Syndicat CGT Unilever HPCI France
Comme vous pouvez le voir ci-dessous la direction se prépare à lancer son projet de réorganisation du conditionnement dentaire lors du CHSCT extraordinaire du 28 janvier.
Maintenant, le message est très clair, il faudra absolument une solidarité sans failles entre les salariés pour imposer d'autres choix à la direction. Elle peut faire des économies autres que sur le personnel, il y en va de notre santé !
Mobilisons nous avec Force !
Nous vous tiendrons au courant de la suite en fonction de l'évolution des débats.
L'Oréal est reconnu au niveau mondial la qualité de sa politique sociale (égalité hommes/femmes, couverture sociale...). Il n'est donc pas étonnant de voir le groupe verser une prime exceptionnelle comme l'a proposé le président Emmanuel Macron afin de favoriser le pouvoir d'achat des Français. Conformément donc au dispositif proposé par le gouvernement et compte tenu des bons résultats du groupe l'an passé, L'Oréal va verser fin janvier une prime de 1000 euros à tous ses collaborateurs français, à l'exception de ses cadres dirigeants. Ce sont ainsi 14 300 personnes qui vont bénéficier de la "prime Macron". Rappelons que pour les salariés dont la rémunération annuelle 2018 est inférieure à trois fois le Smic, cette prime ne sera soumise ni à charges sociales, ni à l’impôt sur le revenu. Chez L'Oréal, « la rémunération moyenne d’un ouvrier en 2018 était de 35 674 euros bruts par an, auxquels se sont ajoutés 10 357 euros de participation et d’intéressement », souligne le groupe dans un communiqué de presse.
Publié par lsa-conso.fr
Voici ci-dessous le message que l'on pouvait avoir quand on cliquait sur le blog de la CGT Unilever au niveau des PC de l'usine. Les autres blogs et sites étaient accessibles et comme par hasard pas celui de la CGT !!!
Après avoir interpellé le "directeur de site" sur ce problème, cet incident était résorbé en fin d'après-midi !
Et les riches qui cachent chaque année des milliards à l'étranger, ceux qui spéculent, ils ne « déconnent" » pas, eux, peut-être ? Les déconneurs sont au gouvernement.
En réponse à la pièce de théâtre de près de sept heures – ah non pardon le Grand Débat national ! – « Jupiter et ses apôtres », joué devant près de 600 spectateurs, et le reste du monde, j’ai ce matin moi aussi l’envie de rédiger ma lettre au Président.
Monsieur,
Il y a un an, déjà, j’écrivais ceci : « Misère sur l’« île de Beauté » : vivre en Corse avec trois enfants à charge en étant mère isolée au chômage ». Je suis toujours mère au foyer, sans emploi stable, et non, je ne décorne pas Manu !
Je constate que rien n’a changé sous le soleil.
Au contraire, cela a empiré. Depuis dix semaines il y a un mouvement solidaire nommé Gilets Jaune, que la Corse a endossé aussi. Car je vous rappelle qu’en Corse un habitant sur cinq vit avec moins de 970 euros par mois. La grande pauvreté touche de plus en plus de personnes – heureusement, des associations, des particuliers solidaires, des mouvements se créent et viennent en aide aux plus démunis. Notamment des femmes, des travailleurs pauvres et des seniors, les seniors du rural étant majoritairement touchés. On perd un emploi, on divorce, et la dégringolade commence ! Les loisirs, les sorties en famille, le sport, les départs en vacances... cela n’existe plus – sauf dans les rêves. Quoique qu’il devient de plus en plus difficile de rêver tellement nos nuits sont gâchées par les soucis.
Un Français sur cinq ne peut pas manger trois fois par jour, ce qui n’est semble-t-il pas votre cas au vue des différents événements vous concernant. Eh oui ! Monsieur, être pauvre c’est sauter des repas, acheter des produits peu coûteux, faciles à préparer, entraînant divers maux et une mauvaise santé physique. Mais vous, vous rayonnez, en plein grand débat, éblouissant, sur votre scène !
Vous nous accusez de tous les maux. Vos paroles déplacées vont crescendo dans le mépris, alors même que depuis des semaines, les Gilets Jaunes, tous ces gens qui « déconnent », comme vous dites, manifestent leur colère et leur désespoir dans la rue.
Vous nous accusez ouvertement d’être des profiteurs, qui préfèrent se la couler douce avec le RSA, entre autres. Mais Monsieur, vous êtes un ignorant de ce que nous vivons au quotidien pour rester debout ! Vivre dans la grande pauvreté, M. le Président, ce n’est pas vivre, c’est survivre.
Vous ne supportez décidément pas notre classe sociale, les gens d’en bas. Vous continuez à nous comparer a des pestiférés alors que nous sommes en règle générale bien plus respectable que vous et les vôtres !
Je vous le dis, Monsieur, j’en ai marre de l’étiquette que vous donnez à ceux que vous exécrez, ceux dont vous faite un urticaire ; j’en ai marre de votre langage qui n’est pas égal au mien.
Alors, Manu c’est quoi ton plan finalement ?
Continuer à laisser des gens vers un acte 10 ?
Continuer à laisser tes soldats tuer et mutiler des citoyens de tout âge en tirant à bout portant ?
Continuer à pérorer sans avoir connaissance réelle de la liste des revendications ?
Toi, où tu habites, tu trouves du travail. Nous, on n’habite pas à Paris, ni a l’Elysée.
On vit dans la réalité. Car en supprimant l’Impôt Sur la Fortune, c’est aux tiens que tu fais un cadeau. Parce que pour nous c’est un fardeau : toi où tu habites ça brille, ça claque – non je ne raconte pas de craques !
Quand à raconter des craques, à mon sens, tu en racontes à longueur de journée. Tu ne vis toujours pas dans la réalité, à dire que certains pauvres « déconnent ». On « déconne » de ne pas manger à notre faim, de ne pas manger cinq fruits et légumes par jours, de ne pas aller en vacances a Brégançon ni d’avoir de la vaisselle et une piscine à des millions d’euros. Et les riches qui cachent chaque année des milliards à l’étranger, ceux qui spéculent, ils ne « déconnent" » pas, eux, peut-être ? Les déconneurs sont au gouvernement.
Quant à cette fameuse lettre adressée aux Français, c’est un gaspillage de papier. Je me servirai de cette lettre pour attiser le feu de ma cheminée. Ou bien je la retournerai à l’envoyeur, retour à l’Elysée. Car, comme tu n’as cure de ta prose, je n’ai cure de la tienne.
Ne t’en fais pas, je n’attends plus après ce gouvernement. Pour m’en sortir, je ne compte que sur les miens.
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
Alors que deux salariés travaillant dans le Nord ont été licenciés par la firme pour avoir appelé à bloquer leur usine, ce sont maintenant cinq employés de Montélimar qui sont convoqués pour avoir soutenu le mouvement des Gilets Jaunes.
Crédit photo:DR
Une traque : il n’y a pas d’autre mot pour qualifier le sort qu’Amazon réserve à ses employés. Tout a commencé il y a quelques jours lorsqu’on a appris que deux travailleurs de la plate-forme de Lauwin-Planque, dans le Nord, avaient été licenciés pour faute grave, sans préavis ni indemnité. Ceux-ci s’étaient rendus coupables d’avoir appelé à bloquer leur site. Cela est d’autant plus inquiétant que l’appel avait été lancé sur leur profil Facebook personnel, auquel Amazon n’était pas censé avoir accès, et qui n’est pas considéré comme un espace « public ».
Rebelote ce lundi 14 janvier, on apprend cette fois que cinq salariés ont été convoqués sur le site de Montélimar. On ne connaît pas encore les faits précis ni les sanctions encourues. Mais ceux-ci sont accusés par Amazon d’avoir soutenu le mouvement des Gilets Jaunes sur les réseaux sociaux. C’est donc une grande cabale qui est actuellement menée par la boite. Celle-ci cherche à faire des exemples et intimider pour éviter que cela donne des idées à d’autres salariés.
La firme transnationale est de fait dans le collimateur des Gilets Jaunes. Amazon est en effet connu pour imposer des conditions de travail particulièrement difficiles à ses employés, mais aussi pour monter des dispositifs financiers afin d’éviter d’avoir à payer des impôts en France. A plusieurs reprises, des appels à bloquer les entrepôts ont circulé sur les réseaux sociaux et des tentatives ont été faites, à chaque fois stoppées par les forces de répression.
Cela exprime également une tendance à l’œuvre : la contamination progressive du mouvement des Gilets Jaunes dans les entreprises, et ce malgré l’attitude scandaleuse des directions du mouvement ouvrier. Pour l’instant, seule la CFDT – dont le secrétaire général Laurent Berger déteste les Gilets Jaunes – a réagi à ces affaires, disant « surveiller la situation ».
Il faudra bien plus que ça pour faire reculer Amazon. Il est urgent que les syndicats se saisissent de ces affaires pour défendre les salariés incriminés et organiser la contre-offensive contre cette répression patronale scandaleuse. Ce serait l’occasion de faire grandir encore plus le mouvement des Gilets Jaunes, qui a connu un nouveau rebond samedi dernier.
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
Mercredi 15 janvier, ce sont plusieurs milliers d’avocats et d’acteurs de la justice, qui se sont réunis à Paris pour manifester et mener des actions partout en France. De la destruction des tribunaux de proximité au renforcement des pouvoirs répressifs du parquet, la nouvelle réforme de la justice suscite de l’inquiétude, non sans lien à l’accentuation de la répression des Gilets Jaunes.
A l’appel du Conseil National des Barreaux (CNB), le mouvement a débuté au printemps 2018 par une première manifestation nationale, à l’occasion d’une journée "justice morte". Hier, beaucoup d’actions ont été recensées, comme à Rouen où 130 avocats ont barré l’entrée du palais de justice pour empêcher les transferts de détenus, selon Eric Di Costanzo, bâtonnier de Rouen. A Paris, des codes de procédure pénale ont été plantés sur les grilles du palais de justice, à l’occasion d’une grève générale des audiences. « Depuis mardi dernier, pratiquement toutes les audiences ont été renvoyées ,, a souligné le bâtonnier.
Les implications du projet de loi dit de « programmation de la justice » soutenu par la Garde des Sceaux Nicole Belloubet sont multiples mais la logique générale opère selon deux grands principes. Sur le volet civil, il s’agit d’appliquer l’austérité au service public de la Justice ce qui entraine notamment la destruction des tribunaux dits de proximité, la privatisation des procédures et la surexploitation de certains fonctionnaires comme les greffiers qui réclament le paiement de leurs heures supplémentaires. Sur le volet pénal, sous couvert d’impératifs « sécuritaires », la réforme renforce les pouvoirs du parquet et de la police, au détriment des droits de la défense.
La création de déserts juridiques et la privatisation des petits litiges
En principe, les tribunaux d’instance, répartis sur tout le territoire tranchent les « petits litiges » de moins de 10 000 euros. Avec la réforme, les litiges de moins de 4000 euros seront totalement dématérialisés et les autres renvoyés aux tribunaux de Grande Instance. Dès lors, plus de justice de proximité et certains justiciables devront effectuer plus de 300 km pour avoir accès à un juge.
Pour la procédure en ligne, celle-ci sera déléguée à des entreprises privées et la décision sera prise par un algorithme sans que le requérant n’ait jamais d’interlocuteur. Laure Heinich, avocate au barreau de Paris, explique dans une tribune publiée par le Nouvel Observateur : « Ce ne sont pas les litiges du grand capital qui seront concernés, mais ceux du quotidien : les gens viennent avec leur valise, leur paperasse amoncelée qu’ils ne parviennent plus à lire et demandent à être éclairés en droit. (…) Aux déserts médicaux s’ajouteront les déserts juridictionnels. » Pour faire simple, une justice plus chère pour ceux qui n’en n’ont pas les moyens.
Dans le même sens, sous couvert d’économies, certains postes clés sont supprimés. Par exemple les greffes des conseils des Prud’hommes seront rattachés aux tribunaux de Grandes Instances. Ainsi, Floriane Barthez, attachée d’administration au ministère de la Justice à Paris et secrétaire de la section de l’administration centrale de la CGT chancelleries et services judiciaires dénonce : « encore une fois, (…) on grignote encore sur cette juridiction spécialisée pour laisser les mains libres au patronat. »
Alors que les Gilets Jaunes luttent depuis maintenant deux mois contre la casse du service public, des hôpitaux aux transports en passant par l’éducation, les acteurs de la justice, à la manière des stylos rouges, dénoncent à leur tour la mise en place d’une justice au service des plus riches.
Vers un renforcement des pouvoirs répressif du parquet et de la police
Mais ce n’est pas tout, Nicole Belloubet entend également étendre les pouvoirs du parquet, soit le ministère de la Justice lui-même ainsi que ceux de la police. Par exemple, la police pourra dorénavant recourir aux techniques spéciales d’enquête que sont les écoutes téléphoniques et la géo-localisation, d’ordinaire employées de manière très restrictive. De même, dans les enquêtes criminelles, la sonorisation, la captation de données informatiques ou de données de connexion mobile seront possibles. De plus, les services de police ou de gendarmerie pourront procéder à des enquêtes sous pseudonyme pour tous les crimes ou les délits punis d’emprisonnement commis sur des sites Internet ou des réseaux sociaux. Il s’agit là de l’intégration d’une revendication de longue date des syndicats de police.
Derrière cette réforme aux mille amendements et aux contours très techniques, la logique est d’une clarté sans appel. Laure Heinich, explique que « ce projet nous propose un monde où des suspicions de commissions des délits les moins graves justifient des perquisitions, des écoutes téléphoniques, des géolocalisations, des retranscriptions de communications numériques. Veut-on que ces techniques puissent être utilisées au prétexte d’un vol de pomme et donc possiblement détournées à l’encontre de contestataires ? ».
En plein mouvement des Gilets Jaunes, l’assertion est loin d’être anodine. Les seuls fonds mobilisés seront alloués à la construction de nouvelles prisons. Avec l’augmentation du périmètre de la justice pénale, des procédures de comparution immédiate et des peines très lourdes prononcées à l’encontre des manifestants, le but est bel et bien de criminaliser toute forme de contestation politique.
Pour des avocats au service de la lutte des Gilets Jaunes
Si Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux appelle à ce que la question de « l’égalité d’accès à la justice dans les territoires » soit intégrée aux thèmes du Grand Débat, c’est surtout aux côtés des Gilets Jaunes et dans la rue qu’il faudra se battre. Alors que la répression s’intensifie et que des centaines de manifestants sont gravement blessés, il n’y a pas de demi-mesure et ceux qui appellent à une justice égalitaire doivent choisir leur camp.
Non seulement car les Gilets Jaunes n’auront plus de juge pour examiner leurs demandes de revalorisation de pension alimentaire mais aussi parce que le gouvernement s’apprête à réprimer dans le sang et par la prison ceux qui se révoltent. A l’heure où la crise politique s’approfondit, il est clair que ni le « Grand Débat » ni les bancs des tribunaux correctionnels ne sont une issue. Ceux qui dénonçaient hier une « instrumentalisation de la procédure pénale au service du maintien de l’ordre » doivent mettre leur savoir-faire au service de la défense de ceux qui en ont besoin.
Des centaines d’avocats recensent en ce moment les blessés au flash-ball, accompagnent les Gilets Jaunes sur les bancs des tribunaux, ou informent lors des manifestations sur les droits en garde à vue. Pour cela, certains sont même aujourd’hui accusés de rébellion, comme c’est le cas de Maître Vallas, avocat au barreau d’Epinal, pour avoir rappelé, devant les forces de l’ordre quels étaient les droits des manifestants nassés. A titre d’exemple, la page Facebook « Robes noires et Gilets Jaunes » qui regroupe 12 000 membres organise des avocats qui cherchent à venir en aide aux Gilets Jaunes. Si la justice laisse Dettinger croupir en prison quand Benalla se promène librement, c’est bien que « l’égalité » est loin derrière nous et que c’est aux côtés des Gilets Jaunes qu’il faut se battre pour faire reculer Macron et Belloubet.
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
Retrouvez ci-dessous la tribune d’Anasse Kazib sur le mouvement Gilets jaunes et le besoin de construire la grève générale dans la situation sociale la plus tendue des dernières décennies.
Alors que le mouvement des Gilets jaunes arrive à son deuxième mois de lutte depuis l’Acte 1 du 17 Novembre, on constate qu’il n’a eu de cesse d’évoluer, passant d’un mouvement statique sur tous les axes routiers lors de l’Acte 1, à un mouvement qui s’étend à travers la présence massive en manifestation le samedi dans les grandes villes. Il va falloir que cette évolution continue, non pas en délaissant la stratégie du début des ronds-points et des manifestations du samedi, mais bien en construisant un Acte final, celui du blocage définitif et de la grève générale illimitée jusqu’à satisfaction.
C’était jusqu’à présent un sentiment partagé par beaucoup de Gilets jaunes, une sorte de gène, ne pas oser se revendiquer Gilet jaune dans son entreprise. Comme si nous étions un peu, cheminot, plombier, fonctionnaire, du lundi au vendredi et Gilet jaune le samedi. Cela s’explique sûrement par le coté spontané de ce mouvement, organisé depuis les réseaux sociaux et non traditionnellement comme cela existe à travers le militantisme dans les facs ou les entreprises. Ce mouvement est sans précèdent dans notre histoire avec une grande tradition de lutte et de mouvements insurrectionnels. Si l’histoire ne se répète pas de manière mécanique, il ne faut cependant pas se détacher de celle de notre classe, celle de 1936, 1968 ou 1995. L’histoire est là pour nous transmettre des enseignements, comme ce mouvement des Gilets jaunes est en train de transmettre un certain nombre d’enseignements pour notre classe.
Beaucoup, comme moi, ne sont pas issus du démarrage de ce mouvement, lorsque lui-même s’appelait « mouvement contre la hausse des taxes ». Non, je ne me reconnaissais pas, comme beaucoup, dans ces mots d’ordre, loin des revendications de classe. Aujourd’hui nous sommes nombreux chaque samedi depuis l’Acte 1 ou 2, à être aux cotés des Gilets jaunes, à aller discuter avec eux, etc… Malgré tout, j’ai encore moi-même du mal à écrire à la première personne et à me définir comme un Gilet jaune.
Alors oui je vais sauter le pas, je suis Gilet jaune, je suis même Gilet jaune fluo. Je ne pense pas qu’être Gilet jaune relève uniquement de porter un gilet ou d’occuper un rond-point. Pour moi être Gilet jaune, c’est avant tout être de celles et ceux qui n’en peuvent plus de ne pas arriver à vivre correctement, qui en on marre de ces décennies de politique bourgeoise, de ces politiques néolibérales, ne visant qu’à précariser la classe ouvrière. Marre des affaires Cahuzac, Balkany, Guéant, Sarkozy, Fillon etc… Marre de savoir que mes impôts, qui sont majorés de 10% en cas de retard, servent à payer le coiffeur de François Hollande, la moquette de l’Élysée, ou encore les 14700€ de salaire de Chantal Jouano. Alors soyons fiers en réalité d’être Gilet jaune. Il est temps que toutes celles et ceux qui sont mobilisés depuis le début, avec tous ceux qui ont rejoint la lutte au fur et à mesure comme moi, mettions notre pierre à l’édifice. Nous sommes nombreux à ne pas pouvoir occuper un rond-point, mais je fais partie de celles et ceux qui ont une tradition de lutte par la grève.
Quoi de pire aujourd’hui pour le gouvernement Macron, qu’un élargissement du mouvement par l’organisation de la grève partout ou cela est possible.
Je me rappelle du lendemain de l’élection de Macron et cette démoralisation générale que cela a suscité partout en France, dans la classe ouvrière. J’ai mangé du « ils ont voulu Macron, ils assument maintenant », « il est invincible », « il est trop fort », « il ne cédera jamais », « il va défoncer tout le monde ». J’ai pu faire le même constat au début de la « Bataille du rail », en voyant également comment la lutte a effrité le coté jupitérien de Macron, et cela s’est accéléré avec l’affaire Benalla, ou encore le départ de Hulot, Flessel ou Colomb.
Aujourd’hui voila que ce mouvement sans précédent a complètement confisqué l’horloge du temps qu’avait Macron. Le « maître des horloges », qui même s’il fait semblant de tenir, est en réalité affaibli, politiquement, mais également physiquement et psychologiquement. Lui qui à 39ans a pu accéder à la présidence, sans n’avoir jamais été élu comme député ou maire. Ce jeune Amiénois a en somme eu une vie où tout ce qu’il a pu entreprendre, que cela soit sentimentalement, ou professionnellement a toujours réussi : millionnaire chez Rotchild, Ministre de l’Economie, Président de la République, Champion de la planète. Voila maintenant que la machine est bloquée, terré dans son bunker de l’Élysée en Décembre, annulant ses déplacements, restant maquillé pour masquer les impacts physiques du mouvement des Gilets jaunes sur son visage. Certains de ses collaborateurs, expliquant en off aux journalistes « on dirait qu’il a pris 20 ans en un mois ».
Celui qui essayait de réapparaître lors des vœux du 31 Décembre, debout, droit dans ses bottes, voulant défier « la foule haineuse », a vite déchanté et a pris au sens figuré un chariot élévateur dans la tronche avec cet Acte 8, que visiblement le gouvernement avait complètement sous-estimé. L’Élysée a également annoncé l’annulation de la présence du président Macron au sommet de l’économie à Davos en Suisse, endroit où il avait l’habitude d’être présent pour conforter le capitalisme, dans les contre-réformes qu’il allait entreprendre en France. Cela montre que Jupiter le bulldozer n’arrive plus à avancer ses contre-réformes, incarné à travers son image de président totalement décomplexé, osant dire aux chômeurs de traverser la rue, ou encore que dans une gare il y avait des gens qui étaient tout et d’autres rien.
Alors qu’attendons nous, pour élargir le mouvement à travers la grève générale pour continuer à taper sur le clou tous ensemble ? Faut-il attendre que, tel le phœnix, Macron renaisse de ses cendres ?
Nous les entendons un peu partout, ces prophètes de la défaite, fanatiques de la démoralisation et de la léthargie généralisée. Ceux qui lorsqu’on parle de grève générale, répètent en boucle, « elle ne se décrète pas » ou encore « il n’y a pas de bouton à presser pour la déclencher ». Il est vrai que lorsqu’on dit cela, on n’a rien dit. Personne n’a une seule seconde à l’idée qu’il y a dans le tiroir de Martinez un bouton rouge avec écrit « appuyez ici pour la grève générale ». Non, les Gilets jaunes et les travailleurs ne sont pas des imbéciles qui ne comprennent rien à la lutte. Mais une chose est sure, la grève générale ne va pas démarrer si personne ne milite pour.
Quel aveu de faiblesse de dire, dans une des situations les plus convulsives et combatives des cinquante dernières années, que la grève ne se décrète pas et que les gens ne veulent pas se battre. A quoi sert donc le syndicalisme, si dans une période aussi importante, les militants ne sont pas envoyés au front, sur le terrain, pour sillonner chaque recoin d’usine, de chantier, d’entreprise, pour motiver les travailleurs et travailleuses, en leur faisant comprendre que c’est aujourd’hui, que se jouent les retraites, la hausse des salaires, le maintient de l’assurance chômage etc… Que si nous voulons stopper la machine des défaites, c’est aujourd’hui, avec toutes celles et ceux que nous appelions de nos vœux, qui sont dorénavant dans la rue et plus déterminés que jamais.
Comment peut-on dire que les travailleurs ne sont pas motivés pour se battre, qu’ils sont démoralisés ? Comme si la lutte était une question de motivation, ou de température, parfois on entend cela, « il y a moins de manifestants car il pleut ». Il est clair que si une manifestation ou une grève est sans perspective, les gens préfèrent la chaleur de leur domicile, plutôt que se les cailler pour rien. La grève c’est politique c’est une question de perspective, de but à atteindre, pas de si on préfère dormir ou marcher de Bastille à République. Je ne milite pas pour des merguez et écouter HK Saltimbanque, je milite et manifeste, car je considère que notre camp a la possibilité de gagner, d’aller au bout d’une lutte, obtenir des choses partielles ou plus.
Chassons ces prophètes de la défaite qui occupent les postes de bureaucrates depuis tant d’années, amoureux de la chaleur des salons feutrés des ministères et refusant de se bouger. Les choses doivent changer, c’est à la base de se lever et de faire le travail, que l’on soit syndiqué ou non syndiqué, il est temps de ramener le mouvement des Gilets jaunes dans les entreprises.
Le syndicalisme traditionnel va vers sa fin, non pas uniquement s’il n’intervient pas dans le mouvement des Gilets jaunes, mais bien parce qu’il montre de plus en plus son incapacité à pouvoir bouger massivement les travailleurs et casser la régression sociale. Nous en sommes là car c’est la conséquence de décennies de dérive, d’un conservatisme et d’un corporatisme militant. J’entends encore certains dire « où était les Gilets jaunes pour la loi El Khomri ? », comme si les Gilets jaunes existaient structurellement avant le 17 Novembre 2018. Donc pour certains bureaucrates soit nous naissons révolutionnaires, soit nous devons nous battre tout seul. J’entends aussi « il y a des fachos ». Oui, il y a quelques fachos, mais il y a des fachos dans tous les mouvements, je n’ai jamais demandé à un cheminot pour le mettre en grève, s’il votait Le Pen ou bien ce qu’il pensait de l’immigration, alors pourquoi se focaliser là-dessus avec les Gilets jaunes ? C’est justement à travers la lutte, les discussions en assemblée, dans le partage, la solidarité, que nous pouvons avancer politiquement pour contrer les tendances à l’extrême-droite que peuvent avoir certains, souvent par désarroi, car ils entendent en boucle que la misère sociale dans laquelle ils sont est due aux exilés et non à ce capitalisme qui cause les guerres, pille les richesses et nous exploitent.
Je ne suis donc pas pour abandonner la grande majorité des Gilets jaunes qui défendent les valeurs de solidarité, de partage, de justice sociale, aux mains de quelques confusionnistes et autres militant FN, qui eux ne cherchent pas à faire gagner le mouvement, mais à récupérer les pots cassés. C’est eux ou nous. Si c’est eux, alors nous courrons à la catastrophe avec une Marine Le Pen au pouvoir façon Bolsonaro ou Salvini.
Il est donc extraordinaire que d’un coté tous les projecteurs soient focalisés sur la situation politique avec les Gilets jaunes, et que de l’autre les organisations syndicales qui se préoccupent plus de la mise en place des CSE, comme s’il ne se passait rien dans le pays, menant leur militantisme comme si de rien était. Commentant l’actualité de temps en temps, plutôt que d’essayer de voir comment intervenir. Je rêve de revoir nos ballons et drapeaux syndicaux à perte de vue, comme à la grande époque. J’aime le syndicalisme, celui qui est aux cotés des travailleurs au quotidien, qui milite pour ne jamais céder de terrain au patronat. Ils sont de plus en plus nombreux chez les Gilets jaunes à comprendre et à appeler les directions syndicales à venir renforcer le mouvement et non le récupérer., c’est normal, ce mouvement a dès le départ rejeté les partis et les syndicats. Mais comme mon père m’a toujours dit, c’est au grand frère d’aller vers le petit frère, c’est donc aux militants expérimentes, d’aller discuter, dialoguer, débattre et même se remettre en question et comprendre la critique. Tous les Gilets jaunes, sauf ceux de l’extrême-droite, qui noyautent le mouvement, veulent une grève générale, et ils sont en train de faire la démarche, comme à Toulouse ou au Havre, pour faire la jonction.
Il va falloir également que les organisations du mouvement féministe entrent réellement dans la danse, celles et ceux qui ont organisé les marches metoo, ou encore nous toutes, avec des milliers de manifestant-es. Pourquoi ces organisations ne viennent-elles pas renforcer et soutenir ces femmes Gilets jaunes qui crient cette souffrance sociale depuis le début, expliquant qu’elles vivent entre violences économiques et violences sexuelles, souvent dans les métiers les plus précaires, jonglant seules entre vie de famille et travail, devant se taire très souvent aux propos sexistes de leurs patrons pour ne pas perdre leur travail ?
Tout se joue maintenant. La fierté doit être mise de coté, pour laisser place à ce à quoi le plus grand nombre aspire, mieux vivre, changer ce monde, pour nous, nos familles et les générations futures. Battons-nous pour tout cela, non pas pour des chapelles en ruine.
Publié par REVOLUTION PERMANENTE552419
Se syndiquer CGT ?
Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.
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