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Après une semaine, les

 

raffineurs reconduisent la grève

 

et continuent de structurer leur

 

mouvement par en bas !

 

Ce lundi, les raffineurs fêtaient leur septième jour de grève à Grandpuits et entamaient une deuxième semaine de lutte. La grève s’ancre, s’organise et les soutiens se multiplient contre le géant Total.

 

 

Septième jour de grève à Grandpuits

Depuis le lundi 4 janvier, les raffineurs de l’usine Total de Grandpuits sont en grève contre la suppression de 700 postes dans l’entreprise au nom d’une prétendue « reconversion écologique ». Un « plan de sauvegarde » de l’emploi qui déguise des suppressions de postes, détruira des centaines de familles et qui aura des conséquences sociales directes sur l’ensemble du département de la Seine-et-Marne. La semaine dernière, les raffineurs avaient voté la grève reconductible et installé leur piquet pour une grève qui s’annonce dure. Jeudi, le mouvement avait été largement reconduit.

Hier, le rendez-vous était donc donné à 14h pour une nouvelle assemblée générale lors de laquelle la grève a été reconduite à l’unanimité. Face à une direction qui refuse de reculer sur les suppressions d’emplois, les raffineurs sont bien déterminés à se battre et loin de se laisser intimider par les milliards de leur employeur. « Ils planifient sûrement tous leurs coups 25 ans à l’avance là-haut, comme un jeu d’échecs dans lequel on serait leurs pions. Mais ils n’avaient pas prévu qu’on n’obéirait pas aux ordres de dégazage, et ils vont être surpris de voir jusqu’où on est prêts à aller. Ils ont l’argent, on a le nombre, et avec ce nombre, on va les faire plier » lançait ce matin un gréviste qui travaille à Grandpuits depuis 3 ans.

 

Après une semaine, la grève continue de se structurer par en bas à Grandpuits

 

Au cours de la semaine dernière, les grévistes avaient commencé à mettre en place leur auto-organisation. En dehors de l’assemblée générale, souveraine pour décider de la reconduction de la grève, des délégués de ligne ont été mis en place pour permettre à l’ensemble des travailleurs de se saisir de leur grève. Et c’est avec cet objectif clair que les grévistes ont entamé hier leur deuxième semaine de grève. Dès le début de l’assemblée, Adrien Cornet, délégué CGT, a insisté pour que les grévistes s’emparent pleinement de leur grève… quitte à « déborder les organisations syndicales ».

Les délégués de ligne ont également pris la parole, notamment pour présenter la première proposition d’action qui avait pu être remontée à travers ce fonctionnement. La proposition d’une « opération escargot » a ainsi été discutée par les grévistes puis soumise au vote. L’assemblée s’est mise d’accord et l’action sera menée mercredi depuis le site de Grandpuits jusqu’à Melun dans le but d’alerter la population locale des dégâts que causeront les suppressions d’emploi de Total sur la région. En outre, un autre délégué de ligne est intervenu lors de l’assemblée pour présenter un cadre d’organisation des « femmes de grévistes ». Celles-ci se sont mises en contact sur Facebook pour participer à l’organisation de la grève des raffineurs, soumettre des propositions et des initiatives en propre afin d’appuyer les grévistes et ainsi prendre part elles aussi à la bataille qui va décider du sort de leurs familles.

 

Les soutiens se multiplient sur le piquet du « bastion » de Grandpuits

 

Mais les femmes des grévistes n’ont été pas leurs seuls soutiens à s’organiser. Dans leur lutte contre le géant pétrolier les raffineurs de Grandpuits ont capté l’attention de nombreux travailleurs et militants du pays. En effet, dans un contexte de crise économique mondiale, où les plans de licenciements s’accumulent menacent de nombreux emplois partout en France, les ouvriers de Total montrent qu’il est possible de se battre sur l’emploi et de ne pas s’en tenir à des négociations stériles. Comme l’a rappelé Adrien Cornet pendant l’assemblée générale, l’impact de cette grève dépasse donc le cadre du conflit sur le site de Grandpuits : « Vous êtes le bastion, vous avez relevé la tête, vous avez pris conscience de votre force collective et l’État a les yeux rivés sur vous, il a peur de ce qu’il se passe à Grandpuits ».

La CGT TUI France était notamment présente pour montrer son soutien et appeler à rejoindre la marche dont elle est à l’initiative contre les licenciements. Au micro, Djaffar est ainsi intervenu : « on voulait vous apporter notre soutien, Grandpuits c’est le symbole de la lutte et c’est important qu’on puisse se battre tous ensemble. A TUI ils licencient 600 personnes, mais en se battant chacun dans son coin on n’arrivera à rien du tout ! ». Portée au vote, la décision de rejoindre la manifestation a été largement soutenue par les grévistes.

De même, de nombreux soutiens interprofessionnels étaient sur le piquet ce lundi. Des délégations de travailleurs des sections SUD de La Poste du 77, de la CGT et Sud Renault Lardy, de la CGT TUI France, de Sud poste 92 et des cheminots de Sud Rail étaient notamment présentes. Tous sont venus témoigner leur soutien au combat que mènent les raffineurs et apporter un chèque pour leur caisse de grève, dont le montant a donc pu atteindre le palier des 10 000€ dans la journée. C’était pour eux l’occasion de démontrer aux grévistes de Total la légitimité de leur lutte et le symbole fort qu’ils envoient à l’ensemble de la classe ouvrière face à l’offensive patronale.

En outre, en soutien à leurs collègues de Grandpuits, les raffineurs de l’usine Total de Feyzin près de Lyon avaient voté hier la grève pendant une journée. « A Feyzin suite à une AG, 90% du personnel posté vient de se mettre en grève en soutien à Grandpuits » a expliqué Florian Bourget, délégué syndical FO avant de rappeler que ce combat concerne aussi bien l’ensemble des employés des raffineries de Total en France que leur famille, car ce PSE va porter un coup sans précédent au département Seine-et-Marnais mais risque de ne pas être le dernier d’une longue liste pour le groupe qui veut se convertir à l’électrique.

Finalement, comme décidé lors de l’AG précédente, plusieurs étudiants en écoles d’Arts du Louvre et de l’ENSCI étaient présents de Paris sur le piquet des raffineurs avec du matériel pour confectionner drapeaux et banderoles aux côtés des grévistes et préparer avec eux les moyens de rendre visible l’action « opération escargot » du mercredi. Au cours de la journée, un atelier banderole et customisation des gilets des raffineurs a ainsi pu se mettre en place.

 

Après la reconduction, la grève continue de s’étendre et de se renforcer !

 

La reconduction de la grève ayant été votée par la totalité des grévistes, une opération escargot aura lieu en direction de la préfecture de Seine-et-Marne mercredi à Melun, où ils comptent bien faire entendre leurs revendications et alerter sur les conséquences sociales qui s’abattront sur tout le département suite à la suppression d’emplois à Grandpuits. La prochaine assemblée générale se tiendra quant à elle jeudi prochain.

D’ores et déjà, Grandpuits est entrain de devenir le symbole d’une lutte dure pour l’emploi qui refuse la logique de négociations qui a enterré trop de mobilisations ces derniers mois, dans les nombreuses entreprises frappées par des PSE. A l’heure où le patronat se permet d’annoncer de nouvelles suppressions d’emplois, comme chez Michelin, les raffineurs de Grandpuits peuvent être à la tête d’une riposte collective des secteurs attaqués, alors que les directions syndicales continuent de ne proposer aucun plan de bataille à la hauteur de ce côté. Seule une telle démarche peut permettre de faire face à la crise économique qui se prépare.

En outre, la volonté d’auto-organiser leur mouvement et de l’ancrer en s’ouvrant vers l’extérieur constitue une démarche fondamentale pour durer face à un géant comme Total. Pour que la grève puisse perdurer et que les grévistes construisent le rapport de force nécessaire pour gagner face au géant pétrolier Total, ils ont toujours besoin de notre soutien pour alimenter leur caisse de grève.

 

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Galeries Lafayette : 189 emplois

 

menacés par un plan de départ

 

Les Galeries Lafayette annoncent un plan de licenciements de près de 190 emplois. En cette période de crise sanitaire et économique, le patron poursuit sa dynamique de précarisation de la population. Nous devons revendiquer zéro licenciements car les travailleurs n'ont pas à payer la crise.

 

Crise économique

Crédits photo : AFP

Le groupe Galeries Lafayette a présenté en Comité social et économique (CSE) un projet de plan de départs volontaires (PDV) et au surplus un projet de cessation de l’activité de la société GL Voyages qui concerne près de 190 emplois.
C’est un accord qui a été signé le 4 janvier par les trois premiers syndicats du groupe, la CFE-CGC, la CFDT et la CGT (majoritaires) : la direction des Galeries Lafayette avait expliqué au CSE du groupe, réuni du 8 au 10 décembre derniers, un « projet de plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) associé incluant un plan de départs volontaires (PDV) » » ainsi qu’un « projet de cessation de l’activité de la société GL Voyages ».

Selon les syndicats, les départs seront répartis entre le siège des Galeries Lafayette et les filiales GL Voyages et GGL Services, société de services financiers du groupe. Pour David Pereira, élu SUD au CSE, les salariés paient « des choix stratégiques qu’on ne comprend pas » et un autre élu syndical dit : « il ne faut pas confondre ce que les Galeries n’ont pas gagné et des pertes. C’est une entreprise qui a les reins solides. »

Alors que 25% des employés du grand magasin sont actuellement en chômage partiel et que le plan de départs volontaires pousse les travailleurs à démissionner pour éviter de les licencier , le groupe de grand magasin a reçu le PGE de 300 millions d’euros avant la fin 2020 pour compenser les soi-disantes pertes et le manque de recettes des touristes internationaux dues aux fermetures forcées.
Pourtant, il est apparu très clairement, malgré cette période de crise sanitaire et économique, que les entreprises réalisent d’énormes profits grâce au commerce en ligne. Amazon, par exemple, a triplé ses bénéfices depuis le début de la crise sanitaire, et Jeff Bezos se dispute avec Elon Musk pour savoir qui est l’homme le plus riche du monde. Mais sur le dos de qui ces profits sont-ils créés ?

Face aux pertes que peuvent faire les entreprises, la solution du gouvernement est de subventionner les grandes entreprises à coup de subventions faramineuses. En réponse à ça, ce sont de grands plans de licenciements massifs qui se développent : dans le commerce, la restauration et la métallurgie, des centaines de milliers d’emplois ont été menacés ou ont déjà été perdus.

Alors que le gouvernement mène une gestion de la crise pro-patronale en offrant des milliards aux grandes entreprises qui en profitent pour licencier à tour de bras, il est urgent d’interdire les licenciements, confisquer des biens importants et nationaliser les fermetures d’entreprises sous le contrôle des travailleurs.

Il n’y a que deux options : soit une telle forme de lutte contre la crise, où les ouvriers prennent eux-mêmes les mains en mains et font payer aux capitalistes les problèmes qu’ils causent, ou la poursuite de la politique gouvernementale, qui entraînera des dizaines de milliers de morts supplémentaires et des milliers de licenciements.
C‘est pourquoi il convient avant tout de réclamer une répartition du travail sans baisse de salaire et aucune suppression des emplois parce que ce n’est pas au travailleurs de payer la crise !

 

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Les infirmières et aides-soignantes du bloc pédiatrique du CHU de Toulouse ont décidé de bloquer et d'occuper leur bloc, ne laissant que les urgences fonctionner, pour dénoncer notamment le non-remplacement d'une dizaine d'infirmières et la dégradation de leurs conditions de travail.

 

Toulouse. Grève et occupation du bloc pédiatrique du CHU

Crédit Photo : CGT CHU Toulouse

Ce lundi 11 Janvier, les infirmières et aide-soignantes du bloc pédiatrique du CHU de Toulouse se sont mises en grève pour dénoncer des conditions de travail de plus en plus difficiles et un manque d’effectif devenu ingérable. Elles ont aussi occupé leur bloc, celui de la pédiatrie, ne laissant que les urgences fonctionner. Les grévistes dénoncent notamment le non-remplacement d’une dizaine d’infirmières, provoquant des emplois du temps de plus en plus mouvants et impossibles à tenir et une quantité de travail augmentée sans compensation. Plus généralement est aussi souligné un effet de départ des activités chirurgicales vers le privé, approfondissant cette crise d’effectif dans l’hôpital public.

La principale demande est donc l’embauche d’agents supplémentaires, mais pas seulement. Les grévistes, qui représentent une trentaine d’employé-es, revendiquent aussi l’organisation de la formation des agents en remplacement, le paiement des week-ends supplémentaires réalisés sur la base du volontariat et l’abandon des amplitudes horaires au-delà de 7h42 par jour.

Malgré un Ségur de la santé qui se proclamait « historique » et qui n’a en réalité été qu’une mascarade cachant un plan résolument antisocial, comme nous l’écrivions il y a quelques mois, les conditions de travail continuent de se dégrader dans les centre hospitaliers, et cette grève avec occupation en est un signe important. Dans une situation de gestion gouvernementale catastrophique de la crise sanitaire, économique et sociale liée au COVID-19, la colère continue de gronder sur les lieux de travail, notamment ceux qui sont en première ligne de la lutte contre la pandémie.

Au vu de la situation actuelle, étant donnée la débâcle de la stratégie vaccinatoire du gouvernement et à l’heure où le variant anglais du Covid-19 continue de se répandre parmi la population, le secteur de la santé pourrait bien être le théâtre d’un nouvel épisode de saturation, mais aussi de mobilisation dans les semaines ou les mois à venir. La question de l’auto-organisation des soignant-es pourrait y être centrale afin d’arracher plus de moyens à l’État et d’imposer un contrôle par la base des opérations sanitaires qui, jusqu’au aujourd’hui, sont dirigées de manière anarchique selon la seule logique des profits capitalistes.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Comme 8 coiffeurs sur 10, Marie est une femme. A 33 ans, elle gagne 1280 euros par mois et travaille 35 heures.

 
Publié par la CGT

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À Val-de-Reuil, appel à la grève

 

 

chez Sanofi-Pasteur

La mobilisation aura lieu le mardi 19 janvier 2021 sur le site de Sanofi-Pasteur de Val-de-Reuil (Eure). (©La Dépêche de Louviers – BCP)

La mobilisation aura lieu le mardi 19 janvier 2021 sur le site de Sanofi-Pasteur de Val-de-Reuil (Eure). (©La Dépêche de Louviers – BCP)

Les salariés de Sanofi-Pasteur sont en colère. Un appel national à la grève est lancé par la CGT le mardi 19 janvier 2021. Le site de Val-de-Reuil (Eure), qui emploi 2 200 personnes, est concerné. 

 

« La précarité est au plus haut »

 

Les syndicats dénoncent notamment une précarité grandissante au sein de l’entreprise. Employée chez Sanofi-Pasteur à Val-de-Reuil et élue au CSE, Karine Horsolle (CGT) explique :

"L'augmentation générale n'existe plus depuis des années. Les primes durant le Covid ont été médiocres. En plein contexte Covid, il a été décidé d'augmenter le dividende des actionnaires en juillet dernier. Il y a un ras-le-bol général. La précarité est au plus haut."

Karine HorsolleEmployée de Sanofi-Pasteur et élue au CSE (CGT)

 

24 h de mobilisation

 

Les conditions de travail sont aussi pointées du doigt :

"Depuis l'instauration des trois-huit, les salariés n'en peuvent plus. Il y a de plus en plus de contraintes dans le secteur pharmaceutique avec une charge de travail considérable. L'accord "agilité" signé en 2017 a été une catastrophe. Par exemple, nous travaillons une heure de plus par jour et nous ne sommes plus payés sur notre temps de pause."

Karine HorsolleEmployée de Sanofi-Pasteur à Val-de-Reuil

La mobilisation débutera à 5 h du matin. Elle durera 24 h.

Publié par La Dépêche de Louviers

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Schneider Electric : « On nous vire pour 400 000 euros de bénéfice »

Les salariés du site de Lattes, au sud de Montpellier, étaient en grève vendredi 8 janvier. Ce jour-là, ils se sont invités à la réunion du comité social et économique dont l’ordre du jour portait sur les conditions de la fermeture du site, annoncée le 16 septembre 2020 par Schneider Electric.

 

Il est 7 h du matin devant le site de l’usine Schneider Electric. La nuit est glaçante. Une fumée blanche à peine éclairée par les phares de voitures coiffe la voie rapide. Une quarantaine de personnes résistent au froid autour d’un feu de palettes. Depuis l’annonce de la fermeture du site, le 16 septembre, les salariés sont en lutte. Ce jour-là, le groupe Schneider Electric actait la fermeture des sites de Saumur (Maine-et-Loire) et de l’un de ses deux sites à Lattes, spécialisé dans les ampoules à vide et disjoncteurs moyenne tension. La nouvelle, tranchante comme un couperet, avait noué les gorges, croisé les bras aux mains abîmées, noyé le regard dans le désespoir et l’amertume d’avoir été trahi. Encore une fois.

Depuis, cinq mois sont passés. Cinq mois durant lesquels la production tourne au ralenti, à 10 % de la normale selon un délégué syndical qui estime à deux mois le retard pris. Derrière cette décision, 80 personnes sont mises sur le carreau. Autant à Saumur où le maire Jackie Goulet a été averti par un appel de l’entreprise, la veille de l’annonce. Même pressenti de longue date, tout semble se précipiter. Le plan de restructuration prévoit l’arrêt définitif au second semestre 2021.

 

Compréhension et encouragement des automobilistes

 

Le jour pointe à l’horizon. Une bonne partie du groupe se dirige vers le rond-point le plus proche pour diffuser les tracts annonçant la mauvaise nouvelle. La file de voitures s’étire depuis l’autoroute et ralentit au gré des discussions entre automobilistes et grévistes. Malgré le ralentissement occasionné, l’accueil est plutôt chaleureux. Des chauffeurs routiers encouragent l’action après avoir immobilisé complètement leurs camions. L’ambiance est bonne et les tracts disparaissent, parfois en échange d’un sourire complice, quelques fois par un juron, une mine contrainte, crispée ou pas encore réveillée.

Pour les salariés de Lattes éreintés, il s’agit de la cinquième restructuration dans la région en moins de dix ans. Il y a d’abord eu la fermeture progressive dès 2013 de l’atelier de La Pompignane à Montpellier. Puis, les deux plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) de Fabrègues en 2015 et 2018 qui ont débouché sur la fermeture du site. Et enfin, Mudaison, fermé en 2017 pour transférer ses activités sur les sites de Mâcon (Saône-et-Loire) et d’Aubenas (Ardèche). Toutes ces fermetures successives ont fini par éroder la confiance. Les salariés ne croient plus aux belles paroles patronales.

 

Un groupe bénéficiaire qui détruit des emplois

 

Pourtant, avec un bénéfice net de 2,4 milliards d’euros en 2019, le groupe se porte bien. Et la crise du coronavirus ne semble pas affecter le cours de l’action qui a doublé en quelques moins, passant de 67 euros en mars dernier, en plein confinement, à 127 euros aujourd’hui. À la bourse, Schneider Electric signe même la deuxième meilleure performance du CAC 40 derrière Hermès, et termine l’année 2020 en hausse de 29,3 %. En mai 2020, malgré les appels à la retenue en période de crise, l’entreprise du PDG Jean-Pascal Tricoire verse un dividende à ses actionnaires en hausse de 8,50 % sur un an.

Si tout va bien pour les actionnaires, c’est la soupe à la grimace pour les salariés. Philippe, 54 ans, 28 ans d’ancienneté et syndiqué Force Ouvrière, se prépare à un départ à la retraite. Il s’inquiète pour d’autres, plus jeunes que lui. « Nous n’en sommes pas à notre premier PSE. Où allons-nous aller ? Il n’y a plus de site Schneider dans la région à part Lattes et Alès. J’ai déjà vécu le GPEC (Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) en 2014 à Pompignane. Nous étions 200 », explique-t-il. Le site a fermé. « Moi, le reclassement je ne pourrais pas, c’est 200 kilomètres minimum. C’est tout le système qu’il faut revoir. Ils investissent en Hongrie [12,5 millions d’euros] avant même d’avoir finalisé le PSE, c’est dire ! »

L’alternative pour les salariés qui ont encore des années à tirer avant la retraite, est d’aller sur le site d’Aubenas à plus de 200 kilomètres, où seuls quinze postes leur sont proposés. Voire d’être reclassé plus loin encore comme à Grenoble… « Des humains qui massacrent d’autres humains pour le business. Et ce n’est pas fini », s’exclame un ouvrier qui nourrit le feu d’une nouvelle palette. « On arrive au bout d’un système, ils nous ont cramé. Les courants durs de la CGT ont sauté en premier, maintenant c’est plus facile pour dégraisser le personnel » explique Jean-Marc, élu CGT de 60 ans.

Pauline, 48 ans, assise sur une pile de palettes, bonnet vissé sur la tête et masque sur la bouche, regarde le feu la réchauffer, impassible. Elle fait partie des dernières arrivées, lors des embauches opérées en 2008. Elle a connu la fermeture de La Pompignane et le transfert de Mudaison vers Lattes en 2017. « J’ai le sentiment qu’on nous harcèle. Tous les trois ans, ils nous bougent. Là, c’est le terminus. J’ai encore plus de 20 ans à bosser. Je n’irai ni à Aubenas ni à Mâcon, Grenoble ou Alès. J’ai toute ma famille ici dans le bassin méditerranéen », lance-t-elle comme un défi avant d’asséner : « je ne sais pas où je vais atterrir, je suis perdue. Nous ne sommes que des numéros pour Schneider, que des « SESA », ces matricules que la boîte nous attribue. On a une colère monstre contre la direction et ça ne date pas d’hier. »

Un poids lourd s’arrête soudainement. « Mais, je dis quoi moi ? » s’exclame le livreur devant l’entrée de l’usine bloquée par le piquet de grève. « C’est pour un petit carton », tente-t-il de négocier en ouvrant son haillon. « T’as qu’à prendre une photo pour expliquer. C’est fermé ! On est en grève », lui rétorque-t-on. « Allez, bon courage les gars », lance-t-il finalement, tout en démarrant son camion au son de quelques pétards qui crépitent dans le feu. Olivier fume sa cigarette devant l’entrepôt. Il est chauffeur livreur pour l’entreprise américaine XPO Logistics. Son camion, garé à l’extérieur n’a pas pu livrer ni recevoir la marchandise prévue. Il a envoyé un message pour prévenir sa direction. Il attend, discute avec les grévistes, puis rallume une cigarette.

 

Délocalisations à marche forcée

 

Depuis le rachat des sites Areva par Schneider Electric en 2010, l’entreprise est en perpétuelle restructuration. Et aujourd’hui clairement à contre-courant des annonces ministérielles de relocalisation en France de productions sensibles. Le scénario se répète jusqu’à épuisement du tissu industriel français. Les dirigeants préfèrent implanter leurs usines à l’étranger pour profiter d’une main d’œuvre meilleure marché, aux dépens des travailleurs abandonnés ici ou sous-payés là-bas. Cette fois, l’activité de production des ampoules à vide de Lattes sera rapatriée sur les sites d’Aubenas et en Inde (Salt Lake City), les disjoncteurs délocalisés à Grenoble et en Turquie. « Pour Schneider Electric, la France n’a plus vocation à être un pays industriel » confie Éric Perrin, de la CGT. Les investissements sont dirigés vers la Chine, l’Inde, la Turquie et la Hongrie, des pays dont le modèle démocratique laisse à désirer.

 

Une réunion sous tension

 

Sur le piquet de grève, la quarantaine de présents se regroupent, puis forme un arc de cercle autour des délégués syndicaux, non loin du feu maintenant alimenté par des pneus. Le délégué syndical FO de Schneider Electric, Jean-Charles Bigotière, prend la parole. « On nous vire pour 400 000 euros de bénéfice espéré d’ici trois ans à Aubenas. Ils n’en ont rien à foutre de nous. » Une quinzaine de personnes décident d’accompagner les délégués syndicaux pour se rendre à la réunion du PSE, dans un hôtel à proximité. Un syndicaliste FO fait irruption dans la salle où un diaporama est exposé : « pour beaucoup ici, on a vécu trois PSE. Je suis écœuré de l’état des propositions avancées par l’entreprise. Des propositions en deçà de celles présentées à Fabrègues, indignes d’une structure comme Schneider Electric. Nous voulons une prime Covid, nous voulons une prime préjudice, prime qui existait auparavant. Révisez vos copies, vous verrez. »

La personne chargée des ressources humaines aux côtés du directeur Patrick Verne, tente de calmer la situation. « J’entends votre colère. Aujourd’hui, il y a des négociations, il y en aura deux autres la semaine prochaine. On ne fera pas de miracles… » Mais Jean-Luc, un ancien de la boîte, ne tient plus, il interrompt : « il y a 2 ans, on nous a promis la pérennité des emplois, on nous a bernés. Maintenant, il faut payer ! » Jean-Charles, assis à la table des négociations enchaîne : « maintenant, ça suffit, on va se mettre en grève de la faim si vous ne ramenez pas du concret ». Assis à quelques chaises de là, Éric Perrin, secrétaire du comité social économique (CSE) prévient : « j’espère que la direction a pris la mesure de la détresse des salariés qui subissent la pression des PSE successifs. » La petite délégation sort vite rejoint par les élus salariés du CSE. La direction a demandé une interruption de séance lui permettant de rendre compte de la situation à ses supérieurs et d’orienter le débat.

Pour Jean Charles, le sentiment de haine reste palpable à l’issue de cette réunion. « Les négociations démarrent au ras des pâquerettes. » Le reclassement d’une quinzaine de postes sur Aubenas en vue d’un bénéfice supposé de 400 000 euros d’ici trois ans, n’est que de la poudre aux yeux. « Il ne faut pas s’attendre à aller jusqu’à la retraite là-bas. Aubenas va subir le même sort. » La prochaine réunion devant sceller le sort des salariés est fixée au 29 janvier, mais d’ici là deux réunions de négociations sont prévues les 12 et 15 janvier prochains. Deux nouvelles occasions pour les salariés de porter haut leurs revendications.

 

Publié par anti-K

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Reportage. Raffineurs de

 

Grandpuits en grève : "Tant que

 

Total lâche pas, on lâche pas

 

non plus !"

 

Depuis lundi 4 janvier, les raffineurs de Grandpuits sont en grève illimitée pour le maintien de l'emploi. Paul, Thomas, Sébastien et Sylvain nous expliquent les raisons de leur colère : « Total ne fait que raconter des mensonges depuis le début donc tant qu'il n'y aura rien de lâché du côté de la direction, nous c'est clair qu'on ne lâchera pas non plus » « S'ils veulent être jusqu'au-boutistes, on va être jusqu'au-boutistes aussi ».

 

Vidéo

Un reportage réalisé par Flora Carpentier jeudi 7 janvier, au 4e jour de grève. Des travailleurs de Monoprix, de la SNCF et de différents secteurs, ainsi qu’une délégation de jeunes du NPA avaient fait le déplacement en soutien aux grévistes.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Tandis que les médias système font silence sur les prisonniers politiques comme Julian Assange, Georges Ibrahim Abdallah (plus de 35 ans d'emprisonnement) et préfèrent de loin mener campagne sur le  "martyr" des Ouïghours devenus les nouveaux dissidents de la nouvelle guerre froide, la répression des étudiants en lutte, la chasse aux militants, aux gilets jaunes bat son plein en France.

 

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SOURCE : La Dépêche

 

Pour la CGT "ce procès est un témoin de la dérive autoritaire de l’Etat"

Publié le 10/01/2021 

 

Julien Antigo est également membre du syndicat CGT du centre hospitalier Agen-Nérac. Son syndicat d’affiliation appelle ainsi à rejoindre le rassemblement annoncé mardi devant le palais de justice à partir de 8 heures, en soutien à ce militant. "Julien est bien connu dans le militantisme agenais" souligne la CGT dans un communiqué.


Militant "engagé"

"Il est porte-parole et figure incontournable des Gilets jaunes, il est de tous les combats, défend toutes les causes, et donne beaucoup de son temps à œuvrer pour des meilleurs lendemains. Toujours avec le mot juste, sans aucune forme d’agressivité, on ne peut l’accuser que d’être un militant engagé."

L’occasion est donnée aux responsables de la CGT de rappeler le sort qui est réservé aux militants en 2021. "C’est bien de ça dont il est question ! À la suite d’une action des Gilets jaunes, il fallait trouver un bouc émissaire pour calmer l’ardeur d’un mouvement social qui s’ancrait dans la durée." Depuis deux ans, le mouvement social a changé de direction, aussi.

"Fichage massif"

"Aujourd’hui, en pleine contestation contre la loi sécurité globale, au lendemain du feu vert du Conseil d’Etat pour le fichage massif de militant quel qu’il soit, ce procès est un témoin de la dérive autoritaire de l’Etat, d’un Etat policier qui cherche à faire peur !" L’union locale CGT de l’Agenais et le syndicat du CHU Agen-Nérac appellent à soutenir "sans réserve" ce camarade.

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Ce qui lui est reproché :

    

Publié par FSC

 

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Ca bouge dans la CGT
Ca bouge dans la CGT

Le 29 octobre 2020 se sont tenues à Martigues des Assises pour un changement de société, regroupant 400 militants de la CGT issus de 70 départements et de 20 fédérations professionnelles. L’ensemble des organisations de la CGT, direction confédérale comprise, étaient invitées à y participer.

Ces Assises faisaient suite à une série d’actions de mobilisation dans toute la France, les Marches pour l’emploi et la dignité, impulsées par l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône et reprises largement, qui ont convergé dans la manifestation parisienne du 17 octobre, avec les sans-papiers.

Les conclusions d’Emmanuel Lepine secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats CGT des industries chimiques reflètent l’exigence des débats pour un changement de stratégie syndicale de la CGT, et revenir à nos valeurs de lutte de classe.

 

Ca bouge dans la CGT

Les conclusions d’Emmanuel Lepine secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats CGT des industries chimiques reflètent l’exigence des débats pour un changement de stratégie syndicale de la CGT, et revenir à nos valeurs de lutte de classe.

Durant ces Assises auront été abordés l’essentiel des sujets qui touchent l’ensemble du monde du travail d’aujourd’hui, une société marquée au fer par son mode particulier de production qu’est le capitalisme.

La lutte, c’est la vie. C’est vrai dans l’ensemble des domaines qui touchent notre existence, les domaines économique, social, environnemental, les questions touchant l’école et l’université, la santé, les questions sociétales comme l’égalité femmes-hommes, les LGBT, la diversité, le soutien aux migrants et aux sans-papiers, la lutte contre la xénophobie…

Sur l’ensemble de ces sujets, notre substance doit rester notre analyse de classe.

L’analyse de classe, c’est notre lumière politique, celle qui éclaire la totalité des enjeux auxquels nous sommes confrontés, y compris par exemple, les droits humains, avec notamment le droit à disposer d’un environnement sain et de qualité. Si on oublie l’analyse de classe, on transforme totalement notre action qui se limite, du coup, à deux choses :

–  Gagner ce qui est gagnable au périmètre des seules entreprises, autrement dit, faire du réformisme syndical, ce qui peut être considéré par certains comme déjà notable. Ou pire encore, du choix de l’accompagnement de la politique rétrograde des patrons et du gouvernement.

–  Et pour ce qui concerne l’extérieur de l’entreprise, s’en tenir aux questions sociétales, du type lutte contre le racisme ou pour l’environnement. On remplace alors notre action confédérale, c’est-à-dire notre action nationale interprofessionnelle, par un activisme de type ONG, où la construction du rapport de forces est remplacée par la réalisation de constats et la signature de tribunes qui se limite au monde des idées. Or, comme l’écrivait Emile Pouget, co-rédacteur de la Charte d’Amiens, à l’aube de notre CGT il y a plus de cent ans, « contre la force brutale, l’idée, réduite à ses seuls moyens de persuasion, est vaincue d’avance ».

Si on oublie notre analyse de classe, on arrive immanquablement à appeler à voter Macron pour faire barrage à l’extrême-droite, on arrive à choisir la peste plutôt que le choléra, à choisir le nom de notre exploiteur.

L’analyse de classe, au contraire, nous permet d’y voir clair sur le rouleau compresseur qui nous accable et sur l’apparente inaction, ou l’insuffisante réaction du monde du travail, et des citoyens en général.

La grande crise capitaliste nous traverse depuis 2008, elle montre l’incapacité de la version ultra-libérale du capitalisme, initiée par Reagan et Thatcher, à répondre à ses propres contradictions. Le taux de profit baisse inéluctablement, ce qui justifie aux yeux de ceux qui possèdent les moyens de production, l’augmentation des inégalités, la baisse des salaires et de la protection sociale, la précarité et le chômage, et la division mondiale du travail. Cette crise montre son visage le plus cru avec le révélateur qu’est la pandémie du Covid-19.
Rien n’arrête la machine infernale du Capital, cela a été largement illustré lors de ces Assises, jusqu’à sacrifier la vie, la santé des salariés, jusqu’à remettre en cause la capacité des travailleurs, des retraités, ou des jeunes, à tout simplement conserver dignité, humanité et autonomie de vie. La pression sur le financement de notre Sécurité sociale en fait partie, l’armée de réserve des chômeurs utilisée pour peser sur les revenus de celles et ceux qui ont un emploi également. Dans ce contexte, le capitalisme, compte tenu de sa structure même, n’a pas d’autre choix qu’une fuite en avant. Prétendre qu’il y a une voie intermédiaire, c’est tromper les travailleurs ou se tromper soi-même.

La période est celle de grands bouleversements, d’accélérations et de clarification politique. Nous vivons un cataclysme social, économique, culturel, politique, environnemental. Il s’agit d’une évolution à haut risques mais qui est aussi faite d’opportunités.
Nous avons besoin, nous l’avons vu, d’un sursaut de notre classe sociale, pour se placer en légitime défense. Le développement d’une autre stratégie de luttes, en particulier dans notre CGT, pour inverser la dynamique des reculs sociaux sur le plan interprofessionnel, participe de la même exigence.
Au final, l’alternative qui nous est posée est celle du type de syndicalisme que nous devons développer : Le syndicalisme du possible ou bien le syndicalisme du nécessaire ? La CGT partant systématiquement de la réponse aux besoins, c’est bien ce qui est nécessaire qu’il nous faut mettre en œuvre.
Il nous faut marteler cette exigence de changement de société, auprès des travailleurs, auprès de citoyens, des étudiants, des retraités, et même, auprès de nos camarades dans la CGT, qui semblent avoir oublié pour certains, à quoi sert l’outil que les Fédérations et les Bourses du Travail ont bâti en 1895 et qui se nomme Confédération Générale du Travail.

A partir de cet objectif, quand on sait où l’on veut aller, et qu’on sait d’où on part, on peut tracer un chemin et déterminer la manière de s’y rendre, en établissant des étapes. On peut également, déterminer de la manière dont il faut nous organiser pour y parvenir.

Organiser le syndicalisme interprofessionnel et intergénérationnel, cela signifie ne pas recréer ou laisser perdurer un syndicalisme de spécificités que l’histoire sociale nous a conduits à mettre en œuvre. Agir toutes les professions ensemble ; Agir actifs, privé d’emploi, jeunes et retraités ensemble, c’est affirmer que les revendications sont les mêmes, qu’elles sont communes, qu’on parle le même langage et qu’on agit sur ce qui nous unifie plutôt que sur ce qui nous différencie.

C’est refuser les corporatismes et penser que les autres vont se battre à notre place pour nos revendications. C’est se doter d’un objectif unique et commun et partagé. Cet objectif unique, c’est le projet de société CGT. Il existe, il est interprofessionnel, il trace les lignes d’une société basée, non sur le capitalisme, mais clairement sur ce qu’il est convenu d’appeler le socialisme, débarrassé des chaines de l’exploitation.

Cette dimension globale de l’analyse est insuffisamment prise en compte dans nos rangs. Cela pose le problème de savoir où nous plaçons la barre des changements nécessaires si l’on veut prétendre inverser la tendance actuelle.

Cela peut paraître de grandes phrases mais souvenons-nous de notre histoire les camarades. Tout fut conquis de haute lutte, notre classe sociale est allée chercher les garanties dont elle bénéficie en les arrachant une à une au patronat et à son commanditaire, l’Etat capitaliste. Même fortement dégradées comme aujourd’hui, ces garanties dont nous bénéficions, étaient vues comme des utopies inatteignables par nos anciens il y a cent ans. Et pourtant elles existent aujourd’hui, ce qui démontre notre immense force. Les utopies d’aujourd’hui sont les réalités de demain, mais encore faut-il avoir ces utopies comme objectifs, car celui qui n’a pas d’objectif ne risque pas de les atteindre.

C’est l’objectif politique qui doit commander la forme d’organisation et non l’inverse comme aujourd’hui. Cette réflexion est vraie pour les syndicats, CGT comprise mais aussi pour les partis politiques.

La stratégie des luttes et la manière de nous organiser découle des objectifs qu’on se donne. L’outil est toujours adapté à sa finalité. Suivant qu’on veut faire de la menuiserie ou de la maçonnerie, l’outil utilisé sera différent et adapté au but poursuivi. De même dans le syndicalisme, un syndicalisme de lutte des classes pour un changement de société, ou un syndicalisme d’accompagnement sans changement de régime économique, ne nécessitent pas la même organisation, ni la même stratégie.

La construction du rapport de forces nécessaire à un changement de société passe obligatoirement par la bataille des idées d’abord, celle qui pose clairement une rupture avec le système capitaliste, ancrée dans les problématiques quotidiennes des travailleurs. C’est la fameuse « double besogne » de notre Charte d’Amiens, c’est-à-dire articuler en permanence les revendications immédiates à l’objectif de changement de société.

Dans ce contexte, notre responsabilité, c’est de donner des perspectives concrètes aux travailleurs. Car si nous ne le faisons pas, les seuls à leur donner des perspectives, même si elles sont d’une toute autre nature, ce sont les forces de l’extrême-droite. Pour faire la clarté dans le clair-obscur entre la fin d’un monde et l’émergence du nouveau, que nous rappelait un camarade ce matin, et éviter l’émergence de monstres, il nous faut résolument combattre toutes les formes de divisions qui sont à la base de la montée de la violence dans la société, les ostracismes et la désignation de boucs émissaires, qui n’ont pour effet que la perpétuation du modèle capitaliste.

C’est aussi par des perspectives politiques et syndicales lisibles, claires et pour tout dire, radicales, que passera le renforcement de notre CGT, dont de moins en moins de travailleurs voient aujourd’hui l’utilité.

Ces perspectives, ce que nous devons construire, doivent amener l’élévation du rapport de forces. La bataille des idées en constitue la base, la stratégie des luttes en est le moyen. Cette démarche, obligatoirement articulée avec le champ politique, ce n’est pas un retour en arrière vers une CGT fantasmée, c’est ce qu’il nous faut faire aujourd’hui car cela correspond à la situation d’aujourd’hui. Ce n’est pas une démarche dogmatique mais une démarche pragmatique.

A l’opposé de tout corporatisme, nous devons être et rester les promoteurs de l’unité dans la CGT, à l’opposé du syndicalisme rassemblé qui, lui, a pour résultat un corporatisme dont le caractère unitaire avec les autres organisations syndicales est à géométrie variable suivant les professions. L’unité d’action dans la CGT, c’est forcément un projet politique interprofessionnel, et cela signifie aussi l’unité des travailleurs.

Mettre en œuvre ce projet nécessite la maîtrise de l’agenda, autrement dit dépasser les postures de défense sur telle ou telle attaque, même s’il nous faut toujours nous appuyer sur la colère exprimée par les salariés pour mettre le feu à la mèche. Nous devons ainsi poursuivre et élargir la dynamique que nous avons engagée l’an dernier le 27 avril, et la dynamique des marches pour l’emploi et la dignité, qui avait vocation à démontrer qu’une convergence des luttes est possible et nécessaire. Cette démarche est profondément unitaire, unitaire dans la CGT, elle vise à l’unité des travailleurs et non l’addition de sigles syndicaux ni la coïncidence des luttes mais leur convergence.

Un plan de travail a été adopté au travers de la motion d’actualité et des perspectives d’action validées par ces Assises, avec l’objectif de bloquer l’économie capitaliste de notre pays, l’arrêt de la machine à profit et à broyer l’Humain. Dans cette période particulière de reconfinement dû à la situation désastreuse de notre système de santé, l’heure n’est pas au repli ni à courber l’échine, mais au contraire à élargir, dans les têtes, l’analyse de classe. L’urgence absolue se situe dans la réouverture des lits et services hospitaliers fermés, elle se situe aussi dans un moratoire immédiat de tous les licenciements projetés. J’en oublie certainement.

Nous ne disons pas que la tâche est facile, nous disons qu’elle est nécessaire. Il nous faut convaincre nos camarades de travail, ceux que nous côtoyons au quotidien, qu’il ne faut plus nous limiter à nous défendre contre les conséquences, mais qu’il faut nous attaquer à la cause.

Nos racines de lutte sont profondes les camarades, nous ne partons pas de rien. Munis d’une vision claire de nos objectifs, soyons confiants en notre capacité à peser de manière décisive sur le cours des choses. Quand elle est unie sur un objectif commun, la classe des travailleurs est une force irrésistible, l’histoire sociale dans notre pays et dans les autres, l’a montré à de multiples reprises.

Gardons en mémoire cet esprit des Assises de Martigues, celui de notre volonté de changer de société, non pas de manière théorique, mais concrètement, avec un plan de luttes construit qui nous mènera, marche après marche, vers notre objectif. Plongeons nos forces dans la bataille des idées, scellons un pacte de solidarité pour nous retrouver dans les luttes à venir, avec la conviction qu’à la fin, c’est nous qui allons gagner.
Vive le syndicalisme de lutte de classe et vive la CGT.

Emmanuel LEPINE
Secrétaire général de la FNIC-GT

 

Publié par http://canempechepasnicolas.over-blog.com

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