+16% en bourse pour Total : les travailleurs paient, le grand patronat s’engraisse
La guerre en Iran fait flamber les prix du pétrole et du carburant en France. Tandis que les clients subissent une hausse brutale à la pompe, les majors comme Total voient leurs marges et leurs profits s’envoler, révélant les logiques spéculatives au cœur du marché pétrolier mondial.
Total se place en grand gagnant de l’intervention impérialiste états-unienne et israélienne en Iran avec une augmentation de 16,2 % de la valeur de ses actions en Bourse depuis le 28 février dernier.
Effectivement, le géant français profite largement de la situation au Moyen-Orient et, plus généralement, de l’ensemble des interventions impérialistes états-uniennes. Que ce soit au Venezuela ou en Iran, depuis le début de l’année, le cours des actions de Total a pris près de 40 % de valeur.
Ces bénéfices, Total les fait directement sur le dos des usagers. Le géant, libre de fixer lui-même ses prix depuis une décision du gouvernement Mitterrand, profite de la guerre au Moyen-Orient pour faire exploser ses marges. Aujourd’hui, le prix à la pompe dépasse ainsi le plus souvent les 2 euros partout en France, soit une hausse de près de 30 centimes au litre en l’espace d’un mois.
Il convient de rappeler que cette hausse n’a aucune cause matérielle. La France consomme en effet relativement peu de pétrole en provenance du golfe Persique : environ 17 % des produits pétroliers vendus dans l’Hexagone en sont issus, notamment pour le gazole. Surtout, le délai moyen entre l’extraction d’un baril dans cette région et la vente de son produit raffiné en France est compris entre un et trois mois. Le transport maritime prend généralement entre 20 et 35 jours, auxquels s’ajoutent une à trois semaines de raffinage.
Autrement dit, les hausses de prix observées ces derniers jours concernent en réalité des produits pétroliers issus de barils extraits bien avant le début de l’invasion de l’Iran, survenue le samedi 28 février. Dans ces conditions, la répercussion extrêmement rapide de la hausse des prix à la pompe ne saurait s’expliquer uniquement par une augmentation des coûts réels, mais repose largement sur des mécanismes anticipatifs et donc spéculatifs de formation des prix.
Mais il est tout aussi frappant de constater la hausse du cours des actions de Total, qui reflète en grande partie l’augmentation de ses marges. En effet, si le niveau de production a globalement reculé, la forte hausse des prix du pétrole permet au géant français de compenser largement cette baisse. Ainsi, loin d’être pénalisé par la situation, le groupe voit ses profits progresser, ce qui explique que son action atteigne aujourd’hui des niveaux records.
Cela, Total le fait notamment avec la complicité du gouvernement impérialiste français, qui n’a pas hésité à s’engager, que ce soit au Venezuela ou encore aujourd’hui en Iran, pour défendre les intérêts de la multinationale.
Dans cette situation, Sébastien Lecornu a annoncé refuser d’abaisser la TVA de 20 % sur les hydrocarbures actuellement en place, une mesure qu’il qualifie de « inefficace et coûteuse ». Il est pourtant nécessaire de supprimer la TVA, qui frappe toujours plus durement les classes populaires, alors que les entreprises pétrolières, elles-mêmes, s’engraissent. Par ailleurs afin de s’assurer que les baisses de taxation n’aillent pas directement grossir les profits du patronat, il faut exiger le blocage des prix du pétrole et, in fine, poser la question de la nationalisation sous contrôle ouvrier de l’ensemble du secteur des hydrocarbures pour en finir avec les profiteurs de l’inflation et de la guerre au Moyen-Orient.
publié par REVOLUTION PERMANENTE
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