SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Les assistés de la France d’en haut

rue, etc. Mais le soutien de la collectivité ne se résume pas aux plus pauvres, loin s’en faut. Le haut de la hiérarchie sociale fait la leçon à une France qui peine à boucler ses fins de mois, alors qu’il profite largement de nombreux soutiens, tant de notre modèle social et que des entreprises.

Comment évaluer le nombre d’« assistés » par la collectivité que compte notre pays ? En adoptant une vision restrictive, on peut y inclure les titulaires des prestations sociales, qu’elles soient universelles (comme les allocations familiales) ou ciblées sur les plus modestes (les allocations logement par exemple). Les minima sociaux font vivre 6,9 millions de personnes – soit 10 % de la population – d’après le ministère des Solidarités (donnée 2018). 4,3 millions de salariés aux faibles revenus perçoivent la prime d’activité qui élève leur niveau de vie ainsi que celui de leur famille, ce qui représente une population totale de plus de 8 millions de personnes en 2019. Pas moins de 13,5 millions de foyers sont allocataires de la Caisse d’allocations familiales (Caf), ce qui représente une population de 32,5 millions de personnes [1]. Plus de trois millions de chômeurs sont indemnisés chaque mois. Il faut encore mentionner les aides sociales aux démunis, que ce soit pour l’hébergement, la santé, la garde d’enfant, versées au cas par cas par les Caf, l’assurance maladie et les collectivités locales. On ne peut pas additionner ces chiffres, car certaines personnes seraient alors comptabilisées deux fois. Mais cela fait du monde. Sans compter tous ceux qui ne travaillent plus ou travaillent moins en raison de la situation sanitaire et qui sont indemnisés par la collectivité, soit sous forme de chômage partiel, soit de maintien de traitement pour les fonctionnaires, comme ce fut le cas pendant le premier confinement.

La critique de « l’État-providence » – un système développé de protection sociale – remonte à la seconde moitié du XIXe siècle. Mais contrairement à une idée reçue, les pauvres d’aujourd’hui avec leurs 500 euros mensuels de revenu de solidarité active (RSA) sont loin d’être les seuls à bénéficier de ce système. Retraites, remboursements de soins, allocations chômage ou allocations familiales : les catégories aisées profitent aussi très largement de l’argent distribué par la collectivité. Parmi les trois millions de chômeurs et les quinze millions de retraités, on ne compte pas uniquement des catégories populaires, tant s’en faut.

Certaines aides sont même ciblées sur les plus riches. C’est le cas par exemple des très nombreuses réductions d’impôts (aussi appelées « niches fiscales »). Elles vont coûter en 2021 la bagatelle de 86 milliards d’euros à la collectivité en pertes de recettes. Le recours aux femmes de ménage et autres personnels à domicile par exemple est largement subventionné [2]. En 2021, à elle seule, cette niche fiscale va coûter 3,8 milliards d’euros de recettes à l’État ! L’équivalent de ce que coûterait un minimum social à destination des jeunes de 18 à 24 ans qui en demeurent exclus aujourd’hui. Des travaux à domicile aux investissements dans les DOM, en passant par l’immobilier locatif, les niches fiscales concernent pour l’essentiel les plus aisés. Ainsi, 44 % du crédit d’impôt pour l’emploi de personnel à domicile vont aux 10 % des contribuables les plus favorisés selon une étude parue en 2018 [3]. Quant au mécanisme de « quotient familial » de l’impôt sur le revenu, il procure un avantage qui augmente avec le niveau de vie et le nombre d’enfants (avec un plafond tout de même). Plus vous gagnez, plus un enfant réduit votre impôt. 30 milliards d’euros sont ainsi distribués et la moitié des gains est concentrée sur le quart des ménages les plus aisés [4]. L’avantage se monte à 1 567 euros annuels par enfant à partir de 5 000 euros de revenus mensuels pour un couple, l’équivalent de trois mois de RSA ! En revanche, une famille d’allocataires des minima sociaux, non imposable par définition, ne verra jamais la couleur d’un tel avantage.

En plus des niches fiscales, une grande partie des services publics financés par la collectivité bénéficient davantage aux riches qu’aux pauvres. Prenons l’exemple de l’école : compte tenu des inégalités sociales qui existent dans l’enseignement supérieur, l’État dépense bien davantage pour les enfants de cadres supérieurs, qui font beaucoup plus souvent des études longues, que pour ceux d’ouvriers. Selon nos estimations à partir des données du ministère de l’Éducation, un jeune qui quitte l’école à 16 ans aura coûté environ 100 000 euros à la collectivité, celui qui va jusqu’au bac pro, environ 130 000 euros. Mais un élève d’une grande école coûte au minimum 200 000 euros, beaucoup plus encore dans les établissements les plus élitistes. Au sommet, dans les écoles les plus prestigieuses du pays que sont l’École nationale d’administration (Ena), l’École normale supérieure et Polytechnique notamment,les élèves, quasiment tous issus des familles les plus aisées du pays, sont même payés pour étudier. On retrouve le même phénomène dans bien d’autres domaines de l’intervention publique, comme en matière de politique culturelle. Musées, théâtres, opéras ou conservatoires de musique : les loisirs culturels sont massivement subventionnés, alors qu’ils sont fréquentés en grande partie par une minorité très diplômée et aisée.

Pour aller encore plus loin, il faudrait dresser le bilan des baisses d’impôts qui ont eu lieu depuis le début des années 2000, massivement orientées vers les couches aisées. Pour ne prendre qu’un exemple : les manifestations des « gilets jaunes » de 2018 et 2019 trouvent leur source dans le décalage entre le montant des cadeaux fiscaux faits aux plus aisés en 2017 et les efforts demandés aux autres catégories sociales. Dernier cadeau en date, la suppression totale de la taxe d’habitation va faire encore gagner quelques milliers d’euros à ceux qui vivent dans de luxueux appartements, contre quelques dizaines d’euros à ceux qui occupent de petits studios. On pourrait facilement allonger cette liste. Coût pour la collectivité : 20 milliards par an, deux fois ce qu’il faudrait pour éradiquer la pauvreté en France ou un tiers du budget de l’éducation nationale.

Au-delà de la seule sphère publique, les plus aisés savent très bien comment profiter de soutiens très variés. Des voitures de fonction à usage personnel aux invitations (concerts, spectacles, représentations sportives, etc.) distribuées gracieusement en toute légalité par des entreprises ou des institutions publiques, en passant par des congés tous frais payés par un tiers… Une partie des plus favorisés arrivent à faire prendre en charge une partie de leurs dépenses privées. Autre illustration dans le secteur privé : Carlos Ghosn, ancien patron de Renault, avait bénéficié du château de Versailles pour fêter son anniversaire aux frais de l’entreprise. Autant d’argent qui n’ira pas dans la poche des salariés.

Tout en critiquant le « haut » niveau de protection sociale dont disposent les plus faibles, les hauts dirigeants négocient pour eux-mêmes des protections gigantesques financées par leur entreprise, qui les mettent à l’abri pour plusieurs générations en cas de départ involontaire. Ainsi l’ancien patron d’Airbus, Tom Enders, débarqué en avril 2019, a reçu 37 millions d’euros d’indemnités de départ, plus de 20 siècles de smic. Il touchait déjà un revenu de plus de 3 millions par an. Au-delà, les revenus que certains grands patrons s’octroient suffisent à les protéger du besoin pour plusieurs générations. François-Henri Pinault, président de Kering (luxe) a perçu en 2019 pas moins de 22 millions d’euros de bonus pour avoir « rempli ses objectifs ». L’équivalent de 1 200 ans de smic.

Lutter contre les profiteurs

Ceux qui contestent le principe même d’allocations pour les plus démunis d’un côté ou la gratuité de l’enseignement de l’autre sont en réalité peu nombreux. Les fondements de la protection sociale sont très largement partagés dans notre pays. Ce que nous jugeons inadmissible, c’est que certains profitent sans raison valable du système, quel que soit leur milieu social. Dans un système développé de protection sociale et de services publics, les abus existent inévitablement. De même que la criminalité sévit dans tous les pays, tous les systèmes publics entraînent leur lot de « profiteurs ». Selon la Cour des comptes, seules les caisses d’allocations familiales disposent de données fines : la fraude représenterait 3 % des dépenses, et encore cela comprend un lot d’erreurs et d’omissions… Le non-recours aux aides de la collectivité représente des sommes d’une toute autre dimension, bien plus grande. On oublie très souvent qu’une partie des bénéficiaires potentiels ne demandent rien et rasent les murs pour ne pas être stigmatisés. Selon les estimations, entre 14 % et 36 % des allocataires potentiels du RSA n’y auraient pas recours, pour un grand nombre de raisons qui vont du refus au manque d’information [5].

L’histoire montre que les profiteurs sont répartis dans tous les milieux de la société, riches ou pauvres. Sauf que les profits ne sont pas du même niveau. Par exemple, l’ancien premier ministre François Fillon a été condamné pour avoir bénéficié d’emplois fictifs. En plus des 375 000 euros d’amende, il doit rembourser les sommes dont il a indûment profité à la hauteur d’un million d’euros, l’équivalent de plus d’un siècle et demi de RSA ! Dit autrement, c’est autant que si 160 titulaires de RSA avaient fraudé pendant un an. Grands et petits fraudeurs ne jouent pas dans la même cour.

Pour un titulaire d’un minimum social qui assure ses fins de mois « au noir », combien de familles ne déclarent pas leurs employés de maison pour ne pas payer de charges sociales ? Pour une mère seule qui ne signale pas immédiatement un nouveau compagnon pour continuer à toucher l’allocation parent isolé, combien de milliardaires se soustraient à l’impôt par des techniques d’évasion à la limite de la légalité ? Pour un salarié qui « profite » de quelques jours d’arrêt de travail, combien d’employeurs ont utilisé la prise en charge du chômage partiel du fait de la crise sanitaire pour faire payer à la collectivité des heures de travail en réalité réalisées ?

Bizarrement, la presse, particulièrement dure pour les « assistés », reste très clémente envers ces pratiques patronales, alors que notre pays traverse une profonde crise sanitaire. Ce « deux poids, deux mesures » attise le sentiment d’injustice. Il est d’ailleurs tout à fait étonnant d’entendre les représentants des entreprises les plus fermement opposés à la dépense publique hier, aujourd’hui se plaindre de l’insuffisant soutien collectif à leur activité. Les abus des riches ne justifient pas ceux des pauvres, mais il faudrait remettre les pendules des responsabilités à l’heure. Pour les uns, il s’agit d’améliorer un ordinaire minimum et morose, pour les autres d’accumuler toujours plus.

Tous assistés ?

Sommes-nous tous des assistés ? Oui, et c’est une bonne chose. Pour partie, notre système social soutient davantage ceux qui en ont le plus besoin : c’est l’expression de la solidarité nationale, de la « fraternité » de notre devise nationale, valeur largement partagée. Contrairement à ce que l’on laisse entendre, les Français soutiennent massivement les plus pauvres. Pour partie aussi, notre système offre des services publics de qualité à tous, riches ou pauvres, par un juste souci d’universalité. Si l’on veut maintenir un système où les plus aisés contribuent davantage que les autres, on ne peut pas réserver les droits aux plus démunis : il n’aurait plus de légitimité aux yeux de l’ensemble des contributeurs. La gratuité de l’école et le financement des musées et des bibliothèques sont destinés à les rendre plus accessibles et favoriser leur démocratisation. Il faut les préserver.

Tout est question de dosage. Trop de prestations sous conditions de ressources alimentent une critique du système par ceux qui se situent au-delà de ces conditions mais qui ne disposent pas des autres protections dont bénéficient les plus riches. Pour cela, certains parlent de « courbes en U » des politiques sociales. C’est actuellement le cas, par exemple, pour les catégories qui se situent juste au-dessus du plafond de revenu qui permet de toucher les allocations logement, mais en deçà des classes aisées qui profitent des réductions d’impôts. Une partie de la classe politique pointe du doigt « l’assistanat » des plus démunis pour tenter de séduire les couches moyennes tout en fermant les yeux sur l’ensemble des avantages dont bénéficient les couches les plus aisées.

La critique des « privilèges » est à la mode. Dans la sphère publique, les niches fiscales, coûteuses et inefficaces, sont dénoncées, mais à peine réduites. Les avantages dont jouissent les enfants de diplômés à l’école sont connus, mais rien n’est proposé pour transformer réellement le système. Une bourgeoisie culturellement favorisée, de droite et de gauche, défend son élitisme social et ses grandes écoles sous couvert d’« élitisme républicain ». Au nom de la création, la politique culturelle française (des musées aux conservatoires, en passant par l’opéra) se soucie peu de démocratiser le public. Dans la sphère de l’entreprise aussi, les protections et les niveaux de rémunérations démesurés sont aujourd’hui très largement discutés, parfois par les intéressés eux-mêmes… Ainsi, par exemple, le patron de Danone avait revendiqué en mai 2020 [6] une plus forte contribution des plus fortunés, puis s’est résigné à licencier en novembre pour sauver les dividendes de ses actionnaires.

La leçon sur l’assistanat donnée par des catégories qui profitent, bien plus que les autres, des largesses de l’État-providence et de l’entreprise, et qui sont tout autant présentes parmi les fraudeurs, est à la fois moralement inacceptable et politiquement risquée. Tout en croyant rassurer la France populaire, elle engendre un décalage dévastateur entre les discours et les actes, attisant un populisme dont profite largement l’extrême droite.

Noam Leandri, président de l’Observatoire des inégalités.
Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Les appels à la lutte TOUS ENSEMBLE se multiplient avec une première étape le 23 janvier à l'appel des TUI.

Il faut sans doute s'attendre à ce que le pouvoir inquiet de cette montée va utiliser la pandémie et le confinement à la veille du prochain rendez-vous important, le 4 février prochain !

AERONAUTIQUE : L'argent public pour les actionnaires, le chômage pour les salariés ÇA SUFFIT !
AERONAUTIQUE : L'argent public pour les actionnaires, le chômage pour les salariés ÇA SUFFIT !

Publié par FSC

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GOUVERNEMENT-PATRONAT-FINANCE veulent metrre le monde du travail à genou !

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Peinture verte et tambours battants au pied de la tour Total, greenwashing et casse sociale ne passent pas

Les raffineurs de Grandpuits et leurs soutiens se sont rassemblés ce mardi devant le siège de Total. L’entrée de la tour a été repeinte en vert pour dénoncer la suppression de 700 emplois sous couvert d'arguments écologiques.

Action coup de poing

Les raffineurs de Grandpuits, en grève depuis 4 semaines, pour sauver près de 700 emplois étaient présents en nombre avec leurs soutiens devant le siège de Total à la défense où se tenait en même temps un comité social et économique (CSE). Les soutiens ont mené une action coup de poing en repeignant en vert l’entrée du siège afin de dénoncer le greenwashing de la multinationale qui instrumentalise la lutte écologique pour justifier des licenciements. Il s’agissait donc de mettre la pression à la direction de Total alors que l’expertise commandée par le CSE rendait ses conclusions sur le plan social en cours à GrandPuits le jour même. En face, les patrons de Total étaient barricadés dans leur tour, protégés par des CRS.

L’avis rendu par le CSE grâce à l’expertise indépendante est clair : elle contredit la direction sur tous le points, sonnant l’alerte sur les conditions de travail des salariés de la raffinerie, mettant en avant notamment les risques psychosociaux et de sécurité du plan de reconversion. Les salariés ont donc la preuve par des experts indépendants que ce plan social n’a d’autre justification que la volonté de la direction de Total de profiter de la situation pour fermer la raffinerie et faire du profit ailleurs.

Cet avis donne une nouvelle fois raison aux grévistes et à leurs soutiens quant à la casse sociale que représente en réalité le plan de suppression de postes de Total, déguisé en plan de « reconversion » vert. En effet, ces suppressions d’emplois et ces licenciements auront des conséquences sociales dramatiques qui risquent de plonger des dizaines de milliers de familles dans la précarité, et avec, leurs lots de divorces, de dépression et de suicides. Lors de l’action, les raffineurs et leurs soutiens ont également brandi une longue banderole sur laquelle on pouvait voir les portraits et visages des différents salariés.

Différents secteurs sont venus soutenir les raffineurs : des jeunes, des salariés du secteur automobile, de la Poste, de la raffinerie de Donges, mais aussi des militants et organisations écologistes comme les Amis de la Terre. Ils ont rappelé à quel point cette lutte était importante dans une période où les plans sociaux se multiplient et tandis que le gouvernement commence à craindre la possibilité d’un printemps social

La lutte des travailleurs de Grandpuits est aussi une bataille contre le greenwashing de Total qui justifie ces licenciements par la transition écologique. Cécile Marchand, des Amis de la Terre, a d’ailleurs souligné la mascarade qu’était la soit disant « conversion » de Total à l’écologie, eux qui nous enfoncent au contraire toujours plus dans la crise climatique en développant des projets pétroliers et gaziers partout dans le monde.

Malgré un blackout médiatique autour des licenciements et sur la grève exemplaire que mènent les raffineurs de Grandpuits - dans une situation potentiellement explosive où les PSE se multiplient avec la crise sanitaire - les salariés sont bien déterminés à durcir le rapport de force pour sauver leurs emplois et leurs familles. Après une campagne sur Twitter qui a mené le #SoutienauxraffineursTotalGrandpuits au top 4 des tendances hier soir, il s’agira pour les raffineurs de poursuivre une lutte qui pourrait faire tache d’huile et se coordonner avec les autres secteurs attaqués par des PSE. Comme ce fût le cas samedi dernier, où les raffineurs étaient présents à la manifestation contre les licenciements aux côtés de nombreux travailleurs.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Les salariés des Nouveaux Robinson, entreprise de supermarchés de produits biologiques, organisent ce samedi 30 janvier un rassemblement à Montreuil dans le cadre de leur troisième journée de grève contre les suppressions d’emploi et le gel des salaires. Face à une direction qui refuse que le CSE se tienne et qui menace de licencier une élue du personnel, soyons nombreux pour les soutenir.

Grève aux Nouveaux Robinson : un appel à rassemblement contre les suppressions d’emploi et le gel des salaires

Depuis deux ans, cinquante postes ont été supprimés aux Nouveaux Robinson. Face aux dégradations des conditions de travail et à un management de plus en plus autoritaire, les salariés avaient organisé une première grève en 2019 pour obtenir de meilleurs salaires, une prime de fin d’année et la mise en place d’un 13ème mois. Ce premier conflit avait débouché sur un engagement de la direction concernant une prime indépendante des bénéfices mais lors de la dernière négociation salariale, Christelle Pohardy, présidente du directoire, a annoncé ne pas tenir sa promesse concernant la prime et a refusé de revaloriser les salaires mensuels en déclarant : « Dans la situation présente, les salariés doivent se serrer la ceinture. ».

Comme partout dans le secteur des commerces et services, tous les prétextes économiques sont bons pour baisser les effectifs partout où il y a une pénibilité au travail mais pas dans les bureaux, où le service RH des Nouveaux Robinson a eu droit à une promotion en 2020, au nom de « la reconnaissance d’une montée en compétences ». Cette reconnaissance ne concerne évidement pas les travailleurs qui produisent les richesses au quotidien puisque ces derniers se voient désormais imposer le gel de leurs salaires ainsi qu’une baisse des effectifs dans les mois à venir.

En plus de la régression sociale, c’est un management de la terreur qui est dénoncé par les salariés depuis plusieurs années. Ainsi, on peut lire sur le site internet du CSE de l’entreprise qu’une salariée ayant été promue au poste de directrice de trois magasins a subi des pressions de la direction des Nouveaux Robinson qui lui a reproché de ne pas réduire suffisamment les effectifs et de ne pas sanctionner assez les salariés. Cette salariée a été licenciée en 2019 pour inaptitude après un burn out et deux congés maladie. La même année, suite à un non remplacement, un salarié ayant repoussé sa pause, entraînant une crise d’hypoglycémie et ayant baissé le rideau exceptionnellement pour appeler du renfort d’autres magasins a été sanctionné par une mise à pied. Ces exemples marquants montrent une fois de plus que la « coopération » revendiquée par ce type d’enseigne n’est qu’illusoire alors qu’une minorité de salariés sont sociétaires et que l’« assemblée générale » des employés n’a lieu que tous les deux ans.

Face à cet état de fait, les salariés des Nouveaux Robinson sont partis en grève à l’appel de la CGT les 11 et 12 décembre pour revendiquer l’arrêt des baisses d’effectif, la juste application de la prime sur laquelle s’est engagée la direction mais aussi la révocation de la direction et une 6e semaine de congés payés en compensation de la pénibilité du travail. Malgré deux journées de grèves réussies, la direction n’a pas souhaité négocier et a empêché la tenue du CSE à deux reprises de manière arbitraire et illégale. Pire encore, une procédure de licenciement a été engagée contre une élue du personnel ce mois-ci.

Les travailleurs organisent un rassemblement place de la République de Montreuil, en face du magasin historique, samedi 30 janvier à partir de 9H dans le cadre de leur troisième journée de grève contre la destruction d’emplois. Dans un secteur avec un des plus faibles taux de syndicalisation, la lutte des travailleurs des Nouveaux Robinson est à saluer et soutenir leur caisse de grève pour les aider à tenir dans la durée est important.

Alors que plusieurs milliers de manifestants étaient présents à l’appel des TUI France et de différentes organisations politiques et syndicales pour manifester contre les licenciements samedi dernier à Paris, soutenir et coordonner les secteurs en grève est primordial pour engager un bras de fer contre les suppressions d’emplois. Les mobilisations de janvier doivent servir de point d’appui pour amplifier notre détermination pour préparer un mouvement d’ampleur dans la jeunesse comme dans le monde du travail.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Bordeaux. À la blanchisserie du CHU, la direction assigne tous les agents pour les empêcher de faire grève

À Bordeaux, les agents de la blanchisserie du CHU qui sont en grève depuis le 21 janvier se sont vus assignés abusivement par la direction afin de casser le mouvement. Une atteinte grave au droit de grève pour un service mis à rude contribution depuis le début de la crise sanitaire.

 

Entrave du droit de grève

Jeudi dernier, nous étions présents sur le piquet de grève aux côtés des travailleurs de la blanchisserie afin de les soutenir dans leur combat. Ils demandent l’augmentation de l’effectif, une remise à neuf de leurs outils de travail qui sont d’une vétusté avancée. Enfin, ils demandent la titularisation de l’ensemble du personnel déjà présent.

En effet, ces travailleurs exercent leur métier dans des conditions difficiles dues à la vétusté et le manque d’hygiène nécessaire pour leur sécurité. La poussière vestimentaire se déposant au fur et à mesure dans l’ensemble de l’enceinte, mettant ainsi en péril la santé et la sécurité des buandiers.

Alors que ces derniers avaient décidé la reconduction du mouvement de grève dès le lundi suivant, leur direction a ainsi décidé d’abuser des assignations, bloquant la quasi-totalité des agents, même non-grévistes. Ceci est une atteinte grave au droit de grève pour ces travailleurs à qui l’ont demandait de laver les surblouses à usage unique déjà utilisées et augmentant alors le risque de contamination au virus. Cela n’était pas suffisant aux yeux de la direction pour mériter la rehausse de la prime « covid » et ont dû faire grève pour l’obtenir.

Travaillant en flux tendu depuis plusieurs années, une note officielle de la direction indique que l’effectif devrait se porter au nombre de 96 agents. Or l’équipe ne comprend que 68 personnes. Une reconnaissance tacite d’un manque d’effectif revendiqué par les agents mais aussi, une évidente manipulation des chiffres du service minimum annoncé et un manque évident de moyen accordé aux hôpitaux.

Il ne s’agit pas là d’un cas isolé au CHU de Bordeaux, dirigé depuis un an par Yann Bubien, ancien directeur de cabinet d’Agnès Buzyn alors ministre de la Santé, et épaulé par son DRH Mathieu Girier pavoisant tout sourire il y a quelques mois sur BFM Business alors que l’ensemble des effectifs étaient à cran afin de gérer au mieux la pandémie.

Ces manœuvres entravent au fur et à mesure le droit de grève de l’ensemble des travailleurs. La loi du service minimum appliquée par le gouvernement Sarkozy qui se targuait d’invisibiliser les mouvements sociaux. L’incapacité du gouvernement et de cette direction méprisante à gérer cette crise sanitaire démontre que la solution ne viendra de là mais qu’elle est entre les mains des travailleurs, qui eux seuls peuvent décider de la bonne stratégie à adopter pour sortir de cette situation.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Alors que la crise sanitaire a conduit à une augmentation énorme du chômage et de la pauvreté dans le monde, certains tirent profit de la situation. Selon l'ONG Oxfam, les milliardaires n'ont mis que 9 mois à récupérer leur fortune d'avant la crise. A l'inverse, les plus pauvres devront attendre une décennie pour retrouver leur niveau d'avant la pandémie.

Covid-19 : les plus riches ressortent encore plus enrichis, selon Oxfam

Crédits photo : Eric PIERMONT/AFP

La crise oui, mais pas pour tout le monde

A titre de comparaison, les chiffres de 2008 sont utiles : après la crise d’il y a 13 ans, les milliardaires ont mis cinq ans au total pour ramener leur fortune au niveau d’avant la crise. Aujourd’hui, en dépit de la crise économique mondiale provoquée par le coronavirus et ses mesures poursuivant l’endiguement, les personnes les plus riches du monde ont considérablement augmenté leurs richesses. C’est ce qu’explique l’organisation de développement Oxfam dans une évaluation qui était publiée lundi le 25 janvier. En décembre 2020, la fortune des dix hommes les plus riches du monde a augmenté de près d’un demi-milliard de dollars pour atteindre 1,12 billions de dollars depuis février 2019. Au cours de la période considérée, qui commence environ un an avant l’éclatement de la pandémie, Elon Musk, directeur de Tesla, a augmenté le solde de son compte de 131 milliards de dollars, et Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, a gagné 60 milliards de dollars.

Parallèlement, un énorme choc économique se fait sentir, des centaines de millions de personnes perdent leur emploi, souffrent de la pauvreté et de la faim. A l’autre extrémité de l’échelle des richesses, la pauvreté augmente fortement avec la crise du coronavirus. Oxfam cite des chiffres de la Banque mondiale selon lesquels, avant même la crise, près de la moitié de l’humanité disposait de moins de 5,50 dollars par jour, ce qui correspond à la définition élargie de la pauvreté de la Banque mondiale. Selon les estimations, entre 200 et 500 millions de personnes étaient poussées dans la pauvreté d’ici 2020. Il faudra probablement plus d’une décennie pour que le taux de pauvreté revienne à son niveau d’avant la crise. La crise sanitaire et économique mondiale de cette année met en lumière l’injustice sociale des systèmes capitalistes : un salaire perdu signifie une vie dans la misère.

Le fossé entre riches et pauvres

Le rapport montre aussi que le fossé entre riches et pauvres ne cesse de se creuser depuis des années. La concentration de la richesse et des revenus au sommet de l’Union ne cesse de croître. Le nombre total de milliardaires a presque doublé au cours des dix années qui ont suivi la crise financière de 2008. En 2015, la majorité de la population mondiale vivait dans des pays où l’inégalité des revenus s’était creusée au cours des 25 années précédentes. Au cours des 40 dernières années, le pourcentage le plus riche de la population mondiale a eu deux fois plus de revenus que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Les plus fortunés ont obtenu 27 centimes de chaque dollar de croissance des revenus mondiaux entre 1980 et 2016. En revanche, la moitié la plus pauvre de la population mondiale n’a bénéficié que de 12 cents par dollar.

Les inégalités extrêmes en termes de richesse et de revenus, mais aussi en matière d’éducation, de santé et de protection sociale, se font sentir. De fortes inégalités signifient qu’un plus grand nombre de personnes sont malades, qu’il y a moins de personnes ayant une bonne éducation et qu’il y a moins de personnes capables de mener une vie digne. Si les gains de richesse sont principalement destinés à la hausse, ils restent nécessairement moins pour tout le monde, et la pandémie du Corona aggrave cette tendance.

Aux États-Unis, par exemple, le nombre d’hospitalisations pour le COVID-19 chez les Noirs, les Latino-Américains et les Amérindiens était cinq fois plus élevé que chez les Blancs. Les taux de mortalité dans COVID-19 chez les Noirs étaient deux fois plus élevés que chez les Blancs.

En Europe, les communautés rroms manquent d’abris sûrs, ce qui rend impossible toute quarantaine et accroît le risque d’infection. 30% des Roms n’ont pas accès à l’eau courante et 80% vivent dans des quartiers et des logements surpeuplés. Les groupes racisés, et en particulier les femmes (les femmes représentent 70% du personnel de santé dans le monde et sont donc exposées à un risque élevé d’infection !), ont tendance à être surreprésentés dans les emplois mal rémunérés et plus dangereux et sont donc encore plus pénalisés par la situation actuelle.

Les milliardaires français ont bénéficié d’une reprise exceptionnelle : ils ont vu leur fortune se redresser à 175 milliards d’euros. Il s’agit de la troisième augmentation la plus importante après les États-Unis et la Chine. 175 milliards d’euros, c’est aussi le double du budget de l’hôpital public français. Le rapport d’Oxfam montre qu’en dépit de la crise, la fortune de Bernard Arnault a même augmenté de 44 milliards d’euros entre mars et décembre 2020, soit un bond de 41%. Dans le même temps, selon des organisations caritatives, un million de personnes en France sont tombés dans la pauvreté d’ici 2020. Mais les femmes, et en particulier les mères célibataires, les jeunes et les travailleurs précaires, qui sont les plus touchés par la crise, sont les plus oubliés du plan de relance français.

En période de pandémie, cette inégalité déjà existante est brutalement révélée et poussée à son sommet, car les travailleurs à faible revenu, précaires ou licenciés en période de crise ne reçoivent pas l’aide dont ils ont besoin, contrairement à ceux qui ont des revenus plus élevés.

Face à de telles inégalités, nous devons nous battre dans la rue !

La crise sanitaire a révélé des mécanismes déjà présents dans notre société, et a vu naître des mouvements de protestation contre ces inégalités. La révolte de masse aux États-Unis contre la violence policière et le racisme après l’assassinat de George Floyd a surpris la classe dirigeante et a radicalement changé la situation en remettant en question un des piliers de l’Etat qu’est la police. C‘était des jours de mobilisation massive à l’échelle nationale qui ont eu des effets contagieux dans différentes parties du monde, à Londres, Paris et Berlin, au Brésil et en Colombie. Ces mobilisations laissent présager de potentielles futures explosions de la lutte des classes.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Wanted: la recherche et l'innovation en France

Après Sanofi, made in France, avec son vaccin anti-covid peut-être à Noël 2021, l'Institut Pasteur, made in France également, jette carrément l'éponge: Plus de recherche sur un éventuel vaccin contre le coronavirus.

 

Bon, on a toujours une ministre chargée de la Recherche et de l'Innovation: madame Frédérique Vidal. Elle est aussi adoubée pour être en charge des Universités. C'est dire ses compétences en la matière...

Attention, ne pas toujours tirer sur l'ambulance! Au-dessus d'elle: Emmanuel Macron, ex-gérant d'un méga banque d'affaires, avant de faire carrière dans la politique de gôche sous Hollande président, puis de le remplacer à l'Elysée avec sa propre politique à l'égard des riches et du capital. Et dont personne ne demande la démission... Peut-être par timidité?

Du coup, Sanofi, notre géant pharmaceutique national, qui bosse avec de l'argent public, c'est ça !

Wanted: la recherche et l'innovation en France

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Raffinerie de Grandpuits : Total menace de virer les sous-traitants pour tenter d’arrêter la grève

Alors que les raffineurs de Grandpuits sont en grève depuis près de trois semaines contre la suppression de 700 emplois, Total menace de renvoyer les sous-traitants et tente de diviser les salariés. La multinationale montre ainsi son vrai visage. Mais c'est sans compter la solidarité des travailleurs.

 

Grève pour l'emploi

Les salariés de l’entreprise de sous-traitance Siemo autour du brasero avec les raffineurs de Total en grève avant l’assemblée générale de ce vendredi 22 janvier
Donnez à la caisse des raffineurs de Grandpuits en grève reconductible depuis le 4 janvier contre 700 suppressions d’emplois

Vendredi, une centaine de personnes étaient réunies devant la raffinerie Total à Grandpuits en Seine-et-Marne, à l’occasion d’une Assemblée Générale pour reconduire le mouvement de grève en cours depuis le 4 janvier contre la suppression de 700 emplois sur la plateforme de Grandpuits-Gargenville dans le cadre d’un PSE. Parmi elles, des raffineurs salariés de Total, mais aussi des sous-traitants de la multinationale embauchés par l’entreprise Siemo chargée de l’installation des échafaudages pour les travaux sur le site.

Total menace de renvoyer les sous-traitants pendant la grève : un avant goût du PSE

L’image est rare, car la politique managériale du géant pétrolier laisse peu de place aux syndicats et à l’action revendicative pour les salariés de la sous-traitance. « Dès que la direction s’est rendue compte que je participais à des réunions avec la CGT, la réponse a été directe », témoigne une ancienne salariée d’une entreprise extérieure sous couvert d’anonymat. Elle raconte qu’après le mouvement contre la réforme des retraites, son employeur l’a mutée sur un autre site sans autre forme d’explication, sur consigne du donneur d’ordre Total.

Mais si la direction de Total prévoit la suppression de 500 postes chez les entreprises extérieures en plus des 200 suppressions de postes chez les salariés Total, ce n’est pas pour voter la reconduction de la grève en cours contre ce PSE que les sous-traitants de Simeo se sont rendus à l’assemblée générale. La veille, la direction du site leur annonçait que si la grève devait continuer, ils devraient plier valise dès lundi. Une annonce qui dévoile les méthodes managériales de Total avant même le PSE, la multinationale n’hésitant pas à renvoyer chez eux les sous-traitants du jour au lendemain. C’est pour faire part de cette nouvelle aux grévistes qu’une trentaine de salariés de l’entreprise sous-traitante se sont rendus à l’assemblée générale.

En effet, mercredi dernier, après 16 jours de grève, les raffineurs décidaient de durcir le mouvement en bloquant les travaux de démantèlement du site prévu dans le cadre du projet de reconversion de la raffinerie en usine de biocarburants et de bioplastiques. Avec ce projet baptisé « Galaxy », le nombre de salariés employés par Total sur la plateforme passerait de 450 (CDI, CDD et intérimaires inclus) à 250, et menacerait 500 salariés sous-traitants dans le cadre d’un PSE que la direction veut ratifier le 9 février prochain. « La direction veut préparer les travaux pour le démantèlement de l’usine, et c’est Siemo qui met en place les échafaudages. Donc mercredi, les grévistes ont décidé de ne plus autoriser Siemo à monter les échafaudages dans l’usine » résume Paul Feltman, syndicaliste à la CGT Grandpuits.

Face aux menaces de la direction contre les sous-traitants, les raffineurs répondent par la solidarité entre les travailleurs

 

« Pour mon patron il n’y a pas de conséquence », explique Manu, chef d’équipe chez Siemo, aux grévistes réunis en assemblée générale. « Les échafaudages on pourra les monter dans deux mois, par contre je ne peux pas dire aux gars d’arrêter de manger pendant deux mois. Nous on est 84, comment on va trouver du boulot pendant ce temps » interroge-t-il, avant de conclure « on a pas un CDI avec Total, mais pour certains ça fait 25 ans qu’on est là. Je comprends le mouvement quand vous dites que vous voulez défendre les salariés et les sous-traitants. Mais je demande juste de trouver une solution ».

Une voix fuse alors dans l’assemblée : « c’est de la faute de la direction si on bloque les travaux ! Il y a une solution, il suffit que la direction réponde aux revendications sur l’emploi. Elle a les moyens de payer les sous-traitants ». Un autre propose que les sous-traitants puissent reprendre le travail en commençant par démonter les échafaudages désuets, plutôt qu’installer ceux pour les travaux de démantèlement. « Il n’y en a pas assez », rétorque Manu. Les débats continuent jusqu’à ce qu’un gréviste finisse par proposer : « on laisse rentrer Siemo, car il faut bien que les mecs remplissent leur frigo et on comprend leur détresse. Mais en échange on ne laisse plus aucune goutte sortir de la raffinerie ». C’est la solution qui sera retenue par l’assemblée générale. C’est le soulagement pour les sous-traitants, qui remercient unanimement les grévistes.

« Les tauliers c’est nous, quand on décide de couper les expéditions [c’est-à-dire les sorties de carburants, ndlr] ou d’arrêter les travaux, c’est nous qui avons le contrôle. C’est le pouvoir des travailleurs car c’est nous qui faisons tourner la raffinerie. On en prend conscience à chaque fois qu’on fait grève ! » Adrien Cornet, délégué CGT Grandpuits est fier de l’organisation de la grève par les travailleurs. « Les modalités de grève c’est pour l’ensemble du site, s’il arrive malheur à un sous-traitant pendant qu’on fait grève, c’est de la responsabilité de la direction », explique-t-il. Depuis le début de la grève des délégués de ligne sont désignés par les grévistes sur chaque secteur de la raffinerie, et sont chargés de faire remonter les travaux prioritaires « car on est sur un site Seveso, pour protéger la population des alentours et éviter qu’un accident se produise, on est obligés de s’organiser à la base pour définir nous-même les modalités de grève ». Une forme de « contrôle ouvrier » que les travailleurs expérimentent à l’occasion de cette grève.

Selon la CGT Grandpuits, ce sont pas moins de 700 salariés sous-traitants qui travaillent sur le site et qui sont menacés par le plan de suppression d’emplois. Pour Adrien Cornet, en menaçant de renvoyer les sous-traitants de Siemo sous prétexte que les grévistes bloquent les travaux, l’objectif de la direction est clair : « c’est opposer les sous-traitants aux travailleurs de Total, donc nous on a dit aux sous-traitants que ce qu’on voudrait c’est internaliser les services qui montent les échafaudages, qu’il n’y ait plus d’intérimaires et de sous-traitants, qu’ils soient embauchés en CDI avec le même bleu que nous car c’est tous ensemble qu’on fait tourner l’outil de travail ».

Contre les suppressions d’emplois, coordonner les salariés en lutte et durcir le mouvement

A l’issue de l’assemblée générale, les revendications des grévistes sont donc remontées à la direction par les délégués de ligne. En échange d’autoriser les salariés de Siemo à installer les échafaudages sur le site, les raffineurs ne laisseront plus une goutte de carburant sortir de l’usine. Mais le directeur de la raffinerie, Jean-Marc Durand, fait la sourde oreille. « C’est le premier directeur qui refuse les modalités de grève », nous raconte Flo, raffineur à Grandpuits depuis 2007. « Lui il est radical, donc notre réponse doit l’être aussi. On lutte pour l’emploi ! » Une quarantaine de grévistes montent alors dans le bâtiment administratif pour faire part de leur mécontentement. Malgré tout, la direction refuse d’infléchir sa position. « Je me casse, j’en ai marre d’entendre leurs conneries », s’exclame Sébastien, père de famille et gréviste, avant de tourner les talons.

En bas du bâtiment, les grévistes se concertent avant de décider qu’il n’y aura pas de relève. C’est-à-dire que ceux qui sont à l’intérieur ne seront pas remplacés et devront continuer à travailler jusqu’à ce que la direction accepte de mettre en place les modalités de grève. Samedi soir, l’un d’eux en était à 40 heures consécutives de travail, la direction n’ayant toujours pas accepté la coupure des expéditions de carburant. L’autre option pour la direction serait de faire réquisitionner les grévistes en obtenant un arrêté de la part du préfet de police de Melun (77). Une procédure déjà utilisée en 2010 lors de la grève contre la réforme des retraites, à l’époque portée par le gouvernement Sarkozy-Fillon. L’arrêt de la production de carburant menaçait de pénurie l’ensemble de l’Île-de-France et la plupart des stations essences étaient alors à sec.

Mais selon Savine Bernard, avocate en droit du travail dans un cabinet qui « ne défend que les salariés et jamais les patrons », et qui s’est rendue sur le piquet de grève pour répondre aux questions des grévistes, la menace de réquisition relève davantage « d’une pression de Total sur le préfet ». Car le motif de « l’atteinte prévisible au bon ordre, à la sécurité et à la salubrité publique » invoqué en 2010 aurait moins de poids aujourd’hui étant donné que selon la direction elle-même, l’Île-de-France a désormais d’autres voies d’approvisionnement en carburant.

Pour autant, comme le rappelait Christian Porta, délégué CGT à Neuhauser en Moselle, venu apporter son soutien lors d’une assemblée générale plus tôt dans la semaine après s’être lui même battu contre plusieurs PSE dans son entreprise, « on ne peut pas compter sur l’État, s’il était de notre coté il aurait déjà interdit les licenciement ». A ce titre les grévistes ne peuvent en aucun cas faire confiance à la préfecture ou même à l’inspection du travail face à la possibilité d’un arrêté de réquisition, « la seule manière de gagner c’est de construire le rapport de force par la lutte ». Alors que Total déploie toute une stratégie de communication pour donner l’illusion d’un « bon PSE », le directeur du site promettant à qui veut l’entendre que « chaque salarié sera reclassé », c’est bien en « faisant sortir la grève de Grandpuits » par la coordination avec les autres boîtes en lutte contre les licenciements et par la médiatisation du conflit qu’il sera possible de faire plier la multinationale.

C’est la raison pour laquelle les raffineurs ont participé à « l’appel des TUI contre les licenciements » en manifestant ce samedi à Paris aux côtés d’autres salariés menacé par un véritable carnage de l’emploi. TUI, SKF, Sanofi, Cargill étaient également de la partie pour dénoncer les plans de suppressions d’emplois et les licenciements dans leurs entreprises respectives. Un point d’appui pour refuser de négocier la casse sociale et interdire les licenciements et les suppressions d’emplois en construisant le rapport de force par la grève et la coordination de l’ensemble des salariés en lutte. Contre les directions syndicales, dont la direction confédérale de la CGT qui a refusé de se joindre à l’appel et ne propose qu’une date de manifestation éphémère le 4 février prochain, il s’agit d’exiger un véritable plan de bataille. « Ne tombez pas dans la farce du dialogue social, prenez la rue, mettez-vous en grève, occupez vos usines. Ils ne comprennent que le rapport de forces ! »

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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