SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Procès des Gilets jaunes de l’Arc de Triomphe. Entretien avec Xavier Sauvignet, l’un des avocats de la défense

Cette semaine étaient jugés devant le Tribunal Correctionnel de Paris les sept manifestants accusés d’avoir dégradé l’Arc de Triomphe lors de l’acte III des Gilets jaunes, le 1er décembre 2018. Finalement, alors que plusieurs avaient fait de la détention provisoire avant le procès, aucun ne sera condamné à de la prison ferme. Au lendemain du délibéré, nous avons rencontré Maître Xavier Sauvignet, avocat de Cécile, l’une des prévenues.

Justice de classe

Crédit photo : Denis Allard

Cette semaine étaient jugés devant le Tribunal Correctionnel de Paris les sept manifestants accusés d’avoir dégradé l’Arc de Triomphe lors de l’acte III des Gilets jaunes, le 1er décembre 2018. Finalement, alors que plusieurs avaient fait de la détention provisoire avant le procès, aucun ne sera condamné à de la prison ferme. Au lendemain du délibéré, nous avons rencontré Maître Xavier Sauvignet, avocat de Cécile, l’une des prévenues.

Révolution Permanente : Bonjour Xavier, peux-tu revenir sur la journée du 1er décembre 2018 qui a amené ta cliente devant la justice ?

Xavier Sauvignet : « Il s’agissait du procès de l’acte III des Gilets jaunes à Paris, l’acte de scènes que certains ont qualifiées d’insurrectionnelles. Le 1er décembre 2018, les Gilets jaunes ont la volonté de se rendre à Paris et défiler sur les Champs Élysées car ils considèrent que c’est le lieu où leurs revendications seront le mieux entendues.

Ce jour-là, la préfecture avait décidé de complètement couper l’accès aux Champs-Élysées. Les Gilets jaunes se sont donc retrouvés sur les artères environnantes et notamment celles qui convergeaient vers la Place de l’Etoile. Leur objectif était de prendre le plus grand rond-point de France, lieu hautement symbolique. Toute la journée, c’est le chat et la souris avec la police pour prendre, déprendre, se faire prendre Place de l’Etoile. L’ambiance est insurrectionnelle : des dizaines de voitures sont retournées, des barricades se dressent, on voit des scènes d’affrontements dans un quartier au sein duquel le mouvement social classique n’a pas l’habitude de se mouvoir.

En face, la répression est impressionnante : des tirs de LBD fusent dans tous les sens. Selon un article du Monde, 15 000 grenades lacrymogènes seront tirées pendant la journée. Dans les ministères qui sont situés dans ces quartiers riches de la capitale, il y a vraiment eu un sentiment de peur. Il y avait une ambiance de fin de règne ce jour-là. La plupart des policiers et gendarmes étaient affectés à la protection de l’Élysée et peu sur les autres lieux de pouvoirs. L’Hôtel de Rothschild a par exemple été attaqué au cours de la journée et la police a été totalement dépassée.

Ce jour-là, la police a été dépassée et surtout il y a la prise symbolique de l’Arc de Triomphe. Les manifestants prennent le monument vers 14-15 heures et la police ne fera aucun assaut avant 19 heures. En fin de journée, énormément de Gilets jaunes seront interpellés. La prévenue que je défends, Cécile, est l’une de ceux qui ont assumé leur geste politiquement à l’audience. Elle a ainsi affirmé qu’elle était venue faire entendre sa voix lors de cette manifestation, lutter contre les inégalités. Elle a par exemple expliqué qu’elle paye trop cher son loyer à son propriétaire. Lorsqu’elle a été arrêtée, avenue Mac Mahon, on a retrouvé sur elle des babioles de souvenirs touristiques de l’Arc de Triomphe. C’est pour cette raison que son dossier a été joint à ceux de l’Arc de Triomphe. Pour ces dossiers, un juge d’instruction a été directement saisi. La ministre de la justice elle-même a, dès le lendemain, expliqué qu’il y aurait une réponse judiciaire. On a vraiment assisté à une utilisation politique de la justice pour décrédibiliser le mouvement. En réalité, les dégradations étaient minimes.

Après son arrestation, Cécile a eu un contrôle judiciaire de « grand bandit » : obligation de pointer, interdictions de territoires, interdictions de sortir la nuit, et surtout, le couvre-feu à partir du samedi midi pour l’empêcher de retourner en manifestation. Le procureur avait même voulu la placer en détention provisoire et l’envoyer à la prison de Fleury-Mérogis. Elle y a échappé, ce n’est pas le cas de tous. Finalement, personne ne sera condamné à de la prison ferme. »

RP : Comment expliques-tu une telle disproportion entre l’emballement médiatique et finalement des peines minimes ?

XS : « La montagne accouche en effet d’une souris… On peut noter une disproportion entre le délibéré et la présentation médiatique du procès, qui était monté en épingle dès le début. D’ailleurs, on voit que le premier jour de procès a été très couvert médiatiquement. En revanche, à la fin la couverture a été minime. Le délibéré qui montre bien l’emballement médiatique disproportionné n’a malheureusement pas fait la une des journaux.

Pourtant, c’est intéressant car ce procès avait été présenté comme très symbolique. Finalement, on en voit le symbole inverse : le symbole de l’emballement judiciaire gonflé à l’hélium par le pouvoir politique pour un dossier en réalité vide.

Il y avait un mythe qui voulait qu’il y ait des instigateurs de la prise de l’Arc de Triomphe, des coupables qui auraient tout organisé. Mais il s’agit d’une vision paranoïaque de l’histoire. Finalement, il n’y avait que des Gilets jaunes qui sont venus manifester, à qui on a empêché l’accès aux Champs Élysées et qui, dans une scène de chaos où des tirs de flashball fusent, ont décidé de rentrer dans l’Arc de Triomphe.

Dans ce procès, on a voulu faire de la responsabilité individuelle alors qu’il s’agit d’un mouvement collectif et cela n’est pas possible. Nous pouvons noter une tendance similaire avec le délit de groupement, initialement conçu par la droite sarkoziste dure pour s’en prendre aux jeunes des quartiers populaires. Il a été ensuite utilisé contre les manifestants à partir de 2016. La qualification permet de reprocher à quelqu’un d’avoir eu l’intention de commettre des violences. L’existence de ce délit permet de placer tout le monde en garde-à-vue puis de communiquer des chiffres d’arrestation dans la presse. C’est une bataille de l’opinion. Dans ce dossier par exemple, tous les prévenus ont été relaxés sur le délit de groupement et ont été condamnés à des peines minimes. Ma cliente a été condamnée à 70 heures de travaux d’intérêt général pour intrusion et une amende de 100 euros pour recel. »

RP : Tu as aussi travaillé sur d’autres dossiers de Gilets jaunes. Est-ce que tu considères qu’il y a eu une accélération de la répression judiciaire avec ce mouvement, et si oui comme l’interprètes-tu ?

« La répression du mouvement social s’est accélérée avec les Gilets jaunes et a été rendue visible. Systématiquement tous les week-ends il y a avait de la répression, à un moment on est monté à 1 000 gardes à vue en région parisienne. L’acte III correspond à l’un des premiers gros coups de filet, avec 500 arrestations. C’est pourquoi, face à cette énorme répression, nous avons décidé avec un petit groupe d’avocats qui défend historiquement des manifestants de défendre les Gilets jaunes.

Rapidement nous nous sommes rendus compte du traitement systématique des Gilets jaunes exercé par la section du parquet qui est spécialisée sur les comparutions immédiates. Ce traitement était caractérisé par l’utilisation systématique du délit de groupement dont je parlais précédemment. Les gardes-à-vue étaient utilisées pour empêcher les gens de manifester, même de manière préventive. C’est ce que prouve une note du préfet, publiée dans le Canard Enchaîné, qui disait qu’il fallait garder à vue les manifestants pour les empêcher de revenir en manifestation et les poursuivre systématiquement. La comparution immédiate est l’endroit où les magistrats frappent le plus forts, cela permet aussi de communiquer sur des chiffres rapidement. Également, des lois sont venues accompagner la répression, notamment la loi anti-casseurs en 2019, celle qui a permis les fouilles systématiques et les arrestations en amont des manifestations. Mais la plupart des dossiers étaient si vides, que les Gilets jaunes écopaient de rappels à la loi. »

RP : Plus largement, on a vu que la loi sécurité globale attaquait frontalement la liberté de manifester, et notamment celle de filmer la police. Est-ce que tu as l’impression que ces nouvelles mesures liberticides sont aussi prises préventivement, pour éviter un nouvel épisode type « Arc de Triomphe » ?

« Une des victoires du mouvement des Gilets jaunes, est qu’il a mis en lumière les violences policières avec, malheureusement, un grand nombre de blessés, d’estropiés, d’éborgnés. Ces images se sont retournées contre le pouvoir. Les violences policières sont devenues un objet médiatique et politique en soi.

Cette répression disproportionnée a été permise par le visuel, les images, et les reconstitutions qui en ont découlés. Cette visibilisation des violences policières par les images a entraîné un nouveau type de violences de la part des policiers, qui ne voulaient plus taper devant les caméras, c’est ce que mon confrère Raphaël Kempf a appelé les « violences judiciaires ». Ces violences permettaient de dissimuler la répression du mouvement social derrière les murs des commissariats, par des intimidations physiques, humaines, financières, par les garde-à-vue, les rappels à la loi, ou encore l’utilisation des amendes. Ces amendes se sont d’ailleurs multipliées avec la pandémie.

En effet, l’état d’urgence sanitaire a eu un effet d’aubaine pour le pouvoir : les lois et règlements établis à des visées sanitaires ont été utilisés à fins de répression des mouvements sociaux. D’ailleurs, j’ai été désigné dans un dossier concernant les amendes attribuées par caméra de surveillance pendant le confinement. La vidéo surveillance a été utilisée dans les quartiers populaires pour imposer des amendes sans contact, c’est-à-dire sans vérification de l’attestation. Ainsi, des personnes pour la plupart racisées, qui exerçaient par exemple la profession de livreur et qui se trouvaient dehors pendant le confinement, ont reçu parfois trente amendes sur la même semaine. Ils avaient été reconnus sur des caméras de surveillance alors qu’ils étaient à l’extérieur. La loi interdisait de se déplacer et des personnes ont été verbalisées alors même que la légitimité de leur déplacement n’avait pas été contrôlée. Ces amendes étaient en plus, pour des raisons procédurales, très dures à contester.

De plus, pour revenir sur la loi sécurité globale, il est important de noter que la police est très entendue au sein du gouvernement, il y a eu un très fort lobbying des syndicats de police qui effraient le pouvoir en place. Pour cette raison, le gouvernement leur a donné ce qu’ils voulaient à savoir interdire de filmer en manifestations. Pour moi, c’est presque une question périphérique, un effet d’annonce, puisque les gens vont continuer à filmer sur le terrain. »

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Scandale d’Etat. 10 ans après, Servier et l’Agence du médicament condamnés pour le Médiator

Après un procès historique commencé en septembre 2019 , le tribunal correctionnel a rendu son jugement sur l’affaire du Mediator. Ce médicament aurait causé entre 500 et 1500 morts. Dans ce procès comparaissaient le laboratoire Servier, fabricant du Mediator, mais également l’agence nationale de sécurité du médicament des produits de santé, accusée d’avoir caché la dangerosité du médicament et d’avoir tardé à le retirer de la vente.

Scandale Sanitaire

Crédit photo : AFP, Thomas Coex

Un médicament commercialisé sur le marché malgré sa dangerosité connue

Servier est le deuxième groupe pharmaceutique français et est à l’origine d’un des plus gros scandales sanitaires du territoire national. Le Mediator est commercialisé depuis 1976 par ce laboratoire, officiellement pour le traitement du diabète. Les laboratoires Servier sont poursuivis en premier lieu pour « homicides et blessures involontaires ». Le Médiator provoque notamment des dysfonctionnement des valves cardiaques ainsi de l’hypertension artérielle pulmonaire.

Une note de 1995 émanant du groupe aurait pourtant dû alerter sur les dangers potentiels du médicament. En effet, le laboratoire est accusé d’avoir sciemment caché les effets secondaires du médicament pour garder les profits qu’il générait. Il est également accusé de « tromperie aggravée avec mise en danger de la vie d’autrui » pour avoir commercialisé le Mediator seulement comme un anti-diabétique pour les personnes en surpoids, en cachant sa nature anorexigène. En effet, le médicament a également été prescrit comme coupe-faim, ce qui n’était pas son usage normal. Cela a permis d’ouvrir un marché beaucoup plus vaste, mais qui était contraire à l’autorisation délivrée par l’agence du médicament.

Le laboratoire a tenté de réduire le scandale en négociant en amont du procès avec une partie des victimes, et a acheté leur silence en échange d’une contrepartie financière. Bernard Niccoli, qui a refusé l’indemnisation du laboratoire, explique : « Servier a acheté le silence de victimes qui ont accepté ses offres, elles ont dû signer un protocole de confidentialité  ».

L’implication de l’État : négligence et trafic d’intérêt et d’influence

L’autre volet particulièrement important de ce procès est l’implication de l’État, et en particulier de l’Agence française du médicament dans le scandale. Dès 2003, le Mediator est retiré de la vente en Suisse et en Espagne, puis en 2004 en Italie. En France, le médicament ne sera retiré qu’en 2009, un retard ayant causé de nombreux morts et des séquelles à vie pour de nombreuses personnes ayant pris ce médicament.

L’alerte a pourtant été lancée par la pneumologue à l’hôpital de Brest, Irène Frachon. Cette dernière a réalisé la dangerosité du médicament lorsqu’elle a fait le lien entre des diagnostics de valvulopathies et des diagnostics d’obésité, deux diagnostics n’étant normalement pas liés. Elle fait un premier signalement à l’Afssaps (devenue lAgence nationale de sécurité du médicament des produits de santé) en 2009. L’agence refuse dans un premier temps de retirer le médicament du marché, alors même que des éléments indiquent sa dangerosité et qu’il a déjà été retiré des marchés dans d’autres pays européens. Lors du procès, Irène Frachon dénonce : « le déni inébranlable » des laboratoires Servier et « l’atmosphère de pressions et de menaces » qu’ils ont fait peser. « J’ai eu le sentiment très pénible d’être traquée, comme si j’étais à l’origine d’une conspiration contre les laboratoires Servier, alors que je ne faisais que mon travail » déclare la scientifique au Monde.

Ce procès montre la perversité de ce laboratoire, mais également l’échec des autorités sanitaires à protéger la santé de la population. Il pose la question des liens pouvant exister dans les cercles de pouvoir entre les administrations publiques, en l’occurrence de la santé, et les laboratoires privés. Les laboratoires Servier ont finalement été condamnés à des peines allant de 1 million à 1,85 millions d’euros. Une somme dérisoire, mais constituant le maximum légal, par rapport aux profits engrangés par la vente de ce médicament. Le Mediator lui aurait rapporté jusqu’à 30 millions d’euros par an selon Le Monde.

L’Agence nationale de sécurité du médicament des produits de santé a, quant à elle, été condamnée pour négligence à 200 000 euros d’amende. Selon le tribunal correctionnel, l’Agence avait "failli dans (son) rôle de police sanitaire et de gendarme du médicament", et ne s’était pas donné les moyens pour « percer le flou et le brouillard entretenus pendant des années par les laboratoires Servier".

Neuf autres personnes, accusées de pantouflage et de prise illégale d’intérêts, ont été condamnées à des peines de prison avec sursis et amendes. Certains experts étaient en effet rémunérés comme consultants par les laboratoires Servier, tout en siégeant dans des commissions statuant le Mediator tandis que d’autres sont passés de fonctions au sein des autorités de la santé à des postes auprès de Servier.

La condamnation du laboratoire après de nombreuses années vient révéler le scandale d’État que constitue l’affaire du Mediator. Elle montre aussi l’irrationalité d’un système qui fait passer le profit avant la santé publique. Le procès du Mediator a permis de révéler le mépris et le désintérêt total des laboratoires pharmaceutiques pour les millions de personnes qui se voient prescrire leurs médicaments. La logique de profit est ainsi responsable de la mort de plusieurs centaines de personnes, et de la dégradation de la santé de centaines d’autres. Aussi grave est la complaisance de l’État et de l’Agence nationale de sécurité du médicament des produits de santé face à ces entreprises privées, ainsi que des liens de connivence entre certains hauts-fonctionnaires et experts avec les industries pharmaceutiques privées. Ce scandale montre encore une fois que la logique capitaliste de profit n’est pas compatible avec la protection de l’ensemble de la population. De plus, l’affaire Mediator trouve un écho particulier en cette période de pandémie, où les États se livrent actuellement à une guerre pour obtenir des vaccins, situation totalement absurde dans un contexte de pandémie. Nous devons exiger la levée de tous les brevets et la transparence totale afin que chacun puisse avoir un accès égal à un système de santé fiable.

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Canal de Suez. Ever Given reprend la route : 9 600 millions de dollars perdus par jour

La perte de 9 600 millions de dollars quotidiens, dans l’une des principales routes du commerce mondial, agite les marchés depuis mardi. Délais de livraison allongés, cours du pétrole à la hausse... tout cela dû à un simple cargo échoué dans le canal de Suez. Ce lundi, la bonne nouvelle tant attendue par les grandes entreprises arrive : EverGiven avance et le trafic va pouvoir reprendre. Mais pour que tous les navires en attente traversent, il faudra du temps. Cette situation absurde n’est au final que la preuve de la fragilité de ce système.

International

Depuis mardi c’est une histoire rocambolesque qui secoue l’économie mondiale : le porte-conteneurs « Ever Given » bloque le canal de Suez, entravant l’une des principales routes commerciales du monde. Cet accident serait dû à une tempête de sable et à de forts vents, qui auraient occasionné la perte de contrôle du bateau. C’est ainsi que 10% du commerce mondial - soit 9 600 millions de dollars quotidiens - a été interrompu pendant presque une semaine par un simple cargo échoué.
 

5 navires en attente qui transportaient des vêtements, des meubles et même 130 000 moutons

 
Les grandes entreprises du monde entier, mais surtout de l’Union Européenne, ainsi que les autorités de ces pays, suivent depuis quelques jours l’affaire de très prêt en priant que tout revienne à la normale. Pourtant, personne n’était en capacité de dire jusqu’à quand le problème allait perdurer. En effet, l’équipe en mission de sauvetage depuis mardi avec huit remorqueurs – minuscules à côté du porte-conteneur- n’a pas réussi à résoudre le problème et à dû se renforcer mercredi avec deux dragueurs. Le seul véritable espoir était alors dans les annonces de la montée de la marée pour cette semaine.
 
C’est par le canal de Suez que la majeure part du pétrole du golfe persique à destination de l’Europe arrive, notamment avec le passage de 1,74 millions de barils par jour.
 

Ever Given sauvé : les grands patrons blessés mais soulagés, et c’est l’Union Européenne la grande perdante

Le porte-conteneurs à « tourné », déclare lundi une porte-parole de Shoei Kisen - entreprise japonaise propriétaire du navire- soulageant ainsi tous les marchés affectés. C’est de cette manière qu’après cinq jours d’inquiétudes et de travaux, une lueur d’espoir touche l’ensemble des grandes entreprises, surtout européennes. Selon l’Autorité du canal de Suez : « Les manœuvres de remorquage pour renflouer le porte-conteneurs Ever Given ont commencé a l’aide de dix remorqueurs géants  »
 
En effet, ce lundi a été un nouveau tournant dans la situation du canal de Suez. Au petit matin, une nouvelle annonce surgit : le navire reflotte partiellement. Ce fut un soulagement de courte durée, puisque quelques heures plus tard on apprend que le porte-conteneurs se trouve de nouveau retourné. La délivrance pour les grandes entreprises vient quelques quelques minutes plus tard, les photos du navire en marche circulant partout sur les réseaux sociaux et marquant la fin du problème... ou presque...

Un dénouement à l’image de l’affaire, entre hésitations incompétences et ridicule : en réalité, l’histoire ne s’arrête pas là. Les marchés en détresse, annoncent déjà des brusques hausses du cours du pétrole, une augmentation du délai de livraison ainsi que l’augmentation des coûts de fret, sans parler de la consommation de carburant pour les navires qui ont du prendre la route alternative du Cap, impliquant un coût environnemental supplémentaire. Une fois l’Ever Given en route, il faudra environ trois jours et demi pour que tous les navires en attente puissent traverser le canal, selon Osama Rabie de l’Autorité du Canal .
 
Ainsi, les autorités annoncent déjà qu’elles augmenteront la densification des convois pour essayer de rattraper le temps perdu. Le trafic a déjà été augmenté depuis la fin du premier confinement en Europe. Cette nouvelle décision n’est pas sans risque, car cette densification provoquera sûrement une congestion maritime. Dans tout cette affaire, c’est surtout les fournisseurs de l’industrie manufacturière et de l’automobile, mais aussi de tous les biens allant du pétrole et gaz à l’industrie textile, qui seront les grands perdants. Alors que le transport maritime s’est déjà vu affecté par les fermetures liées au Covid, les tensions augmentent. La demande croissante des États-Unis a épuisé les stocks de conteneurs dans les ports chinois, et le coût d’expédition d’un conteneur depuis l’Asie a plus que doublé depuis novembre, selon le New York Times.
 
Cette situation plus qu’absurde a provoqué l’hilarité et l’étonnement de milliers d’internautes, qui s’en sont donnés à cœur joie à travers une multitude de blagues et de memes sur les réseaux sociaux.

En réalité, cette situation ridicule n’est que le miroir de l’absurdité propre au système capitaliste. Cette histoire met en avant la manière dont la production et la circulation fonctionnent aujourd’hui, le capitalisme ayant décentralisé la production depuis les États-Unis et l’Europe lors des cinquante dernières années, recherchant avant tout une main d’œuvre peu chère dans les pays du Sud-Est asiatique. Mais cet incident reflète aussi la fragilité de ce système, un simple incident mineur pouvant entraîner une catastrophe dans le commerce mondial.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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L'usine Knorr de Duppigheim ferme, 261 salariés menacés

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PV désaccord NAO Unilever Le meux

Nous venons de recevoir le PV de désaccord NAO 2021.

Rappelons que de nombreux grévistes n'attendaient plus rien pour cette année de la part de la direction sur les mesures NAO. Les propositions d'Unilever ne répondaient en rien à tous les efforts des salariés. (COVID, nouvelle organisation MUDA...)

 

Dans ce document, nous apprenons les mesures unilatérales de la direction :

 

Face au désaccord constaté, la Direction, a néanmoins souhaité faire bénéficier l’ensemble des salariés de la société UF HPC de la proposition suivante :

 

Augmentation générale de 0,5% au 1er avril 2021 sur les salaires de base individuels mensuels bruts pour l’ensemble des ouvriers, employés, techniciens, agents de maîtrise et cadres jusqu’au coefficient 360. Cette augmentation générale ne sera pas appliquée sur la grille des salaires ni sur les diverses primes et accessoires sauf accord prévoyant leur revalorisation.

 

Augmentation de 20€ de la prime vacance, portant le montant de cette prime à 1230€ bruts

 

Mise en place d’un supplément d’intéressement, formalisée dans le cadre d’une décision unilatérale de l’employeur,qui après répartition devrait s’élever approximativement à 200 euros par salarié

 

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Dans le « monde d’après » on continue à SUPPRIMER DU PERSONNEL à L’HÔPITAL !
Dans le « monde d’après » on continue à SUPPRIMER DU PERSONNEL à L’HÔPITAL !

Publié par EL DIABLO

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VIDEO. Konstantin travailleur réprimé par Biocoop appelle à un rassemblement de soutien le 30 mars

Mardi 30 mars, trois grévistes réprimés de Biocoop- Le retour à la Terre- attaquent leur direction devant la justice pour contester leur licenciement et appellent à un rassemblement de soutien, à 8h30 devant le Conseil des Prudhommes. Pour l'occasion nous relayons une interview de Konstantin, figure du mouvement et licencié.

Répression Patronale

"Qu’on travaille à la Biocoop, à la Poste ou à la RATP ce sont toujours les mêmes méthodes patronales, la même répression qui s’abat sur les syndicalistes combatifs qui défendent les droits de leurs collègue." Ex-salarié de Biocoop, Konstantin a été licencié après une grève inédite. Le 30 mars, lui et deux de ses collègues attaquent la direction aux Prud’hommes pour contester leur licenciement. Rdv mardi 30 mars à 8h30 au Conseil des Prud’hommes de Paris (Métro Louis Blanc) pour les soutenir !

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
TU ES SALARIÉ·E DANS UNE ENTREPRISE DE MOINS DE 11 SALARIÉS ?

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Chronodrive. Grève historique et 200 soutiens présents pour exiger la réintégration de Rozenn

Face au licenciement de Rozenn, après une importante lutte menée contre les violences sexistes et sexuelles dans l’entreprise, les salariés de Chronodrive de Toulouse se sont mis en grève pour la première fois de l’histoire de l’entreprise. 200 personnes se sont rassemblées devant le magasin de Basso Cambo pour soutenir ce combat !

Soutien à Rozenn !!

Ce samedi, autour de 200 personnes se sont rassemblées devant le Chronodrive de Basso Cambo pour exiger la réintégration de Rozenn. Un important arc était représenté, allant de sections syndicales de l’éducation, de l’aéronautique, du commerce, des organisations féministes et des organisations politiques dont le NPA, l’UCL, Archipel Citoyen et la France Insoumise avec Manuel Bompard, député européen. De nombreux étudiants, qui vivent les mêmes conditions de travail que les salariés de Chronodrive dans des emplois précaires, se sont aussi mobilisés !

Face à l’offensive scandaleuse de Chronodrive, qui consiste à licencier Rozenn au prétexte d’un tweet sur le gaspillage alimentaire mais surtout comme suite de son engagement contre les violences sexistes et sexuelles dans l’entreprise, ce rassemblement a exprimé une forte combativité. Symbole d’une jeunesse qui relève la tête face au sexisme et aux conditions de travail précaire imposées à la jeunesse, une vingtaine de salariés de Chronodrive étaient en grève, pour la première fois de leur vie, mais surtout pour la première fois dans l’histoire de l’entreprise !

« Ce qu’on me reproche aujourd’hui c’est d’avoir dit la vérité sur nos conditions de travail »

Alors que ces derniers jours la direction de Chronodrive a multiplié les manœuvres, maniant, peu finement, la carotte et le bâton, la colère était plus forte. En milieu de semaine, sentant la tension monter et l’appel à la grève ayant des retours positifs, la direction a offert des cadeaux (des bouteilles de whiskys, des rasoirs, de la lessive) aux salariés. Par la suite, la direction a incité les managers à mentir sur le droit de grève, sachant que dans un secteur manquant d’organisation, les salariés sont peu au fait de leurs droits. La direction Pourtant, les salariés ont répondu présents, une grève qui envoie un énorme message à l’ensemble de la jeunesse précaire ! Contre l’idée d’être une génération sacrifiée, qui ne peut que se résigner face à la situation ou au mieux être tributaire des pseudos-aides (essentiellement au patronat) de Macron. Il est possible de relever la tête, collectivement, face au patron, il est possible de se mobiliser !

« Dans la grande distribution, on est énormément d’étudiants travailleurs à être payés une misère, à se casser le dos tous les jours, moi je faisais des arrêts maladies à 18 ans pour gagner 400 balles par mois, même pas le prix de mon loyer. C’est ça aujourd’hui le sort qu’on réserve aux étudiants. C’est impressionnant aujourd’hui qu’on soit une vingtaine de grévistes ! […] On peut pas partir parce qu’on en a envie, quand t’es une femme, que t’es précaire t’es obligée de rester dans ce genre de boîtes ! Donc c’est pour ça qu’aujourd’hui je vais lutter contre ce licenciement, je vais lutter avec vous tous, je vais lutter avec mes collègues et surtout on va continuer à se battre pour un féminisme lutte de classe, on va se battre avec les Ibis Batignolles, les travailleuses de Mcdo qui se sont organisées dans le collectif McDroits ! On va se battre tous ensemble, je vais aller aux Prud’hommes, je vais pas les laisser faire, je vais récupérer mon taf et surtout on va continuer à se mobiliser ! » a déclaré Rozenn lors de sa prise de parole.

« Cet exemple de ce qu’on est en train de faire aujourd’hui, cette mobilisation interne mais aussi toute cette solidarité extérieure, ça doit pas s’arrêter aux portes de Chronodrive, faut que ça aille dans tous les Carrefour, dans tous les McDonald’s, dans tous les Monoprix et au-delà du secteur du commerce, faut que ça aille dans toutes les entreprises possibles et qu’on apporte cette solidarité, cette organisation aux salariés et ce rapport de force il se fera par la grève !

Après le succès du rassemblement, il est nécessaire d’élargir encore le font pour faire face à la direction de Chronodrive pour obtenir la réintégration de Rozenn. Une campagne qui a déjà reçu un fort soutien populaire, avec plus de vingt-mille signataires de la pétition, plus de trois mille euros récoltés pour la caisse de grève, et de nombreux témoignages de clients scandalisés qui appellent au boycott de Chronodrive. Dans ce cadre, la question d’attaquer aux prud’hommes pour maintenir la pression sur la direction est nécessaire mais ne sera pas suffisante. Il s’agit ainsi de mettre au premier plan la question de la mobilisation en lançant une campagne d’ampleur pour imposer la réintégration de Rozenn. Il s’agit ainsi d’un côté d’utiliser les brèches juridiques mais de l’autre à mettre au cœur la construction d’un réel rapport de force face à la direction. Plus que jamais, c’est avec l’ensemble des forces politiques et syndicales, mais aussi féministes que nous pourrons imposer par nos méthodes, la grève et la mobilisation, la réintégration de Rozenn.

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Et pas à cause du changement d'heure à l'heure d'été. Mais des médecins de l'AP-HP publient une tribune dans le JDD, expliquant le tri prochain des patients parce que l'hôpital public manque de lits et de personnels

 

"Un certain nombre de médecins de l'AP-HP publient une tribune dans le Journal du Dimanche pour expliquer qu'il va falloir "trier" les malades par manque de lits et de personnels à l'hôpital.
 
Oui, c'est une triste réalité, dénoncée notamment pas les urgentistes depuis la crise de la canicule en 2003, tous les hivers, tous les étés, pendant toutes les périodes de vacances et pendant tous les longs week-ends.
C'est la conséquence de la politique menée depuis des années de fermetures de lits et de diminution du nombre d'étudiants en formation que ces mêmes médecins, ayant tous d'importantes responsabilités institutionnelles, ont largement accompagnée et soutenue. C'est plus particulièrement le cas à l'AP-HP où le directeur médical de crise, premier signataire de cette tribune, a refusé en mai dernier d'augmenter de manière pérenne le nombre de lits de réanimation en expliquant que "grâce" aux transferts de malades en TGV sanitaires, il avait été possible de "gérer la crise". Alors, il est légitime de se poser la question de savoir si ce texte n'est pas publié dans l'urgence pour se dédouaner de sa part de responsabilité dans la crise.
 
Bien entendu, les premiers responsables sont les politiques qui ont sciemment affaibli l'hôpital public ces dernières années. Cependant sans l'aide d'un certain nombre de médecins, pour certains plus intéressés par des enjeux de pouvoir, pour d'autres par complaisance ou encore par peur de s'opposer aux institutions, cette casse de l'hôpital public aurait pu être au minimum freinée, voire stoppée.
 
J'espère donc que les signataires de cette tribune rejoindront ceux qui s'opposent aux opérations de "restructuration" de l'AP-HP qui continuent et vont se traduire par des fermetures massives de lits. Il s'agit de la fermeture des hôpitaux Hôtel-Dieu, Bichat, Beaujon, Jean Verdier à Bondy, Raymond Poincaré à Garches, sans compter les réductions massives de lits dans les hôpitaux de gériatrie.
 
Mes chers collègues, il n'y a pas de honte à reconnaître ses erreurs, afin de pouvoir enfin se mobiliser ensemble pour obtenir dans les mois et les années qui viennent les moyens de ne plus être obligé de "trier" les malades."
 
 
Enfin, surtout pas pour rire, vu l'avalanche de doses de vaccins qui doit inonder bientôt la France:
Christophe Prudhomme, médecin urgentiste syndiqué CGT, remet les pendules à l'heure

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