SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Prud’hommes : fauchés, 47 salariés contraints de rembourser leurs indemnités de licenciement

Il y a près de 10 ans, 47 salariés sont licenciés pour motif économique par l’entreprise Ardennes Forge. Motif contesté devant le conseil de prud’hommes par les salariés qui en ressortent victorieux et avec des indemnités pour licenciement « sans cause réelle et sérieuse ». Mais le 20 juillet dernier, la Cour de cassation refuse leur pourvoi et donne raison à la cour d’appel, qui les condamne à rembourser une grande partie de ces indemnités.

C’est en 2008 que les 47 salariés d’Ardennes Forge se retrouvent au chômage après un licenciement économique. Ils entament dès lors une procédure aux prud’hommes pour contester ce motif de licenciement. Dans le même temps, une procédure pénale est entreprise pour travail dissimulé. En 2010, ils obtiennent gain de cause et perçoivent donc une indemnité prud’homale, pour licenciement « sans cause réelle et sérieuse », de près de 900 000 euros au total, partagés entre l’ensemble des salariés. La procédure pénale, quant à elle, leur donna raison sur l’existence de travail dissimulé en 2012.

Pour autant, l’entreprise fait appel et la cour d’appel rend, en 2012, un arrêt contradictoire en niant l’existence de travail dissimulé. Arrêt confirmé par la Cour de cassation le 20 juillet dernier. La conséquence de cet arrêt est la demande de remboursement d’une partie des indemnités versées deux ans plus tôt. Ce sont donc 470 000 sur les 900 000 euros que doivent rembourser ces salariés, près de 10 après leur licenciement.
« Cela fait deux ans que nous avons touché ces sommes que la justice a reconnu nous devoir. Nous demander d’en rembourser une partie maintenant alors que certains d’entre nous sont toujours dans la précarité, c’est inqualifiable, c’est de l’acharnement inhumain », déclare Rémy Petitjean, porte-parole des ex-salariés à L’Express.

On note d’autant plus que dans une région comme les Ardennes, où le chômage atteint les 21 % et où la précarité est omniprésente, cette demande de remboursement a un coût social énorme. En effet, les anciens salariés d’Ardennes Forge sont pour la plupart dans des situations difficiles, comme Jean-Michel Prusinowski qui subsiste aujourd’hui avec seulement 500 euros par mois. La demande de remboursement est d’une absurdité et d’une indécence sans nom. Comment Jean-Michel pourrait-il rembourser 18 500 euros dans une situation si précaire ?

On remarque donc la prégnance d’une justice de classe qui, d’un côté exige que des chômeurs remboursent l’entreprise qui leur a fait perdre leur emploi, et de l’autre, s’applique à défendre les patrons et fait preuve de la plus grande complaisance vis-à-vis des politiciens véreux – on pensera bien sûr à M. François Fillon qui n’a toujours pas rendu l’argent extorqué des caisses publiques. La réforme du travail en cours ne devrait qu’accentuer ces divergences de classe, notamment vis-à-vis des procédures prud’homales, en donnant une facilité de licenciement toujours plus grande et une précarisation de l’ensemble des travailleurs. Cette situation ubuesque de salariés devant dédommager l’entreprise qui les a licenciés n’est qu’un avant-goût de ce que la loi XXL prépare.

crédits photo STEPHANE MAHE

Ju Angio

PAR REVOLUTION PERMANENTE

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« La chasse aux DRH » tel est le nom du site internet qui a été créé pour organiser un rassemblement de contestation à l'occasion de la rencontre entre les DRH des plus grandes entreprises françaises rejoints ce matin par Muriel Pénicaud. Les participants opposés à la loi travail 2 voulaient se joindre à la fête, ils ont été accueillis par des cars de CRS et la « chasse aux DRH » a tourné en « chasse aux manifestants » avec 41 interpellations à la clé.

Crédit photo : Twitter / Christophe Gueugneau

Ce 12 Octobre, les DRH des plus grandes entreprises françaises - d’Orange, Carrefour, La Poste, Bouygues, Michelin, Air France, Canal +, Mac Donald, Renault et d’autres encore - se sont donnés rendez vous au Pré Catalan, un trois étoiles Michelin, en plein bois de Boulogne. Ils avaient envoyé l’invitation à une « guest star » : Muriel Pénicaud, l’actuelle ministre du travail et "DRH de l’entreprise France", pour fêter tous ensemble l’arrivée de la loi travail 2.

Un collectif s’est rapidement monté décrétant sur le ton de l’humour que ce 12 octobre aurait lieu en même temps que cette rencontre, une "chasse aux DRH", responsables des licenciements, des burn out et des suicides de milliers de salariés tous les ans. Un site internet ainsi qu’un évènement facebook ont été créés pour l’occasion, quelques centaines de participants étaient annoncés. L’union locale solidaires appelait entre autres à participer au rassemblement autorisé par la préfecture de police.

Pour protéger les DRH et Muriel Pénicaud de ces manifestants venus réaffirmer leur opposition à la loi travail 2, taillée sur mesure pour ces fameux DRH, un dispositif policier très important a été déployé dès ce matin. Un climat anxiogène qui a rapidement fait monter la tension. En effet, les forces de répression n’ont pas tardés à se lancer dans une « chasse aux manifestants », dans la pure lignée de la politique mené lors des cortèges de contestation des politiques ultra libérales. Et le résultat aura de quoi ravir l’éxécutif, avec 41 arrestations annoncées en milieu de journée.

Depuis, les médias ont repris les images des voitures brûlées qui tournent actuellement sur les réseaux sociaux pour pointer la « violence » des « casseurs », afin de justifier et saluer les arrestations. Face à une telle action répressive et un tel tapage médiatique, il est tout à fait indispensable de réclamer la libération immédiate de l’ensemble des manifestants arrêté ce 12 octobre.

En attendant, les DRH, Muriel Pénicaud et les grands patrons continuent de déjeuner en toute tranquillité et de se réjouir de la loi travail 2 et des contre réformes qui arrivent. Contre leurs projets, la meilleure surprise que l’on pourrait leur faire est de nous mobiliser dans chacune de ces grandes entreprises qui n’existeraient pas sans leurs employés et de nous donner rendez-vous pour une grande chasse organisée contre le gouvernement Macron.

PAR REVOLUTION PERMANENTE

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PAR EL DIABLO

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PSA annonce la production d’un nouveau véhicule à Mulhouse… mais sans embauche en CDI !

PSA a annoncé ce mardi 10 octobre qu’une nouvelle voiture devrait être produite dans son usine de Mulhouse d’ici 4 ou 5 ans. Pourtant, il n’est pas question pour la direction du groupe d’embaucher en CDI. Bien au contraire, la CGT alerte sur la baisse constante des effectifs, et l’augmentation des cadences et de la précarité. Nous relayons ci-dessous son communiqué.

Nouveau modèle : il faut le maintien des deux lignes de montage !

La direction du site a annoncé ce matin à 10h, l’attribution de la production d’un nouveau véhicule à Mulhouse, à l’horizon 2021-2022.
Qu’une usine de production automobile soit amenée à fabriquer un nouveau modèle, il n’y a rien d’original à cela. Depuis la production du premier véhicule à Mulhouse en 1971, ce modèle devrait être le 15e lancement de l’usine. Il faut d’ailleurs rester prudent, quand une telle annonce se fait plusieurs années en amont d’un lancement.
Ce qui est marquant, c’est l’écart de plus en plus flagrant entre d’un côté la suractivité du site, et de l’autre la chute constante des effectifs amenés à produire ces véhicules.

- Lorsque la directrice actuelle de l’usine, Mme Spilios, arrivait à Mulhouse en novembre 2013, le site employait alors 7 900 salariés en CDI.
- Moins de 4 ans plus tard il y en a 2 600 de moins à l’effectif, qui vient de passer sous la barre des 5 300 CDI.
- Dans le même temps, les efforts imposés aux salariés ont été énormes, notamment avec 2 accords de compétitivité (blocage des salaires, suppression de primes, etc.) censés garantir le maintien des emplois. On voit avec quel résultat !

Quant à la production, elle se fera l’an prochain sur une seule et unique ligne de montage avec le passage au monoflux (arrêt définitif de la ligne aujourd’hui dédiée à la Citroën C4 et à la DS4).
Au moment où la Peugeot 2008 connait une forte demande commerciale, où la production de la DS7 démarre, où la future Peugeot (codes R82 et R83) arrive, et où on nous annonce la production d’un futur modèle, la direction arrête totalement une ligne de montage, et décide donc de diviser les capacités de production par deux !
Pour la CGT, la logique voudrait au contraire que la fabrication des différents modèles puisse continuer à se faire avec deux lignes de production, avec une augmentation des effectifs, et avec des embauches en CDI en nombre conséquent.

"Impossible", répond la direction. Car ce qui guide ses choix, ce n’est pas l’accroissement des emplois - ni même leur maintien. PSA reste fidèle à ses valeurs : fabriquer du profit en tirant les effectifs vers le bas, en imposant des cadences infernales (objectif de 63 véhicules/heure), et en saturant la ligne de montage restante 24h/24 et 7j/7 à compter de février 2018.
On ne peut que faire le rapprochement entre cette annonce, et la volonté de la direction de changer profondément les horaires de travail des salariés en équipe à compter de janvier 2018, projet qui provoque un certain mécontentement dans les ateliers. Cela s’ajoute notamment à un rythme d’heures supplémentaires qui ne ralentit pas depuis le début de l’année, et à des conditions de travail dégradées sur la nouvelle ligne de montage « premium ».

Déjà en juillet 2015, l’annonce de l’attribution de la DS7 se faisait dans un contexte de multiplication des heures supplémentaires. Et à l’époque (selon l’article du journal L’Alsace « Mulhouse va encore surfer sur la vague SUV » du 8 juillet 2015), la directrice Corinne Spilios évoquait un effectif de « 6 600 salariés et 700 intérimaires, un chiffre qui, à l’entendre, devrait rester stable ». Tellement « stable » que deux ans plus tard, il y a 5300 salariés et 1 200 intérimaires à Mulhouse…

PAR REVOLUTION PERMANENTE

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Enfermée dans le magasin où elle travaille, elle est licenciée

Travaillant dans un supermarché à Cagnes-sur-mer, une femme s’est retrouvée coincée dans le magasin, seule, après la fermeture. Paniquée, elle a rouvert les portes. Un motif suffisant pour la renvoyer selon son employeur.

Employée dans un supermarché de Cagnes-sur-mer, en Côte d’Azur, une femme a été licenciée au motif qu’elle aurait rouvert les portes du magasin après la fermeture.

« Je suis remontée des vestiaires. Il n’y avait plus de lumière dans le magasin et tout était fermé. J’ai crié le prénom des deux responsables de la fermeture, mais il n’y avait plus personne » explique la travailleuse cagnoise. « J’étais seule, coincée dans le magasin […] J’ai paniqué. »

Elle a alors hélé deux responsables habilités à ouvrir les portes mais ils étaient déjà partis, puis elle contacte la police, qui déclare ne pas pouvoir intervenir. Alors elle déclenche l’alarme et appuie sur le bouton qui lève le rideau de fer.

C’est, selon son employeur, un motif amplement suffisant pour renvoyer cette femme en période d’essai. « Elle n’aurait jamais dû ouvrir elle-même les portes. J’ai téléphoné pour la rassurer et je lui ai dit d’attendre qu’on lui ouvre. Personne n’est autorisé à toucher les portes électriques. Le personnel le sait bien. Toute ouverture ou fermeture doit se faire avec deux responsables. Il y a les risques de vol, il faisait nuit, et en plus il y a le plan Vigipirate. »

Deux responsables qui, rappelons-le, avaient quitté les lieux…

Cette décision est une nouvelle démonstration du mépris patronal. En effet, que pourrait-on reprocher à quelqu’un enfermé seul dans le noir et qui a seulement ouvert les portes pour sortir ?

Ainsi, cette travailleuse a déposé une main courante et décidé de porter l’affaire devant les prud’hommes.

Crédits images : jds.fr

Léonie Piscator

PAR REVOLUTION PERMANENTE

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L'intersyndicale nationale (de ce mardi 9 octobre) n'a pas débuché sur un accord et à un appel commun à l'action contre la casse sociale engagée par Macron.

Mais comment s'en étonner et attendre d'une nouvelle réunion renvoyée au 24 octobre qu'il en soit autrement?

Par exemple, les dirigeants de la CFDT derrière leur déception affichée de la soit-disant concertation à propos des ordonnances sont de fait dans la continuité de leur positionnement en faveur de la loi El Khomri d'accord avec l'inversion de la hiérarchie des normes et l'abandon du "principe de faveur" en approuvant le renvoi systématique et prioritaire des négociations au niveau de l'entreprise.

Et l'on peut se demander sérieusement si le fait que la CFDT a rejoint l'appel à l'action dans la fonction publique ne tient pas davantage à son souci de la proximité des élections dans le secteur (en décembre) qu'à une véritable attitude de défense des fonctionnaires?

Comment donc à partir de là attendre qu'ils se joignent au combat contre la politique de Macron et participent à une campagne d'explication auprès des travailleurs démasquant le fond de sa politique en faveur des riches et contre les travailleurs ?

S'il y a eu un revirement de Mailly et des remous au sein de la CFDT c'est qu'il y a eu AU PREALABLE les décisions d'action de la CGT (12, 21 septembre ...) et l'engagement de centaines de milliers de salariés dans la lutte.

Une fois de plus, le "syndicalisme rassemblé", la recherche d'une unité de sommet sans faire la clarté sur les orientations de renoncement de dirigeants syndicats comme L. Berger et Véronique Descacq pour ne citer qu'eux est une impasse qui ne peut conduire qu'au dévoiement du mouvement social et à la défaite.

Travailler à l'ancrage des  luttes et à leur convergence passe par la recherche de l'unité des travailleurs en bas dans les entreprises, dans les établissements avec les précaires et les sans emploi en combattant les illusions d'un "dialogue social" mystificateur comme celles d'une "Europe sociale" patronnée par la Confédération Européenne des Syndicats (CES).

Sans refuser au nom d'une indépendance syndicale prétexte et marque de tous les replis frileux l'alliance avec les forces politiques qui s'engagent concrètement et résolument dans le combat contre les régressions macroniennes.

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SOURCE : Le Monde

Réformes sociales : pas de front syndical uni, la CGT appelle à la grève le 19 octobre

A l’issue d’une intersyndicale, les organisations n’ont pas réussi lundi à arrêter une « vision commune » des actions à mener pour peser sur les réformes du gouvernement.

L’intersyndicale de lundi 9 octobre n’aura finalement débouché qu’à l’appel à la mobilisation d’un seul syndicat. La CGT, contrairement aux autres centrales, a appelé à une nouvelle journée de manifestation contre les réformes sociales du gouvernement en général, jeudi 19 octobre.

« On continue le processus de lutte contre les ordonnances », a déclaré Fabrice Angéi, membre du bureau confédéral de la CGT, seule grande centrale à s’être jusqu’ici mobilisée contre la réforme du code du travail, avec un succès mitigé. « Le mot d’ordre du 19, c’est aussi l’attaque sur la protection sociale, sur les réformes fiscales en cours, la question du service public avec les emplois aidés », a-t-il résumé.

Il a en outre dit souhaiter un mouvement « le plus unitaire possible pour la mi-novembre » contre les réformes du gouvernement

La CGT, la CFDT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, Solidaires, l’UNSA, la FSU et des organisations de jeunesse se sont retrouvées pendant deux heures au siège de la CGT, à Montreuil, pour la première réunion intersyndicale depuis le début du quinquennat.

Pour la CGT, à l’origine de la rencontre, « l’un des objectifs principaux » était d’« organiser une grande journée unitaire pour faire converger tous les mécontentements », a résumé son secrétaire général, Philippe Martinez. Mais les syndicats ont constaté l’absence de « vision commune » des actions à mener pour peser sur les réformes et se reverront le 24 octobre, a annoncé Véronique Descacq, de la CFDT.

Des « divergences »

« On a convenu une prochaine rencontre, une fois que chaque organisation aura rencontré le président de la République d’une part et le premier ministre d’autre part, dans l’espoir d’en savoir plus sur les intentions du gouvernement », a expliqué Mme Descacq.

« On est tous d’accord pour dire qu’il y a de l’inquiétude sur ce qui va être fait en termes de formation professionnelle et d’assurance chômage, qu’il y a beaucoup d’incertitudes », a ajouté Mme Descacq.

Emmanuel Macron a prévu de rencontrer les responsables patronaux et syndicaux jeudi et vendredi pour évoquer les réformes à venir (assurance chômage, formation professionnelle, apprentissage). Selon Fabrice Angéi, mis à part la CGT, les syndicats ont jugé « prématuré » de lancer un appel à une journée de mobilisation dès ce lundi.

Pascal Pavageau, de Force ouvrière, a en effet relevé des « divergences » lors de la réunion, mais il estime que le rendez-vous du 24 octobre pourrait aboutir à un appel à la mobilisation en novembre. Il n’a pas précisé si son syndicat, qui, poussé par la base, prévoit de manifester contre les ordonnances, s’associerait à l’appel de la CGT.

Quant à la CFE-CGC, très remontée contre les ordonnances et qui appelle à une mobilisation unitaire depuis quelques semaines, elle se veut optimiste quant à l’issue de la prochaine intersyndicale. Il « n’est pas impossible de penser qu’on arrive un jour à une unité à la prochaine date du 24. Ce sera de toute façon à l’ordre du jour ».

PAR FSC

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Pétition pour Frédéric, condamné à 4 mois de prison ferme pour avoir filmé les violences policières

Condamné à 4 mois de prison ferme pour avoir filmé les violences policières lors d’un rassemblement contre la loi travail en 2016, Frédéric, vidéaste militant de 39 ans, a fait appel de son jugement. Nous relayons ci-dessous la pétition mise en place pour le soutenir.

Source

Le procès se tiendra au Tribunal de Grande Instance de Paris :

LE VENDREDI 20 OCTOBRE A PARTIR DE 13H AU POLE 2-7

Le 5 juillet 2016, le jour où Emmanuel Valls annonçait une nouvelle utilisation de l’article 49.3 pour faire passer la loi El Khomri, un rassemblement se tenait devant l’Assemblée Nationale. Les forces de l’ordre étaient en nombre important. Chaque manifestant a été fouillé à son arrivée, puis conduit dans une nasse géante sur le pont de la Concorde. Près d’un millier de personnes a ainsi été privé de liberté pendant plus de quatre heures[1]. Certains CRS procédaient à des interpellations dans un rassemblement pourtant calme et encerclé. Des violences policières ont été recensées. Au moment de ces violences, certains CRS prenaient le soin d’écarter les photographes et les vidéastes. Plusieurs d’entre eux seront d’ailleurs conduit au poste de police pour des contrôles d’identité. Frédéric, lui, filmait d’un point haut, provisoirement à l’abri de la police (voir photo ci-dessus). Un manifestant interpellé sera jugé pour rébellion et relaxé grâce à cette vidéo[2]. Mais à la fin du rassemblement, Frédéric a été arrêté, et poursuivi pour menace, outrage et rébellion et condamné à quatre mois de prison ferme.

Frédéric, un témoin récidiviste

Par ses vidéos, Frédéric documente les mouvements sociaux et les violences policières. Cela l’expose à être régulièrement arrêté par des fonctionnaires de police soucieux de récupérer des images compromettantes. C’était déjà le cas le 26 mai 2016. Lors d’une manifestation parisienne, Frédéric a filmé les circonstances dans lesquelles un policier a tenu en joue des manifestants avec son arme de service[3]. Quelques minutes plus tard, Frédéric a été interpellé. Il a été accusé d’avoir jeté des projectiles. Grâce à des vidéos réalisées par d’autres militants, Frédéric est parvenu à obtenir sa relaxe, mais le parquet avait fait appel. La Présidente de la Cour d’appel a conclu : « Si un policier ment, ce sont les éléments fondateurs de la démocratie qui vacillent. », avant de prononcer une relaxe définitive[4] . Reste les accusations policières concernant la nasse du 5 juillet 2016.

Une condamnation de Frédéric le 20 octobre prochain reviendrait à condamner la liberté de manifester ainsi que la liberté d’expression. C’est pourquoi nous demandons sa relaxe.

Premiers signataires :
Eric COQUEREL(député Fi), Nathalie ARTHAUD et Arlette LAGUILLIER (LO), Olivier BESANCENOT, Philippe POUTOU et Christine POUPIN (NPA), Patrick BRAOUEZEC (Président de Plaine Commune), Didier PAILLARD (Vice-président), Jean-Michel RUIZ (conseiller régional PCF/FdG d’Ile-de-France), Pierre BARROS(maire de Fosses), Gildas QUIQUEMPOIX (conseiller municipal PCF), Aline PAILLET (ancienne député européenne et journaliste), Noel MAMERE (ancien député et journaliste), Dominique DUFUMIER et Pascal BARBIER (conseillers municipaux EELV), Jean-Sébastien HEDERER (ancien candidat EELV aux législatives), Baptiste TALBOT (secrétaire de la Fédération CGT des Services publics), Amel DAHMANI (secrétaire de SUD Collectivités Territoriales 93), Christelle LOYER (secrétaire de l’Union locale CGT Saint-Denis), Hamed MERAKCHI (secrétaire CGT Plaine Commune) Didier DUMONT (secrétaire CGT SIAAP) Isabelle KRZYWKOWSKI (Snesup-FSU Grenoble), Michelle FABRE(Femmes solidaires Saint-Denis), Jean-Claude AMARA (Droit Devant !!), Amal BENTOUSI (Urgence Notre Police Assassine), Kadour HADADI (HK et Saltimbanks), LA COMPAGNIE JOLIE MOME (chanteurs, comédiens, musiciens), Praline GAY-PARA (conteuse), LA PARISIENNE LIBEREE (chanteuse), Alessandro STELLA (directeur de recherche au CNRS), Michel BARTHELEMY (sociologue CNRS), Guillaume VADOT (enseignant-chercheur), Enrique KLAUS (Postdoctorant en science politique), Monique BOST (ancienne inspectrice du travail), Laurent CAFFIER (Délinquants solidaires)

[1] La nasse du 5 juillet 2016 est documenté dans le rapport Un droit, pas une menace : restrictions disproportionnées à la liberté de réunion pacifique sous couvert de l’état d’urgence (Amnesty International, mai 2017, pages 7, 31, 32, 33, 43 et 44)
[2] Gildo : « Je n’ai pas résisté, j’essayais de respirer(L’Humanité, 9 juin 2017)
[3] Le policier a adopté une attitude provocatrice (Libération, 27 mai 2016)
[4] Manifestants interpellés : enquête sur les faux témoignages de vrais policiers (Buzzfeed, 8 novembre 2016)

PAR REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

« Nous voulons récompenser ceux qui prennent des risques ». C’est ainsi que Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, présentait la ligne directrice du gouvernement en matière de politique économique. Mais il faut croire que pour le gouvernement, « ceux qui prennent des risques » ne sont pas les travailleurs de chantier, les employés exposés aux produits dangereux, les sapeur-pompiers, les ouvriers ou encore les agents de nettoyage. Non « ceux qui prennent des risques » ce sont ceux qui font des paris financiers, le cul bien enfoncé dans un canapé en cuir assorti à leur costume Lagarfeld flambant neuf.

Source de l’article

Lorsqu’Edouard Philippe avait annoncé, le 8 juillet, ses propositions pour réformer le compte pénibilité, la perspective d’un tel dévoiement des droits salariaux paraissait encore trop irréalisable pour que nous lui donnions quelque importance. Benoît Hamon avait pour sa part réagi très justement, relevant ce que nous soulignons aujourd’hui :

« Le gouvernement est doux à l’égard des marchés financiers, et, dans le même temps, dans un même souffle, il est dur vis-à-vis de millions de Français ».
Il semble en effet que le gouvernement n’ait pas le moindre scrupule à récompenser d’un côté les pseudos-risques des acteurs financiers et de l’autre à retirer les protections des salariés exposés à des risques réels touchant à leur santé. D’ailleurs, il devient de plus en plus légitime de croire que le gouvernement français n’est plus que le pantin docile du MEDEF tant il semble enclin à exaucer le moindre de ses souhaits.

Le MEDEF et son pantin

Et pour cause, le « choc de simplification » annoncé par Edouard Philippe la semaine dernière concernant la question de la pénibilité au travail est la pure et simple application des desirata du MEDEF, qui était déjà très hostile au compte pénibilité depuis sa mise en œuvre en 2015. Le MEDEF avait en effet déjà salué le « pragmatisme » des propositions estivales du Premier ministre de même que la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME) qui ne pouvait « que se réjouir que le pragmatisme ait pris le pas sur le dogmatisme ». La messe est dite.
Ainsi, depuis le 1er octobre et l’entrée en vigueur des ordonnances réformant le Code du Travail, le gouvernement a décidé d’alléger la pénibilité administrative et financière des entreprises au profit d’une négation de la reconnaissance de la pénibilité réelle des travailleurs. Jusqu’à présent, il existait une réglementation, le « compte pénibilité » qui permettait aux salariés dont les conditions de travail étaient jugées pénibles (dans une acception suffisamment large) de cumuler des points pour obtenir un départ à la retraite anticipé ou un mi-temps sans modification de salaire. Celle-ci est désormais remplacée par le « compte professionnel de prévention » et a supprimé du calcul les quatre critères suivants (ceux qui dérangeaient le MEDEF bien entendu) :

– La manutention de charges lourdes
– Les postures pénibles
– Les vibrations mécaniques
– Les risques chimiques

L’exposition aux produits chimiques ne mérite pas un suivi médical
Parmi les clauses de ce « compte pénibilité », comme le souligne Les Echos, on trouvait également dans les « risques chimiques » l’obligation pour les employeurs de tenir une fiche de suivi qui indiquait les durées et modalités de l’exposition aux produits chimiques dangereux pour les personnes exposées. Avec cette suppression, c’est un retour en arrière de « 15 ans » auquel se prête le gouvernement.

« Pour chaque travailleur exposé à des agents chimiques dangereux, y compris les poussières et les fumées, le médecin du travail constitue et tient à jour un dossier médical individuel. Ce dossier contient une copie de la fiche de prévention des expositions liées à la pénibilité et les dates et les résultats des examens médicaux complémentaires pratiqués. Il est conservé 50 ans au moins après la fin de la période d’exposition. » (Articles L. 4121-3-1, D. 4121-5 à D. 4121-9 du Code du travail)

Désormais donc, les entreprises ne sont plus tenues de garantir le suivi médical minimal à leurs employés exposés aux produits chimiques. Ceux-ci ne pourront faire valoir leurs droits qu’en cas de maladie professionnelle déclarée (une fois qu’il est trop tard donc). Heureusement, grâce à cette ordonnance les chefs d’entreprises vont pouvoir y voir plus clair. Merci pour ces simplifications.

Crédits photo de couverture : © Gael Kerbaol / INRS

PAR REVOLUTION PERMANENTE

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Macron avec Françoise Parly, ministre des armées

Macron avec Françoise Parly, ministre des armées

La promesse du président de mettre en place un gouvernement exemplaire va pâtir de la révélation faite par « Marianne » ce vendredi : la ministre des armées, Florence Parly, a touché entre janvier et juin 2017 315 000 euros au titre de directrice générale de SNCF-Voyageurs, alors que les pouvoirs publics ne cessent de parler des dettes abyssales de l’entreprise publique.

 

Un salaire en or que la ministre a mis du temps à déclarer

 

Depuis l’affaire Cahuzac, les ministres sont obligés, à leur nomination, de faire une déclaration d’intérêts à la Haute autorité pour la transparence de la vie public (HATVP). Florence Parly, la ministre des armées de Macron, a ainsi fait la sienne, bien après tous ses homologues, en août. Peut-être voulait elle éviter que celle-ci soit examinée avec toutes les autres par les journalistes ? Car vu le contenu de la dite déclaration, la réputation de Macron étant le « président des riches » ne va pas s’améliorer de sitôt. Ancienne directrice générale de SNCF Voyageurs, Florence Parly a ainsi touché 52 569 euros mensuels entre janvier et juin 2017, soit 315 418 euros en un semestre ! 

 

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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400 médecins poursuivis par les employeurs chaque année
Une disposition réglementaire permet, depuis 2007, aux employeurs de poursuivre, devant l’ordre des médecins, des praticiens qui auraient établi un lien entre la pathologie du patient et ses conditions de travail dans leurs certificats.


Une thèse de médecine, récemment publiée, a évalué ces plaintes et leurs conséquences entre 2011 et 2015.

Il en ressort :
- qu’entre 2011 et 2015, les plaintes d’employeurs ont doublé alors que les autres motifs de plaintes restaient stables ;
- que, chaque année, 400 médecins sont poursuivis (dont 100 médecins du travail) ;

- qu’environ 220 médecins seront « conciliés » avec un employeur, c’est-à-dire généralement contraints de supprimer le lien santé-travail de leur écrit médical ;

- qu’un quart des plaintes (55 médecins/an) déclenche la convocation à la chambre disciplinaire régionale de l’ordre des médecins.

Ces chiffres confirment le scandale dénoncé par le collectif UGICT des médecins du travail depuis des années. Avec ces plaintes, les employeurs mettent sous pression les médecins du travail pour les empêcher d’exercer dans le seul intérêt de la santé des salariés-patients, et de pouvoir imposer des changements de poste, d’organisation ou d’environnement de travail.

En occultant leurs causes, les employeurs veulent se dédouaner de leurs obligations en matière de santé et de sécurité.

L’UGICT-CGT, aux côtés d’un collectif de défense de la médecine du travail et des droits des salariés à la réparation de leur préjudice, a déposé une requête devant le Conseil d’Etat pour supprimer la possibilité de plainte des employeurs devant le Conseil de l’ordre et appelle la Ministre de la santé à supprimer cette disposition pour garantir une vraie médecine du travail et une médecine de soins qui puisse prendre en compte l’étiologie professionnelle des pathologies.

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Le budget des riches

Déposé chaque année au début de l'automne par le gouvernement, le « projet de loi de finances » traduit dans le détail ce que sera la politique de l'État dans tous les domaines pour l'année suivante. Le budget qu'a préparé le gouvernement Philippe pour 2018 est plus libéral et austéritaire que tous les budgets des ères Sarkozy et Hollande. Jamais autant de cadeaux fiscaux n'avaient été accordés d'un seul coup aux plus riches, alors même que de nombreux secteurs d'intérêt général (logement, travail et même éducation et sécurité) sont amputés et que les plus pauvres sont sommés de faire de nouveaux sacrifices.

L'ampleur et la sophistication des mesures en faveur des plus riches contribuables donne le tournis. Les moyens dégagés en faveur des actionnaires et des très hauts salaires dépassent les 15 milliards d'euros : exonération d'Impôt sur la fortune pour le capital financier (85% de l'ISF disparaît ainsi !), baisse de l'impôt sur les bénéfices des entreprises, fin de la taxe sur les dividendes distribués aux actionnaires, et, encore plus symptomatique, suppression de la surtaxe qui visait jusqu'ici les plus hauts salaires de la banque et de l'assurance (supérieurs à 152 000 euros annuels !). Officiellement destinée à attirer en France des financiers après le Brexit, cette mesure montre surtout la portée oligarchique de ce budget : d'énormes moyens de la Nation seront mobilisés l'année prochaine pour un tout petit nombre de personnes dont le point commun est leur lien à la finance, sans autre préoccupation pour l'intérêt du pays.

Pour financer ces mesures, ce budget se traduit à l'inverse par des économies aussi lourdes que mesquines sur le peuple en général et sur les plus pauvres en particulier. La baisse des aides au logement qui seront amputées de 5 euros par mois et même de 20 euros pour certains locataires du parc social. Mais aussi des coups de rabot sur les aides aux personnes en situation de handicap qui vivent en couple. Au nom de l'austérité, ce budget ampute aussi des secteurs fondamentaux pour l'avenir du pays. Les budgets du travail et de l'emploi perdent près de 2 milliards alors que le pays compte 5 millions de chômeurs. Et le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche va même diminuer en valeur réelle alors que les universités vont devoir accueillir 50 000 étudiants supplémentaires dans des conditions toujours plus chaotiques. Ce budget tourne aussi complètement le dos à l'avenir en matière écologique, en allant par exemple jusqu'à supprimer les aides au maintien de l'agriculture biologique ou à détaxer les plus-values sur les terrains constructibles ce qui va accélérer la disparition des terres agricoles. Exempt de tout sens de l'intérêt général, ce budget sera pour 2018 celui d'une République en marche arrière.

Laurent Maffeïs

PAR L'HEURE DU PEUPLE

 

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

En ce jour anniversaire de l'assassinat de Che Guevara ceux qui veulent tuer chez les peuples et dans la jeunesse tout espoir d'ambitionner de changer le monde radicalement, c'est-à-dire en s'en prenant aux racines du chaos actuel poursuivent leur entreprise.

Ce matin sur France inter c'est le journaliste de service qui s'appesantit longuement sur les usages commerciaux de la légende censés banaliser la mémoire du révolutionnaire et sur les calomnies grotesques d'une Marcela Iacub.

Leur acharnement c'est d'une certaine façon l'hommage qu'involontairement ils rendent à la vie et à l'oeuvre du CHE!

Tant d'efforts, de mensonges, de calomnies, de moyens qui montrent aussi qu'ils sont loin d'en avoir fini avec l'aspiration des peuples à une transformation révolutionnaire de la société !

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SOURCE de l'article de Jean ORTIZ : Le Grand Soir 

https://www.legrandsoir.info/tuer-la-memoire-et-le-mythe-du-che-pour-tuer-l-espoir.html

Nous avions prévu l’opération, mais pas le si joli titre : « Le Che, à mort », un essai de la discrète « chercheuse au CNRS », Mme Marcela Iacub. Pour les classes dominantes et leurs pitbulls médiatiques, il faut en finir avec les résistances, avec « les grands récits » et les mythes porteurs de justice sociale, d’égalité, d’épanouissement de la femme et de l’homme. Le capitalisme, cette « cage invisible » (Che) ne saurait être ni contesté ni dépassé.

Libération a sonné la charge contre ce Che, assassiné le 9 octobre 1967, dont rien ne parvient à écorner l’image fascinante, l’enracinement populaire, la rébellion absolue. Ce Che qui reste un mythe universel, un référent pour la critique du capitalisme, pour les luttes de « los de abajo » (ceux d’en bas). Ce Che obsédé par l’éthique en politique, altruiste, qui éduquait par l’exemple. Ce Che qui fait la nique à tous ceux qui voudraient tuer l’étoile une bonne fois pour toute. Ce Che multiple, dont la pensée et les pratiques militantes, l’héritage, restent encore aujourd’hui un indispensable laboratoire, et dérangent à la fois vraie droite et fausse gauche.

Ce Che, à effacer des mémoires, à criminaliser, ne se battait pas pour la gloriole, mais pour contribuer à libérer les peuples du « Tiers-Monde ». Il est allé jusqu’au bout d’un engagement réfléchi, intellectualisé, responsable, en sachant que dans la lutte à mort contre l’impérialisme, on peut y laisser la peau. Ce Che que Joffrin et Madame la chercheuse cherchent à dépolitiser ; ce Che accablé de lieux communs par les néo-socio-libéraux : « aventurier » « suicidaire », qui se serait « immolé » par culte de la violence, par amour de la guerre.

Les inquisiteurs ont le droit d’être partiaux, mais qu’ils précisent qu’avec l’ouvrage Le Che, à mort, nous sommes dans le fictionnel. Le grand ordonnateur du procès anti-guévarien, une sorte de Torquemada moderne, plaque sur le Che des grilles de lecture relevant d’obsessions personnelles ; ce n’est autre que le journaliste multi-casquettes Laurent Joffrin, directeur de Libération.

Dans sa chronique (« Cité des livres ») du 5 septembre 2017, intitulée « Le Che, double des djihadistes... », il traite le Che de « kamikaze », et l’accuse de manipuler les esprits des djihadistes, n’hésitant pas à jouer sur les peurs actuelles. C’est irresponsable autant qu’intellectuellement peu honnête. Joffrin ne recule devant rien lorsqu’il s’agit de mettre une plume « mercenaire » au service d’un système dont il est l’un des piliers. Omniprésent dans les médias, allant et venant de l’Obs à Libération, l’homme ne cache pas ses sympathies politiques pour François Hollande, le nec plus ultra de la gauche de droite.

Cette chronique joffrinoise est destinée à promouvoir le nouvel opus de la chercheuse Marcela Iacub. Après Dominique Strauss kahn, Che Guevara !!! L. Joffrin présente sa vision mesurée du Che : « cruel », « le premier Kamikaze », celui qui montre l’exemple de l’engagement sacrificiel aux djihadistes, « une figure christique et maléfique à la fois » « dédiée à sa propre gloire », porteur des « certitudes d’un marxisme d’acier, celui dont on fait les poignards, les balles et les fusils ». On appréciera la subtilité des poncifs idéologiques. La charge ne s’appuie sur aucune référence sérieuse, l’objectif étant de faire vendre du sulfureux, tout en salissant le Che, et les militants, partout dans le monde, qui luttent pour une société plus juste.

Madame Iacub fut en 2012 « maîtresse de Dominique Strauss Kahn » et en publia, en février 2013, le livre Belle et Bête, qui étudie scientifiquement, comme l’on s’en doute, et loin de tout caractère voyeuriste (cela va de soi), la sexualité d’un personnage public jamais nommé. Mais à la veille de la publication de l’ouvrage, la chercheuse au CNRS précise dans le Nouvel Observateur, qu’il s’agit de Dominique Strauss Kahn, « ce cochon sublime », qui se comporte « comme un méchant porc ». Closer (n°582, du 31 août 2016), titre « Pour Marcela Iacub, DSK est le « roi des porcs ». De quoi classer l’ouvrage, si médiatisé, de haute tenue intellectuelle, dans la catégorie : « apologie de la race porcine ».

Aujourd’hui, la chercheuse (de scandales médiatiques), de buzz, réalise une opération similaire avec le Che. Son livre, Le che, à mort, suinte la haine à toutes les pages. Faut-il en parler, ce qui est une façon de le promouvoir, ou l’ignorer ? Toute l’entreprise repose sur une lecture biaisée de la vie du Che, sans cesse ramenée à une dimension psychologisante de quatre sous, un supposé dédoublement de personnalité entre Ernesto et le Che, resucée simplificatrice du Docteur Jekill et Mister Hide. Mais alors que Stevenson cherchait à dénoncer l’hypocrisie de la société londonienne du XIXe siècle, Iacub reconnaît dans sa conclusion ses griefs envers « la légende du Che ».

L’héroïsme du Che ne serait qu’une névrose narcissique, à tout le mieux l’inversion du mythe sacrificiel, due à la perversion de sa mère, qui aurait falsifié sa date de naissance pour la faire correspondre à celle d’un héros de l’Indépendance cubaine selon Iacub (page 20) ; dans la biographie d’Anderson qu’elle utilise par ailleurs, ce dernier évoque un docker assassiné lors d’une grève portuaire à Rosario. Instrumentalisation des sources ? L’auteure recourt évidemment à la figure « romantique » du héros perdant, don Quichotte, dont l’auteur serait un doux rêveur, oubliant un peu facilement que Cervantès fut écrivain et soldat.

Ne pouvant véritablement le salir, l’auteure cherche à changer la signification de la vie du Che. Tout en prétendant discréditer l’espoir et l’exemple qu’il constitue pour des milliers de jeunes dont les raisons de désespérance ne sont jamais ne serait-ce qu’évoquées.

L’opération Le Che, à mort, (en fait : à mort le Che !) repose sur l’amalgame facile, sur une accumulation d’analyses de bazar, sur des interprétations très néo-libéralement manichéennes. Dans la « guerre idéologique » que mènent les puissants, tout fait ventre.

Jean ORTIZ

universitaire, auteur de Vive le Che ! Editions Arcane 17.

 

 

Préface du poète Serge Pey.

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PAR FSC

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