SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

OÙ VA le vaste mouvement de GRÈVES INVISIBLES qui S'AMPLIFIE régulièrement ?

SEMAINE DU LUNDI 13 FÉVRIER AU VENDREDI 17 FÉVRIER 2017 : 195 CONFLITS DU TRAVAIL PAR JOUR EN MOYENNE CONTRE 176, 245, 150 ET 115 LES SEMAINES PRÉCÉDENTES

C'est un niveau historiquement très élevé et qui progresse toujours régulièrement. Les deux semaines avec 245 et 150 conflits, il y avait des journées nationales d'action qui gonflent les chiffes, alors que les chiffres de 195 et 176 pour les deux dernières semaines s'est fait sans journée nationale d'action. C'est un record sur les 5 années précédentes depuis que nous essayons de mesurer la conflictualité sociale.


NOTE DE CONJONCTURE
Cette progression régulière du nombre de conflits à un niveau très élevé fait que l'écart grandit entre la représentation politique ou électorale à mille lieux des préoccupations populaires et cette colère sociale qui n'est représentée par personne.
Cette colère sociale pourrait donc rapidement chercher et trouver une expression publique. L'élimination du jeu électoral de Hollande, Sarkozy, Valls et maintenant peut-être Fillon, les scandales à répétition autour des politiciens et les « émeutes » des jeunes de quartier de ces derniers jours autour du viol de Théo par la police, sont certainement les premières manifestations indirectes de cette colère.
La conflictualité sociale va probablement encore augmenter en mars avec déjà de nombreuses journées nationales d'action prévues ce mois et notamment les 6, 7 et 8 mars.
On pourrait donc avoir des élections présidentielles et législatives fortement perturbées. Le fait qu'un certain nombre de militants syndicalistes autour des Goodyear appelle à manifester le 22 avril pour que la rue impose son programme la veille du premier tour, dans le cadre d'un « premier tour social », illustre la perte d'emprise du jeu électoral et des partis traditionnels sur les classes populaires. Jusqu'à présent, cette perte d'influence se traduisait par l'abstention ouvrière. C'est peut-être en train de changer ; l'action autour des Goodyear pourrait bien bousculer tout cela et faire que les classes populaires et leurs militants passent de l'abstention électorale et du dégoût à la participation active dans la rue et à l'espoir. Ce qui serait un changement considérable.

LES LUTTES
C'est dans le secteur de l'éducation nationale suivi de celui de la santé et maintenant de l'énergie que l'on compte le plus de conflits pour les dernières semaines.
Education Nationale:
La lutte des Atsem et la « carte scolaire » (avec son cortège de fermetures de classes et diminutions d'heures) a contribué ces trois dernières semaines à faire monter le chiffre de luttes dans l'éducation nationale malgré les vacances de février. C'est traditionnel chaque année. Mais il est bien possible – bien que nous ne l'ayons pas mesuré – que cette année soit en train de battre aussi des records.
Santé:
Le secteur de la santé en est pour ces trois premières semaines de février à 113 établissements de santé touché par un conflit du travail. C'est-à-dire plus que pour l'ensemble du mois de décembre (78) et pas loin du record de janvier avec 144 établissements touchés.
Energie:
A EDF, depuis le 17 janvier il y a eu 7 journées nationales d'action pour les salaires et la défense des acquis sociaux, qui ont été toutes très suivies. C'est maintenant une journée d'action tournante par semaine que suivent les agents de EDF, Engie, Enedis, Grdf..., les « mardi de la colère ». Menant jusque là leurs luttes de manière isolée, ils ont décidé de s'associer à la journée de la santé du 7 mars, qui s'est par ailleurs élargie entre temps à une bonne parie de la fonction publique
Public-privé:
Nous notions la semaine passée que dans l'ensemble, c'était surtout la fonction publique qui était en lutte, en prévoyant cependant une montée des luttes dans le privé contre l'application de la loi travail mais surtout autour des salaires ;
C'est ce qui en train de se passer. Et ce qui est notable, c'est qu'au delà des débrayages symboliques traditionnels autour des NAO, on assiste à l'émergence d'un certain nombre de luttes longues sur les salaires. Il est encore trop tôt pour dire si les luttes longues et victorieuses sur les salaires ces derniers temps dans le secteur des Grands Hôtels, des cliniques privées ou du nettoyage sont en train de s'étendre à des secteurs plus larges dans le transport, la métallurgie, la chimie... On verra ; mais si c'était le cas, ce serait aussi un changement important, car on passerait de luttes dans des secteurs aux salaires très bas, ce qui au fond n'était que du rattrapage et des secteurs aux salaires plus élevés, ce qui traduirait que les salariés lassés de l'étalage des bénéfices et dividendes énormes et en même temps du blocage des salaires, veulent un autre partage des richesses. Ce serait un changement d'état d'esprit qui pourrait rejoindre alors celui que nous notions plus haut de ras-le-bol devient général mais aussi de reprise d'un espoir de transformation sociale.


SIGNIFICATION ET UTILISATION DES CHIFFRES
Pour revenir aux chiffres et si l'on prend le chiffre de 195 conflits par jour de cette dernière semaine pour en faire une moyenne annuelle sur environ 260 jours ouvrables (pour des semaines de 5 jours) on arrive à un total d'environ 50 700 luttes.
Ce qui est déjà important.
Mais dans une étude, le CNRS estimait qu'entre seulement 20 et 50% des grèves étaient publiées par la presse. Si l'on prend cette estimation, on arrive donc à un total projeté sur l'année avec le même mode de calcul de 390 à 975 conflits par jour et de 101 400 à 253 500 conflits par an.
Ce qui est considérable.
Bien évidemment, ce calcul est très approximatif et n'a rien de scientifique.
Il permet cependant de donner un ordre d'idée de l'importance actuelle de la conflictualité sociale en France et de ces évolutions. Et cela nous met très loin de ce qu'a publié en ce début d'année le Figaro – et derrière lui, toute la presse - qui recense seulement 800 grèves au total pour toute l'année 2016. Ce chiffre du Figaro comme les statistiques du ministère du travail qui vont dans le même sens, n'ont qu'une valeur de propagande pour tenter de démontrer que les gens ne se battent pas et qu'il ne sert à rien de le faire ; il alimente donc tout ce que disent en général les grands médias comme les hommes politiques.
Les chiffres que nous donnons ont la signification exactement inverse : les gens se battent, résistent en nombre, sont très nombreux à ne pas se laisser faire, ne baissent pas les bras et, bien souvent, gagnent.
Ces chiffres ne sont encore une fois que des approximations très imprécises. Cependant, ils sont certainement bien plus proches de la réalité que ceux donnés non seulement par les grands médias mais aussi ceux donnés par le ministère du travail. Celui-ci, rappelons-le, fonde ses statistiques sur les déclarations de grèves des patrons eux-mêmes (en oubliant au passage la fonction publique). Ce qui est aussi peu fiable que de demander à un dictateur de quantifier la torture dans son pays.
On peut très légitimement penser qu'il y a en fait beaucoup plus de luttes que ce que nous mesurons ici. En effet, d'une part notre recensement ne se fait pas sur la totalité de la presse quotidienne mais seulement sur les grands quotidiens régionaux en ligne et d'autre part nous ne recensons pas les multiples actions invisibles de résistance à l'exploitation quotidienne des salariés, personnelles et collectives ; débrayages, grèves du zèle, boycotts, délégations, réunions voire même une partie des maladies qui sont aussi un moyen de se défendre pour certains.

Publié par El Diablo

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

« La seule façon de créer des richesses, c’est l’industrie »

La CGT, lors des Assises de l’Industrie à Paris ce 22 février, a rappelé qu’elle convoitait toujours de doubler en dix ans la capacité de production en France.

 

Plus de 1 000 inscrits ce 22 février aux Assises de l’industrie à Paris, des prises de parole intelligentes et imaginatives de nos camarades, pour proposer des relances de l’industrie en France, et une conférence de presse qui a réuni Philippe Martinez, secrétaire générale de la CGT, Marie-Claire Cailletaud et Nadia Salhi, du collectif Industrie de la CGT, et Nasser Mansouri-Guilani, économiste à la CGT. Il y avait urgence pour la CGT à organiser ces Assises, tant le constat est alarmant : « Depuis 2012, 900 usines ont fermé, et nous importons maintenant 60 % de nos produits industriels. Dans la même période, les dividendes versés aux actionnaires sont passées de 5 à 25 % », énonce Marie-Claire Cailletaud. La finance, c’est un fait, étrangle le développement de l’industrie en France. Le CICE, qui a coûté 34 milliards et aurait créé 100 000 emplois, est une ruine : un emploi créé coute ainsi 340 000 euros. Le crédit impôt recherche (CIR) pour sa part a surtout permis aux entreprises de faire de l’optimisation fiscale. Bref, les solutions prônées par le gouvernement pour relancer l’emploi et l’industrie sont au mieux des leurres, au pire des outils au service de la finance.

Bouclier anti-dumping

La CGT ne renonce en aucune manière à ses ambitions. Elle souhaite encore doubler la capacité de production de la France en dix ans. Pour ce faire, outre la mobilisation de la capacité entrepreneuriale des salariés, la CGT avance ses propositions. Elle milite pour la mise en place d’un boulier anti-dumping social, fiscal et environnemental, afin de protéger les salariés et chasser la finance : augmentation des salaires, plafonnement des rémunérations des patrons, taxation du capital. Autre axe de la Confédération : la recherche et le développement. En se fixant cet objectif : atteindre 3 % du PIB en cinq ans. La CGT plaide également pour un accroissement des investissements publics et privés, une réduction du temps de travail, et une mise à plat de la fiscalité des entreprises : par exemple, les taux d’impôt des sociétés pourraient être modulés en fonction du respect des objectifs en matière d’investissement productif, R&D, formation des salariés… L’objectif ultime, en termes financiers, étant la création d’un pôle financier public, pour réorienter l’épargne vers l’appareil productif. Au-delà des réflexions de la Confédération, les camarades de la CGT sont eux aussi porteurs de projets industriels : en Saône-et-Loire, le projet industrie et services publics au fil de l’eau a imaginé un système qui permettrait d’éviter les émissions de gaz à effet de serre en utilisant la voie fluviale. L’industrie reste la pierre angulaire du développement de nos territoires. Car, comme l’a rappelé Philippe Martinez, « la seule façon de créer des richesses, c’est l’industrie ».

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Grande-Bretagne : une prison privatisée confiée à Sodexo fait scandale

Un reportage réalisé par un journaliste de la BBC à l’intérieur de la prison HMP Northumberland, l’une des plus importantes du Royaume-Uni, met en lumière des conditions de détention chaotiques. La prison a été privatisée en 2013 et sa gestion confiée à l’entreprise française Sodexo, qui a immédiatement supprimé 200 emplois de gardiens.

Le reporter de la BBC s’est fait embaucher pendant deux mois comme gardien dans la prison d’Acklington gérée par Sodexo, dans le nord de l’Angleterre. Il a pu filmer en caméra caché les conditions qui y régnaient.

Les images qu’il a collectées suggèrent que la réduction drastique du nombre des gardiens par Sodexo au moment de la privatisation de 2003, ajoutés à des problèmes endémiques de surpopulation carcérale, a fait basculer la prison dans une situation chaotique. Le reportage met notamment en lumière un trafic et une consommation incontrôlés de drogues, ainsi que des problèmes sérieux de sécurité. Quant aux services de réinsertion proposés par la prison, le journaliste évoque une formation à l’« employabilité » où il était demandé aux détenus de colorier des images du dessin animé Peppa Pig...

Voir ci-dessous et ici le reportage et les commentaires de la BBC (en anglais), ainsi que l’article du Monde.

« Nous sommes fiers des personnels du centre pénitentiaire de Northumberland qui accomplissent leur tâche avec professionnalisme dans des circonstances difficiles », a réagi Sodexo - qui gère en tout quatre prisons dans le pays - après la diffusion du reportage.

Ce n’est pas la première fois que la gestion par Sodexo de prisons privatisées au Royaume-Uni attire l’attention de l’opinion (lire notre article). L’affaire a provoqué un scandale outre-Manche, et le ministère de la Justice a annoncé une enquête.

OP

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Depuis le 7 février dernier, la CGT section mines-énergie initie, chaque mardi, un mouvement de grève destiné à dénoncer leurs conditions salariales et le démantèlement progressif du service public. Une mobilisation intitulée « Les Mardis de la colère » qui s’invite actuellement sur le parc d’activités de Camagnon à Ploërmel, et plus précisément à la plateforme Serval, propriété d’EDF.

Un lieu hautement stratégique

Si la CGT a choisi de bloquer la plateforme Serval, c’est tout simplement parce que c’est un lieu hautement stratégique. En effet, cette plateforme logistique alimente en matériel les entreprises GRDF et ERFD, récemment devenue Enedis, des régions Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charente, soit un total de 13 départements. Un mouvement enclenché par le syndicat au niveau national. « Car, aujourd’hui, sept plateformes de ce type, au nombre de 11 en France, sont bloquées », souligne Stéphane Le Roux, secrétaire général du syndicat des mines et de l’énergie du Morbihan.

Blocage total

Les syndicalistes présents n’ont pas empêché les salariés qui le souhaitaient à rejoindre leur poste de travail à l’intérieur de la plateforme. Toutefois, ils n’ont pas hésité à bloquer l’entrée et la sortie des livraisons. Résultat : aucun camion n’a pu venir chercher du matériel ou en déposer jusqu’à la find e la journée. « L’objectif : faire pression sur nos patrons afin qu’ils revoient leur copie. » Un mouvement qu’ils reconduiront jusqu’au mardi 7 mars compris, sur de multiples sites, tenus secret, du groupe EDF.

Revendications

Quelles sont leurs revendications ? « Elles concernent pour l’essentiel les mesures salariales, explique Stéphane Roux. Nos salaires sont bloqués pour l’année 2017, avec 0 % d’augmentation. C’est du jamais vu depuis 70 ans ! » De plus, il dénonce la suppression de 7000 emplois annoncée par EDF, « dont 2000 concerne la seule filiale Enedis. Et pourtant, Enedis vient d’acter, pour 2020, une enveloppe de 742 millions à destination de ses actionnaires. »

Cette perte d’emploi, associée à la dégradation des conditions de travail, la CGT mines-énergie de la digère pas. « EDF nous asphyxie pour financer ses projets, tel celui du « grand carénage », qui consiste à sécuriser ses sites nucléaires afin de prolonger leur durée de vie. Coût : 55 milliards d’ici 2025. Tout cela, comme le financement des EPR anglais, Areva et la mise en place des compteurs Linky, n’est, selon nous, qu’une grosse fumisterie », analyse Christophe Guillet, secrétaire général de la section mines-énergie d’Ille-et-Vilaine.

« EDF est en train de tout casser »

Ce qu’il regrette également, avec son homologue morbihannais, c’est le démantèlement progressif du service public d’EDF. « On ferme des boutiques, on retire le minimum de contact et invite les usagers à se rendre sur Internet ! Pourtant, les usagers, eux, payent toujours plus cher. Comment comprendre que la facture s’alourdit alors que l’on se voit proposer de moins en moins de services ? », s’interrogent-ils. EDF malheureusement est en train de tout casser. »

Maëva Dano

Publié par FSC

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Plastic Omnium est implanté sur plusieurs sites en France, comme ici dans l'Ain.

La grève se poursuit chez Plastic Omnium dans le nord Ardèche. La CFDT, la CGT et la CFE-CGC ont lancé le mouvement lundi matin. Les négociations annuelles obligatoires se passent mal. La grève touchent les trois sites de Félines, Andance et Saint-Désirat.

Les salariés de Plastic Omnuim dans le nord Ardèche vont entamer leur deuxième jour de grève mardi matin. Un mouvement lancé par la CFDT, la CGT et la CFE-CGC, le syndicat des cadres, après l'échec des réunions sur les négociations annuelles obligatoires.

"On veut simplement que Plastic Omnium rembourse les salariés qui ont fait des efforts pour le bien de l'entreprise et qui ne sont pas récompensés." - Matthieu Larnaud, délégué CFDT."

La direction du sous-traitant automobile est prête à accorder 0,9% d'augmentation générale et une prime de 300 euros brut aux 900 salariés des trois sites de Félines, Andance et Saint-Désirat. "Nous on demande une prime de 3 000 euros", explique Mathieu Larnaud, le délégué CFDT. "C'est simplement l'argent que les salariés ont perdu depuis l'accord de compétitivité en 2012. Nous avions eu des gels de salaire, des suppressions de RTT ... On nous avait promis un retour à l'équilibre financier en 2015 et ce n'est pas le cas. On veut simplement que Plastic Omnium rembourse les salariés qui ont fait des efforts pour le bien de l'entreprise et qui ne sont pas récompensés."

La CFE-CGC appelle à la grève pour le même raison. "On a eu des plans de départs volontaires et la charge de travail s'est reportée sur ceux qui restaient", confie Olivier Cardot, le délégué du syndicat des cadres. "Les salariés ont cru en l'avenir de Plastic Omnium et ils n'ont eu aucune contrepartie." La CFE-CGC demande à la direction une prime de 1 000 euros par salariés.

Publié par CGT Facebook Compiègne

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Questions CE/DP vendredi 24 février 2017

Voici les questions de la CGT pour le CE/DP de vendredi 24 février 2017 :

Questions CE :

Y a-t-il un objectif du Groupe de réduire la masse salariale

Pourquoi la nomination d’un cadre qui va gérer les caristes

 Point sur les retards habillages et matières premières, nous voulons de vraies explications

Point sur l’organisation à venir du shampoing/dentaire

Part de marché France et Europe, dentaire/shampoing

Volume usine à date

Budget publicitaire/promo/dentaire/shampoing

Explication sur la présentation de la maintenance au mois de décembre et le document reçu au mois de janvier qui a été changée, pourquoi ce décalage ?

Point sur Chevy, quel est coût de destruction d’un batch, combien ont été détruit ?

Est-il prévu de faire un test évacuation incendie ?

Mise à jour de l’organigramme des effectifs

 

Questions DP :

Combien d’opératrice spécialisé ont eu une augmentation individuelle, combien d’opérateur régleur (femme) ont touché une augmentation individuelle ?

Explication de la direction sur la communication des congés payés pour le personnel de week-end, nous ne comprenons pas la position de la direction. Pourquoi le directeur, le DRH ou le responsable de production n’ont pu intervenir le week-end dernier alors qu’il y avait une forte demande des salariés ?

Combien coûte la photo sur le pilier et le budget de la décoration

Ou en est-on avec la règle des enfants du personnel pour qu’il puisse venir en période hors vacance

1 caroussel sur les 2 est HS. Il n’a pas eu d’achat pour 2016, et pas de prévu pour 2017. La prod augmentant, comment faire sachant que les heures sup sont interdites.

 Samedi obligatoire pour 6 personnes soit 6*6 ; 36 week end sur 52. Il manque 2 personnes donc de 36 on passe à 24 sur 52. Est-il prévu l’emploi d’un intérimaire ?

 Serait-il possible d’avoir la prime panier, le samedi comme le personnel posté ?

Problème de connexion avec les scans au Transit

Point sur les référents week-end et chefs d’équipe en semaine

Il y a un manque de temps de formation pour le personnel au fract shampoing, que fait-on de la règle sur la sécurité et la qualité

Réponse du RTT week-end

Il nous a été signifié que nous n’avions plus le droit de prendre de sans solde tant que nos congés ne sont pas soldés, d’où vient cette règle ?

Point sur le projet Equilibre

Ou en est-il sur l’aménagement d’un point d’eau chaude au process dentaire cluster 2 suite à l’accident (question déjà posé au mois de novembre 2016, suite à un presque accident).

Ci-dessous l'ordre du jour CE/DP  :

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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Retour de l’entretien avec la direction suite à la communication sur le déroulement des congés payés.

Pour faire court, c’est une énorme erreur de communication de la part de la Direction. Rien n’est remis en cause, la façon de faire reste la même, la direction veut tout simplement avoir un regard plus pointilleux sur l’ensemble des congés payés (au plus vite) afin d’améliorer la planification et de le mettre en adéquation avec le marché. En aucun cas le Planning ne prendra pouvoir sur les congés payés, les chefs d’équipe gèrent la démarche de demande de congés payés comme les autres années.

Pour faire simple, ils ont merdé !!!

Pour votre info, la direction veut augmenter le seuil mini des permanents au sein de l’usine pour être le plus réactif à la demande du marché lors des grands pics de congés.

Nous serons vigilants sur ce point car dans tous les cas, il y aura un besoin d’embaucher si elle veut augmenter ce seuil. Difficile à croire avec un taux de précarité aussi élevé, depuis si longtemps !!! (Un point sera fait en CE/DP en fin de semaine)

Pour finir, la réaction des salariés du week-end étaient plus que légitime. Entre le discours de la direction d’aujourd’hui et celui de samedi matin, on est complètement en décalage. D’où la zizanie dans la tête des salariés !

Rappelons-le encore une fois, sans la mauvaise « COM » de leur part, les salariés n’auraient pas réagi ainsi, donc Oui, ils ont merdé. Les salariés du week-end ont perdu 2 heures de salaire !

Le message est clair au niveau des salariés (on n’est pas dupe), et peu importe le projet de la direction, cela ne se fera pas à notre détriment.  

On parle la même langue mais on ne doit pas parler le même langage

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Voici les faits :

Samedi, réunion d’équipe ou le chef annonce qu’il ne gère plus nos congés, que ceux-ci seront gérés par le planning. Tous très mécontent, les salariés interpelle le cadre du planning qui était justement d’astreinte. Là, il  réitère les mêmes faits et nous dit que si on veut partir en voyage, on doit en faire la demande, et après acceptation, faire les réservations.

Colère des salariés, ils exigent la présence de M. Caillot, ni lui, ni M. Odru n’ont répondu à l’appel. Les salariés lui mettent un ultimatum de faire renoncer à ce projet, si à 10H00 demain matin nous n’avions pas de réponse, on mettait le feu devant.

Dimanche matin à 10H00, réunion. Il avait réussi à avoir le DRH. Même musique, même TOPO!

10H45, 100% de l’effectif titulaire dehors pour 2 heures de grève. En rentrant nous avons  précisé au cadre de les prévenir que ce n’était qu’un avertissement….et il nous a répondu qu’il avait bien compris.

Il est inadmissible de la part de la direction, de faire ce genre d’annonce. Rien dans le CE du mois de décembre 2016, ne prévoyait ce type de communication.

Il y a une grosse incompréhension !

La direction veut imposer une nouvelle règle sur les congés, eh bien elle se fera avec les salariés.

A suivre…

 

Grève de 2 heures pour le personnel week-end suite à l'annonce de la règle sur la prise des congès.

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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Le géant agro-alimentaire américain Kraft Heinz a créé la surprise vendredi en mettant 143 milliards de dollars (134 milliards d'euros) sur la table pour son concurrent anglo-néerlandais Unilever, qui a aussitôt sèchement rejeté cette proposition.

Unilever a refusé l'offre de rachat de Kraft Heinz

Vendredi, le géant agro-alimentaire américain Kraft Heinz a créé la surprise en proposant à Unilever, son concurrent anglo-néerlandais, de le racheter pour 143 milliards de dollars.

(c) Reuters

Un mariage de ces deux multinationales arriverait au troisième rang du classement des plus grosses fusions d'entreprises jamais conclues dans le monde et serait le plus important rachat d'une entreprise basée au Royaume-Uni.

Vendredi 17 février, le géant agro-alimentaire américain Kraft Heinz a créé la surprise en proposant à Unilever, son concurrent anglo-néerlandais, de le racheter pour 143 milliards de dollars (soit 134 milliards d'euros). Une proposition que ce dernier s'est empressé de rejeter.

Le titre Unilever, aussi bien coté à Londres qu'à Amsterdam a bondi de plus de 13%, touchant au passage un record, à la suite de l'annonce de l'offre de Kraft Foods, qui a lui vu son action s'envoler de plus de 10% à Wall Street.

Le secteur de l'alimentation est confronté simultanément au ralentissement des marchés émergents, qui ont longtemps été le principal moteur de leur croissance, à la baisse des prix sur les marchés développés et à l'évolution des comportements d'achat des consommateurs, de plus en plus sensible aux arguments sur l'origine et la qualité des produits.

Unilever est plus présent que certains de ses concurrents dans les pays émergents. Il est par ailleurs plus exposé qu'eux à l'impact du Brexit.

Même si Kraft Foods a dit être impatient d'arriver à un stade permettant l'ouverture de discussions avec Unilever, ce dernier a dit ne voir aucun intérêt financier ou stratégique à de telles discussions.

Cela n'empêche pas certains investisseurs d'anticiper une surenchère, tout en soulignant que Kraft Foods, qui dispose jusqu'au 17 mars pour lancer une offre finale sur Unilever selon la législation britannique, devra y mettre le prix.

"Nous pensons que Kraft Foods devra relever son offre de manière substantielle pour espérer pour faire bouger les choses", a déclaré David Palmer, analyste chez RBC Capital Markets.

Une "proposition qui n'a aucun intérêt"

Unilever, qui possède entre autres les thés Lipton, les soupes Knorr et les savons Dove, estime que la proposition à 50 dollars par action soumise par Kraft Heinz le sous-évalue.

"Unilever rejette la proposition qui n'a aucun intérêt, qu'il soit financier ou stratégique, pour les actionnaires d'Unilever. Unilever ne voit pas de base pour de nouvelles discussions", a déclaré le groupe dans un communiqué.

Il recommande à ses actionnaires de ne prendre aucune initiative.

Kraft Heinz avait auparavant dit souhaiter "travailler à la conclusion d'un accord sur les modalités d'une transaction", une déclaration dans laquelle des analystes voient la possibilité d'un relèvement de son offre.

Dans son communiqué, Unilever précise que l'offre de Kraft Heinz, lui-même né d'une fusion en 2015, représentait une prime de 18% sur son cours de Bourse de jeudi. Il précise qu'elle se composait de 30,23 dollars par action en numéraire et de 0,222 action nouvelle par titre Unilever.

Même si Kraft Heinz est plus petit qu'Unilever par la capitalisation boursière (106 milliards de dollars, soit un peu moins de 100 milliards d'euros, pour l'américain), il peut s'appuyer sur le soutien financier de ses deux grands actionnaires, Berkshire Hathaway, la holding de l'investisseur multimilliardaire Warren Buffett, et le groupe de capital-investissement 3G Capital.

A eux deux, Berkshire et 3G possèdent 50,9% de son capital.

"C'est la rencontre entre l'argent pas cher et la logique industrielle", résume Steve Clayton, gérant du fonds HL Select UK Shares chez Hargreaves Lansdown, actionnaire d'Unilever.

Il évoque d'importantes opportunités de synergies dans le marketing, la fabrication et la distribution, en plus des économies que générerait la fusion des sièges.

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Salaires indécents, on marche sur la tête

Afin de continuer le gavage des actionnaires et de consolider la rémunération des Cadres principaux du Groupe Unilever, les usines doivent continuer à réduire les coûts, être encore plus compétitif,  augmenter la polyvalence jusqu’à l’outrance, réduire les effectifs, précariser le personnel, délocaliser les services, sous-traitances à outrances, toutes cette régression pour une logique « Financière ».

Et pour les exploités, les miettes…et la souffrance au travail !

Nous avons toutes les raisons de se révolter !!!

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C'est Bernard FRIOT qui en fait une magistrale démonstration.

Et ce n'est pas un hasard si B. HAMON le vainqueur de la primaire PS s'en fait le propagandiste.

La grande presse présentant ce projet tout droit sorti des officines patronales et des boites à idées de la grande bourgeoisie comme un projet progressiste, marqueur de la "gôche".

ASSEZ d'hypocrisie et de tromperie : sur ce terrain aussi le PS se comporte en auxilliaire du MEDEF et de la bourgeoisie!

Volonté du capital d'être purement rentier et de se débarrasser de toutes les acquis qui vont avec les institutions du salariat.

C'est à partir de cet objectif que se développe la campagne médias, PS, HAMON MEDEF de la destruction massive de l'emploi dans les années qui viennent pour justifier ce retrait des employeurs parallèle à la remise en cause radicale des droits et garanties du travail, du code du travail.

Ils arguent de la nécessité de trouver un autre modèle social consécutif aux mutations technologiques afin de remettre en cause tous les conquis du mouvement ouvrier.

La modernité sert de masque à une vieille ambition de la bourgeoisie contrée par les luttes de pouvoir exploiter sans aucune entrave les travailleurs!

 

Bernard Friot « Un capitalisme rentier qui n’assume plus d’être employeur »

interview à l'Humanité de mars 2016 qui revêt une brûlante actualité

Création du compte personnel d’activité, développement de l’autoentrepreneuriat, revenu de base…L’économiste et sociologue Bernard Friot met ces éléments nouveaux en perspective et interroge leur rôle dans l’économie capitaliste. Animateur du Réseau Salariat, association d’éducation populaire, il avance l’idée d’un « salaire à vie » à l’image du droit de vote comme un droit politique.

Vous insistez dans votre analyse économique sur la nécessité de droits salariaux attachés à la ­personne, que voulez-vous dire ?

Bernard Friot Que le salaire, comme le droit de vote, doit ­devenir un droit politique. Notre travail est reconnu de trois façons : par un employeur si nous allons sur le marché du travail et sommes employés ; par la vente du produit de notre travail sur le marché des biens et services si nous sommes indépendants ; par le salaire à vie si nous sommes fonctionnaires ou retraités. Or les employés et les indépendants sont soumis à des aléas sur lesquels, individuellement ou collectivement, ils n’ont aucune prise. Les capitalistes les exploitent sans retenue. Le marché du travail, des biens et services ne peuvent plus être le fondement de la reconnaissance du travail. Il faut généraliser le salaire à vie, c’est-à-dire une reconnaissance du travail attachée à la personne et non pas à un emploi ou à la vente d’un produit. Le droit politique de suffrage doit se doubler du droit politique de salaire : chacun, à 18 ans, a droit à vie au salaire correspondant au premier niveau de qualification, et passe au cours de sa carrière (qu’il soit indépendant, dans une entreprise ou fonctionnaire) des épreuves de qualification qui lui permettent de passer à des niveaux supérieurs, chaque progrès en qualification étant acquis à vie.

Le compte personnel d’activité est-il un progrès en ce sens ?

Bernard Friot Sûrement pas, c’est au contraire une régression. Un compte personnel, à commencer par le plus ancien d’entre eux, le compte personnel de retraite Arrco-Agirc, construit contre le régime général, asservit les travailleurs au marché du travail puisque c’est la performance dans l’emploi qui alimente le compte. Plus j’ai d’emplois, et de bons emplois, plus j’additionne des droits à des jours de repos ou de chômage, à la formation, à la retraite, à la complémentaire santé, etc. Ainsi, alors que le régime général permet de prolonger dans la pension les meilleurs salaires, le compte personnel tient compte de toute la carrière, y compris les années très mal payées. Le CPA n’est donc pas attaché à la personne, mais à son parcours professionnel, ce qui n’a rien à voir.

Pouvez-vous préciser en quoi cela n’a rien à voir ?

Bernard Friot La pension dans la fonction publique est la poursuite à vie du meilleur salaire et non pas la contrepartie des cotisations de carrière. Elle est donc bien un droit dépendant non pas de la mesure du parcours professionnel telle que l’opère l’addition de points dans un compte, mais de la qualification de la personne, qualification qui lui est attachée à vie. Alors que la pension Arrco-Agirc est du revenu différé qui dépend étroitement de la performance sur le marché du travail pendant 42 ans, la pension de fonction publique prolonge à vie le salaire atteint en fin de carrière.

Dire qu’un « droit est attaché à la personne » serait donc un abus de langage ?

Bernard Friot Évidemment. Le CPA fait étroitement dépendre les droits de l’emploi. Sauf que l’emploi, tel qu’il est vu par les capitalistes, ce n’est plus « l’emploi poste », mais « l’emploi parcours ». Le capitalisme financiarisé ne veut plus s’engluer dans la stabilité de postes de travail, et donc lier des droits au poste de travail : il s’efforce d’obtenir des salariés les plus mobiles possible et donc il lie les droits au parcours professionnel. Qu’on me démontre que le parcours professionnel est davantage maîtrisé par le salarié que son poste de travail ! En fait il ne maîtrise ni l’un ni l’autre. Et passer de droits attachés au poste à des droits attachés au parcours, ce n’est en aucun cas passer à des droits attachés à la personne. Pour qu’un travailleur soit titulaire de droits attachés à sa personne, il faut que ces droits le libèrent de l’aléa du marché du travail et du marché des biens et services.

Le CPA est lié à l’emploi. Or personne (salariés et patrons) ne se déclare contre l’emploi. La notion d’emploi est sans doute mal définie…

Bernard Friot Elle est le fruit de la lutte de classes. L’invocation de l’emploi sert essentiellement au patronat et au gouvernement, au nom du « sauvetage de l’emploi », à s’attaquer aux droits des salariés. Pour les patrons, un emploi a toujours été réduit à un poste de travail, ou aujourd’hui à un parcours d’un poste à l’autre. Autant « l’emploi » a été un mot du vocabulaire syndical parce qu’il a été construit dans la lutte comme obligation de respect de la qualification du poste et de versement de cotisations sociales, autant aujourd’hui l’emploi tend à redevenir le poste tout nu ou le parcours entre des postes tout nus. Et donc c’est finalement la définition patronale de l’emploi qui aujourd’hui l’emporte.

On en arrive à l’hégémonie du vocabulaire de la classe dominante. Hégémonie traduite dans les faits…

Bernard Friot C’est là qu’il faut sortir de la dépendance vis-à-vis de l’agenda des patrons. Cela veut-il dire promouvoir le « vrai emploi » face aux « faux emplois » patronaux ? Non. C’est une bataille perdue depuis quarante ans. Faire de la bataille pour le « vrai emploi » le cœur de l’action syndicale me paraît une faute stratégique majeure. Les droits liés aux postes ou aux parcours sur le marché du travail restent maîtrisés par les propriétaires de l’outil de travail, qui décident des postes et des parcours. Fonder des droits sur quelque chose sur lequel les salariés ont si peu de prise n’a plus de sens. Il n’y a plus une seule entreprise ou une seule branche qui fonctionne avec ce qu’on appelait un marché interne, c’est-à-dire qu’on y faisait sa carrière sans jamais passer par le marché du travail. C’est fini. Même si l’emploi a été une victoire syndicale et a été, en cas de marché interne, le support de parcours professionnels libérés des aléas du marché du travail – à condition de rester dans la même entreprise à vie : on peut aussi ne pas avoir cela comme projet –, aujourd’hui cela ne peut, en aucun cas, être le fondement d’une stratégie syndicale. Une chose est de requalifier en emploi des situations d’infra-emploi, au cas par cas, auprès des prud’hommes : c’est indispensable et il faut se battre contre les réformes qui rendent cette requalification toujours plus difficile. Tout autre chose est de faire de « vrais emplois » un projet stratégique.

Un point sur la définition de l’« infra-emploi » ?

Bernard Friot L’infra-emploi qualifie deux types de situations. D’une part celles dans lesquelles on dépend d’un employeur en étant en stage, bénévole, volontaire, en service civique, en formation, et d’une façon générale toutes ces situations d’emploi dans lesquelles le poste n’est pas reconnu comme porteur de qualification. D’autre part celles dans lesquelles on est faussement indépendant comme l’autoentrepreneuriat. Faussement parce qu’en réalité, on dépend entièrement du même client, ou du même fournisseur (de données numériques par exemple dans l’économie prétendument collaborative)… Sauf que lui ne cotise à rien, que le travailleur n’a pas de droit au chômage, que les règles horaires ou de sécurité liées à l’emploi sont inexistantes, etc.

L’autoentrepreneuriat est peut-être le reflet de l’aspiration de la jeunesse à ne plus dépendre de l’employeur. Les capitalistes ont-ils un train d’avance ?

Bernard Friot Je ne peux que saluer la maturité politique de tous ceux qui, chez les jeunes, ne veulent pas se soumettre à des employeurs et entendent bien maîtriser leur travail en refusant de produire des choses dont ils savent qu’elles sont nocives ou inutiles. Cela dit, tout dépend comment est institué ce travail indépendant. Il peut être enti

Création du compte personnel d’activité, développement de l’autoentrepreneuriat, revenu de base…L’économiste et sociologue Bernard Friot met ces éléments nouveaux en perspective et interroge leur rôle dans l’économie capitaliste. Animateur du Réseau Salariat, association d’éducation populaire, il avance l’idée d’un « salaire à vie » à l’image du droit de vote comme un droit politique.

Vous insistez dans votre analyse économique sur la nécessité de droits salariaux attachés à la ­personne, que voulez-vous dire ?

Bernard Friot Que le salaire, comme le droit de vote, doit ­devenir un droit politique. Notre travail est reconnu de trois façons : par un employeur si nous allons sur le marché du travail et sommes employés ; par la vente du produit de notre travail sur le marché des biens et services si nous sommes indépendants ; par le salaire à vie si nous sommes fonctionnaires ou retraités. Or les employés et les indépendants sont soumis à des aléas sur lesquels, individuellement ou collectivement, ils n’ont aucune prise. Les capitalistes les exploitent sans retenue. Le marché du travail, des biens et services ne peuvent plus être le fondement de la reconnaissance du travail. Il faut généraliser le salaire à vie, c’est-à-dire une reconnaissance du travail attachée à la personne et non pas à un emploi ou à la vente d’un produit. Le droit politique de suffrage doit se doubler du droit politique de salaire : chacun, à 18 ans, a droit à vie au salaire correspondant au premier niveau de qualification, et passe au cours de sa carrière (qu’il soit indépendant, dans une entreprise ou fonctionnaire) des épreuves de qualification qui lui permettent de passer à des niveaux supérieurs, chaque progrès en qualification étant acquis à vie.

Le compte personnel d’activité est-il un progrès en ce sens ?

Bernard Friot Sûrement pas, c’est au contraire une régression. Un compte personnel, à commencer par le plus ancien d’entre eux, le compte personnel de retraite Arrco-Agirc, construit contre le régime général, asservit les travailleurs au marché du travail puisque c’est la performance dans l’emploi qui alimente le compte. Plus j’ai d’emplois, et de bons emplois, plus j’additionne des droits à des jours de repos ou de chômage, à la formation, à la retraite, à la complémentaire santé, etc. Ainsi, alors que le régime général permet de prolonger dans la pension les meilleurs salaires, le compte personnel tient compte de toute la carrière, y compris les années très mal payées. Le CPA n’est donc pas attaché à la personne, mais à son parcours professionnel, ce qui n’a rien à voir.

Pouvez-vous préciser en quoi cela n’a rien à voir ?

Bernard Friot La pension dans la fonction publique est la poursuite à vie du meilleur salaire et non pas la contrepartie des cotisations de carrière. Elle est donc bien un droit dépendant non pas de la mesure du parcours professionnel telle que l’opère l’addition de points dans un compte, mais de la qualification de la personne, qualification qui lui est attachée à vie. Alors que la pension Arrco-Agirc est du revenu différé qui dépend étroitement de la performance sur le marché du travail pendant 42 ans, la pension de fonction publique prolonge à vie le salaire atteint en fin de carrière.

Dire qu’un « droit est attaché à la personne » serait donc un abus de langage ?

Bernard Friot Évidemment. Le CPA fait étroitement dépendre les droits de l’emploi. Sauf que l’emploi, tel qu’il est vu par les capitalistes, ce n’est plus « l’emploi poste », mais « l’emploi parcours ». Le capitalisme financiarisé ne veut plus s’engluer dans la stabilité de postes de travail, et donc lier des droits au poste de travail : il s’efforce d’obtenir des salariés les plus mobiles possible et donc il lie les droits au parcours professionnel. Qu’on me démontre que le parcours professionnel est davantage maîtrisé par le salarié que son poste de travail ! En fait il ne maîtrise ni l’un ni l’autre. Et passer de droits attachés au poste à des droits attachés au parcours, ce n’est en aucun cas passer à des droits attachés à la personne. Pour qu’un travailleur soit titulaire de droits attachés à sa personne, il faut que ces droits le libèrent de l’aléa du marché du travail et du marché des biens et services.

Le CPA est lié à l’emploi. Or personne (salariés et patrons) ne se déclare contre l’emploi. La notion d’emploi est sans doute mal définie…

Bernard Friot Elle est le fruit de la lutte de classes. L’invocation de l’emploi sert essentiellement au patronat et au gouvernement, au nom du « sauvetage de l’emploi », à s’attaquer aux droits des salariés. Pour les patrons, un emploi a toujours été réduit à un poste de travail, ou aujourd’hui à un parcours d’un poste à l’autre. Autant « l’emploi » a été un mot du vocabulaire syndical parce qu’il a été construit dans la lutte comme obligation de respect de la qualification du poste et de versement de cotisations sociales, autant aujourd’hui l’emploi tend à redevenir le poste tout nu ou le parcours entre des postes tout nus. Et donc c’est finalement la définition patronale de l’emploi qui aujourd’hui l’emporte.

On en arrive à l’hégémonie du vocabulaire de la classe dominante. Hégémonie traduite dans les faits…

Bernard Friot C’est là qu’il faut sortir de la dépendance vis-à-vis de l’agenda des patrons. Cela veut-il dire promouvoir le « vrai emploi » face aux « faux emplois » patronaux ? Non. C’est une bataille perdue depuis quarante ans. Faire de la bataille pour le « vrai emploi » le cœur de l’action syndicale me paraît une faute stratégique majeure. Les droits liés aux postes ou aux parcours sur le marché du travail restent maîtrisés par les propriétaires de l’outil de travail, qui décident des postes et des parcours. Fonder des droits sur quelque chose sur lequel les salariés ont si peu de prise n’a plus de sens. Il n’y a plus une seule entreprise ou une seule branche qui fonctionne avec ce qu’on appelait un marché interne, c’est-à-dire qu’on y faisait sa carrière sans jamais passer par le marché du travail. C’est fini. Même si l’emploi a été une victoire syndicale et a été, en cas de marché interne, le support de parcours professionnels libérés des aléas du marché du travail – à condition de rester dans la même entreprise à vie : on peut aussi ne pas avoir cela comme projet –, aujourd’hui cela ne peut, en aucun cas, être le fondement d’une stratégie syndicale. Une chose est de requalifier en emploi des situations d’infra-emploi, au cas par cas, auprès des prud’hommes : c’est indispensable et il faut se battre contre les réformes qui rendent cette requalification toujours plus difficile. Tout autre chose est de faire de « vrais emplois » un projet stratégique.

Un point sur la définition de l’« infra-emploi » ?

Bernard Friot L’infra-emploi qualifie deux types de situations. D’une part celles dans lesquelles on dépend d’un employeur en étant en stage, bénévole, volontaire, en service civique, en formation, et d’une façon générale toutes ces situations d’emploi dans lesquelles le poste n’est pas reconnu comme porteur de qualification. D’autre part celles dans lesquelles on est faussement indépendant comme l’autoentrepreneuriat. Faussement parce qu’en réalité, on dépend entièrement du même client, ou du même fournisseur (de données numériques par exemple dans l’économie prétendument collaborative)… Sauf que lui ne cotise à rien, que le travailleur n’a pas de droit au chômage, que les règles horaires ou de sécurité liées à l’emploi sont inexistantes, etc.

L’autoentrepreneuriat est peut-être le reflet de l’aspiration de la jeunesse à ne plus dépendre de l’employeur. Les capitalistes ont-ils un train d’avance ?

Bernard Friot Je ne peux que saluer la maturité politique de tous ceux qui, chez les jeunes, ne veulent pas se soumettre à des employeurs et entendent bien maîtriser leur travail en refusant de produire des choses dont ils savent qu’elles sont nocives ou inutiles. Cela dit, tout dépend comment est institué ce travail indépendant. Il peut être entièrement récupéré par le capital à travers des dispositifs dans lesquels les jeunes en question sont autonomes dans leur travail, collaborent sans hiérarchie, dans un dispositif horizontal… tout en alimentant par un travail gratuit, par exemple dans le logiciel libre, le profit des ­propriétaires de Google. Se développe un capitalisme rentier qui n’assume plus les responsabilités de l’employeur, qui renvoie les travailleurs à la valorisation de leur travail sur le marché des services : il faut vendre 150 km de covoiturage, une semaine de son appartement, avec l’effarante marchandisation du quotidien que cela représente. Tout comme les employés sont sous le joug des aléas du marché du travail, ces indépendants sont sous le joug du marché des biens et services tout en alimentant la rente de propriétaires de bases de données affranchis de leur responsabilité dans la conduite du travail.

Il y a donc une volonté des capitalistes de se ­dédouaner de leur rôle d’employeur ?

Bernard Friot Oui, ils ne veulent plus lier le profit au fait d’assumer sur le long terme des salaires, des cotisations sociales, le fonctionnement d’un comité d’hygiène et de sécurité, les droits des CE, etc. C’est pour cela qu’ils construisent avec tant de continuité depuis 1992, avec la CFDT, une « sécurisation des parcours » qui renverse la logique de responsabilité. Ce ne sont plus les employeurs, mais les intermédiaires du marché du travail, qui sont le « pôle emploi » ! Et les droits des salariés sont renvoyés à leur capacité à alimenter un CPA au prorata de leur performance sur des marchés, qu’ils soient du travail ou des biens, sur lesquels ils n’ont aucune prise. Car un des points de la loi travail, très insuffisamment souligné, est l’extension du CPA aux indépendants. Vont donc se trouver fongibles des droits nés dans l’emploi et dans l’indépendance : inutile de dire que celle-ci va être massivement instrumentée.

En parallèle à cette production de valeur qui est faite hors du contrat de travail se développe aussi l’idée d’un revenu de base…

Bernard Friot Ça va tout à fait ensemble. Le filet de sécurité que va offrir un revenu de base est la condition du recul de la sécurité qu’offre le Code du travail. Si le capital n’est absolument plus déterminé à assumer la sécurité d’emploi, en revanche cela ne lui pose aucun problème d’assumer la sécurité d’un minimum de ressources qui lui permettra, non seulement de baisser les salaires puisqu’il invoquera l’existence de ces ressources pour ne pas pratiquer des salaires normaux, mais aussi de récupérer la valeur produite par ces personnes en dehors de l’emploi, dès lors que la propriété lucrative n’est pas supprimée. Car le revenu de base ne supprime pas la propriété lucrative, et les capitalistes seront en capacité de récupérer la valeur produite. Et ce ne sont pas eux qui paieront, puisque c’est l’impôt qui financera le revenu de base. Bref ils ont tout intérêt à ce qu’un revenu de base vienne, à côté d’un CPA étendu aux indépendants, étayer l’autoentrepreneuriat.

Quelle alternative proposez-vous ?

Bernard Friot Le salaire à vie, qui est inséparable de la copropriété d’usage de tous les outils de travail par les travailleurs et donc de la maîtrise par eux de l’investissement, tant il est vrai que la propriété lucrative, au cœur du capitalisme de rente, doit être supprimée. Il s’agit d’actualiser la bataille qui a conduit à la mise en place à la Libération du régime général comme caisse unique à gestion ouvrière, et du statut de la fonction publique. Le régime général a fait la preuve jusqu’aux années 1970 que nous pouvons produire la santé avec des travailleurs payés à vie, qu’ils soient fonctionnaires ou indépendants conventionnés, sans mettre en valeur aucun capital actionnaire ou prêteur : l’investissement hospitalier des années 1960 a été largement subventionné grâce à la hausse du taux de cotisation maladie. Nous pouvons tout produire sans emploi et sans capital. Ce n’est pas 45 % du salaire qui doit aller aux caisses de Sécurité sociale comme aujourd’hui, mais 100 % (et au seul régime général, qui, à nouveau géré par les seuls travailleurs, sera chargé de payer les salaires à vie). Le reste de la valeur ajoutée pourrait se partager entre autofinancement de l’outil de travail décidé par les travailleurs copropriétaires des entreprises, et cotisation économique allant à des caisses, elles aussi gérées par les seuls travailleurs, chargées de subventionner le reste de l’investissement (y compris par création monétaire sans crédit) et d’assurer les ­dépenses de fonctionnement courantes des services publics. Je vous renvoie aux travaux que mène sur toutes ces questions Réseau Salariat.

De la socialisation du salaire. Auteur d’une thèse d’État portant sur la construction de la sécurité sociale, Bernard Friot axe son travail en défendant « le caractère anticapitaliste des institutions de socialisation du salaire ». Dans son dernier ouvrage, Émanciper le travail : entretiens avec Patrick Zech, paru aux éditions La Dispute et au sein de l’association Réseau Salariat, il développe l’idée de « salaire à vie » et de la « copropriété d’usage des moyens de production ».

PAR FSC

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Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.

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