SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Impôts sur le revenu : le gouvernement nous enfume, il faut indexer les salaires sur l’inflation !

Ce mercredi, Gabriel Attal a annoncé la mise en place d’un « bouclier anti-inflation » affirmant rendre 6,2 milliards d’euro au contribuable. Pourtant, cette indexation partielle du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation est en réalité adoptée quasiment chaque année depuis 1969 et il ne donne aucun gain en pouvoir d’achat. Le gouvernement ment et veut nous enfumer, il faut indexer nos salaires sur l’inflation !

Crise énergétique

Photo : AFP / ERIC PIERMONT

Le gouvernement avait annoncé au début de l’été une mesure visant à indexer le barème de l’impôt sur le revenu pour contrer l’explosion de l’inflation dans le portefeuille. Gabriel Attal, ministre délégué aux Comptes public, a annoncé ce mercredi que cette revalorisation du seuil d’entrée dans chaque branche d’imposition au niveau moyen de l’inflation couterait 6,2 milliards d’euros à l’Etat. Ainsi, si la loi de Finances pour 2022 inscrivait le taux de revalorisation à 1,4%, le projet de budget pour 2023 devrait l’inscrire à la hauteur de 5,3% conformément à l’inflation moyenne prédite.

6,2 milliards de baisse d’impôts : un mensonge éhonté !

Si l’on en croit donc le gouvernement, il s’agirait d’un « cadeau » inespéré permettant aux travailleurs de passer l’hiver tranquillement. « Ce seront 6,2 milliards d’euros rendus aux Français », a expliqué le Bruno Le Maire sur CNews ce mercredi matin. Le ministre a même surenchéri : « C’est 6,2 milliards d’euros de baisse d’impôt sur le revenu ». De son côté, Bruno Le Maire s’est voulu rassurant pour les salariés qui ont connu cette année une hausse de salaire du même niveau que l’inflation - ils sont en réalité très peu nombreux - et qui craignent de devoir payer davantage d’impôts l’année prochaine.
Pourtant, derrière les effets d’annonce, la réalité est tout autre.

En effet, la mesure d’indexation partielle du barème de l’impôt sur le revenu est quasiment adoptée tous les ans depuis 1969. Et c’est même ce qu’a reconnu en juin dernier le cabinet de Bruno Le Maire comme le rapport un article de Checknews : ‘’le cabinet de Bruno Le Maire reconnaît qu’en dehors de 2012 et 2013, cette mesure a été adoptée chaque année depuis 1969. « Le ministre a juste confirmé ce qu’il se fait tous les ans », explique son entourage.’’

En réalité, le gouvernement nous ment éhontément. Alors qu’il affirme mettre en œuvre un bouclier « anti-inflation » affirmant rendre 6,2 milliards aux travailleurs pour combattre l’inflation, il s’agit en réalité d’une mesure inscrite dans la loi. Pire, cette « indexation » des barèmes d’impôts sur le revenu sur l’inflation ne permet aucun gain en pouvoir d’achat, car ne fait que compenser partiellement la forte hausse des prix. Ne pas appliquer cette loi aurait eu comme conséquence des hausses d’impôts très importantes pour les travailleurs.

Un enfumage du gouvernement pour canaliser la colère sociale

Ces annonces et mensonges du gouvernement visent en réalité à calmer la colère des travailleurs qui voient la perte de revenu réelle qu’entraine l’inflation. Et les mesures du gouvernement continuent à faire peser tout le poids de la crise sur les travailleurs. Alors que la crise énergique qui s’annonce plus dure dès cet hiver, le gouvernement a déjà annoncé la semaine dernière qu’il ne contiendrait plus la hausse du prix du gaz à 4% mais à 15% à partir de janvier. Une augmentation considérable du coût de la vie que le gouvernement cherche à masquer par ses mensonges et effets d’annonce.

Dans le même temps, Emmanuel Macron remet ouvertement au premier plan un possible passage en force de la très contestée réforme des retraites, le gouvernement, qui craint les réactions sur le terrain social, cherche aussi par là à évacuer la question de l’augmentation des salaires et surtout de leur indexation sur l’inflation. En d’autres mots, le gouvernement cherche à protéger les profits du patronat qui seraient lourdement réduits par de telles mesures.

Il faut indexer automatiquement, chaque mois, les salaires sur l’inflation !

Pour cause, la question des salaires, qui est aujourd’hui encore la principale préoccupation selon les sondages, pousse depuis un an de nombreux secteurs à se mettre en grève pour leur augmentation. Récemment, des mobilisations qui posent cette question émergent dans des secteurs stratégiques de la production à l’image de celles à Renault, dans le transport aérien chez Air France, PSA, les transports ou encore la grande distribution notamment à Carrefour. Des signes qui ont de quoi inquiéter un gouvernement isolé et enchainant les camouflet.

Parallèlement, le gouvernement cherche à reconstituer le dialogue social en recevant les représentants syndicaux ces deux derniers lundis.Des négociations avec lesquelles les directions syndicales doivent rompre sans plus attendre.

En effet, loin des négociations dans les salons de l’Elysée, il s’agirait tout au contraire d’œuvrer à la construction d’un plan de bataille à partir des mobilisations existantes, et autour de mots offensifs pour faire face à la crise actuelle, tout particulièrement une véritable hausse des salaires, des pensions et minimas sociaux d’au moins 300 euros et leur indexation sur l’inflation. Pour cela, il faut rompre avec toute logique sectorielle qui fragmente et dilue nos forces. Au contraire, cela commence par faire du 29 septembre une véritable journée de grève, qui mobilise différents secteurs, et bloque de manière effective la production. Ce n’est qu’une telle journée qui permettra de poser les jalons d’un plan de bataille plus conséquent pour faire face au gouvernement et ne pas à avoir à payer la crise.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Réforme capitaliste des retraites: Elisabeth Borne reçoit les partis politiques

Pour leur dire quoi? Rien. Ben non, le maître des horloges de l'Elysée, après une escale à Londres pour feu Elisabeth 2 et god save the king Charles 3, est en ce moment à l'ONU pour sauver leur monde à eux.

 

Sa première ministre, rendue à un rôle de perroquet par son patron selon la Constitution de notre mauvaise république, a répété donc auxdits partis politiques: la réforme du chef est présentée cet automne pour que tout soit ficelé en juillet 2023.

Pourquoi aller si vite? Sinon pour obéir à la loi du Marché.

Dernièrement sur Lci, l'économiste tête de gondole précisait que la France avait le système de retraites le plus avantageux en Europe et que ça coûtait bonbon aux contribuables, à leurs enfants et à leurs descendant pour les siècles à venir, si on ne stoppait pas cette honteuse gabegie. Oui, le patronat a aussi des perroquets sur les chaines d'infos.

Pourtant, les comptes des retraites ne sont pas déficitaires, le système est même excédentaire en 2021 et 2022 selon le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites. Et ledit Conseil n'est pas une officine de la CGT.

Le retour à l’équilibre du système des retraites est acté par le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites, publié mi-septembre. Il dément les bobards de déficit du gouvernement. Selon ses auteurs, le régime est excédentaire de près de 900 millions d'euros en 2021 et pour 2022, l’excédent pourrait atteindre 3,2 milliards d'euros grâce à la reprise de l’activité économique après la crise sanitaire de 2020.

De plus, la CGT revendique des moyens pour augmenter l'excédent et donc les cotisations sociales:

  • augmenter les salaires,
  • développer l’emploi stable et qualifié,
  • cesser de multiplier les exonérations de cotisations sociales,

     et revaloriser le point d’indice dans la fonction publique et embaucher massivement dans les services publics, nécessaires pour répondre aux besoins des citoyens.

Ce 19 septembre, Olivier Dussopt, ex-député socialiste devenu ministre du Travail en remplacement d'Elisabeth Borne -est-ce que vous suivez?- a dit aux syndicats NON à une retraite pour tous les salariés, dès l’âge de 60 ans, avec les moyens de vivre dignement.

Ceci est à lire et à faire lire pour les actions urgentes et nécessaires contre le gouvernement et le patronat.

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Au deuxième trimestre 2022, les versements de dividendes par les multinationales ont à nouveau atteint des records, selon une étude publiée par le cabinet Janus Henderson :  ils se sont établis à 545 milliards de dollars au niveau mondial, soit une hausse de plus de 11% sur la période. 

80% de cette croissance des dividendes est issue de l’industrie pétrolière, des banques et des établissements financiers. On observe également une forte croissance des dividendes dans l’industrie automobile. 

Les cinq plus gros payeurs de dividendes au deuxième trimestre 2022 sont Petrobras, Nestlé, Rio Tinto, China Mobile Limited et Mercedes-Benz Group. 

Dans l’ensemble de l’économie, « l'impact négatif de la pandémie sur les dividendes mondiaux a déjà été surmonté », selon le cabinet Janus Henderson.  

La France est particulièrement touchée par cette abondance de dividendes : ils y ont augmenté de 33% au deuxième trimestre pour s’établir ainsi à 44,3 milliards d’euros, une croissance donc beaucoup plus forte qu’au niveau mondial et supérieure à la moyenne européenne.  

Pour l’année 2022, le cabinet estime que les dividendes atteindront 1 560 milliards de dollars (en hausse de 5,8%) au niveau mondial, ce qui représente plus de la moitié du PIB de la France. 

 

Publié par JDS

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
PSA Hordain. Cinquième jour de grève pour 400€ d’augmentation : « c’est parti d’un arrêt spontané »

Depuis jeudi, des débrayages se multiplient chez PSA Hordain (ex-SevelNord). Au centre des revendications, des augmentations de salaires de 400€ pour faire face à l’inflation.

Inflation

Crédit photo : CGT PSA Hordain

La grève a surpris tout le monde. Jeudi matin, des ouvriers du secteur du montage ont débrayé de leur poste, pour réclamer des augmentations de salaire et des meilleures conditions de travail. « C’est parti d’un secteur où une poignée était convaincue de la grève, nous explique Cédric Brun, secrétaire général de la CGT Valenciennes. Ils ont appelé les syndicats et ils ont fait le tour des ateliers, pour rassembler tous ceux qui étaient motivés et ils se sont retrouvés à 200 ». Le mouvement, spontané, a vite trouvé un écho dans tout le site de production, au point de faire arrêter la ligne de montage vendredi et de s’élargir aux ateliers de ferrage, de peinture et des batteries, selon la CGT, qui parle de 500 grévistes sur le site (qui compte un peu plus d’un millier de salariés).

Depuis plusieurs mois, les salariés de l’usine d’Hordain, ex-SevelNord (Nord), subissent de fortes pressions de la part de la direction pour faire marcher à tout prix cette usine stratégique pour le groupe. C’est en effet elle qui assemble la gamme « K-zéro », c’est-à-dire la gamme des utilitaires du groupe : « ce sont les véhicules sur lesquels ils font le plus de marge », nous confie Cédric Brun. En effet, face aux problèmes d’approvisionnement, notamment concernant les puces électroniques, PSA a décidé de favoriser ce site, quand d’autres sont obligés de mettre en place du chômage partiel pour certaines équipes : « le groupe favorise ce site en cas de livraison pour obtenir les cadences maximums », continue le syndicaliste.

Face aux cadences infernales et aux salaires qui stagnent, la grève s’est donc imposée comme la seule solution face à une entreprise qui refuse toute augmentation de salaire, alors que les bénéfices nes du nouveau groupe baptisé Stellantis se sont élevés à 13,4 milliards d’euros pour l’année 2021. Alors que les débrayages continuent sur Hordain, d’autres sites ont eux aussi débrayé pour les mêmes raisons : à Douvrin (Pas-de-Calais) et Valenciennes (Nord), de plus petits débrayages ont eu lieu vendredi et samedi. « On est en train de coordonner, et lancer des débrayages dans tous les sites, mais c’est un peu compliqué à cause des chômages partiels ici et là (suite à des défauts d’approvisionnement) et on va essayer de faire un appel commun dans toutes les usines le même jour, en essayant de faire avec les autres syndicats  », explique Cédric Brun, qui est par ailleurs le délégué central adjoint du groupe Stellantis.

Le 27 septembre, une réunion avec la direction est prévue à Poissy, dans le site des Yvelines. Si celle-ci veut maintenir le cadre des discussions à l’avancement sur l’intéressement des salariés, les grévistes comptent imposer une discussion sur les salaires, avec comme revendication principale une augmentation de 400€ pour tous les salariés, quel que soit leur contrat (CDI, CDD, intérim). Les grévistes réclament aussi l’embauche en CDI des intérimaires, ainsi qu’une prime Macron de 6000€. D’ici là, les grévistes comptent faire perdurer le mouvement, en modifiant les modalités de grèves pour que le maximum de salariés puisse prendre part au mouvement : « certains vont faire une heure, d’autres une demi-journée », explique Cédric Brun.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
15ème étude CGT sur les offres non pourvues de Pôle-Emploi : 76% sont inexistantes, bidons, mensongères et donc... illégales !
Stop aux mensonges, arrêt des radiations, annulation de la réforme assassine !

Publié par Info'Com-CGT

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Fake news : LCI affirme que des chômeurs gagnent plus qu’un couple au SMIC

Ce jeudi, LCI diffusait une séquence intitulée « : « Les allocs paient-elles plus que le travail ? ». Alors qu’une nouvelle attaque contre les chômeurs se dessine, cette séquence est une démonstration de plus que les médias bourgeois jouent un rôle clef pour défendre les intérêts des classes dominantes, quitte à faire usage de mensonges.

Matraquage idéologique

rédits photos : ATD Quart Monde France

Même affaibli, Macron a décidé de commencer son second quinquennat en cherchant à éviter l’immobilisme qui se dessinait avant l’été. Ainsi, le programme qui vient est chargé d’attaques contre les classes populaires : des retraites à la loi immigration, en passant par la réforme de l’assurance-chômage. Et comme d’habitude, il peut compter sur les médias bourgeois pour l’aider à faire passer ses réformes auprès de la population.

Ainsi, après le MEDEF qui a mis la pression au gouvernement au sujet de la réforme de l’assurance-chômage, ce jeudi 15 septembre, LCI s’est joint à la guerre contre les chômeurs en diffusant une séquence intitulée : « Les allocs paient-elles plus que le travail ? ». Une vieille chanson dont la droite raffole, et qui a pour unique objectif de stigmatiser les chômeurs en les opposant aux travailleurs, en les désignant comme des « profiteurs », responsables des maux des travailleurs.

Et, pour le coup, la chaîne de télévision, qui appartient à la famille Bouygues, 4ème fortune française, ne s’est pas gênée pour mentir. A l’écran, on peut voir un visuel qui explique tout bonnement qu’un couple de chômeurs habitant en région parisienne, ayant deux enfants en bas-âge, gagnerait 2902 euros par mois. En parallèle, un couple de travailleurs au SMIC, selon les mêmes critères, toucherait 2858 euros par mois. De la pure intox, tout simplement…

L’association de lutte contre la pauvreté ATD Quart Monde a d’ailleurs réagi sur twitter, rappelant que, non, les allocs ne paient pas plus que le travail ! Ils estiment au contraire la différence de revenus à 1020 euros. En effet LCI assurent que le chômage et le RSA s’additionneraient, ce qui est tout bonnement faux (il faut donc retirer 688 euros de revenus pour le couple) et ils doublent le montant des APL qu’un couple peut toucher. Cette séquence n’est donc rien d’autre qu’un mensonge éhonté.

Mais cette concurrence et ce nivellement par le bas que cherche à imposer le patronat et le gouvernement avec la complicité des médias servent à détourner une colère légitime de voir l’inflation rogner sur les salaires, en direction des chômeurs. Pour contrer cette logique de division, il faut se battre pour une hausse générale des salaires d’au moins 300 euros pour toutes et tous et une allocation universelle à hauteur du SMIC pour celles et ceux qui se retrouvent sans revenu. Et si le chômage est un vrai problème pour l’ensemble des classes laborieuses, la seule chose à faire est de partager le temps de travail, entre toutes et tous. Face à la nouvelle réforme de l’assurance-chômage, qui va précariser encore plus les chômeurs et renforcer la concurrence sur le marché de l’emploi, avec l’objectif de continuer à casser les conditions de travail et les salaires, il faudra aller se battre tous ensemble dans la rue, et ce, dès le 29 septembre, en faisant de cette date une véritable journée de grève capable de stopper l’économie du pays.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Oui, elles sont bien loin les propositions du Conseil National de la Résistance, sous le titre "Les Jours Heureux" qui, à la libération de la France, furent adoptées, notamment la nationalisation d'EDF et de GDF. Aujourd'hui, Emmanuel Macron créé un CNR, dit comité national de la rénovation, à son image, celle de commis du capital.

Le palais de l'Elysée instaure la Campagne Nationale de Rationnement

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

C'est bel et bien d'orientation syndicale qu'il s'agit dans l'affaire de Poissy !

Réformisme, "dialogue social", mesures anti-démocratiques pour corseter le débat et mettre au pas les militants combatifs de base.

Quelques soient les choix politiques des militants concernés ce qui est en cause c'est le positionnement de classe de la CGT en phase avec son histoire.

Et c'est ce positionnement qui au final doit l'emporter contre les dérives de collaboration et d’institutionnalisation qui ont tant nuies et qui continuent de nuire au combat contre le patronat Et pour une véritable alternative au capitalisme!

Publié par FSC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

 

SOURCE : Ouest France

 

La journée de vendredi 16 septembre s'annonce difficile pour les voyageurs: une grève des aiguilleurs du ciel paralysera le trafic européen. Le Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien appelle à la grève pour réclamer des augmentations de salaires et une accélération des recrutements. La direction générale de l’Aviation civile française a demandé aux compagnies aériennes de renoncer à un vol sur deux.

Au moins un millier de vols annulés, des retards et des appels à ne pas voyager : la journée de vendredi 16 septembre s'annonce très difficile pour les usagers du transport aérien français, affecté par une grève des aiguilleurs du ciel qui pourrait perturber le trafic européen.

 

À l'appel du Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA, majoritaire), ce nouveau mouvement pour réclamer des augmentations de salaires face à l'inflation, mais aussi une accélération des recrutements, concerne aussi bien la France métropolitaine que l'Outre-mer.

La moitié des vols annulés

En conséquence, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies de renoncer à la moitié de leur programme de vols vendredi, soit « environ 1.000 vols annulés » au départ ou à l'arrivée du territoire français.

Malgré la mise en place d'un service minimum, « des annulations de vols et des retards significatifs sont à prévoir sur l'ensemble du territoire », a prévenu la DGAC. Elle a invité « les passagers qui le peuvent à reporter leur voyage et à s'informer auprès de leur compagnie aérienne pour connaître l'état de leur vol ».

 

Cette grève pourrait avoir aussi des répercussions sur l'ensemble du trafic aérien européen. L'administration a indiqué travailler « avec le gestionnaire du réseau européen (Eurocontrol) afin de proposer aux compagnies aériennes des mesures de contournement de l'espace aérien national ».

Service minimum

Le service minimum concernera notamment des aéroports et les cinq centres en route de la navigation aérienne (CRNA), qui contrôlent les aéronefs transitant par l'espace aérien français et volant à plus de 6.000 mètres d'altitude.

La compagnie Ryanair, premier transporteur aérien européen par nombre de mouvements d'avions, a affirmé que cette grève « injustifiée » allait la contraindre à « annuler 420 vols (soit 80.000 passagers) survolant principalement la France » vendredi, sans nécessairement s'y poser.

 

Le SNCTA a souligné avoir décidé de ce mouvement pour manifester son inquiétude « au sujet du niveau actuel de l'inflation ainsi que des recrutements à venir ».

« Alors que le projet de loi de finances 2023, en cours d'élaboration, arrive devant le Parlement en octobre, l'absence de garanties de la DGAC et des pouvoirs publics est inacceptable », a ajouté le syndicat.

Ces professionnels s'alarment en particulier du départ à la retraite prévu d'un tiers des ingénieurs du contrôle de la navigation aérienne (ICNA) entre 2029 et 2035.

400 vols d'Air France annulés

Or, « au moins cinq ans séparent le recrutement de la qualification » et les capacités de formation sont « structurellement limitées ». Il faut donc, selon eux, anticiper ce « mur des départs » dès l'année prochaine, et budgéter des formations en ce sens.

Ce préavis a été maintenu après des « discussions de conciliation » en début de semaine, lors desquelles « aucune réponse (n'a été) apportée par la DGAC et les pouvoirs publics », selon le syndicat, qui parle de « provocation ».

Le SNCTA a annoncé le dépôt « d'un deuxième préavis du mercredi 28 septembre au vendredi 30 septembre 2022 inclus ».

Se conformant aux demandes de la DGAC, Air France a décidé d'annuler environ 400 de ses 800 vols prévus vendredi. Cela représentera 55% des court et moyen-courriers, tandis que les long-courriers seront moins touchés, avec un vol sur dix supprimé.

Annulations dernière minute

« Des retards et des annulations de dernière minute ne sont pas à exclure », a précisé Air France, en soulignant que « les clients concernés par des vols annulés seront notifiés individuellement ».

Air France, qui « recommande fortement à ses clients de reporter leur voyage », leur a permis d'anticiper ou de reporter leur déplacement « sans frais », et offert, « pour les clients dont le vol est annulé, un avoir ou un remboursement intégral dans le cas où ils ne voyageraient plus ».

De multiples conflits sociaux ont éclaté ces dernières semaines dans le secteur aérien européen sur fond d'inflation record. Fin juin et début juillet, des centaines de vols avaient dû être annulés à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle en raison d'une grève d'employés du gestionnaire, le Groupe ADP.

Mercredi, la compagnie a séparément annoncé qu'elle accorderait une hausse de salaires de 5% à tous ses employés, assortie d'une prime de 1.000 euros, en réponse à l'augmentation du coût de la vie

Publié par FSC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Nul doute que l'oligarchie européenne alignée sur les Etats-uns dans la guerre et les sanctions s'apprête à faire face aux mouvements sociaux qui ont déjà commencé et s'annoncent pour neutraliser les luttes des travailleurs.

Et ne comptons pas sur la Confédération Européenne des Syndicats qui de manière récurrente a accompagné la politique européenne de remise en cause des droits des travailleurs et leur mise en concurrence.

 

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SOURCE : L'Humanité
Menace sur le droit de grève en Europe

UE La Commission publie ce jeudi une proposition de règlement dit d’adaptation du marché intérieur aux futures crises. Nulle mention de la protection des droits fondamentaux des salariés.

Nadjib Touaibia

La Confédération européenne des syndicats (CES) alerte et met en garde sur la publication, ce jeudi par la Commission européenne, d’une proposition de règlement visant à préserver le fonctionnement des chaînes d’approvisionnement et la circulation de marchandises en situation de crise, à l’image de la pandémie de Covid. Il est question d’un « instrument du marché unique pour les situations d’urgence (IUMU) ». Reste que, dans la foulée, la Commission envisage d’abroger une disposition en vigueur qui protège explicitement l’exercice de droits fondamentaux« tels qu’ils sont reconnus dans les États membres, y compris le droit ou la liberté de faire grève »,dénonce la CES.

Dans la nouvelle réglementation, ce droit-là passe carrément à la trappe. Il n’en est pas fait mention. Les syndicats estiment que cet « oubli » n’est pas anodin. Ils y voient une menace sournoise. La CES réagit aussitôt sur le ton de la vigilance. Elle réclame à la Commission européenne une protection claire et précise du droit des salariés aux arrêts de travail comme moyen de lutte accompagnant les revendications.

« Le droit de grève (…) ne peut être limité par des mesures d’urgence. La préparation et la réponse à une crise ne peuvent jamais être invoquées pour remettre en cause ou ignorer les droits fondamentaux », rappelle la Confédération dans une lettre adressée à la Commission européenne.« Le respect des droits des travailleurs est essentiel pour l’économie sociale de marché de l’UE et ne doit jamais être considéré comme étant un obstacle au fonctionnement du marché unique », insiste-t-elle.

Le patronat européen, quant à lui, est à l’affût. Il observe avec attention cette évolution dans l’appareil réglementaire régissant le marché unique. Une brèche va s’ouvrir dans laquelle il s’engouffrera sans hésiter. Belle aubaine en effet que cette réforme pour les entreprises, qui pourraient exploiter ces dispositions pour mettre en avant des situations « d’urgence » afin de limiter, voire d’entraver le droit de grève sur des chaînes d’approvisionnement, notamment.

Des précédents existent qui font sûrement déjà référence. Les débrayages pour des augmentations de salaires des travailleurs portuaires britanniques, à Felixstowe, et allemands, à Hambourg, se sont vu opposer la désorganisation des circuits d’acheminement des produits.

Ce dernier acte de l’UE« vient prendre appui sur ce qui s’est passé dans beaucoup de pays européens au moment de la crise du Covid, il est lié à ce que l’Europe appelle des situations d’urgence qui viendraient permettre aux employeurs ou aux États de suspendre les dispositions relatives au droit de grève », constate Pierre Coutaz, conseiller confédéral au secteur international de la CGT.

Tout laisse à penser que la Commission européenne prépare finalement le terrain pour institutionnaliser une logique : la subordination des droits des salariés, et singulièrement du droit de grève, aux intérêts économiques des entreprises. Plusieurs arrêts de la Cour de justice européenne iraient déjà dans ce sens.

À Bruxelles, on travaille donc à faire sauter ce qui est considéré comme un obstacle, l’urgence est le prétexte tout trouvé.« Il n’est pas étonnant de voir cette réforme surgir maintenant. Cela dénote un courant à l’intérieur des institutions européennes »,note le responsable syndical.

La menace est-elle réelle à court terme ? Un chef d’entreprise peut-il dès à présent s’appuyer sur le texte européen et le faire prévaloir sur la législation de son État ?« La menace est plus présente dans les pays où les droits sont encore moins développés qu’en France. Je ne pense pas que, dans notre pays, le législateur prenne pour argent comptant ces déclarations européennes », nuance Pierre Coutaz.

Cela étant, une chose est sûre : la poussée inflationniste et la crise énergétique qui plombent le pouvoir d’achat des salariés laissent présager des mouvements sociaux partout en Europe, tout autant que les profits en croissance constante et le creusement des inégalités.

À l’image des « grèves de la colère » de cet été en Grande-Bretagne qui ont paralysé le plus grand port de fret, Felixstowe, ainsi que le métro londonien pour des revendications salariales, les débrayages ne devraient pas tarder à se multiplier dans le monde du travail en Europe. La Commission, qui s’y prépare, distille la notion « d’urgence » dans sa nouvelle approche. Celle-ci fait ainsi sauter le verrou de protection du droit de grève et tombe à point pour le patronat. L’alerte de la Confédération européenne des syndicats signale que le ver est dans le fruit.

par  Nadjib Touaibia ,
  • Tous droits réservés Humanité Quotidien 2022
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Publié par FSC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

SOURCE : L'Humanité Dimanche

 

Par Sophie Binet, secrétaire générale de l’Ugict-CGT 

Retraites : gare au passage en force !

Emmanuel Macron le martèle : il veut que sa réforme des retraites soit en vigueur à l’été 2023. Il a rappelé à l’ordre le patronat, et Geoffroy Roux de Bézieux a immédiatement confirmé son soutien au report de l’âge de départ. Dès lors, deux options sont examinées à l’Élysée : un projet de loi présenté début 2023, ou un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) qui sera examiné à l’automne. Cette deuxième hypothèse est la plus crédible : elle permettrait d’aller vite et de minimiser l’impact de la réforme en la présentant comme une disposition technique. L’enjeu est pourtant majeur pour les salarié·es et les retraité·es. Pour s’en convaincre, il suffit d’examiner le projet présidentiel d’Emmanuel Macron. Il prévoit de repousser l’âge d’ouverture des droits à retraite de quatre mois à partir de la génération née en 1961 pour atteindre 65 ans pour la génération née en 1969. Les départs anticipés pour pénibilité seraient reportés à 62 ans et ce qui reste des régimes spéciaux supprimé… Une réforme violente, alors que l’espérance de vie en bonne santé est de 64 ans. Parce que seules 38 % des personnes de plus de 60 ans sont encore en emploi, le report de l’âge ferait exploser la précarité et le chômage des seniors et aurait pour conséquence une nouvelle chute du montant des pensions, notamment des femmes dont les carrières sont plus courtes.

Rien ne justifie ces reculs. Le système n’est pas en déficit : du fait des réformes précédentes et, malgré le papy-boom, la part des retraites dans le PIB va baisser. À la clé, la chute du niveau de vie des retraité·es : alors que, pour un cadre, la pension équivaut aujourd’hui à 67 % de son salaire de fin de carrière, elle ne représentera plus que 51 % en 2062 – s’il n’y a pas de nouvelle réforme ! L’objectif de la réforme est donc de faire baisser drastiquement les dépenses publiques pour répondre aux exigences de Bruxelles et donner de nouveaux gages aux marchés financiers. Les assureurs et les banquiers se frottent les mains. Ils savent que toute baisse de droits leur permet de spéculer sur l’épargne des salarié·es solvables… et de financiariser nos entreprises.

Mais, pour le pouvoir, le jeu est très risqué. Les braises de la mobilisation gagnante de 2020 sont encore chaudes. La population est très majoritairement opposée au report de l’âge, comme les syndicats. Et la colère gronde déjà sur les salaires. Reste à dissiper le brouillard entretenu par l’exécutif et à rompre la torpeur en faisant la transparence sur les intentions du capital. La mobilisation du 29 septembre donnera le ton : c’est les salaires qu’il faut augmenter, pas l’âge de la retraite ! Nous avons tous les éléments pour faire reculer le pouvoir. Mais pas question de se satisfaire du statu quo, notamment pour les jeunes ! L’objectif est de mettre fin au tabou du débat sur les ressources. Pour financer la retraite à 60 ans avec des pensions indexées sur les salaires, la CGT propose de soumettre à cotisation les revenus financiers des entreprises (dividendes…), l’épargne salariale, l’intéressement et l’ensemble des primes, ou encore de mettre fin aux exonérations de cotisations sociales. La négociation sur les retraites complémentaires des salarié·es du privé (Agirc-Arrco) prévue à l’automne sera un premier test, plaçons-la sous pression des salarié·es !

Publié par FSC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

SOURCE : L'Humanité Dimanche

L’ENQUÊTE
 

 

Amazon, le danger de mort plane sur l’entrepôt

 

Dans les usines d’Amazon, partout dans le monde, des ouvriers meurent sans avoir reçu à temps les soins qui auraient peut-être pu les sauver. En Pologne, où la journée de plus de 10 heures éreinte les salariés aux payes de misère, une syndicaliste a été licenciée alors qu’elle enquêtait sur le décès d’un collègue.

Dans sa lettre aux actionnaires publiée en 2021, Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, met en garde les lecteurs d’enquêtes ayant pour thème les conditions de travail dans son entreprise : « Si vous lisez certains reportages, vous pourriez penser que nous ne nous soucions pas de nos employés. Nos employés y sont décrits comme de pauvres hères traités comme des robots. Ce n’est pas le cas. (…) Lorsque nous interrogeons les employés de nos centres de traitement des commandes, 94 % d’entre eux déclarent qu’ils recommanderaient Amazon à un ami comme lieu de travail. »

Est-ce le cas des collègues d’Ali Benbezza, mort d’une crise cardiaque le 18 janvier 2022 dans l’entrepôt Amazon de Brétigny-sur-Orge (Essonne) ? Ce jour-là, ce travailleur intérimaire âgé de 62 ans franchit à 13 h 12 le portail de l’usine à colis robotisée, dans laquelle fourmillent de petits automates déplaçant des étagères. Il marche cinq minutes pour atteindre son poste – une cage métallique bruyante, où défilent des armoires lestées de marchandises à prélever. Trois heures plus tard, alors que le chronomètre compte toujours son temps de travail, les pompes funèbres pénètrent dans l’entrepôt afin d’évacuer son corps.

En retraçant la chronologie de cet accident mortel, les experts sollicités par le comité social et économique (CSE) de l’entreprise ont mis en évidence des dysfonctionnements dans la chaîne de secours. Communications vers les secours chaotiques, temps d’intervention des sauveteurs secouristes du travail (SST) trop longs, problèmes de batterie sur les défibrillateurs cardiaques : l’expertise pour « risque grave », que « l’Humanité magazine » a consulté, est accablante.

Marche et crève

Cet accident mortel illustre un paradoxe méconnu des conditions de travail chez Amazon. Alors que le numéro un mondial de la vente en ligne s’enorgueillit d’être capable d’expédier quotidiennement près de 2 millions de paquets en un temps record, et que le milliardaire Jeff Bezos affirme que sa volonté serait de faire d’Amazon « le meilleur employeur de la planète et le lieu de travail le plus sûr de la Terre », des salariés meurent dans ses entrepôts sans avoir reçu à temps les soins qui auraient peut-être pu les sauver.

Jusqu’à la date fatidique du 6 septembre 2021, Dariusz Dziamski a acheminé des paquets de cartons durant cinq années au sein de l’entrepôt logistique Amazon de Sady, en périphérie de Poznan (Pologne). Ce jour-là, dans la zone d’expédition, cet ancien militaire âgé de 49 ans claudique jusqu’à son supérieur hiérarchique afin de l’informer qu’il peine à respirer. Plutôt que de l’asseoir sur une chaise roulante et de l’emmener à l’infirmerie, située à cinq minutes de marche pour une personne en bonne santé, le manager lui donne pour consigne de s’y rendre à pied. Au cours de sa traversée de l’entrepôt, Dariusz Dziamski s’effondre. Ses collègues ne parviennent pas à le relever. Il trouve cependant la force de se redresser, poursuit péniblement sa marche, puis gagne l’infirmerie. Sitôt arrivé, exsangue et blême, il s’effondre une seconde fois. Et meurt.

« Levé à 3 h 30 et retour à 18 heures  »

Quelques minutes plus tard, Magda Malinowska, une syndicaliste du site, apprend la nouvelle. Cette élue d’Inicjatywa Pracownicza (IP) – « initiative des travailleurs » (lire notre encadré) – informe la direction du site qu’elle souhaite participer à l’enquête visant à élucider les circonstances de la mort de son collègue. Amazon refuse. Après quoi, des agents de sécurité entravent les déplacements de la syndicaliste dans l’atelier, afin qu’elle ne puisse pas collecter les témoignages. Elle se réfugie alors dans son automobile, garée sur le parking des employés, pour téléphoner à son avocat. Les agents de sécurité la suivent et encerclent son véhicule. Au cours de son appel, elle aperçoit au loin une équipe évacuant le corps du défunt. Quelques semaines plus tard, la direction d’Amazon accuse Magda Malinowska d’avoir porté atteinte à la dignité de son collègue mort en cherchant à photographier son corps. En guise de « sanction », Amazon la licencie pour « faute grave ».

« Je n’ai fait aucune photo et je n’ai pas essayé de le faire, c’est un motif fallacieux qu’Amazon a trouvé pour me licencier », explique la syndicaliste rencontrée dans un café du centre-ville de Poznan. « Malheureusement, le droit du travail est extrêmement mauvais en Pologne, ajoute-t-elle. Je conteste actuellement mon licenciement en justice, mais, même si je gagne et obtiens ma réintégration d’ici un an, je serai perdante. Car, pendant ce temps, Amazon aura obtenu ce qu’elle voulait : montrer du doigt mon syndicat comme un fauteur de troubles, et se débarrasser de moi. »

Dariusz Dziamski occupait le poste de « water spider » (« araignée d’eau »), un nom faisant référence à l’objectif ultime du lean management, la méthode d’organisation du travail en vigueur dans les entrepôts d’Amazon : « Organiser un flux semblable à celui d’une rivière sans rochers. » La tâche d’un water spider consiste à s’assurer que les cartons et autres consommables se trouvent en quantité suffisante sur toutes les tables de travail des packers – les ouvriers chargés d’emballer les colis –, afin que la chaîne de production des colis ne s’interrompe pas. Il s’agit d’un poste peu convoité dans l’entreprise, car réputé pénible et épuisant, mais qui offre l’avantage à ceux qui l’occupent de ne pas subir de pression psychologique des managers, puisqu’ils ne peuvent faire l’objet d’évaluation de leur productivité.

Au centre-ouest de la Pologne, dans le village de Muchocin, situé à plus d’une heure de route de l’entrepôt de Sady, Przemysław Wolnowski, 36 ans, père de deux enfants, nous reçoit à l’ombre d’un prunier dans son potager. « Chez Amazon, un water spider travaille comme une bête de somme », résume cet ancien chauffeur de camions poids lourds, alors que nous l’interrogeons sur la mort de Dariusz Dziamski. « Ces gars-là courent dans tous les sens, poussent de lourds chariots, portent des piles de cartons… Ils ne s’arrêtent jamais une seconde. Je ne voudrais de ce poste pour rien au monde », ajoute-t-il.

Comme la plupart des travailleurs d’Amazon polonais, Przemysław Wolnowski vit à la campagne, loin du site qui l’emploie, et gagne 3 000 zlotys mensuels (641 euros). Son ménage consacre la moitié de cette somme à l’achat de denrées alimentaires, et l’autre moitié à l’essence, au remboursement de crédits et au charbon pour se chauffer. « À la fin du mois, il ne nous reste rien. Cela fait sept ans que je travaille chez Amazon, poursuit-il. Quand je travaille de jour, je me lève à 3 h 30 du matin. Je passe ensuite une heure et quart dans le bus, puis je prends mon poste chez Amazon à 6 heures, où les journées de travail sont de dix heures, plus trente minutes de pause non payée. » Il quitte l’entrepôt à 16 h 30. « J’arrive ici à 18 heures, épuisé. J’ai à peine le temps de me doucher, de dîner, de m’occuper de mes enfants. Et le lendemain, je recommence. Même chose quand je travaille de nuit : lever à 13 heures, travail à 18 heures, sortie d’usine à 4 h 30, arrivée à la maison à 6 h 15. Quand tu vis à la campagne en Pologne et que tu veux nourrir ta famille, tu n’as pas le choix. »

Assise dans un centre commercial de Poznan, Irena Tomkowiak, 63 ans, nous explique qu’elle ne peut se soustraire à son travail chez Amazon, bien que celui-ci l’éprouve. Jadis, au temps du communisme, elle officiait comme dactylographe dans un journal. À l’époque, elle n’imaginait jamais qu’une fois à la retraite, elle serait contrainte de travailler à nouveau. « Mon mari est décédé en 2014, raconte-­ t-elle. Seule, je ne m’en sortais plus financièrement. Alors je n’ai pas eu le choix… » Irena Tomkowiak est « pickeur » ; elle marche 25 kilomètres par journée de travail afin d’aller prélever des marchandises dans les rayonnages. « À mon âge, ce n’est vraiment pas facile, confie-t-elle. Mes genoux et mes mains me font mal. J’ai toujours les jambes lourdes. Malgré cela, des managers me demandent d’avoir la même productivité qu’un jeune travailleur. Ils me mettent sans cesse la pression et me harcèlent pour que j’atteigne leurs objectifs de productivité. Malgré tout, je travaillerai chez Amazon tant que mon corps me le permettra. Ma retraite est trop faible. Je ne peux pas m’arrêter. » En Pologne, il n’existe aucune limite d’âge pour travailler comme ouvrier dans un site industriel. Bien qu’il s’agisse de cas exceptionnels, plusieurs travailleurs nous ont rapporté qu’ils ont déjà croisé dans l’entrepôt de Sady des intérimaires septuagénaires, voire octogénaires.

Une heure avant l’appel des secours

Au lendemain de la mort de Dariusz Dziamski, le procureur de Poznan a ouvert une enquête pour « homicide involontaire ». Mais, en décembre 2021, il a classé l’affaire. Le 16 décembre 2021, le syndicat IP a organisé un rassemblement devant le bureau du procureur. « Nous voulons que toute la lumière soit faite sur la mort de Dariusz ! » a clamé ce jour-là Magda Malinowska aux côtés de la veuve, qui tenait un portrait de son époux. Cette action militante, ainsi que les procédures du syndicat ont été utiles : le procureur a depuis rouvert l’enquête.

La défaillance de la chaîne de secours de l’entrepôt de Sady qui a précédé la mort de Dariusz ne constitue pas un cas isolé. En 2017, le journaliste d’investigation japonais Masuo Yokota a infiltré l’entrepôt d’Odawara (préfecture de Kanagawa) et publié un livre tiré de son expérience chez Amazon. Dans cet ouvrage, il révèle qu’au moins cinq salariés sont morts au travail sur le site d’Odawara depuis son inauguration en 2013, et qu’avant que certains d’entre eux ne rendent leur dernier souffle, l’organisation des secours a été particulièrement confuse. Relatant le cas d’une femme de 59 ans décédée le 10 octobre 2017, le journaliste écrit qu’après qu’un intérimaire a découvert cette travailleuse inconsciente parmi les rayonnages, il s’est écoulé dix minutes avant qu’un responsable ne se rende sur les lieux, et plus d’une heure avant qu’une ambulance ne gagne le site. Et ce, alors qu’une ambulance arrive en moyenne en huit minutes à Odawara.

États-Unis : 34 000 accidents graves en 2021

Aux États-Unis, Amazon est le 2e employeur du pays, derrière l’entreprise de grande distribution Walmart. Les données publiées par l’agence gouvernementale fédérale des États-Unis en charge de la prévention des blessures, maladies et décès dans le cadre du travail, l’Occupational Safety and Health Administration (Osha), sont éloquentes : elles montrent qu’en 2020, pour 200 000 heures travaillées chez Amazon – l’équivalent d’une centaine de travailleurs à temps plein durant une année –, il s’est produit 5,9 accidents graves. Contre 2,5 chez Walmart. Le Strategic Organizing Center (SOC), une coalition de syndicats américains, a recensé près de 40 000 accidents dans les entrepôts américains d’Amazon en 2021. Le SOC a découvert que si Amazon représente un tiers des emplois de la logistique américaine (33 %), la multinationale concentre la moitié des accidents du travail du secteur (49 %).

Au cours des dix dernières années, au moins une dizaine de travailleurs sont morts dans les entrepôts américains d’Amazon ou dans leurs environs immédiats, pendant ou après une journée de travail. Le dernier en date est un travailleur immigré originaire de la République dominicaine, mort le 13 juillet 2022 dans l’entrepôt de Carteret (New Jersey). Selon le syndicaliste Christian Smalls, le président de l’Amazon Labor Union, ce travailleur serait resté « inconscient dans l’atelier plus de vingt minutes » et il se serait écoulé « près d’une heure » avant qu’Amazon appelle une ambulance. À la suite de cet accident mortel, les communicants d’Amazon ont mobilisé la batterie d’arguments qu’ils emploient habituellement lorsqu’un employé succombe à la tâche, en affirmant que ce décès ne serait pas lié à ses conditions de travail, et que l’entreprise ne serait pas responsable de cet accident mortel. L’Osha mène actuellement son enquête afin d’établir ou non l’éventuelle responsabilité d’Amazon dans ce décès.

Un problème systémique

Reliés les uns aux autres à l’échelle mondiale, les cas de morts de travailleurs en entrepôt ayant fait l’objet d’enquêtes solides dessinent les contours d’un problème systémique dans la chaîne des secours de la multinationale. Du fait de l’immensité de ses entrepôts – où le simple fait d’appeler à l’aide requiert parfois plusieurs minutes de marche –, du turnover vertigineux de sa main-d’œuvre insuffisamment formée aux règles de prévention et de sécurité, et de la recherche effrénée d’économie et de productivité de l’entreprise, Amazon met ses salariés en danger de mort. « Chez Amazon, on traite mieux et plus rapidement les colis que les travailleurs accidentés », résume l’ouvrière polonaise Irena Tomkowiak.

par  Jean-Baptiste Malet ,

Publié par FSC

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