SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Raffinerie de Grandpuits : Total menace de virer les sous-traitants pour tenter d’arrêter la grève

Alors que les raffineurs de Grandpuits sont en grève depuis près de trois semaines contre la suppression de 700 emplois, Total menace de renvoyer les sous-traitants et tente de diviser les salariés. La multinationale montre ainsi son vrai visage. Mais c'est sans compter la solidarité des travailleurs.

 

Grève pour l'emploi

Les salariés de l’entreprise de sous-traitance Siemo autour du brasero avec les raffineurs de Total en grève avant l’assemblée générale de ce vendredi 22 janvier
Donnez à la caisse des raffineurs de Grandpuits en grève reconductible depuis le 4 janvier contre 700 suppressions d’emplois

Vendredi, une centaine de personnes étaient réunies devant la raffinerie Total à Grandpuits en Seine-et-Marne, à l’occasion d’une Assemblée Générale pour reconduire le mouvement de grève en cours depuis le 4 janvier contre la suppression de 700 emplois sur la plateforme de Grandpuits-Gargenville dans le cadre d’un PSE. Parmi elles, des raffineurs salariés de Total, mais aussi des sous-traitants de la multinationale embauchés par l’entreprise Siemo chargée de l’installation des échafaudages pour les travaux sur le site.

Total menace de renvoyer les sous-traitants pendant la grève : un avant goût du PSE

L’image est rare, car la politique managériale du géant pétrolier laisse peu de place aux syndicats et à l’action revendicative pour les salariés de la sous-traitance. « Dès que la direction s’est rendue compte que je participais à des réunions avec la CGT, la réponse a été directe », témoigne une ancienne salariée d’une entreprise extérieure sous couvert d’anonymat. Elle raconte qu’après le mouvement contre la réforme des retraites, son employeur l’a mutée sur un autre site sans autre forme d’explication, sur consigne du donneur d’ordre Total.

Mais si la direction de Total prévoit la suppression de 500 postes chez les entreprises extérieures en plus des 200 suppressions de postes chez les salariés Total, ce n’est pas pour voter la reconduction de la grève en cours contre ce PSE que les sous-traitants de Simeo se sont rendus à l’assemblée générale. La veille, la direction du site leur annonçait que si la grève devait continuer, ils devraient plier valise dès lundi. Une annonce qui dévoile les méthodes managériales de Total avant même le PSE, la multinationale n’hésitant pas à renvoyer chez eux les sous-traitants du jour au lendemain. C’est pour faire part de cette nouvelle aux grévistes qu’une trentaine de salariés de l’entreprise sous-traitante se sont rendus à l’assemblée générale.

En effet, mercredi dernier, après 16 jours de grève, les raffineurs décidaient de durcir le mouvement en bloquant les travaux de démantèlement du site prévu dans le cadre du projet de reconversion de la raffinerie en usine de biocarburants et de bioplastiques. Avec ce projet baptisé « Galaxy », le nombre de salariés employés par Total sur la plateforme passerait de 450 (CDI, CDD et intérimaires inclus) à 250, et menacerait 500 salariés sous-traitants dans le cadre d’un PSE que la direction veut ratifier le 9 février prochain. « La direction veut préparer les travaux pour le démantèlement de l’usine, et c’est Siemo qui met en place les échafaudages. Donc mercredi, les grévistes ont décidé de ne plus autoriser Siemo à monter les échafaudages dans l’usine » résume Paul Feltman, syndicaliste à la CGT Grandpuits.

Face aux menaces de la direction contre les sous-traitants, les raffineurs répondent par la solidarité entre les travailleurs

 

« Pour mon patron il n’y a pas de conséquence », explique Manu, chef d’équipe chez Siemo, aux grévistes réunis en assemblée générale. « Les échafaudages on pourra les monter dans deux mois, par contre je ne peux pas dire aux gars d’arrêter de manger pendant deux mois. Nous on est 84, comment on va trouver du boulot pendant ce temps » interroge-t-il, avant de conclure « on a pas un CDI avec Total, mais pour certains ça fait 25 ans qu’on est là. Je comprends le mouvement quand vous dites que vous voulez défendre les salariés et les sous-traitants. Mais je demande juste de trouver une solution ».

Une voix fuse alors dans l’assemblée : « c’est de la faute de la direction si on bloque les travaux ! Il y a une solution, il suffit que la direction réponde aux revendications sur l’emploi. Elle a les moyens de payer les sous-traitants ». Un autre propose que les sous-traitants puissent reprendre le travail en commençant par démonter les échafaudages désuets, plutôt qu’installer ceux pour les travaux de démantèlement. « Il n’y en a pas assez », rétorque Manu. Les débats continuent jusqu’à ce qu’un gréviste finisse par proposer : « on laisse rentrer Siemo, car il faut bien que les mecs remplissent leur frigo et on comprend leur détresse. Mais en échange on ne laisse plus aucune goutte sortir de la raffinerie ». C’est la solution qui sera retenue par l’assemblée générale. C’est le soulagement pour les sous-traitants, qui remercient unanimement les grévistes.

« Les tauliers c’est nous, quand on décide de couper les expéditions [c’est-à-dire les sorties de carburants, ndlr] ou d’arrêter les travaux, c’est nous qui avons le contrôle. C’est le pouvoir des travailleurs car c’est nous qui faisons tourner la raffinerie. On en prend conscience à chaque fois qu’on fait grève ! » Adrien Cornet, délégué CGT Grandpuits est fier de l’organisation de la grève par les travailleurs. « Les modalités de grève c’est pour l’ensemble du site, s’il arrive malheur à un sous-traitant pendant qu’on fait grève, c’est de la responsabilité de la direction », explique-t-il. Depuis le début de la grève des délégués de ligne sont désignés par les grévistes sur chaque secteur de la raffinerie, et sont chargés de faire remonter les travaux prioritaires « car on est sur un site Seveso, pour protéger la population des alentours et éviter qu’un accident se produise, on est obligés de s’organiser à la base pour définir nous-même les modalités de grève ». Une forme de « contrôle ouvrier » que les travailleurs expérimentent à l’occasion de cette grève.

Selon la CGT Grandpuits, ce sont pas moins de 700 salariés sous-traitants qui travaillent sur le site et qui sont menacés par le plan de suppression d’emplois. Pour Adrien Cornet, en menaçant de renvoyer les sous-traitants de Siemo sous prétexte que les grévistes bloquent les travaux, l’objectif de la direction est clair : « c’est opposer les sous-traitants aux travailleurs de Total, donc nous on a dit aux sous-traitants que ce qu’on voudrait c’est internaliser les services qui montent les échafaudages, qu’il n’y ait plus d’intérimaires et de sous-traitants, qu’ils soient embauchés en CDI avec le même bleu que nous car c’est tous ensemble qu’on fait tourner l’outil de travail ».

Contre les suppressions d’emplois, coordonner les salariés en lutte et durcir le mouvement

A l’issue de l’assemblée générale, les revendications des grévistes sont donc remontées à la direction par les délégués de ligne. En échange d’autoriser les salariés de Siemo à installer les échafaudages sur le site, les raffineurs ne laisseront plus une goutte de carburant sortir de l’usine. Mais le directeur de la raffinerie, Jean-Marc Durand, fait la sourde oreille. « C’est le premier directeur qui refuse les modalités de grève », nous raconte Flo, raffineur à Grandpuits depuis 2007. « Lui il est radical, donc notre réponse doit l’être aussi. On lutte pour l’emploi ! » Une quarantaine de grévistes montent alors dans le bâtiment administratif pour faire part de leur mécontentement. Malgré tout, la direction refuse d’infléchir sa position. « Je me casse, j’en ai marre d’entendre leurs conneries », s’exclame Sébastien, père de famille et gréviste, avant de tourner les talons.

En bas du bâtiment, les grévistes se concertent avant de décider qu’il n’y aura pas de relève. C’est-à-dire que ceux qui sont à l’intérieur ne seront pas remplacés et devront continuer à travailler jusqu’à ce que la direction accepte de mettre en place les modalités de grève. Samedi soir, l’un d’eux en était à 40 heures consécutives de travail, la direction n’ayant toujours pas accepté la coupure des expéditions de carburant. L’autre option pour la direction serait de faire réquisitionner les grévistes en obtenant un arrêté de la part du préfet de police de Melun (77). Une procédure déjà utilisée en 2010 lors de la grève contre la réforme des retraites, à l’époque portée par le gouvernement Sarkozy-Fillon. L’arrêt de la production de carburant menaçait de pénurie l’ensemble de l’Île-de-France et la plupart des stations essences étaient alors à sec.

Mais selon Savine Bernard, avocate en droit du travail dans un cabinet qui « ne défend que les salariés et jamais les patrons », et qui s’est rendue sur le piquet de grève pour répondre aux questions des grévistes, la menace de réquisition relève davantage « d’une pression de Total sur le préfet ». Car le motif de « l’atteinte prévisible au bon ordre, à la sécurité et à la salubrité publique » invoqué en 2010 aurait moins de poids aujourd’hui étant donné que selon la direction elle-même, l’Île-de-France a désormais d’autres voies d’approvisionnement en carburant.

Pour autant, comme le rappelait Christian Porta, délégué CGT à Neuhauser en Moselle, venu apporter son soutien lors d’une assemblée générale plus tôt dans la semaine après s’être lui même battu contre plusieurs PSE dans son entreprise, « on ne peut pas compter sur l’État, s’il était de notre coté il aurait déjà interdit les licenciement ». A ce titre les grévistes ne peuvent en aucun cas faire confiance à la préfecture ou même à l’inspection du travail face à la possibilité d’un arrêté de réquisition, « la seule manière de gagner c’est de construire le rapport de force par la lutte ». Alors que Total déploie toute une stratégie de communication pour donner l’illusion d’un « bon PSE », le directeur du site promettant à qui veut l’entendre que « chaque salarié sera reclassé », c’est bien en « faisant sortir la grève de Grandpuits » par la coordination avec les autres boîtes en lutte contre les licenciements et par la médiatisation du conflit qu’il sera possible de faire plier la multinationale.

C’est la raison pour laquelle les raffineurs ont participé à « l’appel des TUI contre les licenciements » en manifestant ce samedi à Paris aux côtés d’autres salariés menacé par un véritable carnage de l’emploi. TUI, SKF, Sanofi, Cargill étaient également de la partie pour dénoncer les plans de suppressions d’emplois et les licenciements dans leurs entreprises respectives. Un point d’appui pour refuser de négocier la casse sociale et interdire les licenciements et les suppressions d’emplois en construisant le rapport de force par la grève et la coordination de l’ensemble des salariés en lutte. Contre les directions syndicales, dont la direction confédérale de la CGT qui a refusé de se joindre à l’appel et ne propose qu’une date de manifestation éphémère le 4 février prochain, il s’agit d’exiger un véritable plan de bataille. « Ne tombez pas dans la farce du dialogue social, prenez la rue, mettez-vous en grève, occupez vos usines. Ils ne comprennent que le rapport de forces ! »

 

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Je ne comprends pas…

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

La direction de Bridgestone France et les sections syndicales de l’entreprise ont conclu un accord pour fermer l’usine et mettre à la porte 863 salariés contre des indemnités de départ de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Une somme importante mais rien à côté des difficultés pour retrouver un emploi et de l’impact pour des centaines de familles. Nos vies ne sont pas à marchander, refusons tous les licenciements !

Non, la fermeture de Bridgestone avec indemnités n’est pas une victoire !

Crédit photo : AFP

Des indemnités de plusieurs dizaines de milliers d’arrêt pour faire passer la pilule des 863 licenciements

Depuis plusieurs mois, la direction de l’usine Bridgestone, numéro un mondial du pneu et fort d’un chiffre d’affaires de 27 milliards l’année dernière, a annoncé la fermeture du site de Béthune, après avoir touché plus de deux millions d’euros d’aides publiques ces dernières années, notamment de CICE. Ce jeudi 21 janvier 2021, l’intersyndicale (CGT, Sud Chimie, Unsa, CFTC, CFE-CGC) annonçait en grande pompe la signature d’un accord complet avec la direction du site, validant la suppression de 863 postes, mais obtenant en contre-partie des indemnités supra-légales importantes, qui viennent s’ajouter au minimum légal. « Nous sommes très satisfaits, je n’ai pas l’habitude de me réjouir mais en 22 ans de droit, je n’ai jamais vu de telles primes supra-légales » a annoncé Stéphane Ducrocq, l’avocat de l’intersyndicale, interviewé par La voix du Nord.

Chaque salarié touchera une somme minimum de 46 500 euros brut, plus 2500 euros par année d’ancienneté, ce à quoi il faut ajouter l’indemnité de départ légale, soit un quart de mois de salaire par année de présence dans l’entreprise. La direction avance une moyenne de 106.000 euros par salarié (ceux qui ont beaucoup d’ancienneté dans l’usine tirant cette moyenne vers le haut, ce chiffre est à prendre avec des pincettes), une somme qui peut paraître impressionnante à côté de la tendance aux indemnités insultantes proposées par les boîtes qui licencient actuellement dans tout le pays, en général de l’ordre de quelques milliers d’euros : l’indemnité légale à Bridgestone pour 20 ans de boîte se serait élevée à 17.000 euros. Toujours pour La Voix du Nord, Stéphane Ducrocq salue également les garanties obtenues et félicite la stratégie des syndicats : « « On n’a pas envoyé les salariés manifester dehors mais à l’intérieur, les syndicats se sont battus comme des lions pour arracher ces primes. On est sur des niveaux jamais atteints en termes de supralégale, et sans brûler un seul pneu ! »

La direction du site n’a également pas tardé à exprimer sa satisfaction, revendiquant un « dialogue social continu et constructif, qui permet de poser les bases d’un PSE exemplaire. Le dispositif de départs anticipés en place depuis octobre a par ailleurs permis de valider le projet de plus de 196 salariés, dont 52 bénéficieront d’un contrat à durée indéterminée (CDI) ». 52 CDI pour 863 licenciements... Il faut vraiment la mauvaise foi et l’avarice d’un grand capitaliste pour pouvoir annoncer un carnage social avec l’aplomb d’une bonne nouvelle pour les ouvriers !

Se réjouir du PSE et des accords, vraiment ?

L’enthousiasme affiché de concert par l’intersyndicale, par le patronat, mais aussi par Xavier Bertrand, président de la région Hauts de France interrogé par La Voix du Nord, a de quoi surprendre. On voit clairement dans le discours du politicien de droite qui est le réel grand gagnant de la signature de ces accords : « C’est une première étape pour les salariés. Maintenant, il y a une seconde étape qui est de leur retrouver un emploi. Vous allez dire que je suis exigeant. Mais on se bat pour eux. Bridgestone doit et peut verser une indemnité supralégale. S’il ne le faisait pas, on pouvait refuser le PSE. Ce n’est pas une entreprise qui ne gagne pas un rond (…). Il ne faut pas oublier que les salariés ont des crédits sur le dos, qu’ils doivent rebondir et y voir clair. Sauf que pour rebondir et y voir clair, il faut un nouvel emploi. Sur le site ou ailleurs ».

Derrière le discours d’un politicien qui tente de se poser en défenseur de l’emploi local qui s’exprime dans les médias, et rêve d’une présidentielle, on voit poindre le nez de l’ancien ministre du Travail de Sarkozy, grand défenseur de l’impunité patronale et de la propriété privée qui donne le droit de jeter 863 salariés et de jouer avec la vie de leurs familles. Xavier Bertrand le dit clairement : la supra-légale est le moyen de faire passer le PSE ! Le Nord est une des régions les plus touchés par les plans de licenciements et autres PSE, comme le montre le site Stoplicenciement. Une région déjà ravagée par les fermetures de site et le chômage. Qu’est-ce que pèsent quelques dizaines de milliers d’euros (évidemment une somme colossale pour n’importe qui à court terme) face à la perte d’un CDI avec de l’ancienneté, pour se retrouver à galérer peut-être plusieurs mois ou années pour trouver un nouvel emploi avec des conditions de travail moindres, voire carrément précaires ? Face à la perspective de devoir déménager (quand c’est possible), de changer de vie, d’abandonner ses relations sociales pour trouver juste un boulot pour survivre ?

En effet, comme l’affirmait un militant Solidaires « une usine qui ferme c’est jamais bien bon, parce que ça va entraîner des pertes d’emploi, ça va entraîner, par un tsunami de fermetures d’autres emplois, ça va fermer peut-être des commerces, des services publics, c’est une suite sans fin. Des régions comme le Nord vont être sacrifiées pour des profits, pour le fric. » Jean-Luc Ruckebush, délégué CGT, rappelait d’ailleurs dans La Depêche à propos de Bridgestone : “Ça fait 5000 familles qui vont être impactées ». Mais le patronat et les avocats qui viennent chercher un trophée pour leur CV s’intéressent au nombre de pneus brûlés et sont rassurés quand il n’y en a pas eu !

Si les syndicats se félicitent d’avoir obtenu la préretraite pour 100 salariés, des indemnités de licenciement, et la possibilité de se former pendant 24 mois, l’ampleur du désastre social ne permet pas d’y voir une victoire. Effectivement, si les salariés partent aujourd’hui avec un certain pécule financier, ces indemnités permettent de vivre quelques années dessus mais sont un filet bien fragile face à un chômage de longue durée. Pour ces familles, tout projet d’avenir est compromis, et une grosse dépense imprévue peut mettre à mal cet équilibre précaire. Dans une région minée par les PSE et les plans de licenciements, rien ne garantit que les salariés plus âgés retrouvent facilement du travail. Les quelques 200 millions d’euros mis sur la table par Bridgestone pour pouvoir fermer son usine, en se payant le luxe grâce à une intersyndicale docile de ne pas avoir eu à subir de grève ou d’occupation d’usine, ce sont les miettes des profits qu’ils se sont faits sur le dos des salariés et de l’argent public extorqué aux collectivités locales trop heureuses de pouvoir faire des cadeaux aux patrons pour « l’emploi »... Bridgestone est arrivé à ses fins, en déboursant un peu de son argent de poche. Mais en définitive ce sont les salariés et la population des alentours qui va payer l’addition !

Quel dialogue social avoir avec les voleurs à la tête de Bridgestone qui décident de l’avenir de centaines de familles ouvrières ?

Le 12 novembre dernier, Martinez, secrétaire général de la CGT, était invité dans la matinale de France 2. Interrogé sur les sujets d’actualité, il affirmait le besoin de « dialoguer socialement avec Macron et d’être associé aux décisions ». C’est alors le développement classique du discours des directions syndicales qui tendent, dans une période où s’accumulent partout les PSE, à se présenter en partenaires de dialogue du gouvernement. Le mutisme des directions syndicales pour apporter des plans de bataille concrets aux salariés qui font face à des APC (Accords de Performance Collective) et aux PSE conduit à suivre la voie du dialogue social. Alors que le gouvernement et le patronat, qui craignent des luttes incontrôlables contre les licenciements, veulent les canaliser et les pacifier dans des rounds de négociations, les directions syndicales, les dites « réformistes » comme les « contestataires » reprennent religieusement ce besoin de dialoguer avec ceux qui brisent des vies. Comme déclarait le délégué CGT de l’entreprise : « Nous y avons cru, raison pour laquelle le site est resté admirablement calme pendant deux mois, le gouvernement nous a apporté un projet, on l’a mis sur la table, on l’a regardé, on était prêt à l’accepter, il y avait des solutions cela tenait la route et Bridgestone l’ont balayé en cinq minutes. »

Il faut comprendre jusqu’au bout le poids de la politique menée par l’intersyndicale à Bridgestone et en ce sens revenir plus en arrière dans le conflit. Un conflit où elles n’auront jamais cessé de tout faire pour éviter la grève et la mobilisation, le justifiant à la fois par le but de ne pas faire peur à des repreneurs potentiels, qui ne sont jamais arrivés, ou encore dans le but de faire appel aux pouvoirs politiques, affirmant dans un communiqué de l’intersyndicale : « Face au refus cynique de Bridgestone, nous attendons un soutien sans faille des pouvoirs publics pour appuyer nos revendications et permettre la mise en place d’un plan social ambitieux donnant aux salariés le temps et les moyens de retrouver un emploi et d’être indemnisés à la hauteur du préjudice subi ». D’emblée, l’intersyndicale reconnaissait aux patrons de Bridgestone le droit de fermer l’usine et de mettre tout le monde sur le carreau.

Pourtant, derrière les piteuses déclarations à la fois du gouvernement mais aussi de Xavier Bertrand qui comparait le 12 novembre dernier sur BFM TV les bons PSE : « Michelin est un exemple à suivre, quand ils ont fermé des usines, ils ont fait le maximum pour qu’il puisse y avoir de nouvelles activités » et un mauvais PSE à Bridgestone : « Depuis le début ils se comportent mal, mais il n’est jamais trop tard pour se refaire et faire bien », le massacre de l’emploi était bel et bien prévisible. En décidant de mettre le sort des travailleurs entre les mains des pouvoirs publics qui arrosent les patrons d’aides et dans le dialogue social avec le patron, les syndicats de l’entreprise et les directions confédérales ont condamné 863 emplois.

Face à la crise économique, pas un licenciement, pas un euro de baisse de salaire n’est acceptable !

Après avoir tenté de négocier avec l’État et les patrons pour éviter la fermeture de l’usine, en ne poussant jamais à la résistance et à la grève, par cette politique de collaboration de classe, de deal avec le patronat, il ne restait plus à l’intersyndicale qu’à gratter les plus grosses miettes possibles. Mais ce ne sont jamais les salariés qui gagnent à ce jeu-là. Aussi hautes soient ces indemnités, elles ne sont que des miettes face à la perte d’un emploi, face à un chômage de haute durée, elles sont aussi un signe désastreux à l’heure où partout les PSE se multiplient et où partout les capitalistes veulent faire payer la crise aux travailleurs en se remplissant encore un peu plus les poches.

Le dialogue social est un piège que l’État veut favoriser pour enfermer la colère dans la légalité au service des patrons. Un piège qu’il faut absolument refuser, commencer à discuter avec eux pour savoir quand et comment le faire revient à accepter que les salariés sont responsables et doivent payer. C’est pourtant le chemin qui a été emprunté par les directions syndicales à Bridgestone. En imposant aux travailleurs le refus de la lutte mais aussi en limitant les revendications à des indemnités de départ, elles ont à la fois enfermé les travailleurs dans un calendrier de la direction, mais elles n’ont également jamais poussé à la solidarité avec les autres entreprises menacées de licenciement ou de fermeture. En effet, la lutte pour des indemnités cloisonne le conflit au strict périmètre géographique d’un site ou d’une usine, empêchant la jonction entre des travailleurs qui se battent partout contre les mêmes plans d’attaques patronales.

En ce sens, la réponse de travailleurs de Grandpuits doit inspirer les salariés mis dos au mur par leurs patrons, elle présente une première réponse d’une résistance ouvrière, par l’auto-organisation. Contre le dialogue social, c’est cette stratégie qu’il convient d’adopter à l’heure où Bridgestone montre une nouvelle fois que les négociations desservent les travailleurs. Face à la stratégie des directions syndicales, le danger du chômage et de la précarité guette. Pour éviter une telle situation, il est aujourd’hui central de défendre l’interdiction des licenciements, empêcher toute baisse de salaires, et d’exprimer une solidarité à la hauteur envers les grèves existantes.

Il est également urgent de construire la coordination entre les travailleurs qui subissent des attaques patronales, à travers le modèle de la grève reconductible et de l’auto-organisation. A l’inverse d’une politique du gouvernement et des capitalistes qui consistent à faire payer la crise aux travailleurs, il faut construire une véritable unité de la classe ouvrière, de la jeunesse et des secteurs populaires organisées en assemblées décisionnaires sur leurs luttes et autour de quelques revendications de base qui peuvent être partagées du Nord au Sud, de Cargill à Airbus, d’Est en Ouest, de SKF Avallon à Beneteau. Il faut lutter partout contre les licenciements et imposer leur interdiction, refuser tout chantage à l’emploi concernant les baisses de salaire. Les dates du 23 janvier et du 4 février peuvent être des points d’appui pour une telle lutte. Une lutte qui agirait à la fois pour les emplois menacés mais aussi pour tous les emplois induits, pour tous les commerces, pour toutes les familles qui dépendent directement ou indirectement de l’activité. Après avoir engrangé les profits pendant tant d’années, c’est aux capitalistes de payer !

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
BorgWarner. Sous pression de l’entreprise un salarié tente de se suicider à Blois

 

A Blois, un militant syndical d’une entreprise de sous-traitance automobile a tenté de mettre fin à ses jours après avoir subit la pression de ses supérieurs.

 

Drame

Un site de BorgWarner en Corrèze / Crédits photo : Mathilde Brazeau - France Télévisions

Lundi 18 janvier, un salarié de BorgWarner (Ex-Delphi) a voulu mettre fin à ses jours dans la partie administrative du site de Blois en Loir-et-Cher. Ce geste désespéré est directement lié à ses conditions de travail dans l’entreprise. Syndiqué à la CGT, il avait dénoncé par le passé des problèmes rencontrés dans sont secteur de production, à la suite de quoi il a été mis sur la touche par la direction, où plus vulgairement « mis au placard », avec la pression constante de ces supérieurs sur le dos. Bien que l’inspection du travail ainsi que la médecine du travail le soutiennent fasse à cette situation, la direction du site de Blois a persisté « pour faire de lui un exemple » souligne un salarié. Après être passé à l’acte, il est aujourd’hui de retour chez lui, mais le combat dans l’entreprise n’est pas fini. Comme un de ses camarades l’a rapporté : « À nous maintenant de faire en sorte que son geste ne reste pas vain ».

BorgWarner est une entreprise qui produit des injecteurs automobiles sur le site de Blois, il est l’un des principaux employeurs de la ville. Et il y a moins d’un an, l’entreprise a été rachetée par un fond de pension étranger qui a mené une stratégie industrielle opaque pour les salariés, alors que ceux-ci ont fait pendant des années des sacrifices pour maintenir leurs emplois sur le site. Les salariés ont par exemple accepté de donner des RTT pour l’installation d’une nouvelle ligne qui n’a finalement que peu tournée.

En outre, avec l’arrêt des lignes de production pendant la crise sanitaire, les employés ont été mis au chômage partiel, subissant une perte de rémunération, a l’exception des cadres, dont le salaire a été maintenu à 100%. Tous cela dans un climat des plus délétère où la direction n’hésite pas à intimider les militant syndicaux les plus combatif de l’entreprise qui voudraient des explications.

Il y a quelques semaines, les salariés suite à un AG ont voulu demander des explications à la direction. Ils ont débrayé mais la direction était absente ce jour-là sur le site. Suite à la tentative de suicide de leur collègue et à la situation globale de l’entreprise, les salariés ne comptent pas en rester là et attendent une réponse de la part du groupe et de la direction du site de Blois. Ils n’hésiteront pas repasser une nouvelles fois à l’action.

Une nouvelle fois la crise sanitaire et la crise économique accentue les conséquences néfastes de la recherche de profits des capitalistes. Elle conduit à des drames humains, et malheureusement, force est de constater que, qu’il s’agisse des étudiants plongés dans la précarité, ou des salarisé démunis face à cette crise, ceux-ci sont de moins en moins rares. Nos vies valent plus que leurs profits.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
À Paris, les manifestants posent la première pierre d’une lutte d’ensemble contre les licenciements

 

Ce samedi à Paris, plusieurs milliers manifestants étaient présents à l’appel des TUI France et de différentes organisations politiques et syndicales pour manifester contre les licenciements. Les raffineurs de Grandpuits, les salariés de SKF, les Cargill ou encore des salariés de General Electric étaient notamment présents. Une première date de coordination de secteurs confrontés à des plans sociaux qui appelle d’autres initiatives en ce sens.

Mobilisation

« Il y a quelques semaines, on s’est dit que pour vaincre ces plans sociaux il fallait se mettre tous ensemble. On a donc téléphoné aux Cargill, Auchan, Grandpuits… ». Au micro de Révolution Permanente Lazare Razkallah, délégué CGT TUI France, revenait cette après-midi sur l’initiative à l’origine ce samedi d’une manifestation pour l’interdiction des licenciements et contre les suppressions d’emplois. Au départ de l’Assemblée Nationale, celle-ci s’est déroulée dans les rues du 7ème arrondissement, passant par le Ministère du Travail pour finir à quelques mètres des locaux du MEDEF.

Pour l’occasion, plus de 2000 manifestants ont répondu à l’appel. Dans le cortège, la présence remarquée des raffineurs de Grandpuits, venus à une vingtaine en tenues et équipés de leurs désormais fameux barils. A leurs côtés d’autres travailleurs d’entreprises confrontées à des licenciements telles que Nokia, Cargill, Sanofi ou encore SKF. Les travailleurs du site situé à Avallon dans l’Yonne sont en grève et refusent le PSE que tente d’imposer la boîte. « On est en grève permanente, on est dans le combat. Aujourd’hui, la lutte contre les licenciements va être un combat difficile contre le patronat et c’est tous ensemble qu’il va falloir le mener. » raconte ainsi Lhoussaine Amchi, délégué FO de SKF. Les politiques ont également répondu à l’appel, à l’image de Olivier Besancenot du NPA, de Jean-Luc Mélenchon, ou encore du PCF, présents dans la manifestation.

Si toutes les entreprises présentes ne sont pas en grève, de nombreux manifestants insistent sur la nécessité de la coordination comme levier dans la lutte contre les licenciements. D’autres dénoncent la passivité des directions syndicales sur ce plan. Militant CGT et membre du Collectif Aéro, Gaëtan Gracia note ainsi : « Les directions syndicales nous laissent un peu face à l’hécatombe. On attend depuis longtemps un plan de bataille conséquent, mais il n’y a rien à part une date isolée le 4 février et des dates de fédération, sans plan de bataille conséquent. » Expression claire de cette attitude, la direction de la CGT n’a pas appelé à la manifestation du 23 janvier, dont était totalement Philippe Martinez.

Corollaire de cette absence de plan de bataille coordonné, de nombreuses entreprises choisissent la voie de la négociation et évitent l’épreuve du rapport de forces. Une logique qu’une partie des manifestants était bien décidée à battre en brèche ce samedi. « Je ne suis pas content de voir ce qui s’est passé à Bridgestone à Béthune, qui ont signé un accord et se félicitent de ne « pas avoir brûlé de pneus ». Il n’y a aucune prime, aucun PSE quel qu’il soit, qui ne vaudra notre emploi. Partout où l’employeur veut licencier, il faut qu’on se lève et qu’on se mette debout. » expliquait ainsi Michaël Wamen, figure de la lutte des Goodyear au micro de Révolution Permanente. « Ne tombez pas dans la farce du dialogue social, prenez la rue, mettez-vous en grève, occupez vos usines. Ils ne comprennent que le rapport de forces ! » lançait de son côté Adrien Cornet de la CGT Grandpuits.

En définitive, cette première manifestation coordonnée aura constitué un point d’appui pour avancer dans la construction d’un front uni contre les licenciements et permis de visibiliser la volonté de combat de différents secteurs, en dépit de la passivité des directions syndicales. Il s’agit désormais de continuer ce travail en coordonnant les secteurs en grève et en mettant en avant la nécessité de lutter non seulement contre les suppressions d’emplois mais aussi pour l’interdiction des licenciements, revendication qui ne pourrait être imposée que par une lutte de très grande ampleur.

 

Une perspective que craint d’ailleurs plus que tout le gouvernement. Comme le notait Le Monde ce vendredi, la majorité et le gouvernement s’inquiètent en effet que « la colère s’agglomère » et ne donne lieu à un « printemps social ». Une crainte incarnée très concrètement ce samedi par le dispositif policier massif déployé pour encadrer le cortège, et tenter d’étouffer la contestation dans l’œuf. De quoi poser la question d’un mouvement d’ensemble qui, à partir de la lutte contre les licenciements, prenne également en charge la question de la répression et des violences policières en lien avec les mobilisations contre la loi sécurité globale.

 

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Macron prépare une ordonnance qui menace les salaires en cas de liquidation judiciaire d’une entreprise

 

Selon les informations de Médiapart et de l’Obs, le gouvernement prépare une ordonnance visant le régime de garantie des salaires qui protège les salariés en cas de liquidation judiciaire d’une entreprise. 100 000 personnes sont actuellement concernés, et leur nombre pourrait augmenter dans les prochains mois.

 

En pleine crise économique

C’est un article de Médiapart, publié ce 21 janvier, qui révèle le pot aux roses. Sous couvert d’une transposition au droit français d’une directive européenne en date du 26 juin 2019 et portant sur la question de « la restructuration et de l’insolvabilité », le gouvernement français entend détricoter le régime de garantie des salaires, et attaquer l’institution sociale qu’est l’AGS (Association de gestion du régime de garantie de salaire), financée par les cotisations patronales, qui garantit un certains nombres de droits aux salariés dont l’entreprise est placée en liquidation judiciaire, notamment le droit au maintien de salaire. Et Médiapart de préciser que 100 000 personnes voient actuellement leurs salaires versés par l’AGS.

En soi, la fameuse loi PACTE, permettant au gouvernement de légiférer par ordonnance, concerne précisément la transposition dans le droit français de cette directive européenne. Sauf que le contenu même des premiers documents disponibles vont bien au-delà des prérogatives.

Ainsi, comme l’explique Médiapart, « le gouvernement souhaiterait en effet réécrire totalement l’article L.643.8 du Code du commerce et modifier en profondeur les articles L 622.17et L 641.13, qui sont précisément les dispositions légales qui fixent l’ordre des créances et des privilèges ». Ainsi, alors que la mouture actuelle est protectrice envers les salariés, les modifications prévues entendent faire la part belle aux « créances garanties par le privilège de sauvegarde » ou bien encore au « privilège de redressement judiciaire », qui, selon Médiapart, « seraient attribués aux banques ou à tout établissement intervenant pendant la période d’observation » lors de liquidations judiciaires. Ainsi, comme l’explique l’expert social mandaté par Médiapart, « sous prétexte d’une transposition d’une directive européenne des sécurités et en plein désastre économique, le gouvernement prépare deux ordonnances au détriment des salariés pour le bénéfice des administrateurs et mandataires judiciaires ainsi que des banquiers ». Autre changement qui pourrait intervenir, les actifs immobiliers des sommes récupérés par l’AGS, essentiel pour son financement, pourrait être retiré à l’institution au profit des banques.

Autre éléments scandaleux, « si le gouvernement veut dégrader les avantages de l’AGS, qui protègent les salariés, en revanche, il consolide ceux des mandataires et administrateurs judiciaires » explique Médiapart. De quoi augmenter encore un peu plus honoraires de ces derniers, déjà très élevés et fixés en toute opacité.

En ce sens, et toujours selon Médiapart, « la conséquence de tout cela, c’est que l’AGS risque d’être prise dans un étau. Car la rétrogradation du superprivilège pourrait entraîner, selon les experts consultés par Mediapart, une baisse des recettes de l’ordre de 320 millions d’euros en 2021. Or, quand l’État interrompra les mesures exceptionnelles de soutien à l’économie prises pour faire face à la crise sanitaire, les faillites d’entreprises risquent d’augmenter spectaculairement, ce qui sollicitera encore plus la trésorerie de l’AGS ».

Dès lors, c’est une mesure ultra-libérale qui est envisagée par le gouvernement, qui porte son lot de précarisation extrême concernant pour l’heure 100 000 salariés, mais très certainement beaucoup plus alors que 2021 devrait voir se multiplier les faillites et les mises en liquidation judiciaire d’entreprises. Ainsi, la réforme du gouvernement serait prévue pour mai 2021.

C’est ici que l’on voit tout le cynisme de ces ordonnances. L’objectif est avant tout de préserver ceux qui possèdent la dette, les banques, les mandataires et administrateurs financiers alors que l’AGS devrait voir ses finances mises à rudes épreuves dans les prochains mois. Ainsi, c’est par l’amputation ou l’arrêt du versement des salaires des travailleurs victimes de ces liquidations judiciaires que les pots cassés seront payés.

Cette réforme s’inscrit dans la droite ligne de la politique sanitaire et économique du gouvernement depuis le début de la pandémie. Une politique qui a son corollaire avec les plans de licenciements en pagaille qui se succèdent sans discontinuer depuis mars dernier, et qui devrait s’accélérer dans la période qui s’ouvre. C’est pourquoi la bataille pour 0 licenciement, 0 baisse de salaires, de vastes plans d’embauches par la baisse du temps de travail pour lutter efficacement contre le chômage et des moyens humains et matériel pour le service public est absolument centrale.

 

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

 

Le 7 décembre dernier, une quarantaine de militants CGT de Dassault Aviation assignaient la direction du groupe en justice pour discrimination syndicale. Une pratique bien connue de l’avionneur qui avait déjà été condamné, en 2016, pour avoir appliqué un traitement défavorable à ses salariés syndiqués à la CGT dans l’usine de Bayonne. « En effet, de l’ouvrier sans diplôme à l’ingénieur docteur, toutes les évolutions professionnelles et promotionnelles des militants de la CGT montrent les mêmes similitudes de décrochage sitôt l’appartenance à la CGT connue par l’entreprise », affirme le syndicat.

 

Une répression qui touche tous les secteurs : de la fonction publique au commerce en passant par la restauration. Chez McDonald’s, au Havre, c’est une salariée, Mathilde, qui avait dénoncé des pratiques de harcèlement sexuel au sein de son restaurant, qui a été licenciée le 19 décembre. La sanction tombe alors que la jeune femme, elle-même victime, avait fait grève fin octobre avec une quinzaine de collègues pour dénoncer l’inaction de l’enseigne (notre article sur cette affaire). Elle a fait part de sa volonté d’attaquer son ex-employeur aux prud’hommes.

Relais des pressions patronales

 

Parfois, la justice se fait le relais des pressions patronales. Début décembre, le tribunal judiciaire de Paris a, par exemple, donné raison à Monoprix face à 18 élus CGT qui avaient manifesté, en septembre, pour l’octroi de la prime Covid de 1 000 euros à l’ensemble des salariés. Parce que les manifestants avaient tenté d’entrer dans le magasin, la justice a estimé que ceux-ci avaient porté atteinte à la « liberté de commerce » de l’enseigne et les a condamnés à verser 3 000 euros à Monoprix au titre des frais de justice.

C’est aussi devant la justice que le secrétaire général de la CGT de l’Allier, Laurent Indrusiak, a dû s’expliquer début janvier pour « injure publique » contre La Poste. Ulcéré par la suspension de salaire réservée aux 45 agents qui exerçaient leur droit de retrait en juin, le représentant syndical s’était emporté contre l’entreprise, les traitant de « voyous et de salopards » 

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Publié par FSC

 

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Et ce n'est pas ce qui se passe à l'hôpital de DIEPPE qui va démentit cet appel !

 

 

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
66 millions de procureurs ? Le peuple souverain s'avance..." par Jean LEVY

DEFINITIONS JURIDIQUES

Qu’est-ce qu’un procureur ?

Le procureur est comme un avocat, mais un avocat de la société. Il travaille pour l’intérêt public et veille au respect de l’ordre public. 

Le rôle du procureur

Le principal rôle du procureur est de veiller à l’application des lois. Il est dit que le procureur défend l’intérêt de la société​​​​​​​

Ces définitions juridiques, appliquées aux procureurs, ne définissent-elles pas le rôle dévolu aux citoyens eux-mêmes ? Veiller aux principes qui sont à la base de la République, principes tels que l'a défini la Première constitution en 1793, prévoyant la révocation des élus quand ceux-ci s'écartaient des principes sur lesquels ils ont été élus.

Et, explicitant le rôle du peuple souverain, cette Constitution prévoyait que :

: « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

N'est-ce pas  cette vision du jeu démocratique qui fait trembler la caste ploutocratique, qui détient de nos jours à son seul profit, tous les pouvoirs, le politique comme l'économique, le judiciaire et le médiatique ? 

Emmanuel Macron représente les intérêts de cette caste. Il a été choisi par elle pour légiférer en faveur exclusive de ses intérêts. Aussi, que les citoyens, qui en payent le prix, prennent conscience des conséquences de la mainmise des forces de l'argent sur la politique imposée à la population. Et les colères , encore parcellaires selon leur rôle joué dans la société,  s'expriment dans un rejet commun du pouvoir élyséen. Les citoyens requièrent contre celui-ci, tels des procureurs contre le désordre  public  qui en découle. 

Emmanuel Macron s'en inquiète et peste contre cette mer montante d'un peuple inquiet.. D'où sa formule des"66 millions de procureurs" que constituerait le peuple français.

Le président de la République y intègre donc ses propres troupes, qui occupent majoritairement l'Assemblée, et les nantis qui, par intérêt, lui sont encore fidèles. C'est dire la peur qui s'empare de celui qui se croyait sacré souverain en 2017 par la grâce d'un scrutin biseauté et l'onction électorale d'une minorité de Français.  

Reste à rendre concrète  cette alliance de la masse de notre peuple pour que celui-ci devienne le souverain réel de la France. Délivré du pouvoir des administrateurs des sociétés du CAC 40, qui ont livré notre pays, son industrie, son économie et sa législation à la domination des intérêts privés  étrangers , les 66 millions de Français seront collectivement devenus les procureurs permanents de la démocratie française.
 

Jean LEVY

 

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Se syndiquer CGT ?

Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.

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