SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

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GOUVERNEMENT-PATRONAT-FINANCE veulent metrre le monde du travail à genou !

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Peinture verte et tambours battants au pied de la tour Total, greenwashing et casse sociale ne passent pas

Les raffineurs de Grandpuits et leurs soutiens se sont rassemblés ce mardi devant le siège de Total. L’entrée de la tour a été repeinte en vert pour dénoncer la suppression de 700 emplois sous couvert d'arguments écologiques.

Action coup de poing

Les raffineurs de Grandpuits, en grève depuis 4 semaines, pour sauver près de 700 emplois étaient présents en nombre avec leurs soutiens devant le siège de Total à la défense où se tenait en même temps un comité social et économique (CSE). Les soutiens ont mené une action coup de poing en repeignant en vert l’entrée du siège afin de dénoncer le greenwashing de la multinationale qui instrumentalise la lutte écologique pour justifier des licenciements. Il s’agissait donc de mettre la pression à la direction de Total alors que l’expertise commandée par le CSE rendait ses conclusions sur le plan social en cours à GrandPuits le jour même. En face, les patrons de Total étaient barricadés dans leur tour, protégés par des CRS.

L’avis rendu par le CSE grâce à l’expertise indépendante est clair : elle contredit la direction sur tous le points, sonnant l’alerte sur les conditions de travail des salariés de la raffinerie, mettant en avant notamment les risques psychosociaux et de sécurité du plan de reconversion. Les salariés ont donc la preuve par des experts indépendants que ce plan social n’a d’autre justification que la volonté de la direction de Total de profiter de la situation pour fermer la raffinerie et faire du profit ailleurs.

Cet avis donne une nouvelle fois raison aux grévistes et à leurs soutiens quant à la casse sociale que représente en réalité le plan de suppression de postes de Total, déguisé en plan de « reconversion » vert. En effet, ces suppressions d’emplois et ces licenciements auront des conséquences sociales dramatiques qui risquent de plonger des dizaines de milliers de familles dans la précarité, et avec, leurs lots de divorces, de dépression et de suicides. Lors de l’action, les raffineurs et leurs soutiens ont également brandi une longue banderole sur laquelle on pouvait voir les portraits et visages des différents salariés.

Différents secteurs sont venus soutenir les raffineurs : des jeunes, des salariés du secteur automobile, de la Poste, de la raffinerie de Donges, mais aussi des militants et organisations écologistes comme les Amis de la Terre. Ils ont rappelé à quel point cette lutte était importante dans une période où les plans sociaux se multiplient et tandis que le gouvernement commence à craindre la possibilité d’un printemps social

La lutte des travailleurs de Grandpuits est aussi une bataille contre le greenwashing de Total qui justifie ces licenciements par la transition écologique. Cécile Marchand, des Amis de la Terre, a d’ailleurs souligné la mascarade qu’était la soit disant « conversion » de Total à l’écologie, eux qui nous enfoncent au contraire toujours plus dans la crise climatique en développant des projets pétroliers et gaziers partout dans le monde.

Malgré un blackout médiatique autour des licenciements et sur la grève exemplaire que mènent les raffineurs de Grandpuits - dans une situation potentiellement explosive où les PSE se multiplient avec la crise sanitaire - les salariés sont bien déterminés à durcir le rapport de force pour sauver leurs emplois et leurs familles. Après une campagne sur Twitter qui a mené le #SoutienauxraffineursTotalGrandpuits au top 4 des tendances hier soir, il s’agira pour les raffineurs de poursuivre une lutte qui pourrait faire tache d’huile et se coordonner avec les autres secteurs attaqués par des PSE. Comme ce fût le cas samedi dernier, où les raffineurs étaient présents à la manifestation contre les licenciements aux côtés de nombreux travailleurs.

 

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Les salariés des Nouveaux Robinson, entreprise de supermarchés de produits biologiques, organisent ce samedi 30 janvier un rassemblement à Montreuil dans le cadre de leur troisième journée de grève contre les suppressions d’emploi et le gel des salaires. Face à une direction qui refuse que le CSE se tienne et qui menace de licencier une élue du personnel, soyons nombreux pour les soutenir.

Grève aux Nouveaux Robinson : un appel à rassemblement contre les suppressions d’emploi et le gel des salaires

Depuis deux ans, cinquante postes ont été supprimés aux Nouveaux Robinson. Face aux dégradations des conditions de travail et à un management de plus en plus autoritaire, les salariés avaient organisé une première grève en 2019 pour obtenir de meilleurs salaires, une prime de fin d’année et la mise en place d’un 13ème mois. Ce premier conflit avait débouché sur un engagement de la direction concernant une prime indépendante des bénéfices mais lors de la dernière négociation salariale, Christelle Pohardy, présidente du directoire, a annoncé ne pas tenir sa promesse concernant la prime et a refusé de revaloriser les salaires mensuels en déclarant : « Dans la situation présente, les salariés doivent se serrer la ceinture. ».

Comme partout dans le secteur des commerces et services, tous les prétextes économiques sont bons pour baisser les effectifs partout où il y a une pénibilité au travail mais pas dans les bureaux, où le service RH des Nouveaux Robinson a eu droit à une promotion en 2020, au nom de « la reconnaissance d’une montée en compétences ». Cette reconnaissance ne concerne évidement pas les travailleurs qui produisent les richesses au quotidien puisque ces derniers se voient désormais imposer le gel de leurs salaires ainsi qu’une baisse des effectifs dans les mois à venir.

En plus de la régression sociale, c’est un management de la terreur qui est dénoncé par les salariés depuis plusieurs années. Ainsi, on peut lire sur le site internet du CSE de l’entreprise qu’une salariée ayant été promue au poste de directrice de trois magasins a subi des pressions de la direction des Nouveaux Robinson qui lui a reproché de ne pas réduire suffisamment les effectifs et de ne pas sanctionner assez les salariés. Cette salariée a été licenciée en 2019 pour inaptitude après un burn out et deux congés maladie. La même année, suite à un non remplacement, un salarié ayant repoussé sa pause, entraînant une crise d’hypoglycémie et ayant baissé le rideau exceptionnellement pour appeler du renfort d’autres magasins a été sanctionné par une mise à pied. Ces exemples marquants montrent une fois de plus que la « coopération » revendiquée par ce type d’enseigne n’est qu’illusoire alors qu’une minorité de salariés sont sociétaires et que l’« assemblée générale » des employés n’a lieu que tous les deux ans.

Face à cet état de fait, les salariés des Nouveaux Robinson sont partis en grève à l’appel de la CGT les 11 et 12 décembre pour revendiquer l’arrêt des baisses d’effectif, la juste application de la prime sur laquelle s’est engagée la direction mais aussi la révocation de la direction et une 6e semaine de congés payés en compensation de la pénibilité du travail. Malgré deux journées de grèves réussies, la direction n’a pas souhaité négocier et a empêché la tenue du CSE à deux reprises de manière arbitraire et illégale. Pire encore, une procédure de licenciement a été engagée contre une élue du personnel ce mois-ci.

Les travailleurs organisent un rassemblement place de la République de Montreuil, en face du magasin historique, samedi 30 janvier à partir de 9H dans le cadre de leur troisième journée de grève contre la destruction d’emplois. Dans un secteur avec un des plus faibles taux de syndicalisation, la lutte des travailleurs des Nouveaux Robinson est à saluer et soutenir leur caisse de grève pour les aider à tenir dans la durée est important.

Alors que plusieurs milliers de manifestants étaient présents à l’appel des TUI France et de différentes organisations politiques et syndicales pour manifester contre les licenciements samedi dernier à Paris, soutenir et coordonner les secteurs en grève est primordial pour engager un bras de fer contre les suppressions d’emplois. Les mobilisations de janvier doivent servir de point d’appui pour amplifier notre détermination pour préparer un mouvement d’ampleur dans la jeunesse comme dans le monde du travail.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Bordeaux. À la blanchisserie du CHU, la direction assigne tous les agents pour les empêcher de faire grève

À Bordeaux, les agents de la blanchisserie du CHU qui sont en grève depuis le 21 janvier se sont vus assignés abusivement par la direction afin de casser le mouvement. Une atteinte grave au droit de grève pour un service mis à rude contribution depuis le début de la crise sanitaire.

 

Entrave du droit de grève

Jeudi dernier, nous étions présents sur le piquet de grève aux côtés des travailleurs de la blanchisserie afin de les soutenir dans leur combat. Ils demandent l’augmentation de l’effectif, une remise à neuf de leurs outils de travail qui sont d’une vétusté avancée. Enfin, ils demandent la titularisation de l’ensemble du personnel déjà présent.

En effet, ces travailleurs exercent leur métier dans des conditions difficiles dues à la vétusté et le manque d’hygiène nécessaire pour leur sécurité. La poussière vestimentaire se déposant au fur et à mesure dans l’ensemble de l’enceinte, mettant ainsi en péril la santé et la sécurité des buandiers.

Alors que ces derniers avaient décidé la reconduction du mouvement de grève dès le lundi suivant, leur direction a ainsi décidé d’abuser des assignations, bloquant la quasi-totalité des agents, même non-grévistes. Ceci est une atteinte grave au droit de grève pour ces travailleurs à qui l’ont demandait de laver les surblouses à usage unique déjà utilisées et augmentant alors le risque de contamination au virus. Cela n’était pas suffisant aux yeux de la direction pour mériter la rehausse de la prime « covid » et ont dû faire grève pour l’obtenir.

Travaillant en flux tendu depuis plusieurs années, une note officielle de la direction indique que l’effectif devrait se porter au nombre de 96 agents. Or l’équipe ne comprend que 68 personnes. Une reconnaissance tacite d’un manque d’effectif revendiqué par les agents mais aussi, une évidente manipulation des chiffres du service minimum annoncé et un manque évident de moyen accordé aux hôpitaux.

Il ne s’agit pas là d’un cas isolé au CHU de Bordeaux, dirigé depuis un an par Yann Bubien, ancien directeur de cabinet d’Agnès Buzyn alors ministre de la Santé, et épaulé par son DRH Mathieu Girier pavoisant tout sourire il y a quelques mois sur BFM Business alors que l’ensemble des effectifs étaient à cran afin de gérer au mieux la pandémie.

Ces manœuvres entravent au fur et à mesure le droit de grève de l’ensemble des travailleurs. La loi du service minimum appliquée par le gouvernement Sarkozy qui se targuait d’invisibiliser les mouvements sociaux. L’incapacité du gouvernement et de cette direction méprisante à gérer cette crise sanitaire démontre que la solution ne viendra de là mais qu’elle est entre les mains des travailleurs, qui eux seuls peuvent décider de la bonne stratégie à adopter pour sortir de cette situation.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Alors que la crise sanitaire a conduit à une augmentation énorme du chômage et de la pauvreté dans le monde, certains tirent profit de la situation. Selon l'ONG Oxfam, les milliardaires n'ont mis que 9 mois à récupérer leur fortune d'avant la crise. A l'inverse, les plus pauvres devront attendre une décennie pour retrouver leur niveau d'avant la pandémie.

Covid-19 : les plus riches ressortent encore plus enrichis, selon Oxfam

Crédits photo : Eric PIERMONT/AFP

La crise oui, mais pas pour tout le monde

A titre de comparaison, les chiffres de 2008 sont utiles : après la crise d’il y a 13 ans, les milliardaires ont mis cinq ans au total pour ramener leur fortune au niveau d’avant la crise. Aujourd’hui, en dépit de la crise économique mondiale provoquée par le coronavirus et ses mesures poursuivant l’endiguement, les personnes les plus riches du monde ont considérablement augmenté leurs richesses. C’est ce qu’explique l’organisation de développement Oxfam dans une évaluation qui était publiée lundi le 25 janvier. En décembre 2020, la fortune des dix hommes les plus riches du monde a augmenté de près d’un demi-milliard de dollars pour atteindre 1,12 billions de dollars depuis février 2019. Au cours de la période considérée, qui commence environ un an avant l’éclatement de la pandémie, Elon Musk, directeur de Tesla, a augmenté le solde de son compte de 131 milliards de dollars, et Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, a gagné 60 milliards de dollars.

Parallèlement, un énorme choc économique se fait sentir, des centaines de millions de personnes perdent leur emploi, souffrent de la pauvreté et de la faim. A l’autre extrémité de l’échelle des richesses, la pauvreté augmente fortement avec la crise du coronavirus. Oxfam cite des chiffres de la Banque mondiale selon lesquels, avant même la crise, près de la moitié de l’humanité disposait de moins de 5,50 dollars par jour, ce qui correspond à la définition élargie de la pauvreté de la Banque mondiale. Selon les estimations, entre 200 et 500 millions de personnes étaient poussées dans la pauvreté d’ici 2020. Il faudra probablement plus d’une décennie pour que le taux de pauvreté revienne à son niveau d’avant la crise. La crise sanitaire et économique mondiale de cette année met en lumière l’injustice sociale des systèmes capitalistes : un salaire perdu signifie une vie dans la misère.

Le fossé entre riches et pauvres

Le rapport montre aussi que le fossé entre riches et pauvres ne cesse de se creuser depuis des années. La concentration de la richesse et des revenus au sommet de l’Union ne cesse de croître. Le nombre total de milliardaires a presque doublé au cours des dix années qui ont suivi la crise financière de 2008. En 2015, la majorité de la population mondiale vivait dans des pays où l’inégalité des revenus s’était creusée au cours des 25 années précédentes. Au cours des 40 dernières années, le pourcentage le plus riche de la population mondiale a eu deux fois plus de revenus que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Les plus fortunés ont obtenu 27 centimes de chaque dollar de croissance des revenus mondiaux entre 1980 et 2016. En revanche, la moitié la plus pauvre de la population mondiale n’a bénéficié que de 12 cents par dollar.

Les inégalités extrêmes en termes de richesse et de revenus, mais aussi en matière d’éducation, de santé et de protection sociale, se font sentir. De fortes inégalités signifient qu’un plus grand nombre de personnes sont malades, qu’il y a moins de personnes ayant une bonne éducation et qu’il y a moins de personnes capables de mener une vie digne. Si les gains de richesse sont principalement destinés à la hausse, ils restent nécessairement moins pour tout le monde, et la pandémie du Corona aggrave cette tendance.

Aux États-Unis, par exemple, le nombre d’hospitalisations pour le COVID-19 chez les Noirs, les Latino-Américains et les Amérindiens était cinq fois plus élevé que chez les Blancs. Les taux de mortalité dans COVID-19 chez les Noirs étaient deux fois plus élevés que chez les Blancs.

En Europe, les communautés rroms manquent d’abris sûrs, ce qui rend impossible toute quarantaine et accroît le risque d’infection. 30% des Roms n’ont pas accès à l’eau courante et 80% vivent dans des quartiers et des logements surpeuplés. Les groupes racisés, et en particulier les femmes (les femmes représentent 70% du personnel de santé dans le monde et sont donc exposées à un risque élevé d’infection !), ont tendance à être surreprésentés dans les emplois mal rémunérés et plus dangereux et sont donc encore plus pénalisés par la situation actuelle.

Les milliardaires français ont bénéficié d’une reprise exceptionnelle : ils ont vu leur fortune se redresser à 175 milliards d’euros. Il s’agit de la troisième augmentation la plus importante après les États-Unis et la Chine. 175 milliards d’euros, c’est aussi le double du budget de l’hôpital public français. Le rapport d’Oxfam montre qu’en dépit de la crise, la fortune de Bernard Arnault a même augmenté de 44 milliards d’euros entre mars et décembre 2020, soit un bond de 41%. Dans le même temps, selon des organisations caritatives, un million de personnes en France sont tombés dans la pauvreté d’ici 2020. Mais les femmes, et en particulier les mères célibataires, les jeunes et les travailleurs précaires, qui sont les plus touchés par la crise, sont les plus oubliés du plan de relance français.

En période de pandémie, cette inégalité déjà existante est brutalement révélée et poussée à son sommet, car les travailleurs à faible revenu, précaires ou licenciés en période de crise ne reçoivent pas l’aide dont ils ont besoin, contrairement à ceux qui ont des revenus plus élevés.

Face à de telles inégalités, nous devons nous battre dans la rue !

La crise sanitaire a révélé des mécanismes déjà présents dans notre société, et a vu naître des mouvements de protestation contre ces inégalités. La révolte de masse aux États-Unis contre la violence policière et le racisme après l’assassinat de George Floyd a surpris la classe dirigeante et a radicalement changé la situation en remettant en question un des piliers de l’Etat qu’est la police. C‘était des jours de mobilisation massive à l’échelle nationale qui ont eu des effets contagieux dans différentes parties du monde, à Londres, Paris et Berlin, au Brésil et en Colombie. Ces mobilisations laissent présager de potentielles futures explosions de la lutte des classes.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Wanted: la recherche et l'innovation en France

Après Sanofi, made in France, avec son vaccin anti-covid peut-être à Noël 2021, l'Institut Pasteur, made in France également, jette carrément l'éponge: Plus de recherche sur un éventuel vaccin contre le coronavirus.

 

Bon, on a toujours une ministre chargée de la Recherche et de l'Innovation: madame Frédérique Vidal. Elle est aussi adoubée pour être en charge des Universités. C'est dire ses compétences en la matière...

Attention, ne pas toujours tirer sur l'ambulance! Au-dessus d'elle: Emmanuel Macron, ex-gérant d'un méga banque d'affaires, avant de faire carrière dans la politique de gôche sous Hollande président, puis de le remplacer à l'Elysée avec sa propre politique à l'égard des riches et du capital. Et dont personne ne demande la démission... Peut-être par timidité?

Du coup, Sanofi, notre géant pharmaceutique national, qui bosse avec de l'argent public, c'est ça !

Wanted: la recherche et l'innovation en France

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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Raffinerie de Grandpuits : Total menace de virer les sous-traitants pour tenter d’arrêter la grève

Alors que les raffineurs de Grandpuits sont en grève depuis près de trois semaines contre la suppression de 700 emplois, Total menace de renvoyer les sous-traitants et tente de diviser les salariés. La multinationale montre ainsi son vrai visage. Mais c'est sans compter la solidarité des travailleurs.

 

Grève pour l'emploi

Les salariés de l’entreprise de sous-traitance Siemo autour du brasero avec les raffineurs de Total en grève avant l’assemblée générale de ce vendredi 22 janvier
Donnez à la caisse des raffineurs de Grandpuits en grève reconductible depuis le 4 janvier contre 700 suppressions d’emplois

Vendredi, une centaine de personnes étaient réunies devant la raffinerie Total à Grandpuits en Seine-et-Marne, à l’occasion d’une Assemblée Générale pour reconduire le mouvement de grève en cours depuis le 4 janvier contre la suppression de 700 emplois sur la plateforme de Grandpuits-Gargenville dans le cadre d’un PSE. Parmi elles, des raffineurs salariés de Total, mais aussi des sous-traitants de la multinationale embauchés par l’entreprise Siemo chargée de l’installation des échafaudages pour les travaux sur le site.

Total menace de renvoyer les sous-traitants pendant la grève : un avant goût du PSE

L’image est rare, car la politique managériale du géant pétrolier laisse peu de place aux syndicats et à l’action revendicative pour les salariés de la sous-traitance. « Dès que la direction s’est rendue compte que je participais à des réunions avec la CGT, la réponse a été directe », témoigne une ancienne salariée d’une entreprise extérieure sous couvert d’anonymat. Elle raconte qu’après le mouvement contre la réforme des retraites, son employeur l’a mutée sur un autre site sans autre forme d’explication, sur consigne du donneur d’ordre Total.

Mais si la direction de Total prévoit la suppression de 500 postes chez les entreprises extérieures en plus des 200 suppressions de postes chez les salariés Total, ce n’est pas pour voter la reconduction de la grève en cours contre ce PSE que les sous-traitants de Simeo se sont rendus à l’assemblée générale. La veille, la direction du site leur annonçait que si la grève devait continuer, ils devraient plier valise dès lundi. Une annonce qui dévoile les méthodes managériales de Total avant même le PSE, la multinationale n’hésitant pas à renvoyer chez eux les sous-traitants du jour au lendemain. C’est pour faire part de cette nouvelle aux grévistes qu’une trentaine de salariés de l’entreprise sous-traitante se sont rendus à l’assemblée générale.

En effet, mercredi dernier, après 16 jours de grève, les raffineurs décidaient de durcir le mouvement en bloquant les travaux de démantèlement du site prévu dans le cadre du projet de reconversion de la raffinerie en usine de biocarburants et de bioplastiques. Avec ce projet baptisé « Galaxy », le nombre de salariés employés par Total sur la plateforme passerait de 450 (CDI, CDD et intérimaires inclus) à 250, et menacerait 500 salariés sous-traitants dans le cadre d’un PSE que la direction veut ratifier le 9 février prochain. « La direction veut préparer les travaux pour le démantèlement de l’usine, et c’est Siemo qui met en place les échafaudages. Donc mercredi, les grévistes ont décidé de ne plus autoriser Siemo à monter les échafaudages dans l’usine » résume Paul Feltman, syndicaliste à la CGT Grandpuits.

Face aux menaces de la direction contre les sous-traitants, les raffineurs répondent par la solidarité entre les travailleurs

 

« Pour mon patron il n’y a pas de conséquence », explique Manu, chef d’équipe chez Siemo, aux grévistes réunis en assemblée générale. « Les échafaudages on pourra les monter dans deux mois, par contre je ne peux pas dire aux gars d’arrêter de manger pendant deux mois. Nous on est 84, comment on va trouver du boulot pendant ce temps » interroge-t-il, avant de conclure « on a pas un CDI avec Total, mais pour certains ça fait 25 ans qu’on est là. Je comprends le mouvement quand vous dites que vous voulez défendre les salariés et les sous-traitants. Mais je demande juste de trouver une solution ».

Une voix fuse alors dans l’assemblée : « c’est de la faute de la direction si on bloque les travaux ! Il y a une solution, il suffit que la direction réponde aux revendications sur l’emploi. Elle a les moyens de payer les sous-traitants ». Un autre propose que les sous-traitants puissent reprendre le travail en commençant par démonter les échafaudages désuets, plutôt qu’installer ceux pour les travaux de démantèlement. « Il n’y en a pas assez », rétorque Manu. Les débats continuent jusqu’à ce qu’un gréviste finisse par proposer : « on laisse rentrer Siemo, car il faut bien que les mecs remplissent leur frigo et on comprend leur détresse. Mais en échange on ne laisse plus aucune goutte sortir de la raffinerie ». C’est la solution qui sera retenue par l’assemblée générale. C’est le soulagement pour les sous-traitants, qui remercient unanimement les grévistes.

« Les tauliers c’est nous, quand on décide de couper les expéditions [c’est-à-dire les sorties de carburants, ndlr] ou d’arrêter les travaux, c’est nous qui avons le contrôle. C’est le pouvoir des travailleurs car c’est nous qui faisons tourner la raffinerie. On en prend conscience à chaque fois qu’on fait grève ! » Adrien Cornet, délégué CGT Grandpuits est fier de l’organisation de la grève par les travailleurs. « Les modalités de grève c’est pour l’ensemble du site, s’il arrive malheur à un sous-traitant pendant qu’on fait grève, c’est de la responsabilité de la direction », explique-t-il. Depuis le début de la grève des délégués de ligne sont désignés par les grévistes sur chaque secteur de la raffinerie, et sont chargés de faire remonter les travaux prioritaires « car on est sur un site Seveso, pour protéger la population des alentours et éviter qu’un accident se produise, on est obligés de s’organiser à la base pour définir nous-même les modalités de grève ». Une forme de « contrôle ouvrier » que les travailleurs expérimentent à l’occasion de cette grève.

Selon la CGT Grandpuits, ce sont pas moins de 700 salariés sous-traitants qui travaillent sur le site et qui sont menacés par le plan de suppression d’emplois. Pour Adrien Cornet, en menaçant de renvoyer les sous-traitants de Siemo sous prétexte que les grévistes bloquent les travaux, l’objectif de la direction est clair : « c’est opposer les sous-traitants aux travailleurs de Total, donc nous on a dit aux sous-traitants que ce qu’on voudrait c’est internaliser les services qui montent les échafaudages, qu’il n’y ait plus d’intérimaires et de sous-traitants, qu’ils soient embauchés en CDI avec le même bleu que nous car c’est tous ensemble qu’on fait tourner l’outil de travail ».

Contre les suppressions d’emplois, coordonner les salariés en lutte et durcir le mouvement

A l’issue de l’assemblée générale, les revendications des grévistes sont donc remontées à la direction par les délégués de ligne. En échange d’autoriser les salariés de Siemo à installer les échafaudages sur le site, les raffineurs ne laisseront plus une goutte de carburant sortir de l’usine. Mais le directeur de la raffinerie, Jean-Marc Durand, fait la sourde oreille. « C’est le premier directeur qui refuse les modalités de grève », nous raconte Flo, raffineur à Grandpuits depuis 2007. « Lui il est radical, donc notre réponse doit l’être aussi. On lutte pour l’emploi ! » Une quarantaine de grévistes montent alors dans le bâtiment administratif pour faire part de leur mécontentement. Malgré tout, la direction refuse d’infléchir sa position. « Je me casse, j’en ai marre d’entendre leurs conneries », s’exclame Sébastien, père de famille et gréviste, avant de tourner les talons.

En bas du bâtiment, les grévistes se concertent avant de décider qu’il n’y aura pas de relève. C’est-à-dire que ceux qui sont à l’intérieur ne seront pas remplacés et devront continuer à travailler jusqu’à ce que la direction accepte de mettre en place les modalités de grève. Samedi soir, l’un d’eux en était à 40 heures consécutives de travail, la direction n’ayant toujours pas accepté la coupure des expéditions de carburant. L’autre option pour la direction serait de faire réquisitionner les grévistes en obtenant un arrêté de la part du préfet de police de Melun (77). Une procédure déjà utilisée en 2010 lors de la grève contre la réforme des retraites, à l’époque portée par le gouvernement Sarkozy-Fillon. L’arrêt de la production de carburant menaçait de pénurie l’ensemble de l’Île-de-France et la plupart des stations essences étaient alors à sec.

Mais selon Savine Bernard, avocate en droit du travail dans un cabinet qui « ne défend que les salariés et jamais les patrons », et qui s’est rendue sur le piquet de grève pour répondre aux questions des grévistes, la menace de réquisition relève davantage « d’une pression de Total sur le préfet ». Car le motif de « l’atteinte prévisible au bon ordre, à la sécurité et à la salubrité publique » invoqué en 2010 aurait moins de poids aujourd’hui étant donné que selon la direction elle-même, l’Île-de-France a désormais d’autres voies d’approvisionnement en carburant.

Pour autant, comme le rappelait Christian Porta, délégué CGT à Neuhauser en Moselle, venu apporter son soutien lors d’une assemblée générale plus tôt dans la semaine après s’être lui même battu contre plusieurs PSE dans son entreprise, « on ne peut pas compter sur l’État, s’il était de notre coté il aurait déjà interdit les licenciement ». A ce titre les grévistes ne peuvent en aucun cas faire confiance à la préfecture ou même à l’inspection du travail face à la possibilité d’un arrêté de réquisition, « la seule manière de gagner c’est de construire le rapport de force par la lutte ». Alors que Total déploie toute une stratégie de communication pour donner l’illusion d’un « bon PSE », le directeur du site promettant à qui veut l’entendre que « chaque salarié sera reclassé », c’est bien en « faisant sortir la grève de Grandpuits » par la coordination avec les autres boîtes en lutte contre les licenciements et par la médiatisation du conflit qu’il sera possible de faire plier la multinationale.

C’est la raison pour laquelle les raffineurs ont participé à « l’appel des TUI contre les licenciements » en manifestant ce samedi à Paris aux côtés d’autres salariés menacé par un véritable carnage de l’emploi. TUI, SKF, Sanofi, Cargill étaient également de la partie pour dénoncer les plans de suppressions d’emplois et les licenciements dans leurs entreprises respectives. Un point d’appui pour refuser de négocier la casse sociale et interdire les licenciements et les suppressions d’emplois en construisant le rapport de force par la grève et la coordination de l’ensemble des salariés en lutte. Contre les directions syndicales, dont la direction confédérale de la CGT qui a refusé de se joindre à l’appel et ne propose qu’une date de manifestation éphémère le 4 février prochain, il s’agit d’exiger un véritable plan de bataille. « Ne tombez pas dans la farce du dialogue social, prenez la rue, mettez-vous en grève, occupez vos usines. Ils ne comprennent que le rapport de forces ! »

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Je ne comprends pas…

Publié par anti-K

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

La direction de Bridgestone France et les sections syndicales de l’entreprise ont conclu un accord pour fermer l’usine et mettre à la porte 863 salariés contre des indemnités de départ de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Une somme importante mais rien à côté des difficultés pour retrouver un emploi et de l’impact pour des centaines de familles. Nos vies ne sont pas à marchander, refusons tous les licenciements !

Non, la fermeture de Bridgestone avec indemnités n’est pas une victoire !

Crédit photo : AFP

Des indemnités de plusieurs dizaines de milliers d’arrêt pour faire passer la pilule des 863 licenciements

Depuis plusieurs mois, la direction de l’usine Bridgestone, numéro un mondial du pneu et fort d’un chiffre d’affaires de 27 milliards l’année dernière, a annoncé la fermeture du site de Béthune, après avoir touché plus de deux millions d’euros d’aides publiques ces dernières années, notamment de CICE. Ce jeudi 21 janvier 2021, l’intersyndicale (CGT, Sud Chimie, Unsa, CFTC, CFE-CGC) annonçait en grande pompe la signature d’un accord complet avec la direction du site, validant la suppression de 863 postes, mais obtenant en contre-partie des indemnités supra-légales importantes, qui viennent s’ajouter au minimum légal. « Nous sommes très satisfaits, je n’ai pas l’habitude de me réjouir mais en 22 ans de droit, je n’ai jamais vu de telles primes supra-légales » a annoncé Stéphane Ducrocq, l’avocat de l’intersyndicale, interviewé par La voix du Nord.

Chaque salarié touchera une somme minimum de 46 500 euros brut, plus 2500 euros par année d’ancienneté, ce à quoi il faut ajouter l’indemnité de départ légale, soit un quart de mois de salaire par année de présence dans l’entreprise. La direction avance une moyenne de 106.000 euros par salarié (ceux qui ont beaucoup d’ancienneté dans l’usine tirant cette moyenne vers le haut, ce chiffre est à prendre avec des pincettes), une somme qui peut paraître impressionnante à côté de la tendance aux indemnités insultantes proposées par les boîtes qui licencient actuellement dans tout le pays, en général de l’ordre de quelques milliers d’euros : l’indemnité légale à Bridgestone pour 20 ans de boîte se serait élevée à 17.000 euros. Toujours pour La Voix du Nord, Stéphane Ducrocq salue également les garanties obtenues et félicite la stratégie des syndicats : « « On n’a pas envoyé les salariés manifester dehors mais à l’intérieur, les syndicats se sont battus comme des lions pour arracher ces primes. On est sur des niveaux jamais atteints en termes de supralégale, et sans brûler un seul pneu ! »

La direction du site n’a également pas tardé à exprimer sa satisfaction, revendiquant un « dialogue social continu et constructif, qui permet de poser les bases d’un PSE exemplaire. Le dispositif de départs anticipés en place depuis octobre a par ailleurs permis de valider le projet de plus de 196 salariés, dont 52 bénéficieront d’un contrat à durée indéterminée (CDI) ». 52 CDI pour 863 licenciements... Il faut vraiment la mauvaise foi et l’avarice d’un grand capitaliste pour pouvoir annoncer un carnage social avec l’aplomb d’une bonne nouvelle pour les ouvriers !

Se réjouir du PSE et des accords, vraiment ?

L’enthousiasme affiché de concert par l’intersyndicale, par le patronat, mais aussi par Xavier Bertrand, président de la région Hauts de France interrogé par La Voix du Nord, a de quoi surprendre. On voit clairement dans le discours du politicien de droite qui est le réel grand gagnant de la signature de ces accords : « C’est une première étape pour les salariés. Maintenant, il y a une seconde étape qui est de leur retrouver un emploi. Vous allez dire que je suis exigeant. Mais on se bat pour eux. Bridgestone doit et peut verser une indemnité supralégale. S’il ne le faisait pas, on pouvait refuser le PSE. Ce n’est pas une entreprise qui ne gagne pas un rond (…). Il ne faut pas oublier que les salariés ont des crédits sur le dos, qu’ils doivent rebondir et y voir clair. Sauf que pour rebondir et y voir clair, il faut un nouvel emploi. Sur le site ou ailleurs ».

Derrière le discours d’un politicien qui tente de se poser en défenseur de l’emploi local qui s’exprime dans les médias, et rêve d’une présidentielle, on voit poindre le nez de l’ancien ministre du Travail de Sarkozy, grand défenseur de l’impunité patronale et de la propriété privée qui donne le droit de jeter 863 salariés et de jouer avec la vie de leurs familles. Xavier Bertrand le dit clairement : la supra-légale est le moyen de faire passer le PSE ! Le Nord est une des régions les plus touchés par les plans de licenciements et autres PSE, comme le montre le site Stoplicenciement. Une région déjà ravagée par les fermetures de site et le chômage. Qu’est-ce que pèsent quelques dizaines de milliers d’euros (évidemment une somme colossale pour n’importe qui à court terme) face à la perte d’un CDI avec de l’ancienneté, pour se retrouver à galérer peut-être plusieurs mois ou années pour trouver un nouvel emploi avec des conditions de travail moindres, voire carrément précaires ? Face à la perspective de devoir déménager (quand c’est possible), de changer de vie, d’abandonner ses relations sociales pour trouver juste un boulot pour survivre ?

En effet, comme l’affirmait un militant Solidaires « une usine qui ferme c’est jamais bien bon, parce que ça va entraîner des pertes d’emploi, ça va entraîner, par un tsunami de fermetures d’autres emplois, ça va fermer peut-être des commerces, des services publics, c’est une suite sans fin. Des régions comme le Nord vont être sacrifiées pour des profits, pour le fric. » Jean-Luc Ruckebush, délégué CGT, rappelait d’ailleurs dans La Depêche à propos de Bridgestone : “Ça fait 5000 familles qui vont être impactées ». Mais le patronat et les avocats qui viennent chercher un trophée pour leur CV s’intéressent au nombre de pneus brûlés et sont rassurés quand il n’y en a pas eu !

Si les syndicats se félicitent d’avoir obtenu la préretraite pour 100 salariés, des indemnités de licenciement, et la possibilité de se former pendant 24 mois, l’ampleur du désastre social ne permet pas d’y voir une victoire. Effectivement, si les salariés partent aujourd’hui avec un certain pécule financier, ces indemnités permettent de vivre quelques années dessus mais sont un filet bien fragile face à un chômage de longue durée. Pour ces familles, tout projet d’avenir est compromis, et une grosse dépense imprévue peut mettre à mal cet équilibre précaire. Dans une région minée par les PSE et les plans de licenciements, rien ne garantit que les salariés plus âgés retrouvent facilement du travail. Les quelques 200 millions d’euros mis sur la table par Bridgestone pour pouvoir fermer son usine, en se payant le luxe grâce à une intersyndicale docile de ne pas avoir eu à subir de grève ou d’occupation d’usine, ce sont les miettes des profits qu’ils se sont faits sur le dos des salariés et de l’argent public extorqué aux collectivités locales trop heureuses de pouvoir faire des cadeaux aux patrons pour « l’emploi »... Bridgestone est arrivé à ses fins, en déboursant un peu de son argent de poche. Mais en définitive ce sont les salariés et la population des alentours qui va payer l’addition !

Quel dialogue social avoir avec les voleurs à la tête de Bridgestone qui décident de l’avenir de centaines de familles ouvrières ?

Le 12 novembre dernier, Martinez, secrétaire général de la CGT, était invité dans la matinale de France 2. Interrogé sur les sujets d’actualité, il affirmait le besoin de « dialoguer socialement avec Macron et d’être associé aux décisions ». C’est alors le développement classique du discours des directions syndicales qui tendent, dans une période où s’accumulent partout les PSE, à se présenter en partenaires de dialogue du gouvernement. Le mutisme des directions syndicales pour apporter des plans de bataille concrets aux salariés qui font face à des APC (Accords de Performance Collective) et aux PSE conduit à suivre la voie du dialogue social. Alors que le gouvernement et le patronat, qui craignent des luttes incontrôlables contre les licenciements, veulent les canaliser et les pacifier dans des rounds de négociations, les directions syndicales, les dites « réformistes » comme les « contestataires » reprennent religieusement ce besoin de dialoguer avec ceux qui brisent des vies. Comme déclarait le délégué CGT de l’entreprise : « Nous y avons cru, raison pour laquelle le site est resté admirablement calme pendant deux mois, le gouvernement nous a apporté un projet, on l’a mis sur la table, on l’a regardé, on était prêt à l’accepter, il y avait des solutions cela tenait la route et Bridgestone l’ont balayé en cinq minutes. »

Il faut comprendre jusqu’au bout le poids de la politique menée par l’intersyndicale à Bridgestone et en ce sens revenir plus en arrière dans le conflit. Un conflit où elles n’auront jamais cessé de tout faire pour éviter la grève et la mobilisation, le justifiant à la fois par le but de ne pas faire peur à des repreneurs potentiels, qui ne sont jamais arrivés, ou encore dans le but de faire appel aux pouvoirs politiques, affirmant dans un communiqué de l’intersyndicale : « Face au refus cynique de Bridgestone, nous attendons un soutien sans faille des pouvoirs publics pour appuyer nos revendications et permettre la mise en place d’un plan social ambitieux donnant aux salariés le temps et les moyens de retrouver un emploi et d’être indemnisés à la hauteur du préjudice subi ». D’emblée, l’intersyndicale reconnaissait aux patrons de Bridgestone le droit de fermer l’usine et de mettre tout le monde sur le carreau.

Pourtant, derrière les piteuses déclarations à la fois du gouvernement mais aussi de Xavier Bertrand qui comparait le 12 novembre dernier sur BFM TV les bons PSE : « Michelin est un exemple à suivre, quand ils ont fermé des usines, ils ont fait le maximum pour qu’il puisse y avoir de nouvelles activités » et un mauvais PSE à Bridgestone : « Depuis le début ils se comportent mal, mais il n’est jamais trop tard pour se refaire et faire bien », le massacre de l’emploi était bel et bien prévisible. En décidant de mettre le sort des travailleurs entre les mains des pouvoirs publics qui arrosent les patrons d’aides et dans le dialogue social avec le patron, les syndicats de l’entreprise et les directions confédérales ont condamné 863 emplois.

Face à la crise économique, pas un licenciement, pas un euro de baisse de salaire n’est acceptable !

Après avoir tenté de négocier avec l’État et les patrons pour éviter la fermeture de l’usine, en ne poussant jamais à la résistance et à la grève, par cette politique de collaboration de classe, de deal avec le patronat, il ne restait plus à l’intersyndicale qu’à gratter les plus grosses miettes possibles. Mais ce ne sont jamais les salariés qui gagnent à ce jeu-là. Aussi hautes soient ces indemnités, elles ne sont que des miettes face à la perte d’un emploi, face à un chômage de haute durée, elles sont aussi un signe désastreux à l’heure où partout les PSE se multiplient et où partout les capitalistes veulent faire payer la crise aux travailleurs en se remplissant encore un peu plus les poches.

Le dialogue social est un piège que l’État veut favoriser pour enfermer la colère dans la légalité au service des patrons. Un piège qu’il faut absolument refuser, commencer à discuter avec eux pour savoir quand et comment le faire revient à accepter que les salariés sont responsables et doivent payer. C’est pourtant le chemin qui a été emprunté par les directions syndicales à Bridgestone. En imposant aux travailleurs le refus de la lutte mais aussi en limitant les revendications à des indemnités de départ, elles ont à la fois enfermé les travailleurs dans un calendrier de la direction, mais elles n’ont également jamais poussé à la solidarité avec les autres entreprises menacées de licenciement ou de fermeture. En effet, la lutte pour des indemnités cloisonne le conflit au strict périmètre géographique d’un site ou d’une usine, empêchant la jonction entre des travailleurs qui se battent partout contre les mêmes plans d’attaques patronales.

En ce sens, la réponse de travailleurs de Grandpuits doit inspirer les salariés mis dos au mur par leurs patrons, elle présente une première réponse d’une résistance ouvrière, par l’auto-organisation. Contre le dialogue social, c’est cette stratégie qu’il convient d’adopter à l’heure où Bridgestone montre une nouvelle fois que les négociations desservent les travailleurs. Face à la stratégie des directions syndicales, le danger du chômage et de la précarité guette. Pour éviter une telle situation, il est aujourd’hui central de défendre l’interdiction des licenciements, empêcher toute baisse de salaires, et d’exprimer une solidarité à la hauteur envers les grèves existantes.

Il est également urgent de construire la coordination entre les travailleurs qui subissent des attaques patronales, à travers le modèle de la grève reconductible et de l’auto-organisation. A l’inverse d’une politique du gouvernement et des capitalistes qui consistent à faire payer la crise aux travailleurs, il faut construire une véritable unité de la classe ouvrière, de la jeunesse et des secteurs populaires organisées en assemblées décisionnaires sur leurs luttes et autour de quelques revendications de base qui peuvent être partagées du Nord au Sud, de Cargill à Airbus, d’Est en Ouest, de SKF Avallon à Beneteau. Il faut lutter partout contre les licenciements et imposer leur interdiction, refuser tout chantage à l’emploi concernant les baisses de salaire. Les dates du 23 janvier et du 4 février peuvent être des points d’appui pour une telle lutte. Une lutte qui agirait à la fois pour les emplois menacés mais aussi pour tous les emplois induits, pour tous les commerces, pour toutes les familles qui dépendent directement ou indirectement de l’activité. Après avoir engrangé les profits pendant tant d’années, c’est aux capitalistes de payer !

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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