Arrêt de la production de voitures à Stellantis Poissy : face à la casse sociale annoncée, faisons front !
Stellantis Poissy est le dernier site de production automobile encore implanté en Île-de-France. Les 1 925 salariés ont appris ce jeudi 16 avril la fermeture des lignes d’assemblage d’ici 2028. Cette annonce prépare une casse sociale de grande ampleur et la fermeture à terme de l’usine, contre lesquelles il est indispensable de faire front.
La direction de Stellantis a acté ce jeudi, lors d’une réunion CSE, l’arrêt de la production des petits modèles d’Opel Mokka et de DS3 d’ici 2028. Si aucun « plan social » n’est officiellement annoncé, la direction assume déjà qu’environ 1 000 postes sont amenés à être supprimés par le groupe, qui assure que les réductions d’effectifs s’effectueront par des « départs naturels » ou « volontaires ». Ces déclarations visent à minimiser l’ampleur d’une casse sociale qui devrait être brutale, touchant les salariés du site de Poissy, les intérimaires, ainsi que l’ensemble du bassin d’emploi du département.
La fermeture des lignes d’assemblage en 2028 marque la fin du site de production de Poissy. Pour tenter d’apaiser la colère, Stellantis affirme vouloir y maintenir certaines activités et évoque plusieurs projets, comme l’installation d’une nouvelle presse d’emboutissage, la création d’ateliers de ferrage et de peinture destinés à produire des pièces ou sous-ensembles pour d’autres usines du groupe, l’après-vente ou des partenaires, le développement d’une activité de déconstruction de véhicules usagés et de valorisation de pièces, la préparation de véhicules neufs ainsi que l’impression 3D de pièces détachées. Mais ces annonces apparaissent surtout comme une manière de faire accepter la casse sociale et la fin progressive de la production automobile, prélude possible à une fermeture plus large du site à terme.
Des annonces qui viennent confirmer les propos de Jean-Pierre Mercier qui pointait déjà dans nos colonnes la casse sociale à venir à Stellantis Poissy : « c’est une catastrophe sociale qui est en train de se préparer » expliquait-il. En octobre, l’usine avait été mise au chômage forcé pendant près de trois semaines, tandis que la perspective d’un arrêt définitif de l’activité dans les prochaines années était dans l’air. En 2025, des rapports internes montraient d’ailleurs un taux d’utilisation de la capacité de l’usine de seulement 58 %. Le groupe avait aussi renoncé à construire des DS3 électriques sur les lignes de Poissy.
Pour justifier cette fermeture annoncée, l’argument avancé par Stellantis est celui de la « surcapacité » de production de voitures par rapport à une demande en baisse au niveau européen, avec - 20% de véhicules achetés depuis 2019 sur le continent. Le site a ainsi fabriqué 89 500 unités en 2025, contre 145 000 deux ans plus tôt. Mais s’il existe bien une crise structurelle du secteur automobile européen, Stellantis n’est pas le plus mal loti, puisque le groupe avait dégagé un bénéfice net de 5,5 milliards d’euros. En d’autres termes, il y a de l’argent, et ces annonces visent à accélérer la « restructuration » pour mieux faire payer la crise aux travailleurs.
Les vraies raisons sont ailleurs : il s’agit de baisser le « coût du travail » trop élevé en France. Manuel Gentile, directeur du site de Sochaux (Doubs), se plaignait récemment qu’en France, les travailleurs de Stellantis étaient payés près de 32 euros de l’heure, contre 23 en Espagne, 6 à 7 euros au Maroc. Stellantis a d’ailleurs annoncé, en juillet dernier, doubler la capacité de production de son site de Kénitra, au Maroc, avec 3 000 emplois en plus des 3 500 existants. Derrière cette rhétorique classique, il s’agit de justifier les offensives contre les conditions de travail et les fermetures d’usines pour mieux délocaliser. En France ou à l’étranger, il s’agit de toujours plus exploiter les travailleurs pour mieux rétablir les profits.
De plus, cette casse sociale n’est que la dernière étape d’une longue offensive contre les travailleurs de PSA-Stellantis qui ont subit de nombreuses vagues de licenciements. Par exemple, Poissy comptait plus de 24 000 travailleurs et travailleuses dans les années 1980. À plus large échelle, la région parisienne, autrefois spécialisée dans l’industrie automobile, a vu ses grandes concentrations ouvrières fermer les unes après les autres. Citroën avait fermé ses chaînes du quai de Javel en 1975, celles de Levallois en 1988. Renault a stoppé pour sa part la production sur le site de Billancourt en 1992. Plus récemment, on a vu l’arrêt des fabrications de PSA Citroën à Aulnay en 2014, puis de Renault à Flins en 2024. Dans le même temps, le groupe Renault a annoncé récemment la suppression de 15 à 20% de ses effectifs mondiaux dans l’ingénierie.
Cette casse sociale annoncée à Stellantis est un cas d’école. Elle est orchestrée par un patronat qui n’hésite pas à balancer par-dessus bord ses salariés quand ses profits sont à la baisse. Le tout, malgré les profits records encaissés par les patrons et dirigeants des géants de l’automobile, et les milliards de subventions et d’aides publiques versés par le macronisme et ses prédécesseurs. Face à la vague de licenciements historiques qui touche particulièrement le secteur de l’automobile, il faut une grande mobilisation revendiquant le maintien de tous les emplois, l’interdiction des licenciements ainsi que l’expropriation de toutes les entreprises qui licencient, pour les mettre sous contrôle des travailleurs ! Solidarité avec les travailleurs et travailleuses de Stellantis !
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
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