SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

Syndicat CGT Unilever HPCI France

notes d'information cgt unilever

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Un revenu sans travailler…

Publié par anti-K

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Dans 79 hôpitaux en première ligne, seuls 40% des effectifs auront droit à la prime de 1500€

La prime exceptionnelle promise par le gouvernement aux soignants, ne concernera dans les 61 départements les "moins touchés", que 79 hôpitaux et que 40 % de leurs effectifs, comme le révèle Médiapart. Les autres ne toucheront que 500 euros ...

Santé

Depuis le début de la crise du coronavirus, le président Macron n’a eu de cesse de glorifier les héros hospitaliers, en première ligne dans la lutte contre l’épidémie. La dernière idée en date du président est de profiter du 14 juillet pour « manifester l’hommage et la reconnaissance de la nation à tous ceux qui se sont engagés dans la lutte contre le Covid-19 » et leur remettre une médaille.

Surtout, le gouvernement avait promis depuis le 25 mars dernier qu’en guise de récompense, pour les efforts et cette extrême prise de risque, que les hospitaliers seraient récompensés par une prime de 1500 euros. Pourtant, depuis cette date, il n’y avait aucune trace de cette prime ni des heures supplémentaires majorés, en l’absence de la publication de décrets.

Le décret relatif au versement de la "prime exceptionnelle" a finalement été publié le 15 mai dernier. Et ce décret ministériel est venu mettre le feu aux poudres.

Les 40 départements qui ont été les plus touchés par le COVID-19 verront ainsi l’ensemble de leur personnel hospitalier bénéficier de la prime à hauteur maximale, 1500 euros, sous condition d’avoir travaillé une « durée minimum » (entre le 1er mars et le 30 avril). Pour les 61 autres départements que comptent le pays, la prime ne serait versée qu’à hauteur de 500 euros annonce le projet ministériel.

Hors des 40 départements seulement 79 hôpitaux ont été listés par le ministère, comme étant ceux ayant reçus des patients atteints du virus, et dans lesquels les directeurs pourront élever la prime de 500 euros jusqu’à 1 500 euros « pour les services ou agents impliqués dans la prise en charge de patients contaminés (...) ou mobilisés par les circonstances exceptionnelles d’exercice ». Les directeurs des établissements devront informer les représentants du personnel ainsi que l’ARS de la remise de cette prime exceptionnelle qui ne pourra se faire que « dans la limite de 40% du personnel » précise un projet d’instruction ministérielle, rédigé par la Direction Générale de l’Offre de Soin (DGOS), dont l’AFP s’est procuré une copie. Cette nouvelle précision signifie que la très grande majorité des personnels hospitaliers de l’hexagone ne recevra que 500 euros de prime voire juste une jolie médaille.

Une annonce qui commence à provoquer des remous du côté des personnels qui ont découvert depuis vendredi que leur hôpital n’était pas dans la liste des hôpitaux bénéficiant de la prime exceptionnelle, comme au centre hospitalier de Chollet. Ce mépris gouvernemental envers les personnels hospitaliers est d’autant plus flagrant au regard des actions du gouvernement en faveur du patronat et des grandes entreprises. En effet, il semble plus facile, et rapide, pour le gouvernement de trouver 7 milliards à offrir à Airbus, avec en contrepartie des licenciements ou encore 5 milliards de prêt pour Renault, qui pourrait fermer quatre usines. Les priorités du gouvernement sont on ne peut plus claires, sauver les grandes entreprises face à la crise économique et laisser quelques miettes pour les hospitaliers. Hospitaliers qui ont dès le début de la crise été « au front sans équipements », qui se sont confrontés au virus sans masque ni respirateur et qui ont aussi pour certains, perdu la vie. Il est tout simplement scandaleux que la prime soit encore revue à la baisse et soumise à des conditions sur-conditionnée. Par ailleurs, qu’en est-il des aides à domiciles, des infirmiers et infirmières libérales, des soignants en Ehpad ?

Dans le camp d’en face, ce n’est pas une prime que demandent les personnels hospitaliers mais bien une augmentation de leur salaire. Une revendication à laquelle, confronté à la colère des soignants, le gouvernement cherche à répondre avec son "Ségur de la santé" et l’annonce d’une revalorisation des salaires au niveau de la moyenne européenne, sans plus de précisions. Face à ce gouvernement qui n’a que mépris, matraques et austérité à proposer aux « premières lignes » il est nécessaire de se mettre en mouvement pour réclamer une augmentation des salaires pour les hospitaliers, mais y compris plus largement pour l’ensemble des classes populaires, paupérisées par les conséquences économiques de la crise sanitaire et de la politique criminelle du gouvernement.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Aéronautique : Rolls Royce va supprimer au moins 9000 postes

Alors que le secteur de l’aéronautique voit ses profits chuter avec la crise sanitaire et économique, Rolls-Royce revoit son plan de licenciement à la hausse : 9 000 emplois au minimum seront menacés.

Interdiction des licenciements

Crédit photo : REUTERS / EDGAR SU

Tellement utiles quand il s’agit de faire du profit, les travailleurs restent en temps de crise la classe à sacrifier - toujours au nom du profit. Chez Rolls Royce, après avoir annoncé il y a 10 jours un plan de licenciements qui pourrait atteindre les 8000 suppression d’emploi, on apprend aujourd’hui que ce sera au minimum 9000 postes qui vont être menacé. Un changement d’échelle notable, qui ouvre les portes à un nombre de licenciements plus importants et aux limites imprécises. Un plan de suppression d’emploi, qui, s’il est appliqué au minimum, promet la fermeture de 17 % de la main d’oeuvre totale.

L’arme de la bourgeoisie face à la crise : promettre la misère aux travailleurs

Avec la crise économique qui suit la crise sanitaire et avec le confinement mondialisé, le secteur de l’aéronautique voit ses débouchés se restreindre et la demande s’effondrer pour les prochains mois, voir les prochains années. C’est là dessus que s’appuie Warren East dans un communiqué cité par La Tribune : « Nos clients dans l’aviation et l’aéronautique doivent s’adapter et nous aussi », et ici s’adapter signifie mettre dehors une partie de ses salariés. Une fois de plus, la classe dominante s’offre le moyen d’éviter la crise en la faisant porter aux travailleurs.
C’est toute la logique du capitalisme qu’on voit agir ici, quand un ralentissement de plusieurs mois est insupportable à ces entreprises qui ne produisent que pour un profit immédiat. Entre les injonctions boursières et l’impératif du marché, l’étau se resserre sur les salariés... pour sauver les patrons. 

Dans cette situation, on voit bien que les travailleurs ne sont pour les entreprises que des outils au service du profit, une classe qu’on peut "liquider" quand les patrons doivent s’acheter un peu de temps avant que les affaires reprennent. 
Et pourtant, si ces 9 000 salariés avaient le pouvoir de décider de leur production et de s’approprier les moyens technologiques de leur entreprise, que ce passerait-il ? Interdisons les licenciements et posons la questions de la nature de la production, sous contrôle des travailleurs. Dans un moment où le matériel médical manque cruellement, les usines Rolls-Royce de moteurs d’avions pourraient servir à produire des respirateurs, d’autres matériel médicaux, d’instruments utiles dans la crise sanitaire présente.

Pas d’argent magique ? Et le profit, alors, c’est quoi ?

 

Dans les temps du capitalisme ordinaire, le profit fait toujours du chantage aux besoins des exploités : si on a du fric, on pourra se payer ce qui manque, si on n’en a pas, ce sera la galère pour tout. Et quand le profit ralentit, c’est les besoins des exploités que les patrons sacrifient au nom de ce fameux "argent magique" qui n’est que l’autre nom du profit qu’ils tirent de notre exploitation. Mais dans la situation présente, les besoins sont criants et vitaux : il est temps que l’on décide collectivement que, pour les profiteurs, "magic is gone" ("la magie n’y est plus) et qu’on reprenne la main sur nos outils de travail et sur la production. 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Coucou, c'est Nicole Notat qui présidera le "Ségur de la santé"

Capture d'écran sur Bfmtv-business

Normal que l'ex-député socialiste et toubib hospitalier Olivier Véran, fait ministre de la Santé par un ex-banquier d'affaires, adoube Nicole Notat à ce poste, elle qui fut patronne de la Cfdt jusqu'en 2002. Ensuite, elle dirigea un machin chose chargé de conseiller et de noter les entreprises. Toujours dans cette logique, la même a soutenu Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017 et depuis, elle fait plus que hanter les allées du gouvernement des riches et du capital.

Pour son nouveau boulot à près de 72 ans, elle jure de l'exercer “en ayant à cœur d’organiser l’écoute réciproque et le dialogue entre l’ensemble des parties prenantes et d’aider à la construction de conclusions le plus partagées possible”. On la croit sur paroles.

Nicole Notat, dirigeante nationale de la Cfdt, n'a-telle pas soutenu le plan juppé sur la réforme très controversée de la protection sociale en 1995, qui déclenche alors une mobilisation sociale jamais vue depuis mai 68 ? Ensuite, la Cfdt signe tous les accords avec le patronat. Appelant à voter “oui” à la Constitution européenne en 2005, elle participe en 2007, sous le quinquennat Sarkozy, au comité d’évaluation du Grenelle de l’environnement, et sous celui de Hollande, en 2013, intègre un groupe de réflexion lancé par le gouvernement pour favoriser l’entreprise en France. On ne se refait pas.

En tout cas, Laurent Berger, l'actuel patron de la Cfdt doit être content de cette nomination, ayant portes ouvertes au palais de l'Elysée en tant que partenaire socialement très fréquentable du pouvoir. Il se sentait peut-être un peu tout seul dans cette posture.

Coucou, c'est Nicole Notat qui présidera le "Ségur de la santé"

Le médecin urgentiste Christophe Prudhomme, au SAMU 93, également dirigeant de la Fédération CGT Santé Action Sociale écrit des billets d'humeur dans le journal L'Humanité. Voici ce qu'il écrit à l'égard d'Olivier Véran et de son "Ségur de la Santé":

À la suite du faux mea culpa d'E. Macron, le ministre de la santé, Olivier Véran, en revient aux mauvaises habitudes. Premier impair sur la forme, il annonce par voie de presse l'ouverture de négociations avec les syndicats mais aucun d'entre eux n'est au courant et n'a été contacté. Donc rien n'a changé dans le monde de la Macronie avec une constance dans le mépris des organisations syndicales. Sur le fond, le pire des mondes d'avant est de retour puisque le problème principal pour le ministre, ce sont les 35 heures et il reprend l'obsession de Nicolas Sarkozy du « travailler plus pour gagner plus ». Il cite même les infirmières qui ont besoin de faire des « ménages », d’avoir un deuxième emploi - merci pour l'image ! - pour pouvoir vivre décemment. Il est bon de rappeler à ce monsieur qui dit très bien connaître l'hôpital que la première revendication, avant même celle sur les augmentations de salaires, est celle de créations d'emplois justement pour diminuer la pénibilité du travail qui aujourd'hui fait fuir les personnels et entraîne une crise du recrutement dans les hôpitaux et les EHPAD. Nous ne le répéterons jamais assez : notre exigence est l'embauche massive de personnels dans le cadre d'un grand plan emploi-formation qui inclut une revalorisation des grilles de salaires.


Ce qui est grave dans cette affaire est votre volonté de poursuivre la politique qui permet de justifier les restructurations et les fermetures de lits et de services du fait du manque de personnel. Cette stratégie d'organisation de la pénurie de professionnels est constante puisque viennent d'être publié le nombre de places ouvertes dans les facultés de médecine pour l'an prochain avec le maintien d'un numerus clausus à 9 300 postes alors que les générations qui partent en retraite sont de plus de 10 000 et que les besoins sont estimés à un minimum de 12 000 par an du fait notamment du vieillissement et de l'augmentation de la population. Donc nous allons demain encore manquer de médecins en ville et dans les hôpitaux.


Comme je le disais hier, la mobilisation est encore plus à l’ordre du jour aujourd'hui qu'hier. Il n'y a pas de mea culpa qui tienne et les pseudo-annonces d'un « grand plan pour l'hôpital » sont contredites par la poursuite, sous des faux-nez, de la politique de remise en cause des acquis sociaux et des services publics.

 

Si je vous dis que je suis plus favorable à ces propos qu'à l'action du duo Notat-Véran pour résoudre la grave crise de la santé publique, je vous étonne ou pas ?

 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Sans commentaire !

Publié par FSC

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Mettre fin à la précarité, mieux répartir les richesses certes, MAIS il va falloir pour cela remettre aussi en cause les droits de propriété sur les moyens de production et la sacro sainte exploitation du travail, sa subordination au patronat comme le pointe avec lucidité la Charte d'Amiens!

_______________

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Après avoir reçu 5 milliards de prêt garanti, Renault envisagerait de fermer 4 usines en France

Le Canard Enchaîné a lâché une véritable bombe ce 19 mai. Dans le cadre d'un plan d'économie annoncé en février, Renault envisagerait de fermer 4 de ses usines françaises. Plus de 3600 emplois seraient ainsi menacés, et ce alors que l'on apprenait hier que l'entreprise va toucher 5 milliards d'euros de prêt garanti par l'Etat.

Edito

Crédits photo : Le Parisien/Mehdi Gherdane

Dans un article intitulé "Grande purge en vue chez Renault", le Canard Enchaîné a lâché hier une véritable bombe, reprise dans l’ensemble de la presse. Le constructeur automobile envisagerait, dans un plan d’économie prévu depuis février, de fermer quatre de ses usines en France. Les sites concernés sont ceux de Choisy-le-Roy, de Dieppe, des Fonderies de Bretagne et de Flins. Au total, ce sont plus de 3600 emplois qui seraient directement menacés. Ce vaste plan d’économie doit être précisé par la direction de Renault le 29 mai prochain.

Plus scandaleux encore, ces velléités de fermeture coïncident avec le fait que l’Etat français, principal actionnaire de la marque au losange avec 15% du capital, prévoit de garantir à Renault un prêt bancaire à hauteur de 5 milliards d’euros ! Dans des propos confiés à l’AFP, une source proche du dossier affirme qu’ « il y a des discussions » et que « rien n’est figé ». En d’autres termes, pour l’heure, l’octroi de cette garantie bancaire par l’Etat à Renault n’est en rien conditionné à la non-suppression de postes !

En soi, cette annonce, si elle se concrétise, amorce un changement brutal dans la situation générale. Jusqu’ici, à l’exception de quelques cas isolés dans l’aéronautique, comme Daher et Derichebourg la récession économique ne s’est pas encore traduite par des licenciements massifs. Dans de nombreux cas, la politique de chômage partiel du gouvernement continue de servir de soupape.

L’annonce de ces potentielles fermetures d’usines chez Renault, dans un secteur d’activité qui est l’un des piliers de l’impérialisme français, pourrait donc constituer un des premiers signes de la vague de licenciements qui couve, quelques jours après que Nissan ait annoncé la fermeture de ses usines catalanes. Une tendance qui semble se confirmer dans de nombreux secteurs de l’économie. Tandis qu’une partie du patronat, notamment dans l’industrie, tente de négocier pour obtenir de nouvelles aides en faisant évoluer le chômage partiel, des annonces de plan de licenciements massifs, commencent à se profiler, comme nous l’expliquions dans notre éditorial de ce 18 mai. En d’autres termes, ces annonces de potentielles fermetures d’usines chez Renault, qui vont même au-delà des suppressions de postes, pourraient être l’annonce du début d’un massacre de l’emploi et du tissu industriel.

Avec la crise économique qui arrive, le grand patronat se met en ordre de bataille pour faire payer la crise aux travailleurs, promettant un monde de misère par le biais d’un chômage de masse à une hauteur jamais atteinte dans l’histoire. D’après l’Organisation Internationale du Travail (OIT), plus de 300 millions d’emplois pourraient être supprimés dans le monde au printemps. Dès lors, il est indispensable que le mouvement ouvrier prépare la contre-offensive, par une vaste riposte sur le terrain de la lutte des classes, et un plan de bataille unitaire contre les licenciements ! Un impératif pour que la crise ne soit pas payée par les travailleurs, qui doit s’articuler à une série de revendications telle que la fin des contrats précaires, la nationalisation sous contrôle ouvrier de l’ensemble des entreprises qui menacent de fermer leurs portes, l’augmentation sans délai des salaires à hauteur de 1800€ net et l’interdiction pure et simple des licenciements. C’est seulement par l’obtention de ces revendications qu’il sera possible d’éviter que les travailleurs ne paient la crise, et même d’ouvrir la voie à une réelle alternative de société, pour que le monde de demain ne soit pas plus terrible encore que le monde d’hier.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Plan de relance européen : 500 milliards d’argent magique, les travailleurs paieront l’addition

Emmanuel Macron et Angela Merkel se sont mis d’accord pour proposer un plan de relance qui sera financé par l’Union Européenne afin de renflouer les secteurs économiques touchés par la crise. Un plan de relance qu'il faudra rembourser, et qui promet l'austérité pour les travailleurs.

Union Européenne

Crédits photo : L’Usine nouvelle
 
Les vœux des principaux patronats européens, récemment exprimés dans une tribune des Échos, semblent se réaliser. Ce lundi, lors d’une conférence de presse commune, les dirigeants des deux principales puissances européennes ont annoncé un plan de dotation de 500 milliards d’euros à destination des régions et secteurs économiques européens affectés par la récession. Ce plan viendrait ainsi s’ajouter au plan de prêt de 500 milliards d’euros discuté par les différents ministres des finances européens.
 
Macron et Merkel se sont mis d’accord en proposant de faire passer le plan de relance directement par le budget de l’Union Européenne. C’est donc l’Union Européenne qui s’endettera auprès des marchés financiers pour ensuite effectuer des transferts directs aux régions et aux secteurs économiques européens les plus lourdement touchés par la crise. « Ce fond de relance, ces 500 milliards, ne seront non pas des prêts […] mais bien des dotations budgétaires sur la base de notre endettement commun » a tenté de rassurer Emmanuel Macron. Tout en rappelant succinctement que « les 500 milliards d’euros ont vocation à être remboursés. Ils ne seront pas remboursés par les bénéficiaires mais par les États membres. » Comme l’a expliqué Catherine André dans sa chronique éco sur LCI, cette dette mutualisée sera remboursée au prorata de la contribution de chaque États membres au budget de l’Union Européenne, et non pas en fonction du montant alloué à chacun des pays.
 
Des « dotations budgétaires », « non pas des prêts » mais un « endettement commun »… L’enfumage est ici plutôt précaire, démontrant qu’il n’y aura pas « d’argent magique », mais qu’en définitive ce seront les contribuables, et donc principalement les travailleurs des différents pays européens, qui porteront l’essentiel de la charge de cet emprunt. La chancelière allemande a d’ailleurs précisé ce qu’impliquait le plan de relance : « il faudra bien sûr rembourser cet argent. Cela devra être en accord avec les règles budgétaires européennes ».
 
En bref, comme pour la crise de 2008, où des États comme la Grèce avaient été contraints de s’endetter, il faudra rembourser. Or, se sont encore les travailleurs qui risquent de payer l’addition en subissant de nouvelles politiques austéritaires. Ces mêmes politiques qui ont cassé les services publics et le système de santé ; et qui ont eu des conséquences sociales désastreuses entrainant la précarisation de millions de personnes en Europe et dans le monde. 
 
Sans s’attarder sur les effets d’annonces tous plus creux les uns que les autres sur l’importance de mettre en place « une Europe de la santé », ou encore sur « l’accélération de la transition écologique », la surprise apparente de cette annonce vient du côté d’Angela Merkel. En effet, il y a peu, l’Allemagne continuait de faire cavalier seul et menait un bras de fer avec la Commission Européenne à propos du programme de rachats de dettes de la Banque Centrale Européenne qui vise à mutualiser les dettes des pays membres. A ce titre, le fait que l’Allemagne déroge pour la première fois à sa ligne de refus total de mutualisation de dettes au sein de l’Union Européenne est un fait majeur. Comme l’explique Nicolas Beytout dans L’Opinion « pour l’Union européenne, c’est un profond changement institutionnel qui s’annonce : ce sera la première fois de son histoire qu’elle s’endette pour transférer des fonds à l’un des siens […] Une fois de plus, l’adage selon lequel « l’Europe n’avance qu’au travers des crises » trouve sa concrétisation : profondément ébranlée par la catastrophe sanitaire, l’Union a recréé en son sein des frontières, relancé des politiques nationales, creusé les écarts entre les pays puissants qui peuvent aider leur économie et les autres. Il en est résulté une forte tension franco-allemande, mais c’est de cette crise dans la crise qu’est sorti le deal Macron-Merkel »
 
Dès lors, cet accord a vite été célébré et présenté comme « historique » voire une « révolution » par de nombreux médias mainstream et personnalités politiques qui mettent en avant un couple franco-allemand réconcilié et marchant dans la même direction, signe d’une Union Européenne de la « coopération », « solidaire » et « unie ».
 
En réalité, la prise de position commune des deux chefs d’État s’inscrit dans une situation internationale on ne peut plus tendue. Ces derniers mois, la crise sanitaire et économique a en effet dévoilé et intensifié les tendances au repli nationaliste et les tensions géopolitiques entre grandes puissances impérialistes. Pour l’Allemagne, le risque de voir ses « concurrents-partenaires » être profondément affaiblis par la crise pourrait avoir un effet domino sur sa propre économie, fortement dépendante du marché européen. C’est à ce titre que, loin d’une prise de conscience, le changement de cap allemand sur la question des dettes mutualisés va dans le sens de ses propres intérêts. Dans le contexte géopolitiques plus général, et en particulier dans le rapport avec les Etats-Unis et la Chine, l’approfondissement de la crise dans les pays de l’Union Européenne et en particulier des pays « moteurs » de l’UE, comme la France ou l’Italie, aurait des conséquences néfastes pour Berlin.
 
La mortifère « guerre des masques », mais aussi la concurrence que se livrent les principales puissances, comme l’Allemagne et les États-Unis pour l’élaboration d’un vaccin, en sont des exemples édifiants à l’échelle mondiale. 
 
Au niveau régional, l’Union Européenne apparaissait quant à elle largement fragilisée. La France et l’Allemagne ont par exemple refusé de venir en aide à l’Italie en refusant d’y envoyer du matériel médical.
 
Ainsi, loin de remettre en cause les tensions entre puissances, ce qui se cache derrière ce plan de relance confirme encore une fois la logique de mutualisation des pertes et de privatisation des profits. Si « solidarité » et « union » il y a dans ce plan de relance, c’est bel est bien à destination des grandes entreprises et des patrons.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

C'était durant l'émission spéciale de la chaine d'infos, lundi soir, sur le confinement d'un ex-banquier d'affaires dans son palais rien qu'à lui de l'Elysée

Macron sur Bfmtv: "Nous n'avons jamais été en rupture" de masques

Bon, la capture d'écran ci-dessus n'a pas été prise sur Bfmtv, il va sans dire et l'image ci-dessous n'a jamais figuré sur la vitrine d'une pharmacie française.

Macron sur Bfmtv: "Nous n'avons jamais été en rupture" de masques

Et toujours dans le genre politique politicienne, la création d'une nouveau groupe de députés.

Ils partirent 16 de la Macronie et par un prompt renfort, Delphine Batho ex-ministre socialiste de Hollande président, ils arrivèrent 17 au port. "Ni dans la majorité ni dans l'opposition", déclarent-ils urbi et orbi. Ils ont désignés pour cela deux présidents, deux vice-présidents et deux délégués généraux parmi eux. Bon, il manque encore le trésorier et son adjoint et pourquoi pas 8 portes-paroles. Ainsi tout le groupe serait doté et prêt à fonctionner. Le capital en tremble par avance.

Et côté syndicalisme j'accompagne le capitalisme, les propos de Laurent Berger, patron de la Cfdt et président de la Confédération européenne des syndicats:

Macron sur Bfmtv: "Nous n'avons jamais été en rupture" de masques

Laurent Berger fait ainsi la promo du plan de relance franco-allemand, pour sauver les banques et les profits par de l argent public de dingue, sans toucher aux grandes fortunes ni à la fraude fiscale, sans arrêter les exonérations de cotisations patronales. Il n'exige pas plus aucune nationalisation -Renault, avec l'Etat dans son conseil d'administration, envisage la fermeture de 4 usines dont celle emblématique de Flins-. La Cfdt ne propose aucune politique publique massive dans la Santé publique, aucun plan de défense et de renforcement de la Sécurité Sociale.

Je ne sais pas si vous l'aviez remarqué, mais depuis le 11 mai 2020, nous sommes passés dans le temps d'Après. Et si j'écris cela, ce n'est pas pour rien.

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

SOURCE : Le Provençal

La CGT, la France insoumise, le PCF13, la NPA, le PRCF13, l’Unef, les jeunes communiste du 13, Ensemble! et l’AN13 appellent à une manifestation ce mardi. « La crise du covid-19 est beaucoup plus qu’une crise sanitaire, c’est la faillite du modèle qui domine le monde. La casse des services publics, l’étranglement des budgets des États, les délocalisations, ont pesé très lourd dans la gestion de cette crise », écrivent dans un communiqué commun ces organisations qui entendent pointer du doigt les choix politiques des pouvoirs publics en général. Elles poursuivent : « dans notre département, le coronavirus a agi comme un accélérateur de maux déjà profonds : misère, chômage, précarité, inégalités sanitaires et scolaires ».

Entre autres demandes globales, les contestataires espèrent obtenir

  • « des masques gratuits pour tous, des tests et des moyens pour les soignants »,
     
  • « la relocalisation et la socialisation des outils de productions agricoles et industrielles »
     
  • ou encore « une relance de l’activité économique sous le contrôle de celles et ceux qui produisent, en tenant compte de l’impératif climatique ».

 

Un dernier vœu pour le moins contradictoire avec le mode choisi pour cette manifestation [ caractère fielleux de la remarque du Provençal] : au départ de la porte d’Aix à 18 heures celle-ci doit se dérouler… en voiture. Un moyen de locomotion qui permet le respect des mesures sanitaires, précisent les organisateurs.

Publié par FSC

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
« Auchan nous a trahis » : mais où est la prime de 1000 euros promise par l’enseigne ?

« Auchan nous a trahis » dans plusieurs établissements de la grande distribution, des voix s’élèvent pour exiger la prime promise par le gouvernement et les patrons de la grande distribution. Une promesse qui s'est vite évaporée, révélant la colère des cassiers, caissières et préparateurs de commandes, en première ligne face au virus.

"Auchan nous a trahis"
Une prime au prorata pour avoir risqué sa vie

Les salariés d’Auchan Fontenay-sous-Bois se sont mis en grève pour dénoncer le coup de com’ de Auchan qui a promis une prime, dont la plupart des salariés n’ont toujours pas vu la couleur. En effet, les contrats précaires, occupés majoritairement par des étudiants, ne toucheront pas l’intégralité de la prime car il faut avoir fait minimum 28h par semaine.

Cette lutte à Fontenay-sous-Bois s’inscrit dans une colère que l’on entend déjà depuis quelques semaines. Dans le magasin Auchan de Val d’Europe (77), les salariés se sont mobilisés autour d’une pétition, qui a rassemblée plus de 19.000 signatures. Le 2 mai, ils ont organisé un débrayage, exigeant une même prime de 1000 euros pour tous et toutes, ainsi que de meilleurs conditions de travail. Dans le magasin Chronodrive de Toulouse Lalande, une pétition exigeant une prime de 1000 euros pour tous a été lancée par les salariés.
A Rennes, une vingtaine de salariés se sont mis en grève après un débrayage ce samedi 16 mai pour dénoncer leurs conditions de travail. La direction a imposé un rallongement des heures de travail pendant la crise sanitaire, ce qui vient agrandir l’angoisse des caissières et caissiers qui témoignent travailler « avec la boule au ventre ». Les salariés dénoncent également les effets d’annonce sur la prime, que la plupart ne toucheront que partiellement.

A Auchan, mais aussi plus largement dans la grande distribution, pendant la crise sanitaire, les cadences sont venues s’accélérer drastiquement pour tous les employés dans la grande distribution. Pour donner un ordre de grandeur, les achats de produits alimentaires et de grande consommation ont explosé de 237 % le lundi 16 mars. De nombreux témoignages ont visibilisé l’angoisse des premiers de corvée qui travaillent dans les secteurs essentiels comme celui d’un salarié d’Auchan Val qui témoignait pour révolution permanente : Nous avons commencé face à cette pandémie, comme tout le monde, sans masque ni gel hydroalcoolique ».

Alors qu’on compte plusieurs décès dans la grande distribution, faute de moyen de protection, après avoir manqué de masques et de matériel, les salariés apprennent que la grande distribution avait caché des stocks de masques qu’ils vendent aujourd’hui à des prix exorbitants. Les salariés du carrefour de Rennes exigent dans leurs revendications que tous les clients aient des masques, et des conditions sanitaires adéquates pour travailler. Il faut exiger la réquisition des stocks et la distribution gratuite de tous les masques pour les salariés en première ligne, pour les consommateurs et la population.

Le secteur de la grande distribution a vu des bénéfices gonfler avec la crise, le chiffre d’affaires des grandes enseignes a bondi de 38%. Malgré des profits toujours plus massifs et le discours médiatique qui dément l’inflation et les prix qui grimpent, de nombreux consommateurs démontrent le contraire. Cette augmentation des prix et de la vie, qui vient trouver son explication pas seulement dans les difficultés à approvisionner les magasins en temps de pandémie, mais également dans la récession qui s’abat sur l’économie.

La colère dans la grande distribution, colère de la première ligne.

La prime promise par le gouvernement et les patrons de la grande distribution témoignait d’une tentative de reconnaissance, bien qu’insuffisante, du risque encouru par tous les salariés en première ligne. En réalité, la prime peine à se faire voir au mépris de toute la première ligne, contre les effets d’annonces du gouvernement et du patronat. La colère qui se fait entendre autour de la prime, vient exprimer un mécontentement plus profond. Les salariés de la grande distribution qui ont révélé leur rôle essentiel pendant la crise, sont payés avec des salaires de misère et occupent les contrats les plus précaire. Soignants, éboueurs, caissiers, , la voix des petites mains qui font tourner la société s’élève contre l’impunité du gouvernement et du patronat. « Je veux rendre hommage à toutes celles et ceux qui font tourner le pays », témoignait une aide-soignante dans les colonnes de Révolution Permanente, en exprimant sa colère contre le gouvernement qui n’a cessé de mépriser les travailleurs et travailleuses en première ligne.

Le déconfinement répressif et sans mesure sanitaire s’accompagne du spectre d’une crise économique d’ampleur. Toute la colère de la première ligne, s’inscrit dans un contexte où le gouvernement les érige en « héros » alors que les ordonnances de l’Etat d’urgence sanitaire visent à précariser toujours plus les contrats précaires et intérimaires, au nom de la « lutte contre le virus ». La crise sanitaire est venue démasquer les intérêts d’un gouvernement au service du patronat, en témoignent les milliards pour les entreprises, et les miettes pour les soignants, les caissières, éboueurs, agents de nettoyage, la première ligne qui gagne des cacahouètes. Face au gouvernement qui promet dans l’air une prime au prorata pour avoir risqué sa vie ou une médaille insultante pour mater les colères, il faut exiger une augmentation de 300e des salaires, ainsi que l’égalité salariale entre les hommes et les femmes.

Des caissières aux agents de nettoyage, en passant par les soignants, tous les travailleurs et travailleuses commencent à relever la tête. Si cette crise a révélé leur rôle essentiel, elle a aussi révélé l’incapacité des capitalistes de mettre en place des conditions sanitaires à la hauteur de la situation. Prenons en main la situation, en organisant des comités d’hygiène et sécurité, pour veiller au respect des conditions sanitaires sur nos lieux de travail, en lien avec les travailleurs et travailleuses, les consommateurs et la population. Ces comités, dans la grande distribution, peuvent également permettre que les salariés et consommateurs soient en lien pour contrôler l’augmentation des prix des denrée alimentaires.

La bataille pour exiger la même prime pour tous et toutes, quel que soit le statut, est une bataille contre le mépris du patronat, et pour l’unité entre tous les travailleurs et travailleuses qu’ils soient intérimaires, en cdd, ou cdi. Quel que soit le statut tous sont en première ligne du virus et des attaques de gouvernement. Les luttes qui commencent à émerger dans les secteurs essentiels sont l’expression de la volonté de faire payer la gestion catastrophique de la crise.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

Voir les commentaires

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Les annonces de licenciements massifs commencent à sortir des tiroirs…. Après que le grand patronat a largement bénéficié des aides publiques, il compte bien faire payer cette crise au monde du travail et à la jeunesse mais aussi aux petites entreprises qui paieront les pots cassés. Un seul mot d’ordre : zéro licenciement, partage du temps de travail entre toutes et tous !

Airbnb, la Halle, Conforama, Airbus... Vers un massacre de l’emploi ?

Crédits photos : REUTERS/Jason Redmond

En France, la mise en place du chômage partiel à une échelle historique avec près de 6 salariés du privé sur 10 a permis de maintenir dans une grande mesure le salaire de millions de travailleurs qui du fait des mesures de confinement massive ont vu leur activité salariale s’arrêter entièrement ou partiellement. 

Et si ce chômage partiel n’a pas rémunéré les salariés qui y ont eu droit à 100% de leur salaire habituel, cette mesure a tout de même permis d’amoindrir conjoncturellement, les effets de la crise économique cumulés au ralentissement de l’activité dû au confinement. Une période que le gouvernement voudrait désormais révolue pour obtenir une reprise de l’économie quoique puissent être les conditions sanitaires. C’est ce dont témoigne les déclarations du gouvernement qui n’a eu cesses ces dernières semaines comme en témoigne notamment le chantage au chômage partiel pour ces parents qui refuseraient de mettre leurs enfants à l’école.

Ainsi, après une période d’anesthésie de l’économie pendant laquelle les grands capitalistes ont pu profiter d’une manne financière venant de l’Etat, parfois même en fraudant, la crise économique commence à se faire de plus en plus insistante. Dans certains pays, nous pensons particulièrement aux États-Unis et leurs 36 millions de chômeurs, cette question s’est posée directement, là où en France elle a été artificiellement contenue, bien que le patronat et les ordonnances du gouvernement sur le travail aient tout fait pour la faire peser le plus possible.

Avec la perspective du déconfinement et du désengagement partiel de l’Etat du chômage partiel, la préoccupation économique a pris le pas pour beaucoup de travailleurs, à des rythmes différents selon les secteurs.

Dans des entreprises comme celles de l’aéronautique, particulièrement touchées par la crise, on a vu le sentiment évoluer d’une peur du virus et de la contagion face à un patronat décidé à mettre en jeu la vie de ses salariés, à la peur encore plus grande des licenciements, des réductions de salaire. Un dilemme parfaitement synthétisé par Pascal Lanette, PDG de Derichebourg Aeronautics Services qui déclarait en mars : « Les gens vont devoir choisir de quoi ils veulent mourir, de faim ou du virus »...
Il se trouve aujourd’hui que le sous-traitant aéronautique est désormais à l’avant-garde des annonces de suppressions d’emploi avec un « plan social » qui laisse le choix aux salariés de sacrifier beaucoup de leurs collègues ou bien tous leurs acquis et un peu moins de collègues...

C’est essentiellement par ce biais que s’exprime aujourd’hui le poids pris davantage par la crise économique, à savoir la multiplication ces derniers jours des annonces de suppressions d’emploi, que ce soit par des suppressions « sèches », des plans de départ volontaires chiffrés ou bien des perspectives qui annoncent, à venir, le besoin de réduire les effectifs. Tentatives, ballons d’essai ou projets arrêtés, ces projets viennent mettre les travailleuses et les travailleurs sous pression, en agitant la perspective du « dialogue social » (visage de l’union sacrée au service du patronat et du gouvernement) pour décider dans le dialogue et la bonne humeur qui seront les milliers de travailleurs condamnés au chômage, dans une période de récession mondiale où il sera difficile d’en retrouver, pour sauver non pas l’industrie mais les profits du patronat.

Ces annonces se combinent avec une offensive généralisée du patronat sur les conditions de travail. Rappelons, malgré les apparences de la situation où ils n’ont servi à rien sinon à pleurer dans les jupons du Trésor public, que ce sont les patrons qui prennent les risques, qui font tourner le monde, qu’il faut sauver etc. La situation doit donc selon les officiels de la bourgeoisie justifier toutes les attaques, temporaires jusqu’à une date qui sera éternellement repoussée, sur le renouvellement des CDD, sur les CSE, sur les heures supplémentaires, sur le recours à l’interim, sur l’extension du temps de travail et la remise en cause généralisée des 35 heures.

Interrogés par le Figaro, des avocats et spécialistes des restructurations d’entreprise s’attendent à voir de nombreux dossiers en redressement judiciaire, des dépôts de bilan et des licenciements d’ici l’été. En effet, les cotisations et charges fixes des entrepreneurs, allégés sur la période de cessation de l’activité (en mars/avril) vont se reporter sur le quatrième trimestre et rien n’affirme que leurs activités reprennent d’ici là comme avant le confinement. Désormais, c’est le capital financier, les banques qui vont faire la pluie et le beau temps qui vont avoir droit de vie et de mort sur certaines installations et sur leurs salariés. C’est déjà en quelque sorte le scénario à l’œuvre dans le dossier Conforama. Le groupe avait déjà fermé plusieurs magasins l’année dernière et licencié près de 2000 salariés. Son maintien dépend désormais d’un Prêt Garanti par l’Etat, financé par la BNP qui joue les abonnés absents lors des réunions et semble préparer la reprise de l’enseigne par le concurrent But.

Des phénomènes de faillites et d’absorptions, de concentration du capital tout à fait élémentaires aux crises capitalistes qui se régleront sur le dos des ouvriers. But avait déjà commencé à pointer le bout de son nez dans le dossier, mais une reprise d’entreprise signifiant la reprise tels quels des contrats de travail, avait finalement décliné. La mainmise de But ne sera donc évidemment pas gratuite et se fera au prix d’attaques sur les conditions de travail et sur la rémunération des ouvriers.

En attendant, ce sont 9000 emplois et jusqu’à 20.000 en comptant l’ensemble de la chaîne de fournisseurs et sous-traitants qui sont menacés par les spéculations et la concurrence des capitalistes, les emplois déjà menacés par les précédents plans de licenciement de Conforama étant en plus poussés à la sortie plus tôt que prévus.

Nafnaf vient de se placer en redressement judiciaire, les actionnaires de la Halle cherchent à profiter de la situation pour couler le navire, Derichebourg (3300 licenciements promis) et Daher dans l’aéronautique ouvrent le bal à de nombreux sous-traitants et à la tête de gondole Airbus qui laisse déjà 30 % de ses salariés en chômage partiel en profitant des nouvelles dispositions qui permettent l’individualisation du chômage partiel et donc de moduler les besoins de main-d’oeuvre aux frais de l’Etat. Chez Engie, ce seraient 15000 emplois menacés dans le monde, dont 9000 en France selon les syndicats. Les licenciements ne sont pas un « tabou » selon Jean-Pierre Farandou le patron de la SNCF qui fait planer cette menace sur les cheminots en même temps que l’offensive reprend contre les éléments perturbateurs qui ne laissent pas la direction sacrifier la santé des travaillleurs comme elle l’entend, à l’image de la tentative de licenciement de Eric Bezou, désormais entre les mains du gouvernement. Pas de tabou non plus chez Renault qui évoquait déjà cette perspective en janvier et qui parle maintenant de restructurations après avoir encaissé 5 milliards d’euros d’aides ! Idem pour Air France qui veut se séparer, par un plan de départ volontaires, de milliers de salariés, les poches désormais alourdies de 7 milliards d’euros d’aides étatiques ! Les compagnies aériennes vont licencier durement (3000 pour Ryanair, - 60 % des effectifs chez Air Canada, 12.000 chez British Airlines, 5000 chez les scandinaves de SAS...) tout en étant largement arrosées par les États dans le monde entier. Le tourisme va être durement frappé, AirBNB licencie 25 % de ses salariés à l’international (1900 emplois), 8000 dans le monde pour le groupe touristique allemand TUI.

De nombreuses entreprises voient donc aussi, sans devoir justifier forcément d’une quelconque mauvaise santé économique – les lois Macron en 2015, El Khomri en 2016, Travail XXL en 2017 ont sensiblement élargi les possibilités de licenciements pour les entreprises, au motif évidemment de... la lutte contre le chômage – une opportunité pour dégraisser leurs effectifs et annoncer des plans de départ. Le but de la concurrence que se mènent les capitalistes au cœur de la crise, c’est de savoir qui va y périr et qui va en sortir grandi.

Pour les patrons, administrateurs et actionnaires c’est un jeu de poker qui engage éventuellement des bouts de leur portefeuille mais qui ne les empêchera surtout pas de se recaser ailleurs. Pour les salariés, c’est la perspective du chômage, de la précarité et du flicage avec les nouvelles lois sur l’assurance-chômage. Pour des villes et des régions qui sont dépendantes de certaines industries, cela signifie aussi la perte potentielle de centaine de milliers d’emplois comme dans la région toulousaine avec l’aéronautique dont les activités induisent plus ou moins directement près d’un demi-million d’emplois !

La pandémie n’a été que l’étincelle qui a mis le feu à des barils de poudre très secs, et là depuis longtemps. Tous les indicateurs étaient au rouge depuis des mois avant le Covid. L’histoire de cette crise c’est la chronique d’un désastre capitaliste annoncé. Sur le terrain de la crise sanitaire, qui a évidemment accentué la crise économique, le capitalisme a montré son incapacité structurelle à mettre la vie avant les profits, et même à tourner au ralenti pendant tout juste deux mois sans risquer de faire exploser les tensions internationales et de condamner des milliards de personnes à la pauvreté et au chômage pour de longs mois encore à venir. Cette crise est en définitive le résultat de leur système, à eux de la payer. Ce sont les travailleuses et les travailleurs et les classes populaires qui ont payé (jusqu’à aujourd’hui, la réforme des retraites en était la forme la plus récente) le sauvetage des banques et des entreprises en 2008 ! Et si c’était à refaire ? Et la bourgeoisie ne va pas hésiter à recommencer, à peine plus de dix ans plus tard.

La réponse que les travailleuses et les travailleurs porteront face aux licenciements massifs va être un enjeu central de la situation. Face à des attaques de cette ampleur, il est évident en y réfléchissant un tout petit peu que toute solution individuelle est illusoire et vouée à l’échec. Pourtant les gouvernant, les capitalistes vont jouer cette carte jusqu’au bout, profiter du désespoir qu’ils créent pour diviser. L’enjeu de la réussite réside dans le maintien de l’unité de tous les salariés, une personne menacée de licenciement, c’est l’ensemble d’entre nous qui sommes menacés ! Pour cela, il va falloir se battre pour qu’il n’y ait aucun licenciement !.

Face à ce massacre de l’emploi, il n’y a pas de « dialogue social » qui puisse trouver une issue de compromis. « Etudier toutes les possibilités »« pour sauver l’emploi », la solution du moindre mal (un peu moins de licenciements et un bon nombre de renoncements) ne peuvent être des issues possibles. Alors qu’ils veulent nous faire payer leur crise en nous imposant une augmentation historique du chômage de masse, il faut lutter pour zéro licenciement, et le partage du temps de travail entre toutes et tous ! 

Après 2008, des luttes dures, héroïques ont eu lieu dans de nombreuses entreprises, souvent pour « vendre sa peau le plus cher possible ». Mais là n’est pas le problème pour les capitalistes, même en « faillite », ils trouveront de l’argent pour détruire des richesses, fermer des usines, détruire des emplois et des vies. La meilleure indemnité de départ ne dure pas éternellement et face à un chômage de masse n’est qu’une maigre garantie. La meilleure garantie c’est la sauvegarde sans conditions des emplois, il faut l’imposer aux patrons. Ceux qui aiment à se déclarer les premiers en faillite sans jamais montrer combien de millions ils ont engrangé ces dernières années et versé aux actionnaires, sont les premiers à trouver des moyens de continuer l’activité quand le rapport de force les y contraint.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

Voir les commentaires

Visiteurs

470490

 

Se syndiquer CGT ?

Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.

Articles récents

Hébergé par Overblog