralisation, dans le but de les pousser à partir. Paul Feltmann, raffineur et délégué CGT, dénonce les conséquences psychosociales que pourrait avoir le PSE imposé par Total : « on a 11% de la plateforme qui était déjà en risques psycho-sociaux avant le PSE, donc là on sait qu’on va avoir une explosion des cas de gens qui vont être dépressifs, qui vont plus avoir envie de travailler ».

Pour les sous-traitants, nombreux sur le site, l’alternative est encore plus dure : mutation ou licenciement. Pendant la conférence de presse de ce jeudi, Florian Bourget, syndiqué FO, raconte : « un sous-traitant m’a dit que sa boîte lui avait proposé un poste à Lyon et que s’il n’acceptait pas il serait licencié ». La sous-traitante Clemessy aurait d’ailleurs déjà muté beaucoup d’entre eux sous prétexte qu’il n’y avait plus de travail. Pour ces travailleurs souvent immigrés, il est beaucoup plus difficile de se syndiquer, de se mobiliser et de se mettre en grève, car cela signifierait se faire licencier directement. Une technique habile de la part de Total, qui, en mettant en place jusqu’à parfois quatre niveaux de sous-traitance, se dédouane de toute responsabilité quant à l’emploi et à la sécurité des travailleurs sous-traitants tout en divisant les salariés du site. Les sous-traitants sont d’ailleurs traités bien différents des salariés employés directement par Total, étant souvent réprimés rien que pour le fait de parler ou fumer avec eux.

Pour les CDD, eux employés directement par Total, les perspectives sont à peu près les mêmes : ils n’ont aucune garantie d’être repris, et beaucoup d’entre eux se doutent que leur emploi ne sera pas reconduit. Souvent jeunes, ces travailleurs aux contrats courts et précaires ne peuvent souvent pas se permettre de faire grève non plus. Adrien Cornet, raffineur et délégué CGT, dénonce par ailleurs l’hypocrisie de Pouyanné, qui s’est fendu d’un tweet affirmant qu’il soutenait « l’appel pour l’emploi des jeunes » : « 700 emplois supprimés à Grandpuits, autant dans les sièges sociaux, plus de 4000 emplois dans la filière du caoutchouc : c’est comme ça qu’il pense l’emploi des jeunes ? »

 

Une catastrophe pour le département de Seine-et-Marne

 

En effet, la raffinerie de Grandpuits est une des plus grosses activités dans la région, et constitue un des seuls moyens pour les jeunes de trouver un boulot dans la région qui soit stable et avec une rémunération supérieure au SMIC. Fermer la raffinerie de Grandpuits, c’est donc condamner ces centaines de jeunes au chômage et faire d’eux les sacrifiés de la crise, contrairement à ce que prétend le patron de Total.

Comme le rappelle Marc, chauffeur de camion et délégué CFDT, le PSE que veut imposer Total va avoir des conséquences dramatiques pour la région de Seine-et-Marne s’il venait à passer : « c’est quand même plusieurs centaines de salariés et de familles qui vont être impactés directement ». « Ça va être un drame humain pour la région de Seine-et-Marne qui n’est pas un bassin d’emplois, ça va générer des conflits dans les familles, des problèmes terribles ». Selon des experts, chaque poste Total induirait en effet entre 5 et 7 emplois directs et indirects. Si la raffinerie de Grandpuits, ce sont des dizaines de boulangeries, d’écoles, de restaurants, de bars, de cafés et de magasins alimentaires qui risquent de fermer.

« C’est une vraie casse de l’emploi pour les salariés de Total, pour les entreprises extérieures et pour le bassin seine-et-marnais », résume Florian Bourget. À l’Assemblée Générale de ce jeudi, Adrien rappelle ainsi aux grévistes : « les travailleurs de Grandpuits ont besoin de vous, les sous-traitants ont besoin de vous, la Seine-et-Marne a besoin de vous » ; et ce avant de conclure sur une note de détermination, affirmant qu’« il n’y aura pas une seule suppression d’emploi, sous-traitants compris ».

 

Empêcher un nouveau Bridgestone

 

De fait, les salariés de Grandpuits sont bien déterminés à empêcher cette casse sociale d’advenir. Et pour cause : ils se rappellent des conséquences qu’ont pu avoir de tels plans par le passé. « Dunkerque, qui est la première raffinerie de Total à avoir fermé, c’est 2 suicides et 95 suicides », rappelle Paul.

Plus récemment, c’est la fermeture de l’usine de Bridgestone qui donne un aperçu de ce que pourrait donner celle de la raffinerie de Grandpuits. Ce fabricant de pneus, numéro un de son secteur qui a fait 27 milliards de chiffre d’affaires l’année dernière, avait annoncé la fermeture du site de Béthune, laissant sur le carreau 863 salariés. Mais comme le rappelait Christophe, militant Solidaires, « une usine qui ferme c’est jamais bien bon, parce que ça va entraîner des pertes d’emploi, ça va entraîner, par un tsunami de fermetures d’autres emplois, ça va fermer peut-être des commerces, des services publics, c’est une suite sans fin. Des régions comme le Nord vont être sacrifiées pour des profits, pour le fric. » Jean-Luc Ruckebush, délégué CGT, rappelait d’ailleurs dans La Dépêche à propos de Bridgestone : “Ça fait 5000 familles qui vont être impactées ». Et c’est bien un nouveau drame comme celui de Bridgestone que les salariés de Grandpuits comptent bien empêcher, Adrien Cornet dénonçant ainsi “un nouveau Bridgestone déguisé”.

Après la casse sociale à Bridgestone et une certaine atonie dans le mouvement ouvrier face au déferlement de licenciements depuis le début de la crise sanitaire qui ne va faire que s’accélérer, il est urgent d’adopter un véritable plan de bataille et de se battre pour empêcher la catastrophe sociale que nous préparent le gouvernement et le patronat. En ce sens, le combat des raffineurs de Grandpuits peut faire tâche d’huile et doit devenir un exemple pour l’ensemble de la classe ouvrière. Leur détermination, à l’image de celle d’Adrien qui déclarait à l’Assemblée Générale “on ne laissera pas marcher sur les pieds”, doit “donner du courage toute la classe ouvrière qui subit des plans sociaux, des APC”. Alors qu’en face, ils sont bien déterminés à faire payer la crise aux travailleurs, il va falloir organiser la riposte.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Un cabinet de conseil américain
 
à 13 000 dollars par jour pour
 
penser la campagne de
 
vaccination

 

C’est le nouveau scandale de la campagne désastreuse de vaccination lancée en France depuis 10 jours : le gouvernement a employé un cabinet de conseil américain aux factures salées pour penser les aspects logistiques de la campagne.

 

Pas d'argent magique

SYLVAIN LEFEVRE / HANS LUCAS / AFP

Et si la start-up nation, c’était cela ? Un gouvernement qui fait appel à des cabinets de conseil internationaux pour lui déléguer des missions importantes comme le fait de penser les structures logistiques d’une campagne de vaccination contre la plus grande pandémie depuis la Seconde Guerre Mondiale ? C’est ce qu’ont critiqué de très nombreux politiques, de la droite à la France Insoumise, depuis les révélations du site Atlantico.eu, étayées par celles du Canard Enchaîné : Yannick Jadot y voit le « diagnostic gravissime d’un pouvoir à la dérive dans la gestion de la pandémie » ; Bastien Lachaud (FI) critique « l’abaissement de l’État et le règne de l’incompétence » ; Raphaël Glucksmann s’exclame lui que « la déchéance de notre Etat est un crève-cœur ».

Au cœur de la polémique, l’appel au cours du mois de décembre de McKinsey, un cabinet de conseil américain, par le gouvernement pour penser le déploiement du vaccin en France, notamment le « cadrage logistique » et la « coordination opérationnelle ». Ce cabinet, parmi les plus importants au monde, emploie 33 000 salariés et a eu un chiffre d’affaires de plus de 10 milliards de dollars en 2018. Un mastodonte du système qui conseille 90 des 100 entreprises les plus importantes du globe, ainsi que de nombreux gouvernements.

L’appel à ce cabinet de conseil montre une nouvelle fois l’impréparation du gouvernement, qui a fait appel à l’entreprise à la mi-décembre, visiblement dépassé par la difficulté de la tache qui lui incombait, à savoir une campagne de vaccination capable de protéger des dizaines de millions de personnes dans un temps très réduit. Pourtant, les compétences des agents de l’État sont censés être loin de manquer et les ministères fourmillent de hauts-fonctionnaires qui pantouflent souvent avec ces mêmes cabinets de conseil. Le problème n’est donc pas une question de compétence, mais bien de préparation politique à une nouvelle phase de la pandémie : celle de la vaccination de masse. Si le retard français par rapport à ses voisins européens montrait déjà l’incompétence de la macronie, cette révélation vient la renforcer.

Ce qui choque d’autant plus, c’est le montant d’une telle prestation aux frais de l’État et donc des contribuables : près de deux millions d’euros par mois, selon Le Point. Car si pour beaucoup de politiques, le problème central serait la « disparition » de l’État face aux entreprises privées, le problème est bien ailleurs. En effet, la pratique de faire appel à des sociétés de conseil pour penser des pans entiers de la politique gouvernemental n’est pas nouveau, comme le note Le Figaro. Selon un rapport de la Cour des Comptes de 2014, entre 2011 et 2013, l’État avait déjà employé McKinsey, pour 19,1 millions d’euros. Le premier client de l’État était alors CapGemini, un cabinet français, qui avait décroché près de 55 millions d’euros de contrat. Un cabinet qui illustre comment ce type de cabinet de conseil fonctionne très bien en synergie avec les ministères et la haute fonction publique, avec de nombreux hauts fonctionnaires qui « pantouflent », passant des hautes administrations aux entreprises publiques. On trouve ainsi dans les onze membres du Conseil d’Administration de CapGemini deux hauts fonctionnaires sortis de l’ENA : Frédéric Oudéa, inspecteurs des finances, maintenant DG de la Société Générale avait été conseiller de Nicolas Sarkozy ; Xavier Musca, lui aussi inspecteur des finances avait ensuite été secrétaire général de la présidence de la République toujours sous Sarkozy.

Des interconnexions qui s’illustrent aujourd’hui par la présence de Maël de Calan, « associate partner » chez McKinsey France, ancien membre du bureau politique de l’UMP, et conseiller d’Alain Juppé. Ces interconnexions entre le gouvernement français et les grandes multinationales bancaires et financières sont loin cependant de montrer une « dégradation de l’Etat », mais montre au contraire comment la bourgeoisie française a toujours su alterner ses responsabilités politiques et ses intérêts financiers, n’hésitant pas à utiliser des cabinets indépendants dont les membres sont issus de ses rangs pour mieux se rémunérer. 

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Se syndiquer CGT ?

Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.

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