SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
A Neuhauser, la loi d’urgence déjà appliquée : fini les 35 heures !

Alors que le texte du « projet de loi d’urgence » devrait être voté dans le week-end et étend le pouvoir des employeurs pour déroger au droit du travail et attaquer les acquis des salariés, certaines entreprises commencent déjà à s’appuyer sur le projet pour imposer des changements arbitraires de l’organisation du travail. A Neuhauser, dans l’agro-alimentaire, Christian Porta, délégué CGT, revient sur une situation qui annonce ce qui attend de nombreux salariés.

ETAT D'URGENCE SANITAIRE

Crédit photo : Neuhauser

A Neuhauser, entreprise de boulangerie industrielle, la semaine dernière a été consacrée par les salariés à une lutte pour des conditions sanitaires dignes, face au manque total des mesures d’hygiène et de sécurité de la part de l’entreprise, alors qu’un salarié était hospitalisé suite à une potentielle infection au Covid-19. Des droits de retrait qui ont permis d’arrêter la production.

Mais, alors que le travail est sensé reprendre lundi, c’est à un nouveau type d’attaque que doivent faire face les ouvriers de l’entreprise agro-alimentaire. « Comme dans beaucoup de boîtes privés, on a des accords qui imposent toute une procédure si on veut apporter des changements dans l’organisation du travail. On ne peut pas changer les plannings des salariés sans respecter un délai de prévenance par exemple. Or là, la direction a décidé de procéder à des changements vendredi pour lundi, sans se soucier des situations personnelles des salariés. » rapporte ainsi Christian Porta, délégué CGT Neuhauser.

« On est en 5/8 et on travaille 32 heures, et la direction nous a fait passer aux 37 heures. Certes, ce sont 37 heures payées 37 heures, notamment parce que le rapport de force de la semaine dernière doit l’effrayer, mais il s’agit d’un non-respect d’accord et d’un mépris total des travailleuses et travailleurs de la boîte ! » explique le syndicaliste. Or si l’entreprise semble s’être sentie pousser des ailes face aux salariés c’est pour une raison simple. « Maintenant on peut, on applique la nouvelle loi du gouvernement sur le coronavirus » a ainsi opposé l’entreprise au syndicaliste.

Alors même que le projet de loi d’urgence n’est pas encore voté, les directions d’entreprise semblent ainsi avoir bien compris les prérogatives dont les dote cette loi d’exception, qui s’inscrit dans la gestion pro-patronale du gouvernement en étendant sans limite les droits des employeurs. « Pour le moment ils ne parlent pas des congés payés, mais on sait à quoi s’attendre. Déjà l’entreprise utilise le fait de pouvoir changer l’organisation du travail sans prévenir alors que la loi n’est pas passée. Mais ça montre ce qui nous attend : une flexibilité des travailleurs et travailleuses, sans délai de prévenance, sans rien. » Une situation face à laquelle les travailleurs n’entendent cependant pas abdiquer. « On est une boulangerie industrielle, on a conscience de l’importance du boulot qu’on fait, mais cela ne peut pas être au détriment de notre sécurité, de nos conditions de travail. » conclue Christian Porta.

De fait, si logique du gouvernement consiste à étendre le pouvoir des patrons et réduire celui des salariés, c’est plutôt à l’inverse qu’il faudrait procéder. En effet, comme l’ont signalé de nombreux salariés cette semaine, les patrons semblent plus soucieux de la continuité des profits que de celle de la production, et sont prêts à mettre en danger les travailleurs dans une logique de rentabilité à courte vue. Or, ce sont précisément les travailleurs des secteurs essentiels comme l’agro-alimentaire qui sont les mieux à mêmes de savoir comment organiser la production tout en préservant leur santé et celle des autres. En ce sens, dans cette période où leur activité est centrale, ce sont eux qui devraient avoir le dernier mot sur l’organisation du travail et pouvoir imposer les conditions qui leur semblent adaptées pour répondre aux besoins de la situation.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
A partager
A partager
A partager
A partager
A partager
A partager

Repris sur le site CGT Facebook Compiègne

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Pr Didier RAOULT during the visit of the Institut Hospitalo-Universitaire Méditerranée Infection, in Marseille, France on Mars 2, 2020. Photo by Julien Poupart/ABACAPRESS.COM

Pr Didier RAOULT during the visit of the Institut Hospitalo-Universitaire Méditerranée Infection, in Marseille, France on Mars 2, 2020. Photo by Julien Poupart/ABACAPRESS.COM

Confiner l’ensemble de la population sans dépister et sans traiter, c’est digne du traitement des épidémies des siècles passés. La seule stratégie qui fasse sens est de dépister massivement, puis confiner les positifs et/ou les traiter, tout comme les cas à risque puisque c’est possible, comme on le voit en Chine et en Corée : dépistages massifs et prescription de chloroquine en traitement.

http://jdmichel.blog.tdg.ch/archive/2020/03/18/covid-19-fin-de-partie-305096.html?fbclid=IwAR2yYZeL3rUa0GyQjpxKZLnGtDHKll3VHMv_FetVmZfDTZUjHUUbJoUNktg

Par Jean-Dominique Michel, anthropologue de la santé, mercredi 18 mars 2020 10h42 Covid-19 : fin de partie ?!

« GRACIAS CORAZÓN »

Telle était la tonitruante affirmation proférée le 26 février dernier par le meilleur infectiologue au monde (selon le classement expertscape), accueillie pourtant avec scepticisme et même sarcasmes par la communauté scientifique. Trois semaines plus tard, la réalité est en train de lui donner raison. Révélant au passage que nous aurions à peu près tout faux face au virus. Ce qui est en fait une excellente nouvelle !

Nous voici donc nous dit-on en « état de guerre ». Nouveauté certes pour nos générations qui (sauf pour les plus anciens) n’ont connu que des temps de paix. L’Europe est sous un quasi-couvre-feu, avec une restriction massive des libertés individuelles et une casse économique et sociale qui promet d’être dramatique. Les discours des chefs d’état s’enflamment à qui mieux mieux: nous sommes « attaqués », l’ennemi est « invisible », « sournois », « redoutable » mais nous en viendrons à bout ! Ce genre de vocabulaire paraît d’un autre âge. La réalité est plus prosaïque : nous subissons la contamination à large échelle par un virus qui est un pur produit de la rencontre entre la bêtise humaine (l’entassement dans des cages d’animaux sauvages de diverses espèces dans des marchés insalubres…) et de l’inventivité du vivant. La bestiole a donc franchi la barrière inter-espèces et s’est propagé à partir de là entre humains. Ce n’est pas une guerre, nous ne pourrons jamais vaincre ou éradiquer cette créature. Nous prémunir contre ses dégâts si, puis nous aurons à apprendre à vivre avec elle. Ce qui réclame une autre intelligence que celle des slogans martiaux sanitaires…

 

Précaution liminaire

Je l’ai dit et le répète : en ces temps de mobilisation collective, nous avons tous à respecter scrupuleusement les mesures qui sont imposées. Même si on doute de celles-ci ou qu’on les trouve inadaptées, aucun d’entre nous ne peut se donner le droit de suivre sa propre idée. Cette compliance – que je n’ai cessé de prôner – m’habite inconditionnellement.

Par contre, cette obéissance civile ne doit surtout pas conduire à une interdiction de penser ou de parler.

Nous vivons des temps hautement traumatiques, avec des dégâts sur la population qui seront considérables. Donner sens à ce que nous vivons, nous renseigner, oser poser des questions est non seulement un droit inaliénable mais aussi une nécessité vitale !

J’ai lu passablement de commentaires ironiques sur le nombre soudain de virologues ou d’épidémiologies amateurs s’exprimant sur les réseaux sociaux, ce que je peux comprendre. Mais je pense à l’inverse que plus les citoyennes et citoyens s’intéresseront à ce qui nous arrive, plus ils s’informeront ou même se documenteront, mieux cela nous aidera à mettre en dialogue ce que nous vivons, ce qui essentiel à la fois pour notre santé psychique individuelle et notre résilience collective.

On m’a parfois objecté que j’avais une responsabilité en tant que scientifique, que les analyses que je pouvais faire (toutes pertinentes qu’elles soient) risquaient d’être mal interprétées ou pousser les gens à faire n’importe quoi. Je le rappelle donc : nous avons tous à suivre sans discuter les instructions des autorités. Et abstenons-nous strictement de toute automédication, en particulier en ce qui concerne les substances que je mentionnerai plus loin. Utilisées hors suivi médical strict, elles peuvent en effet être dangereuses. Ceci posé, allons-y !

 

D’où je parle…

Je suis anthropologue de la santé et expert en santé publique. Mon métier consiste depuis plus de 30 ans à étudier les pratiques des soins et les dispositifs sanitaires. J’arrive à un âge où l’on sait (hopefully) qu’on n’est pas le nombril du monde et (sauf exception) qu’on n’a pas inventé le fil à couper le beurre. J’ai quelques références dans mon domaine, comme celle d’être (malgré  l’embarrassante immodestie de ce propos) un des meilleurs connaisseurs actuels des processus de salutogenèse et de rétablissement ainsi que des déterminants de la santé. Ce qui m’a valu d’être invité à enseigner dans une quinzaine de programmes universitaires et de hautes écoles en santé (Facultés de médecine de l’UNIGE et de l’UNIL, EPFL, IHEID, Universités de Montréal, Fribourg, Neuchâtel, etc.) J’ai exercé ma profession hors des milieux académiques, préférant agir au sein des politiques de santé ainsi que sur le terrain. J’ai créé différents dispositifs socio-sanitaires innovants, en particulier en santé mentale, dont certains font encore référence aujourd’hui.

Je m’excuse pour ce petit étalage. C’est le prix à payer pour me prévaloir d’une (modeste) compétence quant à ce que je vais maintenant avancer.

 

Banal ou pas banal ?

Depuis le début de l’émergence du coronavirus, je partage mon analyse qu’il s’agit d’une épidémie banale. Le terme peut choquer quand il y a des morts, et a fortiori dans la crise sanitaire et la dramaturgie collective hallucinée que nous vivons. Pourtant, les données sont là : les affections respiratoires habituelles que nous vivons chaque année font bon an mal an 2’600’000 morts à travers le monde.

Avec le Covid-19, nous en sommes, au quatrième mois de l’épidémie, à 7’000 décès, ce qui est statistiquement insignifiant.

Je l’ai dit et je le répète : le même traitement politique ou journalistique appliqué à n’importe quel épisode de grippe saisonnière nous terrifierait tout autant que l’épidémie actuelle. Comme la mise en scène (avec décompte en live des victimes) de n’importe quel problème sanitaire d’envergure, qu’il s’agisse des maladies cardiovasculaires, des cancers ou aux effets de la pollution atmosphérique nous ferait frissonner d’effroi tout autant et même infiniment plus !

Nous savons aujourd’hui que le Covid-19 est bénin en l’absence de pathologie préexistante. Les plus récentes données en provenance d’Italie confirment que 99% des personnes décédées souffraient d’une à trois pathologies chroniques (hypertension, diabète, maladies cardiovasculaire, cancers, etc.) avec un âge moyen des victimes de 79,5 ans (médiane à 80,5) et très peu de pertes en-dessous de 65 ans.

Il y a un autre problème : les taux en particulier de complications et de mortalité qu’on nous brandit sous le nez jour après jour ne veulent rien dire. En l’absence de dépistage systématique de la population, nous n’avons aucune donnée fiable à laquelle référer les données dont nous disposons (nombre de cas déclarés et de décès).

C’est un classique en épidémiologie : si vous ne dépistez que les morts, vous parviendrez à 100% de taux de mortalité ! Si vous ne testez que les cas critiques, vous en aurez moins mais encore beaucoup plus qu’en réalité. Si vous dépistez beaucoup, vous aurez beaucoup de cas alors que si vous dépistez peu, le nombre de cas sera faible. La cacophonie actuelle ne permet juste pas d’avoir la moindre idée de la progression réelle du virus et de sa diffusion.

Les estimations les plus crédibles laissent penser que le nombre de personnes déclarées est très largement inférieur (dans un facteur de l’ordre de 1/5, /10 ou même selon les estimations jusqu’à /40) au nombre de personnes réellement infectées, dont à peu près la moitié ne se rendra même pas compte qu’elle a contracté le virus.

Pour un redoutable tueur, il est parfois plutôt sympa…

Nous n’avons donc à ce stade aucune idée de l’ampleur réelle de la propagation du virus. La bonne nouvelle est que les données réelles (en termes en particulier de complications et de mortalité) ne peuvent être que largement inférieures à ce qui est couramment avancé. La mortalité réelle, comme annoncé dans un précédent article, doit en fait s’établir au plus à 0,3% et probablement encore moins. Soit moins du dixième des premiers chiffres avancés par l’OMS.

Les dernières statistiques en provenance de Chine évaluent à 800’000 le nombre de personnes infectées (et donc immunisées) pour 3’118 décès. Soit effectivement un taux de mortalité de 3/1000 personnes infectés.

 

Fin du monde ou pas ?!

Pareillement, les projections qui sont faites pour imaginer le nombre de morts possibles sont rien moins que délirantes. Elles reposent sur un « forçage » artificiel et maximal de toutes les valeurs et coefficients. Elles sont faites par des gens qui travaillent dans des bureaux, devant des ordinateurs et n’ont aucune idée ni des réalités de terrain, ni de l’infectiologie clinique, aboutissant à des fictions absurdes. On pourrait leur laisser le bénéfice de la créativité et de la science-fiction. Malheureusement, ces projections, littéralement psychotiques, font des dégâts massifs.

Mon expérience en santé mentale me fait éviter strictement les expressions toutes faites comme « schizophrénie » ou « psychose », qui sont à peu très toujours utilisées abusivement et d’une manière désobligeante pour les personnes concernées. Médicalement, la psychose se caractérise par des distorsions cognitives, perceptuelles et affectives entraînant une perte de contact avec la réalité. Ici, le terme est hélas pleinement indiqué.

J’en appelle à mes collègues de la Faculté de médecine et autres instituts universitaires pour qu’ils arrêtent de produire et de colporter des modélisations fausses et anxiogènes. Ces experts se protègent en reconnaissant par précaution de langage le caractère outrancier de leurs formalisations, les journalistes le mentionnent scrupuleusement (c’est à leur crédit), on n’en construit pas moins diligemment un sentiment de fin du monde qui non seulement n’a absolument pas lieu d’être, mais de surcroît est lui-même profondément nocif !

On peut certes donner crédit à nos dirigeants d’envisager le pire du pire du pire sur la base de ces élucubrations pour ne surtout pas prendre le moindre risque qu’il se produise. En attendant, on construit une hallucination – collective – sur la base de chiffres qui ne veulent rien dire.  La réalité, à nouveau, est que cette épidémie est largement moins problématique et dangereuse que ce qui est affirmé, le visionnement de la première vidéo référencée en fin d’article donnera au lecteur (ou la lectrice) les éléments nécessaires à comprendre le bien-fondé de cette affirmation.

 

Oui, mais tous ces morts et ces services engorgés ?!

C’est hélas le vrai point noir : s’il n’y avait pas ces cas graves, l’épidémie serait insignifiante. Il se trouve qu’elle entraîne des complications rares mais redoutables. Comme me l’écrivait le Dr Philippe Cottet, en première ligne aux HUG : « il faut le dire, les pneumonies virales sont rarissimes d’habitude en Suisse. Elles ont un tableau clinique fruste et d’évolution parfois fulminante, dont les signes annonciateurs sont difficilement identifiables face aux cas plus bénins. C’est un réel challenge clinique, sans compter le nombre de cas simultanés… »

C’est l’existence de ces cas graves (estimés de manière absurde à 15% des cas, probablement en réalité 10 fois moins) qui justifie que l’on ne s’en remette pas simplement à l’immunité de groupe. On nomme ainsi ce processus par lequel chaque personne qui contracte le virus et n’en meurt pas s’immunise, la multiplication des immunisés conduisant à un effet collectif de protection immunitaire…

En l’absence – jusqu’à il y a peu – de traitement pour protéger ou guérir les personnes à risque, le choix de laisser l’immunité se construire en laissant circuler le virus est apparu comme étant trop dangereux. Le risque pour les personnes vulnérables est tel qu’il s’avèrerait éthiquement indéfendable de prendre cette direction, du fait de la gravité des conséquences possibles.

C’est dans ce paradoxe compliqué entre la très grande innocuité du virus et sa dangerosité extrême dans certains cas que nous sommes trouvés coincés. Nous avons alors adopté des mesures absolument contraires aux bonnes pratiques : renoncer à dépister les personnes possiblement malades et confiner la population dans son ensemble pour enrayer la diffusion du virus. Mesures à vrai dire moyenâgeuses et problématique puisqu’elles ne ralentissent l’épidémie qu’au risque de phénomènes de rebond potentiellement encore pires. Et qu’elles enferment tout le monde alors qu’une faible minorité seulement est concernée. Toutes les recommandations en santé publique sont à l’inverse de dépister le plus de cas possibles, et de confiner uniquement les cas positifs le temps qu’ils ne soient plus contagieux.

Le confinement général constitue un piteux pis-aller face à l’épidémie dès lors qu’on manque de tout ce qui permettrait de lutter efficacement contre elle…

Pourquoi en est-on arrivé là ? Simplement parce que nous avons défailli à mettre d’emblée en place les bonnes réponses. Le manque de tests et de mesures de dépistage en particulier est emblématique de ce naufrage : alors que la Corée, Hong-Kong et la Chine en faisaient la priorité absolue, nous avons été d’une passivité invraisemblable à organiser la mise à disposition de quelque chose de techniquement simple.

Les pays mentionnés ont mis à profit l’intelligence artificielle notamment pour identifier les chaînes de transmissions possibles pour chaque cas positifs (avec les smartphones, on peut par exemple faire l’inventaire des déplacements et donc des contacts que les personnes infectées ont eu avec d’autres personnes dans les 48h précédent l’apparition des symptômes).

Enfin, nous avons réduit de manière importante la capacité de nos hôpitaux au cours de la décennie écoulée et nous retrouvons en manque de lits de soins intensifs et de matériel de réanimation. Les statistiques montrent que les pays les plus touchés sont ceux qui ont réduit massivement les capacités des services de soins intensifs.

Rien de tout ceci n’a été pensé, alors que pourtant le risque de pandémie est une évidence sanitaire.

La vérité, c’est que nous avons été complètement dépassés.

C’est évidemment plus facile de jouer sur les métaphores guerrières que de reconnaître notre tragique impréparation…

 

Fin de partie ?!

Le premier expert mondial en matière de maladies transmissibles s’appelle Didier Raoult. Il est français, ressemble au choix à un Gaulois sorti d’Astérix ou un ZZ top qui aurait posé sa guitare au bord de la route. Il dirige l’Institut hospitalier universitaire (IHU) Méditerranée-Infection à Marseille, avec plus de 800 collaboratrices et collaborateurs. Cette institution détient la plus terrifiante collection de bactéries et de virus « tueurs » qui soit et constitue un des meilleurs centres de compétences en infectiologie et microbiologie au monde. Le Pr Raoult est par ailleurs classé parmi les dix premiers chercheurs français par la revue Nature, tant pour le nombre de ses publications (plus de deux mille) que pour le nombre de citations par d’autres chercheurs. Il a suivi depuis le début du millénaire les différentes épidémies virales qui ont frappé les esprits et noué des contacts scientifiques étroits avec ses meilleurs collègues chinois. Parmi ses hauts faits, il a découvert des traitements (notamment avec la chloroquine…) qui figurent aujourd’hui dans tous les manuels d’infectiologie au monde.

Le 26 février, il publiait donc une vidéo retentissante sur un canal en ligne (comprenant le mot « tube ») pour affirmer : « Coronavirus, fin de partie ! »

La raison de son enthousiasme ? La publication d’un essai clinique chinois sur la prescription de chloroquine, montrant une suppression du portage viral en quelques jours sur des patients infectés au SARS-CoV-2. Des études avaient déjà montré l’efficacité de cette molécule contre le virus en laboratoire (in vitro). L’étude chinoise confirmait cette efficacité sur un groupe de patients atteints (in vivo). Suite à cette étude, la prescription de chloroquine fut incorporée aux recommandations de traitement du coronavirus en Chine et en Corée, les deux pays qui sont le mieux parvenus à juguler l’épidémie…

La chloroquine – avec son dérivé galénique l’hydroxychloroquine – est une molécule mise sur le marché en 1949, largement utilisée comme antipaludique. Tous les voyageurs des pays tropicaux se souviendront des comprimés de nivaquine (un de ses noms commerciaux) qui leur étaient prescrits à titre préventif contre la malaria. Ce remède a ensuite été remplacé par d’autres pour certaines zones géographiques, restant en usage pour certaines destinations.

 

So what ?!

Pourquoi vous parler de cela ? Eh bien parce que le Pr Raoult et ses équipes sont les meilleurs spécialistes actuels au monde de l’utilisation de la chloroquine. Il avait notamment eu l’idée géniale de l’essayer contre des bactéries intracellulaires (qui pénètrent les cellules comme les virus), en particulier les Ricksettia.

L’IHU de Marseille dispose donc d’une expérience clinique et pharmacologique sans équivalent quant à l’usage de cette molécule.

La chloroquine a également démontré une puissante efficacité thérapeutique contre la plupart des coronavirus, dont le redouté SRAS de sinistre mémoire. Raoult trouva donc dans l’essai clinique chinois la confirmation que la chloroquine était aussi indiquée contre le Covid-19.

Il fut toutefois accueilli comme un cheveu sur la soupe, ses confrères dénigrant d’emblée sa proposition. Les journalises du Monde allèrent même jusqu’à qualifier sa communication de « fake news », accusation reprise sur le site du ministère de la santé pendant quelques heures avant d’être retirée.

Le Pr Raoult obtint pourtant dans la foulée l’autorisation de conduire un essai clinique sur 24 patients dans son service et fut appelé à faire partie du comité pluridisciplinaire de 11 experts formé en mars par l’exécutif français, afin « d’éclairer la décision publique dans la gestion de la situation sanitaire liée au coronavirus« .

Les résultats de l’essai clinique étaient attendus avec impatience, en premier chef par votre serviteur. Nous savons la prudence requise face à de substances prometteuses et l’importance de ne rien avancer avant que la recherche confirme ou non une hypothèse La science n’est ni divination ni magie, elle est observation, test, puis le cas échéant validation.

Les résultats de son étude clinique sont sortis hier [mardi 17 mars 2020], confirmant l’obtention d’effets thérapeutiques spectaculaires. La méthodologie est robuste, puisque l’IHU de Marseille a pu comparer la négativation du portage viral chez les patients qui ont suivi le protocole avec des patients d’Avignon et de Nice qui n’ont pas reçu le traitement.

« Ceux qui n’ont pas reçu le Plaquenil [médicament à base d’hydroxychloroquine] sont encore porteurs à 90 % du virus au bout de six jours, tandis qu’ils sont 25 % à être positifs pour ceux qui ont reçu le traitement », explique le professeur Raoult.

Mais ça ne s’arrête pas là :  l’IHU Méditerrannée-Infection conseille (comme d’autres) depuis longtemps de donner concomitamment un antibiotique dans les infections virales respiratoires « parce qu’elles se compliquent surtout de pneumopathies. Donc tous les gens qui présentaient des signes cliniques qui pouvaient évoluer vers une complication bactérienne de pneumopathie, on leur a donné de l’Azithromycine. Il a été démontré que ça diminue les risques chez les gens qui ont des infections virales. L’autre raison, c’est que l’Azithromycine a montré en laboratoire qu’elle était efficace contre un grand nombre de virus, bien que ce soit un antibiotique. Donc quitte à choisir un antibiotique, on préférait prendre un antibiotique efficace contre les virus. Et quand on compare le pourcentage de positifs avec l’association hydroxychloroquine et Azithromycine, on a une diminution absolument spectaculaire du nombre de positifs. » ajoute-t-il.

 

Portage viral ?

Une étude publiée dans la revue Lancet le 11 mars avait entretemps révélé une donnée nouvelle mais essentielle : le temps de portage viral (durée entre le début et la fin de l’infection – et donc de contagiosité possible) s’avère supérieur à ce que l’on croyait, avec une durée moyenne de 20 jours.

Avec l’association hydroxychloroquine / azithromycine, cette durée de partage viral est réduite à 4-6 jours.

La réduction drastique du temps de portage viral donne non seulement l’espoir de traiter les cas critiques, mais aussi de réduire le temps nécessaire à une personne infectée pour ne plus être contagieuse. Et donc présente des perspectives énormes pour prévenir la propagation du virus. Cette nouvelle est bien sûr la meilleure nouvelle que l’on pouvait attendre. Les autorités et les scientifiques l’ont donc accueillie avec joie penserez-vous…

Eh bien que nenni ! Les réactions qui se sont fait entendre disputaient dans un premier temps la bêtise à la méchanceté.

Certes, ni les études chinoises, ni l’essai clinique marseillais n’a valeur de preuve (« evidence ») selon les critères de la recherche scientifique. Une réplication des résultats par d’autres équipes est requise, sans même parler d’une étude randomisée en double-aveugle, le top of the pop des méthodologies de recherche.

Mais diable ! nous sommes dans une situation d’urgence. La chloroquine est un des médicaments les mieux connus et les mieux maîtrisés (en particulier par l’IHU de Marseille). On peut donc tabler sur une très solide expérience relative au sujet de sa prescription. Se réfugier derrière un intégrisme procédural est éthiquement indéfendable dès lors qu’on parle d’un médicament qu’on connaît par cœur, qui a déjà démontré son efficacité sur d’autres coronavirus, confirmée sur celui-ci par deux essais cliniques, et alors que des vies sont en jeu jour après jour !

Raoult a relevé avec ironie qu’il n’était pas impossible que la découverte d’une nouvelle utilité thérapeutique pour un médicament tombé de longue date dans le domaine public soit décevant pour tous ceux qui espèrent un prix Nobel grâce à la découverte fracassante d’une nouvelle molécule ou d’un vaccin… sans oublier la perspective des dizaines de milliards de dollars de revenus à prendre, là où la chloroquine ne coûte littéralement rien.

 

Célébration des soignants !

Depuis quelques jours, la population confinée s’exprime chaque jour pour rendre hommage aux soignants et les soutenir dans les circonstances éprouvantes qu’ils vivent. Il s’agit d’une belle expression de solidarité, évidemment méritée par des professionnel-les remarquables d’abnégation et d’engagement, au front de cette lourde souffrance et de ce nouveau danger.

Dans les cercles des sommités, les choses sont hélas en général moins reluisantes.

La recherche et l’autorité médicales sont aussi souvent faites de mesquineries, de manipulations, de malhonnêtetés ou d’abus en tous genres, ainsi que de pitoyables mais violents combats d’ego.

Sur BFM TV, le Dr Alain Durcadonnet cassait aussitôt du sucre sur le dos de Raoult en rappelant qu’une conclusion scientifique se publiait dans des revues scientifiques et non pas par vidéo… Ceci alors, que dans sa communication, le Pr Raoult (le chercheur français qui, rappelons-le, a le plus publié dans les revues scientifiques dans son domaine) venait évidemment de préciser que l’article décrivant son essai clinique avait été envoyé pour publication à une revue à comité de lecture. Cette anecdote montrant le niveau, comme les suivantes.

Le 1er mars, bien après la publication du premier essai clinique chinois, le directeur général de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, le Pr Martin Hirsch, disait ainsi au micro d’Europe 1 : « La chloroquine marche très bien dans une éprouvette, mais n’a jamais marché chez un être vivant« , ce qui était déjà parfaitement faux !

Dans les retours de la presse nationale, l’insistance est mise lourdement sur le risque du surdosage avec la chloroquine, effectivement toxique au-delà de 2 gr/jour en l’absence de comorbidité somatique. Les Chinois ont privilégié des doses de 2x 500 mg/jour pendant leur essai. Raoult et son équipe, trouvant ce dosage excessif, préférant opter pour 600mg/jour. L’objection est donc d’une consternante vacuité – rappelons que nulle équipe clinique ne connaît mieux cette molécule que celle de Méditerranée-Infection. Cela reviendrait à dire au sujet du Dafalgan : « Ouh là là, attention, il peut être toxique s’il est mal utilisé, donc ce n’est pas une bonne idée d’envisager de traiter les maux de tête avec ce médicament ! »

On invoqua (si, si, lisez la presse !) les risques liés à une utilisation prolongée, là où le traitement proposé dure en moyenne 6 jours.  L’IHU dispose de surcroît de l’expérience de prescriptions exceptionnelles au long cours (jusqu’à deux ans !) dans le cadre du traitement de certaines bactéries intracellulaires. On a beau savoir qu’il est bon d’être charitable avec son prochain, des fois la bêtise combinée à la malhonnêteté rendent la chose ardue…

D’autres insistèrent (et insistent encore) sur le fait qu’on ne peut tirer de conclusions définitives sur la base d’essais cliniques. Ce qui est tout-à-fait juste dans l’absolu mais s’applique mal au cas présent, étant donnée la parfaite connaissance de cette molécule ! Situation absurde résumée ainsi par Raoult : « Il y a une urgence sanitaire et on sait guérir la maladie avec un médicament que l’on connaît parfaitement. Il faut savoir où on place les priorités. »

Face à la réalité de l’épidémie, le Pr Raoult préconise d’arrêter de s’affoler et de détecter les malades sans attendre que leur cas s’aggrave pour mieux les traiter.

 

Le problème va plus loin…

La solitude de la compétence extrême ?! Raoult explique comment Emmanuel Macron est venu le chercher après sa première annonce publique du 26 février et l’étrange expérience qui a été depuis la sienne dans le cercle d’experts qui conseille le martial président. À la question posée par un journaliste de Marianne : « Y êtes-vous  entendu ? », il répond : « J’y dis ce que je pense, mais ce n’est pas traduit en acte. On appelle cela des conseils scientifiques, mais ils sont politiques. J’y suis comme un extra-terrestre. »

C’est sa certitude, évidemment inconfortable pour les autorités : avec les mesures prises actuellement contre l’épidémie, on marche sur la tête. Nos pays ont renoncé (contrairement aux Chinois et aux Coréens) au dépistage systématique au profit d’un confinement dont le Pr Raoult souligne qu’il n’a jamais été une réponse efficace contre les épidémies. C’est un réflexe ancestral de claustration (comme à l’époque du choléra et du Hussard sur le toit de Giono). Confiner chez eux des gens qui ne sont pas porteurs du virus est infectiologiquement absurde –- le seul effet d’une telle mesure est de détruire l’économie et la vie sociale. Un peu comme bombarder une ville pour en éloigner les moustiques porteurs de malaria…

La seule voie qui fasse sens selon lui est de confiner les porteurs du virus uniquement, et de les traiter en cas de besoin soit pour éviter de terribles complications comme celles que l’on voit, soit pour réduire le temps pendant lequel elles sont contagieuses.

En Suisse comme en France (et partout en Occident), la décision prise est de confiner les gens chez eux, malades ou non. Quand ils sont malades, on attend qu’ils aillent mieux puis (du fait de la durée de portage viral), on les laisse ressortir alors qu’ils sont en fait encore contagieux ! Les personnes à risque, elles, développent parfois des complications, en particulier une détresse respiratoire aiguë qui les conduit aux urgences. Elles viennent alors engorger les services de soins intensifs, et, pour certains malades, y mourir alors qu’affirme Raoult, on aurait pu les traiter avant !

Confiner l’ensemble de la population sans dépister et sans traiter, c’est digne du traitement des épidémies des siècles passés.

La seule stratégie qui fasse sens est de dépister massivement, puis confiner les positifs et/ou les traiter, tout comme les cas à risque puisque c’est possible, comme on le voit en Chine et en Corée, qui ont intégré l’association de dépistages massifs avec la prescription de chloroquine dans leurs treatment guidelines.

Ni Hong Kong ni la Corée, deux territoires qui ont connu les plus faibles taux de mortalité face au Covid-19 n’ont imposé de confinement aux personnes saines. Elle se sont simplement organisées différemment.

 

La décadence de l’Occident

Elle est hélas criante et révélée ici dans toute sa crudité… Nous disposons d’une médecine de qualité, mais d’une santé publique moyenâgeuse. Le leadership technologique et scientifique est passé à l’Extrême-Orient depuis longtemps déjà, et notre nombrilisme intellectuel nous fait souvent nous raccrocher aux lanternes du passé plutôt qu’à la science d’aujourd’hui.

Des tests systématiques seraient faciles à instaurer, pour autant qu’on en fasse une priorité sanitaire et que l’on s’organise, ce que les Coréens ont fait en un temps record. En Europe, nous avons été complètement dépassés, comme si nous vivions dans un autre temps. Les autorités comprennent maintenant qu’il s’agit d’une priorité absolue -suivant en cela les recommandations insistantes de l’OMS.

Produire les tests ne présente aucune difficulté :

« C’est de la PCR [réaction en chaîne par polymérase] banale que tout le monde peut faire, la question c’est l’organisation, pas la technique, ce n’est pas la capacité de diagnostic, nous l’avons, commente Raoult. C’est un choix stratégique qui n’est pas celui de la plupart des pays technologiques, en particulier les Coréens qui font partie, avec les Chinois, de ceux qui ont maîtrisé l’épidémie en faisant dépistage et traitement. On est capables dans ce pays comme n’importe où de faire des milliers de tests et de tester tout le monde. »

Certes, des régimes politiques plus disciplinés ou même autoritaires ont un avantage de compliance sociale, mais la question n’est pas là. Le problème, c’est bien nous. La France s’enfonce dans des polémiques sans fin avant même que qui que ce soit ait ouvert la bouche, pendant que son jupitérien président s’envole dans des péroraisons antiques sur l’« état de guerre » en se contemplant dans un miroir… Dans notre pays, le Conseil fédéral a réagi sans agitation ni malice, mais en donnant comme toujours l’impression qu’on le réveillait déplaisamment de sa sieste.

Bref, pour notre pays qui se targue de sa qualité d’innovation et de biotech, c’est encore un peu la fête au village…

Le changement c’est maintenant ?!

Heureusement, on peut espérer que le vent change vite et bien. Le ministère de la santé français vient de mandater le CHU de Lille pour un essai visant à répliquer les résultats obtenus à Marseille. Rappelons que des essais probants ont déjà été menés en Chine et en Corée -mais en France on tient en général que ce qui vient de l’étranger est indigne du génie français.  Quelques services hospitaliers et leurs médecins-chefs sont capables d’envisager qu’ils se sont trompés, c’est par exemple le cas du Pr Alexandre Bleibtreu de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, qui a tweeté récemment avec humour :

« Fin de partie ! pour le Covid » : le Pr Raoult et la chloroquine

L’intérêt pour la chloroquine est désormais mondial avec des équipes travaillant aux quatre coins du monde. Si l’efficacité aujourd’hui très probable du médicament se confirme, ce sera un major game-changer.

Une fois les personnes à risque de complications diligemment traitées, les innombrables infections bénignes dues au SARS-CoV-2, que nous serons très nombreux à vivre, pourvoiront l’immunité de masse qui ravalera cette « pandémie » au rang de sale mésaventure.

Le dépistage de masse est désormais enfin une priorité sanitaire. Le temps d’organiser la capacité d’analyses des laboratoires, nous y aurons tous progressivement droit. Le laboratoire Sanofi vient par ailleurs de proposer au gouvernement français de produire gratuitement un million de de doses de chloroquine.

Et si la molécule ne tenait pas ses promesses ? C’est bien sûr une hypothèse possible, même si elle est à ce stade peu probable. D’autres médicaments sont actuellement en voie d’examen, notamment des antiviraux connus (comme le Favipiravir) testé en Chine également avec des premiers résultats cliniques encourageants. Selon une nouvelle tombée ce matin :

« La Chine a achevé une recherche clinique sur le favipiravir, un médicament antiviral présentant une bonne efficacité clinique contre le nouveau coronavirus (COVID-19).

Le favipiravir, médicament antigrippal dont l’utilisation clinique a été approuvée au Japon en 2014, n’a provoqué aucune réaction adversaire évidente dans l’essai clinique, a révélé Zhang Xinmin, directeur du Centre national du développement biotechnologique de Chine relevant du ministère des Sciences et des Technologies, lors d’une conférence de presse.

Le favipiravir a été recommandé aux équipes de traitement médical et devra être inclus le plus vite possible dans le plan de diagnostic et de traitement du COVID-19, a-t-il fait savoir. »

Ce qui est frappant autour de la chloroquine, c’est la religiosité du débat que cette option provoque  – un classique toutefois en science. Raoult est décrit comme une espèce de gourou (malgré ses états de service scientifiques remarquables) et on décrit la « croyance » en ce médicament comme étant l’attente d’un « remède-miracle » qui égarerait les gens en faisant miroiter des « espoirs impossibles ».

Heureusement, il reste une démarche qui s’appelle la science et qui vise justement à passer du registre des opinions (chacun voit le monde à sa manière) au savoir (ce que l’on a éprouvé, vérifié et validé indépendamment des opinions personnelles).

Si les résultats obtenus à Marseille et en Chine se démentent, alors le cauchemar collectif dans lequel nous sommes engoncés se poursuivra, avec de très lourdes conséquences sur notre société, nos vies, notre santé physique et mentale. Si en revanche ils se confirment, on aura fait un pas de géant pour sortir de cette lourde gonfle, et ce sera alors bel et bien « Fin de partie ! pour le Covid ». Nous aurons appris bien des choses au passage.

 

Hommage aux autorités

Il n’est pas dans mes habitudes d’être complaisant avec les autorités. J’ai trop souvent vu les ravages de la flatterie et de la veulerie (comme de la critique gratuite ou du procès d’intention) pour tomber dans le piège. Ici, on entend bien des critiques qui me semblent injustes. Oui, notre système de santé n’en est pas vraiment un, on a une industrie de la maladie – ce qui n’est pas pareil. Oui, nos réponses sanitaires sont incroyablement poussiéreuses et même dépassés. Oui, le Conseil fédéral a des godasses de plomb -ce a aussi d’ailleurs parfois ses avantages.

Mais je tiens à dire mon sentiment que la réaction des autorités fédérales et cantonales a été proportionnée à ce que nous savions et ne savions pas. Il est facile de dire qu’il aurait fallu fermer les frontières il y a un mois dans un monde où la menace était encore peu visible et où nous aurions été les seuls à le faire.

Tout fermer conduit inévitablement à un désastre économique et social. En l’absence des moyens d’appliquer la meilleure stratégie (dépistage – confinement – traitement), recourir à un « lock-down » est une mesure archaïque et peu efficace, mais la seule qu’il était possible de prendre.

À Genève en particulier, le Conseil d’État (avec MM. Mauro Poggia et Antonio Hodgers en première ligne) a été solide, humain, rassurant, et clair, agissant avec calme et un indéniable sens de la proportionnalité.

« Fin de partie ! pour le Covid » : le Pr Raoult et la chloroquine
https://www.mediterranee-infection.co… © IHU Méditerranée-Infection

Une dernière info enfin, qui nous incitera tous je l’espère à la prudence : les dernières données infectiologiques tendraient à confirmer que les enfants ne sont que très peu porteurs et/ou contaminateurs du SARS-CoV-2. Si cette hypothèse se confirme, la fermeture des écoles ne serait en fait pas nécessaire. Les données que je relaye ici sont tombées cette semaine. Au moment où la fermeture a été décidée, on les ignorait- comme je le précisais dans mon blog précédent- il s’agissait donc d’une mesure de précaution, en l’occurrence inutile. Il faut par ailleurs voir si elles sont prochainement corroborées, contredites ou contrastées par d’autres données.

Soyons donc patients et appliqués. Une fois cette hallucination collective passée, il sera alors temps de faire un rigoureux « post-mortem » des décisions sanitaires et de chercher à comprendre ce qu’il s’est passé pour qu’on génère cet invraisemblable gâchis sociétal…

Jean-Dominique Michel

Coronavirus, analyse des données épidémiques dans le monde : diagnostiquer doit être la priorité © IHU Méditerranée-Infection

Coronavirus, analyse des données épidémiques dans le monde : diagnostiquer doit être la priorité, intervention du Pr Raoult du 17 mars 2020.

Coronavirus : diagnostiquons et traitons ! Premiers résultats pour la chloroquine © IHU Méditerranée-Infection

Résultats de l’essai clinique réalisé à l’IHU Méditerranée-Infection à Marseille, présentation du Pr Raoult du 16 mars 2020

Publié par ant-K

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Amazon. Malgré des dizaines de contaminations, les droits de retrait refusés

Alors que le confinement généralisé de la population a permis à Amazon de voir ses ventes exploser, ses salariés font face à des conditions de sécurité sanitaire très faibles, tandis que la boîte conteste tous les droits de retrait, qu’elle requalifie en absences injustifiées. « Tout va bien » a résumé le président d’Amazon France au CSE de l’entreprise.

#NOSVIESPASLEURSPROFITS

La situation se tend particulièrement chez Amazon France, qui compte bien faire de la crise du coronavirus une opportunité commerciale. Et pour cause, les chiffres sont en hausse. D’après les chiffres transmis aux organisations syndicales, les ventes ont explosé : +200 % dans l’alimentaire, +130 % dans la santé, +362 % sur les ventes bureautiques, et +200 % sur les jeux vidéos. De quoi réjouir la direction de l’entreprise, qui se frotte les mains. « Tout va bien, les chiffres montent » a résumé le président d’Amazon France, Ronan Bolé, en réunion du Comité Social et Economique aux délégués syndicaux. Pourtant, chez les salariés, l’inquiétude continue de monter, alors que les cas avérés ou suspectés de Covid-19 s’accumulent dans les différents centres, et que la direction ne change rien pour protéger ses salariés.

Sur le site de Chalon-sur-Saône, plus d’une dizaine de salariés sont confinés chez eux, parce qu’ils craignent être malades, ou qu’un membre de leur famille l’est. « Ils continuent de nier l’importance de la crise, alors qu’il y a des chauffeurs dans de sales états » nous confie Antoine Delorme, délégué syndical du site. « Ils énumèrent les mesures, mais encore une fois on a aucune nécessité de rester ouverts à Chalons, à part faire des sous : ils font un pognon monstre. Le directeur du site de Chalons nous a avoué qu’il y avait un afflux de commandes ; ils surfent sur le confinement  » s’énerve le délégué syndical, qui fait face à une direction qui refuse non seulement toute fermeture du site, qui ne vend aucun produit de première nécessité, mais qui de surcroît conteste les droits de retrait des salariés. Alors que 300 salariés sont en droit de retrait sur le site de Douai, la direction a là aussi décidé de faire pression sur les salariés, en contestant les motifs du droit de retrait. Dans une lettre adressée aux salariés concernés, l’entreprise énumère la liste des mesures prises, avant de conclure : « nous vous confirmons donc prendre toutes les mesures pour vous permettre de travailler en tout sécurité. Par conséquent, il n’existe aucun motif légitime de vous retirer d’une situation de travail. Nous vous informons donc que votre absence sera considérée comme injustifiée et ne sera pas rémunérée. »

Une situation qui met d’innombrables salariés en danger, pris à la gorge entre l’impossibilité de perdre de précieuses journées de salaires et la peur de mettre sa santé en danger. A Douai, Gaël Begot, délégué syndical de la CGT, nie que ces mesures ont été réellement mises en place : « le protocole de sécurité n’est pas respecté, on ne distribue pas de gants. Ils n’ont pris aucune mesure de sécurité. Ils vérifient que les salariés tiennent les rampes d’escalier en nous menaçant de licenciement, et ils ne les désinfectent même pas  ». Une situation que même le président d’Amazon France a avoué aux délégués syndicaux : « il reconnaît qu’il y a eu et qu’il y a encore, des manquements dans les règles préconisées, notamment dans le mètre entre les salariés, et le manque de gel hydroalcoolique » nous confie un syndicaliste, qui voie qu’aucune mesure n’est prise en conséquence. Face à cette situation, les salariés vont devoir contester aux prud’hommes la décision d’Amazon selon laquelle ce droit de retrait est illégitime. Mais la procédure peut prendre du temps, pendant lequel de plus en plus de salariés seront exposés au virus. Si l’on pouvait encore douter des graves manquements en termes de protection sanitaires chez Amazon, un salarié nous a confié que les boîtes d’intérim ne veulent plus prendre la responsabilité d’envoyer des intérimaires chez Amazon. L’une d’entre elles, Adecco, a ainsi estimé ainsi que suite au « manque d’hygiène » chez Amazon Douai, ils n’enverraient plus d’intérimaires.

La seule proposition de l’entreprise : une augmentation du salaire horaire de 2€ de l’heure. Une proposition inacceptable pour Antoine Delorme : « je trouve ça honteux, que lorsqu’on se bat pour la santé des gens et qu’on leur demande de fermer les entreprises, eux leur mettent une carotte financière de 2€ de l’heure et envoient les gens à la mort pour 2€, c’est inadmissible ! ». Sur ces sites monstres où se côtoient des milliers de salariés (3800 pour le site de Douai), les salariés se sentent abandonnés. Et ce n’est pas les déclarations de Bruno Le Maire, qui a jugé « inacceptable » la situation chez Amazon, qui les rassurent : « ils sont protégés de toute façon, ils ne seront jamais inquiétés ! Ils ne voient que le pognon, ils ne sont pas humains ! » nous explique Gaël Begot de Douai, la rage au ventre. Et pour cause : il est allé, aux côtés de représentants de l’Union Locale CGT de Douai, rencontrer le sous-préfet, qui leur a répondu sèchement que « tout va bien, les mesures sont prises ». Des déclarations du ministre, rien ne ressortira donc, mis à part de belles paroles hypocrites sur les grands médias.

Crédits photo : UWE ZUCCHI AFP

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Dans de nombreux pays, les ouvriers débrayent et font valoir leur droit de retrait dans des usines qui restent ouvertes pour le seul enrichissement des patrons, au mépris de la santé publique et de celle des salariés. En Autriche aussi les travailleurs rappellent que nos vies valent plus que leurs profits !

Autriche. Grèves sauvages contre l’inaction des entreprises face à l’épidémie

Traduction de l’allemand d’un article de Klasse gegen Klasse qui fait partie du réseau international duquel fait partie Révolution Permanente.

Crédits photo : laumat.at/leserfoto

Ce mercredi 18 mars, tôt dans la matinée, dans l’entreprise Greiner Perfoam GmbH, un fabricant de plastique et de mousse, les ouvriers ont débrayé pendant deux heures et, malgré l’interdiction de rassemblement, se sont retrouvés devant l’entreprise. En cause, « le comportement irresponsable de la direction de la boîte » qui s’accommode des risques sanitaires pris par les salariés. Cette entreprise se situe au bord du Danube, dans la région de Linz où 300 cas de coronavirus ont déjà été comptabilisés. Sur l’ensemble du pays, nous en sommes déjà à plus de 1400 [NdT : 2400 quand nous traduisons ces lignes] cas. Il n’y a là rien de stupéfiant à ce que les salariés condamnent l’attitude de la direction qui se refuse à aménager la production de manière à ce que la santé des salairés et de leurs proches ne soit pas mise en danger.

Les ouvriers ont décidé, comme le rapporte la Confédération syndicale autrichienne (ÖGB – Österreichischer Gewerkschaftsbund), de se rassembler devant les portes de l’entreprise car à l’intérieur du bâtiment, il n’est pas possible de se réunir sans déroger aux distances de sécurité réglementaires. Ils soulignent ainsi la contradiction de cette interdiction de rassemblement : la population doit se retirer de la vie publique pour ralentir la propagation de la pandémie, mais dans le même temps, la production doit continuer pour que les entreprises puissent faire leurs profits.

Le conseil d’entreprise n’a pas soutenu les revendications des salariés et a préféré négocier avec le management. Ce n’est pas une exception, comme le montre la confédération syndicale qui négocie avec les « partenaires sociaux » (dans des rounds de négociations institutionnalisés où une négociation est suivie d’une grève carrée) pour obtenir 80 % du salaire net en cas de chômage partiel, et n’a rompu ces négociations, dans le secteur de la santé, du social et du soin que parce que la situation de pandémie ne permettait plus qu’elles se tiennent.

L’Autriche n’est pas le premier pays en Europe où des travailleurs se mettent en grève en réponse aux attaques faites à leur santé. Au Pays basque, 5000 ouvriers de Mercedes Benz à Vitoria-Gasteiz ont cessé la production, de même que de nombreux secteurs industriels en France et en Italie. Ces conflits illustrent que la protection de la santé et de la vie des travailleurs ne fait pas partie des préoccupations et des intérêts des patrons.

Au lieu de décréter une trêve entre les travailleurs et les capitalistes, comme le font l’ÖGB ou la DGB en Allemagne (Deutscher Gewerkschaftsbund, confédération syndicale allemande), ces exemples montrent la voie à emprunter : assurer notre santé et nos vies demande de s’appuyer sur nos propres forces en tant que travailleurs, jeunes, opprimés. Affirmer cela, c’est commencer par se battre pour des commissions d’hygiène et de santé, gérées par les travailleurs eux-mêmes, dans toutes les entreprises, et exiger également des congés ou un chômage partiel rémunérés à 100 % du salaire.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Bien d'accord, une déclaration à l'opposé de la déclaration commune avec le MEDEF !

Publié par FSC

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
A diffuser largement

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Editions Législatives, ActuEL-CE, édition du 20 mars 2020.

Dans une lettre ouverte à la ministre du Travail Muriel Pénicaud, le Syndicat des Avocats de France (SAF) fait le tour des questions de droit du travail qui se posent en cette période particulière de d'épidémie, et bientôt d'état d'urgence sanitaire. Les avocats du syndicat attirent en premier lieu l'attention de la ministre sur l'exercice du droit de retrait des salariés. En effet, les questions-réponses publiées le 17 mars dernier leur semblent remettre en cause ce droit si l'employeur a mis en œuvre les dispositions prévues par le code du travail et les recommandations nationales d'hygiène. Pour le SAF, "cette affirmation est de nature à dissuader les salariés d'exercer leur droit de retrait de peur de perdre du salaire ou d'être sanctionné". Il s'insurge également que les questions-réponses expliquent aux employeurs comment réagir en cas de droit de retrait abusif, sans se préoccuper du cas où l'employeur n'aura pas pris de mesures suffisantes de protection des salariés.

Il demande également des sanctions contre les employeurs qui ne prennent pas de mesures de prévention suffisantes et attire l'attention de Muriel Pénicaud sur les salariés qui ne peuvent pas télétravailler par manque de matériel informatique ou de logement adéquat. "Pour ces cas et si le salarié ne répond pas aux conditions permettant un arrêt de travail, il conviendrait de contraindre les entreprises à dispenser leurs salariés de travail (rémunérés) ou à utiliser le mécanisme de l'activité partielle (là où aujourd'hui, ce n'est présenté que comme une faculté)", insiste le courrier.

Concernant plus spécialement les élus du personnel, les avocats rappellent que les employeurs ne peuvent imposer l'activité partielle aux élus du CSE, de manière à leur permettre de continuer à utiliser leurs heures de délégation. Par ailleurs, même en cas de chômage partiel, les mandats des élus ne sont pas suspendus. Ils doivent donc pouvoir continuer à exercer leurs missions de représentation du personnel.

De plus, selon le SAF, "les heures de délégation peuvent être dépassées en cas de circonstances exceptionnelles, et à l'évidence la situation actuelle relève de circonstances exceptionnelles".

Le syndicat d'avocats demande également la suspension des projets des entreprises soumis à consultation du CSE et l'adoption de nouvelles règles pour gérer les délais dont disposent habituellement les experts pour répondre au CSE. Il pointe par ailleurs que le délai de deux mois pour contester des conventions ou accords collectifs ne saurait s'appliquer dans le contexte de crise actuel. Il semble de même nécessaire aux avocats de suspendre les délais de prescription en matière prud'homale du fait de la suspension des audiences à travers la France.

Enfin, les avocats du SAF s'inquiètent des mesures issues du projet de loi d'urgence relatif au covid-19 (lire à ce sujet notre article dans cette même édition) qui permettrait au gouvernement de prendre par ordonnances des mesures modifiant le code du travail en dérogeant à des règles d'ordre public (ces règles majeures particulièrement protectrices auxquelles l'employeur ne peut déroger dans un contrat, un accord ou une convention collective) dans des domaines aussi sensibles que la durée du travail, le repos hebdomadaire ou les congés payés. "Depuis 2013, les réformes de grande ampleur se sont succédées pour modifier de manière profonde et déstructurante le droit du travail. (...) Il n'est évidemment pas question non plus que des réformes puissent être décidées dans l'urgence avec des effets au-delà de la période exceptionnelle du confinement". Voilà qui est clair. 

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Pendant l’épidémie et le confinement, le droit du travail continue de s’appliquer !

« Depuis le confinement, rien n’a changé, on a reçu des ordres : respecter les distances d’un mètre, ne pas se serrer la main… Mais aucun dispositif n’a été mis en place pour se protéger et protéger les autres, on n’a pas de gel, pas de gants ni de masque », s’inquiète un employé toulousain d’Amazon, ce 19 mars, dans Libération. Certains salariés peuvent rencontrer jusqu’à 90 clients à livrer chaque jour. Cette inquiète colère monte un peu partout, alors que de nombreuses directions de sites industriels hésitent encore à fermer temporairement.

« On ne refuse pas de travailler, mais les gars sont inquiets. Salariés et sous-traitants, on est plus de 10 000 sur le site », explique un syndicaliste des chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, dans Ouest France, alors que le confinement vient d’être instauré. « Alors qu’on interdit les rassemblements, qu’on demande aux gens de rester chez eux et de ne même pas aller dans les parcs, ici on se côtoie tous. Pas de gel, pas de masques. » Les ateliers des chantiers ont finalement fermé pour la semaine.

Les activités et agences bancaires, elles, demeurent ouvertes, considérées comme indispensables par le gouvernement. « Dans de nombreuses agences les salarié.es sont contraint.es de travailler face à la clientèle sans moyens de protection (…) malgré leur obligation de résultat en matière de santé au travail », dénonce les syndicalistes Sud de la Caisse d’épargne, dans un communiqué du 19 mars. « La négligence coupable de certains présidents de Caisses d’épargne régionales pourrait coûter des centaines de vies de salarié.es et de client.es. » Selon le syndicat, la direction refuse pour l’instant d’assurer « un point régulier de la situation ».

L’employeur doit protéger la santé de ses salariés

Coronavirus ou pas, l’employeur a l’obligation de protéger la santé de ses salariés. Définie à l’article L4121-1 du Code du travail, cette obligation est une contrepartie du lien de subordination qui lie tout salarié à son employeur. C’est lui qui doit fournir les matériels nécessaires (gels, masques), garantir l’hygiène (renforcement du nettoyage des lieux de travail, aération des locaux) et mettre en place une organisation du travail respectant les consignes édictées par les autorités publiques (ouverture de nouvelles salles pour les pauses, vitres de protection pour l’accueil du public, télétravail, mise en quarantaine, arrêt de l’activité). Si ces obligations ne sont pas remplies, les salarié.es peuvent utiliser leur droit de retrait.

Droit de retrait

Les salarié.es qui estiment que leur situation de travail présente un danger grave et imminent peuvent se retirer de leur poste de travail. Cette disposition de la loi (article L4131-1. du Code du travail) s’applique au risque de contagion – de la même manière que lorsque le salarié estime être en présence d’une machine dangereuse ou dans une situation d’insécurité pour cause de manque de personnel, par exemple. Les personnes qui exercent leur droit de retrait n’ont pas à prouver l’existence du danger. Il suffit d’avoir un motif raisonnable de penser que ce danger existe. Travailler au contact du public sans masque de protection, en pleine période d’épidémie de coronavirus, peut parfaitement justifier l’exercice du droit de retrait. De même que l’obligation de prendre les transports en commun pour rejoindre son lieu de travail.

Un salarié qui exerce son droit de retrait reste à disposition de son employeur, chez lui si l’ensemble de son lieu de travail est considéré comme dangereux. Ou bien au sein de son lieu de travail, à distance de l’aire considérée comme dangereuse. « Être en droit de retrait ne permet donc pas de rentrer chez soi mais bien de ne plus être au contact du danger identifié, détaille la fédération syndicale Solidaires. Par exemple, une guichetière qui exercerait son droit de retrait, pourrait tout à fait demander à son employeur de continuer à travailler mais sans contact avec le public. »

Le droit de retrait peut s’exercer seul ou collectivement, dans la fonction publique comme dans le secteur privé. Il n’y a pas de formalité particulière à remplir, mais les syndicats conseillent de s’entourer de témoins, de produire un écrit et de prévenir les représentants du personnel s’il y en a. Tant que le danger persiste, l’employeur ne peut demander aux salariés de reprendre leur activité. Aucune sanction et aucune retenue de salaire ne peut être prise à l’encontre d’un.e salarié.e exerçant son droit de retrait. Si l’employeur conteste la réalité du danger, ce sera au juge de trancher.

Pour en savoir plus, voir cette fiche de l’union syndicale Solidaires.

Télétravail

En cette période de crise sanitaire, à la demande du gouvernement, le télétravail devient « la règle impérative pour tous les postes qui le permettent ». La mise en place du télétravail exige normalement la consultation du Comité social et économique (CSE) des entreprises, et la signature d’un accord collectif. Vu les circonstances exceptionnelles, cette consultation du CSE n’est pas obligatoire. Près de 8 millions d’emplois du secteur privé (soit plus de 4 emplois sur 10) « sont aujourd’hui compatibles avec le télétravail », évalue le ministère du Travail. « Le télétravail nécessite néanmoins l’accord des salarié.es, remarque Philippe Saunier de la CGT. Il faut aussi régler préalablement des questions matérielles. Par exemple : est-ce que votre logement le permet ? » On peut y ajouter la question suivante : « Avez-vous des enfants à garder ? » Les représentants syndicaux déconseillent aux personnes qui ont, seuls, leurs enfants à gérer à domicile, d’accepter le télétravail.

Les conditions d’exercice du télétravail (article L1222-9 du code du travail) continuent de s’appliquer. À savoir que l’employeur doit fournir les équipements nécessaires et prendre en charge les coûts induits (communications téléphoniques, connexion Internet, réparations …). Il doit également fournir un service approprié d’appui technique. Les salarié.es doivent définir avec leur employeur les horaires auxquelles ils peuvent être joints. Et tout accident survenu sur le lieu où est exercé le télétravail, pendant l’exercice de l’activité professionnelle, est présumé être un accident de travail.

Chômage partiel

En cas de fermeture totale ou partielle des lieux de travail, les salarié.es peuvent être mis au « chômage partiel ». C’est à l’employeur d’en faire la demande, mais ce n’est pas lui qui décide et il y a des conditions à remplir, par exemple la consultation des représentants du personnel. C’est ensuite le préfet – ou Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) – qui décide en fonction du contenu du dossier. Ces conditions d’obtention du chômage partiel pourraient évoluer dans les prochains jours. Toutes les entreprises concernées par l’arrêté de fermeture du 14 mars 2020 sont déjà éligibles à l’activité partielle, notamment celles qui font l’objet d’une obligation de fermeture – restaurants, magasins, etc. (lire ici). 400 000 salariés ont été mis en chômage partiel depuis le début de la crise sanitaire, selon la ministre du Travail Muriel Pénicaud, soit 1,5 % de l’ensemble des salariés.

Le chômage partiel indemnise les salarié.es à hauteur de 70% du salaire brut (soit environ 84% du salaire net), il est pris en charge par l’État. Les salarié.es concerné.es vont donc voir leurs revenus diminuer, à moins que leurs employeurs – ou l’État – ne décident de compléter. La ministre du Travail a par ailleurs annoncé qu’un système similaire au chômage partiel, avec versement de 80 % du montant des salaires, sera mis en place pour les assistantes maternelles et les emplois à domicile (femmes de ménage) qui ne peuvent plus assurer leurs contrats.

Hors situation de chômage partiel, si un salarié est renvoyé à son domicile par l’employeur, le salaire reste dû par celui-ci. Il est alors conseillé au salarié de garder une trace écrite de cette demande. Un employeur n’a pas le droit d’imposer à son salarié la prise de congés payé ou de RTT.

Garde d’enfants de moins de 16 ans

Les salarié·es peuvent être placé.es en arrêt de travail et indemnisé.es, s’ils n’ont pas de solutions de garde pour leurs enfants de moins de 16 ans. Les déclarations sont à faire par l’employeur sur le site dédié (https://declare.ameli.fr). L’arrêt peut être délivré pour une durée de 1 à 21 jours. Cette mesure ne peut concerner qu’un seul des parents en même temps (mais il est possible de fractionner l’arrêt ou de le partager entre les parents). Les salarié.es doivent donc fournir une attestation indiquant nom, âge, établissement scolaire, lieu ainsi que la période de fermeture de l’établissement scolaire concerné. Les indemnités journalières seront perçues dès le 1er jour, sans délai de carence.

Du côté des précaires

Les intérimaires, sous-traitants, vacataires de la fonction publique et intermittents sont particulièrement inquiets. Comment obtenir le maintien de leurs salaires alors que la fin de leurs contrats était déjà programmée ? Plusieurs syndicats ont alerté sur la situation de ces personnes en contrat précaire, sachant que des employeurs ont d’ores et déjà annoncé qu’ils mettaient fin prématurément (ce qui est illégal) à divers CDD, et alors que les conditions d’indemnisation chômage se sont durcies depuis l’automne dernier. « Nous exigeons des mesures immédiates qui permettent à tous et toutes les salarié·es quelque soit leur statut de bénéficier de la même protection contre la crise qui vient et donc le maintien du salaire pour les intérimaires, vacataires, salarié-es des sous-traitants… », a annoncé la fédération syndicale Solidaires. Pour le moment, aucune garantie ne leur a été apportée.

Nolwenn Weiler

Photo : © Pedro Da Fonseca

Publié par anti-K

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Vidéo. La Poste envoie la police réprimer des agents en droit de retrait

Des postiers du centre de tri postal de Croissy sur Seine (78), en première ligne face au coronavirus, ont décidé d’exercer leur droit de retrait. La direction du centre a envoyé la police les menacer, montrant une fois de plus que pour les patrons nos vies valent moins que leurs profits.

MILICE PATRONALE

Depuis le début du confinement, les facteurs continuent d’exercer leur travail. Pourtant, être facteur à l’ère du coronavirus est un métier à risque ; en effet, les facteurs voient du monde, touchent le courrier, les digicodes et peuvent donc transmettre le coronavirus à toutes les personnes qu’ils livrent.

En première ligne face au virus, la seule protection auxquels les employés ont droit est un mini flacon de gel hydroalcoolique. Certains n’ont même aucune protection.

 

 

Bonjour @EPhilippePM , j'aimerais savoir quelle attitude adopter face au coronavirus rapport à mon métier : facteur à La Poste. En contact avec des centaines de personnes tous les jours, avec comme seule protection un mini flacon de gel hydroalco

Comme le revendique Olivier Besancenot dans ses vidéos sur Twitter, il faudrait « suspendre l’activité courrier et colis » pour désengorger les bureaux de poste et maintenir l’activité au strict minimum : le retrait d’espèces pour celles et ceux qui n’ont pas d’autres moyens. Cela implique aussi, de suspendre le paiement « des loyers et des factures » pour tout le monde, pas que pour les entreprises !

 

 

L’enterrement d’un proche c’est non, mais chercher un recommandé à la poste c’est possible ??? Le matériel de protection (masques, gants et gel) doit aller en priorité à la santé et au commerce d’alimentation! Nos vies valent plus que leurs profits!

Face à cette situation à risque, certains bureaux ont exercé leur droit de retrait, comme au centre de tri postal de Croissy sur Seine, dans le 78 (Yvelines). Mais dans ce centre, la direction de La Poste, bien cachée à la maison, en télétravail, a décidé d’envoyer la police pour réprimer les agents en droit de retrait. Alors que le droit de retrait est un droit inscrit dans le code du Travail et qu’il n’a jamais été aussi justifiable qu’à l’heure actuelle, les salariés qui l’exercent se voient menacés par la police. Prenant à partie un représentant syndical, la police lui demande une attestation pour justifier sa présence sur le site. Or, la direction de la Poste a refusé de lui fournir. Etonnant ! Les patrons prendraient donc appui sur la situation pour attaquer le droit syndical et réprimer les ouvriers combatifs ? Le syndicaliste explique la situation, le policier, droit dans ses bottes, et ayant clair en tête sa mission - maintenir l’ordre des patrons - vaille que vaille peu importe la situation, le menace de sanctions puisqu’il ne peut pas présenter l’attestation.

Ce n’est pas la première fois que la police vient réprimer des droits de retrait, pour différentes raisons, parfois pour cause d’attroupement comme à Belfort, ici le prétexte est celui de l’attestation, qui sert à sanctionner tant de « mauvais citoyens » (des « imbéciles » pour citer Castaner ») qui ne respecteraient pas les règles de confinement. Mais que faire de tous ceux que le gouvernement et le patronat forcent à aller travailler ? Le dur labeur immunise-t-il contre le virus ?

Dans un contexte où toute la population française est confinée et se voit dans l’obligation de justifier le moindre de ses déplacements, il est inacceptable que des entreprises non essentielles comme La Poste ou la SNCF continuent de fonctionner, mettant en danger des milliers de salariés. Ainsi, les agents des entreprises de transports tout comme les postiers se retrouvent au quotidien en première ligne face au virus et sont mis en danger, eux, leurs proches et les gens qu’ils croisent dans le cadre de leur travail. Face à ça, les salariés qui exercent leur droit de retrait ou exigent la fermeture de leur entreprise se voient menacés par la police et par le gouvernement qui mène une véritable campagne contre les ouvriers qui affirment que leur santé et leurs vies passent avant les profits, un gouvernement qui remet en cause leurs revendications légitimes, et essaye de tout mettre en œuvre pour que l’on continue à produire des avions, des voitures, à construire des maisons en pleine pandémie pour le profit de quelques actionnaires et patrons bien confinés chez eux.


 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
« Il va peut-être falloir travailler plus que les 35h, le dimanche, et pendant les vacances » défend une sénatrice

A l’occasion de l’examen de la loi d’urgence relative à l’épidémie Covid-19 au Sénat, une sénatrice des Républicains a dit tout haut ce que le patronat pense tout bas : que les mesures « d’urgence » pour sauver l’économie se pérennisent dans le temps.

LE MEDEF SE FROTTE LES MAINS

Alors que le gouvernement essaye de faire de passer en vitesse une loi pour faire face à la crise sanitaire du covid-19, de nombreuses dispositions économiques, destinées à « sauvegarder l’économie françaises » ont été votées par le Sénat en première lecture. Parmi elles, des mesures qui vont une fois de plus attaquer les acquis sociaux en termes de congés payés et de limitation du temps de travail. Autant de cadeaux cédés par le gouvernement au patronat, et ce, sans durée temporelle de la loi. De quoi donner des idées à certains députés, comme Sophie Primas, députée Les Républicains des Yvelines, qui a, au Sénat, proposé au Sénat ce que le Medef propose dans les médias : « quand il va falloir redémarrer les entreprises, il va falloir mettre un coup de rein, il va falloir y aller, il va falloir peut-être travailler un peu plus que les 35h, il va falloir peut-être travailler le dimanche, et il va falloir peut-être falloir travailler en juillet et en août. C’est confortable pour personne, mais on est en face d’une crise économique majeure. »

Une intervention publique qui illustre parfaitement l’état d’esprit du gouvernement et du patronat actuellement, pour lesquels la priorité numéro une reste la sauvegarde des profits des grandes entreprises, quitte à faire payer les salariés, ceux-là même qui continuent à aller travailler quand certains patrons interdisent les droits de retrait.

 


Publié par REVOLUTION PERMANENTE

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Lu dans la Voix du Nord, et aussi dans la presse bien pensante, la déclaration de Muriel Pénicaud, commise au ministère du Travail par un ex-banquier d'affaires depuis son palais présidentiel: Coronavirus : "Muriel Pénicaud appelle les salariés à poursuivre leur activité."

Avec ou sans masque?

 

Il faut aller bosser, non d'un capital!

Et combatif, dans le sens de la lutte des classes, le dernier communiqué de la CGT:

Il faut aller bosser, non d'un capital!

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Voir les commentaires

Visiteurs

468792

 

Se syndiquer CGT ?

Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.

Articles récents

Hébergé par Overblog