SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Cession d’Alstom Reichshoffen : fortes

 

menaces sur l’emploi et les précaires

 

Les grands capitalistes diront que c’est un effet collatéral : pour acheter le canadien Bombardier, Alstom pourrait être amené à céder le site de Reichshoffen. Une cession qui jette le trouble sur l’avenir des 1050 travailleurs qui font quotidiennement tourner le site, dont 750 personnes en CDI et 300 en intérim.

 

Quand le jeu capitaliste broie les salariés

Crédits photo : Frederick Florin / AFP

Quand ce n’est pas la crise économique, c’est le jeu de la concentration du capital qui supprime des postes. Dans le cadre de son projet de rachat du canadien Bombardier pour 6,2 milliards d’euros, Alstom compte bien mettre toutes les chances de son côté pour obtenir l’aval de la commission Européenne. Pour cela, il est prêt à vendre le site de Reichshoffen dont le carnet de commande est rempli jusque 2024.
 
C’est un jeu de dupe où le géant Alstom, géant dans le ferroviaire qui ne pèse pas moins que 6 milliards de chiffre d’affaires, est prêt à vendre la peau des salariés d’une usine qui n’est pas en mauvaise passe pour constituer un géant du transport. Dans ce jeu, l’Union Européenne qui n’est autre qu’un outil au service des grands capitalistes du centre européens devient le garant des monopoles, tandis qu’Alstom qui est prêt à tout pour racheter Bombardier ouvre la voie à un nouveau massacre de l’emploi jetant en pâture 750 salariés en CDI et 300 intérimaires. Des travailleurs qui eux n’ont aucun mot à dire sur leur devenir, sauf celui d’attendre le sort auquel ils seront abandonnés : racheté par une autre entreprise avec sûrement des suppressions de postes à la clé notamment chez les précaires, ou les baisses de salaires. La peste ou le choléra.
 
C’est ce que Guillaume raconte à
France Bleu : « salarié depuis un an, en a discuté avec ses collègues juste après le passage de la direction et "forcément, on se prépare au pire". Des intérimaires, eux, espéraient une embauche d’ici quelques semaines ou quelques mois, elle est désormais remise en cause. Guillaume, lui, souhaite au moins que son entreprise mais aussi l’Etat "s’assurent que tout ça soit fait dans l’intérêt global. Si c’est juste une opération boursière, je suis pas sûr que ça vaille le coup de supprimer des emplois". »
 
Ce sont donc les postes de 1050 salariés que Alstom veut mettre sur la sellette pour satisfaire son appétit, un appétit criminel qui doit être dénoncé comme telle par les organisations du mouvement ouvrier. Et cela d’autant plus dans la situation que vit actuellement la classe ouvrière : avoir une épée de Damoclès au-dessus la tête en permanence puisque partout les plans de licenciement tombent. Face à cette crise économique que le grand patronat veut nous faire payer, pour l’heure, les réactions des directions syndicales ne sont pas à la hauteur, c’est le moins que l’on puisse dire.
 
Ce serait pourtant le moment pour nous coordonner tous ensemble et frapper ensemble sur le même clou. Et cela d’autant plus au regard de la situation d’Alstom alors même que pour le site de Reichshoffen les commandes sont pleines. Ainsi, le fait qu’il n’y ait aucune justification économique pourrait être un argument pour imposer une autre issue que celle auxquelles les capitalistes veulent nous condamner : la précarité et le chômage. Non, aucun emploi ne doit être supprimé à Reichshoffen comme chez les sous-traitants !
 
Face au plan des capitalistes, il nous faut opposer notre unité. L’émotion doit se transformer en colère et en lutte pour gagner. Nous avons vu un premier pas vers cette direction avec le débrayage chez Alstom à Aytré en soutien aux salariés de Reichshoffen par les syndicats FO et CGT. La situation de l’usine de Reichshoffen c’est le problème de tous les salariés. 

 

Le patriotisme économique et le nationalisme sont les ennemis du mouvement ouvrier

 
Aujourd’hui, le grand patronat veut faire croire qu’il s’agirait de sacrifier le site pour grossir et garantir la pérennité de Alstom à long terme, affirmant qu’il s’agirait d’être « les meilleurs et les plus productifs ». Mais ce ne sont pas les travailleurs Chinois ou d’autre qui aujourd’hui nous volent notre emploi mais bien le système capitaliste qui gangrène la société mettant en concurrence les travailleurs d’un pays contre un autre, ou encore les usines, les unes contre les autres.
 
Ils sont organisés à l’international. Il nous faut nous aussi travailleurs de tous les pays nous préparer à s’organiser au-delà des frontières contre les licenciements et la mise au chômage massif. L’outil de production nous savons le faire marcher, alors que Alstom sans les salariés ne fera rien tourner. La solidarité doit être certes local mains aussi internationales, pour vaincre. Sans la force de travail il n’y pas d’Alstom.
Il nous faut nous battre pour qu’aucun emploi ne soit supprimé, et contre toute fermeture d’usine avec un rapport de force qui est à construire. Les salariés avec leur organisation syndicales, peuvent être à l’offensive. Et cela d’autant plus dans un groupe qui fait des milliards d’euros de profits. En effet, comment accepter que le site d’Alsace ferme ou se fasse racheter ? Le vrai problème n’est pas l’Union européenne mais notre capacité à lutter pour nos intérêts de classe, sans rien lâcher dans des discussions stériles avec la direction et le gouvernement. Tout au contraire, il faut défendre nos conditions de travail pour nos familles en opposition aux intérêts des grands capitalistes qui ne mesure que leur profit : notre vie ils s’en moquent.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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Liens de famille ou pas, ce qui relie les politiques de privatisation c'est la volonté de l'oligarchie de livrer le maximum d'activités aux intérêts privés CONTRE les biens publics et l'intérêt général ; dans l'éducation, dans la santé, dans les jeux ...

 

 

Publié par FSC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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SOURCE ; https://www.bastamag.net/Le-futur-demantelement-d-EDF-serait-une-spoliation-d-un-bien-public-sans

« Hercule » : c’est le nom du projet par lequel le gouvernement envisage de démanteler EDF, et d’en privatiser une partie. Quelles en seraient les conséquences ? Que serait un véritable service public de l’énergie, face à l’enjeu climatique ? Entretien avec François Dos Santos, ex-responsable (CGT) du comité central d’entreprise.

 

En quoi consiste le projet Hercule, présenté par le gouvernement comme une « nouvelle régulation économique du nucléaire », et critiqué comme un démantèlement et une privatisation du service public de l’énergie ?

François Dos Santos : [1]

 

Le projet Hercule coupe EDF en deux morceaux. D’un côté, on met la production nucléaire et le thermique à flammes – les centrales au gaz, au charbon, les turbines à combustion – regroupés dans une entité « bleu » qui serait détenue à 100 % par l’État. De l’autre, on crée une société, dont le nom de code est « vert », dans laquelle on place Enedis (la distribution), EDF Renouvelables, Dalkia (une filiale d’EDF), EDF en Outre-mer et en Corse, certaines activités internationales, ainsi que la direction commerciale – soit les 8500 salariés qui gèrent la facturation et les contrats d’électricité en France. Cette société « verte » pourra être ouverte à la privatisation jusqu’à 35% du capital. Une inconnue demeure : dans quelle entité sera placée l’hydroélectricité [10 % de la production en France, ndlr], alors qu’il est question de privatiser les concessions de barrages ? J’ai posé la question. On ne m’a jamais répondu.

 

Pourquoi ce découpage et cette ouverture au capital posent-ils problème ?

 

Les activités placées dans la holding « vert », qui sera partiellement privatisée, ont une même caractéristique : la plupart des revenus y sont garantis. Prenez Enedis, qui s’occupe de la distribution et gère les concessions – les postes de transformation qui amènent l’électricité jusqu’à chez vous par un réseau aérien ou souterrain. Le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité est négocié tous les quatre ans. Donc Enedis sait combien il va percevoir par kilowattheure (kWh) acheminé sur le réseau pendant ces années, il a une visibilité sur les recettes. Prenez Dalkia, qui gère les délégations de service public pour les réseaux de chaleur, comme le chauffage urbain ou la géothermie. Là aussi, la contractualisation avec une collectivité signifie un revenu garanti.

EDF Renouvelable exploite les parcs photovoltaïques ou éoliens, contractualisés avec l’État dans le cadre d’appels d’offres où les prix sont garantis pendant quinze ans pour l’éolien, et vingt ans pour le photovoltaïque. Là encore, l’entreprise bénéficie d’une bonne visibilité sur les recettes. EDF Outre-mer et en Corse, c’est assez simple : EDF y garde un quasi monopole, synonyme de revenus garantis. Pour toutes ces activités, il existe donc une grande visibilité sur les recettes. C’est beaucoup plus facile à valoriser sur les marchés financiers !

 

Qu’en est-il de l’entité « bleu », qui demeurera publique ?

 

Côté « bleu », le nucléaire ne bénéficie pas de revenu garanti puisqu’il est soumis aux fluctuations du marché de gros de l’électricité. Le prix d’un même mégawatt-heure (Mwh) en bourse peut passer du simple au double. Il était, par exemple, à 70 euros au début de la décennie, pour descendre sous les 35 euros en 2016 et 2017. Ce n’est pas le cas pour les énergies renouvelables qui bénéficient d’un tarif d’achat garanti grâce à une subvention de l’État. Cela pose un vrai problème quand vous investissez : le nucléaire est un actif qui nécessite de gros investissements initiaux et pendant la durée d’exploitation – une centrale va produire pendant cinquante, voire soixante ans – alors que vous ne connaissez pas les prix de vente l’année suivante. Il n’est donc pas certain que l’actif sera rentable sur l’ensemble de sa durée de vie.

C’est pour cela qu’il ne se construit en France aucune nouvelle centrale, que ce soit nucléaire, au gaz ou même hydroélectrique : elles ne disposent pas de garantie de prix. Seule exception dans les énergies fossiles, le cycle combiné gaz de Landivisiau, porté par Total, va ainsi être construit grâce à une subvention sur vingt ans payée par… EDF ! Si les énergies renouvelables progressent, c’est parce qu’elles bénéficient d’un tarif subventionné, avec une durée d’amortissement beaucoup plus courte : un parc éolien ou photovoltaïque va vivre vingt ans. Il est facile de construire quand l’État vous garantit des recettes tout au long de la durée de vie de l’actif.

 

Le projet Hercule doit être finalisé d’ici l’été 2020. Pourquoi maintenant ?

 

Actuellement EDF reste le principal producteur en France. Les autres fournisseurs d’énergie, comme Leclerc ou Total Direct Energie, ne produisent que très peu d’électricité par eux-mêmes. Ils doivent l’acheter à EDF. Il leur est donc difficile de proposer un prix moins cher et, ainsi, de gagner des parts de marché sur EDF. Sur une facture, la structure des coûts est quasiment la même quel que soit le concurrent : les taxes, le coût d’accès au réseau – qui finance son entretien, les réparations après une tempête, le remplacement des compteurs, etc. –, et l’énergie proprement dite, l’électricité qui sort de la centrale, chacun représentant environ un tiers de la facture finale. Les coûts commerciaux et donc la marge propre à chaque fournisseur, ne représentent que 5 % à 10 % du prix.

Avec ses propres capacités de production, EDF dispose d’un avantage compétitif. Pour qu’il existe une concurrence dans le marché de détail, on a inventé en 2010 le système « Arenh » [Accès régulé à l’électricité nucléaire historique, mis en place sous le mandat de Sarkozy, ndlr] : EDF doit céder à bas prix un quart de sa production nucléaire à ses concurrents pour que ceux-ci puissent la vendre au détail et lui piquer des clients. C’est donc EDF qui, de fait, subventionne ses concurrents en attendant qu’ils se dotent de leurs propres moyens de production.

Le système « Arenh » doit prendre fin 2025. A cette date, les fournisseurs privés doivent s’être dotés de leur propre capacité de production. La « concurrence libre et non faussée » sera donc censée exister. Problème : pas grand-chose n’a été construit. Total dispose de quelques centrales au gaz, mais il n’est pas dans son intérêt économique ni climatique de les faire fonctionner si leur coût d’exploitation est supérieur au prix du marché. Mieux vaut alors acheter l’électricité sur le marché de gros que de faire tourner une centrale à énergie fossile. Seul Engie [Ex GDF, privatisé, ndlr] dispose d’un vrai avantage avec ses barrages hydroélectriques, qui ont un faible coût de fonctionnement.

Donc, pour eux, le projet Hercule, c’est formidable : EDF en tant que fournisseur d’énergie – la holding « vert » – sera dans la même position que ses concurrents, puisqu’elle devra acheter la majeure partie de son électricité à EDF « bleu ». Hercule est donc un artifice pour permettre aux fournisseurs privés de se développer.

 

Cela signifie-t-il que les nouveaux fournisseurs privés vont, de fait, profiter des masses considérables d’argent public engagés par le passé, en particulier dans les centrales nucléaires ?

 

Oui, cette libéralisation est un simulacre car elle repose pour l’essentiel sur un détournement de la rente liée aux capacités de production d’EDF. On permet également à des actionnaires de rentrer au capital des activités qui ont les profits les plus rapides. On demande à la puissance publique de supporter les investissements de long terme et de privatiser le fruit de ce risque financier, qui bénéficiera à tous les fournisseurs d’énergie, et plus seulement à EDF en tant que service public.

Précisons qu’il n’est pas très compliqué de devenir un fournisseur d’électricité « alternatif ». Vous installez quatre traders dans une pièce qui achètent de l’électricité en gros en fonction des fluctuations du marché, et un chef dans une autre pièce qui gère un contrat de sous-traitance avec un centre d’appel délocalisé à l’étranger, qui va démarcher des clients.

 

Le projet Hercule représente-t-il une menace pour les salariés ?

Le modèle économique et social des activités commerciales d’EDF n’aura plus d’avenir. Aujourd’hui, tous ses conseillers clientèles sont basés en France. Le projet Hercule signifie un plan social dans les années qui viennent et une précarité de l’emploi. C’est déjà le cas avec la fermeture d’agences commerciales de proximité. De plus en plus d’activités téléphoniques sont sous-traitées.

 

Quelles seront les conséquences du démantèlement d’EDF pour les usagers ?

 

C’est une spoliation d’un bien public sans amélioration du service rendu aux usagers. Les baisses de tarifs ne sont pas à l’ordre du jour, ni l’amélioration du service de proximité. Quelles seront les effets quand les actionnaires privés voudront aspirer leurs dividendes de l’entité la plus rentable ? Cette question, il faut la poser à ceux qui portent ce dossier.

 

Face à ce risque de démantèlement du service public de l’énergie, les régies publique locales constituent-elles, selon vous, une alternative pour intégrer plus facilement des usagers dans leur gestion ?

 

Aujourd’hui, le réseau électrique est organisé nationalement et joue sur la solidarité. La région Rhône-Alpes, par exemple, avec ses barrages et ses centrales nucléaires, produit plus d’électricité qu’elle n’en consomme. A l’inverse, la Bretagne en produit très peu et en consomme énormément. C’est aussi le cas de l’Île-de-France qui compte peu de centrales sur son territoire, et aucune nucléaire. Un réseau national permet d’équilibrer cela en apportant aux régions déficitaires l’électricité dont elles ont besoin. La question se pose aussi pour les renouvelables : il y a davantage de soleil au sud qu’au nord, des régions sont plus venteuses que d’autres. Les solidarités territoriales s’expliquent aisément et ont un intérêt. Cela plaide pour une implantation nationale des moyens de production.

 

Publié par FSC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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Le gouvernement montre plus que jamais dans sa gestion de la crise, quelles sont ses priorités. Le plan de relance « à la Macron » consiste d’un côté à vanter les bienfaits des baisses de salaires pour sauver l'emploi (tout en subventionnant les licenciements dans l'automobile ou l'aéronautique), de l’autre, d’aider les entreprises en supprimant un impôt de productivité.

 

La relance selon Macron : moins de salaire pour les travailleurs, moins d’impôt pour les patrons

Crédits photo : Reuters / Ludovic Marin

Taxer les plus pauvres et sauver les grandes entreprises. Voilà sans surprise le cap que tient Macron pour faire face à la crise économique majeure que nous vivons depuis la pandémie. En effet, interrogé sur le plateau de TF1 ce 14 juillet à propos de l’APC (l’Accord de Performance Collecttive) signé dans la filiale Derichebourg Aeronautics à Toulouse (contre lequel les salariés ont mené une lutte exemplaire), Macron tient ses positions : au nom du maintien de l’emploi, il se dit favorable à la baisse des salaires que mettent en place certaines entreprises grâce à ces accords de performance, imposés le couteau sous la gorge. Il se dédouane ainsi en ne l’imposant pas mais en donnant très clairement son aval aux entreprises sur cette méthode. Ce dispositif est déjà enclenché dans plusieurs entreprises, sous la forme d’APC, comme à Derichebourg Aero, ainsi que dans un florilège d’entreprises de sous-traitance d’Airbus. Les APC, consistent à précariser les salariés en remettant en cause leur contrat de travail tant sur la rémunération, que le temps de travail ou encore la mobilité, tout ça sous le même prétexte : il faut « faire des efforts ». "Pour notre pays, je préfère qu’il y ait des salaires qu’on doit baisser momentanément plutôt qu’il y ait des licenciements" dit Macron. Cet argument n’est même pas valable, puisqu’une baisse de salaires aujourd’hui n’est pas incompatible avec des plans de licenciements à la rentrée. Aujourd’hui on dit aux travailleurs « si vous voulez gardez votre emploi, acceptez la baisse de salaire » et demain, ces mêmes salariés pourront subir des vagues de licenciements. Le patronat cherche simplement à garantir ses marges (voire à les augmenter) en profitant de la crise pour mordre partout où il peut ! Pour prendre l’exemple du patronat aéronautique, qui s’est gavé depuis des années mais se prétend aujourd’hui en crise, personne n’est assez naïf pour croire qu’il n’y aura pas une nouvelle bonne raison pour ne pas remonter les salaires ou les primes à leur stade antérieur, une fois la baisse "momentanée" passée. Macron semble avoir conscience de ça et prend des pincettes en disant "Ça ne doit pas prendre la forme d’un chantage. [...] Quand il y a de la peur dans un pays, le dialogue social a une valeur inouïe parce que ça permet de mettre des gens autour d’une table". Comme d’habitude, chaque sujet qui grince est résolu par le gouvernement Macron par l’argument ultime du « dialogue social » et l’invitation à la collaboration de classe.

En période de crise, la baisse des salaires est une stratégie commune utilisée par la bourgeoisie et les gouvernements. Sous prétexte qu’il faut à tout prix préserver les emplois, ils revêtent leur vernis social en conseillant à tout le monde de faire des efforts en ces temps de crise, et en brandissant l’argument de l’unité nationale. Comme si les salariés étaient des héros de la nation pour sacrifier contre leur gré une partie de leur salaire au profit de leurs patrons. Pourtant, ce n’est pas aux travailleurs de payer cette crise, et le gouvernement ainsi que les grands patrons ont suffisamment accumulé d’argent dans leurs poches pour empêcher des baisses de salaires et des licenciements. Mais pour eux, cela voudrait dire arrêter la course au profit.

Et si la crise permet de justifier des attaques contre les travailleurs, elle permet aussi de faire de substantiels cadeaux aux patrons. C’est bien pour ça que Bruno Lemaire, ministre de l’Economie, a annoncé, une énième fois, ce jeudi à Matignon vouloir aider le patronat. En France, les entreprises sont soumises à des impôts directement prélevés sur les bénéfices ; et à des impôts sur la production, qui ne dépendent pas des bénéfices. La Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE) fait partie du deuxième cas. Dans le cadre du plan de relance, Bruno Lemaire dit vouloir instaurer une « baisse significative » de la CVAE , un impôt de production perçu notamment par les régions. Selon lui c’est « l’impôt qui pèse le plus sur les entreprises ». Il s’agirait alors d’une baisse de 10 milliards d’euros. C’est une baisse conséquente si l’on prend en compte que le produit annuel de ces impôts représente environ 70 milliards d’euros.

Le budget des régions est directement dépendant de cet impôt versé par les entreprises, les élus régionaux sont donc très mitigées sur ce sujet. Renaud Muselier, le président LR de l’association Régions de France, s’oppose formellement à toute baisse ou suppression de la CVAE. Dans une interview pour les Echos il affirme « C’est presque un tiers de nos recettes. On ne peut pas parler de relance et assécher nos ressources. ». A moins que ce ne soient les caisses de l’Etat qui se vident pour le renflouer, dans tous les cas de l’argent public aura été laissé dans les mains du patronat.

Pendant que Macron clame sur les plateaux que les travailleurs déjà précaires doivent voir leur salaire diminuer, les grandes entreprises voient leurs impôts baisser. Face à cette gestion capitaliste de la crise, nous devons nous organiser. Nous ne devons accepter, ni licenciement, ni baisse de salaire ! Les salariés sont ceux qui ont déjà supporté la crise du Covid et maintenu l’économie à flot, ce n’est pas à nous de payer la crise !

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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Et de ce fait confirme le fonctionnement des institutions européennes à la concurrence libre et non faussée en faveur du dumping fiscal.

Une leçon de choses infligée à ceux qui invoquent l'Europe sociale et l'harmonisation fiscale sans voir que les traités européens légalisent cette concurrence et ce dumping !

SEULE la lutte des peuples, la sortie des traités et de l'union européenne, construction au service exclusif des puissants, des multinationales, du capitalisme sur notre continent sont à même de créer les conditions d'une lutte réelle contre la fraude fiscale et les privilèges accordés aux grandes entreprises, notamment US !

En lien avec la lutte pour une issue démocratique et révolutionnaire à la crise du système!

 

Publié par FSC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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PAS D'ILLUSION :

 

Le premier ministre change de ton et de méthode parce qu'il y est contraint.

En raison des circonstances exceptionnelles que nous vivons et parce qu'ils craignent les luttes qui déjà ont entravé leurs projets (Gilets jaunes, grèves sur la contre-réforme des retraites ...).

Ils sont à la recherche d'un consensus en donnant des gages notamment à la CFDT ( séparation du principe même de la contre-réforme des retraites de son financement) pour tenter de faire accepter par l'opinion et les travailleurs la poursuite de leurs contre-réformes.

 

 

Leur report ne signifie donc absolument pas un renoncement à les mettre en oeuvre : il s'agit pour eux de gagner du temps en attendant le moment propice pour prendre l'initiative.

Et n'oublions pas que c'est au 49-3, à la veille du confinement, sans même un passage au parlement qu'ils ont fait passer la loi sur les retraites qui demeure une épée au dessus des droits des salariés et des pensionnés!

Le " dialogue sociale" qu'ils brandissent à tout bout de champ n'est pour eux que le moyen de parvenir à leurs fins en tentant d'obtenir de la part des organisations syndicales l'approbation de leur politique en utilisant en particulier le cheval de Troie qu'est la CFDT dans le monde du travail.

Ce qui est à l'ordre du jour ce n'est donc pas de conjuguer dialogue social et mobilisations comme l'indique le communiqué ci-après de la direction confédérale, pour la bonne raison que le dialogue social est essentiellement un outil de démobilisation et d’institutionnalisation des organisations.

SEULE l'action, la lutte sont en mesure de stopper les contre-réformes et de renouer avec les CONQUIS sociaux.

plus que jamais donc :

 

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La déclaration confédérale de la CGT :

 

 

Conférence sociale : des premiers reculs à confirmer grâce à la mobilisation sociale
PUBLIÉ LE 17 JUIL 2020 TEMPS DE LECTURE : 2 MIN.
Conformément à ses engagements, le Premier ministre a reçu ce jour les organisations syndicales et patronales pour une « Conférence du dialogue social », confirmant ainsi les propos de son discours de politique générale qui placent le dialogue et la démocratie sociale aux cœurs des enjeux sociaux, économiques et environnementaux de la période.
Sur la forme, la CGT note un changement de méthode et une meilleure considération des organisations syndicales comme actrices incontournables sur les sujets du travail, de l’emploi des jeunes, de la lutte contre le chômage et de la relance de l’économie.

Sur la méthode de travail présentée, la CGT prend acte avec satisfaction des engagements du Premier ministre concernant les projets de réformes de l’Assurance Chômage et des retraites. Au-delà d’un « simple » report de calendrier, c’est le contenu même de ces réformes qui sera ouvert à discussions/négociations.

Assurément, les mobilisations sociales de 2019 et 2020 ont lourdement influencé ce choix politique qui n’est en rien du seul fait de la crise sanitaire. C’est bien la démonstration que seul le dialogue social conjugué à un rapport de force permet des avancées pour le monde du travail.

La construction inédite de réunions de « suivi et d’évaluation » au plan national et en territoire est aussi à saluer. Les organisations syndicales territoriales auront en ce sens un rôle prépondérant.

La CGT s’inscrira dans l’ensemble des rendez-vous nationaux comme en territoire et organisera, autant que de besoin, les mobilisations sociales les plus larges afin de réellement peser sur chacun des dossiers.

Mais ces premières avancées ne peuvent cacher l’obstination gouvernementale et patronale qui considère le salaire comme l’ennemi de l’emploi.

Le Premier ministre refuse toute augmentation du smic et des minima sociaux !

Avec en plus un patronat bien plus prompt à recevoir des aides et des exonérations sans contreparties, à verser des dividendes aux actionnaires qu’à augmenter les salaires, le retour à la croissance via la consommation des ménages est impossible.

Plus que jamais, la mobilisation sociale doit se faire entendre pour une politique publique d’investissement, pour l’emploi, pour les salaires et la diminution du temps de travail, pour notre système de protection social et nos retraites... C’est tout le sens de l’appel à la mobilisation et à la grève du 17 septembre prochain !

 

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Castex donne des gages aux partenaires sociaux sur les retraites et l'assurance chômage  17/07/2020 


  
La ministre du Travail Elisabeth Borne et le Premier ministre Jean Castex, sur le perron de Matignon le 17 juillet 2020 à ParisLa ministre du Travail Elisabeth Borne et le Premier ministre Jean Castex, sur le perron de Matignon le 17 juillet 2020 à Paris ( Bertrand GUAY / AFP )
Après avoir clamé sa foi dans le "dialogue social" lors de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre Jean Castex a donné des gages vendredi aux partenaires sociaux en acceptant de "détendre le calendrier" sur les réformes des retraites et de l'assurance chômage.

"En détendant les calendriers, cela permet d'éviter les sujets qui fâchent", a commenté le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, au sortir de cette "conférence du dialogue social" qui succède à des rencontres bilatérales la semaine dernière.


Première satisfaction pour les syndicats et le patronat qui avaient tous repoussé l'idée de reparler rapidement du dossier des retraites: les concertations sur ce thème sont repoussées "au moins jusqu'à la fin de l'année".

Comme réclamé par le Medef notamment, M. Castex a annoncé aux participants qu'il saisirait de nouveau le Conseil d'orientation des retraites (COR) à la rentrée afin d'évaluer la situation financière des régimes actuels en distinguant la partie liée à la crise en cours du déficit structurel.

Selon une estimation provisoire du COR dévoilée en juin, le déficit pourrait approcher les 30 milliards d'euros cette année, un chiffre mis en avant par l'exécutif pour justifier la nécessité de prendre des mesures.

Croissance françaiseCroissance française ( AFP / AFP )
"Nous continuons de croire qu'un système universel est plus juste mais la priorité n'est pas celle-ci aujourd'hui", a redit le patron de la CFDT Laurent Berger qui veut se concentrer sur "la lutte contre le chômage, le maintien de l'emploi, la lutte contre la paupérisation" et a vu "une vraie sincérité du Premier ministre dans sa conviction du dialogue social".

Autre satisfaction: le report jusqu'au début 2021 de la totalité de la réforme de l'assurance chômage, y compris les mesures déjà entrées en vigueur le 1er novembre qui durcissent les conditions d'ouverture de droits (avoir travaillé six mois pendant une période de 24 mois, au lieu de 4 mois sur 28) et de leur rechargement.

Jean Castex s'était dit prêt, la semaine dernière, à "décaler" cette réforme dont les syndicats réclament l'abandon pur et simple alors que l'Unédic pronostique la destruction de 900.000 emplois d'ici à la fin de l'année.

"En train de changer"

Les syndicalistes sortent de la réunion à Matignon avec les partenaires sociaux et le Premier ministre, le 17 juillet 2020 Les syndicalistes sortent de la réunion à Matignon avec les partenaires sociaux et le Premier ministre, le 17 juillet 2020 ( Bertrand GUAY / AFP )
Le Premier ministre, arrivé à Matignon avec une réputation de négociateur, a salué "le sens des responsabilités des partenaires sociaux" et "la qualité du dialogue", alors que ceux-ci s'étaient sentis largement marginalisés pendant les trois premières années du quinquennat.

"Tout cela ne préjuge pas d'un accord global. Il y aura, on le sait, des divergences (...) mais il faut d'abord savoir nous parler, nous respecter, et fixer des voies et des chemins pour l'avenir", a-t-il plaidé, promettant sur les retraites "une nouvelle méthode".

"Il semble que quelque chose soit en train de changer dans la méthode du gouvernement", a même lancé le président de la CFE-CGC François Hommeril, qui a habituellement la dent très dure envers l'exécutif. "C'est un discours de gaulliste social qui rompt avec Macron, c'est déstabilisant", a commenté le numéro un de FO, Yves Veyrier, auprès de l'AFP.

Le Premier ministre a garanti un "calendrier extrêmement exigeant", d'abord sur l'emploi et également "pour arrêter et finaliser le plan de relance" auquel les partenaires sociaux seront étroitement associés.

Des concertations auront lieu dès la semaine prochaine au ministère du Travail sur l'emploi des jeunes, dont 700.000 sont attendus sur le marché du travail à la rentrée.

Il s'agit de fixer les modalités de la réduction annoncée du coût du travail de 4.000 euros par an (prime ou exonération de cotisations) qui doit concerner chaque jeune de moins de 25 ans employé par une entreprise. Le Medef a demandé que cette mesure ne soit pas limitée à 1,6 Smic, une question en suspens. Les syndicats sont hostiles par principe aux exonérations qui affaiblissent le financement de la Sécurité sociale, et craignent des effets d'aubaine.

Pour les nombreuses concertations à venir (financement de la protection sociale, dépendance, assurance chômage, travailleurs détachés, partage de la valeur, etc), dont certaines seront déclinées territorialement (plan de relance, transition écologique), un agenda sera envoyé aux partenaires sociaux en début de semaine prochaine.

La CGT, qui avait annoncé dès la semaine dernière une journée de mobilisation et de grève le 17 septembre, a dans un communiqué, fait rare, "pris acte avec satisfaction des engagements" du Premier ministre sur les retraites et l'assurance chômage, notant "un changement de méthode et une meilleure considération des organisations syndicales".

 

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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CHU TOULOUSE : Quand ... SEULE la lutte paye !

Ils déploraient dans leur missive de ne pas avoir les ressources nécessaires pour pouvoir «assurer» leurs «missions face aux besoins de la population». En réaction, le CHU de Toulouse et l'Agence régionale de santé (ARS) Occitanie se sont engagés, vendredi, à pérenniser des moyens supplémentaires mis en place pendant la crise du Covid-19.

Les médecins ont pris acte de cet engagement, tout en affirmant «regretter» «qu'il ait fallu en venir à des procédés aussi radicaux pour avoir droit de cité». Ils assurent qu'ils resteront «attentifs» à ce que «le dialogue demeure ouvert entre les instances hospitalières et régionales d'une part, et nos services d'autre part».

«Il est bien triste d'avoir dû envisager de quitter l'hôpital pour en défendre les valeurs», ont-ils ajouté dans leur communiqué. 

 

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

La propagande gouvernementale et médiatique affirment que les mesures de chômage partiel étaient destinées à conserver les savoir faire dans les entreprises y compris après le confinement.

Sur le terrain la réalité est tout autre et les plans de licenciements avoués ou masqués,, les licenciements d'opportunité se multiplient parallèlement aux cadeaux au patronat, aux exonérations de cotisations et d'impôts, les travailleurs étant de fait appelés à payer la crise.

Pas d'autre voie que la lutte et la résistance !

 

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Cinq licenciements chez Kerpont industrie à Rédéné

L’entreprise de décolletage Kerpont industrie, installée à Rédéné, va supprimer cinq emplois, sur un effectif total de 29, à la fin du mois. Selon la CGT, la crise ne justifie pas une décision aussi rapide.


L’annonce est tombée le 2 juillet. Elle a été officialisée le 8 juillet lors d’un comité social et économique (CSE). La direction de Kerpont industrie a confirmé le licenciement de cinq des 29 salariés dès la fin du mois. « Quatre opérateurs-régleurs et un magasinier sont concernés », détaille David Le Gadic, délégué syndical CGT et élu au CSE.

« Depuis l’ambiance est pesante dans l’entreprise. Il y a un mélange de colère, d’incompréhension mais aussi de peur », témoigne le délégué syndical, qui s’étonne de cette décision soudaine. « Le chiffre d’affaires a chuté en avril mais, depuis la fin du confinement, il y a une légère reprise. On pensait que le chômage partiel, toujours en application à raison d’une journée par semaine, suffirait à passer le cap », confie-t-il. Mais l’entreprise de mécanique de précision travaille pour des secteurs très impactés par la crise sanitaire : l’aéronautique (34 % de la production), l’industrie du poids lourd (35 %), l’automobile (12 %) et le nautisme (8 %). « Avec les cinq suppressions de postes, on va revenir au niveau de l’effectif de 2019… un an avant la crise sanitaire », souligne le représentant du personnel.


« Des licenciements d’opportunité »

 

Implantée dans la zone industrielle de Kerpont, à Caudan (dans l’agglomération de Lorient) depuis sa création en 1975, Kerpont industrie a déménagé, en août 2019, dans la zone d’activités de Kerfleury, à Rédéné, dans des bâtiments neufs et plus grands, avec l’ambition de développer son activité. L’union locale de la CGT et la fédération de la métallurgie, qui soutiennent les salariés, dénoncent « des licenciements d’opportunité ». Elles rappellent que tous les dispositifs mis en œuvre pour sauvegarder les emplois n’ont pas été utilisés. « Notamment l’aide accordée aux entreprises à la formation des personnels. 

Le patron de l’entreprise retrouvera-t-il des compétences après la crise ? », interroge la CGT, qui déplore, par ailleurs, que la direction de l’établissement fragilise les élus du personnel. « Deux des cinq salariés licenciés sont des élus CGT au CSE ». L’union locale a décidé d’alerter le députe de la circonscription sur la situation.

« Nous l’invitons à soutenir les salariés quoi qu’il en coûte, comme l’a dit le Président de la République ! » Les entretiens individuels préalables aux licenciements sont prévus la semaine prochaine. « Nous n’en resterons pas là ! Il y aura des actions », prévient la CGT. Sollicitée par la rédaction du Télégramme, la direction de l’entreprise n’a pas souhaité donner suite.

 

Publié par FSC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
La réforme du chômage va aggraver l’état de santé des demandeurs d’emploi

2020-07-15 09:47:05 Source

 

Maladies chroniques et cardiovasculaires, mal-bouffe, diabète, dépressions : le chômage n’est pas bon pour la santé. Avec le durcissement de l’accès aux indemnités, l’état de santé des plus précaires risque de se dégrader encore davantage.

Que vont devenir les centaines de milliers de personnes qui verront leurs indemnités chômages amputées si la réforme prévue par le gouvernement venait à s’appliquer en septembre prochain, alors même que se profile un nouvel afflux massif de demandeurs d’emploi à l’automne ? Et comment celles et ceux qui ne pourront prétendre à aucune indemnité vont-ils faire ? Une seule certitude : leur état de santé risque de s’aggraver. Car le chômage n’est pas bon pour la santé. Peu documenté, le sujet mérite pourtant que l’on s’y penche, il concerne en effet plusieurs millions de personnes.

 

Stress, maladies cardiovasculaires et surmortalité

 

14 000. C’est le nombre de morts directement causées par le chômage, chaque année, en France. Ce chiffre, issu de la première étude française sur la santé des chômeurs, est sorti en 2015 [1]. « On a longtemps résumé la surmortalité des chômeurs à la question des suicides, décrit le chercheur Pierre Ménéton, qui a dirigé l’étude. Cette problématique existe, bien sûr. Elle concerne plusieurs centaines de personnes chaque année, mais la surmortalité est en réalité bien plus vaste. Elle est due en premier lieu aux pathologies cardiovasculaires, plus fréquentes chez les demandeurs d’emploi. » Aux comportements addictifs – tabac et alcool – plus répandus, s’ajoutent le stress et l’angoisse dont l’étreinte s’aggrave à mesure que la durée de chômage augmente.

À cela s’ajoutent les défauts de soins. 31 % des femmes et 29,8 % des hommes à la recherche d’un emploi renoncent aux soins pour des raisons financières, contre respectivement 15 % et 11 % des personnes ayant un emploi [2]. D’autres sont terrifiés à l’idée de ne pas consacrer l’intégralité de leur temps à la recherche d’un emploi. « J’ai renoncé à une hospitalisation pour mon diabète, par peur de passer à côté d’une offre d’emploi intéressante, de ne pas pouvoir me rendre à un entretien », rapporte ainsi une femme. « Certains médecins sont compréhensifs, raconte Mélanie, interrogée lors de l’étude. Mais tous ne jouent pas le jeu. Une professionnelle m’a incitée à suivre des séances de sophrologie et à prendre des médicaments non remboursés. Tout cela à un coût… inaccessible lorsque l’on perçoit le chômage. »

 

Dépressions et mauvaise alimentation

 

Au chômage de longue durée, Mélanie confie avoir des « problèmes de sommeil et de stress qui s’accompagnent de maux de dos, de problèmes de digestion, d’angoisse et de palpitations » [3]. « Il est plus difficile de se nourrir correctement en période de chômage. On se tourne vers des enseignes à bas coût. Le coût des aliments est ma priorité et non plus la qualité de mon alimentation », témoignent des demandeurs d’emploi. « Le chômage impacte négativement les habitudes de vie, souligne Pauline Simon de l’association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC), Le manque d’activité physique et les mauvaises habitudes alimentaire constituent des sur-risques pour la santé. »

Aux repas manqués, ou de mauvaise qualité, peuvent succéder des épisodes boulimiques, ou des pertes d’appétit. « Le fait d’être au chômage est particulièrement mal vécu psychologiquement, insiste Pierre Ménéton. Les personnes au chômage sont plus dépressives, elles ont davantage de troubles du sommeil. Et c’est vraiment lié au chômage, puisque l’on ne retrouve pas ces problèmes de santé parmi les retraités ou les mères au foyer par exemple, qui sont des personnes également sorties du monde du travail. » 24 % des hommes et 26 % des femmes qui ont été au chômage ont connu des épisodes dépressifs, contre 13 % et 22 % pour les personnes qui travaillent [4].

Le chômage fait aussi des victimes collatérales, au sein de la famille. Le « non-recours à la CMU par exemple peut avoir un impact sur les enfants », éclaire Pierre Ménéton. « L’angoisse diffuse des enfants a un impact sur leur avenir scolaire », rappelle Jacqueline Farache dans une étude remise au conseil économique, social et environnemental (Cese) à propos des conséquences du chômage. Mais les enfants mineurs ne sont pas les seuls concernés. Le chômage des jeunes est une source d’angoisse pour leurs parents, voire leurs grands-parents.

 

« Perdre son emploi c’est perdre son identité sociale, voire sa valeur sociale »

 

« C’est une période souvent vécue comme un traumatisme, témoigne auprès de Basta ! Jacques Baugé, médecin à la retraite et accompagnant de personnes au chômage au sein de l’association SNC. Il y a l’inconnu de l’avenir, et le fait de ne pas avoir de réponse aux diverses candidatures ou démarches que l’on entreprend. Au bout d’un certain temps, une vraie lassitude s’installe. » Jacqueline Farache relève que « la recherche d’emploi est une obligation assortie de contrôles, une norme juridique, sociale et subjective, une épreuve usante plus qu’un programme ».

« Découragée, seule et anxieuse, cette longue période sans travail n’a fait que renforcer mon manque de confiance en moi, ma culpabilité et ma déprime », illustre une demandeuse d’emploi. Si les personnes sont si touchées, c’est parce que « le travail a une fonction identitaire très importante, souligne Jacques Baugé. Sans travail, le collectif disparaît. On change de position vis-à-vis de ses enfants et de son.sa conjoint.e. Il faut meubler le temps, c’est loin d’être évident. Le confinement l’a bien montré : c’est difficile de gérer son temps quand il n’y a pas de repère. »

« Perdre son emploi c’est perdre son identité sociale, voire sa valeur sociale. Cette réalité est très prégnante en France où la population se distingue par un véritable investissement dans la valeur travail qui vient parfois supplanter d’autres dimensions de la vie. Les enquêtes d’opinion mettent en avant un attachement au travail bien plus fort en France que dans d’autres pays européens », souligne Jacqueline Farache.

 

La stigmatisation des chômeurs aggrave leur stress

 

Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas le temps libre et les loisirs qui occupent une place prépondérante dans la vie des Français.es, mais plutôt le travail. Il est mis en avant par tous les groupes sociaux, y compris par les demandeurs et demandeuses d’emploi. « Au-delà de sa fonction rémunératrice, les Français.es pensent que le travail est un vecteur d’épanouissement ou de réalisation de soi. Ils sont 78 % à l’affirmer, contre 47 % des Suédois.es, 48 % des Allemand.e.s ou 58 % des Anglais.es, cite Jacqueline Farache. En conséquence, le chômage est particulièrement mal vécu par les personnes car il porte atteinte à l’image qu’elles ont d’elles-mêmes. »

Ce surinvestissement de la valeur travail accentue l’épreuve de la stigmatisation. « Le regard de la société sur les chômeurs est très sévère, rappelle Pauline Simon. Quand on a pas de travail on s’isole et on a honte. Beaucoup de gens ne sortent plus. » Parmi les pistes avancées par celles et ceux qui accompagnent les chômeurs : une vaste campagne d’information sur les effets dévastateurs des jugements dévalorisants qui constituent « une véritable charge mentale souvent difficile à supporter pour les individus », selon le rapport du Cese.

 

La réforme qui s’annonce va entraîner des problèmes de santé massifs

 

« Quand le contexte social est favorable, avec par exemple de bonnes indemnités, on amortit les effets négatifs du chômage », remarque Pierre Ménéton, très préoccupé par la réforme annoncée, « qui ne parle absolument pas de santé, pas plus que la réforme des retraites… »  « Nous avons de grande inquiétude concernant cette réforme qui va précariser les plus fragiles, appuie Pauline Simon. Les chômeurs sont extrêmement angoissés à l’idée de voir leurs indemnités réduites. « Ils veulent qu’on se suicide », disent certains d’entre eux. » « On a vu l’activisme des pouvoirs publics sur la question du Covid-19, conclue Pierre Ménéton. Ils sont également très actifs sur la question de la sécurité routière. C’est d’ailleurs très bien. Mais pourquoi ne font-ils rien pour ces millions de chômeur dont l’état de santé est très dégradé ? » 

 

Nolwenn Weiler

 

Publié par anti-K

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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La compagnie American Airlines annonce

 

25 000 licenciements au mois d’octobre

 

Les annonces de licenciements massifs se multiplient dans tous les domaines d’activités et particulièrement dans le secteur aérien, fortement touché par la crise économique. Alors qu’elle a accumulé des profits considérables pendant des années, la compagnie American Airlines compte supprimer 25 000 postes dès le mois d’octobre.

 

Crise de l’aéronautique

Crédits photo : Wilfredo Lee, AP

 

Les travailleurs et travailleuses sacrifiés pour les profits des actionnaires !

 

La compagnie American Airlines vient d’annoncer le licenciement de 25 000 de ses 130 000 employés dès le mois d’octobre.

En avril dernier, l’État fédéral Américain mettait en place un plan d’aide de 50 milliards de dollars pour les compagnies aériennes : la moitié sous forme de subventions, destinées à rémunérer les salariés, et l’autre partie sous forme de prêts. En contrepartie, les directions ne doivent pas mettre au chômage technique ou licencier avant le 30 septembre, mais en attendant, celles-ci poussent les salariés à des départs anticipés à la retraite ou des départs volontaires.

Ainsi, en pleine crise sanitaire et économique, c’est aux salariés qui n’en sont absolument pas responsables, qu’on demande de choisir entre perdre leurs emplois ou… perdre leurs emplois.

Par ailleurs, les grands patrons des compagnies aériennes américaines se permettent de demander des milliards de dollars d’argent public, alors que ceux-ci ont dépensé des dizaines de milliards ces dernières années pour racheter leurs propres actions et ainsi augmenter leurs bénéfices, et « ont préféré récompenser leurs actionnaires plutôt que de se préparer à des temps plus compliqués »

Par exemple, à la suite de la crise financière de 2008, American Airlines a pu profiter d’une hausse de la demande dans le secteur aérien et d’une augmentation des prix sur le marché intérieur. Ainsi, depuis 2014, l’entreprise a racheté 15 milliards de dollars de ses propres actions, et fait grimper son endettement à 30 milliards. Rappelons notamment que l’entreprise américaine est prête à tout pour sauver ses bénéfices et n’hésite pas à mettre ses usagers en danger. En effet, les Etats-Unis sont l’un des pays les plus touchés au monde, mais American Airlines a tout de même décidé de remplir totalement ses avions en pleine flambée de l’épidémie de coronavirus.

Les grandes entreprises n’ont donc pas besoin d’être renflouées par de l’argent public avec les profits qu’elles ont pu engranger ces dernières années sur le dos des salariés. Ces milliards de dollars remis entre les mains des dirigeants des grandes compagnies aériennes ne permettent pas de sauver des emplois mais de conserver les profits des patrons intacts.

 

L’ensemble des salariés du secteur aérien mondial concernés par les licenciements

 

Les mesures de confinement liées à la pandémie de coronavirus ont entraîné une interruption puis une importante réduction du trafic aérien dans le monde entier. Aux États-Unis, comme partout dans le monde, de vastes plans de licenciements ont été annoncé dans ce secteur tandis que d’autres ont déjà eu lieu : Air France-KLM compte supprimer 7585 postes d’ici 2022 ; la compagnie américaine United Airlines annonce 36 000 licenciements ; l’entreprise allemande Lufthansa va licencier 22 000 travailleurs.

Face à cette répression patronale, les travailleurs de Hop ! à Morlaix, (filiale régionale d’Air France) ont bloqué l’usinedès le 3 juillet contre la fermeture du site et les licenciements massifs. Un rassemblement a également eu lieu le 8 juillet pour les soutenir.

Le trafic aérien fonctionne toujours au ralenti et va continuer à baisser jusqu’en 2022, on peut par conséquent douter de sa reprise normale.

Les classes dominantes vont donc continuer de faire payer les salariés à coups de licenciements massifs, de chantage à l’emploi, de baisse de salaires et d’acquis sociaux. C’est pourquoi il est urgent d’imposer au patronat l’interdiction des licenciement, et de toute mesure visant à faire payer la crise sanitaire et économique aux travailleurs.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Discours de politique générale : Le premier ministre annonce un virage... à 360° ! Rien pour les « premiers de corvée » !
Discours de politique générale : Le premier ministre annonce un virage... à 360° ! Rien pour les « premiers de corvée » !

Publié par FSC

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Aéronautique : la moitié des salariés

 

licenciés chez Mecafi

 

242 licenciements pour 500 employés, c’est le plan de restructuration qui est tombé mercredi dernier dans cette entreprise de sous-traitance aéronautique. Frappée comme tout le secteur par une crise profonde et à l’aube d’une période de crise économique majeure, la direction a décidé de sacrifier la moitié des travailleurs de Mecafi dans sa course au profit.

 

Crise dans l’aéro

Crédits photo : FTV 

242 licenciements pour 500 employés à Mecafi, c’est le plan de restructuration qui est tombé mercredi dernier lors d’un CSE exceptionnel. Mecafi est une entreprise sous-traitante de l’aéronautique du groupe Nexteam à Châtellerault, qui produit des pièces de précisions principalement pour les moteurs d’avion de Safran. Frappée comme tout le secteur de l’aéronautique par une crise structurelle profonde depuis le début de l’épidémie et à l’aube d’une période de crise économique majeure, la direction de Nexteam a décidé de sacrifier la moitié des travailleurs de Mecafi dans sa course au profit.

Depuis le début mois de juin et la reprise de l’activité dans l’usine, les employés de Mecafi redoutaient un éventuel PSE evoqué par la direction, dans lequel 30 % des emplois étaient menacés. Mercredi 8 juillet dernier, la direction de Mecafi a annoncé son plan de restructuration de l’entreprise qui prévoit finalement 242 licenciements, soit près de la moitié des 500 salariés qui y travaillent encore aujourd’hui. Une attaque qui va frapper de plein fouet les Châtelleraudais qui perdront leur travail dans une période de chômage croissant, où l’heure n’est pas à l’embauche.

En effet, alors que l’État a versé des milliards ces derniers mois pour « sauver » l’industrie aéronautique, l’ensemble des entreprises du secteurs licencie à tour de bras, faisant ainsi payer la crise aux travailleurs. C’est d’ailleurs Safran, le principal donneur d’ordre de l’usine Mecafi, qui a récemment supprimé plus de 15 000 postes à l’étranger, et qui en France tente d’imposer une baisse massive des salaires grâce au recours au chômage partiel.

Des attaques qui, dans le sillage des APC à Derichebourg, à Blanc-Aero, et du PSE d’Airbus, suivi par Stélia et ATR, montrent bien la nécessité d’un plan de bataille commun du secteur face aux attaques patronales que sont les baisses de salaire et les licenciements.

Car si la direction de l’usine de Châtellerault aujourd’hui a peur pour ses profits, c’est bien parce que Safran hier annonçait des suppressions massives de postes, et donc une baisse du carnet de commandes pour les entreprises sous-traitantes dont fait partie Mecafi. C’est donc un combat commun que doivent mener les salariées de Safran et de Mecafi face aux réductions d’effectif ; ainsi que les salariés au sein des grandes filiales aéronautique donneuses d’ordre et les salariés sous-traitants du secteur qui risquent des plans de licenciements massifs, voire des fermetures de site.

L’exemple de la mobilisation coordonnée pour la fermeture des usines non-essentielles en Haute-Garonne pendant le confinement afin de protéger la santé des travailleurs et de leur famille ; et plus récemment l’exemple de la grève menée par les ouvriers de Derichebourg sont autant de signaux positifs en vue de ce qui pourrait être une lutte d’ensemble des ouvriers des entreprises de l’aéronautique, donneuses d’ordres ou sous-traitantes, avec un plan de bataille coordonné pour les milliers de personnes qui ne comptent pas se laisser faire face aux attaques patronales qui s’enchaînent, plus dévastatrices les unes que les autres.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Se syndiquer CGT ?

Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.

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