Intimidations, harcèlement moral : un « plan social déguisé » à la verrerie Saverglass de Feuquieres
À Saverglass Feuquières, la CGT dénonce un « PSE déguisé » de la direction, organisé à travers des coups de pression, des intimidations et des dégradations de conditions de travail afin de pousser les salariés à démissionner.
La casse sociale se poursuit à Saverglass, producteur de bouteilles de verre haut de gamme-. Après le plan social de la verrerie Tourres et cie, annoncé au mois de mai 2025 par la direction de l’usine au Havre-, qui leur avait permis de supprimer 112 postes, c’est désormais le site de Saverglass Feuquières dans l’Oise qui fait parler de lui. Les élus de la CGT dénoncent des méthodes de management qui viseraient à dégrader les conditions de travail des salariés jusqu’à les pousser à bout. Avec comme objectif d’entrainer des démissions et d’ainsi réduire les effectifs tout en donnant l’illusion de départs volontaires.
Un scénario qui semble se confirmer. La CGT a en effet dû quitter la réunion CSE du 22 juin dernier, après avoir remarqué que les éléments soulevés lors du précédent CSE sur les pratiques managériales sordides étaient absentes du compte-rendu. Les élus de la CGT avaient pourtant dénoncé des méthodes de management graves : coups de pression, invectives, intimidations, changements de poste de dernière minute… Pour les représentants syndicaux, le plan du patronat est clair : attaquer le moral afin que les salariés finissent en burn-out et préfèrent démissionner que de revenir à l’usine.
En effet, dans son bulletin informatif adressé aux salariés et dans cette réunion, la CGT rapportait l’extrême violence de la direction pour pousser les travailleurs vers la sortie : un manager s’est par exemple rendu sur le site avec un fusil de chasse, un salarié a été agressé physiquement par son manager et un suicide imputé au harcèlement de supérieurs hiérarchiques avait même eu lieu il y a quelques années. Tous ces éléments évoqués n’apparaissaient pas dans le procès-verbal du CSE du 21 mai 2026 sur ordre de la direction, qui a préféré « alléger » le texte, et ainsi mettre sous le tapis les éléments que dénonce la CGT.
Derrière ces pratiques managériales atroces, les délégués syndicaux soupçonnent un plan social déguisé, car entre les départs « volontaires » et les départs en retraite non-remplacés, ce sont 4 à 7 travailleurs en CDI qui quittent chaque mois le site. Ainsi, de novembre 2024 à octobre 2025, le nombre de CDI est passé de 1142 à 1090, remplacés par des contrats précaires.
Le syndicat émet donc l’hypothèse que le patronat du site de Feuquières semble vouloir, comme au Havre, réduire ses effectifs, cette fois par des méthodes de harcèlement et d’incitation au départ afin de préserver ses marges alors même que la multinationale se refuse toujours à réaliser une analyse de ses comptes.
Face aux patrons voyous qui cherchent à pousser les travailleurs vers le burn-out et la démission afin de préserver leurs profits, les travailleurs doivent s’unir dans une lutte d’ampleur pour le maintien des emplois, l’interdiction des licenciements et ils doivent se battre pour l’organisation de la société par celles et ceux qui font tourner les usines.
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
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