SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

SOURCE : Rapport de force

Crise sanitaire sous contrôle

ouvrier à la coopérative Scop-Ti

 

 

Réduction du temps de travail, horaires décalés, mise en place précoce de mesures sanitaires. Ce sont quelques-unes des dispositions prises pour poursuivre la production de thés et d’infusions à l’usine de Gémenos. Et si l’autogestion ouvrière n’avait pas à pâlir de sa gestion du Covid-19, en comparaison de celle confuse de l’État ou des entreprises privées. Pour en savoir plus, nous avons interrogé Olivier Leberquier, le président du conseil d’administration de Scop-Ti.

 

Vous avez fait le choix de poursuivre votre activité malgré la crise sanitaire. Comment cette décision a-t-elle été prise ?
 

Nous nous y sommes pris dès fin février, au commencement des soupçons de risque de pandémie, en travaillant sur un plan de continuité de l’activité, en lien avec notre médecin du travail. Nous avons consulté l’ensemble des coopérateurs pour savoir quelles dispositions on prenait. Début mars, une assemblée générale s’est tenue à l’extérieur, sur la pelouse, là où nous faisions nos AG pendant la lutte, en essayant de se mettre le plus à distance possible les uns des autres. C’est là où nous nous sommes demandé : est-ce que l’on tire le rideau et attend que cela se passe, avec toutes les conséquences économiques que cela aurait pu avoir ? On ne cache pas que cela compte.

Nous avons décidé avec l’ensemble des présents d’un maintien de l’activité, avec comme mot d’ordre de mettre le paquet et la priorité sur la santé des coopérateurs et de leur famille. Pas question de faire n’importe quoi ! Il n’y a aucun coopérateur à qui il a été imposé de venir ou de ne pas venir, parce que tout le monde n’a pas la même situation familiale et les mêmes contraintes. Chacun est responsable et prend la décision en fonction de ce qu’il estime être le mieux pour lui.

Nous avons donc travaillé le plan de maintien de l’activité et un plan renforcé au niveau sanitaire. Tous les endroits dans l’entreprise ont été renforcés pour pouvoir tenir les gestes barrière dans les meilleures conditions.

 

Concrètement qu’avez-vous mis en place ?
 

En ce qui concerne la production, nous ne sommes pas les uns sur les autres. Au plus fort de l’activité, il y a eu 280 salariés à l’époque d’Unilever, aujourd’hui nous sommes 40 salariés, dans une usine de 12 000 m², où toutes les lignes ne tournent pas.

Il y a d’abord eu le renforcement du plan de nettoyage de l’entreprise, la mise en place des gestes barrières, les recommandations de ne plus se saluer, de ne plus se toucher, d’éviter les rassemblements autour de la machine à café. Cela a été aussi des consignes renforcées pour les personnes extérieures à l’usine comme les transporteurs. Nous avons également mis en télétravail les quelques postes qui permettaient de le faire et avons fait en sorte qu’il n’y ait pas plus d’une personne par bureau pour les postes administratifs qui ne pouvaient pas travailler à distance.

L’analyse de risque que nous avons faite a fait ressortir qu’il fallait éviter tous les lieux dits : salles de pause, vestiaires, réfectoire. Par conséquent, nous avons décidé de réduire les horaires de travail à 5 heures par jour et de constituer deux équipes qui ne se croisent pas : une de 6 h à 11 h du matin, l’autre de midi à 17 h. Et nous qui sommes en horaire de journée, nous faisons le lien sur la production entre 11 h et midi, pour que les machines continuent à tourner entre les deux équipes. Ainsi, les équipes ne se croisent pas dans les vestiaires. En finissant à 11 h, l’équipe du matin ne mange pas sur place. Cela lève aussi un des risques de contamination. Ceux qui viennent de loin dans l’équipe qui commence à midi mangent sur place. Mais ils ne sont que deux et le réfectoire est suffisamment grand.

 

Et pour ceux qui ne viennent pas travailler ?
 

Nous avons sollicité l’activité partielle pour les coopérateurs qui ne viennent pas travailler. Sur 41 salariés, entre 25 et 30 sont présents sur le site en fonction des semaines. Par exemple, une coopératrice a sa mère avec elle. Depuis le début du confinement elle ne vient pas travailler, nous ne lui demandons pas d’attestation ou quoi que ce soit !

 

Les mesures ont-elles évolué avec le temps ?
 

Cela a été progressif avec l’évolution de la crise sanitaire, nous n’avons pas pris toutes les dispositions en un seul coup. À partir du confinement, nous avons interdit l’accès à l’usine : ne viennent que les salariés et les transporteurs. Pour ces derniers, nous leur avons fourni des masques que nous utilisions déjà du temps d’Unilever pour le changement des produits, s’ils n’étaient pas équipés par leur patron. Quand mi-mars nous nous sommes aperçus du stock que l’on avait, nous avons fait l’inventaire de tous nos équipements de protection individuelle (EPI) : masques, blouses, charlottes.

Nous avons décidé d’en faire don pour les gens en première ligne, notamment les personnels de santé. Nous en avons donnés plus de 15 000 aux hôpitaux de Marseille et d’Aubagne, à des médecins généralistes et des ambulanciers. Nous en avons juste conservé un petit stock de 700. Il est à disposition des coopérateurs qui le veulent, et nous nous sommes fabriqué 400 masques en tissu.

Pour le reste, étant dans une usine agroalimentaire, nous avons déjà pas mal de normes sanitaires. Tout ce qui relève de l’hygiène fait partie des choses dont nous avons l’habitude. Ce que nous avons fait, c’est d’en rajouter à certains endroits de l’entreprise : des distributeurs de gel devant chaque bureau, devant le réfectoire, aux portes où entrent les transporteurs. Le risque zéro n’existe pas, mais je pense que nous avons mis tout ce qu’il fallait pour que cela se passe le mieux possible. À ce jour, nous avons eu zéro cas, ni chez les coopérateurs ni chez leurs proches.

 

Y a-t-il un assouplissement des mesures avec le déconfinement du 11 mai ?
 

Avec le déconfinement tel qu’il est fait, et les risques d’amplifier la contamination, nous mettons un plan de nettoyage renforcé. Nous modifions nos horaires pour cela en faisant une demi-heure de plus par équipe : de 6 h à 11 h 30 pour l’une et de 12 h 30 à 18 h pour l’autre. Mais nous arrêterons la production à 17 h pour consacrer la dernière heure à désinfecter. Nous maintiendrons cela jusqu’à la fin juin. Nous avons décidé que tant qu’il n’y aura pas d’amélioration très importante, nous resterons sur cette organisation du travail. Pour nous la priorité, c’est la santé des coopérateurs et de leur famille. On s’organisera !

Depuis le début, nous avons fait avec ceux qui étaient là en organisant le travail en fonction. Cela se passe plutôt bien et nous avons maintenu l’activité. Nous réfléchissons à nous accorder un petit souffle autour du jeudi de l’Ascension parce que cela a été fatiguant.

 

Les décisions ont-elles continué à être prises collectivement ?
 

C’est ce qui nous manque un peu parce que nous avons l’habitude de nous réunir et de discuter. Là, nous n’avons pas pu le faire depuis début mars et le premier plan de continuité. Tous les vendredis, le conseil d’administration communique avec tous les coopérateurs pour qu’ils aient l’ensemble des informations pour faire un point, et éventuellement modifier un certain nombre de choses.

C’est le comité de pilotage et le conseil d’administration qui communiquent et adaptent l’organisation, comme pour le changement d’horaire à compter du 11 mai pour faire du nettoyage renforcé. Nous en avions parlé 15 jours avant et avions envoyé un mail, puis une proposition plus précise une semaine plus tard. Nous avons échangé avec ceux qui étaient là. Les autres pouvaient réagir par mails et nous dire s’ils y étaient favorables ou pas, ou s’ils avaient d’autres idées. En fonction de tous ces échanges, nous avons pu prendre la décision. Mais ce n’est jamais gravé dans le marbre. Si nous nous apercevons que cela crée des difficultés, nous pouvons faire marche arrière. Nous ajustons au jour le jour.

Publié par FSC

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Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Le billet du Dr Christophe Prudhomme
Il y a urgence ! Le billet du Dr Christophe Prudhomme. Insultant

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93.

 

Un obscur député LaREM du Calvados vient d’avoir une idée de génie pour faire parler de lui. Problème : il a été suivi par cent de ses collègues de la majorité présidentielle. Il s’agit de permettre aux salariés de faire don aux personnels hospitaliers de leurs jours de RTT ou de congé (voir aussi notre article). Immédiatement, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a trouvé l’idée intéressante. Ces députés se permettent même de donner des conseils sur leur utilisation. Il n’est pas question que les personnels en bénéficient pour du repos supplémentaire, afin de récupérer après la crise. Du fait des sous-effectifs chroniques dans les hôpitaux, cela mettrait en danger leur bon fonctionnement. Ces jours seraient donc convertis en espèces pour aider les soignants à « s’offrir de belles vacances ». Non mais, vous ne croyez pas que vous vous moquez de nous, mesdames et messieurs les députés ! On frise l’insulte ! Ce que nous demandons depuis un an, ce sont des embauches de personnels, notamment pour que nous puissions prendre nos repos et partir en vacances normalement. Nous exigeons aussi des augmentations de salaires immédiates, à savoir 300 euros mensuels. Vous avez déjà refusé en octobre de répondre à notre demande lors du vote de la loi de financement de la Sécurité sociale. Et maintenant, vous demandez que d’autres salariés nous fassent l’aumône… Ministre de la Santé et ex-rapporteur de cette loi, Olivier Véran nous a promis une « prime » pour solde de tout compte, en remerciement de notre engagement dans la crise. Prime qui ne sera d’ailleurs pas versée à tout le monde, et pas avant fin juin – on attend toujours les décrets, lesquels peuvent réserver des surprises. Cela commence à suffire ! Nous allons être clairs : nous ne voulons pas prendre à d’autres salariés des jours de congé ou de RTT. Nous vous demandons de voter une loi qui décide d’un plan de formation et de recrutement pour les hôpitaux et les Ehpad, d’augmentations de salaires immédiates et qui enjoigne le gouvernement à engager des négociations sur la revalorisation des grilles de rémunérations des personnels hospitaliers.

Retrouvez le précédent billet du Dr Prudhomme, Amertume, et l’ensemble de ses chroniques.

Publié par www.humanite.fr

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Emmanuel Macron

VIDEO : « Il y a une catastrophe économique qui s'annonce » - Un entretien avec François BOULO

REPRIS SUR

Entretien du 6 mai 2020 François Boulo, avocat.

 

 Il évoque la crainte des autorités de voir une hausse des violences sociales liées au déconfinement. L'avocat rappelle que la crise sanitaire s'ajoute à une crise économique et sociale profonde, et que la crise économique liée au confinement risque d'attiser encore les colères. Il estime que les problèmes n'ont jamais été résolus, le gouvernement restant sourd aux revendications des différents mouvements de contestation qui se sont succédé en France ces dernières années.

Publié par http://canempechepasnicolas.over-blog.com

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

 

Après sa condamnation, qui a résonné comme un coup de tonnerre, par le tribunal judiciaire le 14 avril dernier, confirmée par la cour d’appel
le 24 avril, Amazon continue ses manœuvres pour l’esquiver, à commencer par l’annonce le 7 mai de se pourvoir en cassation
.

Amazon a d’abord fermé ses six entrepôts français, le 16 avril, au motif que l’entreprise risquait une astreinte record en cas de livraison
de produits jugées non essentiels par le tribunal, et ce alors même qu’elle communiquait depuis plusieurs semaines sur le fait d’avoir
priorisé ceux essentiels en temps de confinement (alimentaire, hygiène et médical). Même si la cour d’appel a élargi la liste des produits à la
bureautique par exemple, lui permettant désormais d’écouler 50 % de son catalogue, elle prolonge, jusqu’au 13 mai inclus, sa fermeture, tout en
poursuivant ses livraisons, en mode dégradé, depuis ses plateformes européennes frontalières et en recourant aussi aux services de La Poste.

On l’a compris : sa priorité n’est pas la sécurité de son personnel comme elle le prétend en s’achetant de pleines pages de publicité dans la presse, c’est bien de tourner plus que jamais pour amasser des profits records dans la période !

Vers une reprise tendue

Les syndicats sont eux satisfaits d’avoir mis durablement à l’abri du virus 11 000 salariés (et leurs proches), qui se voient maintenir dans
l’intervalle leur salaire, primes incluses, à 100 % par l’entreprise elle-même. Ça n’aura pas empêché cette dernière, sans doute pour se victimiser davantage, de demander le chômage partiel que le gouvernement a annoncé lui avoir refusé le 4 mai dernier, dans la mesure où il ne s’appliquait pas suite à une décision de justice.

Malgré ce nouveau revers, la direction reste arrogante et a débuté pour la forme la procédure d’information-consultation des CSE, préalable
à la reprise d’activité, cochant les jours sur le calendrier, comme le gouvernement qui a, par décret, raccourci drastiquement les délais de la
dite procédure en vue du déconfinement et de la reprise du travail ce lundi.

Amazon court pourtant le risque, en voulant relancer son activité comme si de rien n’était hormis quelques mesures de sécurité supplémentaires telles l’installation de caméras thermiques, de voir l’épidémie repartir en son sein… et donc la contestation. Elle devrait
plutôt méditer la portée du jugement qui a gelé la réouverture de l’usine Renault de Sandouville et même la position de sa maison-mère
américaine, qui compte réinvestir les profits dans la sécurité de son personnel alors qu’on déplore déjà plusieurs morts dans les entrepôts
outre-Atlantique, là ou les dirigeants français continuent à être dans le déni et manifestement guidés par leur amour-propre.

L. D.

Publié par anti-K

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Catalogne : les travailleurs de Nissan en grève illimitée contre la fermeture de leurs usines

Alors que Nissan continue de cacher les modalités des plans de restructuration qu'elle prépare, les travailleurs des usines catalanes sont en grève depuis le 4 mai pour défendre leurs emplois. Le géant de l'automobile prévoirait en effet de fermer l'ensemble de ses usines dans la région, et en Europe.

#NosViesPasLeursProfits
Le secteur de l’automobile en crise à l’échelle mondiale

Ces dernières années, les constructeur automobiles ont produit un excédent de véhicules estimé à environ 20 %, en lien notamment avec une demande en baisse selon NPA auto-critique.

Nissan ne fait pas exception. Les dirigeants du siège de Nissan à Yokohama estiment que [jusqu’à 40% des capacités de production mondiale du groupe sont sous ou pas utilisées→https://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRKBN1ZS0S7] d’après Reuteurs. En ce sens, on constate une baisse de la production depuis plusieurs années dans les usines du groupe japonais de Barcelone, comme l’explique Miguel Ruiz, un travailleur de Nissan à Barcelone syndiqué à Sigen-Usoc. Avant même la crise du Covid-19, par exemple, l’usine de Zone Franche fonctionnait à moins de 25 % ! Les travailleurs craignent depuis lors la fermeture des entreprises Nissan en Catalogne.

Grève illimitée pour obtenir des réponses

Si les usines catalognes ont été fermées pendant le confinement (à partir de mi-mars), avec une reprise fixée au 4 mai, le retour au travail a été marqué par une mobilisation des syndicats. Face à l’absence de transparence sur les perspectives à moyen et long-terme de l’entreprise, ceux-ci ont déposé un préavis de grève illimité à partir du 4 mai. Alors que la direction souhaitait profiter du déconfinement pour remettre au travail les salariés afin d’honorer des centaines de commandes, des négociations ont eu lieu, au cours desquelles Nissan a refusé d’accepter la proposition des syndicats qui conditionnaient l’acceptation de produire à un engagement de l’entreprise à garantir le niveau d’emploi actuel pendant au moins 12 mois, comme le rapporte le Comité d’entreprise dans un tract.

Derrière le mot d’ordre #FuturoParaNissanYa, « Un avenir pour Nissan dès maintenant ! », la grève a donc commencé le 4 mai. Stratégiquement, les syndicats ont décidé de concentrer le mouvement sur l’usine de Montcada, en grève à 100%, dont l’arrêt de la production a entraîné progressivement l’arrêt du reste des sites qui ne sont plus approvisionnés, comme le rapporte El Diario.

Les travailleurs catalans entendent par ailleurs étendre le mouvement à d’autres usines du pays. Alors que la multinationale japonaise présentera le 28 mai prochain un plan de développement à moyen terme qui prévoirait, d’après Reuters, que Nissan se retire d’Europe et concentre son activité aux États-Unis, en Chine et au Japon, la mobilisation apparaît d’autant plus urgente. De fait, le plan du groupe impliquerait notamment la fermeture de l’usine de la Zone Franche, qui compte 3.000 travailleurs.

Une direction qui joue avec la vie de milliers de gens et l’urgence d’un programme ouvrier

Malgré la mobilisation et les sollicitations des syndicats pour avoir des réponses, la compagnie ne donne pas de position claire sur l’avenir de leurs emplois. La principale revendication des syndicats est un engagement à maintenir les emplois pendant 12 mois mais aucune garantie n’a été donnée.

« Tout ce que nous demandons, c’est de savoir ce qui va se passer pour commencer à nous chercher une vie future. C’est très dur de ne pas savoir ce qui va se passer » déclare en ce sens Hernandez, un salarié chez Nissan, interrogé par nos camarades de’Izquierda Diario. Les différentes administrations ne cachent pas que l’avenir de l’entreprise automobile est plus que compliqué. Jeudi dernier, le conseil de la Généralité de Catalogne à tout de même essayé de passer un message rassurant, voulant laisser penser que la décision n’a pas été encore prise mais l’absence de réponses de la compagnie après plusieurs jours de grève illimitée laisse entendre aux représentants syndicaux que la décision de fermer l’usine de Barcelone est déjà prise.

Une situation qui rappelle l’urgence d’un programme et de mesures anticapitalistes, pour proposer une issue ouvrière à la crise, en exigeant une transparence totale de l’entreprise et l’ouverture de ses livres de compte pour informer les salariés de la situation réelle, en interdisant les licenciements pour que les salariés ne paient pas la crise, et en nationalisant sous contrôle ouvrier les secteurs stratégiques que le patronat souhaite fermer, pour maintenir les emplois et aborder sereinement d’éventuelles réorientation de la production. Un programme qui ne peut être défendu que dans une lutte mettant en branle les franges les plus large des travailleurs.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Allemagne. Le plus grand groupe de voyage au monde supprime 8 000 postes et verse 1,7 milliards de dividendes

Le plus grand groupe voyagiste du monde Travel Union International (TUI), a annoncé vouloir supprimer 8000 emplois, qu'il justifie par la volonté de réduire ses pertes économiques générées par le ralentissement drastique du tourisme. Ce scandaleux projet de licenciement est une nouvelle preuve que les entreprises sont prêtes à tout pour conserver leurs profits, sur le dos des travailleurs.

Nos vies valent plus que leurs profits

Crédits photo : AFP

La crise du coronavirus a entraîné une très grosse perte d’activité des groupes de voyage dans le monde et a fortement impacté leurs bénéfices. Ces groupes tentent aujourd’hui de faire payer le poids la crise aux travailleurs, comme on le voit en France avec Air France qui a prévu un plan de licenciement massif [Il en va de même pour le constructeur Derichebourg Aero qui a dors et déjà annoncé la suppression de centaines d’emplois. Le groupe de voyage Allemand TUI, plus gros voyagiste du monde, a annoncé une volonté de supprimer près de 8000 postes à travers le monde. Ces 8000 postes constituent près de 11% de ses 70 000 travailleurs autour du globe, donc une énorme proportion de ses effectifs.
 
Selon le groupe, ces suppressions de postes répondent à une nécessité de réduire les coûts et les dépenses de l’entreprise.TUI annonce, en effet Par rapport à la période considérée en 2019, la perte s’élèverait à 10 % de son chiffre d’affaire et à 181% de ses résultats d’exploitation, soit environ 681 millions d’euros en moins pour l’entreprise.. Ces groupes ont choisi les salariés comme variable d’ajustement face à la crise du Covid-19.
 
Ces chiffres peuvent paraître considérables mais ils doivent être mis en comparaison avec le chiffre d’affaire global de l’entreprise, estimé à plus de 17 milliards d’euros pour l’année 2020, ainsi qu’aux 10 % de rendement des dividendes que le groupe versera à ses actionnaires en 2020 selon Boursorama, soit 1,7 milliards d’euros.

De plus, l’entreprise a bénéficié d’un prêt d’urgence garantie par l’Etat Allemand à hauteur de 1,8 milliards d’euros qui n’est pas sans rappeler, une fois de plus le cas d’Air France qui a touché 7 milliards de l’Etat français sans aucunes contreparties. Une somme non négligeable qui permet à l’entreprise de réduire ses pertes tout en élaborant un plan de licenciement massif.
 
En effet, c’est d’ailleurs plus précisément sur ces crédits, qui selon le groupe « doivent être remboursés dans un laps de temps très court », que TUI justifie sa volonté de licencier 8000 postes. C’est donc encore une fois la logique de faire payer aux travailleurs les pertes du groupe dans un contexte de crise économique et sanitaire que s’est engagé le groupe.

Et alors que les entreprises se cachent derrière le spectre de la faillite pour maintenir leurs profits faramineux par les plans de licenciement, il s’agit de rendre public les sommes astronomiques que gagnent chaque année le patronat et les actionnaires. Ainsi, face aux offensives du patronat main dans la main avec les gouvernements, il est nécessaire de revendiquer la levée du secret commercial sur l’ensemble des capitaux possédés par l’entreprise ainsi que sur ses résultats, pour faire la lumière sur les richesses accumulées aux dépens des salariés par le patronat. Il sera ainsi possible de voir où va tout cet argent et de revendiquer plus fortement encore l’interdiction des licenciements !

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Chômage partiel : une nouvelle ordonnance permet au patron de choisir qui il fera travailler ou non

L’ordonnance du 27 mars 2020, issue de la loi dite « Etat d’urgence sanitaire » modifie substantiellement plusieurs dispositifs du code du travail. A l’approche du déconfinement, les modifications relatives à l’activité partielle sont un enjeux particulier en tant qu’elles permettent au patron de choisir qui reprendra le travail … ou pas.

Etat d'urgence sanitaire

Crédit photo : Frédéric Blanc, CC BY 2.0

L’instauration d’une « activité partielle individualisée »

L’article 10 ter de l’ordonnance du 27 mars 2020 a été modifié par l’Ordonnance du 22 avril 2020. L’article 8 de cette dernière prévoit que l’employeur peut placer une partie seulement des salariés de l’entreprise, d’un service ou d’un atelier en activité partielle. Elle permet également d’appliquer une répartition différente des heures travaillées, y compris pour les salariés relevant d’une même catégorie professionnelle alors que l’activité partielle était jusqu’alors une mesure collective.

Cette individualisation de l’activité partielle ne peut être mise en place que lorsqu’elle est « nécessaire pour assurer le maintien ou la reprise d’activité ». Il s’agit par là d’assouplir le régime de l’activité partielle afin de répondre aux besoins du patronat qui cherche à rouvrir les usines qui ont pu fermer à la suite notamment de l’exercice massif de droit de retrait de la part de salariés.

Quant aux modalités de mise en œuvre, l’activité partielle individualisée doit être mise en place par accord d’entreprise ou d’établissement. Dans le cas où l’entreprise n’a pas de délégué syndical disposé à négocier ou si aucun accord n’a pu être trouvé, alors le dispositif peut être mis en place lorsque l’accord de branche l’autorise. Dans le cas ou l’accord de branche ne prévoit rien l’employeur peut mettre en place cette individualisation après avis favorable du CSE. Celui devra préciser un certain nombre d’informations telles que :

  • Les compétences identifiées comme nécessaires au maintien ou à la reprise de l’activité de l’entreprise, de l’établissement, du service ou de l’atelier
  • Les critères objectifs, liés aux postes, aux fonctions occupées ou aux qualifications et compétences professionnelles, justifiant la désignation des salariés maintenus ou placés en activité partielle ou faisant l’objet d’une répartition différente des heures travaillées et non travaillées
  • Les modalités et la périodicité, qui ne peut être inférieure à 3 mois, selon lesquelles ces critères objectifs sont rééxaminés afin de tenir compte de l’évolution du volume et des conditions d’activité de l’entreprise en vue, le cas échéant, d’une modification de l’accord
  • Les modalités selon lesquelles sont conciliées la vie professionnelle et la vie personnelle et familiale des salariés concernés
  • Les modalités d’information des salariés de l’entreprise sur l’application de l’accord pendant toute sa durée.
La réduction des délais de consultation des CSE

Toutefois, il faut compter avec une nouvelle modification, cette fois relative aux délais de consultation du CSE. Un décret du 3 mai 2020 « adapte les délais applicables dans le cadre de l’information et de la consultation du comité social et économique et du comité social et économique central, menée sur les décisions de l’employeur qui ont pour objectif de faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l’épidémie de covid-19 ».

Il réduit ainsi drastiquement les délais de consultation, à quelques jours seulement (8 jours pour une expertise par exemple), et ceux dans des domaines aussi variés que le licenciement de dix salariés ou plus, l’accord de performance collective ou encore les informations et consultations récurrentes dudit CSE. A défaut d’exclusion explicite, il semblerait que ce régime s’applique également à la consultation du CSE au sujet de l’activité partielle individualisée et tend à l’imposer dans les faits en réduisant drastiquement la capacité des instances représentatives du personnel de rendre des avis dans les délais impartis.

Sélectionner les travailleurs les plus « productifs » ?

L’activité partielle collective est d’ores et déjà un dispositif qui répond aux perspectives de fermeture temporaire d’une usine en arrangeant largement le patronat. En effet, un salarié au chômage partiel ne recevra que 84% de son salaire qui sera par ailleurs payé par l’Etat.

Alors que l’une des revendications qui a traversé la première séquence de l’épidémie a été celle d’un paiement du salaire à 100% pris en charge par le patron, c’est dans une toute autre direction que s’engage le gouvernement. A travers les ordonnances, en individualisant le recours à l’activité partielle, l’employeur dispose de l’assise légale pour faire pression sur certains pour qu’ils reprennent le travail tout en écartant ceux qui le dérangent. Plus encore, ce dispositif prétendument en vigueur jusqu’en 31 décembre 2021 pourrait entrer dans le droit commun et constituer un acquis définitif pour l’employeur. Dans plusieurs entreprises, la dynamique est déjà claire : sélectionner les « plus productifs », leur imposer une reprise ou une répartition particulière des heures travaillées quand les autres resteront chez eux. A l’approche de plans massifs de licenciements force est de constater que ce dispositif de sélection permet de préparer le terrain.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

C'est la proposition de loi des députés godillots, approuvée par Muriel Pénicaud en charge du ministère du Travail par le palais de l'Elysée. La droite Sarkozy-Fillon crie au plagiat mais entérine la chose.

Sous couvert de solidarité, il serait demandé aux salariés du privé et du public de céder congés et RTT aux personnels soignants.

Mais attention, pas question que ledit personnel obtienne des jours de repos supplémentaires. Par la grâce de Macron et des gouvernements précédents, la Santé publique est notoirement en déficit chronique sur le personnel, les moyens et le budget. Les jours de congé et de RTT seraient transformés en chèque-vacances. De ce fait, pas de repos supplémentaire, l'Etat-patron ne met rien de sa poche. Et pour les travailleurs des entreprises publiques ou privées, qui écouteraient ce chant des sirènes, plus de temps à turbiner au boulot.

La prime exceptionnelle promise par Macron n'a toujours pas été versée. Et des tripatouillages se font jour entre un département et un autre sur sa valeur.

Les jours d'Après ressemblent bien aux jours d'Avant et toujours sur la subordination du capital. Et toujours diviser pour mieux régner.

On comprend dès lors pourquoi la police de Castaner est intervenue pour que disparaisse ce type de banderoles aux fenêtres le 1er mai 2020.

Donnez vos jours de congé et de RTT aux personnels soignants et applaudissez!

Et l'ignoble est atteint avec deux lois budgétaires rectificatives: l'une accordant 300 milliards d'euros pour l'aide au crédit des entreprises, l'autre de 45 milliards d'euros en compensation du temps partiel et de l'abandon des cotisations sociales des entreprises. En revanche, aucune loi rectificative pour le budget de la Sécurité sociale afin d'engager des moyens humains et en matériel, ainsi qu'une augmentation générale des salaires dans la Santé publique.

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Tandis qu'au sein de l'Union européenne c'est la "concurrence libre et non faussée " qui exerce ses ravages, issues des profondes traditions historiques du combat ouvrier et anti-colonial, ce sont la solidarité et la coopération qui prédominent!

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SOURCE : le site de Nicolas MAURY

Christian Favier, Président du Conseil départemental du Val-de-Marne 

La province jumelée de Yen Baï (Vietnam) fait don de 50 000 masques aux Val-de-Marnais.e.s. 

Avec Didier Guillaume, Vice-Président en charge de la coopération décentralisée, nous étions ce matin accueilli à l’Ambassade du Vietnam en France en présence de M. l’Ambassadeur Nguyen Thiep. 

Aux côtés d’associations et de plusieurs responsables d’hôpitaux, nous avons réceptionné un don de 50 000 masques chirurgicaux offerts aux Val-de-Marnais.e.s par Yen Baï, province vietnamienne jumelée avec le Val-de-Marne depuis 1996. 

Une coopération décentralisée utile et solidaire 

Ce don s’additionne aux livraisons de masques déjà assurées par l’Union des associations d’amitié de Hô-Chi-Minh-Ville et l’Association d’amitié franco-vietnamienne (AAFV) à destination de l’Hôpital Henri-Mondor et de l’Insitut Gustave-Roussy (IGR). L’IGR a par ailleurs bénéficié d’un don de 25 000 masques de la Faculté de Médecine de Hanoï. 

L’ensemble de ces gestes de solidarité témoignent de l’efficacité de la coopération décentralisée ouverte en 1996 entre le Département du Val-de-Marne et la province de Yen Baï. 

En 2017, de terribles inondations touchaient la province de Yen Baï. Le Conseil départemental du Val-de-Marne avait alors versé une aide d’urgence qui avait permis de reconstruire une école. Aujourd’hui, alors que les Val-de-Marnais font face à la catastrophe sanitaire la plus importante depuis la création du Val-de-Marne, Yen Baï a répondu présent. 

Un grand merci au Comité populaire de la province de Yen Baï pour ce don qui témoigne de la vivacité et de la pertinence de notre coopération décentralisée. Il faut saluer également le rôle des Ambassades de France au Vietnam et du Vietnam en France qui a été particulièrement déterminant pour permettre l’acheminement de ce don, au regard de la complexité des procédures.

Publié par FSC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Les soignants exposés au virus ... Faute de moyens

Alors que l'hôpital de Lannion annonce 46 cas de Covid 19 dont 22 soignants, la question se pose sur le nombre de professionnels de la santé bretons contaminés. La CGT Santé déplore la difficulté à obtenir des informations et a mené son enquête. 


Selon Ludovic Benabes, coordinateur régional,  260 soignants hospitaliers ont été testés positifs : 53 dans le Morbihan, 103 dans le Finistère, 75 en Ille-et Vilaine, et 35 dans les Côtes-d'Armor. Il faut rajouter 263 soignants dans les Ehpads et établissements médico sociaux. La CGT a aussi compté 535 cas de soignants présentant tous les symptômes et qui n'ont pas été testés. 

" C'est beaucoup trop!"

Pour Ludovic Benabes, "c'est beaucoup trop ! On aurait pu éviter un grand nombre de cas s'il n'y avait pas eu ce manque d'anticipation et de gestion des moyens et notamment des masques."

Publié par FSC

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Gestion autoritaire de la crise : plus d’un million d’amendes pendant le confinement

Cristophe Castaner a révélé les chiffres de la répression pendant le confinement : 20,7 millions de contrôles et 1,1 million de verbalisations pour des attestations manquantes ou défectueuses !

Confinement répressif

Crédits photo : AFP

Ce lundi 11 mai a été marqué par la levée du confinement. C’est l’occasion de dresser un bilan de ces 55 jours de confinement, notamment sur les mesures de contrôles et le dispositif policier de grande ampleur mis en place par le gouvernement pour les faire respecter.

Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, dans une interview accordée à La Montagne, a dévoilé les chiffres des contrôles et amendes appliquées par les forces de l’ordre durant ce mois et demi. Au total, on dénombre 20,7 millions de contrôles et 1,1 million de verbalisations pour absence d’attestation ou attestation défectueuse. Le ministre a cependant tenu à préciser que la population avait fait preuve de beaucoup de « civisme », et que sur l’ensemble des contrôles fait sur l’Hexagone, on note un peu moins de 6 % d’infractions.

Mais ces chiffres soulèvent un problème bien plus profond : ils dévoilent la répression qui a accompagné la gestion de crise du gouvernement. En effet, face à la gestion catastrophique de la crise causée par de nombreuses réformes de destruction des services publics, notamment les hôpitaux, qui ont été les plus durement touchés et les plus visibles durant cette pandémie, l’exécutif a choisi de réprimer. Le manque de lits dans les hôpitaux, l’incapacité à produire des respirateurs ou à fournir des masques ainsi que le manque de tests pour un dépistage massif ont été jetés aux oubliettes afin de privilégier la violence et la répression massive.

Une répression bien plus accrue dans les quartiers populaires qui ont été les plus touchés par les amendes mais aussi par les arrestations ou les violences policières lourdes. Le montant des amendes – 135€ puis 200€, voire plus – ajouté aux licenciements et fin de contrat causés par l’épidémie se sont ainsi abattu sur les plus précaires.

Mais aussi la violence, associée à ces contraventions comme on a pu le voir sur les réseaux sociaux. Dans les quartiers populaires, les contrôles au faciès, les injures humiliantes et racistes et même les coups ont été le moyen de cadenasser la colère.

Plutôt que d’apporter des solutions concrètes pour combattre le véritable ennemi qu’est le virus, et protéger la population, le gouvernement nous montre une fois encore qu’il est bien plus facile de réprimer que d’apporter de véritables solutions à la crise sanitaire.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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Tribune des Echos. Le patronat européen fait bloc pour faire payer la crise aux travailleurs

Si la crise du coronavirus bouscule de nombreux dogmes économiques et politiques, il y en a un que le patronat n’abandonnera décidément jamais : Partager les pertes en temps de crise, confisquer les profits en temps de prospérité. En témoigne la tribune, parue dans Les Echos à l’initiative des patronats industriels italien, français et allemand.

Les industriels à l’offensive

Crédit photo : Eric Piermont // AFP

Alors que le patronat se montre toujours hostile, quand les bénéfices affluent, à toute forme de resocialisation de la richesse, le voilà n’ayant plus à la bouche que les mots de « solidarité », de « réponse commune » et de « justice » quand sonne l’heure des périodes de vaches maigres

Une solidarité d’apparence

A contre-courant des dogmes libéraux jusqu’ici en vigueur en Europe, le Medef, la fédération de l’industrie allemande (BDI) et la Confindustria italienne plaident conjointement ; dans une tribune intitulée La relance économique que nous, patrons, voulons et publiée ce mardi 12 mai dans le journal Les Echos, en faveur de l’intervention massive des institutions européennes (Banque Européenne d’investissement, Commission européenne et Mécanisme européen de stabilité) ainsi que pour des plans de relance directs à l’initiative des Etats eux-mêmes.

La tribune en appelle notamment explicitement au creusement des déficits (baisse des impôts et hausse des dépenses pour soutenir la demande), chose encore impensable il y a quelques mois. Sous le fard de la solidarité « envers les plus fragiles », c’est en fait une mise sous assistance respiratoire d’urgence, aux frais des populations, qu’exige le patronat.

La « solidarité » qu’invoque la tribune n’est rien en fait que le nom d’une campagne massive de subventions (le terme est lâché) et de prêts accommodants et garantis destinés à racheter les pertes et les créances pourries sans compensation.

Un revirement dogmatique, vraiment ?

Nombreux sont les observateurs qui voient dans cette tribune la marque d’un patronat changé en profondeur par la crise, abandonnant volontiers ses vieux dogmes libéraux, allant jusqu’à plaider en faveur de subventions (auxquelles l’esprit libéral européen est historiquement très hostile).

En réalité, ce revirement n’a rien d’une volte-face mais s’inscrit au contraire dans la continuité très nette des politiques patronales. En effet, l’austérité et le pillage direct des ressources publiques (par l’intermédiaire des privatisations) ont pour but structurel de faire peser le poids du fonctionnement normal de la société sur les seules épaules des travailleurs (des petits contribuables). En plus de permettre le dégagement, pour le capital, de surprofits (grâce à des impôts plus faibles) tout en lui préservant l’usage des richesses publiques (écoles, transports, routes etc.), ces politiques libérales préparent le terrain en cas de crise.

Si le capital privé ne participe pas, ou peu, au financement des ressources de l’Etat, alors l’intervention de ce dernier lui sera d’autant plus profitable que sa participation aura été faible. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que se multiplient les discours patronaux favorables aux interventions publiques.

Une autre version du Too big to fail

En 2008, les organisations financières en faillite menaçaient d’emporter avec elles dans leur chute le système économique tout entier (et donc la société avec lui). Jouant sur cette importance systémique critique, les capitalistes de la finance étaient parvenus à forcer la main aux Etats et aux puissances publiques afin que celles-ci épongent, à grands coups de désastres sociaux, les pertes dont ils étaient seuls responsables.

Le patronat industriel, qui voit ses marges et ses promesses de profits se réduire très considérablement du fait de la crise du coronavirus, cherche par tous les moyens à faire refinancer ses activités par les Etats et les institutions, sous peine de laisser périr et disparaître une grande partie du tissu industriel européen et les centaines de milliers d’emplois qui vont avec. Le too big to fail systémique de la finance se voit remplacer par le too big to fail social de l’industrie.

Sauver l’industrie et les emplois, pas le patronat

Mais cet artifice de maitre chanteur ne tient plus dès lors que l’on distingue le patronat de l’industrie. Sauver l’industrie ne signifie pas forcément sauver ses propriétaires. Ces derniers, précisément, usent de cette confusion pour tirer à eux la couverture des ressources publiques en se rendant prétendument aussi nécessaires que l’industrie elle-même.

Pourtant, un programme porté par les travailleurs pourrait permettre de sauver l’économie de la faillite et de la ruine grâce à la socialisation sans compensation du grand capital industriel. Les plans de « solidarité » concoctés par les cartels capitalistes ne doivent laisser subsister aucune illusion. Nous devons refuser de racheter leur faillite pour mieux sauver nos emplois et nos industries.

Pour ce faire, il est indispensable d’élaborer un programme d’alternative de classe pour faire face à la crise économique qui arrive. La première des exigences est celle du refus net de tous les licenciements, la baisse du temps de travail, l’augmentation des salaires et la fin des contrats précaires. Face aux chantages du patronat sur les risques de faillites, il s’agit d’exiger l’ouverture des livres de comptes, pas seulement des entreprises mais de l’ensemble des branches de l’industrie et de l’économie. Pour que les travailleurs ne payent pas la crise, et pour lutter contre le chômage et la misère de masse, il s’agit d’exiger, enfin, la nationalisation sous contrôle des travailleurs de l’ensemble des entreprises ou les plans de licenciements sont légion, voire de branche entière de l’économie.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
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