SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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Université d’été du Medef. Les patrons veulent que Macron tape plus fort et plus vite

En cette fin du mois d'août, et à quelques jours de la rentrée sociale, le Medef tient sa traditionnelle université d'été. L'occasion pour faire passer un message au gouvernement, venu en masse pour l'occasion : Il s'agit, pour l'organisation patronale, d'accélérer le rythme des réformes !

Crédits : Reuters

C’est ce mardi 28 août que c’est ouverte la 20ème université du Medef, qui réunit 4 000 patrons sur le campus d’HEC à Jouy-en-Josas, dans les Yvelines. Une occasion pour le gouvernement de venir au devant du gratin patronal, avec une dizaine de ministres annoncés présent, dont bien évidemment Edouard Philippe, qui a tenu un discours ce mardi. L’essentiel des poids lourd du gouvernement sont également présent, comme la ministre du Travail Muriel Pénicaud, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, la ministre des Armées Florence Parly ou bien encore le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

Les patrons veulent « des preuves d’amour » et plus de réformes !

Alors que le nouveau n°1 du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a jugé globalement positive l’action du gouvernement lors de l’an I du quinquennat Macron, le chef de file de l’organisation patronale a égratigné le gouvernement sur la question du budget, et plus particulièrement sur le report, pour octobre 2019, de l’allègement de charges patronales au niveau du smic. C’est en ce sens que de Bézieux a, dans son discours inaugural, quelques minutes avant celui d’Edouard Philippe, mis en garde le gouvernement contre ce qui est considéré par le patronat comme des mesures budgétaires défavorables aux entreprises.

« Nous préférons les preuves d’amour aux déclarations d’amour » a ainsi déclaré de Bézieux. Le ton est donné : Il s’agit d’intensifier et d’accélérer les réformes, dans la lignée de la première année du quinquennat, sous le sacro-saint joug de l’impératif de compétitivité. « Votre gouvernement a redonné la confiance aux entrepreneurs, avec une économie pro-entreprise. L’heure n’est plus au french bashing. France is back… to be confirmed » a ainsi affirmé de Bézieux, avant de préciser que « la confiance, c’est fragile », ce à quoi Edouard Philippe s’est empressé de répondre, pour ne laisser aucun doute quant à la volonté du gouvernement : « Nous avons pris des engagements clairs pour les entreprises et nous ne les remettrons pas en cause d’ici à la fin du quinquennat » a ainsi asséner le premier ministre.

Le ton est donc clairement donné. Si le Medef se félicite, et il y a de quoi, des réformes entreprisent par Macron lors de la première année de son mandat, il s’agit pour l’organisation patronale de maintenir la pression, en dictant une feuille de route claire : Plus d’attaque contre les droits et acquis des travailleurs et plus de « souplesse » pour les entreprises. Et concernant ce type de revendication, il ne fait que peu de doute que le gouvernement saura être à l’écoute.

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Par L'Obs

 

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Indemnisation des arrêts maladie : Edouard Philippe pointe les salariés du doigt

Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche ce weekend, le Premier ministre Edouard Philippe s'est laissé aller à des déclarations hasardeuses sur les indemnités d'arrêts maladies. Il a sous-entendu que la hausse de ces derniers représentait une journée de congé annuelle supplémentaire pour tous les salariés du privé.

(Crédits : CHARLES PLATIAU)

« Chaque année, un peu plus de 10 milliards d’euros sont consacrés à l’indemnisation des salariés arrêtés, et ce volume progresse de plus de 4 % par an. En trois ans, le nombre de journées indemnisées est passé de onze à douze par an et par salarié du privé. C’est comme si notre pays avait instauré un jour de congé supplémentaire », a déclaré le premier ministre Edouard Philippe dans les colonnes du JDD.

Mais la réalité est – un peu – différente. Car si la hausse de 4% du coût pour l’Etat, désormais de 10 milliard est réelle, elle est très loin de concerner l’ensemble des salariés du privé. En effet, pour obtenir ce chiffre de 12 jours par an et par salarié, Edouard Philippe fait une moyenne : 227 millions de journées indemnisées en 2016 pour 19,6 millions de salarié dans le privé. Soit, effectivement, de l’ordre de 12 jours par an et par salarié.

Mais ce calcul est hypocrite. Selon la Sécurité Sociale, seuls 4,9 millions des 19,5 millions de salariés du privé (soit environ 25%) ont bénéficié d’arrêt maladie en 2016. Des arrêts qui sont donc, généralement de durée relativement longue, liés à des problèmes de santé qui sont donc conséquents. On est bien loin des 20 millions de Français qui s’offrent une journée chaque année !

Le chef du gouvernement pointe donc du doigt l’ensemble des salariés alors que c’est on ne peut plus faux. Et si la durée des arrêts maladie augmente bel et bien pour ceux qui y ont droit, c’est grande partie lié à des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader. L’Inspection Générale du Travail avait d’ailleurs demandé une expertise à ce sujet dans un axe de recherche de réduction des coûts, mais le gouvernement a préféré laisser de côté cette option.

Il est par ailleurs particulièrement intéressant de noter l’impact du retardement de l’âge de départ à la retraite de 60 à 62 ans (en 20) sur les arrêts maladie. En effet, le nombre de jours indemnisés par an augmente avec l’âge et explose au-delà de 60 ans : 76 jours annuels pour les 60-62 ans contre 18 pour les moins de 24 ans, ceux qui en prennent le moins.

Ces indemnisations, qui pèsent donc 10 milliards par an sur le budget de l’Etat sont donc désormais considérées comme un enjeu « considérable ». Pourtant, le Premier ministre a annoncé qu’il cédait à la pression du Medef en assurant qu’il renonçait à ce que ces indemnités soient en partie prises en charge par les entreprises. Ce qui aurait pourtant pu constituer un bon moyen de voir certaines conditions de travail arrêtées de se dégrader et les salariés se faire pointer du doigt.

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Budget 2019 : retraites, APL et allocations familiales (encore) touchées de plein fouet !

Dans une interview livrée dans les colonnes du JDD, Edouard Philippe, désormais mis en tête de pont de la Macronie, a révélé les contours du budget 2019 et ses coupes franches. Car si le premier ministre joue sur les mots en assurant qu’ « aucune prestation sociale ne sera réduite », en vérité leur désindexation va conduire directement à une baisse du pouvoir d’achat des retraités, des familles et des foyers les plus modestes prestataires des Aides au Logement. Les entreprises, en dépit des discours, restent elles largement avantagées.

Intox n°1 : la « contribution des entreprises à l’effort budgétaire » (B. le Maire)

A l’annonce du budget 2019, le Medef ou encore la presse patronale veulent faire croire que le gouvernement d’Edouard Philippe, en rupture avec les méthodes de l’an I, aurait mis de l’eau dans son vin. Les Echos parlent de « pédale douce » tandis le nouveau patron du Medef, Geoffroy Roux de Béziers, s’offusque du « signal négatif » envoyé aux chefs d’entreprises. En cause, le report de 10 mois d’un allégement supplémentaire de cotisations sociales sur les bas salaires (soit -4% de cotisations sociales au niveau du SMIC pour les entreprises) – au 1er octobre 2019 contre janvier 2019. Attention, contrairement à ce que prétend Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, il ne s’agit nullement d’une « mise à contribution » des entreprises à l’effort budgétaire. Mais plutôt d’un report des cadeaux fiscaux qui leur étaient et sont toujours destinés en 2019. Nuance.

Car une fois de plus, en Macronie, tout se joue dans la mise en scène. Le « recentrage [du gouvernement] sur des aides sur les bas revenus », selon le commentaire de Jean Pisani-Ferry, ancien directeur du programme d’Emmanuel Macron, c’est ce que le gouvernement voudrait bien nous faire croire. Pour casser l’image d’une « présidence des riches » et faire remonter les points dans les sondages, il peaufine ses effets d’annonce… sans pour autant enclencher le ralentisseur.

Intox n°2 : « Aucune prestation sociale ne sera réduite » (E. Philippe)

Le premier ministre, Edouard Philippe a, lui aussi, juré, croix de bois, croix de fer, qu’ « aucune prestation sociale ne sera réduite ». En oubliant, sans doute, de relever l’entourloupe sur les valeurs nominales – affichées en euros - et les valeurs réelles – qui établissent le pouvoir d’achat. Ainsi, au lieu d’être revalorisées à hauteur de l’inflation comme elles le sont d’ordinaire, - soit de 1.6% pour 2018 selon l’INSEE - les pensions de retraites, les APLs, et les allocations familiales n’augmenteront que de 0.3% pour 2019, a annoncé le ministre. Ainsi, les retraités, les familles et les foyers modestes accédant aux APLs ne verront pas, sous le coup de cette mesure, diminuer le montant de leurs revenus. Mais c’est leur pouvoir d’achat –et leur condition de vie -, du fait de la hausse des prix, prévu autour de 1.5% par l’INSEE pour 2019, qui sera impacté de plein fouet.

Et si le premier ministre a fait valoir que « les prestations qui bénéficient à nos concitoyens les plus fragiles comme le RSA, seront augmentées, conformément à la loi », il s’agit d’y regarder de plus près. Le gouvernement annonce une revalorisation exceptionnelle de la prime d’activité, du minimum vieillesse, de l’allocation Adulte Handicapé (respectivement, 80, 100 et 100 euros d’ici la fin du quinquennat). En 2018-2019, on pourrait cependant compter sur une hausse de 20 euros de la prime d’activité en novembre, de 35 euros pour le minimum vieillesse en janvier prochain et de 40 euros en novembre pour l’AAH. Reste à savoir si ces augmentations, modestes, suffiront à couvrir l’inflation qui affiche une belle remontée, et le pouvoir d’achat de ces revenus sociaux qui demeurent sommes toutes, extrêmement modestes (montant maximum de 833 euros par mois pour le minimum vieillesse à partir de 65 ans et de 819 euros par mois pour une personne handicapée, vivant seule et sans aucune ressource).

Intox n°3 : « nous voulons […] que le travail paie, qu’il paie de mieux en mieux » (E. Philippe)

La désocialisation des heures supplémentaires, c’est l’autre axe clef du budget gouvernemental qui pour donner des gages aux classes moyennes, va puiser dans le répertoire des mesures sarkozystes. Il s’agirait d’exonérer de cotisations sociales toutes les heures supplémentaires travaillées. Une bonne nouvelle pour les salariés ? Cette « désocialisation » est surtout une aubaine pour les entreprises, pour qui elle revient à une diminution du coût du travail. En plus d’encourager les entreprises à augmenter les heures de travail plutôt que les nouvelles embauches, la mesure consiste également à évacuer du calcul des prestations sociales futures, notamment des retraites, ces heures travaillées… Le salaire moyen (en y intégrant les salaires différés : chômage, retraites, etc…) rapporté à l’heure travaillée en sera, en vérité, diminué.

Poursuite des coupes et du tempo des réformes

Quoiqu’en dise la presse et les milieux patronaux, le mot de la rentrée, pour le gouvernement, est définitivement « continuité ». A quelques nuances de communications prêtes. Finie la petite phrase présidentielle, enregistrée (faussement) à l’arrache et lancée à l’emporte-pièce. Après les décombres engendrés par la sortie sur le « pognon de dingue » et l’affaire Benalla dont Macron sort affaibli, l’enfant-roi président a décidé de se la jouer discret. Et d’envoyer ses fidèles en première ligne.

Une manière de se constituer des fusibles, alors que les nouvelles annonces budgétaires risquent d’entamer un peu plus sa popularité. A celles explosives sur les prestations sociales, s’ajoutent l’annonce d’une suppression (nette) de 4 500 fonctionnaires pour 2019 – après les 1 600 annoncées pour 2018 - dans l’audiovisuel, le ministère des Finances, les réseaux extérieurs de l’Etat ; et celle d’une réduction des emplois aidés de 200 000 en 2018 à 100 000 en 2019 (contre 459 000 en 2016). Du « tournant social », l’an II macronien n’en a ni la couleur, ni l’ambition. Tout juste quelques formules de communication.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Manu le Monarc (25 oct 2017)

"Je demande à ceux qui réussissent d'être des premiers de cordée" (sic),

Hors des coffres et assemblées d'actionnaires, la Restauration macronienne dans toute sa splendeur ruisselle beaucoup plus de suffisance que de tout autre chose.

Le budget 2019 confirme les choix. C'est la poursuite du laminage du pouvoir d'achat.

Lorsque la hausse des prix est supérieure à la hausse des revenus, cela se traduit bien par une perte de pouvoir d’achat. Une évidence nié par le ministre du budget, ce qui conduit un journaliste du Monde à écrire dans son langage à lui que Le Maire est un menteur (ce qui est vrai) : "Bruno Le Maire nie « l’évidence » sur le pouvoir d’achat des retraités".

« Nous faisons le choix du travail », martèle le premier ministre. En conséquence de quoi  le chômage augmente, montrant ainsi par cet oxymore qu'il sert, et plus que généreusement, le capital.

"Je demande à ceux qui réussissent d'être des premiers de cordée" (sic),

L’évêque auxiliaire du chanoine de Latran  est l'invité d'honneur des universités d'été du Medef :

Gageons que la claque du CAC à Rente et auxiliaires sauront l'encenser et lui faire ovation. 

En face, c'est-à-dire nous, reste la question de la coordination des colères et de leur mise en mouvement.  Ici où là des prophètes toujours là pour les détourner proposent de partir dans le désert des isoloirs pour faire monter la pression.

L'urgence est ailleurs

Ce n'est par la voie des urnes surtout pour redorer le blason bien terne et fissuré d'une UE refusée par notre peuple en 2005 que cela passera.

L'heure est la contestation franche du système. S'unir pour renverser la table où se goinfre le capital et le balayer lui et ses tabellions.

"Je demande à ceux qui réussissent d'être des premiers de cordée" (sic),

Rédigé par Canaille le Rouge

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Voilà l'opinion prévenue, nous voilà prévenus : la contre-réforme des retraites a pour objectif de baisser les pensions et retraites pour alimenter les profits du capital privé et satisfaire aux exigences de l'union européenne de réduire les "déficits" et les investissements publics.

La purge étant présentée comme une mesure de justice d'une situation qui ne peut plus durer!

C'est donc dès à présent que la bataille de désenfumage du pouvoir et des médias doit être entreprise en même temps que dénoncée la complicité de la CFDT dans cette offensive réactionnaire contre nos conquis!

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SOURCE : L'Opinion

La sous-indexation des retraites va raviver les oppositions contre la réforme à venir

La «baisse» des pensions pourrait rapporter plus de 4,5 milliards d’euros en 2019. Une économie bienvenue pour boucler un budget difficile, mais qui va nourrir les critiques au moment où la grande réforme des retraites entre dans sa phase décisive 

Le Premier ministre a annoncé dans le JDD que les pensions de retraite, désormais revalorisées au 1er janvier, ne le seraient que de 0,3 % en 2019 et en 2020 – et non du montant de l’inflation comme cela est normalement prévu. A fin juillet, l’inflation s’inscrivait en forte hausse, à 2,3 % sur un an. Les économies attendues se comptent en milliards d’euros (selon l’inflation constatée dans les années à venir). Cela brouille le message du gouvernement, qui disait ne pas avoir besoin de prendre des mesures d’équilibre financier pour mettre en œuvre sa grande réforme des retraites.

Le gouvernement a décidé de changer la règle du jeu. Les 1er janvier 2019 et 2020, les pensions de retraite des régimes de base (CNAV, MSA, RSI, etc.) ne seront pas revalorisées du montant de l’inflation comme cela est normalement prévu, mais de 0,3 % seulement. Faut-il en conclure que le gouvernement a ouvert les yeux et qu’il a décidé de prendre des mesures paramétriques pour remettre les régimes de retraite à l’équilibre, alors que jusque-là il s’y refusait ? Pas sûr.

L’exécutif cherche avant tout à boucler son exercice budgétaire et à faire des économies coûte que coûte. 

Publié par FSC

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Publié par EL DIABLO

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La face sombre du « miracle » économique portugais

Depuis environ un an et en particulier ces derniers mois on voit se multiplier dans la presse des louanges des bons résultats économiques portugais qui relèveraient d’un « miracle ». Qu’en est-il vraiment ?

Du point de vue des antilibéraux en tout genre, ce miracle est à prendre dans le sens d’une démonstration réussie d’une alternative à contre-courant de la machine austéritaire dominante de la Troïka, tel David contre Goliath. Du point de vue des pro-austérités dont la Troïka, on préfère parler de «  redressement  » tout en valorisant les réformes austéritaires passées comme cause de ce rebond et en soulignant les fragilités de cette reprise économique. Les uns ne voient que le verre à moitié plein, les autres attendent le moment de retournement économique afin de justifier les vertus de l’austérité au bout du compte. En économie comme en religion, les miracles sont une question d’interprétation. Que se cache-t-il derrière ce miracle économique portugais  ?

Une reprise économique sous une épée de Damoclès

Les principaux indicateurs sont au vert  : croissance, investissement, chômage, déficit. Ainsi le Portugal affiche sur 2017 une croissance du PIB (+2,7%) supérieure à la moyenne de la zone euro (+2,5%), qui se poursuit encore depuis le début de l’année. Et les prévisions sont optimistes, «  l’activité économique va continuer à croître à un rythme soutenu dans les deux prochaines années - au-dessus de la moyenne de la zone euro - avant de converger vers sa croissance potentielle, autour de 1.2 % [c’est la croissance nette des effets de conjoncture lorsque les capacités de production sont utilisées au maximum. A moyen terme, la croissance réelle a tendance à converger vers la croissance potentielle estimée] » selon Apolline Menut, économiste zone euro chez AXA IM.

Derrière cette croissance, le gouvernement portugais met en lumière une forte baisse du chômage (de 18% de la population active en janvier 2013 à 6,7% au 2e trimestre 2018 en passant par une moyenne de 8,9% sur l’année 2017), une réduction du déficit public (ramené à 3% du PIB en 2017), et la reprise de l’investissement (+8,4% en 2017), le ramenant à son niveau de 2011, bien que le niveau global d’investissement au Portugal reste encore faible au regard des autres pays de la zone euro et des besoins du pays notamment en termes d’infrastructures et modernisation technologique.

Ainsi la Geringonça (le trio composé du gouvernement PS soutenu à l’Assemblée législative par le PCP et la Bloc de Gauche lui permettant de gouverner depuis 2015), se définissant comme anti-austérité, présente ces bons résultats comme le fruit de leur politique de relance du pouvoir d’achat depuis deux ans : hausse des petites pensions retraites, dégèle des salaires des fonctionnaires, baisse des impôts pour les ménages les plus pauvres, légère hausse du SMIC de 530 euros à 580 euros pour se fixer à 600 euros prévus en 2019. «  Nous avons prouvé qu’il était possible de tourner la page de l’austérité sans sortir de l’euro  », affirmait le Premier ministre Antonio Costa lors du congrès du PS en mai dernier.

Cette politique aurait donc réussi là où la Troïka a échoué. Si l’on met des œillères, la vision magique de la situation au Portugal s’arrête ici, comme relayée dans plusieurs médias et par les courants antilibéraux comme la France Insoumise qui s’appuie sur le cas portugais  : «  Depuis 2015 néanmoins, refusant les injonctions de la Troïka, une politique de relance (modérée) a été mise en œuvre sous la pression populaire. Elle a permis au pays de se redresser, voyant le taux de chômage diminué de moitié et la dette divisée par trois  ».. Pourtant, si cette politique profite indéniablement en partie aux travailleurs portugais, cette reprise repose cependant sur des contradictions économiques et politiques qui la rendent instable, mais surtout, elle repose sur une austérité déguisée qui ne dit pas son nom au Portugal, rendant le tableau plus sombre.

Les contradictions de la croissance portugaise

La dette et la fragilité du système bancaire

Issue de la crise économique de 2008 et des 78 milliards d’euros empruntés à la BCE entre 2011 et 2014, l’importante dette publique reste le principal indicateur négatif de l’économie portugaise (127 % du PIB). Certes, la dette publique tend mécaniquement à la baisse avec à la réduction du déficit public, mais l’Etat continue de renflouer les banques (24 milliards d’euros en 2017), ce qui témoigne de la fragilité persistante du système bancaire portugais. En particulier la Caixa Geral de Depósitos, la plus grande banque publique portugaise, se trouve toujours dans une situation critique dans laquelle l’Etat vole à sa rescousse une nouvelle fois en 2017 par une recapitalisation de près de 4 milliards d’euros. En échange d’un plan de sauvetage, la Caixa doit réduire ses effectifs et procède ainsi à des licenciements et fermetures d’agences dans plusieurs pays. C’est pourquoi les salariés de la Caixa en France ont fait grève et ont manifesté à Paris en juin dernier.

Ce sauvetage a creusé le déficit public, le portant à 3% du PIB en 2017 au lieu des 1% prévu si l’Etat n’avait pas renfloué la Caixa. De même l’Etat a également renfloué la Novo Banco (issue de la faillite de la Banque “Banco Espírito Santo” entrée en liquidation en 2016) en début d’année à hauteur de 450 millions d’euros, malgré les 4,4 milliards d’euros d’apport en 2014 et l’opération d’assainissement des actifs toxiques.

D’ailleurs, les actifs toxiques persistent encore dans le bilan des banques portugaises. Ainsi le déficit et la dette publics ne sont pas à l’abri de se creuser à nouveau si la situation des banques portugaises venait à s’aggraver dans un contexte international qui reste instable, comme le montre la crise financière soudaine qui secoue la Turquie actuellement. C’est tout un mécanisme de méfiance en cascade qui serait susceptible de revenir et se propager à l’ensemble de l’économie portugaise en cas de crise bancaire.

Une dépendance envers les marchés extérieurs dans un contexte international instable

Au-delà de la vulnérabilité du secteur bancaire, ce retour de la croissance économique repose en grande partie sur un regain des exportations qui représentent 40% du PIB. Autrement dit, l’avenir de cette croissance repose beaucoup sur les fluctuations de la demande des pays qui achètent au Portugal, dont le premier client est le voisin espagnol (25% des exportations) qui, bénéficiant lui aussi d’un rebond de croissance, pour le moment, a tiré les exportations portugaises vers le haut. De plus, si l’euro continue de s’apprécier par rapport aux autres monnaies, les exportations portugaises vers des pays hors zone euro risquent d’en pâtir.

Par ailleurs, le tourisme est le véritable secteur moteur de la croissance portugaise, pesant près de 20% dans la croissance, représentant la moitié des exportations de service, et accaparant 8,2% de la population active dont une grande proportion d’emplois précaires. Problème  : ce secteur est sensible aux chocs externes, ce qui le rend dépendant des choix de destination des touristes, très volatiles selon la conjoncture de leurs pays d’origines, l’évolution des prix des compagnies aériennes, et la situation internationale. Par exemple, en raison du Brexit qui a entrainé une baisse du pouvoir d’achat de la livre, on assiste à une baisse du nombre de touristes britanniques au Portugal, participant à faire chuter les réservations d’hôtels dans certaines régions.

Le manque de main d’œuvre qualifiée et l’émigration des jeunes

La reprise de la croissance économique, des investissements et des exportations reposent essentiellement sur de la production à faible valeur ajoutée, c’est-à-dire sur une main d’œuvre peu qualifiée et donc faiblement rémunérée dans la logique capitaliste, ce qui permet de vendre par la stratégie de la compétitivité-prix. Or ce type de croissance reste limité pour pouvoir se faire une place dans la terrible concurrence internationale.

Pour rivaliser sur les marchés internationaux et assurer une reprise durable, la croissance à coup de «  faibles coûts  » ne suffit pas, il faut aussi miser sur les aspects qualitatifs des produits et le développement technologique, surtout si les salaires tendent à repartir à la hausse. Mais problème  : le pays manque de main d’œuvre qualifiée notamment parce que les jeunes diplômés du pays ont tendance à émigrer vers la France, l’Allemagne et surtout l‘Angleterre à la recherche d’un avenir meilleur.

Ce phénomène devrait d’emblée nous mettre la puce à l’oreille  : si tout va mieux au Portugal, pourquoi les jeunes quittent le pays  ? L’émigration a augmenté de +50% entre 2010 et 2013 et se stabilise depuis à 110000 départs chaque année selon l’Observatoire de l’émigration portugaise.

Deux millions de portugais vivent en dehors du Portugal, c’est-à-dire 20% de la population. Ce phénomène n’est pas nouveau, mais les jeunes ne voient toujours pas d’avenir dans leur pays tellement ils subissent la précarité sur le marché du travail ainsi qu’un taux de chômage toujours élevé (24%). L’économie portugaise n’est pas capable d’intégrer les jeunes qualifiés et offre des conditions de travail lamentables que le gouvernement PS ne remet pas en cause depuis les réformes austéritaires. C’est là où persiste une austérité déguisée sur le marché du travail au Portugal comme nous le verrons par la suite.

Quoiqu’il en soit, le vieillissement de la population et le phénomène d’émigration entrainent un déclin de la population active et pose une contradiction de taille comme le souligne le rapport économique de l’ambassade de France à Lisbonne : «  L’augmentation des salaires ne suffit pas à retenir les actifs locaux les plus qualifiés, ni à attirer les étrangers ; elle pourrait en revanche pénaliser la compétitivité-prix de l’économie portugaise, si la productivité du travail ne suit pas  ».

Mais la plus importante contradiction relève certainement du demi-mensonge selon lequel le gouvernement PS soutenu par la gauche réformiste, aurait rompu avec l’austérité.

L’austérité déguisée du gouvernement PS

On se trompe à moitié si l’on pense que le Portugal a tourné la page de l’austérité. Le retour de la croissance est aussi en grande partie due au rebond des investissements (+8,4%) en particulier des investissement étrangers attirés par un faible coût du travail et la déréglementation du marché du travail depuis l’intervention de la Troïka, que le gouvernement PS n’a jamais remis en cause. Couplé avec une stabilisation de la colère sociale que la Geringonça, par ses quelques mesures, a canalisée dans le Parlement suite aux fortes mobilisations contre la Troïka entre 2011 et 2013, le Portugal devient le pays européen le plus attractif pour les capitalistes de la zone euro. Selon un sondage paru dans le journal Negócios, 86% des investisseurs considèrent la stabilité sociale comme principal facteur d’attractivité, et pour 77% d‘entre eux c’est le faible coût de la main d’œuvre qui prime. Il n’est nulle question ici de relance de la demande. Au contraire, du point de vue des capitalistes, si les salaires venaient à «  trop augmenter  », sans qu’ils rémunèrent une main d’œuvre plus qualifiée, cela ferait chuter les investissements puisque le Portugal perdrait alors son attractivité.

Le patronat voudrait d’ailleurs que les réformes du marché du travail aillent encore plus loin alors qu’elles ont déjà considérablement dégradé les conditions de travail : assouplissement des procédures de licenciements, baisse des couts de licenciement, baisse du «  coût  » du travail. Regardons en détail sur quoi repose réellement ce miracle économique portugais  :

Pour tous les contrats de travail signés depuis octobre 2013, les indemnités de licenciements ont été scandaleusement réduites de la manière suivante  : 18 jours au titre des trois premières années travaillées puis 12 jours par année travaillée ultérieure, au lieu des 1 mois de salaire de base par année travaillée pour les plus anciens contrats, tout en plafonnant le montant des indemnités de licenciement à 240 fois le SMIC. De plus, la législation élargit désormais le critère de licenciement selon l’ancienneté à d’autres critères qui rendent vulnérables les travailleurs les moins qualifiés, tout en introduisant un critère flou de « performance  » individuelle. Autrement dit, les patrons ont désormais la possibilité de mobiliser plus de «  motifs  » pour licencier, sous bénédiction de la loi.

Concernant la baisse du «  coût  » du travail, deux importants cadeaux pour les patrons  : d’une part la réduction de 25 à 22 jours de congés payés annuels et la suppression de la moitié du montant des primes d’heures supplémentaires  ; d’autre part la mise en place d’un instrument digne de l’esclavage nommé la «  banque d’heures individuelles  », qui donne la possibilité aux patrons d’imposer des heures supplémentaires à chaque salarié individuellement sans les payer, dans la limite de 2h par jour et 50 heures par semaine.

Malgré des réformettes ridicules du gouvernement actuel, telle la taxation des entreprises qui multiplient les CDD (prévue pour 2020…), les capitalistes portugais et étrangers sont rassurés, le gouvernement PS garantit le maintien des instruments de surexploitation des travailleurs mis en place par son prédécesseur. Des possibilités d’exploiter des travailleurs à bas salaire pour en tirer un plus grand profit, de les licencier facilement, le tout tranquillement dans la paix sociale, voilà ce qui attire les capitalistes au Portugal. Voilà sur quoi repose ce «  miracle  » économique  : c’est la combinaison d’une timide relance de la demande sur la base d’une législation du travail ouvertement au service du patronat, qui constitue le cocktail explicatif des «  bons  » résultats économiques. Le Portugal se situe donc à mi-chemin entre un statu quo de là où en était arrivé l’austérité d’un côté, et une timide relance de l’autre. Peut-on vraiment revendiquer cette politique  ?

Il y aurait encore bien à dire sur ce «  miracle  » portugais, notamment sur le principal moteur de la croissance économique, le tourisme et ses AirBnb, qui est dans le même temps facteur d’une bulle immobilière qui gonfle, synonyme de précarité, et cause des milliers d’expulsions chaque année des portugais de leurs logements ainsi que de la flambée des loyers à Lisbonne et Porto. Que dire aussi du cruel manque d’investissement public notamment dans le secteur de la santé et pour entretenir les infrastructures  ? Quoiqu’il en soit, il n’y a ni miracle, ni garantit d’un «  mieux  » à long terme, ni modèle alternatif sérieux.

Le PS tente de composer entre les pressions de sa droite et celles de ses alliés à gauche  ; le Bloc de gauche et le PCP cherchent des compromis avec le PS. Bref, le trio tente de se maintenir dans une logique de compromis permanents. Dans tous les cas, la politique des compromis avec les capitalistes ne peut en aucun cas servir sérieusement les intérêts des travailleurs et des classes populaires portugais. Les grèves des profs, des cheminots, des ouvriers de Volkswagen-autoeuropa et des infirmières, qui ont éclaté cette dernière année, avec des taux de mobilisation impressionnants, annoncent un retour de la lutte de classe au Portugal, qui est la seule capable d’aller plus loin que les demi-mesures parlementaires et de se débarrasser du boulet austéritaire qui continue d’écraser les portugais.

Sources  :

Les Echos

Institut national des statistiques portugaises  (INE)

L’Observador

La France insoumise

Le Parisien

Service économique de l’ambassade de France à Lisbonne

L’Observatoire de l’émigration portugaise

Jornal de Negócios

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Les riches toujours plus riches : nouveau record de dividendes au deuxième trimestre

Pendant que les classes populaires se serrent la ceinture et subissent de plein fouet les politiques austéritaires et bellicistes au niveau mondial, les versements des dividendes aux actionnaires ont atteint un nouveau record de 12,9 % au deuxième trimestre à l’échelle mondiale. En France, pendant que les cheminots se battaient pour la sauvegarde de leur statut, les actionnaires touchaient la somme de 50,9 milliards d’euros, soit une hausse de 23,5 %, du jamais vu…

Ce lundi 20 août, la gestionnaire d’actif Janus Henderson Global Dividend Index (JHGDI) a publié dans sa dix neuvième édition, une hausse dans le versement de dividendes aux actionnaires de 12,9 %, soit 497,4 milliards de dollars. Au niveau mondial, la région qui traite le mieux ses actionnaires est l’Europe, hors le Royaume Uni, avec les deux tiers des dividendes mondiaux payés à elle seule et une augmentation de 18, 7% par rapport à l’année dernière, soit 176,5 milliards de dollars. Suivie du Japon avec 35,9 milliards de dollars, une hausse de 14,3 % et l’Amérique du Nord qui a distribué des dividendes pour 127,3 milliards de dollars, une hausse de 5,1 % par rapport à l’année dernier.

Selon l’étude, depuis l’année 2009 les dividendes mondiaux ont augmenté de plus de quatre cinquièmes. Globalement les indices ont augmenté dans toutes les régions du monde et des records ont été atteints dans douze pays incluant la France, le Japon et les EEUU et la plus grande hausse de dividendes s’est effectuée dans le secteur minier. Une des raisons à cette augmentation des dividendes est due à la revalorisation du dollar, car les devises converties à un taux d’échange plus favorable gonflent les taux de croissance, ainsi que les dividendes.

Au niveau européen, les actionnaires des entreprises françaises sont les mieux privilégiés ; selon une étude réalisée par Oxfam et Basic, "La France est le pays au monde où les entreprises cotées en bourse reversent la plus grande part de leurs bénéfices en dividendes aux actionnaires". Malgré les larmes de crocodile de Geoffroy et de Gataz qui demandent toujours plus de compétitivité et flexibilisation… Selon cette étude, le CAC40 a "reversé plus de deux tiers de leurs bénéfices à leurs actionnaires sous forme de dividendes (depuis 2009)", "ne laissant que 27,3% au réinvestissement et 5,3% aux salariés". La porte parole d’Oxam France dénonce : "Les richesses n’ont jamais été aussi mal partagées depuis la crise au sein des grands groupes, qui choisissent délibérément une course aux résultats de court terme pour conforter les actionnaires et les grands patrons au détriment des salariés et de l’investissement".

Dans le classement des entreprises établie par JHGDI, deux entreprises françaises rentrent dans le top 10 des dividendes, Sanofi et BNP Paribas, se plaçant dans la quatrième et cinquième place du classement, Total arrivant en onzième position. La France se situe donc juste derrière les États Unis avec 50,9 dollars de dividendes versés, une hausse de 23,6 %, quasiment le double que la hausse relevée au niveau mondial.

Tandis que nos cheminots comptaient leur salaire fortement réduit par les jours de grève, les actionneurs se frottaient les mains sous une pluie de dollars. Les chiffres sont éloquents, les capitalistes, eux ne sont pas en crise et c’est bien à eux de payer leur crise et c’est seulement à travers la mobilisation, l’auto-organisation et la grève que nous réussirons à faire reculer le gouvernement CAC40, qui est en ce moment en franche offensive. La répartition des heures entre tous les bras disponibles, l’ouverture des livres de comptes et le contrôle ouvrier de la production sont des demandes dont les travailleurs doivent mettre en avant pour empêcher le monopole des richesses par la classe dominante.

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Jeunesse précarisée : le coût de la vie étudiante en augmentation

Cette année encore, les étudiants ont vu leurs dépenses augmenter, une précarité étudiante galopante qui pousse de plus en plus d’entre eux à se salarier. Ce sont les conclusions du rapport annuel de l’UNEF sur le coût de la vie étudiante.

Crédit Photo : Sébastien Calvet

Tous les indicateurs sont en augmentation : en 2018, être étudiant a coûté 1,31 % de plus qu’en 2017, avec de fortes disparités régionales. Alors que les loyers des grandes villes sont toujours en hausse, et que de nombreuses métropoles ont augmenté les prix des transports, les étudiants doivent aussi faire face à de nouvelles dépenses dues à la loi ORE qui, au printemps, a instauré la sélection. En effet, la principale nouveauté de cette année, c’est le paiement par tous les étudiants non boursiers (soit 73 % d’entre eux) d’une CVEC (Cotisation Vie Etudiante et de Campus), à hauteur de 90€ pour une étudiant en premier cycle, qui a été instauré sous prétexte de la suppression du système de sécurité sociale étudiant. Un nouveau poste de dépense qui vient s’ajouter à ceux déjà nombreux chez les étudiants, détaillés dans le rapport d’une trentaine de page édité par l’UNEF ce mois d’août.

Une des principales dépenses des étudiants reste le logement : 662€ par mois en 2018-2019 en moyenne en région parisienne (+0,47€), pour 418€ en moyenne en région (+0,67%). Des dépenses qui, si elles ne sont pas en forte augmentation, sont à comprendre dans un contexte de baisses successives des APL par le gouvernement, qui a raboté les sommes parfois très modiques (parfois moins de 50€) données aux étudiants pour se loger : diminué de 5€ pour les bénéficiaires, il a ensuite été gelé en 2018, ce qui équivaut à une baisse relative à l’inflation de 2 %. Dans le même temps, les bourses n’ont pas augmenté, laissant 73,5 % des étudiants sans bourses et totalement dépendants de leurs parents et de leurs salaires.

Ce qui semble être en revanche le chiffre le plus saisissant de cette rentrée, c’est le « reste à charge » des étudiants, c’est à dire le coût à supporter par les familles et les salaires des étudiants, une fois déduit les bourses et les aides sociales. En moyenne de 708,13€ en 2017, il est en augmentation de 129,59€ en 2018, faisant passer ce reste à charge à 837,72€ par mois. Alors que 56 % des étudiants sont obligés de se salarier pour vivre, ce chiffre risque donc d’augmenter dans les prochaines années, avec les conséquences de l’on connaît : difficulté accrue à suivre ses études, stress accru, échec plus important, études plus courtes. Encore une fois, ce sont donc les enfants des classes populaires qui vont payer de leur poche et de leur avenir l’augmentation du coût de la vie. Pendant que Parcoursup poursuit son tri, Macron laisse la sélection sociale opérée.

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Se syndiquer CGT ?

Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
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