SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Mort au travail : un jeune de 22 ans meurt dans un laminoire dans une usine Lustucru

Vendredi dernier, un travailleur intérimaire de 22 ans est décédé en nettoyant un laminoir à pâtes, au sein de l’usine Lustucru, à Saint-Genis-Laval. Nous exprimons toute notre solidarité avec ses collègues et ses proches. Ce nouvel accident tragique rappelle une fois de plus les conséquences de la casse des conditions de travail.

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Capture d’écran Google Earth

Dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 avril, un jeune ouvrier intérimaire de 22 ans a trouvé la mort dans l’usine Lustucru Frais de Saint- Genis-Laval, dans le Rhône. Le jeune homme, arrivé dans l’entreprise en janvier dernier seulement, procédait au nettoyage de fin de production d’une machine lorsqu’il a été happé par un laminoir.

Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pénale du chef d’homicide involontaire par personne morale dans le cadre du travail et la chaîne de production a été mise à l’arrêt, et l’usine est restée fermée plusieurs jours sur demande des syndicats.

Dans un communiqué publié à la suite du drame, la direction de Lustucru elle se défend évidemment de toute responsabilité : « La sécurité de nos collaborateurs a toujours été et demeure une priorité absolue de l’entreprise. Il nous faudra donc comprendre comment un tel drame a été rendu possible ». La réponse pourtant ne semble pas si difficile à trouver. Damien Ferrier, secrétaire de l’Union régionale CGT agro-alimentaire explique que les salariés de Lustucru subissent des « cadences qui augmentent, un turn-over de salariés en intérim ou en CDD, des problèmes physiques », dans des « conditions de travail très dégradées ». Et explique enfin que, malgré plusieurs batailles pour des meilleures conditions, « la direction est méprisante depuis de très nombreuses années ». Le travail de nuit, solitaire, à un des postes de maintenance les plus à risque et en intérim est de toute évidence l’un des facteurs ayant conduit à ce nouveau terrible mort au travail.

Face à l’horrible nouvelle, l’Union Locale CGT Oullins - Pierre-Bénite a publié un communiqué qui pointe la réalité des morts au travail en France : « Ce n’est pas un “accident”, c’est le travail qui tue. Chaque année en France, des centaines de travailleurs perdent la vie pour gagner leur croûte. Derrière chaque “fait divers” se cachent souvent les mêmes réalités : des cadences infernales qui poussent à la faute, des dispositifs de sécurité parfois défaillants ou shuntés pour ne pas arrêter la production, un manque d’effectifs qui empêche le travail en binôme sécurisé ».

Ce nouveau drame s’inscrit dans un contexte national de montée des morts au travail. En effet, selon le rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie sur les risques professionnels, 764 personnes sont mortes en France à la suite d’accidents du travail dans le secteur privé, un chiffre jamais atteint depuis 2018, soit 119 morts de plus qu’en 2021. En ajoutant les accidents de trajet et les maladies professionnelles, le bilan s’élève à plus de 1 297 morts, sans tenir compte des agriculteurs, des fonctionnaires, des indépendants, ni des travailleurs ubérisés. La France détient ainsi le sinistre titre de championne d’Europe de la mort au travail, avec 3,5 décès pour 100 000 salariés, deux fois la moyenne européenne.

Comme le souligne L’Usine Nouvelle, la hausse inquiétante des accidents mortels révèle une prévention structurellement insuffisante, où la responsabilité est sans cesse rejetée sur les travailleurs eux-mêmes. La suppression des CHSCT - comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail -, remplacés depuis 2020 par des CSE aux attributions bien plus larges et donc bien moins focalisées sur la sécurité, a constitué un recul majeur dans le droit des travailleurs.

En plus, il faut pointer la responsabilité directe de la précarité des conditions de travail : les intérimaires, les CDD, les travailleurs sans ancienneté ni formation suffisante sont les premières victimes. Selon le rapport de l’Assurance Maladie, 59 % des morts de moins de 25 ans surviennent lors de la première année de poste. La mort ce jeune homme de 22 ans, intérimaire depuis janvier, illustre la violence du travail pour les plus précaires.

La tragédie de Lustucru s’inscrit dans une série qui frappe particulièrement la jeunesse. Il y a quelques jours à peine, un lycéen de 15 ans a trouvé la mort dans le Gard, écrasé par un chariot élévateur sur un chantier de BTP où il effectuait un stage d’observation. En juin dernier, un élève de seconde de 16 ans mourait à Saint-Lô, dans un magasin GIFI, lors de son stage obligatoire, après avoir été renversé par une palette. Ces drames sont le produit d’une politique gouvernementale qui pousse la jeunesse au travail de plus en plus tôt, dans des conditions de plus en plus précaires et dangereuses.

Nous adressons toute notre solidarité aux collègues, à la famille et aux proches de ce jeune homme. Personne ne devrait mourir au travail pour remplir les poches d’un patronat qui explique faire de la sécurité des travailleurs sa priorité, tout en maintenant des cadences infernales, un recours massif à l’intérim et un mépris total pour les revendications des travailleurs. Ce drame intervient en outre à quelques jours du 1er mai, journée internationale des travailleuses et des travailleurs, qui fait elle-même l’objet d’attaques de la part du gouvernement et du patronat. C’est dans la rue, le 1er mai, qu’il faudra répondre massivement pour lutter contre un système où la vie des travailleurs vaut moins que les profits.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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