

SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI
Syndicat CGT Unilever HPCI France
Il n'y aura jamais trop de forces engagées dans la solidarité pour protéger les travailleurs dans leur action de résistance au coeur même des entreprises !


PAR FSC

PAR FSC

Vendredi 23 juin, le secrétaire de la CGT de l'usine de Poissy, Farid Borsali, était appelé à comparaître au tribunal correctionnel de Versailles, suite à une plainte de la direction PSA.
Le rassemblement organisé pour le soutenir et pour défendre les libertés syndicales a été un succès, avec 300 salariés présents : une centaine d'ouvriers de Poissy qui avaient débrayé pour faire le déplacement, des militants CGT de tous les sites PSA du pays, et des délégations de salariés d'autres usines (Renault Flins, Cléon et Guyancourt, AXA, Avantis, Nokia, SNCF, etc)
Ce rassemblement est une première réponse à une politique générale de répression de la direction. Cette politique va bien au-delà des militants syndicalistes de la Cgt, malheureusement classique chez Peugeot et Citroën, elle touche aussi l'ensemble des salariés avec de nombreuses sanctions et licenciements sous divers prétextes. C'est une attaque contre tous les salariés du groupe.
Que cherche la direction ? Par cette politique, la direction cherche à faire accepter des conditions de travail de plus en plus dures, des baisses d'effectifs, des horaires de travail de plus en plus dingues, avec sa cohorte d'heures supplémentaires non payées. Elle se prépare à faire appliquer la loi El khomri et la future loi Macron ainsi que la casse des conventions collectives de la métallurgie.
L'usine de Poissy paye un lourd tribu de cette politique suivi par d'autres sites. Si tous ne sont pas encore touchés au même niveau, il s'agit bien d'une politique générale qui vise à dégrader les conditions de vie et de travail de tous les salariés du groupe.
Cela a été le cas à Valenciennes où ils ont dû faire face à des accusations mensongères et fantaisistes de la direction de fausse séquestration et de violences. Cela a été jusqu'à des demandes de licenciements, de mise à pied conservatoire pour finir en fin de compte par de simples mises à pied tout autant injustifiées.
Dans les usines du groupe, régulièrement, les militants CGT qui distribuent légalement des tracts CGT aux postes de travail font l'objet de pressions physiques de la part des RH au mépris de la liberté d'expression.
à Charleville,
les pressions se concentrent sur les militants CGT à capacité restreinte qui sont affectés volontairement à des postes de travail sans rapport avec leurs restrictions médicales.
à Mulhouse,
la direction vient de convoquer un militant en vue d'un licenciement pour un motif totalement bidon après lui avoir infligé 10 jours de mise à pied. Au même moment, un salarié, connu comme syndiqué CGT, vient d'être mis à pied conservatoire à effet immédiat en vue d'un licenciement, sur une fausse accusation.
à Poissy,
cela a été la traditionnelle politique d'attaque contre les militants CGT durant la campagne électorale. Un jeune militant licencié, 14 militants sanctionnés avec un total de 61 jours de mises à pied, une mutation disciplinaire et 5 demandes de licenciement, toutes refusées en bloc par l'Inspection du Travail.
L'objectif est classique : tenter d'isoler les militants CGT des salariés, et d'intimider les salariés. Peine perdue, la CGT est devenue à Poissy le 1er syndicat chez les ouvriers et plus de 1 100 salariés ont versé par solidarité plus de 4 400€ pour rembourser intégralement les jours de mises à pieds injustifiés.
à Hordain (Sevelnord),
la direction entrave le droit de grève en menaçant les salariés : courriers d'intimidation, menaces de rupture de contrat concernant le personnel temporaire qui ont débrayé à l'appel de la CGT contre la flexibilité, les mauvaises conditions de travail et le manque d'effectif. Des RG sont même missionnés pour mettre pression sur les salariés à leurs postes de travail, (mardi 27 juin HC5 en équipe bleue).
Mais aujourd'hui, la direction franchie une étape inadmissible en allant sur le terrain judiciaire.
à Mulhouse,
Suite à la parution d'un tract syndical en mars 2016, 4 plaintes ont été déposées par des membres de la hiérarchie et par la direction. Et une dizaine de délégués CGT de Mulhouse ont été convoqués à la police pour être interrogés sur ce tract, par la brigade anti-criminalité ! La procédure en justice a conduit à la mise en examen de 6 militants le 21 juin, et ils sont reconvoqués le 10 août au tribunal !
à Poissy,
le secrétaire de la CGT vient de comparaître en Correctionnelle pour des accusations fantaisistes de violences. La plaidoirie de l'avocate de la CGT a pu mettre en lumière toutes les incohérences, les approximations et la faiblesse du dossier de l'accusation du représentant de la direction.
9 militants viennent de faire 9h de garde à vue chacun et sont appelés à comparaitre en Correctionnelle pour une fausse accusation de séquestration où l'Inspection du Travail avait refusé les demandes de licenciement. La direction menace de contester cette décision sur l'un d'entre eux au Ministère du Travail.
Cette politique est vouée à l'échec, car elle n'entamera pas la détermination des militants. Au contraire, cela ne fait que renforcer leur conviction d'avoir à défendre les intérêts collectifs des salariés.
Si la direction s'attaque aussi durement aux militants CGT, c'est qu'elle compte s'attaquer encore plus à l'ensemble des salariés. Elle voudrait intimider les salariés, au moment où ils commencent à s'opposer aux heures supplémentaires obligatoires et non payées, aux suppressions de postes, aux secteurs vendus à la sous-traitance, aux augmentations de cadences, etc.
Ces attaques ne passent pas sans réactions de la part des salariés
Dans plusieurs usines, des débrayages ont eu lieu ces dernières semaines, regroupant au total des centaines d'ouvriers. Et parfois, cela oblige la direction à reculer, au moins partiellement :
à Sevelnord,
de nombreux débrayages ont lieu en ce moment pour protester contre la flexibilité des horaires, les suppressions de postes et le manque d'effectifs. La direction a été contrainte d'annuler certaines séances d'heures sup (samedi matin, dimanche soir, allongements d'horaires) et de rajouter des postes de travail au Ferrage. Ce qui n'était pas possible selon la direction, l'est subitement devenu grâce à la mobilisation des salariés !
À Sochaux, plusieurs débrayages ont eu lieu contre la modification des horaires prévue avec la mise en place d'une équipe de VSD. Rallongement des journées, diminution des pauses, overtime quasi-quotidiens : plusieurs centaines de salariés ont tenu à ne pas laisser se laisser faire.
à Metz Borny,
contre le travail du lundi de pentecôte sans majoration, un rassemblement d'ouvriers pendant le temps de pause, a obligé la direction à payer en jour férié. Elle a également reculé sur le travail du samedi dans un secteur, après que 80% des ouvriers de ce secteur aient annoncé qu'ils feraient grève ce jour-là.
à Rennes,
des salariés ont aussi arrêté le travail à deux reprises pour dénoncer les heures sup à répétition, le manque d'effectifs et les postes surchargés. Des intérimaires se sont joints à cette mobilisation, pour protester contre la faiblesse de leurs salaires.
Dans plusieurs usines, les règles écrites des accords sont modifiées : à Metz Borny, à Mulhouse, la direction a décidé de payer 1 samedi sur 2, alors que le NEC prévoit le paiement d'une séance sur 3. Et dans d'autres usines du groupe, les salariés expriment leur ras-le-bol.
Ces débrayages, ces mobilisations collectives sont la voie à suivre.
Isolés, les salariés ne sont pas assez forts pour s'opposer aux attaques de la direction.
Mais dès qu'on discute ensemble, qu'on s'organise et qu'on décide d'exprimer notre mécontentement, on est en capacité de se faire respecter et de faire reculer la direction.
PAR FSC
C'est une fonction qui ne figure pas sur sa page Wikipédia, qui est éliminée de sa biographie officielle, que les médias ont donc omise. Y compris "la prise de bec" du Canard, aujourd'hui consacrée à la ministre des Armées.
[Dernière minute: lundi 26/06/2017 à midi, nous appelions le cabinet de la ministre des Armées quant à ses mandats industriels oubliés. Dans la soirée, Mme Parly annonçait dans une dépêche Reuters la démission de ces fonctions...]
Florence Parly vient de récupérer le ministère de la Défense. Et autant "les armées s'interrogent"(Les Echos, 23/06), autant les industriels sont ravis: « Au moins a-t-elle pleinement conscience du poids en France de l'industrie militaire et aéronautique... "Florence est une passionnée de technologie, d'aéronautique, de spatial, elle a volé en Mirage 2000, c'est un excellent choix", s'enthousiasme son ami Jean-Yves Le Gall, président du CNES. Les industriels, qui l'attendent aujourd'hui au Bourget avec le Premier ministre, semblent satisfaits. »
Satisfaits juste parce qu'elle aime les joujoux technologiques?
Non, plutôt parce qu'elle est de leur sérail.
[…]
LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Florence Parly: "représentante" de la banque Edmond de Rotschild
C'est une fonction qui ne figure pas sur sa page Wikipédia, qui est éliminée de sa biographie officielle, que les médias ont donc omise. Y compris "la prise de bec" du Canard, aujourd'hui consa...
http://www.francoisruffin.fr/florence-parly-reprensent
PAR EL DIABLO
Bernard Arnault, Liliane Bettencourt et Axel Dumas occupent les trois premières marches du podium du classement des 500 fortunes professionnelles françaises de Challenges.
Depuis 1996, Challenges scrute les fortunes. Et notre numéro spécial qui accompagne l'été est devenu une marque de fabrique en France au même titre que Forbes est la référence mondiale sur ce sujet qui déchaîne autant de passion que de curiosité : c'est d'ailleurs, et de très loin, la plus forte vente de notre journal.
Ce n'est évidemment pas le cas des fortunes familiales, très présentes dans le capitalisme français. Les Arnault, Pinault, Mulliez, Bolloré... sont des habitués. Comprendre et raconter comment ces groupes se transforment et se transmettent est plein de surprises et de questionnements: est-il normal que les actifs de nos " 500 " aient progressé, en valeur, trois fois et demi fois plus vite depuis 1996 que le PIB de la maison France, sans parler des dix premiers pour lesquels c'est plutôt dix fois?
Vous le constaterez une nouvelle fois en découvrant cette édition 2017, nous déclinons cette thématique sous tous ces aspects: statistique, dynastique, ludique et, bien sûr, économique. La pièce maîtresse est notre classement des 500 fortunes professionnelles françaises. Il est le produit d'un travail de plusieurs mois et d'une méthodologie éprouvée à partir d'une base de données constituée depuis des années et dont nous avons l'exclusivité. C'est une méthode d'évaluation contradictoire, et qui ne s'intéresse qu'au patrimoine d'entrepreneurs, reflet de leur activité et de leur réussite. D'où l'importance du mot " professionnel ". La richesse ne nous passionne pas en tant que telle, sinon par sa création, indicateur de réussite, et facteur de prospérité. D'ailleurs, au moment où un entrepreneur vend sa société et reçoit du cash, il ne nous intéresse plus et disparaît du classement.
Mais le sujet des inégalités va bien au-delà de ce constat clinique. Si celles du patrimoine se sont accrues, les inéquités en terme de revenus n'ont que peu évolué, rare exception française salutaire. Quant à l'égalité des chances, consubstantielle de notre modèle méritocratique, c'est un désastre, comme le regrette l'économiste Philippe Aghion. Qui conseille de se concentrer sur ce drame national plutôt que de se focaliser sur la part des richesses détenues par le 1% de la population la plus nantie ; le titulaire de la chaire d'économie au collège de France préfère, à l'opposé d'un Thomas Piketty, la stimulation par l'innovation à la sanction par la fiscalité. Un choix qui n'a pas manqué d'influencer Emmanuel Macron. Reste à le mettre en œuvre.
Comme chaque année, « Challenges » dévoile son classement des 500 fortunes professionnelles françaises, le produit d'un travail de plusieurs mois et une marque de fabrique. Découvrez notre classement 2017.
[…]
LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :
PAR EL DIABLO


PAR FSC
SOURCE : RT en français

Le quotidien Libération révèle ce 28 juin que le cabinet d'Emmanuel Macron à Bercy, lorsqu'il était ministre de François Hollande, aurait bel et bien participé à l'organisation d'une soirée à Las Vegas par le groupe de communication Havas. Ces révélations interviennent alors qu'une enquête est en cours pour violation présumée des règles de mise en concurrence.
Le quotidien soutient également que le ministre du Travail Muriel Penicaud, à l'époque directrice générale de Business France, a «validé» certaines dépenses relatives à l'organisation de cette soirée, un «contournement des règles» de l'agence publique, chargée de faire la promotion de la France auprès des investisseurs étrangers et qu'elle dirigeait.
Des éléments d'un audit, réalisé par le cabinet d'audit EY (ex-Ernst & Young) et que Libération s'est procuré, ne laissent aucun doute sur l’implication du cabinet du ministre de l’Economie de l'époque, estime le quotidien. «Nous comprenons que la définition exacte des besoins a pu être en partie déterminée par des personnes extérieures à Business France, en particulier le cabinet du ministre de l’Economie», pointe notamment le rapport, cité par Libération.

Lorsque l'affaire a éclaté, Emmanuel Macron a écarté la responsabilité de son entourage, affirmant que son «ministère a[vait] toujours respecté les règles des appels d'offres et des marchés publics». Le successeur de Emmanuel Macron au ministère de l’Économie, Michel Sapin, avait lui-même dédouané son ancien collègue, affirmant que la saisine de l'Inspection générale des finances (IGF) dans cette affaire «ne concern[ait] en aucun cas Emmanuel Macron».
Cette affaire est embarrassante pour le ministre du Travail qui doit présenter ce 28 juin en conseil des ministres le projet de loi d'habilitation à réformer le droit du travail par ordonnances. Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a dit ne pas être inquiet des conséquences de cette affaire pour Muriel Pénicaud.
Le ministre s'est également défendu, expliquant le 25 juin ne pas avoir envisagé de démissionner. «[Cela] n'aurait pas eu de sens, puisque c'est moi qui ait alerté [...] et demandé un audit indépendant, ce que l'Inspection générale des finances a confirmé par la suite», a-t-elle fait valoir.
Lors de cette soirée, qui s'était tenue le 6 janvier 2016 à Las Vegas, Emmanuel Macron avait rencontré des dirigeants de start-up françaises. Selon Le Canard enchaîné, le coût de l'opération aurait été de 381 759 euros, dont 100 000 euros pour les seuls frais d'hôtel.
Entre 2010 et 2014, le syndicaliste CGT, Olivier Leberquier a mené la fronde contre Unilever lors du combat des « Fralib ». Il est désormais directeur général délégué de Scop-Ti, la société coopérative née de cette lutte.

Le Normand Olivier Leberquier s’efforce, depuis toujours, de « faire passer le collectif avant l’individuel ». / Benjamin Béchet pour La Croix.
Son bureau ne se trouve pas, comme celui de l’ancienne direction, dans un bâtiment distinct de l’usine. Le sien domine l’atelier. On y entend les cliquetis et les ronronnements discrets des cinq lignes de production des thés et tisanes de la Scop-Ti. La Société coopérative ouvrière provençale de thés et infusions a vu le jour fin mai 2014, à Gémenos près de Marseille.
Après 1336 jours de lutte acharnée contre Unilever, l’ancien propriétaire, 76 salariés ont repris leur outil de travail, dans les locaux mêmes de l’usine Fralib, où la marque produisait les thés éléphant. À la tête du combat : Olivier Leberquier.
Ce Normand de 53 ans a les yeux gris clair et l’âme engagée. Sous des néons blancs et un portrait de Che Guevara, il détaille le parcours qui l’a mené à coiffer la casquette de directeur général délégué de la Scop-Ti.
« Mon rêve de gosse, c’était d’être soudeur, comme mon père », se souvient celui qui a grandi à Harfleur, près du Havre. Aucun lycée pro près de chez lui ne propose la formation. « Il fallait partir ailleurs, on n’en avait pas les moyens. » L’ado décroche finalement un BEP de mécanicien monteur, un CAP de tourneur et fait ses premières armes, à 17 ans, au sein de la raffinerie de Normandie. En 1981, il entre chez Unilever, au Havre.
A lire : Les anciens de Fralib prennent un nouveau départ
« Mon père m’a dit : “Dès que tu bosses, tu te syndiques” », se rappelle ce grand gaillard dans son tee-shirt rouge, estampillé « 1336 », marque désormais de certains produits de la Scop. Comme son père, militant communiste, il choisit la CGT. L’été, les cinq enfants de la fratrie font des colos en Allemagne de l’Est.
Olivier Leberquier rit : « Quand je rentrais, je faisais des exposés sur la RDA, au collège ! Ça ne plaisait pas toujours. Des fois, ça fritait ! » Mais ferrailler ne l’impressionne pas.
Chez Unilever au Havre, devenu représentant syndical, il négocie dès la fin des années 1990, les plans sociaux décidés par le géant de l’agroalimentaire. Dans son bureau qui surplombe l’atelier de production le voilà, vingt-cinq ans plus tard, qui parle équilibre financier, fonds de roulement, négociations du prix du loyer (la métropole Aix-Marseille-Provence est désormais propriétaire du foncier). Comme un patron ?« Ah, non ! »,rétorque le directeur général délégué. « Moi, je n’exploite pas la force de travail d’un autre travailleur pour en tirer profit ! Je ne nourris aucun actionnaire. »
Relire : Les Fralib obtiennent 20 millions d'euros pour leur coopérative
Mais il en convient, il lui faut adapter « la belle utopie des codes coopératifs aux codes capitalistes ». Le cégétiste se fait dirigeant d’entreprise. Pas tout seul, précise-t-il. Ici toutes les décisions, celles du comité de pilotage de trois personnes – dont lui – ou du conseil d’administration sont validées par l’assemblée des 58 coopérateurs actuels (41 sont les salariés du site). Seule entité souveraine.
Et cela lui plaît, à Olivier Leberquier. Le Normand s’efforce, depuis toujours, de « faire passer le collectif avant l’individuel. » Il voit dans l’âpre lutte contre Unilever, « un moyen, à (s)on échelle, d’œuvrer à un changement de société. » De 6 à 35 ans, il a joué au football, à Harfleur. Milieu de terrain puis défenseur central.
Il est doué, des clubs plus cotés le sollicitent. Il refuse. « Partir aurait été trahir. » À 35 ans, le salarié d’Unilever doit pourtant laisser sa Normandie natale derrière lui. L’usine du Havre diminue ses effectifs. Olivier choisit le reclassement interne : « J’ai suivi mon emploi par obligation. » Direction : Marseille. Il y débarque, en 1998, avec sa femme et ses deux enfants. « On a roulé de nuit ; j’ai dû pleurer jusqu’à Paris. »
Malgré un mal du pays tenace, la greffe finit par prendre. La famille bénéficie d’un agrément « famille d’accueil » et héberge des enfants en difficulté. « Nous avons vécu des heureux événements ici », sourit le quinquagénaire.
L’arrivée de ce petit garçon de 11 mois, élevé et aimé comme un fils quinze ans durant, membre à part entière du foyer aujourd’hui. Ou l’accueil de ces nourrissons, en attente d’adoption. « Quatre, l’un après l’autre, en deux ans et demi. C’était pile pendant la lutte contre Unilever », glisse Olivier. Il évoque le déchirement des séparations et la douceur des retrouvailles, pour un repas, un anniversaire. Avec une émotion manifeste et une légitime fierté.
La même qui perce dans sa voix pour parler de l’aventure Scop-Ti. « Cette victoire, on ne pourra jamais nous la retirer ! » L’équilibre est encore précaire. Le directeur général, toujours encarté à la CGT, émarge à 2000€ mensuels et déploie son énergie à pérenniser la production.
Après avoir signé de précieux contrats avec les « marques distributeurs » de Système U, Leclerc, Intermarché ou Carrefour, Olivier Leberquier et les coopérateurs ambitionnent d’inscrire durablement la Scop dans une relance de la filière des plantes aromatiques et médicinales du Sud-Est.
Ses yeux gris et rieurs y croient : « Je veux le vivre, ce moment, où on aura des bénéfices. Alors, on se mettra tous autour d’une table et on se demandera : “Bon alors, on en fait quoi ?” » Forcément, il rêve d’une réponse collective.
« Ce qui m’a construit, ce sont deux choses : ma famille et le sport. Mes parents auraient donné leur chemise pour aider. J’ai été élevé dans cette générosité, cette solidarité. Nous étions sept autour de la table, mes parents, mon frère, mes sœurs et moi. Mais si quatre copains passaient, on faisait en sorte qu’il y en ait pour onze. J’aime vraiment cette image, parce
que je l’ai vécue, gamin.
Le sport aussi m’a permis de devenir qui je suis. à l’époque, à Harfleur, le président du club de foot tenait tout à bout de bras, sans jamais rien lâcher. Cela m’a beaucoup marqué. »
L'arrivée de l'activiste Daniel Loeb au capital de Nestlé est symptomatique des menaces qui planent sur les géants de l'agroalimentaire. Il leur faut faire face à l'appétit de l'ogre Kraft Heinz tout en repoussant les attaques d'investisseurs activistes de plus en plus audacieux. Sous la houlette du fonds 3G et du milliardaire Warren Buffett, le géant américain Kraft Heinz est en effet en quête d'une nouvelle proie. Son modèle de rentabilité, basé sur une réduction féroce de la base de coût d'une entreprise, lui impose de réaliser régulièrement des opérations de croissance externe. Le tout afin de disposer de synergies sur lesquelles travailler.
Après l'échec de son OPA à 143 milliards de dollars sur Unilever, tous les géants du secteur, de Kellogg's à Campbell's en passant par Danone ou Mondelez, sont susceptibles d'être visés. Les marchés sont nerveux. La semaine dernière, Exane BNP Paribas avait fait nettement bondir Danone en Bourse en jugeant plus probable la perspective d'un rachat depuis l'élection d'Emmanuel Macron. La capacité du fonds brésilien 3G à réduire les coûts a aussi eu « un impact révolutionnaire sur tous les autres acteurs du secteur », avait reconnu, dès 2015, l'ancien président de Nestlé, Peter Brabeck-Letmathe. Elle a démontré aux investisseurs que d'autres niveaux de rentabilité étaient possibles. « Alors que les géants de l'agroalimentaire ont perdu de leur capacité à générer de la croissance [...], le "modèle 3G" a inspiré à Unilever et Danone de nouveaux objectifs à l'horizon 2020 », soulignent les analystes de Citi dans une note de recherche.
Fin mai, le géant français s'est ainsi fixé pour la première fois un objectif de marge opérationnelle courante : 16 % en 2020, contre 13,6 % en 2016. Pour échapper à Kraft Heinz, Unilever a dû annoncer en février un objectif de 20 % en 2020, contre 15,3 % actuellement.
Dans le même temps, les géants des biens de consommation sont de plus en plus devenus des cibles pour les investisseurs activistes. En 2015, le « hedge fund » de Bill Ackman a investi 5,6 milliards de dollars dans Mondelez. En février, le fonds Trian de Nelson Peltz a dévoilé un investissement de 3,3 milliards de dollars dans Procter & Gamble. Sentant l'odeur du sang, les uns et les autres tentent de trouver la bonne cible, avant que Kraft Heinz ne se jette sur sa proie. A défaut, ils jugent ces géants de l'agroalimentaire suffisamment « gras » pour générer beaucoup plus de profits qu'ils ne le font actuellement.

Le gouvernement a engagé des rencontres avec les organisations syndicales et patronales sur la réforme du droit du travail. Chaque organisation est reçue individuellement, en tout et pour tout six fois une heure, pour 120 ans d’histoire sociale ! La CGT a décidé de participer à ces réunions avec un double objectif :
avoir une législation du travail renforçant les droits de l’ensemble du monde du travail (salariés et non-salariés) ;
dénoncer l’idée selon laquelle les droits collectifs seraient responsables du chômage.
Sur la base d’un document de 15 pages, la CGT a mis sur la table des propositions allant dans ce sens. Personne ne peut donc évoquer la désertion et le refus de discuter de la CGT dans ce processus.
Où en est-on à ce jour ?
D’un côté, les syndicats sont reçus sans que le ministère ne dévoile précisément ses intentions. De l’autre, il faut lire la presse pour découvrir les principales mesures du futur projet de loi.
On y apprend, par exemple, qu’un CDI de « projet », dans la droite ligne du CPE (Contrat Première Embauche) rejeté par la rue en 2006, serait créé pour allonger dans le temps la précarité et pour supprimer toutes contraintes financières pour les employeurs. Ce n’est ni plus ni moins qu’une vieille revendication du Medef.
On y apprend également qu’il serait laissé la possibilité de licencier des salariés qui refuseraient d’adapter leur contrat de travail à un accord d’entreprise, même minoritaire. Dès lors, un salarié refusant une baisse de son salaire prévu dans un accord serait licencié sans possibilité de recours.
Et la liste est longue…
Alors que 70% de l’opinion publique et une majorité de syndicats ont rejeté la loi dite El Khomri, ce gouvernement veut écrire une loi pire que la précédente !
La CGT refuse de servir d’alibi ou de faire-valoir dans le cadre d’un dialogue social pipé d’avance.
Nous refusons d’ores et déjà d’entendre dire fin septembre que les ordonnances, présentées par le gouvernement, auraient été co-élaborées avec les syndicats. C’est pourquoi notre organisation a lancé une campagne d’information, de débat mais aussi de mobilisation dans les services, les entreprises et les territoires, dans le public comme dans le privé. Ces initiatives se prolongeront tout l’été car il n’est pas question d’accepter ce marché de dupes.
La CGT considère que la mobilisation doit s’amplifier, s’ancrer sur tous les lieux de travail, dans un cadre unitaire le plus large possible. La rentrée de septembre doit être la traduction des résistances, du mécontentement et d’une volonté de changement en matière économique et sociale.
C’est pourquoi elle propose de faire du 12 septembre, une journée d’action et de grève dans toutes les entreprises et services.
Montreuil
552419
Se syndiquer CGT ?
Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.
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