ATTENTION : EU Inc. – LE « 28e RÉGIME », UN VÉRITABLE DANGER POUR LES TRAVAILLEURS
La nouvelle législation européenne relative à la constitution des entreprises progresse rapidement. Elle viendra se superposer aux législations nationales et constituera un nouveau cadre juridique européen. Ce nouveau régime de droit des sociétés sera appelé le « 28e régime » ou « EU Inc. », puisqu’il s’ajoutera aux 27 systèmes juridiques ordinaires des différents États membres et tendra, dans les faits, à les supplanter.
L’objectif affiché est de répondre aux recommandations de l’agenda Draghi visant à renforcer la compétitivité de l’Union européenne, agenda qui prévoit également une accélération majeure du développement de la défense européenne.
Au cœur de cette nouvelle forme de société se trouve la simplification — comprenez : le contournement — des réglementations existantes. Cela concerne en particulier la possibilité d’établir le siège social dans les pays offrant aux entreprises les conditions fiscales et législatives les plus avantageuses et, à l’inverse, la protection la plus faible pour les droits des travailleurs.
Parmi les mesures envisagées figurent notamment : la possibilité de créer une entreprise en 48 heures ; l’absence de protection des droits collectifs des travailleurs, notamment en matière de négociation collective ou de représentation au sein des organes de direction des entreprises ; l’application du régime contractuel et de la législation du travail du pays choisi pour accueillir le siège social, y compris aux travailleurs employés dans des succursales situées dans d’autres pays, ce qui entraînerait inévitablement un affaiblissement des garanties collectives et individuelles ; la suppression de l’obligation de déclarer le nombre de travailleurs employés dans les succursales ; la perte, pour les salariés, de leur statut de créanciers privilégiés en cas de faillite ou de fermeture de l’entreprise, etc.
Il est évident qu’une telle réforme, déjà approuvée par la Commission européenne et actuellement examinée par le Parlement européen, conduirait, si elle était définitivement adoptée et entrait en vigueur, à une véritable déréglementation. Celle-ci aurait inévitablement de graves conséquences sur la protection des travailleurs dans les différents pays.
Pour tenter de faire passer la pilule, les promoteurs du projet affirment que cette nouvelle forme de société ne remplacera pas les formes juridiques déjà existantes dans les différents pays de l’Union européenne, mais qu’elle « coexistera » avec elles. Il serait ainsi possible de choisir de l’utiliser, par exemple en Italie, à la place d’une société à responsabilité limitée, la SrL.
Les gouvernements des 27 États membres sont appelés à rendre leur propre évaluation de ce texte, qui est désormais bien plus qu’une simple proposition. Malgré certaines réserves, son approbation par les gouvernements est attendue.
La mise en œuvre de cette réglementation ne peut pas être évaluée indépendamment du processus plus large engagé par l’Union européenne afin de tenter de retrouver un « poids politique » sur la scène internationale.
L’agenda Draghi, réclamé il y a quelques mois par Ursula von der Leyen, est le même agenda qui appelle à la mise en place immédiate d’un système européen de défense et d’une armée européenne, et qui soutient l’OTAN ainsi que le programme Rearm Europe.
Cet agenda bénéficie du soutien des principales chancelleries européennes et n’a rencontré aucune opposition de la part de la Confédération européenne des syndicats — la CES — ni de la Confédération syndicale internationale — la CSI.
Aujourd’hui, alors que cette proposition relative aux structures des entreprises — particulièrement grave en raison de ses conséquences potentielles pour les travailleurs — semble contourner la nécessité de consulter les organisations syndicales dans le cadre du « dialogue social », remettant ainsi en cause leur prétendu droit à être associées dès le début aux décisions importantes concernant le monde du travail, la CES ne lance qu’un faible signal d’alarme.
Dans le même temps, ses organisations nationales donnent leur feu vert à cette initiative, comme cela se produit déjà, par exemple, en Italie.
EUROF tire la sonnette d’alarme et appelle à organiser, au mois de septembre, des actions devant les représentations locales de l’Union européenne afin d’empêcher l’approbation de cette législation par le Parlement européen.
Cette législation constitue une menace absolue pour les travailleurs.
Voici un article comme on les aime dans Histoire et societe. Merci au camarade qui nous l'a signalé : il y a du grain à moudre et surtout des perspectives d'action.
Les feux de forêt progressent près de la région du Proge, le jeudi 23 juillet 2026. Photo Caroline Blumberg/AP
Qu'ils sont évidemment touchants, les témoignages des personnes évacuées - dont certaines ont tout perdu. Qu'elles sont spectaculaires, les images de Canadair croates ou d'un Airbus A400. Qu'ils sont bouleversants, les récits de pompiers qui luttent autant contre le feu que contre la fatigue. Ce "bruit de fond" permet d'occulter l'essentiel : les causes structurelles d'un embrasement qui ne doit rien au hasard — une forêt-usine plantée en monoculture pour l'industrie du bois, une urbanisation qui a colonisé ses lisières, et des politiques d'adaptation sans cesse repoussées. En Gironde et dans les Landes, ce qui brûle aujourd'hui n'est pas seulement une "forêt" mais une manière d'habiter le territoire qui n'est plus possible (1). Au fait, qui va payer la facture ?
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Incendies dans les Landes de Gascogne : depuis le 22 juillet 2026, plus de 40 000 hectares sont partis en fumée entre Saumos, Biscarrosse, Lège-Cap-Ferret et Parentis-en-Born, et environ 220 000 personnes ont été évacuées, un chiffre qui dépasse déjà l'épisode traumatique de l'été 2022 et qui n'a pas été atteint dans la région depuis 1949. Sur les plateaux télé, on parle de sécheresse historique, de vents violents, de pyromanie possible. On montre des Canadair croates, des Air Tractor portugais, des hélicoptères tchèques et slovaques venus prêter main-forte, et 1 500 militaires déployés en renfort.
Une photo prise depuis l'hélicoptère de coordination des secours de la Sécurité civile française montre l'Airbus A400M effectuant
Ce qu'on montre beaucoup moins : ce qui brûle n'est pas une forêt au sens où on l'entend spontanément. C'est un outil de production, planté par la main de l'homme, façonné depuis un siècle et demi selon une seule logique — la rentabilité du pin maritime — et dont la structure même explique une bonne partie de sa vulnérabilité. Poser la question du « pourquoi ça brûle autant » oblige donc à poser une question plus dérangeante : qui a décidé de planter cette forêt-là, qui la possède, qui en tire profit, et qui, à l'inverse, en paie aujourd'hui le prix.
Incendies Landes de Gascogne : une forêt fabriquée, pas une forêt donnée
Le massif des Landes de Gascogne n'a rien d'un vestige naturel. C'est la plus grande forêt plantée d'Europe de l'Ouest, près d'un million d'hectares, composée à plus de 80 % de pin maritime en peuplements de même âge, conduits en « futaies régulières monospécifiques ».
Son histoire commence au XVIIIe siècle avec l'ingénieur forestier Nicolas Brémontier, chargé de fixer les dunes littorales pour protéger l'arrière-pays, puis se structure véritablement avec la loi de 1857 « relative à l'assainissement et à la mise en culture des Landes de Gascogne », portée par l'ingénieur des Ponts et chaussées Jules Chambrelent sous le Second Empire de Napoléon III. L'objectif n'était alors ni écologique ni paysager : il s'agissait d'assécher un immense marécage insalubre, foyer de paludisme, et de le transformer en outil économique via la plantation systématique de pin maritime, seule essence capable de prospérer sur ces sols pauvres et sableux. (2)
Cette mention historique n'est pas anecdotique : elle rappelle que le choix du « tout pin » n'a jamais été un hasard écologique, mais une décision politique et économique, prise à une époque où la notion de résilience climatique n'existait tout simplement pas. Le problème, un siècle et demi plus tard, c'est que ce modèle n'a jamais été fondamentalement remis en cause — il a au contraire été intensifié.
Qui possède la forêt qui brûle ?
En France, 75 % de la surface forestière appartient à des propriétaires privés, une myriade de petits et grands sylviculteurs, souvent regroupés en coopératives (Alliance Forêts Bois étant l'une des plus importantes du grand Sud-Ouest), le reste relevant du régime forestier géré par l'Office national des forêts (ONF) pour l'État et les collectivités. Dans les Landes de Gascogne, la sylviculture est un pilier économique régional structuré autour d'une filière bois complète : pépiniéristes, sylviculteurs, scieries, papeteries, industrie du panneau.
Le Mondea recueilli un chiffre qui dit tout de la rationalité économique à l'œuvre : un hectare de pin maritime de plusieurs décennies vaut environ 10 000 euros, en tenant compte du foncier, des investissements de plantation et d'entretien, et du bois qu'il produira à terme. Cette valorisation explique en creux pourquoi la filière a longtemps résisté à toute logique de diversification qui réduirait la densité — donc la productivité, et "l'incendibilité" — des plantations : chaque hectare planté en mélange d'essences est, dans l'immédiat, un hectare qui rapporte moins.
C'est là que la question de la propriété devient décisive pour comprendre l'inertie du système : contrairement à une forêt domaniale où l'État peut, en théorie, imposer une politique de diversification volontariste, une forêt privée fragmentée entre des milliers de propriétaires — dont les plus importants exploitent leur parcelle comme un placement de long terme plutôt qu'un écosystème — se prête mal à une réorientation rapide de la sylviculture. Le Centre national de la propriété forestière (CNPF) le reconnaît lui-même dans un rapport technique post-2022 : la diversification se heurte « aux contraintes économiques de la filière ».
Le samedi 25 juillet 2026, un pompier se tient debout sur un camion, sur une route près de Lacanau. Photo Emma Da Silva / AP.
2022, la leçon qu'on n'a pas retenue
L'été 2022 avait déjà tout dit. Les incendies de La Teste-de-Buch et de Landiras avaient détruit près de 30 000 hectares dans le massif landais et entraîné l'évacuation de dizaines de milliers de personnes. Dans la foulée, l'arboriste Thomas Brail, fondateur du Groupe national de surveillance des arbres, avait publiquement mis en cause le modèle de plantation :« Le massif landais est essentiellement composé de pins maritimes plantés par les humains, qui sont des arbres résineux extrêmement inflammables ». L'Office national des forêts rappelait alors que près de la moitié de la forêt française est constituée de peuplements monospécifiques, soit 7,5 millions d'hectares.
En réponse à ce désastre, Emmanuel Macron avait annoncé en octobre 2022 un plan pour « planter un milliard d'arbres » en dix ans, mobilisant 8 à 10 milliards d'euros dans le cadre de France Relance. Dix-huit mois plus tard, le bilan officiel faisait état de 50 millions d'arbres plantés — un vingtième de l'objectif — et l'association Canopée dénonçait une dérive : environ 10 000 hectares de « forêts saines et bien portantes » auraient été rasés pour être replantés, dont 6 500 hectares de coupes rases en zone Natura 2000, selon son chargé de campagne Bruno Doucet. En 2026, cette promesse a quasiment disparu du calendrier gouvernemental.
Autrement dit : la puissance publique a bien identifié le problème dès 2022, a promis d'y répondre à coups de milliards, et le résultat concret, quatre ans plus tard, est que le massif landais brûle encore plus qu'en 2022 — avec, selon le directeur du SDIS de Gironde Marc Vermeulen, un état de sécheresse« beaucoup plus important qu'en 2022, voire même qu'en 1976 », et des vitesses de propagation atteignant 800 à 1 000 hectares brûlés par heure en zone périurbaine.
Le pin est-il coupable, ou sert-il de bouc émissaire commode ?
Toutefois, le débat scientifique est plus nuancé que le récit médiatique dominant du « pin qui explose comme une allumette ». D'un côté, une étude publiée en 2025 dansNature Communicationsmontre que, dans neuf pays tempérés sur dix étudiés, les plantations forestières présentent une probabilité de brûler supérieure de 57 % à 155 % à celle des forêts naturelles exploitées. Les chercheurs de l'Inrae eux-mêmes, Christophe Plomion et Annabel Porté, expliquent que la continuité horizontale et verticale du couvert — les houppiers jointifs, l'absence de discontinuité — permet au feu de« sauter d'une parcelle à l'autre »et rend les pare-feux classiques inefficaces, tandis que la litière d'aiguilles de pin se décompose plus lentement que les feuilles mortes et s'accumule comme combustible.
De l'autre côté, un entretien publié parSud Ouestle 25 juillet apporte une contradiction sérieuse qu'il serait malhonnête d'ignorer : un professionnel de la filière y affirme que« le problème n'est pas le pin maritime en soi, mais le fait que la forêt soit extrêmement sèche »— le pin adulte étant au contraire l'une des rares essences capables de résister à ce type de sécheresse sur sol sableux pauvre, et les peuplements âgés de 2022 ayant globalement mieux résisté que les jeunes plantations denses. Selon cette source, remplacer le pin par une autre essence ne changerait rien face à la sécheresse ; le vrai levier serait de réduire la densité de plantation — donc la consommation d'eau globale du massif — ce qui revient, in fine, à accepter une baisse de productivité et à sortir d'une « logique d'optimisation maximale » héritée d'un « âge d'or » révolu.
Mais que la cause première soit la monoculture elle-même ou la densité de plantation qui l'accompagne, la solution proposée dans les deux cas implique la même chose — réduire la rentabilité immédiate de l'exploitation forestière au nom d'une résilience de long terme. C'est précisément le type d'arbitrage que les logiques de marché à court terme peinent structurellement à opérer, qu'il s'agisse d'un propriétaire privé isolé ou d'une filière industrielle organisée autour du volume produit.
Les travaux de l'Inrae sur l'avenir du massif préconisent des lisières et bosquets de feuillus, la préservation des zones humides et ripisylves (3), la diversification des âges de peuplement, voire le développement du sylvopastoralisme — non pas pour rendre la forêt incombustible, ce qui est impossible, mais pour ralentir la propagation et donner une prise aux pompiers.
Une maison incendiée près de Lacanau, dans la région de Lege-Cap-Ferret, samedi 25 juillet 2026. Photo Emma Da Silva / AP
Qui paie la facture du risque ?
C'est la dimension la moins traitée dans la presse de ces derniers jours : qui supporte financièrement les conséquences d'un modèle forestier dont les bénéfices économiques restent, eux, largement privés ?
La Caisse centrale de réassurance (CCR) avait évalué à environ 550 millions d'euros le coût des seuls incendies de Gironde de l'été 2022 au titre du régime "catastrophes naturelles". Plus largement, le coût annuel moyen des sinistres climatiques en France est passé de 2,7 milliards d'euros sur la période 2000-2008 à 6 milliards d'euros sur 2020-2023, un « changement d'échelle » selon la présidente de France Assureurs, Florence Lustman.
Sur les 40 000 hectares déjà partis en fumée cette semaine, une bonne partie de la facture — logements détruits (plus de 240 maisons selon les derniers bilans), infrastructures, mobilisation de plus de 2 500 sapeurs-pompiers et 2 700 gendarmes, policiers et militaires — sera mutualisée via la solidarité nationale et les primes d'assurance de tous les Français. Mais la structure même du massif qui a aggravé la catastrophe résulte de choix de gestion pris par une filière qui, elle, continue de tirer un revenu de cette production !
Une loi qui dort à l'Assemblée
Et pourtant, il existe depuis le 7 juillet 2026 — soit deux semaines avant que les flammes ne repartent à Saumos —, une proposition de loi transpartisane déposée par la députée écologiste de la Drôme Marie Pochon, cosignée par 57 députés issus de huit groupes parlementaires allant de La France insoumise à Horizons à l'exception du Rassemblement national, pyromane de service qui vient après-coup crier au loup-pyromane (3). Le texte propose notamment :
la création d'un fonds national d'adaptation des massifs forestiers au risque incendie ;
un encadrement des coupes rases ;
un soutien renforcé à une sylviculture plus résiliente et diversifiée ;
le renforcement des moyens humains de l'Office national des forêts, avec le recrutement de 1 300 personnes supplémentaires pour la surveillance des espaces boisés ;
l'interdiction du dessouchage après incendie, une pratique jugée nuisible à la régénération naturelle des sols.
Le texte s'appuie sur un constat alarmant : la mortalité des arbres aurait progressé de 125 % en dix ans en métropole. Ses signataires réclament une inscription rapide à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. Au 26 juillet, alors que le massif landais brûle pour la deuxième fois en quatre ans à cette échelle, ce texte n'a toujours pas été examiné.
Un tronc d'arbre brûle à Lanton, dans la région de Lege-Cap-Ferret, samedi 25 juillet 2026. Photo Emma Da Silva / AP
Une géopolitique du feu : la solidarité européenne mise à l'épreuve
Pour combattre les incendies de Gironde et des Landes, la France a fait appel à des moyens venus de toute l'Europe : deux Canadair croates, deux Air Tractor portugais, deux hélicoptères Black Hawk tchèque et slovaque, dans le cadre des mécanismes européens de solidarité en matière de protection civile. L'État français a par ailleurs mobilisé 1 500 militaires, un drone de surveillance Reaper et un avion ravitailleur A330 MRTT — un niveau de mobilisation qui rappelle, par son ampleur, une opération extérieure plutôt qu'une lutte contre un feu de forêt.
Cette mutualisation européenne pose une question de fond : à mesure que le changement climatique multiplie les méga-feux — 52 départements français étaient déjà classés à risque élevé dès avril 2026, contre une poignée historiquement concentrée sur le pourtour méditerranéen —, ce système de solidarité par prêt de moyens (le mécanisme européen de protection civile, rescEU) pourra-t-il continuer à fonctionner lorsque plusieurs pays seront simultanément touchés au même moment de l'été ? Ou bien lorsque certain parti politique (RN), une fois parvenu au pouvoir, s'empressera au nom de la « souveraineté nationale », de mettre en œuvre une sorte de Frexit plus ou moins déguisé ?
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NOTES
(1). Formule empruntée à une tribune de la philosophe Cynthia Fleury dansLe Monde(ICI).
(2). Selon Rémy Petit, chercheur à l'INRAE,« ce massif de pins a été planté au XVIIIème et XIXème siècle dans une vaste zone humide qui a dû être drainée pour cela, d’abord avec des bêches, puis de nos jours avec des pelleteuses. On voit cette zone immense de landes humides sur cette belle carte réalisée un an après la révolution française. Il est plus que temps de commencer à dédrainer, ce qu’essaye d’encourager le Parc Naturel des landes de Gascogne, sans être trop soutenu jusqu’ici. »
(3). Une enquête deBon Potepubliée le 13 juillet 2026, quelques jours après le dépôt du texte, éclaire la position de fond du RN sur ce type de mesures. Le groupe RN a par le passé :
Voté contre un plan d'adaptation des forêts aligné sur la stratégie nationale bas-carbone, mesure pourtant demandée par le Haut Conseil pour le climat,
Rejeté des amendements sur les pare-feux de feuillus entre parcelles de résineux et sur la préservation des chemins forestiers nécessaires à la lutte contre l'incendie,
Voté pour exempter les travaux forestiers des sanctions liées à la destruction d'habitats naturels, au nom de la "protection contre les incendies",
Rejeté des hausses de financement des Sdis via la taxe touristique ou les assurances,
Adopté une approche "utilitariste" de la forêt, privilégiant incitations fiscales et solutions techniques (générateurs d'eau atmosphérique, moyens aériens) plutôt que les mesures contraignantes — justement le type de dispositifs (encadrement des coupes rases, interdiction du dessouchage) que porte la proposition Pochon-Davi.
Le 23 juillet 2026, un député RN, Emmanuel Taché, a déposé sa propre proposition de loi, strictement orientée réponse pénale — peines automatiques et alourdies pour incendies volontaires — plutôt que sur l'adaptation structurelle des forêts au changement climatique.
* La croissance au second semestre devrait se situer entre 4% et 5%, portée par de nouvelles hausses de prix
* Le chiffre d'affaires du deuxième trimestre a progressé de 3,8% pour atteindre 13 milliards d'euros
* La scission de l'activité alimentaire devrait être finalisée au plus tard mi-2027
(Ajout de précisions aux paragraphes 2, 5, 7 et 8)
Unilever ULVR.L a enregistré mardi son meilleur trimestre en termes de volumes depuis plus d’une décennie et a revu à la hausse ses prévisions annuelles, les consommateurs se tournant vers ses marques de produits d’entretien, de beauté et de soins personnels malgré les inquiétudes liées au budget des ménages découlant de la guerre en Iran . Le fabricant du savon Dove et du déodorant Axe a indiqué que ses volumes du deuxième trimestre avaient progressé de 5,5%, portés par la vigueur de marchés clés tels que l’Inde, l’Indonésie et l’Amérique latine, ce qui lui a permis de dépasser largement les estimations de croissance sous-jacente de son chiffre d’affaires. Le géant des biens de consommation s’est réorienté vers les marques de beauté et de bien-être sous la direction de Fernandez, nommé l’année dernière pour accélérer sa stratégie de redressement. Alors que le conflit au Moyen-Orient a imposé des coûts plus élevés aux entreprises cette année, Unilever a amorti le choc en augmentant ses prix .
La société a déclaré qu’elle s’attendait désormais à ce que la croissance sous-jacente de son chiffre d’affaires pour 2026 se situe dans la fourchette de ses prévisions pluriannuelles (4% à 6%), contre une prévision antérieure qui la plaçait dans la partie basse de cette fourchette.
Elle prévoit une croissance de son chiffre d’affaires de 4% à 5% au second semestre, tirée par la hausse des prix.
Unilever, qui est en train de fusionner son activité alimentaire avec celle du fabricant d’épices McCormick MKC.N , a annoncé une croissance de son chiffre d’affaires sous-jacent de 5,8% pour le trimestre clos le 30 juin, alors que les analystes tablaient en moyenne sur 4,3%, selon un consensus établi par l’entreprise.
Le chiffre d’affaires trimestriel a progressé de 3,8% pour atteindre 13 milliards d’euros.
Unilever a indiqué que la scission de son activité alimentaire progressait bien et qu’elle devrait être achevée au plus tard à la mi-2027.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, à l'Elysée mercredi 22 juillet 2026.
Aux plus malades de mettre la main à la poche. Ce jeudi 23 juillet, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, l’a annoncé sans ménagement aux représentants de France Assos Santé, première association des usagers du système de santé, reçus ce matin-là, hasard du calendrier, à Matignon : les patients les plus consommateurs de soins vont devoir supporter une hausse du reste à charge sur leurs dépenses de santé dès cette année. Ce mercredi 22 juillet, Lecornu avait commencé de préparer les esprits : «Pour financer l’accès de tous et partout aux soins, nous devons être plus rigoureux avec la surconsommation de soins et demander un effort à ceux qui achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou vont plus de 25 fois chez le médecin par an, tout en protégeant les plus fragiles socialement», avait-il indiqué dans un entretien à Paris Match.
Pour l’heure, les patients payent 2 euros non remboursés et non pris en charge par les mutuelles chaque fois qu’ils consultent un médecin, font une radio ou une analyse biologique, au titre de la participation forfaitaire. De même, ils acquittent 1 euro sur chaque boîte de médicament, et 4 euros par transport sanitaire, au titre des franchises médicales. Pour éviter une addition trop salée aux plus malades, le reste à charge est dans les deux cas soumis à un plafond annuel de 50 euros : une fois cette limite atteinte, la Sécu rembourse sans ponction financière.
«On culpabilise les malades et eux seuls»
Or, aux yeux du gouvernement, ces plafonds fixés, il y a vingt ans, sont aujourd’hui trop bas. Reprenant une idée de son prédécesseur, François Bayrou, le Premier ministre s’apprête donc à les doubler, les portant au total de 100 à 200 euros. Oublieux de la promesse faite aux parlementaires, l’automne dernier, de ne pas agir dans leur dos, il compte passer par décret cet été. «C’est une erreur monumentale, qui ne va pas contribuer à restaurer la confiance des Français dans leur système de santé, peste auprès de Libération Gérard Raymond, président de France Assos Santé, au sortir de Matignon. On culpabilise les malades et eux seuls, sans avancer aucune réforme structurelle susceptible d’améliorer l’offre de soi.» Une amertume partagée par l’économiste de la santé Brigitte Dormont.
«C’est clairement une mesure d’urgence budgétaire, analyse la professeure à l’université de Paris-Dauphine. Relever le plafond des franchises est un levier simple et minimaliste pour limiter les remboursements de la Sécurité sociale et donc faire des économies. Mais sur le fond, c’est scandaleux. Une fois de plus, cela va totalement à l’encontre du principe de solidarité de la Sécurité sociale de ponctionner financièrement les plus malades au prétexte de les “responsabiliser” alors qu’ils ne sont pas à l’origine des prescriptions.»
Conscient d’avancer en terrain miné, le gouvernement tente de minimiser l’affaire. «Si vous êtes quelqu’un qui a une maladie chronique, en moyenne, vous payez 78 euros de franchise par an actuellement, donc si on double, on peut estimer sur le reste à charge sera plutôt à 150 qu’à 200 euros», a défendu la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, sur RTL, suggérant que le nombre de personne touchées sera limité. Et la même de rappeler que 18 millions d’assurés sociaux sont exemptés de ces franchises : les moins de 18 ans, les femmes enceintes de plus de six mois et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S) et de l’aide médicale d’Etat (AME) en sont de fait exemptés. En revanche, elle se garde de rappeler que le seuil de revenu pour toucher la C2S ou l’AME est de 868 euros par mois, très en deçà du seuil de pauvreté (1 337 euros par mois).
750 millions d’euros d’économies la Sécurité sociale dès 2026
En réalité, l’effort réclamé aux malades est plus conséquent que la ministre ne veut bien le dire. Pour preuve : le gouvernement escompte, grâce à cette mesure, faire économiser 750 millions d’euros à la Sécurité sociale dès 2026. Les patients atteints de maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaques, tumeurs malignes, etc.) sont dans le collimateur. Selon le rapport charges et produits 2026, publié début juillet par l’assurance maladie, ils étaient 25 millions en 2023, dont 14,1 millions bénéficient du régime affection longue durée, ouvrant droit à la couverture intégrale, par la Sécu, des soins liés à leur pathologie.
Pour ces derniers, les plus consommateurs de soins car les plus souffrants, l’actuel plafond annuel de 100 euros de franchise est quasi systématiquement atteint. Surtout, selon des travaux de recherche, ils sont proportionnellement plus nombreux dans les catégories sociales modestes. «La hausse du plafond des franchises risque de pénaliser au premier chef des malades pauvres mais pas assez pour bénéficier du filet de sécurité de la C2S, avertit Brigitte Dormont. Or, il y a énormément de gens dans cette zone de distribution de revenu, notamment des personnes âgées, premières concernées par les pathologies chroniques.» Avec en conséquence, un risque tangible d’aggraver le renoncement aux soins.
Une bonne négociation, c'est pouvoir discuter de tous les éléments, et non être toujours en accord avec la direction pour son intérêt personnel. Nous ne retournons pas notre veste. Ils sont contre le critère intérim/GEPP, et la semaine d'après, ils sont OK. Les salariés sont en droit de s'interroger sur cette constance à géométrie variable.
Pour autant, on peut être d'accord qu'on tourne une journée par semaine et que les autres jours, on ne va pas sur ligne. Nous nous sommes déjà expliqués sur les critères, car nous, nous sommes transparents, nous avons fait des comptes rendus des négociations, des assemblées générales et de défendre une position claire, plutôt que de négocier dans leur dos.
Que devons-nous penser d'une organisation syndicale qui prend le Code du travail pour une revue ?
À force de reprendre les arguments de la direction, ce syndicat finit davantage par les relayer que par les contester. Un syndicat est là pour défendre les salariés, pas pour justifier les choix de l'employeur.
Une fois de plus, elle ne répète que les propos de la direction.
Rappelons « un fait » : N'oublions pas que d'avoir quitté la table des négociations vous a rapporté 100 euros sur le salaire de base. Si nous avions laissé faire, en un mois, c'était signé et tout était pour les partants. (Intérêt personnel).
C'est sûr que leur quotidien n'est pas le bagne. Pour l'un qui promène son PC, pour l'autre qui tourne un jour par semaine et quand il veut, et le dernier qui parle plus aux moutons qu’aux salariés.
Libre à vous de choisir par qui vous voulez être défendu.
Au moment de faire votre choix, posez-vous une question simple : préférez-vous un syndicat qui accompagne les décisions de la direction ou un syndicat qui les conteste lorsqu'elles sont contraires aux intérêts des salariés ?
Intimidations, harcèlement moral : un « plan social déguisé » à la verrerie Saverglass de Feuquieres
À Saverglass Feuquières, la CGT dénonce un « PSE déguisé » de la direction, organisé à travers des coups de pression, des intimidations et des dégradations de conditions de travail afin de pousser les salariés à démissionner.
Un scénario qui semble se confirmer. La CGT a en effet dû quitter la réunion CSE du 22 juin dernier, après avoir remarqué que les éléments soulevés lors du précédent CSE sur les pratiques managériales sordides étaient absentes du compte-rendu. Les élus de la CGT avaient pourtant dénoncé des méthodes de management graves : coups de pression, invectives, intimidations, changements de poste de dernière minute… Pour les représentants syndicaux, le plan du patronat est clair : attaquer le moral afin que les salariés finissent en burn-out et préfèrent démissionner que de revenir à l’usine.
En effet, dans son bulletin informatif adressé aux salariés et dans cette réunion, la CGT rapportait l’extrême violence de la direction pour pousser les travailleurs vers la sortie : un manager s’est par exemple rendu sur le site avec un fusil de chasse, un salarié a été agressé physiquement par son manager et un suicide imputé au harcèlement de supérieurs hiérarchiques avait même eu lieu il y a quelques années. Tous ces éléments évoqués n’apparaissaient pas dans le procès-verbal du CSE du 21 mai 2026 sur ordre de la direction, qui a préféré « alléger » le texte, et ainsi mettre sous le tapis les éléments que dénonce la CGT.
Derrière ces pratiques managériales atroces, les délégués syndicaux soupçonnent un plan social déguisé, car entre les départs « volontaires » et les départs en retraite non-remplacés, ce sont 4 à 7 travailleurs en CDI qui quittent chaque mois le site. Ainsi, de novembre 2024 à octobre 2025, le nombre de CDI est passé de 1142 à 1090, remplacés par des contrats précaires.
Le syndicat émet donc l’hypothèse que le patronat du site de Feuquières semble vouloir, comme au Havre, réduire ses effectifs, cette fois par des méthodes de harcèlement et d’incitation au départ afin de préserver ses marges alors même que la multinationale se refuse toujours à réaliser une analyse de ses comptes.
Face aux patrons voyous qui cherchent à pousser les travailleurs vers le burn-out et la démission afin de préserver leurs profits, les travailleurs doivent s’unir dans une lutte d’ampleur pour le maintien des emplois, l’interdiction des licenciements et ils doivent se battre pour l’organisation de la société par celles et ceux qui font tourner les usines.
L'expansion de la société Unilever, qui va créer une nouvelle gamme de soins capillaires en Égypte, renforcera la production locale et les exportations, a déclaré Khaled Hachem, ministre de l'Industrie lors d'une réunion tenue avec Tarol Yüksel, PDG de la société pour l'Afrique du Nord, le Levant et l'Irak, en visite en Égypte à la tête d'une délégation.
La réunion a fait un tour d'horizon des plans futurs d'expansion d'Unilever en Égypte et de ses activités industrielles comprenant quatre usines fabriquant des produits de soins personnels, d'entretien ménager ainsi que des produits alimentaires. Les exportations d'Unilever sont dirigées vers plus de trente pays dans les cinq continents.
Le ministre a souligné qu'il tenait à encourager l'expansion des sociétés internationales en place en Égypte, en particulier dans les secteurs industriels de priorité, en vue de satisfaire les besoins du marché local, d'accroître les exportations et de créer de nouveaux emplois.
M. Yüksel a pour sa part souligné que la société Unilever continuait de promouvoir ses investissements en Égypte, étant son siège principal en Afrique du Nord, au Levant et en Irak. Selon lui, le marché égyptien est le plus vaste et le plus important dans la région.
Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.
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