Attaques contre l’assurance-chômage : le patronat veut s’en prendre aux ruptures conventionnelles
Les organisations patronales veulent imposer une réduction de 3 mois sur la durée d’indemnisation à la suite d’une rupture conventionnelle, avec une dégressivité automatique à partir du septième mois d’indemnisation. Face à cette nouvelle offensive contre l’assurance chômage, il faut refuser de négocier des miettes avec le patronat.
Dans le cadre de ce qui est censé être les dernières négociations sur l’assurance chômage imposées par le gouvernement aux organisations syndicales et patronales, le Medef, la CPME et l’U2P ont proposé ce lundi leur dernières propositions sur les ruptures conventionnelles. Le niveau d’offensive contre les droits des travailleurs sans emploi est sans appel : l’objectif est de réaliser 1 milliard d’euros de coupes supplémentaires et de combattre les « comportements déviants » en stigmatisant davantage les chômeurs, le tout en appuyant l’idée que ces travailleurs seraient assistés pour justifier leurs nouvelles offensives.
Le patronat veut en premier lieu s’attaquer directement à la durée d’indemnisation à la suite d’une rupture conventionnelle. Alors que ce type de mesure a été mis en place en 2008 pour permettre au patronat de maquiller des licenciements derrière le « consentement » des salariés, cette procédure veut aujourd’hui s’attaquer aux droits au chômage obtenus. Il est proposé de réduire à 15 mois pour les allocataires âgés de moins de 55 ans contre 18 mois aujourd’hui. Pour les travailleurs de plus de 55 ans, la durée maximale d’indemnisation serait réduite à 22,5 mois à 55 ou 56 ans, et à 27 mois à partir de 57 ans.
A cela s’ajoute la dégressivité des allocations à compter septième mois d’indemnisation, que le patronat veut appliquer à tous les travailleurs ayant perdu leur emploi à la suite d’une rupture conventionnelle. En clair, pour les allocataires dont le salaire de référence est supérieur à 2000€ brut, les premiers chiffres évoquent une réduction de 30%. Une mesure qui rapporterait à elle seule 360 millions la deuxième année, puis 540 millions à partir de la troisième.
Le document issu des négociations reprend notamment la proposition de la CFDT visant à mettre en place des rendez-vous obligatoires avec un conseiller France Travail à 6 et 12 mois à la suite d’une rupture conventionnelle. Si la CFDT voulait se servir de ces rendez-vous pour conditionner la dégressivité par des allocations, elle constitue surtout un pas de plus dans le flicage des travailleurs sans emploi. D’autant plus que le document final reprend uniquement la proposition de rendez-vous, le patronat ayant refusé de renoncer à la dégressivité automatique pour toutes les personnes sans emploi.
Deux mesures qui, à elles seules, promettent beaucoup plus de coupes budgétaires que les 400 millions d’économies fixées comme objectif par le ministère du Travail. D’autant plus que le patronat souhaite également entreprendre des attaques dures contre les intermittents du spectacle en relevant de 50 heures le nombre d’heures de travail nécessaires dans les 12 premiers mois pour percevoir l’indemnisation.
Ces nombreuses attaques s’inscrivent dans la continuité des offensives brutales contre l’assurance chômage. Dans un contexte où le patronat licencie massivement, s’attaquer aux ruptures conventionnelles vise à dissuader les salarié·es de quitter leur emploi dans des conditions négociées, à renforcer leur dépendance à l’employeur et à accroître la pression à accepter des emplois plus précaires et moins bien rémunérés. Ces coupes visent une nouvelle fois à faire payer la crise aux travailleurs et à financer le déficit creusé par les centaines de milliards d’euros de cadeaux fiscaux que le gouvernement accorde chaque année aux grandes entreprises.
Face à ces offensives du Medef, et la complicité des directions syndicales, les travailleur·ses ont besoin d’un plan de bataille à la hauteur des attaques. Dans un contexte d’austérité brutale, aucune stratégie d’interpellation des pouvoirs publics ne peut fonctionner. Et pourtant, aujourd’hui, les directions syndicales choisissent de ne tirer aucun bilan des dernières mobilisations et continuent d’essayer de négocier des miettes au patronat en ne proposant aucune revendication offensive pour les travailleurs sans emploi. À l’image de leur dernière déclaration : « pas question d’aller au-delà de 400 millions d’économies » annoncées par le gouvernement.
Face à ces projets ultra-austéritaires, qui promettent toujours plus de misère et d’exploitation des travailleurs et des classes populaires, il faut rompre avec la logique du « dialogue social » et commencer à construire une riposte ouvrière offensive, car nous ne pouvons compter que sur la mobilisation des travailleur·ses pour défendre les conditions et l’indemnité de ceux qui font réellement tourner la société.
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
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