SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
30.000 emplois menacés à Roissy : la riposte doit être à la hauteur de l’hécatombe

Sur 94 000 emplois à l’heure actuelle à Roissy Charles-de-Gaulle, un tiers sont menacés. 30 000 familles de travailleurs, auxquels le patronat fait payer la crise, pourraient ainsi se retrouver sur le carreau. Une marche est appelée le 18 mars à laquelle il faudra être nombreux !

Mouvement ouvrier

Aéroport de Paris (AdP) et Air France, les deux géants nationaux de l’aéroportuaire, annonçaient la semaine dernière dans un article paru dans Le Monde que jusqu’à 30 000 postes pourraient être supprimés à Roissy Charles de Gaulle, comme nous le notions sur Révolution Permanente. En effet, Air France met en pratique pour la première fois à grande échelle le mécanisme de Rupture Conventionnelle Collective (RCC), alors que les 700 à 800 sociétés actives à Roissy (manutention des bagages, sûreté, assistance aéroportuaire, nettoyage d’avions) se préparent à licencier massivement.

La situation est encore plus scandaleuse quand on sait qu’Air France a bénéficié et continue à le faire des aides financières conséquentes de l’Etat : 7 milliards d’euros d’aide. Une fois de plus, et comme le dénonçaient déjà récemment les travailleurs de TUI France, les aides versées par l’Etat avec l’argent collecté par les impôts vont dans les poches du patronat et jamais à ceux qui produisent les richesses et payent les impôts, les travailleurs.

Le 15 octobre 2020 une première marche pour sauver les emplois, appelée par l’intersyndicale (CGT, Fo, CFE-CGC, CFTC, UNSA et Sud Aérien) a eu lieu avec la participation 2000 travailleurs, suivie d’une rencontre avec la préfète Mme Wolfermann. Cinq mois après, et suite à la confirmation de 30.000 suppressions de postes envisagés, l’intersyndicale appelle à une nouvelle marche pour l’emploi le 18 mars prochain devant la préfecture. Cette initiative pourrait devenir le point de départ d’une lutte pour qu’aucun travailleur reste sur le carreau, à condition de créer une dynamique qui ne se cantonne pas à un simple dialogue impuissant avec le préfet.

En effet, la stratégie de « dialogue social » a déjà fait la preuve de son échec à Brigestone, où la direction a fermé le site de Béthune, laissant sur le carreau ses 863 salariés. Alors que le site était menacé, Il n’y a pas eu de plan de bataille de la part des organisations syndicales, qui ont cru dans les paroles du gouvernement, se limitant à appeler à quelques marches sans vraiment s’atteler à organiser un vrai plan de lutte pour créer le rapport de forces nécessaire. Cette illusion du dialogue est donc un véritable danger. A l’inverse, c’est la question de l’organisation de l’ensemble des travailleurs de Roissy, syndiqués ou non, avec une stratégie de lutte pour le maintien de tous les emplois qui devrait être posée clairement à partir du 18 mars.

De fait, les travailleurs ont de nombreux arguments à avancer. Par exemple, une de nombreuses entreprises de Roissy, la société Servair, est en capacité de produire 100 000 plateaux repas par jour pour les avions, et annonce la suppression de plus de 2000 postes avec l’argument du manque de travail due à la baisse de l’activité. En même temps, des milliers d’étudiants ne mangent pas à sa faim, touchés par une extrême précarité renforcée par la crise sanitaire. Toute la capacité de Servair devrait être mise au service de produire les plateaux repas nécessaires à nourrir nos jeunes ! D’autres sociétés de transport présentes à Roissy, comme Transdev par exemple, pourraient assurer le transport des plateaux repas vers les endroits où les jeunes font des files interminables pour s’alimenter. Les organisations syndicales pourraient étudier toutes les possibilités de reconversion des services impactés par la diminution de l’activité à Roissy et faire un plan pour répondre aux besoins de la population dans cette période de crise. Cette réorientation permettrait de montrer à quel point les intérêts des travailleurs sont liés à ceux de la jeunesse populaire, forgeant ainsi une unité dangereuse pour le patronat et le gouvernement.

Une telle démarche permettrait également de populariser à grande échelle la lutte des travailleurs de Roissy. Les grévistes de Grandpuits l’ont montré : en refusant de négocier seulement leurs conditions de départ mais en se battant pour sauver l’emploi et pour l’environnement, ils ont agrégé autour d’eux des soutiens très nombreux. Des travailleurs de toute la France (et même du monde entier) se sont ainsi retrouvés dans leur lutte, alimentant la caisse de grève, les rejoignant sur leur piquet de grève, prenant part à leurs action ou organisant des spectacles en solidarité.

Dans les prochains jours et semaines se jouent à Roissy la vie de 30 000 familles. Il s’agit d’organiser la lutte la plus déterminée pour l’emploi et de faire connaître ce combat fondamental ! En ce sens, il faudra être nombreux le 18 mars aux côtés des travailleurs de Roissy pour la Marche pour l’Emploi.

 

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
« Dialogue social » ? FO, CFTC, CFE-CGC valident le PSE chez Airbus, une trahison pour les travailleurs !

Le plan social historique annoncé fin juin 2020 par Airbus impliquait 15.000 suppressions d’emploi à échelle internationale, dont 5000 en France et 3500 sur les sites aux alentours de Toulouse. Apres la casse sociale qui a secoué le secteur, donneurs d’ordre et sous-traitants compris, Airbus tente de se refaire une image.

Casse sociale

Crédit photo : REMY GABALDA / AFP - Mobilisation des salariés d’Airbus le 8 juillet 2020 contre les licenciements et les suppressions de postes

Retour sur un PSE historique : quand les délègues syndicaux deviennent les meilleurs conseillers du patronat

Le 30 juin, Airbus confirmait la mise en place du plus grand plan de suppression de postes jamais réalisé par l’avionneur. Sans compter le personnel intérimaire, qui a perdu son travail du jour au lendemain, ce plan impliquait 15.000 suppressions d’emploi à échelle internationale, dont 5000 en France et 3500 sur les sites aux alentours de Toulouse. Et cela dans un secteur arrosé par 15 milliards du plan de relance et où, malgré les risques sanitaires, les ateliers n’ont pas fermé pendant le confinement. Dans le sillage du gouvernement et du reste du grand patronat, l’avionneur s’est ainsi mis en marche pour faire payer la crise aux travailleurs.

Le 8 juillet suite aux annonces de ce carnage à l’emploi, plus de 7000 salariés rejoignaient l’appel à manifester et à débrayer lancé par les syndicats FO, CFE-CGC, CFTC et auquel la CGT avait aussi appelé à participer. Malgré une journée de mobilisation particulièrement suivie et la démonstration de ce secteur du monde du travail en l’espace d’une heure et demie de manif, les équipes syndicales majoritaires ont décidé de s’arrêter là, histoire de ne pas fâcher la direction tout en faisant semblant d’aller dans le sens de la colère des travailleurs.

Après cette mise en scène, les délégués syndicaux ont enterré toute possibilité de construire un rapport de forces pour imposer 0 suppressions d’emplois et se sont renfermés dans les cadres du « dialogue sociale » avec la direction du groupe pour négocier le rythme, les modalités et l’ampleur de la casse sociale. En mettant en avant les « départs volontaires » ou encore les « mesures de retraite anticipée » contre les « licenciements secs », les délégués syndicaux on fait semblant de négocier le moindre mal dans le seul profit du patronat. En effet, deux mois plus tard, le 12 octobre, FO, CFE-CGC et CFTC signaient le plan de suppressions d’emploi et un accord sur l’activité partiel de longue durée (APLD). A l’époque Jean-François Knepper, délégué central FO ainsi que les medias et le personnel politique comme Elisabeth Borne se félicitaient de cet « excellent accord » qui devait exclure tout « licenciement sec » mais donner feu vert à des milliers des suppressions d’emploi.

Ce 4 mars, la direction d’Airbus a confirmé ce scénario. Dans une déclaration transmise à l’AFP la direction du groupe expliquait : « Grâce à l’efficacité de toutes les mesures sociales déployées jusqu’à présent, Airbus ne voit pas la nécessité de procéder à des licenciements forcés en France, en Allemagne et au Royaume-Uni, en attendant le déploiement réussi des mesures de mobilité interne en cours ». Un jour avant, lors d’un comité d’entreprise européen le groupe avait « confirmé aux partenaires sociaux que son plan d’adaptation au Covid-19 serait formellement conclu au plus tard à l’été 2021 ». Le groupe a aussi précisé qu’il « continuera d’évaluer au cours des prochaines semaines les dernières mesures à mettre en œuvre ».

Dans le cadre de l’accord actuel, sur les presque 5000 emplois visés, l’APLD aurait permis de garder temporairement 1500 salariés au prix d’une baisse du salaire et sans garantie de ne pas être licenciés plus tard. D’un autre côté, le programme de recherche qui vise à développer notamment l’avion à hydrogène, devrait occuper environ 600 salariés. Parmi les 2100 suppressions d’emploi qui restent pour atteindre les objectifs du patronat, les 60% seraient des départs en retraite (400) ou pré-retraite. Le 40% restant seraient concernerait des mesures différents comme des congés sans solde, des congés sabbatiques, etc.

Bien qu’on ne les appelle pas « licenciements contraints » , les différentes modalités des soi-disant « départs volontaires » amènent au même endroit : chômage et précarité pour ceux qui partent et surcharge du travail pour ceux qui restent. Le principal bénéficiaire de cette opération de « dialogue sociale », on le voit rapidement, est en effet le patronat d’Airbus : il fait payer la crise aux salariés (malgré des décennies de bénéfices milliardaires) tout en sauvant son image et en passant celle du patronat du secteur et de certaines équipes syndicales, si nécessaires à la direction pour accompagner la casse sociale.

Apres la première vague de licenciements, redorer l’image du patronat et du dialogue sociale

Comme l’expliquait éloquemment Florent Veletchy, délégué syndicale centrale CFTC « C’était important pour nous, syndicalistes, de montrer qu’on ne licencie pas chez Airbus. C’est un message pour toute la filière. D’autres entreprises, notamment les sous-traitants, regardent ce qui se passe chez nous, et toutes n’ont d’ailleurs pas été aussi soucieuses avec leurs salariés ». Jean Luc Moudenc, maire de Toulouse, a aussi salué dans un tweet « cette décision issue d’un dialogue sociale constructif ». La Dépêche, de son côté recevait les nouvelles d’Airbus avec un titre pompeux : « Airbus ne va pas licencier de personnel en France malgré la crise du Covid ». Cette opération médiatique pour redorer l’image du patronat du secteur et du dialogue sociale vient combler une inquiétude.

La première vague d’attaques patronales dans le secteur aéronautique a été d’une ampleur inouïe, plus de 13.000 postes ont été concernés par des PSE. Et cela sans parler des intérimaires, les licenciements collectifs hors-PSE ou encore les baisses de salaire et les licenciements associés aux accords de performance collective (APC). Cette vague d’attaques est allée de pair avec une certaine usure d’un des principaux outils du patronat pour canaliser la colère des salariés et imposer ses intérêts : le dialogue social.

Pour ne citer que quelques exemples, les salariés ayant subi des APC comme ceux de Derichebourg ou DSI, ou qui ont fait face à une PSE comme AAA, ont averti du danger d’épuiser le temps qui devrait être consacré à la construction du rapport de forces, dans la table de négociations. Les attaques patronales ont aussi montré au grand jour le rôle de certains bureaucrates syndicaux plus soucieux de faire passer les plans du patronat que de défendre les intérêts des travailleurs. C’est le cas de FO Derichebourg ou encore le scandale du délégué CGC-CFE chez AAA. Les attaques contre les travailleurs ne sont pas non plus restées sans réponse. A Derichebourg, Cauquil, Latelec ou Toray, ce sont autant de luttes qui ont exprimés avec des différents degrés la volonté de dépasser la stratégie de « négocier le poids des chaines » défendu par les équipes syndicales pro-patronales.

Au moment où le patronat, la bureaucratie syndicale, les medias et la classe politique essayent de réhabiliter le « dialogue sociale » qui a accompagné et accompagne cette casse sociale historique, il est important de rappeler et revendiquer les expériences récentes qui ont permis d’envisager une méthode de lutte capable de construire un vrai rapport de forces pour défendre l’emploi. C’est le cas des luttes des salariés de Derichebourg de Toray ou de Grandpuits qui elles aussi, à des degrés différents, ont montré l’importance de l’unité entre les travailleurs syndiqués et non-syndiqués, de construire des assemblés de salariés où décider des suites de la mobilisation, de refuser de « négocier le poids des chaines », de lutter par la grève et de se coordonner avec les autres boites pour imposer 0 suppressions d’emploi et 0 baisse de salaire.

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Lutte sociale : les salariés de Bosch Rodez et SAM se battent ensemble pour l’emploi dans l’Aveyron

Dans l’Aveyron, le choc est terrible pour les salariés de Bosch à Rodez. La direction a annoncé la liquidation de 750 postes d'ici 2025 sur les 1500 emplois du site. Les salariés de la SAM à Viviez, eux aussi luttent contre la fermeture de l'usine et le licenciement des 365 salariés

Tous ensemble !

Dans l’Aveyron, le choc est terrible pour les salariés de Bosch à Rodez. La direction a annoncé la liquidation de 750 postes d’ici 2025 sur les 1500 emplois du site. Le PDG de Bosch France disait dans ses annonces que cela était inéluctable et qu’un site de 500 salariés serait viable. Mais nous savons tous que la situation est bien plus difficile et que le plan pourrait conduire à la fermeture de l’usine. Les accords mettant en avant les départs « non contraints » comme une solution favorable aux salariés ne sont que de la poudre aux yeux, puisqu’aller travailler ailleurs est impossible avec la situation de crise économique internationale et la montée du chômage qui touche le pays. Le PSE sera inévitablement la prochaine étape, et les salariés s’y préparent en organisant le bras de fer contre les suppressions d’emplois et la fermeture du site. Le blocus qui a uni les salariés de Bosch de Rodez à ceux de la SAM à Viviez en est un exemple. Eux aussi luttent contre la fermeture de leur usine et le licenciement des 365 salariés pour lesquels l’idée d’une éventuelle reprise s’éloigne de plus en plus .

Bosch, la crise du dièselgate et la situation de l’entreprise mondial

Avec près de 394 500 salariés, le groupe mondial Bosch est un géant dans le secteur des équipements automobiles. Son chiffre d’affaire en 2020 était de 77,9 milliards d’euros, et le bénéfice en cette même année était de 1,9 milliards d’euros. Malgré ces chiffres, sans parler des bénéfices cumulés ces dernières années, Bosch a décidé de s’attaquer à la masse salariale et ainsi s’assurer une marge de profit face à la baisse de 41 % du chiffre d’affaires due à la crise du Covid et à la baisse de la demande de moteurs diesel. Décharger la crise sur les salariés est d’autant plus scandaleux que la direction de Bosch est responsable de cette baisse de commandes des moteurs diesel. En effet suite à l’affaire du diéselgate, le groupe Bosch à dû payer 90 millions d’amende en Allemagne pour avoir participé à la tricherie sur le niveau réel d’émissions d’oxides d’azote des moteurs diesel de Volskwagen. Ainsi non seulement la direction de l’entreprise est responsable, mais surtout Bosch a les moyens économiques de maintenir tous les emplois. Les milliards sont bien là et c’est le fruit des salariés qui on travaillé pendant ces années, puisque ce sont eux qui font tourner l’entreprise. C’est notre force.

Les salariés de Bosch et de la SAM dans l’action pour construire une riposte

Depuis lundi matin les salariés et les organisations syndicales ont décidé de bloquer les entrées de l’usine de Bosch pour protester contre les suppressions d’emploi et les conséquences néfastes que cela aurait sur le bassin d’emploi de la région. En effet ce ne sont pas « seulement » 750 emplois pour Bosch et 365 pour la SAM, mais tous les emplois directs et indirects qui entourent ces industries. C’est pourquoi d’autres secteurs se sont joints à l’appel des salariés de Bosch pour les soutenir. C’est dans cette solidarité que réside la force du mouvement ouvrier. Si cette solidarité entre les salariés et les habitants de l’Aveyron est un pas très important dans la construction d’un rapport de forces, c’est aussi le moment de mette sur pieds une stratégie à la hauteur, à l’image de ce qu’ont fait les salariés de Grandpuits, pour lutter contre les licenciements et les suppression d’emplois. Malgré les annonces pour tenter de calmer la colère, Bosch n’a pas de plan de reconversion sérieux pour faire face à la baisse de la demande de moteurs diesel. L’entreprise ne cherche qu’à laisser pourrir la situation pour ensuite massacrer tous les emplois tel que l’a fait le patronat de Bridgestone à Bethune. Ce ne sont pas ni Renault ni l’Etat qui vont qui vont sauver les emplois, ils ne cherchent qu’à empêcher et dévier toute forme de lutte, bloquer l’organisation démocratique des salariés en dehors des cadres du « dialogue social » pour ainsi trouver moins de résistance pour imposer ses intérêts. Défendre un programme intransigeant autour de 0 suppression d’emploi comme l’ont fait les salariés de la raffinerie de Grandpuits et chercher à l’imposer par la grève est le meilleur moyen d’élargir le combat et d’envisager une victoire contre le patronat.

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Révoltes contre les violences policières à Lyon : Darmanin ment pour justifier la répression

Les nuits de révolte dans le quartiers populaire de La Duchère à Lyon s’enchaînent depuis près d’une semaine et l'hospitalisation d'un jeune de 13 ans percuté en scooter par une voiture de police. Loin des fantasmes distillés par Darmanin présentant les émeutes comme une conséquence du « démantèlement des points de deal », les jeunes dénoncent l'impunité et les violences policières.

crédit photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP

« La tête de mon petit frère a percuté un poteau, et la police l’a laissé par terre inconscient » : à l’origine de la révolte, la violence policière de trop

Depuis bientôt une semaine, dans plusieurs quartiers populaires de Lyon et sa banlieue, des jeunes se révoltent la nuit tombée. Jeudi soir dans le quartier de la Duchère, dans le 9ème arrondissement, de premiers affrontements ont opposé la police aux jeunes du quartier après une série d’incendies volontaires de poubelles et de voitures. Les jours suivants les émeutes se sont poursuivies et se sont rapidement étendues à de nombreux quartiers de la métropole.

L’élément déclencheur s’est produit le mercredi 3 mars dernier, lorsqu’un jeune adolescent de 13 ans a été hospitalisé après avoir été percuté par une voiture de la police. Sur instagram son grand frère, Hamza Cherifi, raconte : « Selon les témoins une voiture de la police a suivi mon petit frère et l’a pris en chasse sans gyrophare. Ils se sont amusés à jouer avec lui avant de le percuter. La tête de mon petit frère a percuté un poteau puis le trottoir. La police a alors fait marche-arrière, demi-tour et a laissé mon petit frère par terre inconscient. ».

Il poursuit :« Ce n’est pas la première fois que la police s’amuse à nous faire peur en nous suivant en voiture. Ces mêmes faits se sont déjà produits avec certains de mes amis. A chaque fois les affaires ont été étouffées, classées, il a toujours été dit que c’était la faute des jeunes. Mais cette fois-ci, croyez-moi, ils ne pourront pas dire que c’était de la faute des jeunes. Mon petit frère il n’a pas pu tomber tout seul, avec un 50 cm3 de marque ZIP, ce sont les scooters les plus faciles à conduire. Je ne peux pas accepter qu’ils disent à la télé que mon petit frère est tombé tout seul, qu’ils expliquent que les jeunes cassent et brûlent pour rien. Les jeunes de la Duchère ils ont entendu qu’un petit jeune de 13 ans s’était fait percuter par une voiture de police et que celle-ci avait pris la fuite et je comprends leur colère même si j’essaye de les calmer. Parmi les émeutiers il y avait des gens de tout âge, des pères de famille, des jeunes, … ils veulent juste se faire entendre ».

Hamza Cherifi explique avoir porté plainte contre la police et dénonce la caractère systémique des violences policières dans son quartier :« J’ai porté plainte, j’espère juste qu’ils feront leur travail, qu’ils ne vont pas étouffer l’affaire. On ne pourra pas m’étouffer moi. A La Duchère on a à faire à des policiers qui se comportent comme des voyous mais qui portent plainte à la fin eux-mêmes. La police menace tout le monde, fait la misère à tout le monde, mais une fois que quelqu’un leur répond, ils vont au commissariat et portent plainte et c’est toujours les mêmes qui ramassent. Une nouvelle fois des hauts-placés de la police ont tenté d’étouffer l’agression de mon frère, ils ont dit à la télé qu’il était tombé tout seul. Ce que je ne comprends pas c’est qu’à la télé ils nous parlent de violences urbaines mais à aucun moment il n’a été dit que c’était la conséquence de violences policières ». Par ailleurs qu’il y ait eut ou non collision, et surtout que l’on parvienne ou non à le prouver, n’enlève en rien le lien fort probable entre l’agression du jeune homme et la présence, selon de nombreux témoins, de cette voiture de la police.

Darmanin joue de la rhétorique anti-drogue pour occulter les accusations de violences policières et légitimer la répression

Arrivé samedi après-midi dans la métropole lyonnaise, Gérald Darmanin a revendiqué un bilan total de 21 interpellations, dont une majorité concernant des mineurs avant d’annoncer l’envoi en renfort de 200 policiers et gendarmes. Le contrôle des territoires et des populations qui vivent en banlieue n’en sera que renforcé alors même que les quartiers populaires font déjà l’objet du contrôle quotidien des unités de la Bac et subissent violences racistes et harcèlement policier au quotidien. En arrière-plan le ministère de l’intérieur refuse de parler de violence policière et évoque une émeute de dealers face à laquelle il conviendrait d’intensifier la répression.

Ainsi dimanche, en déplacement à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), le ministre de l’intérieur a estimé que ces émeutes trouvaient leur source dans le renforcement de la présence policière avec l’intensification annoncée de la répression des points de deal :« s’il y a des violences urbaines, s’il y a des voitures qui peuvent brûler, des policiers qui sont pris à partie, des élus menacés, c’est parce qu’avec les polices municipales, mais avec la police nationale en premier lieu, on intervient, on démantèle chaque jour de points de deal. (…) Plus il y aura harcèlement de ces points de deal, plus il y a manifestement réaction des dealers ».

Une allégation qui permet à Gérald Darmanin d’occulter les accusations de violences policières et de balayer l’origine sociale de la révolte, tout en insultant copieusement les jeunes de quartiers qui se révoltent contre leur condition. Par ailleurs, derrière le maquillage sensationnel du politicien, l’affirmation ne résiste à aucune épreuve sérieuse du réel. Sebastien Roche, chercheur en Sciences Politique au CNRS, est venu le rappeler sur France 3 : « Il n’y a pas de lien entre la géographie du trafic de drogue et la géographie de l’émeute. Ce n’est pas deux choses qu’on peut associer. Politiquement on peut bien sûr en faire les déclarations qu’on souhaite mais d’un point de vue de l’analyse on ne peut pas montrer de correspondance. On l’a étudié de manière détaillée en 2005 et c’était même l’inverse en fait. Ces lieux des trafics de drogue sont les lieux où il y a le moins d’émeutes pour une raison simple : si vous voulez faire du commerce vous avez besoin de tranquillité. […] Le bon commerçant c’est un commerçant qui travaille dans un espace paisible donc il a absolument aucun intérêt à déclencher des opérations multiples de police, ou un quadrillage du terrain par la police, parce qu’à ce moment-là il ne peut plus travailler ».

Crise économique, crise sanitaire et violences policières : la triple peine dans les quartiers populaires

Dans les quartiers la peine est triple pour les plus précaires et les populations issues de l’immigration. Plus exposés à l’épidémie de Coronavirus du fait de la crise structurelle du système de santé public, et de leur place sur la marché du travail, les soignantes, les caissières, ou encore les éboueurs qui peuplent les quartiers populaires sont à la fois « les petites mains invisibles » qui font tourner la société et ceux qui ont travaillé en première ligne face au virus pour des salaires de misère, en même temps que les parents des jeunes victimes de violences policières. Face au manque de moyens dans la santé, la macronie a offert une réponse répressive à la crise. Celle-ci s’est particulièrement concrétisée contre la jeunesse dans les banlieues et de quartiers populaires. Pendant le premier confinement près de 10% des amendes pour non-respect du confinement ont été dressées en Seine-Saint-Denis quand les affaires de violences policières se sont multipliées.

Et si les quartiers populaires sont en première ligne face à la répression il se sont également face à la crise la crise économique. Le chômage de masse y était une réalité déjà avant la crise économique que nous connaissons, et la situation est amenée à s’empirer. Dans ce contexte la mise en place de la réforme de l’assurance-chômage réalise une nouvelle attaque antisociale d’envergure du gouvernement Macron. D’autre part, le saut répressif dans les quartiers populaires au nom de la lutte contre le Covid, mais aussi dans le cadre de la campagne islamophobe et liberticide du gouvernement avec la Loi Sécurité Globale et la loi séparatisme, sont des attaques contre notre camp social. Plus que jamais, le mouvement ouvrier traditionnel doit prendre part à ce combat.

A ce titre, c’est de la responsabilité l’ensemble des organisations de gauche et d’extrême-gauche de construire le front le plus large possible pour lutter sans concessions contre la politique répressive et autoritaire du gouvernement qui s’abat en premier lieu sur les habitants des quartiers populaires, et promouvoir toutes les initiatives en ce sens à l’instar de la marche contre l’islamophobie appelée le 21 mars prochain à Paris. Contre les violences policières, l’islamophobie et le racisme d’État, construisons la riposte, organisons-nous !

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Spoutnik V: "Allô la Terre? Pardon, allô Bruxelles? J'arrive!"

Spoutnik I fut le premier satellite artificiel, lancé par l'URSS en 1957, pour tourner autour de la Terre. Aujourd'hui, Spoutnik V n'est pas un engin spatial, mais un vaccin russe anti-covid-19 lancé vers l'UE, à la grande damnation de Bruxelles, notamment du Français Thierry Breton, ex-ministre de droite et grand patron, chargé de représenter notre pays en tant commissaire européen au Marché intérieur. Tout un programme et le CV qui va avec.

 

Figurez-vous que, sans attendre les diktats de Bruxelles, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie ont signé un chèque avec la Russie de Poutine pour Spoutnik V dans leur pays. La Finlande serait aussi sur les rangs. Quant à l'Italie, 3e grand état européen après l'Allemagne et la France, elle s'apprêterait à construire sur son sol une usine chargée de produire Spoutnik V.

Pendant ce temps, dans la Gaule de Macron, il y a des bisbilles entre les docteurs en pharmacie et ceux en médecine pour vacciner les gens, avec toujours moins de vaccins pour la population. Business is business ou lutte efficace contre la pandémie? Il est vrai que, depuis, la casse de la Santé publique, en tête des manifs, pharmaciens ou toubibs n'ont pas été trop en nombre. Si?

En tout cas, le syndicat le plus influent chez les toubibs demandent illico presto la démission de Jérôme Salomon, Dirlo en chef de la Santé publique au sein du ministère cédé au docteur Olivier Variant, pardon Olivier Véran. Démission de Salomon, mais pas du ministre en charge, encore moins de l'ex-banquier d'affaires qui, depuis son palais de l'Elysée, dirige chaque semaine un Conseil de défense contre le coronavirus avec le succès que l'on connait.

Comme quoi, peut-être, business is toujours business et en avant pour la présidentielle de 2022. Non?

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Parallèlement aux réflexions dont nous avons déjà fait état (Laurent Brun, Emmanuel Lépine, le collectif Monatte) voici l'intervention et l'appel issu du site " Unité CGT " :

 

 
Pour un
syndicalisme offensif

Partout dans notre pays, des grèves – malheureusement souvent isolées les unes des autres - et des conflits sociaux éclatent ; dans nombre de secteurs, les travailleurs résistent et tentent de s’opposer aux suppressions d’emplois et aux blocages/baisses de salaires et casse des conditions de travail imposées sous prétexte de crise COVID.

Citons encore les grèves et mobilisation de la santé en juin 2020, les grèves dans l’énergie, l’éducation, la santé, le commerce, la chimie, et ailleurs, les marches pour l’emploi et la dignité de l’automne dernier, la manifestation pour l’interdiction des licenciements du 23 janvier, les marches des libertés… Un esprit de désobéissance sociale et citoyenne existe en France.

Ces mobilisations sont-elles un préalable pour une riposte d’ampleur ? Oui. Sont-elles pour autant suffisantes pour mettre un frein et un terme aux offensives patronales ? Non. La journée nationale de grèves et de mobilisations du 4 février a-t-elle été suffisante ? Non. La journée de mobilisations du 8 mars sera-t-elle suffisante ? Non.

Car de larges pans de la population demeurent comme « sonnés », encore sous le choc du grand chamboulement de 2020. Des centaines de milliers de travailleurs sont licenciés. Des millions de chômeurs et de précaires sont dans la misère tandis que des milliers d’étudiants font la queue au Secours populaire. Les soignants sont épuisés et continuent d’exiger des moyens pour l’Hopital. Et pendant ce temps, le cirque médiatique et politique continue…

Notre organisation CGT elle-même, dans son ensemble, a été durement touchée par la crise sanitaire et les restrictions autoritaires. Optimistes et réalistes, nous le disons simplement : tout est question d’organisation et de volonté. Cela est valable en période de crise de basse-intensité et encore davantage en période de crise aigüe.

Alors, que faire ?

Ce dont nous avons besoin ; quelques pistes de réflexion 

1/ Accélérer le déconfinement des consciences et des luttes

Nous le répétons inlassablement depuis des mois, le sursaut dont nous avons tous et toutes besoin est aussi d’ordre « psychologique ». Il suppose ainsi un déconfinement « mental », de casser la peur de « l’autre » en retrouvant les sentiers de la solidarité, de s’engager dans la lutte collective.

De manière générale, et sans mettre de côté la combativité des syndicats CGT engagés dans la lutte contre le patronat, on ne saurait ignorer que les syndiqués CGT, comme le reste de la société, ne sont pas imperméables à l’impact plus que négatif du COVID dans la psyché collective et individuelle. 

Ainsi, le sursaut nécessaire doit se faire ET à la base, ET dans les instances dirigeantes de nos organisations. L'instant initial de sidération ne doit plus perdurer car le patronat ne reste pas passif durant la période, au contraire il cherche à entretenir la passivité pour faire avancer ses intérêts.

Car, oui, la peur est le pire des virus. Or cette psychose est entretenue depuis des mois et des mois par les médias qui jouent sur la crainte de la maladie et de la mort pour étouffer tout instinct de vie dans notre classe sociale, et plus largement, dans le peuple.

Nous ne pouvons pas sacrifier nos droits et nos vies. Nous ne pouvons plus abandonner la jeunesse. Nous ne pouvons plus accepter comme une « évidence » irrémédiable la vague de suicides annoncée avec des larmes de crocodile dans la presse.

Le chantage moral – et qui n’a aucun rapport avec ce que doit être une gestion sanitaire efficace - n’a que trop duré. Une autre méthode pour combattre le virus, qui se baserait avant tout sur la reconstruction de nos capacités hospitalières, et qui ne remettrait pas en cause nos libertés est possible, et nécessaire. Il ne tient qu’à nous de l’imposer.

L’instinct de vie doit redevenir la boussole de notre CGT. Car oui, nous nous battons pour la vie, pour le droit à une vie digne, à une vie débarrassée de la peur du chômage, de la vieillesse, des maladies, pour qu’adviennent les jours heureux. Cela n’est pas qu’une simple formule et il faut le dire et le porter publiquement : « c’est maintenant le temps de vivre et de lutter ».

2/ Développer un processus des luttes et un véritable plan de bataille

Nous avons besoin de la mise en branle, par la CGT toute entière, d’une riposte générale du monde du travail. Cette dernière ne peut passer que par la construction d’un vaste processus des luttes interprofessionnelles.

Or, c’est justement le rôle des organisations interprofessionnelles, les UD mais aussi la Confédération, de porter cette dynamique et cette construction du rapport des forces qui dépasse le simple périmètre de telle ou telle boîte, de tel ou tel secteur professionnel.

Nous devons par exemple préserver, et développer le formidable maillage territorial que constituent notre réseau d’Unions locales CGT et d’Unions départementales CGT. Mises à mal par l’onde de choc du confinement (physique comme mental), nos activités reprennent petit à petit.

Car le « tous ensemble » n’a un sens que s’il s’accompagne d’un réel déploiement de nos syndicats CGT. Certaines Unions départementales, comme celle des Bouche du Rhône, du Nord ou encore du Val-de-Marne ont déjà pris à bras le corps cette nécessité en organisant notamment des rassemblements et des marches aux flambeaux en décembre et en janvier.

Tout est question d’organisation, et de volonté. Personne ne dit que c’est facile, ou simple. Chaque militant CGT le sait, l’union est un combat, et un rapport de force, ça se construit.

3/ Mettre en perspective la grève générale interprofessionnelle

La paralysie économique du pays est nécessaire si nous voulons contraindre, par l’usage inflexible du droit de grève, le pouvoir à non seulement reculer, mais également chuter et démissionner.

Une grève générale se construit, nous sommes tous d’accord là-dessus. Mais, pour joindre le geste à la parole il faut franchir le pas. Cela nécessite en particulier de montrer aux travailleurs que les luttes, passées, présentes et à venir, dans l’entreprise sont la conséquence de l’aggravation de la politique d’un gouvernement qui ne sert que les intérêts du patronat. 

La violence et la cohérence de cette politique de classe, de cette nouvelle offensive du grand capital, appellent une réponse tout aussi vigoureuse, de notre camp social.

La clique qui se maintient depuis des décennies au pouvoir est en effet responsable de la situation. Ce gouvernement ultra-libéral et ultra-autoritaire, héritier des alternances gauche-droite, doit payer pour les 40 dernières années de privatisations massives, de libéralisation, de reculs des droits sociaux, de négation des besoins sociaux du peuple, de casse des services publics, de remises en cause de nos droits démocratiques et de nos libertés.

Beaucoup d’entre nous se demandent « comment faire plier ce gouvernement ». Nous avons pris – à tort – pendant longtemps l’attitude de Macron et consorts pour de l’arrogance alors qu’il s’agit d’une détermination de classe. Les patrons ne sont pas « immoraux » ou « méchants » : ils défendent tout simplement leurs intérêts de classe. A nous de faire de même.

C’est bien la raison pour laquelle nous devons répondre coup pour coup ! Et faire éclater au grand jour la force immense des travailleurs lorsque ces derniers cessent, ensemble et en même temps, la production et bloquent les transports, les usines, la logistique, toute la machine à cash du patronat.

La violence et la cohérence de cette politique de classe, de cette nouvelle offensive du grand capital, appellent une réponse tout aussi vigoureuse, de notre camp social.

4 / Porter un objectif, un projet révolutionnaire de rupture avec le capitalisme

Notre organisation porte un projet de société, ce dernier peut fédérer largement autour de la CGT les forces sociales qui aspirent également à la transformation radicale de la société et à la démocratie, sociale et directe.

Citons à ce propos une des motions votées lors des « Assises nationale de la riposte générale pour un changement de société » du 29 octobre 2020 à Martigues : « Pour le monde du travail, se défendre contre les conséquences néfastes du dogme de la concurrence est insuffisant, il faut mettre fin aux causes, à savoir le régime économique. Donner aux travailleurs des perspectives politiques concrètes de changement de société est un travail quotidien à articuler avec les revendications immédiates comme les salaires et les conditions de travail et de vie. Le moyen pour y parvenir est l’unité des travailleurs sur ce double objectif commun. »

« Les participants aux Assisses réaffirment le rôle central du syndicat et de l’Union Locale et la dimension révolutionnaire du caractère interprofessionnel de la CGT. Le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera dans l’avenir le groupement de production et de la répartition, base d’une nouvelle organisation sociale. », ajoutait encore cette motion qui précisait : « La démarche pour gagner ce changement de société doit être lisible pour les travailleurs : si l’attaque est globale, la riposte, pour être à la hauteur, doit l’être aussi. Il nous faut construire les cohérences revendicatives pour faire converger toutes les luttes en cours et donner envie, courage et détermination au plus grand nombre. »

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Deborah, gréviste à la BSB : « On parle de précarité mais l’Université fait des économies sur les étudiants salariés »

La semaine dernière, les grévistes de la Bibliothèque Sainte Barbe ont mis fin à leur grève après le recul de la direction de Paris 3. Leur bataille de deux mois pour de meilleures conditions de travail a payé, et leur victoire, même partielle, est un point d'appui dans la lutte contre la précarité étudiante et la précarisation de l'ESR. Retour sur cette lutte exemplaire, menée par de jeunes étudiants salariés avec Déborah, monitrice étudiante et gréviste.

Témoignage de gréviste !

Crédits photo : Facebook de MOET en grève

Révolution Permanente : A la Bibliothèque Sainte Barbe, vous avez été en grève plus de deux mois, pour de meilleures conditions de travail. Peux-tu revenir brièvement sur l’historique de ce conflit qui vous a opposé à la direction de l’Université Paris 3 ?

Déborah : Ça a commencé en novembre au moment de l’annonce du deuxième confinement. La bibliothèque a fermé le soir même, pendant trois jours. On nous a annoncé qu’on ne serait pas payés pour ces trois jours et qu’on aurait à rattraper ces heures-là. Étant-donné que ça ne nous semblait pas normal, on a décidé de nous pencher sur nos contrats et on a assez vite compris qu’on se faisait arnaquer. A la Bibliothèque, nous, les moniteurs étudiants, on est contractuels et on travaille 15h par semaine, de septembre à juillet.

Et même si on sert un besoin permanent de la bibliothèque, il y a écrit dans notre contrat qu’on est « payé à l’heure faite ». Donc on est des sortes de « faux contractuels », comme on dit dans la fonction publique. On est entre les contractuels permanents – les profs, les bibliothécaires, ceux qui travaillent dans les musées, etc. – et les vacataires.

Dans la mêlée on s’est aussi rendu compte que la DRH de Paris 3 n’avait pas payé les congés payés liés à la Covid de certains de nos collègues. Encore une fois, sous prétexte de nos contrats. Du coup, on a demandé si en cas de confinement strict on serait payés, et on nous a répondu que non car on était payé à l’heure faite.

Par la suite, la direction nous a appris pendant une réunion qu’ils allaient modifier nos contrats, à partir de l’année prochaine. On allait avoir des contrats de vacation, beaucoup plus flexibles, moins d’heures, et surtout on allait possiblement perdre tous nos avantages : les congés payés (à Noël par exemple), le paiement des jours fériés, les tickets restaurants, etc.

Donc le 5 décembre on s’est mis en grève, et tous les samedis pendant deux mois et demi, et même une semaine entière fin janvier. Dès les premières semaines de grève, la direction a compris que c’était illégal de pas nous payer les congés maladie liés au Covid et fin janvier on a gagné sur des garanties pour les nouveaux contrats (congés payés, tickets restaurants, etc.). Enfin, la semaine dernière, on a gagné ou plutôt à moitié gagné sur le paiement des jours en cas de fermeture de la bibliothèque. La direction nous a expliqué que si on n’était pas payés c’est parce que nos tâches, qui consistent en du rangement, gestion du public, etc. ne sont pas « télétravaillables ». Ce qu’ils nous ont donc proposé c’est des tâches « télétravaillables » : du tutorat pour des étudiants de L1 de P3, ou autres, pour nous garantir d’être payés en cas de nouvelle fermeture de la bibliothèque.

Révolution Permanente : Ce qu’on comprend donc c’est que si la direction recule sur la casse du statut, elle en profite quand même pour flexibiliser toujours plus vos tâches en cas de fermeture de la bibliothèque d’après sa dernière proposition en plus de vous faire rattraper les heures du mois de novembre. Qu’est-ce que tu penses de cette nouvelle ?

Déborah : En fait, le fond du problème n’est pas du tout réglé étant donné qu’on n’a pas de garantie de « chômage technique » et qu’on doit encore rattraper les heures de novembre qu’on avait perdu. Moi par exemple je suis concernée par 12h, d’autres plus.

Ils nous ont dit ça après 3 mois de mobilisation et de fatigue de notre part, donc pour nous c’est une victoire dans la mesure où on aura 15h garanties par semaine. Mais c’est clair que ça arrive aussi juste après l’annonce qu’il va falloir de tuteurs pour les étudiants de L1… Ils nous ont dit que ça revaloriserait nos salaires, mais c’est clair que ça les arrange de nous avoir sous la main. Ça montre ce que la fac va devenir aussi ces prochaines années : la DRH de Paris 3 nous a dit que tous les contrats étudiants seraient centralisés par une plateforme dans l’université qui leur permettraient de nous utiliser de manière flexible pour plein de tâches… C’est l’uberisation du travail dans la fonction publique. C’est pour ça que pour nous c’est une demi-victoire, qu’on n’a pas gagné sur le fond.

Révolution Permanente : Vous avez construit une grève dans un secteur où la transmission des luttes est quasi impossible à cause de la courte durée des contrats, quels sont les liens de solidarité que vous avez tissé pendant ce conflit ?

Déborah : Je pense qu’on a réussi à faire une grève unanime parce que la direction a accumulé les attaques dans un temps court. Du coup ça a permis de mobiliser vite, mais après ce qui était difficile c’était de faire grève dans un secteur public. Il fallait jouer surtout sur la pression médiatique. En pleine période où on parle de précarité étudiante, il y a une direction d’Université qui faisait des économies sur des étudiants salariés.

Le métier de moniteur étudiant et le fait que la fonction publique emploi des étudiants c’est assez peu connu, donc ça a permis de faire connaître aussi notre statut. On a contacté des médias, mais aussi d’autres bibliothèques et on s’est vite rendu compte que souvent les salariés avaient même moins d’avantages que nous. On a aussi fait des liens avec les contractuels et les vacataires précaires de l’ESR, les BIATSS, les doctorants, etc. Ils ont les mêmes problèmes que nous aussi, c’est toujours les universités qui précarisent les plus précaires.

Révolution Permanente : De par votre statut, vous vivez très concrètement à la fois la casse de vos conditions d’étude à la fac mais aussi la précarisation des emplois dans l’ESR. Vous êtes une sorte de pont entre les étudiants et les salariés précaires à l’Université ?

Déborah : Oui, on était vraiment à l’intersection de pleins de problèmes et je pense que c’est aussi ce qui a permis à notre lutte de réussir. On faisait le lien avec tous les problèmes qu’on voit aussi sur la fac. C’est pour ça qu’on a fait une journée de grève commune avec les doctorants précaires de Paris 3 justement. On a vite eu cette logique de faire des liens, comme on était tous employés de bibliothèques, mais aussi étudiants et employés par la fac.

Si déjà on a besoin de travailler 15H par semaine alors qu’on est étudiant c’est vraiment dégueulasse de nous priver par exemple de 12h de travail par mois, c’est me priver du quart de mon salaire du mois. Moi j’ai carrément perdu mon deuxième boulot dans la mêlée parce que j’étais employée en contrat d’extra dans la restauration. Donc je me suis retrouver dans une situation très difficile.

Ils jouent sur ça pour faire des économies, sur le fait qu’on soit une main-d’œuvre flexible et précaire qui n’a pas le choix. Ils pensent qu’on ne va pas oser se mobiliser ou les contredire parce qu’on en a trop besoin.

Révolution Permanente : Du coup, quels sont les bilans et les acquis de cette grève que tu aimerais transmettre ?

Déborah : Il y avait déjà eu une grève en 2016, mais ce n’était pas du tout une grève aussi massive. Ils avaient fait grève parce qu’ils étaient payés tous les 3 mois, et ils avaient gagnés le fait qu’aujourd’hui on est payé tous les mois. Là, les acquis de la grève, c’est que même avec le turn-over de l’année prochaine, on a déjà un groupe constitué qui va rester et que la direction sera plutôt frileuse de nous attaquer, d’essayer de changer les contrats. On hésite aussi à se syndiquer, même si notre groupe est déjà une force en soi.

Comme pour la grève de 2016, je pense que c’est important de se dire qu’on est un groupe d’étudiants précaires qui a réussi à faire ça. Quand tu sais qu’avant il y a eu des choses, comme en 2016, et qu’elles ont marché, c’est important pour toi pour que tu puisses te mobiliser aussi.

Il y a de l’espoir puisqu’on a relevé la tête, qu’on s’est battus et qu’on a en partie gagné. Au début on avait peu cet espoir. On entendait beaucoup parler de précarité étudiante, on nous disait qu’on devrait s’estimer heureux d’avoir un travail. Je n’aurais jamais pensé que ma première grève serait en tant qu’étudiante en master ! On a dû travailler quand même 15h par semaine, étudier, et organiser la grève. On se sentait traités comme de la merde dans la bibliothèque, mais on a vu notre force quand on était nombreux.

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Recyclage et bioplastique : une façade verte pour Total

Parmi les projets de reconversion prévus par Total pour la raffinerie de Grandpuits en Seine et Marne se trouve le développement d’une usine de bioplastique et d’une de recyclage de plastique. La multinationale invoque des arguments écologiques, mais la réalité est tout autre.

Greenwashing

Crédits photo : AFP/PIERRE ANDRIEU

Début 2020, Total sortait son plan « 0 carbone ». La multinationale maintient une stratégie de greenwashing, dont la dernière annonce a été le changement de nom du groupe en « TotalEnergies ». Derrière cette stratégie se cache surtout une volonté de continuer à minimiser les « coûts » et maximiser les profits. Le processus est en effet celui d’une délocalisation croissante de la production d’énergie dans des pays du Sud où les normes salariales et environnementales sont moins strictes, comme le projet du plus grand pipe-line chauffé de Total en Ouganda qui permettrait d’exploiter 1,4 milliard de barils de pétrole tout en détruisant toute une région. Dans un contexte où les cours du pétrole et des hydrocarbures ont chuté au cours de l’année 2020 notamment à cause de la crise sanitaire, maintenir les dividendes des actionnaires, notamment en cherchant de nouveaux débouchés, est une préoccupation des capitalistes de Total.

Pour la raffinerie de Grandpuits en Seine et Marne, Total prévoit notamment de reconvertir le site en usine de « bioplastiques » et biocarburants. Un projet qui doublerait le rendement de la raffinerie tout en supprimant 700 emplois : autant de bénéfices qui iront engraisser les actionnaires de la multinationale, auxquels l’entreprise a versé 1,8 milliard d’euros l’année dernière en pleine crise sanitaire et économique.

Au delà de ces conséquences sociales désastreuses, penchons-nous sur les implications écologiques de ces fameux bioplastiques ainsi que sur l’usine de recyclage de plastique qui pourrait également être prévue dans le projet de reconversion de Grandpuits.

Pour le bioplastique, l’entreprise prévoit de produire du PLA, un plastique produit à partir d’acide lactique obtenu à partir de sucre ou d’amidon et non pas de pétrole, soi-disant « biodégradable » et « recyclable ». Ce serait un plastique biosourcé, c’est-à-dire une production de plastiques issus de façon partielle ou totale de la biomasse (masse de matière vivante). Par ailleurs, actuellement, aucune norme ne dicte un minimum imposé pour qu’un plastique soit ainsi qualifié.

Le premier bioplastique technique date de 1947, la conception du PLA pour sa part date des années 1990.

De nombreux points négatifs sont à soulever quant à ce procédé.

Premièrement, la production de biomasse à destination de celle de plastique risque de concurrencer les productions alimentaires. En effet, pour la production de bioplastique il y a une nécessité de dédier des sols spécialisés à cet effet et non plus à la production alimentaire. Pourtant les terres fertiles sont de plus en plus rares dans le monde alors qu’elles sont plus que nécessaire. De plus, ces cultures sont également essentielles pour nombre de personnes ne pouvant pas se nourrir à leur faim. Pour donner des chiffres, en 2018, 359 millions de tonnes de plastique ont été produit selon la société Carbios et en 2011 d’après L’institut du Bioplastique et des biocomposites il fallait 300 000 hectares de terre pour produire les 1,2 million de tonnes de bioplastique produit cette année-là. Donc après calcul, si on souhaitait produire 359 millions de tonnes de bioplastique pour remplacer la consommation annuelle de plastique, il faudrait au moins 90 millions d’hectares de terres agraires. Ces cultures pourront également potentiellement être intensifiées par des pesticides et des engrais qui eux-mêmes dépendent du pétrole, l’utilisation d’OGM n’est pas non plus à exclure.

Deuxièmement l’efficacité du caractère biodégradable de ce plastique est à minorer en effet comme l’affirme cet article,« le plastique biodégradable, en compostage industriel : doit se dégrader en moins de 6 mois, grâce à des micro-organismes capables de digérer la matière à de très hautes températures. En compost domestique cela doit se dégrader à 90 % au bout d’1 an - à condition de ne pas saturer le compost de bioplastique. »

Alors que dans la nature, le plastique biodégradable se désagrège qu’en minimum deux ans et cela peut être encore plus long quand les déchets plastiques se retrouvent à la mer où les conditions ne sont pas réunies pour une bonne dégradation.

Troisièmement, comme évoqué par les Amis de la terre dans leur rapport de décryptage des plans de reconversion de Grandpuits, pour produire du bioplastique il faut : “Cultiver des betteraves à sucre en Europe du Nord, pour ensuite les transformer en acide lactique en Espagne, puis les transformer en ‘bioplastique’ à Grandpuits pour enfin exporter le PLA et avoir peu de chances qu’il soit finalement composté ou recyclé”. Le caractère biodégradable du plastique n’est, par conséquent, ni simple ni très efficace et bien loin de faire partie d’une économie circulaire, comme le prétend Total.

Enfin, la production de bioplastique, continue de valoriser des produits plastiques jetables à usage unique, il n’y a donc pas de planification sur le long terme, car même recyclé, la production d’un objet réclame de l’eau, des matières premières etc.

Le deuxième plan de reconversion concerne une usine de recyclage de plastique, qui elle aussi n’est pas une meilleure alternative. Total prévoit de construire la 1ère usine de recyclage chimique en France avec Plastic Energy (Total 60 %, Plastic Energy 40 %).

Cette unité pourra transformer des déchets plastiques par un procédé de pyrolyse qui consiste à faire fondre les plastiques pour obtenir un liquide appelé « Tacoil ». Ce « Tacoil » servira ensuite de matière première à la fabrication de polymères.

En réalité, le recyclage du plastique aide à vendre plus de pétrole et de gaz pour les entreprises développant cette technologie.

Le journal Libération a fait une enquête spécialisée sur la question du recyclage du plastique très parlante. Les journalistes ont relevé la phrase suivantes issue d’une présentation destinée aux investisseurs, datant de septembre 2019 : « Le recyclage offre des opportunités de croissance supplémentaires. » A première vue, Total en tant que producteur de pétrole devrait voir un risque financier en l’augmentation du recyclage. Pourtant, une diapositive dans cette présentation prouve le lien entre augmentation de la demande pour leurs produits pétrochimiques, et le développement rapide des technologies de recyclage. Cette causalité s’explique par le caractère dégradable du plastique au contact de la chaleur et de l’humidité et et la nécessité une fois dégradé d’injecter du plastique vierge (plastique peu cher, est issu partiellement du pétrole) pour qu’il ait des propriétés correctes. Développer des usines pour recycler du plastique permet donc à Total et aux autres producteurs de pétrole d’augmenter leurs ventes à travers le monde en comptant sur une demande croissante de plastique, pour produire toujours des hydrocarbures qui seront injectés dans les plastiques recyclés.

Ces deux projets de reconversion sont donc bien des façades, pour continuer à vendre des hydrocarbures d’une part, mais également justifier 700 suppressions de postes. La citation suivante de Pouyanné est une conclusion résumant l’hypocrisie du discours écologique de la multinationale au-delà de celui utilisé pour Grandpuits,« Mais les gens ne doivent pas oublier que le pétrole est une drôle d’activité dans laquelle, si vous n’investissez pas, vous avez un déclin naturel de 4 à 5% par an ». Le calcul est donc définitivement financier et ne se préoccupe que peu des enjeux environnementaux et sociaux ainsi que des nombreuses voix du monde scientifique qui estiment qu’il faudrait laisser dans le sol la moitié des énergies fossiles pour éviter le réchauffement climatique. Par ailleurs, la raffinerie de Grandpuits, grâce à sa localisation, ses infrastructures déjà existantes et le savoir-faire de ses salariés a tout pour devenir un pilier de la planification écologique. Mais pour cela, les intérêts privés doivent quitter ses murs, seule une transition écologique pensée et gérée par les travailleurs dans l’intérêt du territoire et de la population sera une solution à la hauteur de la crise écologique actuelle. Elle seule pourrait être une transition écologique viable qui ne se ferait pas au prix de la casse sociale.

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RAS pour le gouvernement mais... les hôpitaux d’Île-de-France ont l’ordre de déprogrammer 40% de leur activité

L’ARS a ordonné aux hôpitaux d’Île-de-France de déprogrammer 40% de leurs activités médicales et chirurgicales pour augmenter le nombre de lits en réanimation. Pendant que le gouvernement se pavane, les hôpitaux et les cliniques d'Ile de France font face à un risque de saturation en réanimation.

Crise sanitaire

Crédits photo : AFP

L’Agence Régionale de Santé a donné ce lundi « l’ordre ferme et immédiat » aux hôpitaux et cliniques d’Île-de-France de déprogrammer 40% de leurs activités médicales et chirurgicales pour augmenter le nombre de lits en réanimation pour les patients du Covid-19, ce qui devrait libérer environ 500 nouvelles places. Aurélien Rousseau, directeur général de l’ARS, a affirmé : « on est dans une situation de tension très forte », avec « environ 1050 lits disponibles » pour 973 patients en réanimation.

Selon lui, « le flux reste fort », avec « entre soixante-dix et quatre-vingt entrées par jour en réanimation ». La décision de déprogrammer 40% des opérations chirurgicales et médicales dans les hôpitaux démontre que la situation sanitaire est grave, avec en perspective une saturation probable des hôpitaux en cas du maintien de la dynamique épidémique.

Avec plus de 200 morts par jour ces quatre derniers mois et 22 000 nouveaux cas de Covid-19 par jour la semaine dernière, la situation sanitaire s’accélère. En Seine-Saint-Denis, le taux d’incidence du virus, correspondant au nombre de cas, est de 400 pour 100 000 personnes, soit autant qu’au Nord Pas de Calais, région qui est aujourd’hui confinée partiellement. La décision de ne pas reconfiner l’Île-de-France, centre économique du pays, semble donc être une décision politique pour éviter de reconfiner à terme l’entièreté du pays.

Pourtant, la situation en Île-de-France est loin d’être rassurante. Ce sont en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne que le taux d’incidence est le plus élevé, étant de respectivement 425,7 et 400,4 pour 100 000 habitants. Le variant anglais, jusqu’à 70% plus contagieux que la souche originale, est majoritaire dans la région depuis mi-février. Pendant ce temps, la situation dans les hôpitaux se dégrade. En une semaine, les hospitalisations quotidiennes en Île-de-France ont augmenté de 14% et les entrées en réanimation de 31%. Près de 1000 personnes sont actuellement en réanimation, soit presque autant que pendant le pic de la deuxième vague. Cette accélération de la situation semble être le résultat de l’augmentation de l’incidence d’il y a deux semaines.

 

Pendant ce temps, le gouvernement continue de se pavaner et se vante de maîtriser la situation. Ainsi, Jean Castex s’est ce week-end fendu d’un tweet revendiquant fièrement l’opération de vaccination de 585 000 personnes. Face à l’accélération de la situation, le gouvernement a en effet fait mine de donner un coup de collier à la campagne de vaccination, afin de montrer qu’il avait la situation en main.

Pourtant, il est clair que la progression du variant anglais depuis plusieurs semaines vient bouleverser le pari sanitaire de Macron, qui était de contenir l’épidémie au moyen de mesures restrictives combinant couvre-feu et confinements partiels, tout en pariant sur la vaccination et l’accélération de la campagne, afin d’éviter à tout prix tout confinement national, au risque que les hôpitaux débordent. Résultat : la stratégie du gouvernement nous a conduits dans une situation très tendue. Aujourd’hui, face au risque de saturation, et plutôt que d’augmenter les moyens pour l’hôpital public en investissant massivement dans du matériel et du personnel, les hôpitaux sont obligés de déprogrammer des activités chirurgicales et médicales, quitte à repousser des opérations urgentes pour certains patients.

Dans le même temps, le gouvernement tente de faire reposer la responsabilité de la lenteur de la campagne de vaccination sur le dos des soignants. Ainsi, la phrase « je ne reconfinerai pas tant qu’il restera des vaccins dans vos frigos » prononcée par Macron à l’intention des soignants avait pour but de les faire culpabiliser de leur refus à se faire vacciner, quand le gouvernement est le premier responsable de cette méfiance envers les vaccins. Aujourd’hui, le gouvernement envisage même de rendre la vaccination obligatoire pour ces mêmes soignants.

En définitive, le gouvernement continue d’avoir une gestion erratique de la crise et de prendre des mesures restrictives pour tenter de résorber la crise, forçant les hôpitaux à prendre des mesures extrêmes aux dépens des patients. Mais face à la progression exponentielle du variant, c’est bien un plan d’urgence sur le plan sanitaire qu’il va nous falloir.

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Aides de l'état sans aucune espèce de contraintes, promesses aux salariés pour les enfumer, ... ET priorité absolue aux actionnaires.

Voilà TOUS les ingrédients du fonctionnement de l'économie et des entreprises sous régime capitaliste.

ALORS, OUI la lutte pour s'opposer à cette politique et à ses conséquences et bataille pour faire monter l'exigence d'un autre fonctionnement de l'économie et de la société libéré du PROFIT capitaliste !

Articles antérieurs concernant Bosh de Rodez :

http://www.frontsyndical-classe.org/2019/11/bosch-rodez-se-desengager-tout-en-beneficiant-des-aides-de-l-etat.html

 

http://www.frontsyndical-classe.org/2016/08/source-centre-presse-aveyron-arrive-ce-matin-a-rodez-le-ministre-de-l-economie-emmanuel-macron-a-tenu-a-rendre-une-visite-aux-dirige_______

 

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SOURCE : L'Humanité

L’équipementier automobile allemand porte un « coup de massue » à l’industrie aveyronnaise. Déterminés, les élus salariés dénoncent le manque d’investissements sur le site.

C’est la douche froide pour les salariés de l’usine aveyronnaise Bosch. La direction France de l’équipementier automobile allemand a annoncé, en fin de semaine dernière, la liquidation de 750 emplois d’ici à 2025 (sur 1 250), estimant la saignée« indispensable »pour faire face à l’actuelle chute des ventes de véhicules diesels. Spécialisé dans la fabrication d’injecteurs et de bougies pour moteurs à allumage par compression, le site Bosch d’Onet-le -Château, dans l’agglomération de Rodez, verra ses effectifs diminuer « dès 2021 », a assuré la direction.

« Il est hors de question d’accepter ces annonces »,avait immédiatement réagi la CGT (majoritaire sur le site).« Cela fait plusieurs années que nous alertons sur la situation de cette usine. En 2019, déjà, nous avions organisé une marche pour le développement de l’industrie automobile dans tout le département »,rappelle David Gistau, secrétaire général de la CGT de l’Aveyron. À l’époque, le syndicat avait calculé que 700 emplois se trouvaient sur la sellette…

Les niveaux de production inférieurs de 30 % à ceux promis

« Indirectement, ils nous annoncent la fin du site. Car, pour le sauver à moyen terme, il faudrait des investissements, mais il n’y a rien »,fulmine, à ses côtés, Vanessa Negre, secrétaire CGT. Pour Cédric Belledet, délégué SUD,« cette annonce est un véritable coup de massue, un couteau dans le dos. Une usine à 500 employés, ce n’est pas acceptable : cela veut aussi dire que si, dans cinq ou six ans, le marché connaît encore des difficultés, le couperet tombera ».

Le coup de poing asséné par la direction du groupe est d’autant plus rude pour les syndicats que ceux-ci se sont maintes fois mobilisés pour obtenir une vraie stratégie d’évolution industrielle de ce site majeur en Occitanie.

Certains d’entre eux (hormis la CGT) pensaient la tenir à l’été 2018 avec une sorte de donnant-donnant.

Malgré la perte d’une des deux lignes de production, le groupe promettait de maintenir sur le site au moins 8 % de la production européenne d’injecteurs, en débloquant 14 millions d’euros pour lancer une ligne de montage d’injecteurs nouvelle génération. Il annonçait aussi« la diversification industrielle de l’usine afin de lui permettre de se tourner vers divers secteurs tels que l’aéronautique, l’hydrogène et d’autres applications automobiles, ainsi que l’horlogerie ».Trente millions d’euros devaient être investis pour assurer l’avenir de 300 emplois, avec l’aide de l’argent public de l’État et de la région.

Trois ans et demi plus tard, le rideau de fumée s’est dispersé. Mollement mise en œuvre, la diversification n’a suscité qu’une quarantaine de postes. Les niveaux de production sont inférieurs de 30 % à ceux promis, dixit Cédric Belledet.

Pour l’heure, la direction ne tient qu’un de ses engagements : garantir 500 postes existants sur le site jusqu’en 2027. Elle n’apporte toujours aucune solution à l’usine d’Onet-le-Château, se réfugiant derrière la chute de 25 % des ventes de voitures diesels neuves en France entre 2012 et 2020, la fin des incitations du gouvernement pour l’achat de ces véhicules, l’interdiction de circulation dans les grandes agglomérations, le tour de vis de la réglementation européenne contre les motorisations polluantes… La présidente PS de la région d’Occitanie, Carole Delga, résume :« Les actions engagées par Bosch pour relancer et maintenir l’activité n’ont pas été à la hauteur. »

par  Stéphane Guérard ,

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Se syndiquer CGT ?

Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.

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