SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

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Plusieurs milliers de cheminots ont défilé à Paris à l'appel de la CGT pour la défense du service public ferroviaire, l'amélioration de leurs conditions de travail et pour interpeller les candidats à dix jours de la présidentielle.

«Un investissement public insuffisant», «l'obsession de supprimer des emplois» mais aussi «le processus de privatisation à l'œuvre remet en cause la sérénité du réseau ferré national», a lancé à la tribune, le 31 mars, le secrétaire général de la CGT-Cheminots Laurent Brun avant le départ de la manifestation.

Le défilé, prévu entre la place d'Italie et la gare Montparnasse, a rassemblé 8 000 cheminots selon la CGT. Aucun décompte de la police n'a pu être obtenu dans l'immédiat.

«Le but de cette journée, c'est d'agréger plusieurs petites luttes qui se passent dans les territoires, pour la réouverture des petites lignes ou le développement du fret par exemple», explique Allan Bertu, cheminot à Caen (Calvados).


Remettre la question du monopole public au cœur du débat

«Chez nous, on se bat depuis des années pour la réouverture de la ligne Caen-Flers qui n'est pas rentable alors que les réformes de ces dernières années ont mis la SNCF dans une logique marchande», déplore-t-il. Il s'agit selon lui de remettre «la question du monopole public au cœur du débat » à l'approche de la présidentielle.

Arnaud Jean, aiguilleur à Sète (Hérault), est venu pour dénoncer les conditions de travail des cheminots. « Ils viennent encore de nous supprimer un poste d'aiguilleur pour le week-end », dénonce-t-il.

Et puis il y a la question des salaires. « J’ai 25 ans de boîte, je travaille soirs et week-ends et je gagne 1 518 euros par mois », détaille un autre cheminot ici cité par l'AFP. 

Pour la CGT-Cheminots (première organisation syndicale à la SNCF), «la propriété publique des transports » est non négociable, alors que la réforme ferroviaire de 2018 a préparé le terrain à l'ouverture à la concurrence.

La manifestation avait aussi pour but d'interpeller les candidats à l'approche du premier tour de la présidentielle pour leur dire que «le prochain élu devrait compter avec la mobilisation des cheminots», selon le patron du syndicat Laurent Brun.


[Vu sur l’application RT News]

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Il n'y a pas que des nouvelles sombres dans l'actualité ! :

Un petit groupe de militants motivés a fait flancher l'une des plus grandes

 

 

multinationales: les salariés d'un entrepôt d'Amazon à New York ont voté en

faveur de la création d'un syndicat, une première aux Etats-Unis.

Le "oui" l'a remporté à 2.654 voix contre 2.131, selon un décompte retransmis en ligne vendredi. La victoire a été saluée par le président américain lui-même, qui s'est dit "heureux" que les salariés puissent être entendus.

A l'annonce des résultats, des applaudissements ont retenti au sein de la petite foule réunie pour l'occasion en bas de l'immeuble du quartier de Brooklyn où était organisé le dépouillement, a constaté une journaliste de l'AFP. Beaucoup s'étonnaient encore de leur succès.

 

"ALU", le nom du syndicat pour Amazon Labor Union, est scandé plusieurs fois. Son président Christian Smalls débouche une bouteille de champagne.

Devant la presse, il remercie ironiquement le fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, pour être allé dans l'espace, "car pendant qu'il était là-haut, on a pu monter un syndicat".

L'entreprise de son côté a fait part dans un communiqué de sa "déception" et dit "évaluer ses options". Amazon envisage notamment de déposer une contestation contre "l'influence inappropriée" de l'agence chargée de superviser l'élection (NLRB).

Deuxième employeur aux Etats-Unis après le géant de la distribution Walmart, le groupe avait depuis sa création en 1994 réussi à repousser les velléités des salariés souhaitant se regrouper dans le pays.

"C'est vraiment un jour historique", a affirmé l'avocat représentant ALU, Eric Milner. "Je pense que ça peut démarrer une réaction en chaîne, d'un entrepôt à l'autre."

Au total, 8.325 travailleurs du site JFK8 situé dans le quartier de Staten Island étaient sur la liste des votants. Appelés à voter du 25 au 30 mars dans une tente installée devant l'entrepôt, 4.852 salariés ont glissé un bulletin dans l'urne.

- "Tellement peu de chances" 

"Ils avaient tellement peu de chances de gagner", observe Rebecca Givan, spécialiste des mouvements de travailleurs à l'université Rutgers.

Elle n'était pas très optimiste à l'approche du scrutin, la loi actuelle sur les syndicats étant particulièrement favorable aux employeurs.

Et ALU, créé au printemps dernier par un petit groupe d'actuels et anciens salariés d'Amazon à New York, avait peu de moyens face à un mastodonte ayant gagné plus de 30 milliards de dollars en 2021.

"On a peut-être dépensé en tout 120.000 dollars", levés via des campagnes de financements participatifs ou des ventes de tee-shirts, remarque Madeline Wesley, membre de ALU.

L'entreprise a de son côté embauché des consultants spécialisés et convoqué les salariés à plusieurs réunions obligatoires pour leur présenter les inconvénients d'un syndicat.

"Ce n'est pas tant que cela va leur coûter beaucoup plus d'argent", remarque Neil Saunders, spécialiste de la distribution chez GlobalData. "Mais ils n'aiment pas qu'un syndicat interfère."

Le mouvement avait commencé au début de la pandémie, quand quelques salariés de l'entrepôt avaient organisé une petite manifestation pour réclamer plus de protections sanitaires face au Covid-19. Christian Smalls a peu après été licencié.

Ils ont ensuite décidé de tenter eux-mêmes leur chance après le rejet, au printemps 2021, d'un syndicat expérimenté dans un entrepôt d'Amazon à Bessemer, dans l'Alabama. Un second vote y a eu lieu récemment et jeudi soir, le "non" y menait avec 993 bulletins, contre 875 "oui". Mais il restait 416 bulletins dits "disputés", qui décideront du résultat.

ALU est déjà mobilisé pour sa prochaine bataille: le centre de tri LDJ5, de l'autre côté de la rue de l'entrepôt JFK8. Un vote y aura lieu à la fin du mois.

"Je suis sûr qu'on va aussi gagner là-bas", a affirmé Christian Smalls, qui a passé les onze derniers mois à l'arrêt de bus desservant les deux bâtiments à discuter avec les salariés.

Sur le déclin depuis plusieurs décennies, les syndicats ont décroché ces derniers mois plusieurs victoires symboliques aux Etats-Unis, à commencer par le soutien explicite de Joe Biden.

La création du premier syndicat dans un café Starbucks directement géré par la chaîne aux Etats-Unis en décembre a suscité l'enthousiasme tandis que des salariés, souvent jeunes et éduqués, se mobilisent dans des ONG, des universités, des musées, des médias.

Mais Amazon, "c'est une autre ampleur", remarque Ruth Milkman, sociologue du travail à l'université CUNY en se disant "abasourdie" et "impressionnée" par ce qu'ALU a réussi à faire en dépit de ses moyens limités.

"Je ne sais pas si cela va provoquer une vague, mais cela va sûrement inspirer d'autres personnes qui voient que, malgré tous les obstacles, c'est possible."

Publié par FSC

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Airbus Defense and Space : 350 salariés en grève pour leurs salaires

Ce mardi, 350 salariés de l'entreprise Airbus Defence and Space ont défilé pendant près de deux heures sous les fenêtres de la direction à Toulouse pour revendiquer une augmentation de salaire à la hauteur de l'inflation. Une journée importante avant la réunion de négociation décisive de ce vendredi.

Face à l'inflation en lutte pour les salaires

Troisième semaine de mobilisation chez Airbus Defence and Space avec un rassemblement inédit des salariés des différents sites de l’entreprise dans un même lieu pour faire une démonstration de force. Ils étaient 350 réunis sous l’édifice vitré qui abrite les bureaux de la direction ce mardi 29 mars. Pendants près de deux heures, les salariés ont, à l’appel de l’intersyndical CGT-CFDT-UNSA, manifesté tout autour du site de Palays, dans la périphérie de Toulouse, pour revendiquer des augmentation de salaire à la hauteur des chiffres de l’inflation en cours.

Pour rappel, la direction de Airbus Defence and Space cherche à éviter à tout prix la mobilisation des salariés de l’entreprise en proposant un plan sur deux ans sensé servir de pare-feux en cas d’aggravation de la situation économique. Pour cette raison, 2 % d’augmentation générale des salaires est proposé pour la période 2022-2023, et ce, alors même que la Banque de France annonce 5,1 % d’inflation pour 2022. À cela, devrait s’ajouter une nouvelle augmentation générale de 1,3 % pour l’année suivante. Ces augmentations générales devraient être agrémenter d’augmentations individuelles, donc différenciées en fonction des salariés. Cette proposition, qui devrait agir « à la tête » du travailleur, n’aura pour effet que renforcer la concurrence entre salariés (1.9 % pour la première année proposé par la direction) pour l’obtention de ces augmentations.

En somme, ces augmentations, bien en deçà de l’inflation, vont se répercuter en baisse de salaire réel pour les employés du groupe. Comme nous l’écrivions la semaine dernière : « La crise économique liée à la pandémie, accentuée par la guerre en Ukraine, laisse présager une inflation bien plus importante que les pronostics hasardeux de la direction. De plus, les salariés ont déjà perdu beaucoup sur l’année 2021. La direction « prévoyait » une inflation en dessous de 1 %, contre finalement une inflation de 2,8 % qui n’a jamais été compensée. »
Contre ces mesures qui ne sont que des traductions du mépris de la direction pour les salariés, l’intersyndical fait front en revendiquant une réelle augmentation des salaires qui soit indexé sur l’inflation. La CGT Defence and Space revendique la mise en place d’un plan d’augmentation sur 2022 de 7,1 %. Une proposition réaliste face à l’augmentation vertigineuse des profits du géant Airbus qui a battu un record en 2021 avec 4,2 milliards d’euros de bénéfices. Pour les grévistes d’Airbus Defense and Space, la journée de vendredi sera déterminante pour les suites de la lutte. C’est ce jour-là que l’accord devrait être négocié et signé par les syndicats en accord avec les propositions de la direction (CFE-CGC), avec l’intersyndicale CGT-CFDT-UNSA qui a refusé jusqu’ici de signer l’accord.

Des luttes inédites pour les salaires qui posent la question de l’unité

Airbus Defence and Space n’est pas le seul donneur d’ordre en grève dans le secteur. À quelques kilomètres, des sites Airbus les salariés de Thalès connaissent une grève tous les jeudis depuis deux mois. Cette situation inédite ou deux des grand donneur d’ordre francais connaissent des grèves, se couple aux mobilisations dans différentes entreprises comme sur le site Amazon de Brétigny-sur-Orges ou encore la RATP avec 80 % de grévistes sur l’ensemble des dépôts de bus le 25 mars. Ces luttes sectorielles émergent suite à des NAO spécifique à chaque à chaque entreprise. Les salariés se mobilisent donc sur la base d’un calendrier spécifique à leur entreprise, ce qui engendre un phénomène de désynchronisation des luttes pour les salaires alors même que la colère est partagée dans de nombreux secteurs du travail.

Le problème des salaires se pose à un niveau national, la hausse de l’inflation qui n’a pas prévu de s’arrêter dans les prochains mois va engendrer des pertes de salaire pour des millions de travailleurs. En conséquence, une hausse générale des salaires et l’indexation sur l’inflation deviennent une nécessité. Seulement, pour l’obtenir, il faut le rapport de force à la hauteur ce qui pose directement la question de l’unité des luttes actuelles avec l’obstacle de mobilisations sectorielles désynchronisées.

La dernière date interprofessionnelle nationale du 17 mars sur les salaires a été très peu suivie dans la continuité des deux précédentes et n’as pas permis de dépasser la désynchronisation des luttes en cours. La perspective de journées isolées et espacées de plusieurs mois montre son incapacité à mobiliser largement alors même que la colère sur les salaires est bien présente. Face à cela, seul un plan d’ensemble initié et préparé depuis les mobilisations actuelles peut donner une perspective qui convainc massivement les travailleurs de faire grève. Pour construire une grève à la hauteur, il faut partir des luttes existantes pour les lier entre elles et les visibiliser aux yeux de la population. Sur cette base, il devient possible de préparer une grève nationale en développant en amont des caisses de grève et la coordination entre les différents secteurs du travail. C’est une condition nécessaire pour dialoguer et entraîner sur une même mobilisation des millions de salariés qui veulent des augmentations de salaires, mais qui n’ont pas encore lutté.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Le Smic va augmenter automatiquement le 1er mai entre 2,4% et 2,6% du fait de la forte inflation enregistrée ces quatre derniers mois, indique le ministère du Travail à l'AFP ce jeudi.

Inflation : le Smic va augmenter automatiquement le 1er mai, entre 2,4 et 2,6%
Le Smic va augmenter automatiquement le 1er mai entre 2,4% et 2,6% du fait de la forte inflation enregistrée ces quatre derniers mois (illustration). © AFP - PHILIPPE HUGUEN

Le Smic va augmenter automatiquement le 1er mai entre 2,4% et 2,6% du fait de la forte inflation enregistrée ces quatre derniers mois, selon une estimation du ministère du Travail, contacté jeudi par l'AFP. La hausse exacte sera connue le 15 avril quand l'Insee publiera son estimation définitive de la hausse des prix en mars. Le Code du travail prévoit que "lorsque l'indice national des prix à la consommation atteint un niveau correspondant à une hausse d'au moins 2% par rapport à l'indice constaté" lors de l'établissement du Smic "immédiatement antérieur", le salaire minimum est relevé "dans la même proportion" le mois suivant.

Hausse du SMIC entre +2,4 et +2,6% le 1er mai
Hausse du SMIC entre +2,4 et +2,6% le 1er mai © Visactu

Une augmentation de 30 à 35 euros

Actuellement de 1.603 euros brut par mois, le Smic devrait être porté entre 1.641 et 1.647 euros brut au 1er mai, c'est à dire 1.269 euros à 1.299-1.304 euros net, soit une augmentation de 30 à 35 euros. Le Smic horaire brut passerait lui de 10,57 à 10,82-10,85 euros.  

La hausse du Smic est calculée à partir de la hausse des prix pour les 20% des ménages les plus modestes, chez qui la hausse de l'énergie se fait encore davantage ressentir. En janvier, le Smic avait augmenté de 0,9% après une hausse exceptionnelle de 2,2% en octobre, déjà due à l'inflation.

En mars 2022, les prix à la consommation augmentent de 4,5 % sur un an (Insee)
En mars 2022, les prix à la consommation augmentent de 4,5 % sur un an (Insee) © Visactu

Publié par France bleu.fr

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La démocratie ... Marche !

Preuve qu'ils ont la trouille de l'affaire McKinsey!

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Ledit "secret des affaires" arrange bien le capital toujours libre et non faussé.

capture d'écran prise sur Reporterre

Pas moins de deux ministres pour expliquer dans un conférence de presse que le "secret des affaires" c'est la loi, un point c'est tout. De ce fait, Orpea, McKenzey ou tutti quanti, circulez, il n'y a plus rien à voir!

 

Le président candidat à sa réélection avait commis deux ministres devant la presse: Amélie de Lombard de Montchalin, passée comme une fleur du parti de Valérie Pécresse à Emmanuel Macron, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques(sic); Olivier Dussopt, élu député socialiste en juin 2017 et devenu en novembre de la même année ministre chargé des Comptes publics(sic).

Presque en catimini comme il se doit, en pleines vacances estivales, la loi du secret des affaires est adoptée le 30  juillet 2108. Elle découle de la directive européenne de Bruxelles édictée le 8 juin 2016. Normal, quand on a été brillantissime banquier d'affaires, puis ministre de l'Economie sous Hollande président socialiste, de faire adopter, un an après son élection à l'Elysée, une loi favorisant les marchés. Non?

Je ne trahis pas un secret en proclamant que cette loi arrange les financiers, tous les financiers, de droite, de leurs extrêmes et aussi de la gauche caviar.

Tiens, un exemple, MLP, alors eurodéputée à Bruxelles, votait pour le « secret des affaires » et se plaçait du coté des multinationales, l'évasion fiscale, tout en renforçant les sanctions contre les lanceurs d'alerte. Et la fille de son père qui se dit aujourd'hui pour la justice sociale?

Dimanche 10 avril, ne votez pas pour les Marchés dont font partie aussi Z ou MLP. Ne votez pas pour le parti de François Hollande président. Ne votez pas pour l'écolo bobo. Ne votez pas zutile ou zefficace.

Votez avec vos tripes, indifférents au sondages rémunérés par le capital. Votez en conscience de classe! Toujours du même côté de la barricade contre l'exploitation capitaliste.

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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Publié par CGT COMPIEGNE FACEBOOK

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Sevrey. 90% de grévistes chez Amazon : « on veut 300 euros net d’augmentation de salaire »

Après les mobilisations dans les entrepôts de Montélimar et Bretimy-sur-orge, les travailleurs de Sevrey (71) se sont mis en grève ce début de semaine. Ils revendiquent une augmentation de leur salaire, notamment face aux superprofits du géant Amazon et à l’augmentation généralisée des prix.

NAO

CREDIT PHOTO : LA CGT AMAZON FRANCE LOGISTIQUE

C’est sans préavis que les travailleurs de l’entrepôt Amazon de Sevrey, en Bourgogne-Franche-Comté, ont lancé leur mobilisation. A l’aube des NAO (Négociations Annuelles Obligatoires) sur les salaires, ils étaient près de 90% à se mobiliser en équipe de nuit, et 50% en équipe de jour.

« Toutes les équipes se sont mobilisées, on a vu des gens sortir qui étaient jamais sortis » déclare Antoine Delorme, délégué syndical à la CGT Amazon auprès de Révolution Permanente. Au départ sous la forme de tractage, puis de débrayage, la mobilisation a rapidement pris la forme d’une grève. Et les raisons sont limpides : la direction ne leur propose que 2% d’augmentation annuelle sur leur salaire, soit 26 euros net, alors même que leur salaire frôle le SMIC et que l’inflation elle, est de 3,6%.

« Dans la conjoncture actuelle, dans l’entreprise dans laquelle on travaille, oui, c’est insatisfaisant. Ce qu’on demande nous, c’est du 300 euros net, soit un 32 heures payé 35. » Car « le climat actuel, c’est l’augmentation de tous les tarifs pendant que nous on a rien alors tout le monde se dit "mais on bosse quand même chez Amazon quoi !" »

En effet, fin 2021, l’entreprise doublait ses profits, à hauteur de 14 milliards de dollars pour le quatrième semestre de l’année. « On travaille chez Amazon : c’est la plus grosse boutique du monde ! En même temps, on sait que leur politique et leur façon de faire c’est pas redistribuer aux salariés, c’est de gagner du pognon et le réinvestir pour grandir, grandir, grandir… Et nous, en tant que salariés, on stagne. Y a de plus en plus de chiffres d’affaires, de bénéfices, mais nous nos salaires n’augmentent pas. Y a rien qui augmente pour nous. » martèle Antoine.

Cariste (moniteur de chariots) depuis dix ans, Antoine explique également que ce statut n’existe pas chez Amazon, au profit d’un autre spécifique à l’entreprise, celui d’« agent d’exploitation polyvalent ». Une reconnaissance de statut pourtant nécessaire aux travailleurs pour faire prévaloir leurs acquis ailleurs, pour laquelle ils avaient mené leur direction au tribunal. « Soit t’es ouvrier [agent d’exploitation polyvalent], soit t’es chef d’équipe, y a pas d’intermédiaire, pas de coef, tu peux pas gravir d’échelons si tu veux pas prendre les responsabilités d’un chef d’équipe. »

A cela, il faut ajouter les conditions de travail chez Amazon. Antoine raconte : « C’est infecte. On nous répète que c’est la sécurité avant tout mais tout le monde vous dira que c’est pas vrai : c’est de la productivité à plein gaz. Faut toujours en donner plus, faut engranger un maximum de commandes… Faut toujours, toujours courir. »

Les grévistes de Sevrey se sont mobilisés 24h en vue des négociations nationales, qui ont lieu jeudi. « Là on a envoyé un message assez fort, et ils seront obligés de prendre en compte ce qui s’est passé. » Pour reconduire, les travailleurs attendent la deuxième réunion de négociations, afin de savoir ce que la direction va leur proposer.

Chez Amazon mais aussi dans d’autres entreprises des mobilisations inédites pour des salaires à hauteur d’une vie digne fleurissent depuis quelques mois. Cette grève chez Amazon s’inscrit dans une séquence d’inflation généralisée, et alors que les grandes firmes comme Amazon engrangent des profits record, il faut exiger que le patronat paye et augmente les salaires.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Thalès : après deux mois de mobilisation, les grévistes se préparent à durcir la grève

Depuis maintenant plus de deux mois, les salariés des différents groupes de Thalès se mobilisent pour des augmentations de salaires. Face à ce mouvement inédit, la direction reste sourde et pousse par là les salariés à accentuer la mobilisation. Depuis jeudi dernier, huitième jour de grève pour les salariés, une discussion s’est ouverte sur la forme que doit prendre le durcissement de la mobilisation.

En lutte pour les salaires !

Crédit photo : Révolution Permanente Toulouse, Assemblée Générale du 24 mars Thalès Alenia Space

Après un huitième jour de grève, la direction persiste dans son mépris

Le géant Thalès connaît une mobilisation inédite depuis maintenant huit semaines. À l’échelle nationale, l’ensemble des entreprises du groupe se sont coordonnées pour s’opposer à la proposition méprisante de la direction sur les salaires. En grève chaque jeudi, la mobilisation touche des milliers de salariés à l’échelle nationale. Alors que Thalès réalise des profits records avec un bénéfice net multiplié par deux en 2021, les grévistes refusent les misérables 3,5 % d’augmentation maximum que la direction impose dans l’ensemble des entreprises du groupe.

La mobilisation est marquée par une forte unité syndicale (FO, CGT, CFE CGC, CFDT), ce sur la base une condition commune : pas de négociation tant que le siège du groupe interdira les différentes entreprises de négocier au-dessus de 3,5 %. Une situation figée depuis le début des NAO (Négociations Annuelles Obligatoires) qui ont été boycottées par les différentes organisations syndicales. C’est sur cette base qu’a émergé le mouvement de grève dans les différentes entités du groupe Thalès.

Jeudi 24 mars, c’était le huitième jour de grève en deux mois, pour des salariés qui continuent d’être mobilisés. À cette occasion, porté par une Assemblée Générale de 500 personnes, le site de Cannes a décidé de la reconduction du mouvement au lendemain. Sur le site de Thalès Alenia Space à Toulouse, plus de 300 salariés se sont réunis en Assemblée Générale. La majorité des entrées étaient bloquées dès le matin, occasionnant « une journée morte » pour la direction, comme le décrit Thomas, élu CGT à Révolution Permanente. Cela fait deux semaines que ce blocage est instauré, symbole d’une volonté de durcir le mouvement. Dans la continuité, une délégation d’une trentaine de grévistes de Thalès AVS, une autre entité des six que compte le groupe, a rejoint les salariés du site toulousain d’Alenia Space.

Parmi les centaines de grévistes rassemblés, Bernard*, un des 86 ouvriers du site de Thalès Alenia Space affirmait que « la production est à l’arrêt avec la quasi-totalité des effectifs ouvriers en grève ». Ces derniers ont les plus bas salaires du groupe et sont donc les plus vulnérables face à la hausse brutale des prix et aux augmentations de salaire qui ne suivent pas. Bernard* nous résume ainsi la situation : « C’est simple, on contribue au bon fonctionnement de l’entreprise, on a fait des efforts avec le gel des salaires, le Covid, etc. À l’arrivée, l’activité se porte très bien avec des bénéfices record en majorité reversés aux actionnaires, mais ça ne retombe pas pour nous. La répartition des richesses n’est pas juste ».

Pourtant, selon le syndicat FO, le géant Thalès aurait distribué 130 millions d’euros cette année aux actionnaires dont l’Etat est le principal d’entre eux. Une politique qui favorise les actionnaires au détriment des salariés, qui passe d’autant plus mal en sachant que l’Etat est directement responsable de cette gestion. C’est dans ce sens que l’intersyndicale a interpellé les différents candidats à la présidentielle : « Face au mépris affiché d’une direction fermée et isolée, nous vous demandons d’exprimer votre point de vue sur le partage de la valeur créée, surtout concernant un groupe dont l’Etat est le premier actionnaire  ». Cependant, aucun candidat n’a pour l’instant réagi à cette interpellation et les salariés restent bien conscients que l’augmentation de leur salaire passera par la mobilisation.

Vers un durcissement de la mobilisation

Durant l’Assemblée Générale du jeudi 24 sur le site toulousain, l’annonce de la reconduction de la grève au lendemain par les grévistes Thalès Alenia Space à Cannes questionne une partie des salariés mobilisés. En marge du rassemblement, un petit groupe de grévistes discutent des perspectives. Xavier*, ingénieur syndiqué CGT : « Il faudrait frapper fort sur un moment, plutôt que d’étaler la mobilisation dans le temps. Même s’il y a un risque que ça soit moins suivi. Si on laisse passer pour la suite, ça va être compliqué. Sur un plan plus général, comme on est un fleuron de l’industrie, on sait que si on gagne ça ouvrira plus de possibilités pour l’ensemble des sous-traitants qui ont des salaires plus bas que nous ». Carole, ouvrière du site, va aussi dans ce sens : « C’est le moment de durcir le mouvement, sinon on peut rentrer dans une certaine routine à se mobiliser seulement les jeudi ».

L’ambiance générale tend vers un durcissement de la mobilisation, mais quelques grévistes ne sont pas encore décidés. Certains d’entre eux se posent légitimement la question financière. En effet, durcir le conflit implique de perdre plus d’argent, ce qui freine particulièrement le secteur ouvrier du site qui ont les salaires les plus bas de l’entreprise. Cependant, loin d’être une fatalité, la mise en place d’une caisse de grève par l’Assemblée Générale et sa prise en charge par les salariés syndiqués ou non, peut venir résoudre ce problème. En s’appuyant sur la solidarité interne à l’entreprise, mais aussi sur la solidarité de la population, la caisse de grève est un outil puissant pour rendre visible le conflit au-delà de l’entreprise.

Aussi, les Assemblées Générales réunies chaque jeudi restent pour l’instant limitées et ne permettent pas aux grévistes, syndiqués ou non, de prendre de discuter de leurs doutes et de s’investir plus dans la mobilisation. Les prises de paroles concernent quasi-exclusivement les représentants syndicaux et laissent très peu de place au débat sur la stratégie de la grève, alors même que de nombreux salariés se questionnent sur le sujet. L’état actuel de l’Assemblée Générale alimente une certaine passivité des salariés qui laissent en définitive la décision et les réflexions à l’intersyndicale. Preuve en est, malgré l’Assemblée Générale du jeudi 24 mars avec plus de 300 salariés, il est pourtant revenue à l’intersyndicale de trancher ce lundi 28 mars de la forme que prendra la suite de la mobilisation. Pourtant, donner aux salariés syndiqués comme non-syndiqués l’espace pour qu’ils deviennent acteurs de leur grève est un élément décisif pour la suite de la mobilisation. C’est le seul moyen pour décupler les forces militantes de la grève, mais aussi garantir un fonctionnement démocratique de cette dernière.

Une autre interrogation décisive tient dans les perspectives plus générales, notamment sur le lien avec Airbus Defence and Space, un autre grand donneur d’ordre dont les salariés sont en grève chaque mardi depuis deux semaines sur des revendications similaires. Une situation inédite, ou deux des principaux donneurs d’ordre de l’industrie aéronautique française connaissent des grèves sur les mêmes problématiques au mêmes moments. Dans ce sens, une mobilisation commune des grévistes de Thalès et Airbus serait un symbole puissant qui pèserait fortement dans le rapport de force avec le patronat.

Une lutte inédite qui pose les germes d’une unité entre donneurs d’ordre et sous-traitants

Quoi qu’il arrive par la suite, il y aura un avant et un après-grève chez Thalès et Airbus. La crise qui a touché le secteur aéronautique depuis 2020 a créé un changement subjectif chez beaucoup de salariés du secteur, donnant lieu à des conflits pour les salaires chez certains sous-traitants (Derichebourg, Daher, AHG..). Actuellement la colère chez les grands donneurs d’ordre que sont Airbus et Thalès, perçus comme « privilégiés » par rapport à la sous traitance, montre que ces derniers se sentent aussi menacés et refusent de se laisser faire. C’est un changement majeur pour un secteur à majorité composé d’ingénieurs, où le climat social était très calme, parfois depuis plusieurs décennies. Ces grèves sont les premiers germes d’une tendance à la radicalisation d’un énorme secteur de cadre et ingénieur.

On assiste donc à une sorte de « prolétarisation » de toute une frange d’ingénieurs et cadres de l’industrie, ce qui diminue la distance entre les conditions des salariés des donneurs d’ordre et celles de la sous-traitance. Cette division artificielle réalisée par le patronat devenant plus friable, les luttes qui émergent peuvent commencer à poser les bases pour une future unité des salariés de l’aéronautique et du spatial. C’est dans ce sens que Gaëtan Gracia, militant à Révolution Permanente et tourneur-fraiseur de la sous-traitance aéronautique, est venu apporter son soutien aux grévistes de Thalès jeudi 24 mars.

Plus largement, dans un contexte où la BCE vient de publier des prévisions à la hausse très inquiétantes avec 5,1 % d’inflation prévu pour 2022, c’est l’ensemble du monde du travail qui est menacé par la hausse des prix. Si les salaires ne suivent pas, comme c’est le cas dans la grande majorité des entreprises, cela signifie une perte de salaire réel. Une situation inacceptable pour des millions de salariés qui ont déjà fait de nombreux efforts pendant la pandémie. Les grèves actuelles, notamment celle de Thalès, montrent le chemin à suivre pour que la hausse des prix soit payé par le grand patronat qui a réalisé des superprofits pendant la crise sanitaire.

*Les noms ont été modifiés par soucis d’anonymat des grévistes

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Lumière sur BlackRock, ces financiers qui possèdent le monde
Lumière sur BlackRock, ces financiers qui possèdent le monde
Lumière sur BlackRock, ces financiers qui possèdent le monde

BlackRock est le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, détenant près de 7 800 milliards de dollars d’encours en octobre 2020 [1]. Son modèle repose sur la gestion et le placement d’argent provenant de fonds de pension, d’assurances et de petits épargnants.

Un document transmis à l’Autorité des marchés financiers (AMF) annonce que, désormais, le groupe détient également 5,27% du capital d’Orpea, représentant ainsi l’un des principaux actionnaires de la société d’Ehpad accusée de maltraitances sur ses pensionnaires.

Peu connu du grand public, ce fonds d’investissement est volontairement opaque sur ses activités. Entre financements douteux et lobbying assumé, plongée en immersion dans les entrailles du monstre.

Récemment révélées par la publication du livre Les Fossoyeurs du journaliste Victor Castanet, les maltraitances systémiques exercées par les structures Orpea sur ses pensionnaires ont fait le tour des actualités. Orpea est le groupe qui se cache derrière les établissements, mais qui se cache derrière Orpea ?

Parmi ses actionnaires, se trouve en outre le tentaculaire BlackRock, un puissant gestionnaire d’actifs aux pratiques ambiguës. Créé en 1988, il a ses entrées dans une centaine de pays. Petit aperçu de la partie immergée de l’iceberg :

Une finance sans limite couplée à l’intelligence artificielle

Depuis la crise des subprimes de 2008, l’argent du contribuable ne doit plus servir à sauver des banques et des fonds spéculatifs. Les gouvernements ont ainsi mis en place des régulations fortes sur les établissements bancaires. Or, comme BlackRock n’accorde pas de crédits, puisqu’il investit l’argent de ses clients, le groupe est nettement moins contrôlé. Une marge de manœuvre qui lui aura non seulement permis de reprendre le flambeau de banques comme Goldman Sachs, mais de faire prospérer le modèle capitaliste sans commune mesure.

Ses activités ont pris des proportions considérables, au point de mettre en danger l’ensemble du monde financier s’il se trouvait en difficulté ; comme c’est par ailleurs le cas depuis peu en raison de la situation russo-ukrainienne, puisque la “pieuvre” financière accuse déjà 17 premiers milliards de pertes sur des actifs russes. Nul doute qu’une crise pourrait découler de la fragilisation d’un gestionnaire aussi omniprésent que BlackRock, détenteur d’un quasi-monopole de 7 800 milliards d’actifs, soit… trois fois le produit intérieur brut de la France !

Au-delà de sa philosophie d’entreprise qui se résume à rendre les riches encore plus riches, un autre problème se pose et se nomme “Aladdin”.

Ce programme d’analyse, développé en interne, est une intelligence artificielle capable d’effectuer de la gestion de risques et de prendre de nombreuses décisions financières en parfaite autonomie. Ce dernier brasse 18 000 milliards de dollars quotidiennement [3] soit 80% du PIB annuel de l’Union Européenne ! Quand il s’agit de faire du profit, BlackRock est au premier rang des manœuvres les moins éthiques, en témoigne le documentaire d’Arte (2020) : “Ces Financiers qui Dirigent le Monde”.

Le financement de la réforme des retraites françaises

Le lien entre ce fonds d’investissement américain et le système de retraites français n’est pas évident à première vue et pourtant, cette réforme est l’occasion idéale pour ramener de nouveaux clients auprès du gestionnaire multinational. Plus précisément : si un gouvernement diminue les cotisations pour la retraite et donc les sommes versées aux personnes concernées, il incite les épargnants des classes supérieures à se tourner vers des fonds de placements privés et BlackRock l’a bien compris.Comme le soulignait le journal Le Monde en janvier 2020 : les syndicats, les partis politiques de gauche et quelques-uns de droite qualifiaient BlackRock de « cheval de Troie de la capitalisation » essayant de tirer profit de la réforme des retraites [4].

“Depuis plusieurs années, BlackRock se montre intéressé pour mettre la main sur une partie de l’épargne des actifs français les mieux payés, afin de l’orienter vers l’épargne retraite” rappelle France Info dans son article de vulgarisation : “On vous explique la polémique sur BlackRock, ce fonds d’investissement soupçonné de vouloir imposer la retraite par capitalisation en France”Et de rappeler en priorité que : “le 6 juin, Larry Fink [PDG de BlackRock] a été discrètement reçu par Emmanuel Macron, selon L’Obs” et que “en octobre 2017, le gouvernement a demandé au Comité action publique 2022 de plancher sur la réforme de l’Etat. Un groupe d’experts où siège… Jean-François Cirelli, le patron de la branche française de BlackRock”. Les rencontres (connues) au sommet ne s’arrêtent pas là poursuit France Info :  “On retrouve encore Larry Fink à l’Elysée en juillet 2019, à l’invitation d’Emmanuel Macron, lors d’une réunion sur le climat et l’investissement”. Cette mainmise, aussi discrète que d’envergure, dépasse les frontières, celles des pays comme des sphères du pouvoir l’assaut de l’économie suisse

Le collectif Breakfree Suisse, en collaboration avec Extinction Rebellion Switzerland, a mis en ligne, le 25 Janvier dernier, le site : https://spotlightonblackrock.ch/fr pour dénoncer les investissements massifs de BlackRock en Suisse.A lui seul, le groupe détient en effet plus de 5% des parts de toutes les entreprises suisses cotées en bourse (5,4% dans Crédit Suisse, 5% dans l’Union des Banques Suisse, 6% du cimentier Holcim et plus de 9,2% de Glencore pour ne citer qu’eux) et comme tout autre actionnaire, il dispose du droit de vote lors des assemblées générales.

Cette participation importante dans l’économie Suisse fait donc de facto de BlackRock un actionnaire de poids, ce qui n’est pas sans conséquences pour l’économie locale. A titre d’exemple, ses investissements dans les sociétés immobilières (le groupe détient 10% du leader du secteur, Swiss Prime Site) ont permis à celles-ci d’acquérir de nombreuses propriétés et cela influence directement le prix des terrains en Suisse… qui a triplé depuis 2008 [5]. L’hégémonie de BlackRock, longtemps restée imperceptible pour le grand public,  est également fortement liée à de multiples scandales écologiques.

Le changement climatique, une stratégie d’investissement

Larry Fink, le PDG de BlackRock, se présente, dans les courriers envoyés à ses partenaires, comme un visionnaire et un philanthrope, porteur d’une forme moderne de capitalisme…

L’entreprise est pourtant un actionnaire important de Rheinmetall, l’un des plus gros fabricants d’équipements militaires d’Europe. Basé à Düsseldorf, le groupe vend des armes dans le monde entier et son chiffre d’affaires est directement indexé sur diverses guerres civiles. Une recherche de profits sous couverture de progrès, privilégiant les investissements les plus rentables. Et il en va de même pour le réchauffement climatiquee 2 février, ce dernier alertait par exemple ses clients sur la nécessité d’aménager leurs portefeuilles pour faire face à la transition climatique mais, dans le même temps, BlackRock continue d’occuper le rôle de premier investisseur de Total. Un paradoxe qui ne fait pas exception.

À partir de 2017, BlackRock s’est également engagé dans un processus visant à intégrer le changement climatique dans ses stratégies d’investissement et déclarait à cette occasion que « le risque climatique est un risque d’investissement ».

En d’autres termes, pendant que notre écosystème est en train de subir des températures records et que nous vivons la sixième extinction de masse, BlackRock aborde la question sous le prisme incompatible des conséquences financières.

Ce greenwashing, déployé d’après la conviction volontairement biaisée que “la croissance verte” saura sauver à la fois l’environnement et les intérêts financiers, réveille de plus en plus l’indignation de collectifs écologiques et des activistes de la lutte sociale. Le 10 février 2020, des membres de Youth for Climate, soutenus par plusieurs Gilets jaunes et organisations de lutte écologique dont Extinction Rebellion, ont organisé une action de désobéissance civile dans les bureaux de BlackRock. 

« Nous devons mettre hors d’état de nuire les plus grands pollueurs de la planète » déclarent-ils à Reporterre ; et BlackRock n’en est pas moins que la source de jouvence, une multinationale qui finance, alimente, entretient, encourage et faire perdurer des groupes climaticides, dont une importante partie du secteur des énergies fossile. Pour rappel : la pollution des énergies fossiles a tué 4 fois plus que le Covid-19.

En juillet 2021, Extinction Rébellion France organisait le procès fictif citoyen de BlackRock, en réponse notamment à l’arrestation de deux activistes ayant participé à l’action coup-de-poing du début d’année :

Pour ne rien améliorer, le groupe déclare que leur logiciel d’intelligence artificielle Aladdin est également conçu pour aider les investisseurs à suivre la trajectoire d’un portefeuille vers le zéro net, et à mieux identifier les risques et les opportunités climatiques.

Une belle ironie quand on sait que BlackRock possède 6% de Holcim, 9,2% de Glencore et détient des participations permettant de contrôler plus de réserves de pétrole, de gaz et de charbon thermique que tout autre investisseur (l’équivalent de 9,5 gigatonnes d’émissions de CO2, soit 30 % des émissions de carbone liées à l’énergie selon l’ONG InfluenceMap). Et pour ne pas causer de tort à ces entreprises, le groupe n’hésite pas à mener une vaste campagne de lobbying contre la finance durable de l’Union Européenne [6].

Comme le rappelle Nantes Révolté, ce que révèle l’affaire BlackRock – et la banalisation de ses rouages financiers pourtant criminels -, est surtout l’absence de l’Etat dans son rôle de rempart : “Qu’il agisse par la contrainte ou par la violence, l’État est une institution qui profite du système écocidaire capitaliste, les personnes au pouvoir sont intimement liées aux grandes entreprises qui en tirent les principaux bénéfices, et leurs victimes sont les mêmes : l’environnement et la population”.

– Gregoire Brunat

Sources : 

[1] BlackRock dépasse les 7.800 milliards de dollars d’encours, Les Echos, 13 Octobre 2020. https://www.lesechos.fr/finance-marches/gestion-actifs/blackrock-depasse-les-7800-milliards-de-dollars-dencours-1255249

[2] Le changement climatique va secouer les marchés financiers, Le Monde, 02 février 2022.  https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/02/02/le-changement-climatique-va-secouer-les-marches-financiers_6112077_3234.html

[3] Ces Financiers qui Dirigent le Monde – BlackRock, Arte, 06 Octobre 2020. https://youtu.be/voSty1nfU-Q 

[4]  BlackRock l’investisseur qui suit de près l’évolution du système français de retraite, Le Monde, 03 janvier 2020. https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/01/03/blackrock-l-investisseur-qui-suit-de-pres-l-evolution-du-systeme-francais-de-retraite_6024657_3234.html

[5] BlackRock sur le marché immobilier suisse, Spotlight on BlackRock, 25 janvier 2022. https://spotlightonblackrock.ch/fr/insights/real-estate

[6] Le lobbying de BlackRock à l’assaut de la stratégie finance durable de l’UE, Reclaim Finance, 30 juin 2021. https://reclaimfinance.org/site/2021/06/30/le-lobbying-de-blackrock-a-lassaut-de-la-strategie-finance-durable-de-lue/

Image de couverture Procès fictif de BlackRock par @ExtinctionRebellionFrance

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

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