SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

notes d'information cgt unilever

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Témoignage. Fermeture des bars : "J’ai
 
du continuer à travailler
 
clandestinement"

 

Malgré la fermeture des bars et restaurants, certains ont du poursuivre le travail en arrière boutique, illégalement, dans de mauvaises conditions. Témoignage d'un salarié.

Précarité

Le 12 octobre, la préfecture de la région Occitanie Haute-Garonne émettait l’arrêté qui établissait la fermeture des bars, restaurants, et salles où le rassemblement de personnes permettrait la propagation de la COVID. Les intérêts économiques des restaurateurs et commerçants se voyaient menacés et quatre jours plus tard, le tribunal administratif annonçait la réouverture de bars et restaurants sous certains mesures.

D’autres, voyant leurs intérêts économiques menacés, ont préféré la « clandestinité ». Quoiqu’il en soit, ce sont toujours nous, les travailleurs, qui risquons le plus.Je suis étudiant à l’Université et salarié à mi-temps. J’enchaîne deux jobs, le samedi et le dimanche dont dix heures par semaine dans une salle qui accueille du public. Pour ce travail, mon CDD a déjà été renouvelé deux fois, dont la dernière fois pour 6 mois.

Après l’arrêté du 12 octobre, les patrons se doutaient qu’il devraient fermer, et même s’ils étaient très réticents, ils ont cependant dû fermer officiellement. Néanmoins, ils trouvent toujours le moyen de continuer à nous faire travailler clandestinement. Ils nous ont annoncé que nous devons continuer de venir travailler, que l’établissement continuera à recevoir des groupes de clients qui auraient réservé à l’avance.

Moi j’étais obligé d’y aller, de faire mon travail : accueillir le public et nettoyer. Le responsable m’a dit que je devais travailler normalement, comme d’habitude. Je ne peux pas refuser et risquer de perdre mon travail. Je dois payer mon loyer, les charges, mes études (heureusement que j’ai commencé la fac il y un an sinon avec les augmentations des frais d’inscription pour les étrangers je n’aurais pas pu continuer mon master). Je n’ai aucun autre moyen de financement, je n’ai ni bourse, ni ma famille qui peut m’envoyer de l’argent. Mon seul revenu, c’est mon travail.

Le premier samedi après la fermeture officielle, les clients qui avaient réservé en avance sont venus. Ils connaissaient le plan et la marche à suivre au moment d’arriver à la porte. La façade cachait la porte de la salle. L’accueil sans lumière, les volets fermés... Sur la porte qui devait toujours être fermée à clefs depuis l’intérieur étaient affichés deux mots : le premier pour des renseignements téléphoniques, et le dixième indiquait où sonner pour appeler l’accueil.

Dès l’heure de l’ouverture de la salle, j’ai discuté avec le responsable pour lui dire que je n’étais pas d’accord avec ce qu’ils faisaient, que c’était illégal. Il faisait tout pour que les clients ne le sachent pas, me faisait des signes pour m’indiquer de baiser la voix, pour éviter que les clients présents puissent m’entendre. Il m’a aussi dit qu’il était sous les ordres des patrons et qu’ils étaient conscients du risque (équivalent -comme il l’a déclaré-à une « simple amende »). Il m’a dit que je ne risquais rien, que tous les risques étaient pour eux. A leurs yeux, le risque est purement économique, sans que ne rentre en ligne de compte les risques d’infection.

Pendant la journée, j’ai comptabilisé environ quarante ou cinquante personnes à l’intérieur. Au moment où je nettoie, je vois que l’issue de secours est aussi bien fermée, empêchant les gens de sortir en cas de danger.

Je suis totalement dégoûté et trop mal à l’aise. Ils mettent les vies des clients, et surtout les nôtres en danger : celles des salariés précaires qui n’ont que leur travail pour vivre, qu’on a que notre travail pour vivre chaque jour. Ils sacrifient la santé des clients, la santé et le revenu quotidien de leurs salariés, pour conserver leurs profits.

Crédit photo : Maxppp - Philippe de Poulpiquet

 

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Nokia Lannion. Les salariés en grève
 
contre 402 suppressions de postes

 

Alors que de nombreux plans de licenciements ont été annoncés ces derniers mois dans la « Silicone Valley » Bretonne (Brittany Ferries, Hop !, Nokia), les salariés de Nokia Lanion s’étaient donnés rendez-vous ce mardi pour manifester contre la suppression de 402 postes sur le site. Une action symbolique de nettoyage était prévue mais c’était sans compter sur la direction qui a fait fermer le site … Dépossédés de leur outil de travail, les salariés ne comptent pas pour autant laisser ce massacre à l’emploi se poursuivre !

 

Nos vies pas leurs profits

Crédits photo : DAMIEN MEYER

A l’appel des organisation syndicales, les salariés du site Nokia de Lannion avaient prévu une action symbolique de nettoyage du site qu’ils estiment laissé à l’abandon par leur employeur. En effet une très grande majorité des employés sont actuellement en télétravail et le site de Lanion est aujourd’hui le symbole de l’abandon de l’emploi (1200 postes supprimés en France) par le constructeur Finlandais sur les sites Français qu’il préfère déplacer vers des pays ou la main d’œuvre est moins chère.

Après plusieurs réunions stériles avec le gouvernement et les représentants de l’entreprise les salariés restent déterminés et continuent à s’opposer à ces suppressions d’emplois qui frappent particulièrement la région. Au-delà des pertes d’emplois directes, c’est toute l’économie de la région qui est affectée par ces délocalisations, ainsi que les futurs candidats au travail, suivant actuellement une formation, dans le secteur des télécoms. Un plan de licenciements qui, comme le redoutent les élus et habitants de la région, pourrait également donner des idées à son concurrent Orange, deuxième employeur de la ville devant Nokia.

Arrivés au point de rendez-vous pour la manifestation, les employés du géant Finlandais ont trouvé les grilles du sites fermées, la direction utilisant le prétexte des conditions sanitaires pour empêcher l’action de ses salariés.

Un plan de secours est alors trouvé et les 402 travailleurs et leurs soutiens partent alors en direction du pôle emploi pour y déposer 402 CV, action symbolique visant à dénoncer la catastrophe à venir.

Comme l’explique Loïg Chesnais-Girard (président de la région Bretagne) à Franceinfo : « Le départ de Nokia est un scandale dans la période. L’entreprise Nokia s’est installée en reprenant Alcatel, puis cinq ans après, après tous les moyens qui ont été mis sur la table de la part de l’Europe, de l’État, de la région, cette entreprise s’en va pour des pays low-cost. »

Cette attaque de Nokia envers ses employés, et celle, plus largement, de l’ensemble du patronat qui cherche à sauver ses profits sur le dos des salariés, démontre l’urgence d’un plan de bataille pour l’ensemble des travailleurs dont la santé et l’emploi sont menacés par la crise sanitaire et économique. Si les actions symboliques sont un premier pas dans la contestation de ces plans de licenciements en cascade, cette tactique est loin d’être suffisante pour empêcher de détruire les vies de plusieurs centaines de travailleurs et de leurs familles. Face à l’illusion des négociations, les travailleurs de Nokia doivent, ensemble, exiger un plan de bataille concret de la part de leurs directions syndicales. Une lutte coordonnée donc à l’ensemble des sites concernés et même du secteur plus généralement, avec un plan de bataille qui pose comme revendication centrale, non-négociable et sans conditions : zéro licenciement.

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Bridgestone. 400 emplois supprimés : le
 
scandaleux "plan alternatif" du
 
gouvernement

 

Lundi, la ministre déléguée à l’industrie Agnès Pannier-Runacher, a présenté un « scénario » de sauvegarde de 400 emplois sur les 863 que compte site de Béthune. Un plan qui nécessiterait un investissement de 100 millions d’euros et des sacrifices de la part des salariés. Face à la détermination de la multinationale à fermer le site et à l’inconsistance du plan gouvernemental, le rapport de force demeure seul à même d’ouvrir des perspectives pour les travailleurs

 

NON A LA FERMETURE ET AUX LICENCIEMENTS

Crédits photo : AFP

Lundi, la ministre déléguée à l’industrie Agnès Pannier-Runacher, a présenté un « scénario » de sauvegarde de 400 emplois sur les 863 que compte site de Béthune. Un plan qui nécessiterait un investissement de 100 millions d’euros et des sacrifices de la part des salariés. Face à la détermination de la multinationale à fermer le site et à l’inconsistance du plan gouvernemental, le rapport de force demeure seul à même d’ouvrir des perspectives pour les travailleurs.

Le 16 septembre dernier, le fabricant de pneus Bridgestone, numéro un mondial de son secteur et ses 27 milliards de chiffre d’affaire l’année dernière, annonçait brutalement la fermeture de son site et la cessation de toute activité, ainsi que son intention de mettre sur carreau les 863 salariés qui restent du site, après avoir été des milliers. Ce lundi donc, la ministre déléguée de l’Industrie présentait un « plan alternatif ».

A l’issue d’une réunion avec les élus locaux, et les représentants des salariés, le gouvernement dévoilait un projet face à la fermeture totale du site souhaitée par le groupe nippon. Face à la direction de l’équipementier qui a condamné le site industriel du nord du Pas-de-Calais, l’Etat après avoir fait réaliser une contre-expertise par le cabinet Accenture table sur la sauvegarde de la moitié des emplois et un investissement de 100 millions d’euros.

La secrétaire d’Etat aux industries, accompagnée de Xavier Bertrand, président LR des Hauts-de-France, et des représentants des salariés a défendu un plan qui « vise à maintenir une production de 3 millions de pneus sur le site de Béthune au moyen de nouvelles machines-outils qui permettront à Bridgestone de gagner en agilité entre les productions de pneus à faible valeur ajoutée et les autres à plus forte valeur ajoutée », et qui « s’attaque aux deux aspects critiques du site : son déficit de productivité, conséquence de dix ans de sous-investissement ; et le positionnement sur un marché (les pneus de petite taille) en perte de vitesse » explique-t-on au cabinet de la ministre.

Un plan inacceptable : en finir avec les illusions d’une résolution de la crise par les voies institutionnelles

Ce plan alternatif du gouvernement est loin d’être une réponse aux inquiétudes des salariés.Agnès Pannier-Runnachier a déjà prévenu que le « sauvetage » du site ne pourrait se faire sans « un effort collectif, un effort de productivité et une restructuration non négligeable ». Ainsi pour le géant industriel l’effort s’annonce minimal, un investissement de 100 millions, pour les salariés la donne s’annonce différente, plus de la moitié perdront leur emploi.

Un scénario qui rappelle celui de Bari, site industriel de Bridgestone qui avait du faire face le 4 septembre 2013, à l’annonce brutale de se fermeture. Après sept mois de négociations, les directions syndicales et les élus locaux avaient signé un plan de « sauvegarde » de l’usine. Dans l’affaire 377 postes étaient supprimés sur 935, les salaires étaient diminués de 30% et la quasi-totalité des acquis sociaux des travailleurs du site étaient supprimés. Et alors que la direction du groupe s’est déclarée prête à « examiner » la proposition du gouvernement, le scénario de Bari revient nécessairement sur le devant de la scène.

Dans la continuité de sa prise de parole du 13 octobre dernier, la ministre déléguée à l’industrie a déclaré que le gouvernement était prêt à investir mais a refusé de répondre à la question de son contenu, « ce n’est pas le sujet. Le sujet c’est de savoir s’il y a un bon projet industriel ». Et en réalité, si l’on peut imaginer le gouvernement mettre la main à poche, et réunir les 100 millions d’euros demandés pour éviter une fermeture pure et simple du site, au regard de la forte charge symbolique et politique de ce dossier, les promesses gouvernementales restent pour l’heure floues et surtout subordonnées à la position du groupe Bridgestone. Or, comme la multinationale l’a précisé dans un communiqué fin septembre, elle reste déterminée à fermer le site dont elle prétend qu’il nuirait à sa compétitivité. « Le projet de cessation totale d’activité est toutefois la seule option qui permettrait de répondre à la surcapacité de production structurelle de Bridgestone et donc de sauvegarder la compétitivité de ses opérations en Europe. » écrivait en effet Bridgestone Europe le 21 septembre dernier. Une position que le groupe n’a toujours pas infirmé, et s’il a déclaré vouloir « examiner » le plan du gouvernement, la possibilité que celui-ci devienne réalité est très hypothétique :« Cette possibilité repose sur des hypothèses qui nécessitent d’être détaillées et travaillées » explique l’équipementier dans un communiqué

Ce plan proposé par les élus et le gouvernement est le signe d’un net recul par rapport aux promesses et déclarations qui avaient succédé à l’annonce de la fermeture. Le 16 septembre dernier le gouvernement et la Région s’étaient empressés de dénoncer la mesure. Dans un communiqué commun, Elisabeth Borne, ministre du travail, Agnès Pannier-Runnacher, ministre de l’industrie, et Xavier Bertrand, président de la Région interpelaient le groupe et appelaient à cherche des plans alternatifs. La Région comme le gouvernement se présentaient alors comme ceux, qui en jouant la partition de la négociation, à l’échelle française et européenne, allaient permettre de sauver les emplois et l’usine.

En axant le combat sur les « scénarios alternatifs » ou sur la recherche d’un repreneur, en transférant la lutte dans les salons feutrés, en déléguant la bataille à des discussions d’expert, le gouvernement aura réussi à désamorcer la conflictualité. En témoigne le communiqué de l’intersyndicale locale le 21 septembre dernier dans lequel le plan de bataille se résumait à « la recherche de solutions alternatives » en s’appuyant sur le « soutien » du gouvernement : « Un « plan A [pour] sauver l’usine en obtenant de l’invertissement », un « plan B [pour] participer aux discussions autour d’un éventuel repreneur, limiter un maximum les suppressions de postes » et un « plan C [pour] accompagner au maximum les salariés dans le cadre de la fermeture de l’usine ». Dans aucun des trois cas, mention était faite à la possibilité d’une bataille offensive contre la fermeture du site, puisqu’était privilégié le cadre du dialogue social. L ’intersyndicale locale se borne donc pour l’instant à « un accord de méthode » et à la recherche d’un compromis en misant sur l’aide du gouvernement. Cette stratégie conduit à faire profil bas, comme l’a démontré la marche « silencieuse » du 4 octobre dernier, où apparitions politiques et syndicales étaient interdites, quitte à décourager des travailleurs syndiqués d’autres entreprises, comme Cargill, de venir manifester leur soutien. A l’heure où Bridgestone, n’est pas revenu sur son annonce de l’impossibilité d’une issue autre que la fermeture totale du site, et alors que le « scénario » du gouvernement n’est pas favorable aux travailleurs, il est grand temps de poser la question d’un programme radical et d’une stratégie offensive.

Dialogue social ou rapport de force » ?

Ce matin après le dévoilement du scénario gouvernemental et l’annonce et de la « nécessaire réorganisation » du temps de travail et des équipes de nombreux syndicalistes étaient sonnés, Jacky Francoeur ( Sud chimie) se dit « fataliste […] Ce n’est qu’une proposition, pour l’instant la direction a seulement accepté de l’étudier. Mais, que l’on y soit favorable ou pas, de toute façon, pour nous, c’est ça ou la fermeture totale ». Il ajoute « L’État dans cette affaire est un peu comme nous, et nous n’oublions pas non plus que les différentes lois votées depuis des années ont été faites pour permettre à ces grands groupes de faire ce qu’ils veulent ».

Les illusions que la classe politique avait cherché à véhiculer sont terminées. La survie du site ne viendra ni du gouvernement ni du dialogue social. A rebours de toute illusion dans la classe politique (on se souvient de la façon dont Emmanuel Macron et Marine Le Pen avaient instrumentalisé la lutte des Whirpool à des fins électorales, pendant l’entre-deux tours), c’est sur leurs propres forces que les salariés doivent compter. L’attente d’un repreneur ou d’aides de l’Etat a trop duré. La force des ouvriers de Bridgestone, c’est la grève, leur nombre et la possibilité de faire tourner les machines ou non, d’occuper le site pour empêcher le démantèlement. Rien de tout cela n’est possible dans les salons feutrés de l’Elysée, dans le cadre du dialogue social, et alors que les deux premiers mois de négociation ont, pour l’instant, accouché de la promesse de la destruction d’au moins la moitié des emplois.

Dans ce combat, il n’y a pas d’autre perspective que la prise en main de l’usine par les travailleurs. Si la direction de Bridgestone montre sa détermination dans cette guerre de classe à privilégier leurs profits avant nos vies, nous devons opposer la nôtre en toute indépendance de classe. Dans ce combat il n’y a pas d’autre solution réaliste que la prise en main de l’usine par les travailleurs. Pour sauver Bridgestone, il s’agit de construire par une forte mobilisation, la perspective de la nationalisation sous contrôle ouvrier du site. Le premier pas à faire est celui de rompre avec tout cadre de dialogue social pour enfin imposer un véritable rapport de force;

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Après la barbarie assassine sur Samuel Paty, pour réfléchir. Toujours et encore.
Après la barbarie assassine sur Samuel Paty, pour réfléchir. Toujours et encore.
Après la barbarie assassine sur Samuel Paty, pour réfléchir. Toujours et encore.

Et pour ne rien oublier dans quelle société nous vivons:

Après la barbarie assassine sur Samuel Paty, pour réfléchir. Toujours et encore.
Après la barbarie assassine sur Samuel Paty, pour réfléchir. Toujours et encore.

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

 

Le personnel de la clinique psychiatrique nantaise n’en revient pas d’avoir tenu si longtemps, et d’avoir fait plier le groupe australien Ramsay.

 
Elles sont arrivées avec la pancarte du jour « Clinique du Parc, 35e jour de grève », en ajoutant un sous-titre oral « dont 29 consécutifs »… Ce n’était pas prévu, mais ce 15 octobre la soirée de soutien a aussi été l’annonce de la fin de conflit. Elles réclamaient 100 € d’augmentation, elles ont signé pour 60 € net, une prime « exceptionnelle » de 100 €, plus un accord sur la prime habillage/déshabillage, inscrite dans la convention collective, mais jamais versée, et une prime à l’intéressement.

« Physiquement, moralement et financièrement, ça commençait à être dur même si nous avons eu énormément de soutien. On en est à plus de 9000 messages sur notre groupe WhatsApp », note Fanny, secrétaire administrative depuis 11 ans. « Nous ne voulions pas un résultat clivant, excluant. C’était la même chose pour tout le monde, point barre : agents de service, administratifs, soignants, même le cadre qui n’a jamais été en grève… » Fini la musique sur le piquet de grève, les confettis, les délires au mégaphone.

Le collectif n’était pas préparé à une si longue grève. « Nous avons commencé le 16 juin et l’on tout de suite vu qu’on n’était pas entendues. Une prime de rentrée et des tickets resto, ce n’est pas ça qu’on voulait. À la rentrée nous sommes parties en grève reconductible, et nous avons eu aussitôt une forte mobilisation à tous les postes, administratif, agents hospitaliers, psychologues, infirmières, aide-soignantes » lâche Khadija, infirmière depuis un an.

 
Des salaires 300 à 400 € inférieurs au public

 

La lutte « pour une meilleure considération des soignants » demande aussi une revalorisation des salaires. Une aide-soignante touche par exemple 1150 € net par mois avec un week-end de garde malgré 5 ans d’expérience, une infirmière avec 15 ans d’expérience gagne 1500 € net par mois avec un week-end de garde également : « C’est 300 € à 400 € de moins que dans le public, alors que les gens sont persuadés que dans le privé on gagne mieux… », soupire Khadija. Exerçant en libéral, les médecins n’ont pas fait grève. Mais ils ont soutenu le mouvement, certains passant tous les jours voir les grévistes.

« Et puis là, surprise : la direction nous a réquisitionnées en nous envoyant des huissiers à domicile pour nous remettre la lettre… Même au personnel en arrêt de travail… » En fait, dans le privé, et sans notion de danger imminent, le personnel ne peut pas être légalement réquisitionné. « On a même tenté de me réquisitionner sur un contrat que je n’avais pas encore signé », rigole Olivier, infirmier en remplacement depuis trois ans et demi, en contrats d’un à trois jours. Le tout assorti d’intimidations : « On nous a dit qu’on risquait 6 mois de prison et 10 000 € d’amende. Il paraît que ça venait d’un courrier de l’ARS (Agence régionale de santé) qu’on a demandé à voir et qui ne nous a jamais été montré… »

« Quand la direction s’est rendu compte que la manœuvre avait échoué, décision a été prise de transférer les patients ailleurs, dans des villes aux alentours, mais jusqu’à Rennes et Laval à 110 et 135 km de Nantes. Nous ne pensions pas que la direction viderait la clinique. C’est de la psychiatrie, beaucoup d’écoute, d’entretiens, de relationnel… Nous connaissons nos patients. Le jour du ballet des ambulances, nous étions très tristes. C’était du gâchis… » Évidemment, la direction de Ramsay a tenté le grand classique de la culpabilisation en parlant de « vraie prise en otage des patients ».

 

Une grève exemplaire
 

Fanny n’en revient pas : « La solidarité a été formidable ». Syndicale, amicale, militante… Au B17, lieu autogéré nantais situé à 800 m de la clinique, la soirée de soutien est à l’initiative du groupe des Féministes révolutionnaires qui a fourni croissants et café et prêté son mégaphone très apprécié par le piquet de grève.

Dans cette clinique pratiquement sans syndiqué·es, les grévistes ont découvert que leurs déléguées du personnel ne s’investissaient pas dans la grève. Et comme la direction ne voulait parler qu’avec ces représentantes connues, beaucoup de temps a été perdu. Mais l’auto-organisation a plutôt bien fonctionné. Si le mouvement a été bien suivi, plusieurs facteurs y ont contribué : les personnels non remplacées (aide-soignante de nuit, responsable hospitalière, responsable qualité…) ont mis un surcroît de pression. La dégradation des conditions de travail, le sous-effectif, l’absence de formation, les salaires au ras des pâquerettes ont cristallisé une énergie qui couvait.

« Et puis la mauvaise foi, les coups bas de la direction ont bien aidé à renforcer la cohésion d’un groupe qui fonctionnait déjà bien ensemble, très soudé. La division n’a jamais pris. Même avec les médecins ça n’a pas marché quand la direction leur a raconté : “Vous ne savez pas ce que les grévistes disent sur votre compte…” La grève a resserré les liens. Nous avons prévu une fête de fin de grève. On va se prendre un week-end, en louant un gîte pour être entre nous… » La solidarité a été formidable. Bon, 60 € d’augmentation, ce n’est peut-être pas énorme… Elles parlent à la fois de victoire et de défaite : « Nous perdons une petite bataille, mais la guerre n’est pas finie ».

La clinique du parc est le seul établissement psychiatrique privé à Nantes. Une cinquantaine de salariées, à 90 % des femmes, pour un établissement du groupe Ramsay santé, filiale du groupe australien Ramsay Health Care qui a en 2014 racheté la Générale de Santé en partenariat avec Crédit Agricole Assurances. Le chiffre d’affaires annuel de Ramsay Santé a grimpé de 51,7 % au bilan de juin 2019, et de 44,4 % (1,93 milliard d’euros) lors de la publication des chiffres en févier dernier.

 

Publié par FSC

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L'initiative est d'autant plus à souligner qu'elle se tient à l'

École nationale supérieure de sécurité sociale

qui comme le soulignait le film "La sociale " a très longtemps ignoré le fondateur de la Sécu !

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SOURCE :

 

Je voulais adresser mes remerciements aux organisateurs de cette initiative pour leur invitation.

Je suis heureux de participer à la commémoration de l’ordonnance du 4 octobre 1945 qui fait suite aux recommandations du CNR dans son programme « Les Jours Heureux », et qui fut une étape importante dans la mise en place de cette Sécu à laquelle nous sommes tous tellement attachés, et qui a changé le visage de notre de notre pays.

C’est sans nul doute le plus bel héritage social du XXe siècle, grâce auquel rien ne sera plus comme avant et pour reprendre une formule de Croizat

« mettre définitivement l’homme à l’abri du besoin. En finir avec les angoisses du lendemain, avec la souffrance, le rejet et l’exclusion ».

C’est pour ma part la première fois que je découvre physiquement l’ENSS. Je ne puis m’empêcher de me rappeler cette scène dans le film La Sociale et l’étonnement de Jolfred Fragonara devant l’amphithéâtre Pierre Laroque, quand il demande quelle référence est faite à Ambroise Croizat dans l’établissement. Et le plus drôle, quand on remarque l’embarras de la personne qui l’accompagne pour lui en faire la visite.

Que Pierre Laroque soit honoré dans cette enceinte me paraît tout à fait dans l’ordre des choses. Qui mieux que lui représente cette conscience de l’Administration, et par la part importante qu’il a prise dans l’édification de l’honorable institution, rien de plus normal qu’il apparaisse comme une figure des plus représentatives.

Mais comme chacun le sait, la construction d’un tel édifice ne repose pas seulement sur un exploit de la Haute Administration. L’esprit de ce type de réalisation est une projection éminemment politique, qui s’inspire d’un modèle de fonctionnement à construire, afin d’en réduire les inégalités, protéger les populations des aléas de la vie, mettre à l’abri des accidents et des incertitudes du lendemain.

Ces considérations ne sont bien entendu pas étrangères aux représentants de l’administration. Mais de fait, le mieux placé pour incarner ces valeurs, défendre le projet et impulser l’énergie qui permettra à cette institution de voir le jour, c’est sans conteste le ministre à qui on a confié la tâche de conduire cet énorme chantier.

Un autre point sur lequel je voulais m’exprimer est la manière et la rapidité qui ont permis à ce projet d’aboutir. Car là encore, un élément déterminant a accompagné la réalisation de cette entreprise.

C’est la façon dont les masses se sont appropriées ce projet encore en gestation le 4 octobre 1945. Tous ces anonymes qui sur leur temps libre ont apporté leur concours à l’avancement de la construction des bâtiments qui allaient accueillir les futurs locaux de la sécu, ou comme l’explique Jolfred Fragonara dans La Sociale, ces permanents syndicaux qui ne comptaient pas leurs heures pour établir les fichiers des futurs assurés sociaux. Cet enthousiasme et cette implication ont pris de cours ceux qui ne voyaient pas d’un très bon œil ces nouveaux conquis sociaux et ont permis l’édification de l’institution et son fonctionnement en un temps record.

Cette singularité est une grande victoire du monde militant. Et là encore, le personnage emblématique qui le représente le mieux, c’est évidemment Ambroise Croizat, le métallo qui entre à l’usine à l’âge de 13 ans, qui consacrera sa vie à défendre les droits des travailleurs, dans lequel ceux-ci ont confiance et se reconnaissent.

Dans cet établissement chargé de former les futurs cadres de l’institution, ne pas trouver trace du rôle tenu par Croizat me laisse pantois. Car dans les fonctions que ces cadres vont être amenés à exercer, être imprégné et pénétré de ces valeurs humanistes et émancipatrices ne me semblent ni superflu ni accessoire.

C’est au contraire un point d’appui pour apprécier dans sa globalité l’importance et le rôle majeur de l’institution, dans l’esprit du vivre ensemble, ciment de la cohésion de notre pays.

Les améliorations de bien-être et de dignité qui découlent de cette réalisation sont révélatrices du degré de civilisation de la société dans laquelle nous vivons et sont devenues le socle de notre modèle social.

Je ne doute pas que nous nous retrouverons rapidement pour l’inauguration d’une plaque définitive en l’honneur de Croizat sur le bâtiment de l’ENSS, alors je vous dis à bientôt et je vous remercie pour votre accueil.

 

 

ci-après interview de la fille d'Ambroise CROIZAT

 

Publié par FSC

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De sources diverses

 

mais toutes convergentes,

 

le peuple bolivien

 

tape du poing par les urnes.

 

Il bat la droite fasciste

 

à plate couture.

De la lumière dans la pénombre glauque du moment

Après le coup d'état fasciste fomenté avec la logistique du Trumpland, ses relais ex nazis, par les latifundiaires, les cartels de la drogue, et les multinationales voulant mettre la main sur les gisements de Lithium,  7 300 000 Boliviens étaient appelés aux urnes. 

Une éléction que la junte devant sa faillite en particulier dans la gestion du coronavirus (8400 morts officiel pour 11 millions d'habitants)  s'ajoutant à la colère déjà forte face au putsch, les répressions et la misère sociale qui l'a suivi, n'a pas pu empêcher.

Les Boliviens devaient élire leur président, leur vice-président, et renouveler l’ensemble du Parlement, où le Mouvement vers le socialisme (MAS) d'Evo Moralès était majoritaire.

C'est le MAS et ses candidats qui l'emportent très largement, le successeur d'Evo Moralès ancien ministre des finances de Moralès pouvant être élu dès le premier tour. 

Rédigé par Canaille Lerouge

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Assassinat barbare d'un enseignant à Conflans-Sainte-Honorine: Macron annonce des "actions concrètes". Ben voyons!

Cette image vaut mieux, je crois, qu'un très long plaidoyer en faveur de la liberté d'expression.

 

Mais revenons sur la politique politicienne, qui a de beaux jours en France, celle qui est le commis du capitalisme.

Les chambellans du palais de l'Elysée étaient présents place de la République à Paris. En tête, Jean Castex, le clone d'Emmanuel Macron, et Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale, qui n'avait pas dit un mot lorsque Christine Renon, directrice d'école, s'était suicidée. Dans sa dernière lettre, elle mettait en cause l'Education nationale, ses conditions de travail, ou encore les réformes incessantes et contradictoires. Elle détaillait son épuisement et sa solitude.

Il y avait aussi Marlène Schiappa, ministre de la Citoyenneté auprès du ministre de la police, Gérard Darmanin. Mais qu'a fait justement la police dans ce lâche et abominable attentat? Mediapart révèle que l'assasin, ayant décapité Samuel Paty, avait diffusé fin août sur Twitter un photomontage mettant en scène une fausse décapitation. Son compte avait fait l’objet de plusieurs signalements aux forces de l’ordre ces derniers mois. Et puis il y a ce fanatique de la sphère facho-islamiste qui, fiché S et depuis 20 ans en France, répand sur les réseaux sociaux sa haine. Que faisait la police, celle de Hollande président et celle bien entendu d'un ex-banquier d'affaires assis à l'Elysée.

Plainte avait été déposée par Samuel Paty contre la haine fanatique à son encontre. Qu'ont fait la Justice et l'Education nationale?

Il y avait également place de la République à Paris, les représentants de l'actuel gouvernement, mais aussi ceux d'hier et d'avant-hier. Lesquels ont fait, et font toujours amis-amis pour faire le business du capital, avec les pétro-monarchies du golfe, toutes creusets du fanatisme religieux dans le monde. La charia est la loi au Qatar qui, par le biais d'un fonds international d'investissements, sponsorise le PSG foot-pro.

Au-delà de la solidarité et du recueillement, nécessaires et légitimes, ne nous laissons pas aveugler par l'union nationale autour de la politique politicienne. Rappelons-nous que, lors du procès du nazi SS Klaus Barbie à Lyon, en 1987, le FN défilait dans la ville contre la Justice.

Oui, si nous les premiers de corvées, réfléchissions pour lutter tous ensemble et renverser le vieux monde.

 

Sinon, ce dessin de Philippe Geluck. Ce n'est pas très gentil. Mais je l'assume entièrement.

Assassinat barbare d'un enseignant à Conflans-Sainte-Honorine: Macron annonce des "actions concrètes". Ben voyons!

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Couvre-feu en Guyane : « La réalité que
 
l’on vit c’est celle des dernières colonies
 
françaises »

 

Le couvre-feu une mesure « efficace en Guyane » ? C'est en tout cas ce que dit Macron pour défendre sa mise en place en métropole. Pourtant, sur place les militants dénoncent une gestion coloniale de la crise. Nous relayons une interview d'Adrien Guilleau de l'Union des Travailleurs Guyanais réalisée par L'Anticapitaliste le 3 juillet dernier.

 

NPA

Vu sur L'Anticapitaliste

Pendant une réunion officielle sur la crise sanitaire à Cayenne en Guyane, le 22 juillet. Crédit photo : Jody Amiet / AFP

Adrien Guilleau est membre du bureau central de l’Union des Travailleurs Guyanais, et militant du Mouvement de Décolonisation et d’Émancipation Sociale. Le 3 juillet dernier, il donnait une interview à l’Anticapitaliste, le journal du Nouveau Parti Anticapitaliste, au sujet de la situation en Guyane, et de la gestion coloniale de la crise par le gouvernement. Nous l’avons retranscrite et la relayons ci-dessous.

L’Anticapitaliste : En Guyane comment se passe le confinement ?

Adrien Guilleau : En Guyane il n’y a pas à proprement parler de confinement. Nous sommes dans une phase expérimentale où il y a un couvre-feu qui a été étendu de 17h à 5h du matin, et le week-end de 13h le samedi à 5h du matin lundi. Donc en fait on a le droit d’aller travailler, on a le droit d’aller se contaminer en travaillant, on a le droit d’aller se contaminer en allant faire nos courses, mais on a pas le droit d’aller se contaminer en parlant avec nos copains.

Sachant que parallèlement, ils ont fait des tests massifs dans les quartiers populaires, et comme le virus circule partout mais qu’ils ont cherché seulement dans les quartiers populaires, ils ont décrété le confinement manu militari dans tous les quartiers populaires sous prétexte que l’épidémie y est très présente. Simplement ils n’ont absolument pas fait les mêmes tests dans les quartiers résidentiels et quartiers bourgeois où vivent le préfet, la directrice de l’ARS... Là aucun test n’a été fait et ces quartiers ne sont pas bouclé. Car dans les quartiers populaires ce sont des bouclages stricts avec barrières, contrôles policiers...

En Guyane on est dans un territoire où il y a plus de 60% de la population qui a un revenu inférieur au seuil de pauvreté français [1000euros, ndlr]. Donc pour vivre il faut tous les jours aller faire un job, découper l’herbe, entretenir un jardin, toutes ces tâches qui sont faites par les « mains invisibles ». Et là le confinement pose de gros soucis pour tous ces gens qui n’ont plus de revenus pour se nourrir. L’État a déployé une aide alimentaire qui est jugée insuffisante par les associations.

Sachant qu’en plus des quartiers populaires du littoral, il y a la problématique des villes de l’intérieur de la Guyane qui sont accessibles seulement par avion ou avec plusieurs jours de pirogue, et qui connaissent aussi de gros problème d’approvisionnement ces derniers temps. Il y a quelques associations de quartiers, mais pas une vie associative comme on peut en trouver en France métropolitaine. Donc il y a beaucoup d’habitats informels, de gens qui sont arrivés récemment sur le territoire, une entraide entre les différentes communautés, mais ça n’est pas forcément évident.

L’Anticapitaliste : En métropole on a constaté aussi l’aspect fondamental des services publics face à la crise...

A. G. : La réalité guyanaise c’est la même que celle que l’on vit dans tous les territoires d’Outre-Mer, les dernières colonies françaises. On a un sous-développement endogène qui est lié à la situation coloniale. Les quelques services publics qui ont été développés, à chaque fois ce sont des luttes intenses qui ont permis d’arracher des petites avancées, mais on est loin des besoins nécessaires et suffisants.

Par exemple dans le domaine hospitalier, en temps ordinaire on a onze lits de réanimation pour 300.000 habitants, ce qui est trois à quatre fois moins que ce qu’on a en France. Là on est monté en charge, on se retrouve avec 45 lits de réanimation, on va passer à 60 lits, mais le problème c’est qu’on n’a absolument pas le personnel pour gérer ça. Donc on nous envoie des gens de la réserve sanitaire. Il y en a qui arrivent avec de la bonne volonté, mais il y en d’autres qui ont un rapport très spécial, qui sont surpris d’arriver dans des hôpitaux alors qu’ils croyaient qu’ils allaient venir travailler en brousse, sauver des petits sauvages, leur apporter la civilisation... Il y a quelque chose de cet ordre là parmi les renforts qu’on voit arriver. Et puis on nous a envoyé un hôpital de campagne dont le bénéfice est très discutable : il peut ouvrir 20 lits, mais ce sont des lits de médecine et de chirurgie non-Covid.

L’Anticapitaliste : La Guyane a été un modèle pour nous avec tout ce qui s’était passé en terme de mobilisation sociale en 2017. Quel effet a la crise du Covid sur les mobilisation et la cause anti-coloniale ?

A. G. : Très rapidement les militants anti-colonialistes ont compris que la crise qui venait allait montrer une fois de plus que la France ne défend que ses propres intérêts en Guyane et pas celle de la population. Que si on voulait s’en sortir il faudrait qu’on s’organise nous-mêmes.

Malheureusement ça s’est vérifié semaine après semaine. Il y a eu d’abord le confinement qui a été mis en place en même temps qu’en France, sans aucune explication alors qu’on avait moins de 10 cas à ce moment là. La seule explication c’est que la majorité des cas qui avaient été recensés étaient des ingénieurs du centre spatial qui arrivaient de France. Et vu ce qui se passait en France il était évident que la fusée n’allait pas pouvoir décoller. Donc ils ont suspendu le décollage qui était prévu de Vega [lanceur léger de l’Agence spatiale européenne, ndlr] à ce moment-là. Vega c’est un lancement assez particulier, qui est en cours et toujours pas lancé depuis. Un projet avec plus de 50 satellites, 21 clients... Un projet très important, et une première avec toutes les caméras du monde qui regarde.

Donc Vega était confiné, puis est arrivé le mois de mai, et ils ont décidé de déconfiner. Alors que pendant le confinement on est passé de 10 à 150 cas. Là, on a prévenu : « l’épidémie est au Brésil, elle est à nos frontières si on déconfine maintenant ça va être une catastrophe ! ». Et le jour où ils ont déconfiné, on a découvert un énorme cluster sur la ville frontalière avec le Brésil. Cluster où il y a actuellement en terme de ratio plus de 3.000 contaminés pour 100.000 habitants. En valeur absolue ça fait 400 cas sur la seule ville de Saint-Georges où il y a 4000 habitants [fin mai l’ARS dénombrait 100 cas de Covid par semaine, fin septembre elle n’en comptait plus que 10, ndlr] . A partir de ce cluster il y a eu une généralisation de l’épidémie à toute la Guyane

La seule explication logique, économique, que l’on retrouve dans ce déconfinement et dans l’insistance à déconfiner, c’est de reprendre l’activité spatiale pour lancer Vega qui est confiné depuis le mois de mars. Il faut absolument lancer Vega. Donc le temps de préparer Vega pendant un mois et demi, les autorités sanitaires ont dit : « c’est bon, il n’y a pas de problème, l’épidémie n’existe pas. Tous les médias du monde regardent cette fusée qui va décoller, donc surtout on ne fait pas de vague en Guyane. On lance la fusée et après on s ’occupera du reste ». Sauf que c’était sans compter sur nous, et nous on a pas laissé faire.

L’Anticapitaliste : Donc ça veut dire que l’agenda guyanais, qui est dans un autre continent, un autre hémisphère, est calqué sur l’agenda de la France alors que la dynamique de l’épidémie n’est pas du tout la même ?

A. G. : Exactement, c’est toute la logique du système colonial qui veut que le pays colonisateur défende uniquement ses propres intérêts. Et s’il doit soigner la population locale, c’est parce que ça doit aller dans son intérêt.

Donc on a pris la décision au sein des instances centrales de l’UTG de faire un appel aux forces vives pour former un grand collectif. On y a retrouvé les forces en présence de la mobilisation de 2017, avec 25 organisations qui se sont réunies, des syndicats, des partis politiques, des associations, au sein du Mayouri Santé Guyane (MSG) qui a commencé à devenir l’entité qui représente les intérêts de la population.

Face à l’épidémie qui devenait de moins en moins contrôlée, on a commencé à essayer de mobiliser dans l’opinion et les médias, notamment les jours de décollage de Vega. Or Vega ne peut pas décoller si c’est le bazar au sol. C’est le principe. Car on ne peut pas avoir des journalistes qui regardent la fusée décoller et qui n’interrogent pas sur la population qui est en train d’appeler au secours : « on est tous en train de mourir, personne s’occupe de nous ». Ça fait très moche. Et puis si ce ne sont pas les médias européens, ce seront les médias américains ou chinois, des pays des fusées concurrentes qui en parleront. Donc effectivement, il faut une stabilité politique extrême lorsque les fusées partent. En 2017 on l’avait bien vu.

Donc la semaine dernière on a été interpeler directement le Centre Spatial Guyanais (CSG), hier on a été reçu par le président d’ArianeGroup, donc on a des interlocuteurs qui commencent à monter assez haut. On a rencontré la ministre des Outre-Mer qui est venu la semaine dernière en urgence devant le fait que la mobilisation commençait à prendre, et que finalement Vega n’a pas décollé alors qu’elle devait décoller ce week-end. La situation sanitaire n’est toujours pas contrôlée, donc ça devient très préoccupant pour l’État et il sont obligés de montrer patte blanche, de montrer qu’il donnent toutes les cautions pour que ça puisse avancer.

Un dernier élément en date pour montrer la défiance qui s’est structurée dans la population vis-à-vis de la prise en charge par les autorités sanitaires, ça a été l’annonce vendredi ou samedi de Karine Lacombe professeure à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, qui a annoncé qu’elle allait ouvrir en Guyane un centre d’expérimentation thérapeutique. Alors peut-être qu’elle voulait juste dire la mise en place d’un nouveau protocole dans le cadre d’une étude sur le Covid, mais le ressenti de la population guyanaise c’est que maintenant qu’on a laissé l’épidémie se développer, on vient faire des essais et des test chez nous.

Malheureusement l’histoire coloniale est très riche de ce genre d’expérimentation, donc il y a eu une levée de bouclier incroyable. Une pétition lancée par un camarade du MDES a recueilli presque 5.000 signatures en un peu plus de 48h, ce qui est gigantesque à l’échelle de la Guyane. Cela a obligé le président de région et les sénateurs à prendre position contre cette étude. Donc cette étude ne reviendra plus, mais surtout ça montre que la tension est extrêmement palpable du fait de la mauvaise gestion de la crise. On est très proche d’un débordement émotionnel comme en 2017, on sent qu’une étincelle peut tout faire exploser.

L’Anticapitaliste : Quels mots d’ordre mettez-vous en avant ?

On s’est structuré autour de six mots d’ordre d’urgence dont le port du masque obligatoire, le dépistage massif de la population, et la création d’un hôpital de campagne à la frontière avec le Brésil pour soigner les populations des deux côtés de la rive frontalière. C’étaient les principales revendications.

Elles ont été en partie satisfaites avec l’arrivée de la ministre qui a annoncé rendre quasi-obligatoire le port du masque. Un hôpital de campagne est arrivé, mais au lieu de le mettre sur la frontière ils l’ont mis sur le parking de l’hôpital de Cayenne... Ce qui est dommage. Et au niveau des tests, ils ont beaucoup augmenté les capacités de tests, même si on est loin de ce qui est nécessaire. On sent qu’au niveau de l’État il y a une volonté de montrer patte blanche.

La Guyane est un énorme désert médical donc on demandait aussi qu’il y ait un renfort de médecin cubain, ce à quoi s’était toujours opposé le président de région. Ces derniers jours il a consenti a dire qu’il était pour et qu’il fallait que ça se fasse. Donc ça aussi c’est une victoire, les martiniquais aussi ont réussi à obtenir l’arrivée de 15 médecins cubains ces derniers jours.

Et puis on posait également la question structurelle de la création du CHU qui a fait l’objet d’un engagement de l’État il y a 19 ans déjà, en janvier 2001, à l’issue d’une grande grève, et qui n’est toujours pas structuré. D’un hôpital à Saint-George à la frontière du Brésil, d’un hôpital à Maripasoula à l’intérieur des terres sur le Haut-Maroni, et concrètement je pense que les questions structurelles vont devenir centrale dans les jours qui viennent.

 

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En Inde, le thé Assam passe de la récolte à la révolte qui gagne Ceylan...
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En Inde, le thé Assam passe de la récolte à la révolte qui gagne Ceylan...
 Inde : des centaines de milliers de cueilleurs de thé de l'Assam
en grève illimitée

En Inde et au Sri Lanka, les ouvrier·es de la cueillette du thé sont en grève contre des salaires au plus bas et les promesses non tenues du gouvernement.

Peut-on boire du thé sans humer son goût amer ? 400 000 grévistes le rappellent au reste du monde. Au nord-est de l’Inde, le thé Assam passe de la récolte à la révolte, avec cette grève mobilisant 400 000 cueilleuses et cueilleurs de thé depuis vendredi 9 octobre. Elles (surtout des femmes) protestent contre l’échec du gouvernement indien à assurer sa promesse d’une hausse de salaire, de l’équivalent actuel de moins de 2 € par jour, à 4 €*. Une promesse que le gouvernement n’a pas non plus tenue en 2018. En cas de refus de l’augmentation, le syndicat Assam Chah Mazdoor Sangha promet « un mouvement plus agressif », après manifs à vélo et chaînes humaines.

Le travail de cueillette des feuilles n’est pas seulement exploité, payé une misère, il est dangereux : mortalité infantile et mortalité (double de la moyenne du pays) pendant les grossesses du fait du manque d’accès aux soins, tuberculose et autres maladies respiratoires contractées sans protection lors des aspersions de pesticides… Sans parler des atteintes aux droits humains héritées de l’ère de l’Empire colonial britannique, dont le travail illégal des enfants de moins que 15 ans. Et le comble pour des fournisseurs du thé mondial, un « accès réduit à l’eau potable ». L’industrie du thé, la seconde dans le monde après la Chine, emploie 3,5 millions d’ouvrier·es en Inde.

Dans le Sri Lanka voisin, le petit peuple de la cueillette s’insurge aussi contre les exigences de productivité et les baisses de salaires. Sans parler des hébergements lamentables, sans sanitaires ni eau courante… La première grève a été lancée le 25 septembre, mais la protestation infuse depuis longtemps, avec déjà des grèves en février et décembre 2019. L’export de thé « de Ceylan » a chuté d’un quart avec la crise sanitaire mondiale et les ouvrières de la cueillette en font directement les frais.

 

* En Inde, le salaire moyen tourne autour de 12 € par jour, le salaire minimum autour de 6,80 €.

 

Publié par http://canempechepasnicolas.over-blog.com

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