SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Ambroise CROIZAT enfant du mouvement ouvrier

SOURCE : L'Humanité

Ambroise CROIZAT enfant du mouvement ouvrier

Sept jours sur sept, en attendant la « retraite des morts »


En cette aurore de misère du XXe siècle, il verra de sa fenêtre d’enfant s’agiter les ombres ouvrières qui brassent, dans la poussière, les fournaises des coulées. Celle du père, Antoine, manœuvre de peine, qui y marne au ringard douze heures par jour pour 8 sous de l’heure, à peine le prix du pain. La protection sociale comme les congés ne sont encore qu’une lointaine utopie. On y pointe à reculons sept jours sur sept, en attendant la « retraite des morts ». « Brûlés devant, glacés derrière, on meurt là à 40 ans ! » écrit un témoin de l’époque. Les accidents et les colères s’enchaînent. Le 21 mars 1906, Ambroise verra son père sortir de l’usine, drapeau rouge en main, escorté de 10 compagnons. Ils viennent d’être licenciés pour avoir osé créer le premier syndicat CGT de la vallée. Aussitôt une grève de solidarité émaillée d’émeutes s’étend dans toutes les usines alentour.


Paniqué, le patron cède au bout de neuf jours et accepte toutes les revendications : le syndicat, une caisse de secours, deux jours de congés payés, une hausse de salaire, mais… Antoine Croizat est muté. L’errance de la famille commence, Ugine, Grenoble, Lyon. Nuits des cités, révoltes de la dignité. 1914. Antoine est appelé aux boucheries des tranchées. Ambroise doit nourrir la famille. À 13 ans, il est embauché comme aide ajusteur. Trois jours après, dans une manifestation contre l’Union sacrée, il adhère à la CGT. « Bats-toi, ne te laisse pas humilier ! » Au gré des luttes, forcément les mots du père reviennent. À 17 ans, il anime déjà les grandes grèves de la métallurgie lyonnaise. « L’homme était un véritable orateur et surtout un rassembleur, constamment chassé par les patrons des entreprises où il travaillait », écrit Marcel Rivoire, un compagnon de luttes. 1920, il adhère au PCF et à la CGTU et mène aux côtés de François Billoux, Maurice Thorez et Gabriel Péri les batailles anticolonialistes contre la guerre du Rif et de la Syrie.

Le chemin du « militant ambulant »


Il n’a que 27 ans lorsqu’il est nommé secrétaire général de la fédération CGTU des métaux. Commence alors le chemin de celui que l’on appellera « le militant ambulant ». « De 1928 à 1935, mon père fut constamment sur les routes, animant ici une grève, une occupation d’usine ailleurs… », se souvient Liliane, sa fille. C’est sur ce chemin qu’il trace en compagnie de Marcel Paul et Prosper Môquet la bataille de l’unité populaire contre le fascisme, qui portera le Front populaire au pouvoir.

Et il n’aura de cesse de le féconder sur le terrain comme à l’Assemblée nationale. Élu député de Paris en 1936, il sera aux accords Matignon pour forger les grands conquis sociaux du siècle :

 

40 heures, congés payés,

loi sur les conventions collectives qui portera son nom.

 

1939, sa route s’ennuage. Suite au pacte de non-agression germano-soviétique, il est arrêté par ceux qui vont bientôt serrer la main d’Hitler, engeôlé à la prison de la Santé, costume de bagnard et boulets aux pieds. Suivent le calvaire de 17 prisons en France et la déportation vers le bagne d’Alger où il vivra, comme le raconte Florimond Bonte dans le Chemin de l’honneur, « le travail forcé, les humiliations et les simulacres d’exécution ».


Libéré en février 1943, il est nommé par la CGT clandestine à l’Assemblée consultative qui entoure le général de Gaulle au sein du premier gouvernement provisoire. De ces bancs, il donnera son premier discours à Radio Alger :

« Notre peuple n’aura pas souffert pour rien, nous lui donnerons la dignité et la sécurité sociale ! »

 

C’est à cette tâche harassante qu’il va s’employer dès le 25 novembre 1945, lorsqu’il est nommé ministre du Travail. Appuyé par un peuple mobilisé et le rapport de forces de la Libération (29 % des voix au PCF, 5 millions d’adhérents à la CGT, un patronat souillé par sa collaboration), il laissera au peuple ses plus belles conquêtes :

 

retraites, Sécurité sociale,

médecine du travail, comités d’entreprise,

prime prénatale,

doublement des allocations familiales et du congé maternité,

amélioration considérable du Code du travail…

 

Les rêves et les promesses du père pour une identité sociale enviée dans le monde entier. On comprend alors pourquoi ils furent 1 million à l’accompagner au Père-Lachaise.


Un enterrement à la Victor Hugo. « Œillets, couronnes de fleurs par milliers sur des kilomètres. Mineurs du Nord ou d’Alès, métallos de Citroën et de Renault, élus barrés d’écharpes, la France entière s’était donné ici rendez-vous pour Ambroise… », écrit Jean Pierre Chabrol dans l’Humanité du 19 février 1951.

L'Humanité - Jeudi 28 Janvier 2021

 

Michel Etiévent
Auteur d’ Ambroise Croizat ou l’invention sociale

 

 

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4 FEVRIER : La Culture dans la rue

Publié par FSC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
FedEx annonce 6000 licenciements : grèves en Belgique et en Italie

On a assisté à deux journées mouvementées pour les travailleurs de FedEx - TNT en Italie tout comme en Europe. Alors que la multinationale américaine du transport des marchandises annonçait un plan qui prévoirait jusqu’à 6300 licenciements, les travailleurs des entrepôts ont commencé un mouvement massif de grèves à Liège, en Belgique et dans toute l’Italie, de Milan à Plaisance, de Bologne à Florence, de Rome à Naples.

Mouvement ouvrier

Nous traduisons ici un article publié initialement par C.M. dans La Voce Delle Lotte, le média frère de Révolution Permanente en Italie.

FedEx a annoncé 6000 licenciements. Toutefois, la décision de l’entreprise n’était pas inattendue : depuis que FedEx a acquis TNT, des réductions de personnel et restructurations de l’entreprise ont été souvent évoquées avec, il y a déjà quatre ans, une première vague de licenciements en Italie.

Dans l’usine belge de Liège, en particulier, qui emploie aujourd’hui 1700 salariés, l’entreprise a annoncé 671 licenciements. Un blocage de toutes les activités a été signalé pendant 48 heures à tel point que les avions de fret n’ont pas pu rejoindre leur destination.

En Italie la situation est encore plus compliquée ; en effet les licenciements envisagés par la multinationale concernent les travailleurs. Mais qu’en est-il des milliers de travailleurs embauchés en sous-traitance, c’est-à-dire la grande majorité des travailleurs magasiniers et conducteurs ? Aucune réponse certaine, hier au deuxième jour de grève appelée par l’organisation syndicale Si Cobas, ensuite rejoint par les adhérents au syndicat ADL Cobas, présent surtout dans la région de la Vénétie, bine qu’on ne sache toujours rien des organisations confédérales CGIL, CISL et UIL.

En ce qui concerne la grève dans les frontières nationales on peut dire qu’elle est complètement réussie, au point qu’aujourd’hui l’entreprise a diffusé un communiqué dans lequel il est déclaré que les services nationaux et internationaux de retrait de consigne sont temporairement suspendus dans les filiales desservies par les entrepôts de Bologne, Brescia, Modène et Naples. Évidemment, encore une fois, la responsabilité est rejetée sur les travailleurs en grève.

 

Des assemblées et des grèves se sont enchaînées pendant deux jours dans toute l’Italie

Sur ce dernier point en particulier il faut faire une réflexion très sérieuse. Il y a plusieurs mois, à la suite du licenciement de 60 travailleurs intérimaires dans l’entrepôt de Milan et suite au conséquent blocage national lancé par le syndicat, FedEx accusait les syndicats plus combatifs d’ éventuelles réductions du personnel en faisant peser toute la crise sur la dernière roue du carrosse : les ouvriers. Aujourd’hui, à plusieurs mois de distance, FedEx veut-il encore raconter l’histoire selon laquelle une restructuration continentale qui provoquera le licenciement de 6000 travailleurs et travailleuses serait causée par les grèves de quelques organisations syndicales dans un pays de l’Union Européenne ? Cela serait évidemment ridicule.

Non, il existe une seule réalité : depuis des années, après l’acquisition de TNT, la multinationale perd des parts de marchés vis-à-vis de la concurrence toujours plus agressive des autres géants du secteur et voudrait rejeter cette crise sur les milliers de travailleurs qui il y a quelques années à peine n’avait aucun droit (même basique) reconnu, étant souvent, du moins en Italie, des étrangers, toujours soumis à une exploitation débridée grâce au système des contrats de sous-traitance assignés a des coopératives très équivoques. Depuis ce temps-là les choses ont changées et beaucoup de droits niés jusqu’alors ont été obtenus par les travailleurs après des jours et des jours de grève, en résistant à la répression et aux menaces.

A présent cette combativité doit être utilisée pour organiser une résistance face aux plans de restructuration meurtriers de l’entreprise. Il faut revendiquer l’unité parmi tous les travailleurs sous contrat et les salariés, prêts à se battre, avec ou sans carte syndicale et faire appel à la solidarité internationale parmi tous les travailleurs en Italie, en Belgique et partout où FedEx essaiera de licencier.

Vendredi 29 Janvier se déroulera en Italie une nouvelle grève générale lancée par les syndicats de base S.I.Cobas et Slai Cobas principalement pour demander le renouvellement des contrats nationaux et pour obtenir des meilleures mesures de sécurité sanitaire face à la propagation du Covid19 ; la grève de l’éducation et du service public s’y joindra également. Tous les ouvriers TNT FedEx, les conducteurs et les magasiniers sont appelés à rejoindre cette grève. La lutte continue !

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Inde. Des centaines de milliers de paysans s’affrontent aux forces de sécurité à New Delhi

Exaspérés, les agriculteurs indiens ont envahi New Delhi, défiant la répression. Une rébellion paysanne qui pourrait échapper au contrôle des organisations rurales.

Deux mois de mobilisation

Les images sont assez impressionnantes. Des centaines de milliers de paysans envahissent les rues de la capitale indienne, certains avec leurs tracteurs (on parle de plus de 100 000 tracteurs), d’autres à cheval. Ils exigent depuis deux mois le retrait des lois agricoles libéralisant le secteur, adoptées par le gouvernement de Narendra Modi au mois de septembre en pleine pandémie. Alors qu’après de longues négociations la police avait finalement autorisé la manifestation des paysans dans les limites d’un parcours bien balisé dans les zones périphériques de la ville, ceux-ci ont rapidement décidé autrement : à l’aide de leurs tracteurs ils ont forcé les barrières et les cordons policiers et sont allés même jusqu’à envahir le symbolique Fort Rouge.

La police a répondu avec des gaz lacrymogènes, des canons à eau, des coups de matraque. Des stations de métro ont été fermées et le service d’internet coupé dans la capitale. Mais les paysans ont répondu utilisant parfois leurs propres outils de travail comme des armes improvisées ; certains ont utilisé leurs tracteurs pour foncer sur les cordons policiers. Des bus ont été aussi renversés et utilisés pour se protéger des charges de la police. Autrement dit, les forces de sécurité ont été sérieusement dépassées par les paysans exaspérés par leur situation. A la fin de la journée il y a eu plusieurs arrestations et au moins un paysan mort dans des circonstances qui n’ont pas encore été élucidées.

Il s’agit en effet de la crise sociale la plus importante pour le gouvernement nationaliste réactionnaire de Modi. Car la mobilisation paysanne bénéficie d’un large soutien auprès de la population ; les colonnes de manifestants ont été reçues dans la capitale avec des pétales de fleurs et des encouragements de la part des habitants. Et cela est tout à fait compréhensible : l’Inde est l’un des pays les plus ruraux au monde, la moitié de sa population étant encore agraire, ses habitants sont très liés à la campagne. Les paysans sont sans doute la couche sociale représentant le plus grand poids électoral.

C’est en ce sens que l’on peut comprendre que la contestation rurale qui s’est installée aux alentours de New Delhi représente un risque non seulement pour le gouvernement mais pour le régime dans son ensemble. Cela a amené ce mois-ci la Cour Suprême à suspendre l’application des lois contestées. Cependant, la mobilisation s’est poursuivie. Le gouvernement a proposé la suspension de pour 12 à 18 mois de l’application de ses réformes libérales. Mais rien n’y fait. Les paysans restent intransigeants : ils veulent le retrait et seulement le retrait des réformes.

Or, cette radicalité à la base semble être en train de faire peur aux dirigeants des organisations et syndicats paysans, notamment après les évènements de New Delhi. Ainsi, en chœur avec des politiciens de l’opposition qui déclarent soutenir la mobilisation, certains dirigeants paysans ont dénoncé les « violences » dans la capitale indienne, les imputant à des « éléments antisociaux », étrangers à la mobilisation. Cela malgré les images qui montrent clairement des milliers de paysans s’affronter à la police, sortir du parcours excentré de la manifestation imposé par les autorités et surtout envahir le Fort Rouge. Quoi qu’il en soit, ces évènements servent aujourd’hui de « prétexte » pour certaines organisations pour déclarer qu’elles prétendent repousser la manifestation vers le Parlement prévue pour le 1er février.

Des questions se posent après ce qui s’est passé à Delhi : les positions du gouvernement et celle des paysans vont-elles se radicaliser ? Le gouvernement va-t-il utiliser les affrontements dans la capitale pour légitimer une plus forte répression contre les paysans ? La population va-t-elle continuer à soutenir les paysans ? Les paysans vont-ils tenter de déplacer leurs campements des périphéries de la capitale vers le centre de New Delhi afin de faire entendre plus fort leurs revendications ? Autrement dit, le conflit est-il en train de basculer vers un affrontement plus fort entre les deux parties ?

Car ce qui est en jeu pour des millions de paysans est une question de survie. Cela peut expliquer leur radicalité et détermination. En effet, les réformes libérales de Modi risquent de mettre fin aux prix minimums garantis par l’Etat pour la production des petits paysans. Beaucoup d’entre eux voient ce dispositif étatique mis en place dans les années 1960 comme une garantie pour vendre leur production à un prix plus juste. Et les craintes paysannes sont confortées par l’exemple de l’Etat de Bihar, à l’est du pays, où des lois de ce type ont été imposées en 2006. Comme l’explique l’éditeur indien Hartosh Singh Bal dans le New York Times : « [dans l’Etat de Bihar] ces lois ont conduit au démantèlement de l’infrastructure de marchés du gouvernement, le nombre de centres de vente ayant diminué de 87%. Les marchés n’ont jamais offert la meilleure rémunération promise pour les produits. Les agriculteurs du Pendjab ont vendu leur riz l’année dernière au prix imposé par le gouvernement, soit 25 dollars pour 100 kilos, alors que les agriculteurs du Bihar ont été contraints de le vendre 16 dollars pour 100 kilos sur le marché libre ».

Mais le fait est que la situation des paysans indiens est déjà assez catastrophique avec ce dispositif en place. Il est probable qu’une partie des paysans qui se mobilisent à Delhi, venus des Etats du Pendjab et d’Haryana, soient issus des couches les moins pauvres et bénéficiant déjà du dispositif étatique. On peut déduire cela du fait qu’une partie de ces paysans manifestent avec leurs tracteurs alors que l’on estime que seulement 5,2% des familles paysannes possèdent des tracteurs. Mais on peut aussi mentionner le fait qu’en réalité seulement une fraction de la paysannerie vend ses produits aux prix minimums garantis par l’Etat. Comme le disait récemment l’économiste Anuj Agarwal : « dans tous les principaux États producteurs de riz - le Chattisgarh, l’Uttar Pradesh et le Telangana - les prix moyens étaient inférieurs de 15 % au MSP [Prix Minimum Garanti par l’Etat]. 43 % du blé, 36 % du riz, 12 % des céréales et 1 % des céréales secondaires produits sont achetés au MSP. De même, le Pendjab, le Madhya Pradesh et l’Haryana représentent 85 % du blé acheté dans le cadre du MSP. Par conséquent, le MSP reste concentré sur quelques cultures et quelques États ».

Cela veut dire que les prix dérégulés sont déjà largement répandus dans le pays et qu’une partie importante des paysans a déjà la corde au cou (parfois littéralement, l’Inde étant l’un des pays avec le plus fort taux de suicide paysan au monde). Ces réformes libérales vont en effet généraliser une situation dramatique pour les petits paysans. C’est donc, pour beaucoup, une lutte littéralement pour la survie.

La mobilisation paysanne en Inde menace le régime et met à mal les plans stratégiques des capitalistes indiens qui cherchent à « moderniser » le secteur agricole afin de l’adapter à leur objectif d’attirer des investissements de la part des multinationales impérialistes et ainsi aspirer à concurrencer la Chine en tant qu’« atelier du monde ». Pour cela, le capitalisme indien a besoin de forger une masse de main d’œuvre disponible, ce qui rentre en contradiction avec un pourcentage aussi important de population rurale. De cette façon, la libéralisation de la campagne pourrait forcer des millions de petits paysans pauvres et ruinés à vendre leurs parcelles et émigrer vers les villes, suivant le « modèle » chinois. Ce type de « modernisation » serait un désastre social pour les paysans pauvres mais aussi pour les ouvriers des villes qui seraient mis en concurrence avec les paysans émigrés dans les villes, faisant baisser les salaires et favorisant les grands capitalistes. C’est en ce sens que la perspective d’une unité d’action entre les travailleurs des villes et les petits paysans des campagnes apparaît comme un énorme danger pour le régime. La démonstration de force paysanne à New Dehli a sans doute activé les alarmes au sommet de l’Etat.

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En pleine trêve hivernale, le gouvernement appelle les préfets à faciliter les expulsions

Vendredi 22 janvier, le gouvernement a demandé aux préfets, via un communiqué, de faciliter les évacuations forcées des squats et ce le plus rapidement possible. Face à la précarité et au mal logement le gouvernement a décidé de répondre par la répression.

Précarité

Crédits : Illustration BERTRAND LANGLOIS / AFP

Vendredi 22 Janvier, le gouvernement, dans un communiqué de presse signé par Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur, Eric Dupond-Moretti, garde des sceaux, et Emanuelle Wargon, ministre déléguée auprès de la ministre de la transition écologique, chargée du logement, a annoncé vouloir réformer la procédure d’évacuation en cas de squat « pour protéger les propriétaires ». Le but des trois ministres est clair, faciliter les procédures d’expulsion : « face aux situations où des « squatteurs » privent des propriétaires de l’utilisation de leur résidence, le Gouvernement a soutenu un amendement à la loi d’accélération et de simplification de l’action publique pour mettre fin à ces actes intolérables. »

Pour mettre à bien l’accélération de ces procédures, Darmanin, Dupond-Moretti et Wargon ont envoyé "une instruction aux préfets pour détailler la mise en œuvre de cette procédure et les inviter à assurer la rapidité de son exécution". Ce qu’il y a derrière cette "instruction", c’est des demandes d’évacuation qui doivent désormais être traitées sous 48h et une évacuation par la force qui pourra survenir 24H après la mise en demeure envoyée.

Ces instructions font suite à la loi ASAP (loi d’accélération et de simplification de l’action publique) adoptée en septembre dernier, mise en place dans l’objectif de renforcer le dispositif antisquat. Le communiqué envoyé aux préfets apporte encore quelques nouveautés visant à toujours plus faciliter les expulsions. Effectivement, ces instructions s’appliquent désormais quelle que soit la résidence (principale, secondaire ou occasionnelle), mais aussi en donnant aux proches du propriétaire le droit de faire la demande d’évacuation : « la procédure peut désormais bénéficier non seulement à la personne dont le domicile est squatté mais également à toute personne agissant dans l’intérêt et pour le compte de celle-ci. Elle n’est donc plus seulement réservée au propriétaire ou au locataire. Par conséquent, l’usufruitier ou les enfants d’une personne âgée placée hors de son domicile pourront engager la procédure administrative d’évacuation forcée. »

Plus scandaleux encore, les évacuations sont encouragées y compris pendant la période hivernale sans qu’aucune autre garantie de logement pour les squatteurs ne soit accordée. Si le communiqué précise cependant « que le préfet devra s’attacher à rechercher des solutions de relogement pour les personnes évacuées en période hivernale », la droite lignée de ce communiqué est donc d’accélérer les expulsions en pleine période hivernale pour éviter que d’autres squats apparaissent et d’autant plus s’ils sont médiatisés (Théoule-sur-Mer, Petit Cambodge à Paris…).

Le communiqué ajoute encore que « le gouvernement est déterminé à mettre fin aux occupations illicites ». Encore une fois, ce que le gouvernement oublie de préciser, c’est la nature de ces occupations. En effet, celles-ci sont souvent à l’origine de personnes et de familles qui ne peuvent plus se loger suite à la perte d’un emploi ou encore d’étudiants n’ayant pas les moyens de se payer un studio. Cette loi et ce communiqué sont d’autant plus violents qu’ils interviennent dans un contexte de crise sanitaire et économique, très difficile pour les plus précaires. De manière hypocrite, le gouvernement assure dans ce même communiqué que les personnes les plus précaires ont pu bénéficier d’aides au logement pendant la crise sanitaire, notamment par le biais de la prolongation de la trêve hivernale, à condition qu’elles ne soient pas en « condition de squat ». Pourtant ce sont souvent des familles, des jeunes, des précaires qui sont obligés de trouver une solution pour ne pas dormir dans la rue.

La loi antisquat et ces nouvelles dispositions ministérielles s’inscrivent directement dans la politique antisociale du gouvernement qui s’attaque aux personnes plongées dans la précarité dans le but de privilégier les profits des opérateurs immobiliers. Au centre de ce débat se pose, en réalité, la question du droit de propriété. Dans un contexte de crise économique historique, les premiers sauvés par le gouvernement sont, une fois de plus, les profits des entreprises et des propriétaires immobiliers. Pendant ce temps, les situations de mal-logement sont en hausse en France, comme l’indique la Fondation Abbé Pierre qui recense 4 millions de mal-logés en France en 2020.

Face à cette politique criminelle du gouvernement qui répond à la précarité par la répression dans une situation où la pauvreté explose, il est urgent de réclamer l’arrêt des expulsions, la réquisition de tous les logements vides nécessaires afin que personne ne dorme dans la rue, et la construction de nouveaux logements sociaux financés par un impôt fortement progressif sur les grandes fortunes.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Couvre-feu "insuffisant" : le gouvernement découvre (enfin) l’inefficacité de sa stratégie sanitaire liberticide !

A l’issue du Conseil de défense et du Conseil des ministres qui se sont tenus ce mercredi, Gabriel Attal a expliqué lors d’une conférence de presse que le couvre-feu imposé ne suffisait pas à réduire la dynamique épidémique. Dans le même temps le gouvernement continue de temporiser concernant la possibilité d’un nouveau confinement.

Crise sanitaire

Mardi, Santé Publique France révélait les chiffres inquiétants de l’épidémie en France. Avec 27.041 patients hospitalités dont 3.081 en réanimation, le pays renoue avec des seuils qu’il n’avait pas dépassé depuis le 9 décembre dernier. En outre, on compte 352 décès supplémentaires en 24h, un chiffre élevé. Une dynamique à laquelle s’ajoute l’inquiétude générée par les variants. Comme le rapportent Les Echos : « Du 11 au 21 janvier, une campagne de criblage des tests RT-PCR a été menée sur huit sites franciliens du réseau de virologie de l’Agence nationale de la recherche en santé : elle a fait apparaître 11 % de résultats suspects, et 9,4 % de variants britanniques confirmés par séquençage. Le variant sud-africain, testé sur deux sites, atteint 1 %. Des résultats intermédiaires et localisés, mais qui semblent confirmer les hypothèses alarmantes de l’Institut Pasteur, avec des hôpitaux saturés dès le mois de mars. »

Pourtant, en dépit des déclarations alarmantes de nombreux professionnels de santé, le gouvernement continue de temporiser quant aux décisions à prendre. Ainsi, à l’issue du Conseil des ministres, Gabriel Attal a pris la parole ce mercredi et confirmé… que le gouvernement entendait encore attendre avant de fixer un nouveau dispositif sanitaire ! Seule information concrète donnée lors de la conférence : l’efficacité du couvre-feu à 18h est « relative » et « ne freine pas suffisamment ». Une nouvelle qui ne peut étonner que le gouvernement, qui avait fait de l’efficacité supposée du couvre-feu un argument pour imposer à l’échelle nationale cette mesure le 14 janvier dernier, expliquant sans véritable preuve que dans les départements où elle avait testée : « la hausse des cas est de deux à trois fois plus faible que pour les autres départements ». » En ce sens, à mot couvert, c’est sa propre stratégie que le gouvernement désavoue.

Face à l’échec de cette stratégie, qui inquiète les professionnels de santé, à commencer par le Président du Conseil Scientifique Jean-François Delfraissy dont les interventions successives cette semaines ont été perçues comme de véritables camouflets par l’exécutif, le gouvernement continue cependant de prendre son temps. En effet, l’exécutif souhaite consulter les résultats de deux études portant sur l’effet du confinement à 18h et sur la présence des variants du virus en France, qui devraient être publiés ce vendredi avant de prendre toute décision.

Après avoir revendiqué la gestion du gouvernement, évoquant l’importance des mesures d’aides et l’avancée de la vaccination, Gabriel Attal a ainsi expliqué que quatre scénarios sont à l’étude allant « du maintien du cadre actuel jusqu’à un confinement très serré. » « Le Président de la République a demandé des analyses complémentaires sur chacun de ces scénarios dans les jours qui viennent. Il a également demandé au Premier ministre qu’une concertation approfondie soit menée sur ces différents scénarios » a expliqué le porte-parole du gouvernement.

Dans un article L’Est Républicain détaille ces quatre scénarios envisagés. : « Le premier scénario serait le maintien du couvre-feu 18 heures, et un confinement le week-end du vendredi 18 heures au lundi 6 heures, ainsi qu’un appel à l’auto-confinement des personnes fragiles. L’option numéro 2 consisterait à celle d’un confinement aménagé du même type que celui qui avait été mis en place fin octobre, avec un confinement strict le week-end. Les commerces non-essentiels seraient fermés et ce serait le retour de l’attestation de déplacement obligatoire. L’option 3 est la même que la deuxième, mais avec davantage d’activités à l’arrêt, notamment certaines qui avaient des dérogations à l’automne. Restera à déterminer lesquelles. Le quatrième scénario est le plus strict avec le même confinement que celui du printemps. Sauf que les écoles resteraient ouvertes. »

Pour le gouvernement il s’agit donc de préparer la perspective d’un durcissement des mesures sanitaires. Dans le même temps, l’attente des résultats des études commandées par Macron permet de temporiser face à la pression du patronat et de la droite, en partie opposés à un confinement mais au regard notamment de mesures purement économiques. Une pression à laquelle s’ajoute celle d’une partie de la population qui, à force de mesures restrictives et de couvre-feux à répétition sans la moindre embellie sur le terrain sanitaire, s’exaspère de la stratégie gouvernementale et dont témoigne la chute du consentement à un troisième confinement.

Si cette exaspération de la population est légitime, en lien avec les d’un confinement qui allie mesures liberticides et conditions optimales pour le grand patronat, ce rejet ne doit pas se confondre avec un refus de la nécessité de faire face à l’urgence sanitaire qui pourrait impliquer de mettre un coup de frein brutal aux contaminations pour éviter le débordement des hôpitaux.

En ce sens, face à l’urgence, et à rebours de toutes mesures liberticides, il est plus qu’indispensable de pousser à la mobilisation à la base sur les lieux de travail, d’études, dans les quartiers pour donner à chacun les moyens de se confiner sous contrôle des salariés et de leurs syndicats. Une mobilisation qui doit permettre de garantir les revenus à 100 % pour toutes et tous, et à ceux qui sont en première ligne de pouvoir travailler dans des conditions sanitaires irréprochables. Plus que jamais, il s’agit d’exiger un plan d’urgence pour l’hôpital, des embauches et des moyens !

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Sommes-nous revenus aux années noires de l'occupation nazie de la France, quand le IIIe Reich hitlérien pillait les richesses et la production de notre pays? A cette époque, le gouvernement pétainiste, antisémite et d'extrême droite, collaborait avec l'Allemagne hitlérienne et, à la devanture des magasins, on affichait ça:

Plus de vaccin en France

Non, c'est la capital et ses profits qui régentent en ce moment notre pays. Et sous le coronavirus, dans le pays qui file le plus de dividendes aux actionnaires et des milliards d'euros publics au patronat, la pauvreté augmente de façon exponentielle, le Smic n'est relevé que de 0,90% et quand les queues s'allongent aux portes des associations humanitaires.

Question santé publique, contre l'épidémie, en France, l'Institut Pasteur a jeté carrément l'éponge et Sanofi promet un vaccin aux calendes grecques. En attendant, ce big-pharma international a lié un contrat pour embouteiller le vaccin de son concurrent Pfizer. Pas pour produire en quantité le vaccin de son concurrent. Oui, dans le Marché libre et non faussé, les capitalistes s'entendent toujours comme larrons en foire.

Et avec la signature l'UE du capital, le labo privé Astrazeneca s'est engagé à fournir 400 millions de doses de vaccin. Bonne mère, Bruxelles lui a alloué pour cela 300 millions d'euros publics. Sans pénalité, si cet autre big-pharma international ne tenait pas ces engagements. Et voilà que, ce 27 janvier 2021, fort de cette absence de contrainte financière, Astrazeneca affirme haut et fort qu'il ne fournira que le quart du contrat signé.

Un sondage signale un coude à coude lors de présidentielle en mai 2022 entre Macron et la fille de son père au premier tour. M...., entre le capital pur et dur et l'extrême-droite qui ne l'est pas moins!

Et combien de casaques déjà sur la ligne de départ à gauche et à gôche? Mais si nous renversions la table bien avant la peste ou le choléra. Sans dialogue social ni de syndicalisme rassemblé au niveau de la CES. C'est plus simple à écrire qu'à mettre sûrement en mouvement.

Mais si nous essayions.

Déjà plus fort le 4 février 2021! Dans la lutte des classes contre l'exploitation capitaliste! NON ?

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

En n'oubliant pas que les mesures initiales mises en place par Ambroise CROIZAT confiaient la gestion des caisses aux représentants des salariés MAJORITAIRES.

Principe auquel TOUS les pouvoirs successifs se sont attaqués !

 

 

L’ancien ministre du Travail communiste, né il y a cent vingt ans, le 28 janvier 1901, fut l’un des grands artisans de notre système de Sécurité sociale. Bien qu’il ait prouvé sa robustesse face à la crise, ce dernier est toujours la cible d’attaques.

 

 

Cette injonction, brandie comme un credo, Ambroise Croizat (1901-1951), qui aurait eu 120 ans ce jeudi, s’est attaché à la faire vivre à travers la Sécurité sociale, édifice maintes fois attaqué mais plus que jamais d’actualité. Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, le ministre du Travail (1) a contribué à jeter les bases du système de protection sociale français, dans l’esprit indiqué par le Conseil national de la Résistance (CNR). Aujourd’hui, même les responsables du gouvernement se félicitent de ce « filet de protection » qui nous a aidés à amortir le choc de la crise. Ce sont pourtant les mêmes qui travaillent à son affaiblissement.

L’assurance-maladie, indispensable mais attaquée


Hospitalisations, arrêts maladie, campagnes de dépistage, de vaccination… la crise sanitaire a mis à l’épreuve la branche maladie de la Sécurité sociale, et l’édifice pensé par Ambroise Croizat a tenu le choc. Mais, si notre système de protection sociale a permis d’éviter une explosion de la précarité, l’État, en choisissant de financer ses mesures d’urgence liées à la pandémie par l’alourdissement de la dette de la Sécurité sociale, « continue de poser les jalons de son démantèlement », déplore la CGT. Ainsi, de 1,5 milliard d’euros de déficit en 2019, la branche maladie de la Sécurité sociale a enregistré un déficit record de 33,7 milliards d’euros en 2020. Et les prévisions pour 2021 tablent sur un endettement de 19 milliards d’euros.


« C’est le rôle de la Sécurité sociale de prendre en charge la santé dans son ensemble, elle a été fondée sur cette base, pour éviter que la santé ne soit une marchandise », explique Murielle Pereyron, de la CGT organismes sociaux du Rhône. Pour la syndicaliste, « ce  trou » ne doit pas être vu comme n’importe quelle dette. « La Sécu est constitutionnelle, elle ne peut pas faire faillite », rappelle-t-elle. Pourtant, « ce gouvernement, que la pandémie n’a jamais fait varier de politique, va chercher à faire payer la note aux salariés et aux retraités par le biais des contributions au remboursement de la dette sociale ».


Les faits donnent d’ailleurs raison au syndicat. La loi de financement de la Sécurité sociale, votée fin 2020, en pleine crise sanitaire, prévoit 800 millions d’euros de réduction des dépenses. Une austérité menée au nom du déficit de l’assurance-maladie, qui justifie depuis des années, déremboursements, suppressions de postes, de lits d’hôpitaux et autres restrictions. Quant aux tests PCR, « une franchise médicale de 2 euros est facturée aux assurés pour chacun d’eux », relève Murielle Pereyron.

L’assurance-chômage mise sous tutelle


Le gouvernement persiste et signe dans son ambition de rogner les droits des privés d’emploi. S’il promet de n’appliquer certains points de sa réforme régressive de l’assurance-chômage de 2019 qu’en cas d’éclaircie économique, les mesures les plus dangereuses comme le changement du mode de calcul du salaire journalier de référence (SJR) sont toujours d’actualité. Faisant fi de l’opposition farouche des syndicats, le ministre du Travail envisage un décret d’application d’ici quelques semaines.Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron poursuit au bulldozer son entreprise de reprise en main de l’Unédic. En octobre 2018, une première étape cruciale avait été franchie avec la suppression de la cotisation salariale pour financer le régime au profit de la CSG, entérinant un changement de philosophie majeur. Au fondement même de l’assurance-chômage, la gestion paritaire (syndicat et patronat) prend alors un sérieux coup dans l’aile.
Créé en 1958 sous l’impulsion du général de Gaulle, ce système était à son origine conçu pour verser un revenu de remplacement aux salariés de l’industrie et du commerce se retrouvant sans emploi. La première convention fut signée la même année par le CNPF (ancêtre du Medef) et la CGC, FO et la CFTC. La CGT, elle, aurait alors préféré que cette caisse devienne une 5e branche de la Sécurité sociale.
Soixante-deux ans plus tard, le pouvoir macroniste s’inscrit à rebours de l’histoire. Et ce n’est pas fini. Dans une étude dévoilée le 12 janvier, les économistes du Conseil d’analyse économique préconisaient même une étatisation de sa gouvernance. Pour la CGT, en ces temps de crise majeure, il serait plutôt temps « d’ouvrir l’assurance-chômage à toutes celles et tous ceux privés du droit au travail ».

Le régime des retraites, rempart menacé


Ambroise Croizat n’a pas inventé le système de retraites, mais il fut l’un des grands artisans de son extension. En 1945, un million de Français seulement bénéficient d’une couverture, quand les autres se débrouillent avec leurs économies.


Le 22 mai 1946, après des mois de débats, le ministre arrive à ses fins : la loi posant le principe de la généralisation du régime à tous les travailleurs est votée. « Quand il quittera le gouvernement, en mai 1947, le montant des retraites aura augmenté de 130 %, écrit l’historien Michel Étiévent. Plus de 4 millions de Français en bénéficient. »


Depuis, le régime a été considérablement élargi, avant d’être attaqué par les gouvernements libéraux (réformes Balladur de 1993, Fillon de 2003, Woerth de 2010, etc.). Malgré la crise, le pouvoir macroniste n’a pas renoncé à sa réforme, qui vise notamment à instaurer un système par points, très inégalitaire.

Avec le sempiternel argument du déficit comme justificatif :

« Je suis désolé de devoir me répéter, mais nous aurons besoin d’une réforme des retraites qui rétablisse les équilibres financiers »,

a encore martelé le ministre Bruno Le Maire, ce mercredi.

Une cinquième branche polémique


Alors que la pandémie a très durement frappé les personnes âgées, le débat autour de la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale, consacrée à l’autonomie, est revenu sur le devant de la scène. Plébiscitée par le gouvernement et le patronat, l’instauration d’un 5e risque distinct révulse la CGT.

Le syndicat plaide pour une prise en charge de la dépendance par la branche maladie.

« En quoi les soins nécessaires aux personnes dépendantes diffèrent-ils des soins pris en charge par la branche maladie ? En rien »,

martèle le syndicat, qui fustige un projet taille patron. En effet, le financement de ce 5e risque serait, entre autres, assuré par l’impôt (CSG et CRDS).

« Tout sauf les cotisations sociales, tout sauf le salaire socialisé ! »

alerte la CGT, qui pourfend

« une branche pour les personnes âgées qui ne coûte rien aux employeurs ».



Pour une sécurité sociale intégrale


Reconquérir les principes fondamentaux de la Sécurité sociale, à savoir l’universalité, la solidarité, la répartition ou encore la globalisation des risques, devient urgent en cette période troublée.

Comme le souligne la CGT, une protection sociale intégrale pourrait ainsi couvrir les besoins en termes de santé, de famille, de retraite, d’autonomie, mais aussi de formation professionnelle ou encore de droits au chômage.

Alors que nombre de privés d’emploi se retrouvent sur le carreau, parfois sans allocation, le syndicat rappelle également qu’il défend depuis des années un nouveau statut du travail salarié.

Celui-ci pourrait permettre à chaque personne tout au long de sa carrière professionnelle

« de disposer d’un certain nombre de droits cumulatifs et progressifs, transférables d’une entreprise à l’autre, d’une branche à l’autre, opposables à tout employeur ».

 

Au cœur de ce nouveau statut, la Sécurité sociale professionnelle, proche de la sécurité emploi-formation théorisée par le PCF, propose de maintenir les droits les plus avantageux, notamment au chômage, lors de la transition entre deux emplois.

Autant de projets ambitieux qui devraient trouver écho dans cette situation de précarité généralisée engendrée par le Covid.

Cécile Rousseau
Marion d'Allard
Cyprien Boganda


(1) Ambroise Croizat fut ministre du Travail (puis ministre du Travail et de la Sécurité sociale) à plusieurs reprises : de novembre 1945 à janvier 1946 ; de janvier à décembre 1946 ; et de janvier à mai 1947.

Publié par FSC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Remontée contre le projet de Michelin, qui va entraîner la suppression de 2 300 postes en France, et qui n’épargnera pas l’usine de Cholet, la CGT organise une manifestation, jeudi 4 février, à 10 h 30. 

Le syndicat appelle aussi à la grève la veille, le 3 février, en plus du jour J. À Cholet, où travaillent moins de 1 300 personnes, la CGT estime qu’il y aura 180 suppressions de postes en trois ans, à partir de l’été 2021. La direction n’a pas encore évoqué de chiffres.

Publié par FSC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Chantage à l’emploi. La direction d’ADP brandit la menace d’un PSE pour baisser les salaire

La direction des Aéroports De Paris menace d'un PSE si les salariés n'acceptent pas de modifier leurs contrats de travail et voir leurs salaires baisser. Les syndicats menacent de faire grève mais pour gagner les salariés doivent rompre avec le « dialogue social » et construire le rapport de force à la base.

Casse sociale

Un de plus. Les syndicats des Aéroports de Paris (ADP) ont dénoncé jeudi dernier par voie de communiqué la menace de la direction d’organiser un PSE en cas de refus du « plan d’adaptation des contrats de travail » prévoyant des baisses de salaires conséquentes pour les salariés. Sous pression et vu l’ampleur de l’attaque, ils ont menacé à leur tout d’appeler les salariés à un mouvement de grève dur si la direction d’ADP mettait ses menaces à exécution.

En pleine pandémie et alors que les PSE se multiplient sur tout le territoire, la direction d’ADP a proposé a ses salariés une modification de leurs contrats de travail ayant pour conséquence des baisses de salaire allant jusqu’à -15% selon la CFE-CGC, premier syndicat du groupe.

La direction avance une situation « d’extrême fragilité » du fait de la pandémie pour justifier ces mesures, rapporte Le Monde et ce alors même que les anticipations d’augmentation du trafic aérien sont en constante augmentation sur le long terme.

De même que pour Derichebourg en août, ADP utilise donc un accord de performance collective (APC) pour exercer un chantage au licenciements contre des baisse de salaires. Les salariés se retrouvent donc face à une situation intenable : soit ils acceptent des baisses de salaires, soit la direction adopte un PSE, faisant donc peser sur les salariés la sauvegarde ou pas de leurs emplois.

Selon les syndicats d’ADP, le PDG souhaite avant tout « diminuer la masse salariale et revenir sur les acquis sociaux pour préparer la privatisation, en utilisant la crise sanitaire comme une opportunité ». Conscients des difficultés actuelles d’ADP liées à la crise sanitaire, la CGT se dit cependant « prête à faire des efforts » et négocier un bornage dans le temps des mesures d’économie, que la direction refuse.

Le choix du syndicat de s’orienter vers le « dialogue social » ne peut cependant que se révéler perdant pour l’emploi. Comme l’a montré la fermeture de Bridgestone et les 863 licenciements qui vont avec, moyennant quelques indemnités de départ qui n’assurent aucun avenir aux salariés en période de crise et de chômage de masse, conséquence d’une stratégie similaire de la part des directions syndicales.

Face à la détermination de la direction d’ADP, les salariés doivent opposer la leur et refuser de négocier la régression sociale. Aucune solution ne viendra par en haut comme l’ont montré les précédents. Les travailleurs doivent opposer leurs méthodes de lutte, et rompre avec la logique du prétendu « dialogue social » que souhaite leur imposer la direction. Pour sauver l’emploi et éviter les baisses de salaires, les salariés doivent construire un rapport de force à la hauteur, par la grève et la coordination avec les autres entreprises en lutte contre les suppressions d’emploi, à l’instar des raffineurs de Grandpuits en grève reconductible depuis presque quatre semaine, des TUI France, ou des salariés de SKF à Avallon.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

- Chut, Roger, c'est pas bien de dire ça. C'est contre la démocratie et le suffrage universel.

- Bon, je me tais alors... Pourtant en mai-juin 1968, la presse disait que la CGT défilait aux cris de "De Gaulle démission!"

Macron démission !

Sinon, pour la chronique d'aujourd'hui, ces captures d'écran...

Macron démission !
Macron démission !
Macron démission !

Et c'est quand même bêta, je ne me suis pas vu dans le troupeau bêlant. Et qui est le berger ?

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Les assistés de la France d’en haut

rue, etc. Mais le soutien de la collectivité ne se résume pas aux plus pauvres, loin s’en faut. Le haut de la hiérarchie sociale fait la leçon à une France qui peine à boucler ses fins de mois, alors qu’il profite largement de nombreux soutiens, tant de notre modèle social et que des entreprises.

Comment évaluer le nombre d’« assistés » par la collectivité que compte notre pays ? En adoptant une vision restrictive, on peut y inclure les titulaires des prestations sociales, qu’elles soient universelles (comme les allocations familiales) ou ciblées sur les plus modestes (les allocations logement par exemple). Les minima sociaux font vivre 6,9 millions de personnes – soit 10 % de la population – d’après le ministère des Solidarités (donnée 2018). 4,3 millions de salariés aux faibles revenus perçoivent la prime d’activité qui élève leur niveau de vie ainsi que celui de leur famille, ce qui représente une population totale de plus de 8 millions de personnes en 2019. Pas moins de 13,5 millions de foyers sont allocataires de la Caisse d’allocations familiales (Caf), ce qui représente une population de 32,5 millions de personnes [1]. Plus de trois millions de chômeurs sont indemnisés chaque mois. Il faut encore mentionner les aides sociales aux démunis, que ce soit pour l’hébergement, la santé, la garde d’enfant, versées au cas par cas par les Caf, l’assurance maladie et les collectivités locales. On ne peut pas additionner ces chiffres, car certaines personnes seraient alors comptabilisées deux fois. Mais cela fait du monde. Sans compter tous ceux qui ne travaillent plus ou travaillent moins en raison de la situation sanitaire et qui sont indemnisés par la collectivité, soit sous forme de chômage partiel, soit de maintien de traitement pour les fonctionnaires, comme ce fut le cas pendant le premier confinement.

La critique de « l’État-providence » – un système développé de protection sociale – remonte à la seconde moitié du XIXe siècle. Mais contrairement à une idée reçue, les pauvres d’aujourd’hui avec leurs 500 euros mensuels de revenu de solidarité active (RSA) sont loin d’être les seuls à bénéficier de ce système. Retraites, remboursements de soins, allocations chômage ou allocations familiales : les catégories aisées profitent aussi très largement de l’argent distribué par la collectivité. Parmi les trois millions de chômeurs et les quinze millions de retraités, on ne compte pas uniquement des catégories populaires, tant s’en faut.

Certaines aides sont même ciblées sur les plus riches. C’est le cas par exemple des très nombreuses réductions d’impôts (aussi appelées « niches fiscales »). Elles vont coûter en 2021 la bagatelle de 86 milliards d’euros à la collectivité en pertes de recettes. Le recours aux femmes de ménage et autres personnels à domicile par exemple est largement subventionné [2]. En 2021, à elle seule, cette niche fiscale va coûter 3,8 milliards d’euros de recettes à l’État ! L’équivalent de ce que coûterait un minimum social à destination des jeunes de 18 à 24 ans qui en demeurent exclus aujourd’hui. Des travaux à domicile aux investissements dans les DOM, en passant par l’immobilier locatif, les niches fiscales concernent pour l’essentiel les plus aisés. Ainsi, 44 % du crédit d’impôt pour l’emploi de personnel à domicile vont aux 10 % des contribuables les plus favorisés selon une étude parue en 2018 [3]. Quant au mécanisme de « quotient familial » de l’impôt sur le revenu, il procure un avantage qui augmente avec le niveau de vie et le nombre d’enfants (avec un plafond tout de même). Plus vous gagnez, plus un enfant réduit votre impôt. 30 milliards d’euros sont ainsi distribués et la moitié des gains est concentrée sur le quart des ménages les plus aisés [4]. L’avantage se monte à 1 567 euros annuels par enfant à partir de 5 000 euros de revenus mensuels pour un couple, l’équivalent de trois mois de RSA ! En revanche, une famille d’allocataires des minima sociaux, non imposable par définition, ne verra jamais la couleur d’un tel avantage.

En plus des niches fiscales, une grande partie des services publics financés par la collectivité bénéficient davantage aux riches qu’aux pauvres. Prenons l’exemple de l’école : compte tenu des inégalités sociales qui existent dans l’enseignement supérieur, l’État dépense bien davantage pour les enfants de cadres supérieurs, qui font beaucoup plus souvent des études longues, que pour ceux d’ouvriers. Selon nos estimations à partir des données du ministère de l’Éducation, un jeune qui quitte l’école à 16 ans aura coûté environ 100 000 euros à la collectivité, celui qui va jusqu’au bac pro, environ 130 000 euros. Mais un élève d’une grande école coûte au minimum 200 000 euros, beaucoup plus encore dans les établissements les plus élitistes. Au sommet, dans les écoles les plus prestigieuses du pays que sont l’École nationale d’administration (Ena), l’École normale supérieure et Polytechnique notamment,les élèves, quasiment tous issus des familles les plus aisées du pays, sont même payés pour étudier. On retrouve le même phénomène dans bien d’autres domaines de l’intervention publique, comme en matière de politique culturelle. Musées, théâtres, opéras ou conservatoires de musique : les loisirs culturels sont massivement subventionnés, alors qu’ils sont fréquentés en grande partie par une minorité très diplômée et aisée.

Pour aller encore plus loin, il faudrait dresser le bilan des baisses d’impôts qui ont eu lieu depuis le début des années 2000, massivement orientées vers les couches aisées. Pour ne prendre qu’un exemple : les manifestations des « gilets jaunes » de 2018 et 2019 trouvent leur source dans le décalage entre le montant des cadeaux fiscaux faits aux plus aisés en 2017 et les efforts demandés aux autres catégories sociales. Dernier cadeau en date, la suppression totale de la taxe d’habitation va faire encore gagner quelques milliers d’euros à ceux qui vivent dans de luxueux appartements, contre quelques dizaines d’euros à ceux qui occupent de petits studios. On pourrait facilement allonger cette liste. Coût pour la collectivité : 20 milliards par an, deux fois ce qu’il faudrait pour éradiquer la pauvreté en France ou un tiers du budget de l’éducation nationale.

Au-delà de la seule sphère publique, les plus aisés savent très bien comment profiter de soutiens très variés. Des voitures de fonction à usage personnel aux invitations (concerts, spectacles, représentations sportives, etc.) distribuées gracieusement en toute légalité par des entreprises ou des institutions publiques, en passant par des congés tous frais payés par un tiers… Une partie des plus favorisés arrivent à faire prendre en charge une partie de leurs dépenses privées. Autre illustration dans le secteur privé : Carlos Ghosn, ancien patron de Renault, avait bénéficié du château de Versailles pour fêter son anniversaire aux frais de l’entreprise. Autant d’argent qui n’ira pas dans la poche des salariés.

Tout en critiquant le « haut » niveau de protection sociale dont disposent les plus faibles, les hauts dirigeants négocient pour eux-mêmes des protections gigantesques financées par leur entreprise, qui les mettent à l’abri pour plusieurs générations en cas de départ involontaire. Ainsi l’ancien patron d’Airbus, Tom Enders, débarqué en avril 2019, a reçu 37 millions d’euros d’indemnités de départ, plus de 20 siècles de smic. Il touchait déjà un revenu de plus de 3 millions par an. Au-delà, les revenus que certains grands patrons s’octroient suffisent à les protéger du besoin pour plusieurs générations. François-Henri Pinault, président de Kering (luxe) a perçu en 2019 pas moins de 22 millions d’euros de bonus pour avoir « rempli ses objectifs ». L’équivalent de 1 200 ans de smic.

Lutter contre les profiteurs

Ceux qui contestent le principe même d’allocations pour les plus démunis d’un côté ou la gratuité de l’enseignement de l’autre sont en réalité peu nombreux. Les fondements de la protection sociale sont très largement partagés dans notre pays. Ce que nous jugeons inadmissible, c’est que certains profitent sans raison valable du système, quel que soit leur milieu social. Dans un système développé de protection sociale et de services publics, les abus existent inévitablement. De même que la criminalité sévit dans tous les pays, tous les systèmes publics entraînent leur lot de « profiteurs ». Selon la Cour des comptes, seules les caisses d’allocations familiales disposent de données fines : la fraude représenterait 3 % des dépenses, et encore cela comprend un lot d’erreurs et d’omissions… Le non-recours aux aides de la collectivité représente des sommes d’une toute autre dimension, bien plus grande. On oublie très souvent qu’une partie des bénéficiaires potentiels ne demandent rien et rasent les murs pour ne pas être stigmatisés. Selon les estimations, entre 14 % et 36 % des allocataires potentiels du RSA n’y auraient pas recours, pour un grand nombre de raisons qui vont du refus au manque d’information [5].

L’histoire montre que les profiteurs sont répartis dans tous les milieux de la société, riches ou pauvres. Sauf que les profits ne sont pas du même niveau. Par exemple, l’ancien premier ministre François Fillon a été condamné pour avoir bénéficié d’emplois fictifs. En plus des 375 000 euros d’amende, il doit rembourser les sommes dont il a indûment profité à la hauteur d’un million d’euros, l’équivalent de plus d’un siècle et demi de RSA ! Dit autrement, c’est autant que si 160 titulaires de RSA avaient fraudé pendant un an. Grands et petits fraudeurs ne jouent pas dans la même cour.

Pour un titulaire d’un minimum social qui assure ses fins de mois « au noir », combien de familles ne déclarent pas leurs employés de maison pour ne pas payer de charges sociales ? Pour une mère seule qui ne signale pas immédiatement un nouveau compagnon pour continuer à toucher l’allocation parent isolé, combien de milliardaires se soustraient à l’impôt par des techniques d’évasion à la limite de la légalité ? Pour un salarié qui « profite » de quelques jours d’arrêt de travail, combien d’employeurs ont utilisé la prise en charge du chômage partiel du fait de la crise sanitaire pour faire payer à la collectivité des heures de travail en réalité réalisées ?

Bizarrement, la presse, particulièrement dure pour les « assistés », reste très clémente envers ces pratiques patronales, alors que notre pays traverse une profonde crise sanitaire. Ce « deux poids, deux mesures » attise le sentiment d’injustice. Il est d’ailleurs tout à fait étonnant d’entendre les représentants des entreprises les plus fermement opposés à la dépense publique hier, aujourd’hui se plaindre de l’insuffisant soutien collectif à leur activité. Les abus des riches ne justifient pas ceux des pauvres, mais il faudrait remettre les pendules des responsabilités à l’heure. Pour les uns, il s’agit d’améliorer un ordinaire minimum et morose, pour les autres d’accumuler toujours plus.

Tous assistés ?

Sommes-nous tous des assistés ? Oui, et c’est une bonne chose. Pour partie, notre système social soutient davantage ceux qui en ont le plus besoin : c’est l’expression de la solidarité nationale, de la « fraternité » de notre devise nationale, valeur largement partagée. Contrairement à ce que l’on laisse entendre, les Français soutiennent massivement les plus pauvres. Pour partie aussi, notre système offre des services publics de qualité à tous, riches ou pauvres, par un juste souci d’universalité. Si l’on veut maintenir un système où les plus aisés contribuent davantage que les autres, on ne peut pas réserver les droits aux plus démunis : il n’aurait plus de légitimité aux yeux de l’ensemble des contributeurs. La gratuité de l’école et le financement des musées et des bibliothèques sont destinés à les rendre plus accessibles et favoriser leur démocratisation. Il faut les préserver.

Tout est question de dosage. Trop de prestations sous conditions de ressources alimentent une critique du système par ceux qui se situent au-delà de ces conditions mais qui ne disposent pas des autres protections dont bénéficient les plus riches. Pour cela, certains parlent de « courbes en U » des politiques sociales. C’est actuellement le cas, par exemple, pour les catégories qui se situent juste au-dessus du plafond de revenu qui permet de toucher les allocations logement, mais en deçà des classes aisées qui profitent des réductions d’impôts. Une partie de la classe politique pointe du doigt « l’assistanat » des plus démunis pour tenter de séduire les couches moyennes tout en fermant les yeux sur l’ensemble des avantages dont bénéficient les couches les plus aisées.

La critique des « privilèges » est à la mode. Dans la sphère publique, les niches fiscales, coûteuses et inefficaces, sont dénoncées, mais à peine réduites. Les avantages dont jouissent les enfants de diplômés à l’école sont connus, mais rien n’est proposé pour transformer réellement le système. Une bourgeoisie culturellement favorisée, de droite et de gauche, défend son élitisme social et ses grandes écoles sous couvert d’« élitisme républicain ». Au nom de la création, la politique culturelle française (des musées aux conservatoires, en passant par l’opéra) se soucie peu de démocratiser le public. Dans la sphère de l’entreprise aussi, les protections et les niveaux de rémunérations démesurés sont aujourd’hui très largement discutés, parfois par les intéressés eux-mêmes… Ainsi, par exemple, le patron de Danone avait revendiqué en mai 2020 [6] une plus forte contribution des plus fortunés, puis s’est résigné à licencier en novembre pour sauver les dividendes de ses actionnaires.

La leçon sur l’assistanat donnée par des catégories qui profitent, bien plus que les autres, des largesses de l’État-providence et de l’entreprise, et qui sont tout autant présentes parmi les fraudeurs, est à la fois moralement inacceptable et politiquement risquée. Tout en croyant rassurer la France populaire, elle engendre un décalage dévastateur entre les discours et les actes, attisant un populisme dont profite largement l’extrême droite.

Noam Leandri, président de l’Observatoire des inégalités.
Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

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Se syndiquer CGT ?

Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.

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