SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux

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Unilever ferme ses deux usines « Omo » et « Knorr » en juin prochain

Knorr, Omo, Omo Matic, Surf et Zed ne seront plus fabriqués au Maroc, mais vont être importés d’un autre pays, certainement l’Egypte. Unilever a prévu de fermer en juin prochain ses deux usines marocaines qui produisent ses marques pour se recentrer sur leur distribution. Les détails.

Les détergents Omo, Omo Matic, Surf, Zed, ne disparaîtront pas du marché marocain. Mais ils ne seront plus fabriqués au Maroc. Unilever, le géant mondial de l’agro-industrie fermera en juin prochain son usine de fabrication de ses marques dans le Royaume. L’unité industrielle, basée Ain Sebaa et qui produisait en 2010 encore jusqu’à 300 tonnes de détergent par jour, sera démontée et transférée dans un autre pays. En cause : la réduction des droits de douane, voire leur abolition dans certains cas (nombreux accords de libre-échange signés par le Royaume), qui rendent l’importation plus compétitive que la production locale avec ses coûts jugés élevés mais aussi le manque d’anticipation des dynamiques du marché local, …sans doute dicté par les mots d’ordre standardisation et globalisation.

Fermeture de l’usine « Knorr » » malgré le succès de la marque

Mais contrairement à ce segment, celui des bouillons se porte bien sur le marché marocain où la marque « Knorr » de la multinationale est appréciée et continue à bénéficier d’une forte notoriété en dépit de l’arrivée de la concurrence. Knorr reste le nom générique utilisé par la ménagère et le commerçant pour désigner le bouillon.

Malgré tout, si la marque symbolise ce produit utilisé comme condiment, Unilever prévoit également de fermer, en juin prochain, l’usine « Knorr » spécialisée dans la production de bouillon. Contacté par Challenge, Unilever Afrique du Nord, Levant et Irak, dont relève Unilever Maghreb basé à Casablanca, n’a ni confirmé, ni infirmé la fermeture de ses deux usines marocaines en juin.

D’ici là, le groupe anglo-néerlandais espère tout de même trouver un acquéreur local de cette unité de fabrication, qui va prendre en main la gestion de l’usine et continuer à produire exclusivement pour Unilever sa marque « Knorr ». Même s’il n’y a encore rien de concret en ce sens, le groupe Damandis de la famille Raji serait intéressé pour reprendre la ligne de production. Car le groupe dirigé par Hamid Raji, spécialisé dans la distribution des produits de grande consommation, et Unilever se connaissent bien. Pour rappel, après la cession à l’échelle mondiale en 2018 par Unilever de sa marque Alsa, spécialisée dans la fabrication de produits d’aides à la pâtisserie au groupe multinational alimentaire allemand Dr. Oetker, ce dernier, tout en conservant la marque, avait à son tour cédé l’usine Alsa à la famille Raji.

Il faut dire qu’en abandonnant ses usines marocaines, le groupe Unilever veut se recentrer sur la distribution. Et c’est sa méga-usine en Egypte, siège d’Unilever Afrique du Nord, Levant et Irak, qui devrait approvisionner le marché marocain.

En mars 2023 déjà, la multinationale anglo-néerlandaise de produits de grande consommation, a nommé à la tête de sa filiale maghrébine, basée à Casablanca, le Marocain Sidi Mohamed Dinia en remplacement du Tunisien Baligh Ghedira. Depuis Unilever Maghreb, dirigée depuis près trente ans par des étrangers, est désormais pilotée par un management marocain.

Une tendance qui n’est pas nouvelle

Unilever n’est pas la seule multinationale à tourner le dos à la production pour se concentrer sur la distribution et le marketing. Le cas de l’américain Procter & Gamble (P&G) a particulièrement retenu l’attention. En 2020, soit six ans après avoir mis fin à la production des couches pour bébé de son usine de Mohammedia (qui tournait bon an mal an à quelques 200 millions de pièces par an) et vendu, dans la foulée, son activité de fabrication de l’eau de javel sous marque ACE à l’italien Fater Group, le géant de Cincinnati (Etat de l’Ohio aux Etats-Unis) s’est délesté encore une fois d’une partie de sa production résiduelle au Maroc, à savoir celle des détergents en poudre. Et cette fois-ci, et contrairement à l’eau de javel, c’est vers son partenaire historique local de distribution Dislog présidé par Moncef Belkhayat, que P&G s’est tourné, pour lui transférer la fabrication de la poudre lavante de marque Tide dans le cadre d’un contrat de fabrication sous licence. L’italien Fater finira à son tour par céder son unité de production d’eau de Javel à la holding de la famille Belkhayat.

Cette tendance n’est pas nouvelle. Elle a commencé avec la globalisation qui a poussé les multinationales spécialisées dans la grande consommation, toujours en quête de profitabilité, à faire des choix stratégiques. Ce qui n’est pas sans obliger ces firmes étrangères à revoir leurs implantations et surtout leurs régimes de production en fonction des nouvelles données tarifaires induites par les nombreux accords de libre-échange signés par le Royaume. Ainsi, sur le terrain, la compétitivité du Maroc et le coût de production dans le pays subissent un benchmarking élargi à l’ensemble des pays concernés par ces accords. Il faut dire que la réduction des droits de douane, voire leur suppression dans certains cas, rendent l’importation plus compétitive que la production locale. Par ricochet, plusieurs firmes étrangères révisent leurs stratégies de production. Elles abandonnent parfois des lignes de production, réduisent l’activité industrielle et se recentrent sur un nombre réduit de produits. Il arrive même qu’elles se transforment en un simple hub de distribution. Tel est le cas actuellement de L’Oréal Maroc (anciennement UFCI), Johnson & Johnson, Beiersdorf (Nivea) au Maroc.

Les multinationales bousculées par les industriels locaux

Mais, ces dernières années également, une nouvelle tendance s’est amorcée : les industriels marocains gagnent de plus en plus de parts de marché sur le marché national au détriment des multinationales. Aujourd’hui, les exemples d’entreprises industrielles marocaines du secteur de la grande consommation qui réussissent à tailler des croupières aux multinationales internationales, sont nombreux. On les voit ainsi dans plusieurs secteurs, notamment la production de lait et dérivés laitiers, de détergents, de couches bébé, de biscuits, produits cosmétiques, … Le 19 mars dernier, Mutandis, présidé par Adil Douiri, a inauguré à Berrechid un nouveau complexe industriel, qui a mobilisé un investissement de 285 millions de DH et qui comprend des unités de production de la détergence liquide, de produits cosmétiques et de boissons. L’ancien ministre du Tourisme n’y est pas allé par quatre chemins pour assurer, lors de l’événement, que son entreprise est capable d’offrir ces produits avec la même qualité des multinationales, mais à des prix 15 à 30% moins chers.

Mais aujourd’hui, Casablanca est concurrencée par Dubaï et Le Caire. Outre leurs filiales européennes, les multinationales font provenir leurs importations de ces deux pays. « Comparé à l’Egypte et Dubaï, notre fiscalité n’est pas attrayante aux yeux des géants mondiaux spécialisés dans la grande consommation. Beaucoup de leurs sièges qui étaient à Casablanca ont déménagé ces dernières années à Le Caire ou à Dubaï. Rien n’empêche au Maroc d’instaurer un statut fiscal particulier à la fois pour ces firmes et les sociétés marocaines exportatrices. En attendant, espérons que d’ici là le CFC renverse la tendance. Dubaï où aujourd’hui, toutes les publicités de ces multinationales concernant même le marché marocain sont réalisées, par exemple, dispose d’une zone pratiquement défiscalisée », explique un expert.

Publié par www.challenge.ma

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« C’est vous qu’on veut mettre au pas » : au Havre, rassemblement contre la répression syndicale chez Safran

Au Havre, suite à la convocation de Nicolas, accusé de « harcèlement » par sa direction, près de 300 personnes se sont rassemblées sur le site de Safran pour dénoncer la répression syndicale.

Répression syndicale

Ce vendredi 22 mars, près de 300 personnes se sont rassemblées devant le site de Safran au Havre en soutien à leur collègue Nicolas réprimé par sa direction. Différentes délégations étaient présentes, dont une centaine de collègues de Nicolas Safran même (les collègues de Nicolas), ainsi que l’union Locale et départementale de la CGT. Des délégués de Total, Sidel, Yara étaient également présents au rassemblement pour faire front contre la répression syndicale.

La vengeance d’une direction contre un syndicaliste

Alors que Nicolas a quitté son mandat syndical, sa direction l’accuse d’avoir « harcelé » un des chefs et l’a donc convoqué ce vendredi pour un « entretien préalable à une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu’à un licenciement ». Lors de ses deux mandats syndicaux Nicolas a toujours eu à cœur de défendre ses collègues, soucieux de leurs conditions de travail et de leur bien-être.

Les travailleurs de Safran n’ont jamais été confrontés à une telle répression syndicale, pour eux c’est clair : le patronat veut se venger de la combativité de Nicolas. Comme le souligne Jenny Grandet, représentante CGT Safran : « Comment ne pas voir une manœuvre de répression syndicale ? La direction veut montrer qu’elle a de gros bras, nous allons lui opposer notre solidarité et le soutien de nombreux salariés qui savent qu’ils ont toujours pu compter sur Nico pour les défendre ». Elle dénonce également l’hypocrisie de la direction, qui lorsque Nicolas a dénoncé des cas de harcèlement moral sur ses collègues a fait la sourde oreille.

La direction cherche constamment à retourner la situation. Et quand elle ne se fait pas passer pour une victime, elle convoque, intimide, sanctionne et réprime à tout va. Son but est non seulement de se venger des syndicalistes qui se sont battus pour des meilleures conditions de travail, mais aussi de décourager l’ensemble des travailleurs.

Une répression qui s’inscrit dans le contre-coup de suite des mouvements de grève en 2023

Et comme le souligne Alexis Antonioli, raffineur chez Total syndiqué CGT, le cas de répression de Nicolas s’inscrit dans un contexte plus large. En effet la répression syndicale atteint un niveau exceptionnel Selon Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, plus de 1000 syndicalistes sont actuellement poursuivis en justice. Rappelant les mobilisations contre la réforme des retraites, Alexis explique que « le camp d’en face a flippé à mort de ce rapport de force qui a été imposé au gouvernement et au patronat ; aujourd’hui pour eux il s’agit de se venger et se prémunir pour éviter que ça se reproduise. »

Alexis Antonioli et ses collègues de la raffinerie Total de Normandie ont eux aussi été victimes de la répression syndicale suite aux mobilisations de l’année dernière. Face à tous ces cas de répressions, pour Alexis « la seule option pour les faire reculer c’est la grève ».

Mathias Dupuis, représentant de l’UL de Dieppe, était aussi présent pour apporter son soutien et appeler à un prochain rendez-vous, jeudi prochain pour soutenir un autre cas de répression syndicale : celui du secrétaire général de l’UD CGT Nord 59, Jean-Paul Delescaut, poursuivit pour « apologie du terrorisme » suite à un communiqué en solidarité avec la Palestine. Le rassemblement aura lieu jeudi 28 mars à 12h devant le Palais de justice de Lille.

Comme le disait Alexis Antonioli le cas de Nicolas de Safran est loin d’être isolé puisque les offensives antisyndicales se multiplient partout dans le pays, à l’image de Christian Porta de la CGT de Neuhauser, lui aussi accusé d’avoir « harcelé » sa direction, ou de Nicolas Pereira de l’UL CGT Roissy. Les luttes contre la répression ne peuvent donc pas se faire entreprise par entreprise, mais se coordonner à l’échelle nationale, en soutien aux victimes de répressions et en imposant un véritable front syndical et politique face au patronat. 

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Pendant que Tavares gagne 100 000€ par jour, Stellantis supprime 900 postes sur le site de Metz-Borny

La direction du groupe Stellantis a annoncé des délocalisations et des suppressions massives de postes sur le site de Metz-Borny dans le Grand Est. Face aux demandes de reconversion du site portée par les ouvriers, elle garde le silence et lâche des miettes.

Stellantis

Crédit photo : X (anciennement Twitter) de Stellantis

« On entre dans le dur », nous prévient Jean Charles Payet, délégué syndical CGT à l’usine Stellantis de Metz-Borny où la direction a prévu de supprimer 900 emplois. « Les annonces de la direction ont été faites il y a quelque temps, mais les effets arrivent maintenant », explique-t-il avant de détailler la production du site : « Ici on fait 3 types de boites de vitesse manuelle. Deux seront impactées dans le courant 2024. En juin, un premier atelier va diminuer la production de 50% et en fin d’année un second cessera complètement de fonctionner ». En termes de casse de l’emploi, les dégâts sont déjà prévisibles et dénoncés par la CGT : « ça représente 900 emplois menacés en tout à moyen terme sur le site ».

Le prétexte mis en avant par la direction pour mettre à la porte ses salariés ? Le passage à la production de véhicules électriques dans le cadre de la transition écologique. « Deux co-entreprises ont été créées pour ça, une fabriquant des boites de vitesse électrifiées et l’autre des moteurs électriques sur le site de Trémery », poursuit le délégué syndical, « la direction encourage la mobilité vers ces co-entreprises, mais ce n’est pas juste un changement d’atelier, c’est un changement d’entreprise, qui implique de démissionner de Stellantis. Pour nous c’est évidemment une forme de sous-traitance ». Sur le site, le pôle électrique devrait prendre environ 500 emplois, alors que la production thermique embauchait 1500 ouvriers, une réduction drastique.

Face à ce bouleversement qui laissera de nombreux ouvriers sur le carreau, la CGT a des revendications claires : « la première chose que nous portons c’est de fabriquer sur place, sur notre site, les pièces qui seront assemblées dans les co-entreprises. Il faut reconvertir l’usine. D’une part ça permettra de replacer l’ensemble des ouvriers qualifiés et de pérenniser le site, mais d’autre part ça contribuera à la transition écologique ».

En effet, alors que la multinationale se targue de se préoccuper de l’environnement en passant à la production électrique, l’ensemble des pièces qui seront assemblées en France seront importées. « Ils parlent de transition écologique mais leurs pièces proviennent du monde entier ! Il n’y aura plus que de l’assemblage à Metz ! », dénonce Jean-Charles Payet. Et à propos des nouveaux postes d’assemblage, il dénonce une déqualification et une précarisation à venir : « Ils n’emploient que des ouvriers peu qualifier, donc facilement remplaçables, avec une forte part d’intérimaires et de précaires. Déjà aujourd’hui, l’usine tourne avec près d’un ouvrier sur huit en intérim ».

Dans un second temps, la CGT revendique une meilleure répartition du travail et des départs. « Nous avons un accord qui permettait aux anciens de l’usine de parti trois ans plus tôt à la retraite, mais la direction considère que sur certains postes, ce sont des métiers en tension, et qu’elle a besoin de ces ouvriers jusqu’au bout ! On se retrouve dans une situation absurde, où les jeunes sont poussés dehors avec la casse de l’emploi alors que les anciens sont obligés de continuer de travailler. Ceux qui ont fait 35 ans de chaîne doivent pouvoir partir plus tôt ! Nous revendiquons l’élargissement de cette mesure à tous les ouvriers sans exception ».

Derrière l’ensemble du plan proposé par la direction, l’ouvrier dénonce l’hypocrisie du patronat : « les constructeurs qui se dirigent vers l’électrique sont loin d’être perdant. Ce sont des voitures à très forte marge, vendues excessivement chères, et sachant qu’il faut quatre fois moins d’ouvrier pour produire une électrique qu’une thermique, c’est doublement intéressant pour le patron ! Tout cela augmente les profits ».

Devant les dernières révélations du salaire du président du groupe, Carlos Tavares, le sort réservé aux salariés du site Stellantis de Metz est d’autant plus scandaleux. « C’est extraordinaire, le président gagne 100 000€ par jour et nous dit qu’il faut se serrer la ceinture ! » s’insurge en ce sens le syndicaliste. De la même manière, comme le rappelle le communiqué publié par la CGT Stellantis : « Cette année encore, Stellantis a annoncé un nouveau record de bénéfices à 18,6 milliards d’euros. Ces profits sont les fruits de la politique de casse sociale du groupe avec la destruction de plus de 130 000 emplois dans le groupe depuis 3 ans ».

De son côté la direction fait pour le moment la sourde oreille aux revendications des ouvriers, et n’a promis que la mise en place d’un petit atelier d’assemblage qui absorberait entre 50 et 60 emplois, bien en deçà de la casse. Quant à la possibilité d’une reconversion de l’usine pour la production des pièces, la direction n’a donné aucune suite.

Au-delà de Stellantis, Jean Charles Payet dénonce une dynamique qui s’étend à l’ensemble du milieu automobile : « Les productions sont délocalisées, les directions jouent au Monopoly pour aller là où il a des subventions, tout en cassant l’emploi localement. Pas seulement en France, mais sur tous les groupes à l’international ».

Contre la casse sociale et les patrons qui utilisent tous les moyens possibles pour augmenter leurs profits, il faut interdire les licenciements et répartir le temps de travail pour que chaque travailleur puisse avoir un emploi et partir à la retraite en avance après une carrière pénible ! Plus encore, il faut exiger les reconversions des usines, qui sont de vrais pas en avant dans la transition écologique, et dénoncer l’hypocrisie des patrons qui utilisent jusqu’à la catastrophe climatique pour précariser toujours plus les travailleurs.

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Un graphique et tout le baratin du gouvernement s'effondre : le tout gratuit, pour tous et tout le temps c'est fini, la dette c'est la faute aux pauvres, faut faire 10 milliards d'économies sur les services publics, l'uniforme à l'école, après l'abaya et le crop top pour cacher la misère des budgets scolaires, etc, etc... Non, les assistés ce sont les riches, c'est là où il faut faire des économies.

Les assistés ce sont les riches

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Désindexer le SMIC de l’inflation, la nouvelle grande idée de Bruno Le Maire

Préparé pour faire payer la crise économique et le déficit public aux travailleurs, Bruno Le Maire détaille dans son dernier livre une série d’attaques austéritaire. En première ligne figure la désindexation du SMIC de l’inflation et sa négociation reléguée au dialogue social entre patrons et syndicats.

Austérité

Crédits photo : Dean Calma / IAEA

S’attaquer à « l’Etat providence », c’est le leitmotiv avec lequel Bruno Le Maire poursuit ses projets d’offensives austéritaires. Dans son dernier livre « La Voie française », l’actuel ministre des finances prépare le terrain pour la campagne présidentielle de 2027 et cherche à légitimer les politiques de coupes budgétaires qui vont s’enchainer jusqu’à 2027.
 
Bruno Lemaire a déjà coupé 10 milliards d’euros du budget de différents ministères (notamment l’éducation et l’écologie) le mois dernier. Les prévisions revues à la hausse du déficit appellent de nouvelles attaques austéritaires. Son livre fait alors office de programme : diviser par deux le temps d’indemnité des chômeurs de plus de 55 ans pour les forcer à aller bosser, confier la formation des lycées professionnels au patronat, ou encore la volonté de « désmicardiser » la France, nouveau mot d’ordre du gouvernement Attal.
 
Face à des salaires qui sont dépassés par l’inflation (le Salaire Mensuel de Base a augmenté de 3,8% en 2023, les prix de 4,9%), et qui se font donc rattraper par le SMIC, seul salaire indexé sur l’inflation, la solution de Bruno Le Maire est de… désindexer le SMIC, donc de le baisser ! Désmicardiser la France veut dire, baisser les bas salaires->https://www.revolutionpermanente.fr/Desmicardiser-la-France-derriere-la-formule-choc-des-attaques-contre-les-bas-salaires] !
 
Si le nombre des salariés payés au SMIC n’a jamais été aussi élevé (près d’un salarié sur cinq est payé au salaire minimum), la responsabilité est celle gouvernement qui a tout fait pour laisser l’inflation grignoter les salaires, en créant toutes sortes de primes ponctuelles (sans cotisation sociale) pour permettre aux patrons de ne pas monter les salaires.
 
Ainsi, sous prétexte que le SMIC tirerait « vers le bas les autres rémunérations », il serait nécessaire de le désindexer de l’inflation et de confier son évolution (aujourd’hui automatique, tous les 1er janvier ou chaque fois que l’inflation augmente de 2% sur un an) au dialogue social entre les organisations patronales et les syndicats. On connaît le résultat d’une telle politique qui vise à légitimer par la signature des syndicats la régression sociale.

Ces attaques nous montrent, a contrario, précisément la marche à suivre. Mener une lutte d’ensemble, de tous les travailleurs, avec une revendication commune face à l’inflation : hausse de 400€ pour toutes et tous et indexation de tous les salaires sur l’inflation !

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50 milliards d’ici 2027 : ce que Macron s’apprête à vous prendre

Réunion de crise mercredi à l’Élysée, les comptes sont dans le rouge. Autour d’un plateau de fruits de mer, Macron et ses ministres cherchent faire cracher aux services publics et à la Sécu les moyens de mener leur guerre et d’enrichir les spéculateurs.

Economie de guerre

Crédits photo : Faces of the world

Réunion de crise à l’Élysée mercredi soir. Les comptes sont dans le rouge, il faut rogner les budgets de l’État en urgence ! Macron a ainsi réunit Gabriel Attal, Bruno Le Maire, Darmanin et ses principaux ministres autour d’un plateau de fruit de mer pour décider, entre deux huîtres et un bulot, comment plonger un peu plus les travailleurs dans la misère.

Faire cracher 50 milliards aux services publics et à la Sécu

L’ampleur de la coupe s’annonce brutale. Alors que le gouvernement tablait sur un déficit public de 4,9% (138 milliards d’euros) pour l’année 2023, l’INSEE pourrait annoncer un déficit de 5,6% (157 milliards d’euros) dans les prochains jours. Bien loin de la loi européenne (quasiment un commandement divin) des 3% de déficit autorisé. Au mois d’avril, Bruno Le Maire doit présenter à la Commission Européenne quel plan d’ajustement austéritaire il compte mettre en place pour descendre sous ce cap des 3% d’ici 2027. D’autant que le capital mondial attend des mesures rapides : le printemps étant marqué par les appréciations des grandes agences de notation (Standard & Poor’s, Fitch).

Facile d’imaginer quelles saloperies antisociales ont pu être présentées par les ministres macronistes lors de cette réunion. Sous couvert d’anonymat, un ministre confie à la presse : « Les APL ? Ça ne sert à rien ! Ça nous coûte près de 14 milliards d’euros par an. Et cet argent va directement dans la poche des propriétaires ». Mais les macronistes ont plus d’un tour dans leur sac, et Bruno Le Maire en livre certains dans son livre paru ce mercredi : réduire de moitié le temps d’indemnisation chômage des plus de 55 ans, désindexer les pensions de retraite de l’inflation, réduire les cotisations sociales et augmenter la TVA.

Déjà dans cette perspective, Bruno Le Maire avait sabré 10 milliards d’euros de budget public, d’une simple signature. Désormais, le chef de la calculette nous promet 20 milliards d’économies pour le prochain budget. D’ici à 2027, la Cour des Comptes réclame 50 milliards dans un récent rapport ! Si on se rappelle que le gouvernement agitait la perspective de faire 12 milliards d’économie d’ici à 2027 en nous faisant travailler jusqu’à 64 ans, on imagine la violence d’une attaque à 50 milliards.
 
« Nous avons baissé les impôts de plus de 50 milliards d’euros depuis qu’Emmanuel Macron a été élu président de la République » fanfaronnait-il en juillet. Étrange trou dans le budget qui se profile, alors que ce gouvernement a supprimé les impôts de production, l’Impôt Sur la Fortune (ISF) et multiplié les cadeaux aux riches et aux entreprises (crédit impôt-recherche 6 milliards par an, subvention de l’apprentissage pour finir une main d’œuvre à très bas coût etc.).

Militarisme et austérité : le nerf de leurs guerres

Mais ce que l’austérité ne touche pas c’est le militarisme et la répression. Les lois de programmation du ministère de l’Intérieur (LOPMI, 15 milliards d’ici à 2027) et celle de l’armée (LPM, 413 milliards d’ici à 2030) ont débloqué des budgets records. L’austérité est la rançon de leurs guerres, la destruction des services publics et de tous les droits du monde du travail une nécessité pour l’« économie de guerre ».

Ainsi, alors qu’un sommet européen va bientôt se tenir pour décider d’une nouvelle enveloppe pour soutenir l’effort de guerre de l’OTAN en Ukraine, et que l’accord bilatéral de sécurité entre la France et l’Ukraine s’accompagne d’une enveloppe de 3 milliards, la préparation à la guerre va coûter très cher à la classe travailleuse. Investissements négligeables, rapportés à ce que les capitalistes du complexe militaro-industriel et du BTP gagneront en pillant la partie de l’Ukraine sous tutelle américano-européenne pour échapper à la tutelle russe.

Chaque budget de l’ère Macron l’a rappelé, les premières victimes de sa guerre sociale sont la santé, l’éducation, le logement et l’écologie. Récemment le gouvernement a mené bataille contre les remboursements de soin, le chômage, le RSA et les arrêts du travail en montant les travailleurs les uns contre les autres pour fliquer les plus précaires. Ces rognages sur nos droits ont toujours été l’occasion de transfert vers le capital. Ainsi, l’économie faite par l’augmentation des franchises médicales a été immédiatement reversée aux laboratoires pharmaceutiques.

Enfin, dans la Vème République, qui dit budget dit 49-3 illimité ! Alors qu’une loi rectificative du budget 2024 pourrait être imposée par 49-3 dès les prochains mois, le budget 2025 présenté à la rentrée 2024 risque d’être l’occasion d’une pluie d’attaques et de rognage dans tous les secteurs.

Pendant que le gouvernement calcule comment nous plumer, les profits des capitalistes explosent. Année après année, le CAC40 bat record sur record : 15,2 milliards de bénéfices pour LVMH, 18,6 pour Stellantis, 20 pour Total. Au global, le CAC40 a dégagé 144,2 milliards d’euros de bénéfices. 97 milliards ont été parasités par les actionnaires !

La marche à la guerre que veulent nous imposer Macron et son alter ego Le Pen/Bardella implique austérité, régression sociale, restriction des droits démocratiques et pillage aggravé des richesses produites par les travailleurs au profit des capitalistes. Dans toute l’Europe, confrontés aux mêmes problèmes et aux mêmes attaques globales, l’issue est dans la mobilisation unie des travailleurs, par-delà les divisions sectoriels, de statuts, de nationalités.

Lire aussi : Consensus militariste aux européennes : il faut faire entendre une perspective ouvrière contre la guerre

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Le 14 décembre dernier, l'État a été condamné par le tribunal judiciaire de Paris à verser 6,7 millions d'euros à 1 051 justiciables victimes de délais jugés excessivement longs pour faire valoir leurs droits devant les prud’hommes.

« On ne doit pas laisser la justice dans un tel état ! Il faut impérativement une réaction ! » dénonce Dany Marignale, avocat de plus de mille victimes des délais excessivement longs devant le conseil des prud'hommes.

6,7 millions d'euros d'indemnités pour les victimes des délais excessifs de la justice !

Le 14 décembre dernier, le tribunal judiciaire de Paris a condamné l'État à verser 6,7 millions d'euros à 1 051 justiciables victimes de délais jugés excessivement longs pour faire valoir leurs droits devant les prud’hommes. Chacune devrait toucher entre 2 500 et 11 000 € d'indemnités sous réserve du résultat du jugement d'appel fait par l'État.

Cette décision, à l'occasion de laquelle le juge a caractérisé un déni de justice, illustre la défectuosité du système judiciaire français actuel.

En effet, alors qu'en cas d'égalité des voix entre conseillers prud'homaux salariés et employeurs, la loi prévoit un maximum d'un mois pour que l'affaire soit renvoyée devant un juge professionnel, ce délai est d'en moyenne 2 ans au conseil de Paris. Certains clients ont même attendu jusqu'à 10 ans avant le rendu de leur décision !

À noterQuand l'article 6 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme garantit à toute personne « le droit d'être jugée équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un juge indépendant et impartial », le déni de justice désigne une situation dans laquelle une personne est privée de son droit à une justice équitable en raison de retards, de négligence ou de refus injustifiés de la part des autorités judiciaires. C'est une faute très grave que le juge a qualifiée d'« atteinte à un droit fondamental ».

Une souffrance sociale profonde pour les salariés, consécutive d'un accès à la justice entravé

Ces retards s'expliquent de différentes façons : attente de décisions d'autres juridictions qui peinent à arriver, manque d'effectifs, mauvaise communication des pièces entre les parties etc.

Mais le résultat reste le même : une souffrance sociale profonde causée par la précarisation des salariés et par une amplification du rapport de force déjà déséquilibré avec leur employeur.

En effet, alors que l'attente d'une indemnisation plonge les salariés licenciés — parfois sans revenus depuis plusieurs années — dans de graves difficultés financières (allant parfois jusqu'à causer des divorces, des dépressions, etc., excédant alors l'aspect financier), ces délais excessivement longs sont désormais également devenus une arme de négociation des employeurs pour dissuader leurs salariés d'engager une action en justice.

Entre patienter des années avant une potentielle indemnisation de leur préjudice et percevoir de leur employeur — en lieu et place d'un procès — une somme bien inférieure à celle qu'ils auraient obtenu en cas d'une victoire au tribunal, bon nombre de salariés ne pouvant financièrement pas attendre se retrouvent contraints d'accepter la somme de l'employeur, renonçant ainsi à faire valoir leurs droits en justice.

Une réponse insuffisante voire contreproductive de l'État

Bien qu'il affiche une volonté de réduire ces délais excessifs, l'État n'a en réalité, ces dernières années, que contribué à accroître la précarité de la partie faible au contrat de travail, le salarié.

Au lieu de donner à la justice des moyens humains et financiers supplémentaires, l'État se borne à vouloir réduire le nombre d'actions en justice, ne faisant que décourager voire empêcher les salariés d'agir.

Ces derniers — déjà fragilisés par les multiples réformes entrées en vigueur depuis le premier quinquennat d'Emmanuel Macron (dont l'instauration du barème Macron plafonnant leurs indemnités en cas de licenciement) — se retrouvent maintenant menacés par une énième réforme régressive annoncée par Bruno Le Maire en décembre 2023 : la réduction du délai de contestation d'un licenciement d'un an à deux mois.

Espérons que cette décision du tribunal soit le début d'une prise de conscience pour l'État concernant la nécessité urgente d'actions de sa part.

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Le taux de chômage des seniors est trop élevé parce que tu les a mis au chômage en repoussant l'age de départ en retraite de deux ans

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux

 

La loi Pacte 2, qui pourrait être présentée d’ici l’été 2024, devrait modifier les seuils qui obligent à la mise en place de CSE. Les entreprises dont les effectifs sont compris entre 50 et 250 employés pourraient globalement s’en passer. Or, environ 30% du salariat évolue dans ce type de structure et perdrait donc de nombreux droits.

Réduire encore les droits des salariés ? C’est l’objectif à peine masqué de la future loi Pacte 2, qui sera présentée par le gouvernement d’ici l’été 2024. Sous couvert de « simplification », le ministre de l’économie souhaite une fois encore s’en prendre au code du travail. Et pour avoir une idée de ce que pourrait contenir la loi, il faut lire le rapport parlementaire « Rendre des heures aux Français », publié le 15 février 2024. Il pourrait bien servir de modèle à la future loi Pacte 2.

Lors d’un article précédent, nous avions déjà passé en revue une des premières attaques d’envergure envisagées par le rapport : la réduction des délais de prescription aux prud’hommes en cas de licenciement. Intéressons-nous désormais à une deuxième proposition antisociale : le rehaussement des seuils sociaux pour les entreprises. Ces derniers fixent de nouvelles obligations aux établissements lorsqu’ils dépassent un certain niveau d’effectif. Parmi elles, la mise en place de CSE (conseil social et économique) censés porter la voix et défendre les intérêts des salariés.

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Publié par EL DIABLO

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