SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Scandale : Danone va supprimer 1850 postes dans le monde dont 458 en France

L’ex PDG de Danone, Emmanuel Faber avait présenté un plan de réorganisation de l’entreprise à échelle mondiale en novembre avant d’être écarté de son poste. Aujourd’hui, ce plan est en passe de se mettre en place, avec à la clé 1850 postes supprimés dans le monde, dont 458 en France.

Crise économique

Crédits photo : REUTERS

Ce plan, baptisé Local First vise à fusionner les différents secteurs d’organisation de la production à savoir les produits laitiers et d’origine végétale, la nutrition spécialisée et les eaux, a l’avantage d’une réorganisation géographique. Le plan prévoit 1850 suppressions de postes a l’international et 458 en France. Mais en réalité, cette réorganisation va inévitablement engendrer des suppressions d’emplois en plus de celles déjà prévues dans le plan d’Emmanuel Faber.

Ce plan de réorganisation n’est pas anodin pour une entreprise telle que Danone qui revendique des engagements sociaux et environnementaux, notamment via ce plan. Il entend prioriser une « transition alimentaire » locale. Mais comme nous l’avions déjà dit en novembre lorsque le plan avait été annoncé, c’est bien une logique affichée de rentabilité qui sous-tend cette décision Danone espère économiser près de 700 millions d’euros et même 1 milliard en numérisant des postes de l’entreprise.

En réalité, cette stratégie de greenwashing pour justifier des suppressions de postes n’est pas propre à Danone. C’est un instrument souvent utilisé par les directions patronales pour justifier des plans sociaux, comme à la raffinerie de Grandpuits ou Total a imposé un plan de suppression d’emploi de 500 emplois et qui s’élève à 700 emplois indirects. Le patronat ne se soucie pas des questions écologiques, il ne priorise que l’augmentation des profits alors même que les actionnaires de Danone ont déjà touché 1,4 milliards d’euros de dividende l’été 2020 malgré la crise économique.

Face à cette stratégie de capitalisme vert qui, en plaçant le curseur des priorités sur le maintien et l’augmentation des profits des grands groupes, n’est en rien à la hauteur des enjeux, qu’ils soient sociaux ou environnementaux, il s’agit d’opposer une stratégie écologistes lutte des classes, anti-capitaliste et révolutionnaire. Il s’agit en premier lieu de se battre contre toutes les suppressions de postes et autres licenciements, à Danone comme ailleurs, pour mettre un terme à la spirale de précarisation et de chômage qui s’accélère avec la crise actuelle.

Pour ce faire, et pour une production basé sur les besoins des populations respectueuses de l’environnement, il est absolument nécessaire de se battre frontalement contre le patronat, par la grève et par l’action, dans un vaste mouvement qui prône la convergence entre le mouvement ouvrier, la jeunesse et l’ensemble du mouvement social, des organisations écologistes au mouvement féministe et antiraciste. Il s’agit là de la seule voie permettant d’opposer un rapport de force à la hauteur des attaques actuelles menées par le gouvernement et le patronat.

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Massacre social. SFR annonce 1700 suppressions de postes en 2021

La direction de SFR vient d’annoncer un plan de 1700 suppressions d’emplois, soit 17 % de ses effectifs au lendemain de la publication de ses résultats pour l’année 2020 au CSE central de l’entreprise. Le géant des télécommunications affiche pourtant une croissance sur tous les indicateurs, à chacun des quatre trimestres de l’année écoulée. Ainsi, même une grande entreprise d’un secteur qui n’a pas été affecté négativement par la crise du Covid, voire en a profité pour accroître son activité, se permet de justifier des suppressions d’emploi par la situation sanitaire et tente de faire payer la crise aux travailleurs.

CRISE ÉCONOMIQUE

Crédits photo : Philippe HUGUEN / AFP

En effet, 400 des 1700 postes que la direction de SFR souhaite supprimer dès l’automne 2021 sont des postes en boutique car leur fréquentation a baissé de 30 % en 2020. Bien que l’on puisse espérer que d’ici là, la population ait été largement vaccinée, ce motif a bien été invoqué par le DG de SFR pour justifier le projet. L’annonce est tempérée par la promesse d’embaucher 1000 jeunes diplômés sur les quatre prochaines années afin d’accompagner la restructuration. Une stratégie similaire à celle déjà déployée par Carrefour Market il y a quelques mois, et de la même façon on peut s’interroger sur la qualité des emplois promis dont la direction annonce qu’une partie seront des contrats d’apprentissage et de professionnalisation : la société qui a profité des aides du gouvernement qui a financé le chômage partiel d’employés entend à présent probablement profiter des financements d’emplois du programme un jeune une solution.

Il s’agit de la deuxième grande restructuration de SFR depuis sa reprise en 2014 par Numericable. Les syndicats étaient parvenus en 2014 puis en 2017 à signer un moratoire sur les suppressions d’emplois, qui était valable jusqu’en décembre 2020. Les syndicats ne comprennent pas un plan de départs volontaires si étendu alors que SFR a vu son chiffre d’affaires augmenter de 2,4 % en 2020, et estiment qu’on peut se demander quelle sera la réaction de l’administration chargée d’homologuer les demandes de suppression de postes pour motif économique. Ils alertent aussi sur les risques psycho-sociaux de salariés travaillant à distance ou dans des conditions légitimement inquiétantes devant désormais en plus compter avec l’annonce d’un plan de restructuration, annoncé sans grands détails pour le moment.

La direction ajoute entre autres motifs que les télécoms françaises sont particulièrement concurrentielles, taxées, et que le développement du « distantiel » et l’installation de la 5G nécessitent une restructuration importante de l’entreprise. L’argumentation semble de mauvaise foi, on ne voit pas en quoi les emplois actuels auraient besoin d’être supprimés alors que la société affiche des comptes au beau fixe. La direction se sent dans un contexte de licenciements massifs et de cadeaux du gouvernement aux entreprises de profiter de la situation pour supprimer à son tour des emplois, sans aucune nécessité et alors même que son activité va devoir augmenter compte tenu du déploiement en cours de la 5G.

SFR a encore annoncé au cours de la réunion du CSE un « plan de formation renforcé » pour « 100 % des salariés », sans s’inquiéter nullement du paradoxe apparent entre une telle annonce et une restructuration impliquant la suppression de 17 % des postes. Il est évident qu’il s’agit soit d’externaliser ces emplois, à des sous-traitants à la force de négociation moindre et donc pour de plus bas salaires, soit à des jeunes en cours de formation ou sans expérience, là encore à des salaires plus bas que ceux de salariés plus expérimentés voire même avec un financement de la part de l’État via le programme un jeune une solution. Une fois de plus, le patronat a montré qu’il comptait bien faire payer la crise aux travailleurs, et c’est une réponse d’ensemble qu’il va falloir construire contre tous les plans de licenciements à travers le monde.

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SOURCE : le site Initiative communiste du PRCF :

 

 

inititive-communiste.fr est fier de donner la parole Dorian Vallois, délégué CGT chez Cargill. La voix des travailleurs en lutte doit porter.

Bonjour, pouvez-vous vous présenter et quel poste occupez-vous au sein de CARGILL? 

Bonjour, je suis délégué syndical CGT de Cargill Haubourdin et je travaille à Cargill en tant qu’opérateur de production.


Pouvez-vous nous expliquer ce qu’il se passe actuellement dans votre entreprise ?

Cargill est une des plus grosses entreprises privées au monde, elle pèse beaucoup dans l’économie mondiale. Cette entreprise n’est pas dans le besoin, elle dégage des millions et des millions. Malgré cela, elle a décidé de profiter de la crise actuelle pour faire encore plus de profits, en restructurant ces activités un peu parties. Elle a donc annoncé le 21 novembre 2019, un plan social, un plan de licenciement dans les sites du Nord de la France : 186 emplois doivent être supprimés sur les 325 salariés. Depuis nous sommes dans la lutte, on conteste depuis le départ. On s’est bagarré plusieurs mois, malgré cela, le plan de licenciement a été validé par la direction de 17 août 2020. On continue la lutte, cela fait 16 mois qu’on tient mais la moitié des licenciements ont été faits.

Pourquoi est-ce que le « redéploiement industriel » de CARGILL vous parait-il scandaleux ? Du point de vue des salariés et de l’intérêt national?

Au niveau national, le discours de notre président sur la souveraineté économique, industrielle, sanitaire coïncide avec le nôtre, mais malgré cela, on va détruire notre entreprise. D’après notre analyse (celle de la CGT), d’ici 2 à 5 ans, l’entreprise complète sera anéantie. On voit donc que le discours du gouvernement n’est pas respecté. 
D’un point de vue sanitaire, il faut savoir qu’on fabrique un composant du lait en poudre pour les enfants prématurés ainsi que des produits pour les hôpitaux. D’un point de vue sanitaire, nous sommes essentiels. La preuve, lors du premier confinement, nous avons tourné à plein régime. On nous a demandé de faire « un effort national », nous avons même été récompensés avec une prime pour avoir travaillé pendant le premier confinement. Niveau sanitaire, nous sommes indispensables pour le pays, et malgré cela, une fois le confinement terminé, la direction a remis en place le plan de licenciements comme si de rien n’était.

Quelle alternative industrielle la CGT présente-t-elle pour l’avenir industriel du site ?

Nous voulons juste maintenir notre site industriel. Actuellement nous faisons de l’extraction d’amidon et on le transforme. Le projet de Cargil s’est d’enlever toute la partie extraction. Du coup on le reçoit directement de différents pays et même d’un concurrent proche de chez nous. Il n’y a pas de projet, on veut sauver l’usine. Le plus gros client qui a besoin de composants, il faut absolument qu’on le fournisse, c’est d’ailleurs la seule partie de l’usine qu’ils veulent conserver pour le moment. Notre savoir-faire est indispensable pour Cargill, c’est d’ailleurs pour cela qu’ils ne ferment pas toute l’usine immédiatement.

À votre avis, pour reconstruire une industrie française puissante, est-ce qu’on doit rebâtir un secteur industriel public (incluant les banques et les entreprises stratégiques) ?

Oui, tout à fait. Ce serait bien de déprivatiser certains secteurs, plusieurs industries. Par exemple le secteur des médicaments, on l’a bien vu récemment avec le vaccin : la France n’est plus capable aujourd’hui de subvenir à ces propres besoins.

Le traité de Maastricht et les traités européens qui l’ont suivi définissent l’Union Européenne comme « une économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée ». Faites-vous le rapprochement avec la politique de délocalisation industrielle qui frappe lourdement la France et le Nord-Pas-de-Calais

Malheureusement, tous ces traités ont fait que la France n’existe plus : il n’y a plus de France, on n’a même plus de monnaie. Les lois françaises sont en dessous des lois de Bruxelles, c’est l’Union Européenne qui décide de tout. Toutes les décisions vont en faveur des multinationales, et pas du tout en faveur du peuple. On a tous perdu de l’argent, nos factures augmentent etc., etc. L’ouverture des frontières a fait que les multinationales et les grandes entreprises partent dans les pays où la main d’œuvre est moins cher, de nombreux emplois sont donc perdus en France, la précarisation de la société augmente dramatiquement. Cette « crise » n’est pas celle du peuple mais bien celle des entreprises mais c’est le peuple qui trinque malheureusement.

Est-ce que les emplois supprimés dans votre entreprise vont être délocalisés ?

Nous sommes certains que ces emplois vont être redistribués ailleurs, même si nous n’avons pas de preuve. Tout porte à croire, que cela va être le cas, car c’est toujours comme cela que ça se passe. À savoir que notre entreprise est très vieille, elle a ouvert en 1856 et il y eu beaucoup de luttes chez nous, nous avons gagné beaucoup d’acquis sociaux et nous pensons donc que c’est pour cela que notre entreprise doit être détruite justement, car nous avons une masse salariale importante.

Merci beaucoup de votre temps monsieur Vallois. On vous soutient à fond dans votre lutte !

Merci à vous.

Propos recueillis par Dark Vlador le 26/03/2021

Publié par FSC

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Les dernières annonces du gouvernement ont, une fois de plus, créé beaucoup de colère chez le personnel soignant, à qui Macron a demandé de nouveaux sacrifices. Entretien avec Pierre Schwob, infirmier aux urgences de l’hôpital Beaujon et membre du collectif inter-urgence.

« Pour ouvrir 2 000 lits en réa, on ferme 5 000 lits d’hospitalisation » un urgentiste répond à Macron

Crédit Photo : Paolo Miranda / AFP

Révolution Permanente : « Emmanuel Macron, hier soir, après un an de gestion calamiteuse de la crise sanitaire et une campagne anti-soignants il y a quelques semaines à propos des vaccins, en appelle désormais à un « effort des soignants » : qu’est-ce que vous en pensez ? »

Pierre Schwob : On a été assez clair dans le communiqué qu’on a envoyé au niveau des soignants : je pense que c’est limite insultant à l’heure actuelle de nous demander des efforts sachant que la plupart d’entre nous, on a sacrifié nos jours de repos, nos jours de congé, on a laissé nos vies familiales pour revenir sur l’hôpital, parce qu’il faut être conscient que chez beaucoup de nos collègues, il y a eu un choix à faire entre la famille et l’hôpital et ils ont choisi l’hôpital. Pour des questions de responsabilités, parce que cela ils nous l’ont bien fait comprendre.

Aujourd’hui le système ne tourne pas sans nous très clairement, et même quand on est tous là on peut faire tourner bien le système. Aujourd’hui, à l’hôpital public, on est en train de réfléchir à ce qu’on appelle le gel des mobilités, en l’occurrence le fait que les professionnels n’aient plus le droit de partir de l’hôpital : ils n’ont plus le droit de quitter leur service, de demander des mutations, même de poser des démissions, lesquelles sont repoussées. En réalité, on est véritablement en prison à l’heure actuelle à l’hôpital et on nous demande encore des efforts et des sacrifices : on ne sait plus ce qu’on doit faire en plus.

Aujourd’hui, certains infirmiers, quand ils prennent leurs postes, ne savent pas où ils vont travailler la nuit. Ça marche un temps, mais lorsque cela fait un an que l’on ne sait pas où on va travailler, c’est impossible, c’est très difficile à vivre et très angoissant. Les urgences, on est habitués, on ne sait pas sur quoi on va tomber, c’est le principe et c’est ce qui fait la spécificité de ce service. Dans les autres services, c’est beaucoup moins habituel, on sait où est ce qu’on est, avec qui on travaille, là quand on est balancé, et qu’on ne sait rien de tout cela, c’est insupportable.

RP : « Macron, en janvier, a décidé de ne pas reconfiner contre l’avis d’un certain nombre de soignants, d’hospitaliers, de spécialistes, et aujourd’hui il qualifie ce choix de non reconfinement de « temps gagné » par rapport aux autres pays et de « liberté préservée » pendant plusieurs semaines : est-ce vraiment du « temps gagné » ? »

Pierre Schwob : Il suffit de voir l’Italie : il y a un an on regardait les Italiens en disant que c’était des abrutis et qu’il fallait fermer leurs frontières, et un an après c’est les Italiens qui nous regardent et qui ferment leurs frontières. Donc voilà on a gagné vachement de temps. De toute façon c’est simple : il y a un an, on n’avait pas de lit, un an après on n’en a toujours pas. Quand on dit qu’ils n’ont rien fait, c’est vraiment de l’inactivité : on a un président qui joue au poker, qui s’est dit il n’y aura pas de seconde vague ; perdu, il y en a eu une. Il s’est dit ensuite cela ne fera pas de troisième vague parce qu’il y aura les vaccins ; perdu il n’a pas les vaccins et en plus il a la troisième vague. C’est un joueur de poker qui perd à chaque coup.

RP : « Quand les conseillers de Macron tendent presque à le décrire comme un épidémiologiste, un spécialiste de la crise sanitaire, vous en pensez quoi ? »

Pierre Schwob : Certains psychologues ont étudié dans les années 1950 un biais de connaissance qu’ils ont baptisé ensuite « l’effet Dunning-Kruger » : c’est le fait que lorsqu’on apprend quelque chose, on a l’impression de tout savoir, puis ensuite vient tout un temps de déconstruction avant de comprendre vraiment les choses. Je crois que Monsieur Macron croit tout savoir, il croit être au pic de son savoir sur l’épidémie, alors qu’en fait pas du tout : il ne comprend rien du tout. C’est un effet qui apparaît très souvent lorsque tout le monde est un peu épidémiologiste et que tout le monde pense savoir comment régler le problème de la santé.

RP : « Pour accompagner les annonces, face à la lassitude de la population et des soignants, Macron a annoncé l’ouverture de 2000 lits et l’accélération de la campagne de vaccination. Est-ce que vous y croyez, et que cela va vouloir dire concrètement la création de ces lits supplémentaires ? »

Pierre Schwob : Tout d’abord, il faut dire qu’il n’a toujours pas reconfiné. Il n’y a pas eu de reconfinement, et à l’heure actuelle on ne reconfine pas. La seule déclaration qu’il a faite, c’est l’ouverture de 2000 lits en réanimation. La réalité de ces 2000 lits en réanimation, c’est que pour faire 2000 lits en réa, on ferme à côté 5000 lits de réanimation complète.

Chez moi, il y a 70 % de déprogrammation. On n’opère plus, pour un hôpital qui fait principalement de la chirurgie. On fait des grève hépatiques, on est spécialisé dans le digestif, l’hépatique, et ont arrêté de prendre ces patients là en charge ; on ne fait plus de nouvelles détections. On a pleins de patients qui sont suivis pour des cancers qui sont très clairement décédés parce qu’on n’a pas pu les opérer. On a l’impression qu’on ne fait que du Covid à l’hôpital. Mais le Covid c’est une maladie, et on en a pleins d’autres. Nous notre fonds de commerce ce n’est pas le Covid à l’origine. Avant le Covid on ne faisait pas rien. On était déjà en grève parce qu’on n’avait pas les moyens d’hospitaliser les gens. Donc aujourd’hui, tout mettre sous le prisme du Covid, c’est un peu honteux pour les autres patients, parce qu’aujourd’hui quelqu’un qui a le cancer il a intérêt à choper le Covid pour être pris en charge. Ça devient très difficile, parce qu’on occulte toutes les autres pathologies.

RP : « Macron nie le fait qu’il y ait un tri des patients ; c’est donc faux ? »

Pierre Schwob : Le tri de patients en réalité il y en a toujours eu, on a pas entendu le Covid pour faire des tris de patients. Les épisodes de grippes comme cela touche majoritairement des personnes âgées, j’ai rarement vu des personnes de 90 ans aller en réanimation. C’est pour cela que ça ne faisait pas grand bruit : on a vu des patients mourir, c’était l’horreur. On a déjà connu l’horreur mais dans l’indifférence absolu. Là ce dont on parle, c’est faire du tri chez des gens qui sont des jeunes. On parle d’un vrai tri très dur. On l’a déjà eu sur la première vague, où le tri s’est fait à l’hôpital, il s’est fait au téléphone du SAMU : pour beaucoup de patients, le SAMU disait qu’ils ne viendrait pas en disant de ne pas venir à l’hôpital. Il est là le tri. C’est beaucoup moins gênant de le faire par téléphone que de le faire en face. Mais il y a eu aussi du tri à l’hôpital avec des médecins qui devaient choisir faute de moyens qui ils allaient garder et qui ils ne garderaient pas. Le gros du tri s’est fait au téléphone, où la plupart des gens ont été abandonnés. Aujourd’hui, on a plus les moyens d’aller les chercher et on y va, mais du coup le tri s’est déplacé à l’hôpital, et c’est cela que le gouvernement ne voulait pas.

RP : Macron a aussi parlé d’une accélération de la campagne de vaccination. Qu’entend-il par là ?

Pour l’accélération de la campagne de vaccination, il a eu un problème, c’était le personnel. Là il a réglé son problème, c’est à dire que l’on va pouvoir vacciner. Plus besoin d’être aide-soignant ou infirmière, maintenant les pompiers vont pouvoir vacciner, et tout le personnel qui était dans la réserve sanitaire qui était prévu pour faire la vaccination va être déplacé sur les hôpitaux. Tous les étudiants dans les secteurs de la santé reviennent sur les hôpitaux pour pallier aux manques d’effectif. On est toujours dans la même gestion, une gestion de crise, une gestion au lance pierre où rien n’est construit. On ne sait pas faire face. Pour la vaccination, le vrai problème c’est les doses : ils peuvent incriminer qui ils veulent, les professionnels qui ne veulent pas se faire vacciner, là je ne sais pas s’il veut sortir les chiffres, mais je pense qu’au niveau des professionnels, après la campagne de vaccination de ceux-ci, les chiffres ne sont pas du tout les mêmes que ceux d’avant.

A chaque fois, c’est la réponse du gouvernement : quand il y a un problème, il faut un responsable. Un coup ce sont les jeunes, un coup les Marseillais, un coup ce sont les soignants. Ils n’ont aucune gêne, et c’est une logique que l’on connaît bien dans le soin : c’est toujours de notre responsabilité. Ce n’est jamais l’administration qui va se remettre en question sur ses pratiques et son fonctionnement, jamais ! Dernièrement on a eu une patiente décédée dans les couloirs de l’hôpital Lariboisière, et une plainte déposée contre Martin Hirsch, le président de l’AP-HP, et il a répondu que c’était l’incompétence de l’infirmière. Pourtant, en 2019, on fait grève et il a été obligé de rajouter une dizaine de postes d’infirmiers à Lariboisière, et là on ne l’entendait pas dire que c’était des incompétents qui ne savent pas gérer. La réalité est là : ce sera toujours les soignants les responsables et l’administration ne se mettra jamais en question.

RP : « On comprend que la situation est catastrophique et qu’il y a un manque de moyens structurels dans les hôpitaux, mais aussi dans l’ensemble des services publics. Face à cette troisième vague, que préconise le collectif inter-urgence ; comment peut-on se sortir de cette situation ? »

Pierre Schwob : Le gros problème, ce n’est même pas la situation du Covid, parce que c’est un prisme. On va en finir avec le Covid, d’une manière ou d’une autre. Cela peut être dramatique pendant un certain temps et on peut se retrouver comme le Portugal dans les prochaines semaines avec ambulances qui font la queue à l’entrée des urgences, mais à un moment on va en sortir. La question derrière, c’est quel sera l’état de l’hôpital, quel constat fait le gouvernement sur l’état de notre système hospitalier ? On voit qu’il est totalement à la masse, et il fait des trucs totalement fous.

On voit par exemple le projet de fusion Beaujon-Bichat [qui doit fusionner deux hôpitaux du nord de Paris], qui va supprimer 300 lits, c’est de la folie ! Ils continuent sur la casse de l’hôpital : ce sont des assassins. C’est injustifiable, et ils appliquent leur politique néolibérale à la lettre. J’ai peur de ce qui est en train de se passer, mais j’ai surtout peur de l’après. S’ils mettent en place un gel des mobilités, c’est parce que les gens veulent partir, et derrière s’ils s’en vont, sans soignants, même sans Covid, on fait comment ? Et le gouvernement pourra fermer des lits et des hôpitaux parce qu’on manquera de soignants, et ce sera pire encore : le gros danger il est là. On est dans un tournant historique pour l’hôpital public, et savoir s’il va survivre après la crise. Y’aura-t-il encore des gens qui voudront travailler là-dedans, je ne sais pas. Déjà aujourd’hui un infirmier qui a fait un an dans un service c’est considéré comme un ancien ; avant on disait qu’il fallait cinq ans pour connaître un service. Je travaille depuis neuf ans dans mon service, je suis un dinosaure.

RP : « Est ce que vous préparez une mobilisation après la troisième vague ? »

Pierre Schwob : On appelle à une mobilisation pendant la vague. Ce matin on était à l’hôpital Bichat pour dénoncer sa fermeture ; on continuera à appeler à des mobilisations dans le respect des gestes barrière, en faisant pleins de groupes de six s’il faut, mais on continuera.

Propos recueillis par Ariane Serge

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Lundi, 400 salarié.es de l’entreprise américaine General Electric Steam Power ont manifesté sur le site industriel de Belfort pour s’opposer à la suppression de 200 emplois dans la branche nucléaire. Une dynamique de mobilisation à poursuivre en indépendance des directions syndicales et du gouvernement qui souhaiteraient canaliser la colère.

Belfort. Les travailleurs de General Eletric mobilisés contre 200 suppressions d’emplois

Crédit photo : SEBASTIEN BOZON / AFP

Alors que l’usine de Belfort emploie près de 1 800 personnes dont 800 se chargent de la fabrication de composants pour centrales nucléaires et centrales à charbon, il est question de fermer le site. Le PSE lancé par l’entreprise menace 200 emplois de cette branche. Au-delà du site français, des dizaines d’usines réparties en Europe sont concernées par ces plans sociaux qui sont de véritables attaques à notre classe sociale. La mobilisation était organisée à l’initiative de l’ensemble des syndicats de GE Steam Power, division du groupe américain spécialisée dans les turbines (nucléaire, charbon…), CGT, CFDT, CFE-CGC et SUD.

Mais les organisations syndicales réfléchissent désormais à une échelle plus large qui engagerait les autres organisations européennes. « Il y avait principalement des gens de Steam, mais pas seulement, se félicite le cégétiste Laurent Santoire. Ce qui est nouveau, c’est la mobilisation solidaire de salariés d’autres divisions ou d’autres entreprises : GE gaz, transport Alstom, EDF, etc. Tout le monde a compris que les menaces sont globales. »

Les salarié.e.s de Général Electric sont 16 000 à échelle mondiale. Cela fait déjà 3 ans que l’entreprise enchaîne les plans sociaux avec notamment 485 suppressions d’emplois en France l’an dernier. A échelle nationale française, les salarié.e.s ont entamé une lutte politique avec l’entreprise dès septembre 2020. Le 9 septembre, le géant états-unien prévoyait la suppression de 1 225 emplois en Europe dont 764 en France au sein de sa filière énergie renouvelable, sur fond de délocalisation en Hongrie, Inde ou Chine.

Comme nous l’écrivions, une grève dure avait démarré en novembre sur le site de Villeurbane contre le PSE menaçant 285 emplois. La direction, inquiète avait tenté de réprimer les travailleurs en inscrivant sur l’accord de fin de conflit l’interdiction pour l’avenir de toute grève relative au PSE. Face à cela, les travailleurs s’étaient de nouveau mobilisés, faisant une fois de plus reculer la direction. Ainsi, les salariés de General Electric démontre une tradition et des réflexes de lutte non négligeable face à un patronat avide d’attaques anti-sociales.

Désormais, les syndicats alertent sur le non-sens de ce plan social, alors même que la filière est prometteuse et pleine d’avenir. Laurent Santoire de la CGT affirme : « On est capable de faire des centrales extrêmement modernes et non conventionnelles, par exemple des centrales solaires à concentrations donc des centrales décarbonnés. Donc on est une industrie nécessaire à la transition énergétique, et on est restructuration permanence. On est face à une entreprise qui se concentre sur des activités à forte profitabilité qui liquide le reste et un gouvernement désespérément silencieux. On refuse d’être détruits sous la logique du profit immédiat ».
A l’aune d’une crise économique dramatique qui sacrifiera encore davantage notre classe, les grandes entreprises prétendent se repeindre en vert avec des mesures et des discours écologiques cosmétiques. Mais comme le démontre Laurent Santoire, la transition écologique ne peut être faite que par le savoir-faire de celles et ceux qui sont au cœur de la production.

Ces mêmes personnes qui sont licenciées au profit d’une rentabilité qui n’a rien à voir avec l’écologie. A échelle française, la grève de Grandpuits a été l’exemple de la nécessité et de l’urgence d’allier la lutte sociale et la lutte écologique et que cette alliance ne peut se faire qu’à la chaleur de la lutte des travailleur.euse.s.
Ce lundi, Bruno Le Maire a donné une interview à l’Est Républicain, cherchant à se positionner en fervent défenseur de l’emploi : « « General Electric a pris un certain nombre d’engagements vis-à-vis de l’État et de ses salariés. Ils doivent être tenus. Je veille à leur strict respect. » Cette interview est simplement une tentative d’étouffer temporairement les colères, à l’image de ce qu’a fait le gouvernement vis-à-vis de la fermeture de l’usine Bridgestone ->https://www.revolutionpermanente.fr/Fermeture-de-Bridgestone-le-dialogue-social-mene-a-l-impasse-les-salaries-doivent-passer-a-l].

Il n’y a rien à attendre ni du patronat ni du gouvernement qui tentent par tous les moyens d’étouffer l’organisation des travailleur.eus.es et de casser les grèves et les mobilisations. La manifestation de lundi était très progressiste car elle appelait à une coordination entre les différents secteurs avec une visée internationale. Il est urgent de poursuivre cette dynamique et de l’approfondir en s’organisant par le bas pour continuer le bras de fer avec l’entreprise, sans aucun compromis sur les revendications : ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise, il faut se battre pour zéro suppression d’emploi !

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
USA. Vers un premier syndicat chez Amazon : les travailleurs d’Alabama montrent l’exemple

Alors que Jeff Bezos a vu sa fortune augmenter de près de 70 milliards en 2020, profitant de la pandémie actuelle, les salariés de Bessemer dans l’Alabama sont sur le point de réaliser du jamais vu dans l'histoire de l'entreprise : obtenir la création d'un syndicat.

JEFF BEZOS EN PANIQUE

Photo : AP

David contre Goliath. 5800 salariés du Fullfillment Center à Bessemer, en Alabama s’opposent aujourd’hui à l’homme le plus riche du monde et avec lui la plus grande entreprise de logistique et transports de marchandises qui ait jamais existé, l’Amazon de Jeff Bezos. Ce mardi 30 mars, commençait le début du dépouillement du vote interne à l’entreprise qui devrait permettre la fondation officielle et la légalisation d’un syndicat au sein d’Amazon. Du jamais vu pour l’entreprise dans laquelle une section du RWDSU (Un syndicat du commerce très présent en Alabama) devrait se former bientôt pour les 5800 salariés d’Amazon à Bessemer.

Amazon, géant de l’exploitation à l’ère néolibérale

Pour comprendre l’ampleur de l’effort mené actuellement par les travailleurs d’Amazon Alabama dans une entreprise qui regroupe plus de 1.2 millions de salariés, il faut rappeler ce que représente ce géant mondial du commerce en ligne. Cette gigantesque machine logistique et de distribution de marchandises à échelle internationale synthétise au plus haut point la méthode de fragmentation salariale du néolibéralisme et avec son corolaire direct pour les travailleurs : des conditions de travail parmi les pires des États-Unis.

Ces salariés composent une véritable armée, de techniciens et de livreurs qui répondent à une machine de contrats courts et de “travailleurs indépendants”. Comme l’explique l’analyste en affaires Scott Galloway, Amazon s’est construite sur la plus grande infrastructure logistique de l’histoire tout en ne payant que 3% d’impôts à l’État Fédéral Américain. Cependant, la majeure partie du bénéfice et sa capacité à extorquer une plus-value exceptionnelle du travail salarié, s’explique avant tout par les conditions de travail et les salaires extrêmement bas imposés aux travailleurs.

Le secret d’Amazon réside dans le perfectionnement et l’utilisation des technologies et de la robotisation pour imposer un rythme absolument dévastateur à ses salariés. L’objectif étant d’extraire la dernière goutte de sueur de ses salariés pour générer de la plus-value. En utilisant la méthode de la Lean Production Amazon parvient à maintenir un nombre de salariés relativement faible en comparaison à leur quantité de travail. Un développement qui n’est possible que par des méthodes patronales abjectes et de surveillance quasi policière. Des méthodes qui vont jusqu’à vérifier le temps d’utilisation des toilettes par les salariés, ou encore à utiliser des capteurs de mouvements qui observent la productivité des salariés. Le tout sous menace de licenciement, et surtout, avec une politique de répression syndicale rondement menée.

La firme dépense en effet des millions dans des cabinets d’avocats spécialisés dans la répression syndicale. Ces méthodes ont même fait l’objet de dénonciations par des salariés d’Amazon qui expliquaient devoir uriner dans des bouteilles pendant leur service pour ne pas perdre en productivité et éviter un licenciement.

Cette méthode d’exploitation de la force de travail n’est rendue possible que grâce aux politiques néolibérales et de répression syndicale historiques menées successivement par les Républicains et les Démocrates aux États-Unis. Une méthode qui s’est d’ailleurs généralisée dans les entreprises depuis la crise de 2008 et qui permet à ces dernières d’obtenir des profits gigantesques sur le dos de leurs salariés. A ce titre, Bezos est avant tout un super exploiteur qui aura dû recruter 50% de salariés de plus pendant le Covid pour ajouter près de 70 milliards de dollars supplémentaires à sa richesse personnelle.

Black Lives Matter, de la rue à l’entreprise

Cela fait plusieurs mois qu’Amazon connaît des soubresauts et des batailles dans de nombreux dépôts, aux États-Unis comme dans le reste du monde. Après plusieurs grèves en Italie puis plus récemment en Allemagne le géant du commerce de détail voit d’un très mauvais œil la possible syndicalisation de ses salariés. Et pour sûr, ce sont près de 5800 salariés prêts à se syndiquer dans une ville composée de seulement 27 000 habitants et dont 79% d’entre eux sont afro-américains. Afin d’obtenir la constitution de’une section syndicale RWDSU, les travailleurs d’Amazon Alabama doivent obtenir à partir de ce mardi (et ce sur plusieurs jours de scrutin) une officialisation et une légalisation de leur syndicat par le biais d’un vote interne de près de 3000 employés.

L’expérience du dernier mouvement Black Lives Matter contre les violences policières et le racisme de l’été 2020 s’étend aujourd’hui dans les entreprises Amazon. On avait déjà vu des expressions de solidarité ouvrière se développer en soutien au mouvement antiraciste, notamment celle faite par les chauffeurs de bus de San Francisco qui refusaient de servir de transport à la police pour les manifestants arrêtés l’été dernier. Autant de démonstrations qui, malgré l’accalmie temporaire qu’a obtenue le parti démocrate avec l’élection de Joe Biden et de Kamala Harris, ont permis à ce mouvement de toucher les entreprises. En effet, la crise du coronavirus a joué un véritable rôle déclencheur dans la conscience qu’ont eu les travailleurs d’Amazon d’être en première ligne du fonctionnement de la société. Très conscient de cette situation, le discours anti-ouvrier d’Amazon s’accompagnait également d’un discours raciste qui avait été jusqu’au licenciement du militant et travailleur Chriss Smalls à New York et de ses collègues pour avoir tenté l’organisation d’une grève.

La concentration de milliers de travailleurs, ainsi que l’ampleur du mouvement BLM chez les salariés de l’entreprises, à majorité des travailleurs racisés et des femmes, ont préparé le terrain à la possibilité de cette lutte exemplaire des salariés d’Amazon Alabama. Après la fin du mouvement en août dernier, les salariés ont commencé leur rapprochement avec RWDSU afin d’intégrer un syndicat qui représente à échelle nationale plus de 100 000 salariés.

Amazon en panique : mille et une méthodes pour empêcher la syndicalisation

Dans cette bataille, Amazon qui a ouvert son dépôt en Alabama l’année dernière, doit maintenant user de ses moyens quasiment illimités dans sa lutte contre le processus de syndicalisation. Étant donné le mode de fonctionnement syndical américain, il faut aux salariés une majorité de vote “Oui” pour que leur affiliation au syndicat soit effective et la possibilité d’en ouvrir une section au sein de l’entreprise. Ceci aurait pour conséquence d’ouvrir la voie à ce que tous les dépôts du pays puissent construire leur propre section syndicale et de s’affilier au RDWSU. Un véritable mouvement de panique pour les patrons d’Amazon qui ont fait appel à une ribambelle d’avocats, de conseillers et d’entreprises sous-traitantes spécialisées pour effectuer la campagne du « Non » à la formation de la section interne à Amazon [https://truthout.org/articles/amazon-is-paying-consultants-nearly-10000-a-day-to-obstruct-union-drive/].

Depuis plusieurs semaines, et en attendant la fin du scrutin, de nombreux salariés ont signalé l’utilisations de SMS massifs par l’entreprises pour dissuader au vote, la proposition de chèques de démission à de très nombreux salariés, allant même jusqu’à créer de faux comptes Amazon [https://twitter.com/timjsully/status/1376636484867006466?s=19] voire la création d’un site [https://www.doitwithoutdues.com/] appelant à voter « Non ».

Une panique qui témoigne de la fragilité du géant face à la possibilité pour ces salariés de l’Alabama de se syndiquer, mais aussi de sa peur d’une extension de cet exemple à échelle nationale dans d’autres dépôts. La possibilité qu’auraient les salariés d’Amazon de se syndiquer aurait pour conséquence un potentiel tournant contre le patronat américain et le gouvernement Biden qui pourrait se retrouver devant une véritable vague de travailleurs prenant confiance afin de s’organiser, depuis la base, et contre les bureaucraties syndicales et les décisionnaires démocrates.

Tout le pays s’intéresse aujourd’hui à l’effort syndical des salariés d’Amazon. Ces travailleurs noirs pourraient aider à inspirer une nouvelle vague de syndicalisation comme l’ont fait les noirs tout au long de l’histoire des États-Unis. Comme le rappelait récemment Julia Wallace, militante révolutionnaire au sein du groupe Left Voice aux États-Unis : « Que se passerait-il si à chaque fois que la police nous assassine, nous décidions de ne plus travailler ? Nous sommes ceux qui dirigeons la société. Il est essentiel pour le futur syndicat d’Amazon, et pour tous les syndicats qui agissent dans l’intérêt de tous les travailleurs qu’ils luttent non seulement pour leurs propres membres mais aussi contre toutes les oppressions ».

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
La CGT répond à l'indécent et méprisant monologue d'Emmanuel Macron à la télé

Le gouvernement ne tire aucune leçon d'une année de crise sanitaire!

Une situation sanitaire explosive, des contaminations qui s’accélèrent, particulièrement avec les variants du virus et qui touchent de plus en plus de personnes et de régions, une surmortalité constatée proportionnelle aux inégalités sociales ou territoriales et le président de la République s’auto-congratule dans son allocution télévisée.

Alors que la vie familiale, professionnelle et sociale de tous est mise entre parenthèses depuis plus d’un an, aucune annonce gouvernementale ne témoigne d’une prise de conscience des raisons objectives de ce troisième confinement nationale qui ne dit pas son nom.

Pas un mot sur ce qui a conduit les hôpitaux publics et les services de santé en général à être au bord de l’implosion.

La CGT alerte, depuis des mois, sur les suppressions de moyens, en particulier les besoins en recrutement de personnels soignants formés, qualifiés et payés, la nécessaire ouverture de plus de lits particulièrement en réanimation, la réouverture d’établissements ou de services fermés. Où sont les 14 000 lits promis par Emmanuel Macron ?

Pourquoi continue-t-il à fermer des hôpitaux ?

La réalité est sans appel, les déprogrammations de de soins et d’actes chirurgicaux se multiplient et de nombreux patients atteints de maladies graves voient leur prise en charge retardée mettant en péril leur chance de guérison.

Les personnels soignants sont épuisés, exposés et, souvent, tellement en sous-effectif qu’ils renoncent à protéger leur propre santé.

Le président de la République ose rappeler les applaudissements alors que les personnels attendent toujours une véritable reconnaissance salariale et un plan de recrutement de plus de 400000 emplois dans la Santé, les Ehpad et l’aide à domicile.

Il en est de même pour les annonces concernant l’éducation nationale, pasun mot sur les suppressions de classes contre lesquelles les personnels se mobilisent en ce moment, les sections en sureffectif qui expliquent grandement les difficultés rencontrées pour exercer des missions de service public de qualité et pour protéger et faire respecter les consignes sanitaires de l’ensemble de la communauté éducative.

C’est un plan d’urgence massif pour l’emploi dans l’éducation et les universités qui est plus que cessaire !

Pas un mot en direction de la jeunesse sacrifiée qui souffre et peine à survivre avec des aides dérisoires.

Au lieu de cela, les familles vont devoir gérer, du jour au lendemain, un nouveau calendrier de vacances scolaires.

Elles risquent d’être confrontées à de multiples difficultés pour concilier la garde de leurs enfants et la poursuite de leur activité professionnelle.

Rien n’est prévu pour éviter que la majorité des parents en télétravail et particulièrement les femmes ne soient dans l’obligation de conjuguer cours à la maison, garde d’enfants et travail.

La CGT dénonce d’ailleurs le risque de dérives en matière de droit du travail rendu possible dans le cadre de la prolongation de la loi d’urgence (jours de congé imposés, remise en cause de la prise en charge en chômage partiel, etc.).

Le président de la République, dans sa poursuite d’une énumération indécente de ses bonnes actions et décisions politiques, tend à la provocation en parlant de la campagne de vaccination.

En effet, il est indiscutable aujourd’hui que l’insuffisance d’approvisionnement en vaccins trouve ses causes dans la casse de la recherche publique et de l’appareil productif du médicament.Les milliers de suppressions d’emplois à Sanofi en témoignent.

Pour sortir de cette crise sanitaire rapidement, une seule décision politique doit être prise.

Il faut réellement faire des vaccins un bien humain mondial, libérer les brevets.

Cela permettra de produire, en France et en Europe, non seulement des flacons comme actuellement mais des doses de vaccins en suffisance, y compris pour l’ensemble des pays en attente. Rappelons que 130 pays, soit 2,5 milliards d’êtres humains, n’ont reçu aucune dose et que seuls 10 États ont utilisé à eux seuls 75% des doses disponibles.

Toutes les conditions sont réunies pour obtenir de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) cette possibilité prévue légalement et, pourtant, la France est un des pays à avoir voté contre la levée temporaire de la propriété intellectuelle demandée par l’Afrique du Sud et l’Inde.

À la fin de cette communication méprisante et éloignée des préoccupations des Français, Emmanuel Macron fixe une nouvelle échéance, un « bout du tunnel » hypothétique de réouverture des commerces et des lieux de culture, alors qu’il vient de décider d’en fermer encore plus pour 4 semaines.

Combien se relèveront ? Quels impacts sur les milliers d’emplois de salariés particulièrement des TPE ? Il n’en dit mot !

Pas un mot en direction du monde du travail, de ces salariés de « deuxième ligne » si essentiels à notre société.C’est d’un plan de rupture qui rompt avec la gestion uniquement comptable des problèmes dont le pays a besoin pour sortir de la crise.

Pour la CGT, ce discours présidentiel et ceux qui vont suivre cet après-midi, notamment celui décliné par le Premier Ministre devant la représentation nationale, méritent que les travailleuses et les travailleurs se mobilisent pour exiger un véritable changement de cap.

Elle donne rendez-vous pour un printemps des luttes pour l’emploi, le renforcement des services publics, particulièrement de la santé et de l’éducation, le droit de toutes et tous d’être protégé et d’avoir accès à la vaccination.

Montreuil, le 1er avril 2021

 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Communication, Manipulation et Propagande... [Une vidéo de Jacques COTTA]

Pour Macron et les siens, tout est bon pour remplacer les vrais sujets politiques qui concernent les français -- santé, violence, vaccination ... -- par de la Pub souvent mensongère... La Com, les Manips, la Propagande : Voilà Macron et son gouvernement en action !

AUTRE LIEN:

TEXTE et VIDEO REPRIS SUR
 

Publié par http://canempechepasnicolas.over-blog.com

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Raffinerie de Grandpuits. L’Etat valide le plan social mais pour la CGT le combat continue

"Ce mercredi 31 mars 2021, la Direccte de Seine et Marne a choisi de valider l’accord collectif relatif au PSE signé par FO, la CFDT et la CFE-CGC qui entérine les 700 suppressions de postes sur la plateforme de Grandpuits." Nous relayons le communiqué de la CGT Grandpuits, pour qui le combat continue !

Plans sociaux

Crédits photo : O Phil des Contrastes

Nous relayons ce communiqué de la CGT Grandpuits qui annonce la validation du PSE par la DIRECCTE, service de l’Etat chargé de valider les plans sociaux. Malgré cette décision le combat continue.

 
Plans sociaux
Plans sociaux

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Scandale. Leclerc licencie une caissière pour avoir acheté une patate douce et du pain pendant sa pause

Au Leclerc de Strasbourg, une caissière a été licenciée pour faute grave pour avoir acheté une patate douce et une baguette de pain pendant sa pause. Une répression ignoble, symbole du mépris extrême des entreprises pour nos vies.

Répression patronale

Crédits photo : Rue 89 Strasbourg

Hier, Dernières Nouvelles d’Alsace révélait une affaire de répression patronale et de mépris ordinaire comme il en existe des milliers. A Strasbourg, dans un magasin Leclerc, une caissière a été licenciée pour faute grave pour avoir acheté une patate douce et une baguette de pain pendant sa pause.

Comme le rapporte Bien Public : "l’employée a profité de sa pause, entre 15h29 et 15h53, pour acheter une baguette de pain et une patate douce. N’ayant aucun moyen de paiement sur elle, elle s’est présentée à une caisse où une collègue a mis son ticket en attente informatiquement puis est allé chercher de quoi régler les 4 euros et quelques centimes dans ses affaires au vestiaire. Elle a ensuite repris son service."

L’entreprise argue notamment du fait qu’il est interdit d’acheter des produits qui ne sont pas consommés sur place pendant sa pause, mais évoque également une "désertion de poste injustifiée" alors que la salariée était en pause. Face à cette expression ignoble de l’arbitraire patronal, la travailleuse va saisir les Prud’Hommes.

De fait, ce n’est pas la première fois que des licenciements aussi scandaleux sont relevés dans la grande distribution. En 2002, à Béthune, une salariée de Auchan syndiquée CFDT avait été mise à pied pour "erreur de commande de 80 centimes d’euro et un pain au chocolat cramé donné à une personne".. En 2016, à Tourcoing, une caissière avait été licenciée par Auchan City pour une erreur de caisse de 0,85 centimes. A Marché Frais, en 2019, une caissière avait été licenciée pour avoir fait ... une fausse couche.

Des répressions qui, par-delà l’arbitraire, cachent fréquemment des enjeux plus profonds de répression de ceux qui relèvent la tête. Ainsi, outre la déléguée CFDT licenciée en 2002, Rozenn, militante syndicale, féministe et révolutionnaire a été récemment licenciée par Chronodrive pour un tweet. Un véritable scandale face auquel une lutte est entrain d’être menée pour exiger la réintégration et refuser la répression des militants.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Se syndiquer CGT ?

Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.

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