SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

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C'est Bernard FRIOT qui en fait une magistrale démonstration.

Et ce n'est pas un hasard si B. HAMON le vainqueur de la primaire PS s'en fait le propagandiste.

La grande presse présentant ce projet tout droit sorti des officines patronales et des boites à idées de la grande bourgeoisie comme un projet progressiste, marqueur de la "gôche".

ASSEZ d'hypocrisie et de tromperie : sur ce terrain aussi le PS se comporte en auxilliaire du MEDEF et de la bourgeoisie!

Volonté du capital d'être purement rentier et de se débarrasser de toutes les acquis qui vont avec les institutions du salariat.

C'est à partir de cet objectif que se développe la campagne médias, PS, HAMON MEDEF de la destruction massive de l'emploi dans les années qui viennent pour justifier ce retrait des employeurs parallèle à la remise en cause radicale des droits et garanties du travail, du code du travail.

Ils arguent de la nécessité de trouver un autre modèle social consécutif aux mutations technologiques afin de remettre en cause tous les conquis du mouvement ouvrier.

La modernité sert de masque à une vieille ambition de la bourgeoisie contrée par les luttes de pouvoir exploiter sans aucune entrave les travailleurs!

 

Bernard Friot « Un capitalisme rentier qui n’assume plus d’être employeur »

interview à l'Humanité de mars 2016 qui revêt une brûlante actualité

Création du compte personnel d’activité, développement de l’autoentrepreneuriat, revenu de base…L’économiste et sociologue Bernard Friot met ces éléments nouveaux en perspective et interroge leur rôle dans l’économie capitaliste. Animateur du Réseau Salariat, association d’éducation populaire, il avance l’idée d’un « salaire à vie » à l’image du droit de vote comme un droit politique.

Vous insistez dans votre analyse économique sur la nécessité de droits salariaux attachés à la ­personne, que voulez-vous dire ?

Bernard Friot Que le salaire, comme le droit de vote, doit ­devenir un droit politique. Notre travail est reconnu de trois façons : par un employeur si nous allons sur le marché du travail et sommes employés ; par la vente du produit de notre travail sur le marché des biens et services si nous sommes indépendants ; par le salaire à vie si nous sommes fonctionnaires ou retraités. Or les employés et les indépendants sont soumis à des aléas sur lesquels, individuellement ou collectivement, ils n’ont aucune prise. Les capitalistes les exploitent sans retenue. Le marché du travail, des biens et services ne peuvent plus être le fondement de la reconnaissance du travail. Il faut généraliser le salaire à vie, c’est-à-dire une reconnaissance du travail attachée à la personne et non pas à un emploi ou à la vente d’un produit. Le droit politique de suffrage doit se doubler du droit politique de salaire : chacun, à 18 ans, a droit à vie au salaire correspondant au premier niveau de qualification, et passe au cours de sa carrière (qu’il soit indépendant, dans une entreprise ou fonctionnaire) des épreuves de qualification qui lui permettent de passer à des niveaux supérieurs, chaque progrès en qualification étant acquis à vie.

Le compte personnel d’activité est-il un progrès en ce sens ?

Bernard Friot Sûrement pas, c’est au contraire une régression. Un compte personnel, à commencer par le plus ancien d’entre eux, le compte personnel de retraite Arrco-Agirc, construit contre le régime général, asservit les travailleurs au marché du travail puisque c’est la performance dans l’emploi qui alimente le compte. Plus j’ai d’emplois, et de bons emplois, plus j’additionne des droits à des jours de repos ou de chômage, à la formation, à la retraite, à la complémentaire santé, etc. Ainsi, alors que le régime général permet de prolonger dans la pension les meilleurs salaires, le compte personnel tient compte de toute la carrière, y compris les années très mal payées. Le CPA n’est donc pas attaché à la personne, mais à son parcours professionnel, ce qui n’a rien à voir.

Pouvez-vous préciser en quoi cela n’a rien à voir ?

Bernard Friot La pension dans la fonction publique est la poursuite à vie du meilleur salaire et non pas la contrepartie des cotisations de carrière. Elle est donc bien un droit dépendant non pas de la mesure du parcours professionnel telle que l’opère l’addition de points dans un compte, mais de la qualification de la personne, qualification qui lui est attachée à vie. Alors que la pension Arrco-Agirc est du revenu différé qui dépend étroitement de la performance sur le marché du travail pendant 42 ans, la pension de fonction publique prolonge à vie le salaire atteint en fin de carrière.

Dire qu’un « droit est attaché à la personne » serait donc un abus de langage ?

Bernard Friot Évidemment. Le CPA fait étroitement dépendre les droits de l’emploi. Sauf que l’emploi, tel qu’il est vu par les capitalistes, ce n’est plus « l’emploi poste », mais « l’emploi parcours ». Le capitalisme financiarisé ne veut plus s’engluer dans la stabilité de postes de travail, et donc lier des droits au poste de travail : il s’efforce d’obtenir des salariés les plus mobiles possible et donc il lie les droits au parcours professionnel. Qu’on me démontre que le parcours professionnel est davantage maîtrisé par le salarié que son poste de travail ! En fait il ne maîtrise ni l’un ni l’autre. Et passer de droits attachés au poste à des droits attachés au parcours, ce n’est en aucun cas passer à des droits attachés à la personne. Pour qu’un travailleur soit titulaire de droits attachés à sa personne, il faut que ces droits le libèrent de l’aléa du marché du travail et du marché des biens et services.

Le CPA est lié à l’emploi. Or personne (salariés et patrons) ne se déclare contre l’emploi. La notion d’emploi est sans doute mal définie…

Bernard Friot Elle est le fruit de la lutte de classes. L’invocation de l’emploi sert essentiellement au patronat et au gouvernement, au nom du « sauvetage de l’emploi », à s’attaquer aux droits des salariés. Pour les patrons, un emploi a toujours été réduit à un poste de travail, ou aujourd’hui à un parcours d’un poste à l’autre. Autant « l’emploi » a été un mot du vocabulaire syndical parce qu’il a été construit dans la lutte comme obligation de respect de la qualification du poste et de versement de cotisations sociales, autant aujourd’hui l’emploi tend à redevenir le poste tout nu ou le parcours entre des postes tout nus. Et donc c’est finalement la définition patronale de l’emploi qui aujourd’hui l’emporte.

On en arrive à l’hégémonie du vocabulaire de la classe dominante. Hégémonie traduite dans les faits…

Bernard Friot C’est là qu’il faut sortir de la dépendance vis-à-vis de l’agenda des patrons. Cela veut-il dire promouvoir le « vrai emploi » face aux « faux emplois » patronaux ? Non. C’est une bataille perdue depuis quarante ans. Faire de la bataille pour le « vrai emploi » le cœur de l’action syndicale me paraît une faute stratégique majeure. Les droits liés aux postes ou aux parcours sur le marché du travail restent maîtrisés par les propriétaires de l’outil de travail, qui décident des postes et des parcours. Fonder des droits sur quelque chose sur lequel les salariés ont si peu de prise n’a plus de sens. Il n’y a plus une seule entreprise ou une seule branche qui fonctionne avec ce qu’on appelait un marché interne, c’est-à-dire qu’on y faisait sa carrière sans jamais passer par le marché du travail. C’est fini. Même si l’emploi a été une victoire syndicale et a été, en cas de marché interne, le support de parcours professionnels libérés des aléas du marché du travail – à condition de rester dans la même entreprise à vie : on peut aussi ne pas avoir cela comme projet –, aujourd’hui cela ne peut, en aucun cas, être le fondement d’une stratégie syndicale. Une chose est de requalifier en emploi des situations d’infra-emploi, au cas par cas, auprès des prud’hommes : c’est indispensable et il faut se battre contre les réformes qui rendent cette requalification toujours plus difficile. Tout autre chose est de faire de « vrais emplois » un projet stratégique.

Un point sur la définition de l’« infra-emploi » ?

Bernard Friot L’infra-emploi qualifie deux types de situations. D’une part celles dans lesquelles on dépend d’un employeur en étant en stage, bénévole, volontaire, en service civique, en formation, et d’une façon générale toutes ces situations d’emploi dans lesquelles le poste n’est pas reconnu comme porteur de qualification. D’autre part celles dans lesquelles on est faussement indépendant comme l’autoentrepreneuriat. Faussement parce qu’en réalité, on dépend entièrement du même client, ou du même fournisseur (de données numériques par exemple dans l’économie prétendument collaborative)… Sauf que lui ne cotise à rien, que le travailleur n’a pas de droit au chômage, que les règles horaires ou de sécurité liées à l’emploi sont inexistantes, etc.

L’autoentrepreneuriat est peut-être le reflet de l’aspiration de la jeunesse à ne plus dépendre de l’employeur. Les capitalistes ont-ils un train d’avance ?

Bernard Friot Je ne peux que saluer la maturité politique de tous ceux qui, chez les jeunes, ne veulent pas se soumettre à des employeurs et entendent bien maîtriser leur travail en refusant de produire des choses dont ils savent qu’elles sont nocives ou inutiles. Cela dit, tout dépend comment est institué ce travail indépendant. Il peut être enti

Création du compte personnel d’activité, développement de l’autoentrepreneuriat, revenu de base…L’économiste et sociologue Bernard Friot met ces éléments nouveaux en perspective et interroge leur rôle dans l’économie capitaliste. Animateur du Réseau Salariat, association d’éducation populaire, il avance l’idée d’un « salaire à vie » à l’image du droit de vote comme un droit politique.

Vous insistez dans votre analyse économique sur la nécessité de droits salariaux attachés à la ­personne, que voulez-vous dire ?

Bernard Friot Que le salaire, comme le droit de vote, doit ­devenir un droit politique. Notre travail est reconnu de trois façons : par un employeur si nous allons sur le marché du travail et sommes employés ; par la vente du produit de notre travail sur le marché des biens et services si nous sommes indépendants ; par le salaire à vie si nous sommes fonctionnaires ou retraités. Or les employés et les indépendants sont soumis à des aléas sur lesquels, individuellement ou collectivement, ils n’ont aucune prise. Les capitalistes les exploitent sans retenue. Le marché du travail, des biens et services ne peuvent plus être le fondement de la reconnaissance du travail. Il faut généraliser le salaire à vie, c’est-à-dire une reconnaissance du travail attachée à la personne et non pas à un emploi ou à la vente d’un produit. Le droit politique de suffrage doit se doubler du droit politique de salaire : chacun, à 18 ans, a droit à vie au salaire correspondant au premier niveau de qualification, et passe au cours de sa carrière (qu’il soit indépendant, dans une entreprise ou fonctionnaire) des épreuves de qualification qui lui permettent de passer à des niveaux supérieurs, chaque progrès en qualification étant acquis à vie.

Le compte personnel d’activité est-il un progrès en ce sens ?

Bernard Friot Sûrement pas, c’est au contraire une régression. Un compte personnel, à commencer par le plus ancien d’entre eux, le compte personnel de retraite Arrco-Agirc, construit contre le régime général, asservit les travailleurs au marché du travail puisque c’est la performance dans l’emploi qui alimente le compte. Plus j’ai d’emplois, et de bons emplois, plus j’additionne des droits à des jours de repos ou de chômage, à la formation, à la retraite, à la complémentaire santé, etc. Ainsi, alors que le régime général permet de prolonger dans la pension les meilleurs salaires, le compte personnel tient compte de toute la carrière, y compris les années très mal payées. Le CPA n’est donc pas attaché à la personne, mais à son parcours professionnel, ce qui n’a rien à voir.

Pouvez-vous préciser en quoi cela n’a rien à voir ?

Bernard Friot La pension dans la fonction publique est la poursuite à vie du meilleur salaire et non pas la contrepartie des cotisations de carrière. Elle est donc bien un droit dépendant non pas de la mesure du parcours professionnel telle que l’opère l’addition de points dans un compte, mais de la qualification de la personne, qualification qui lui est attachée à vie. Alors que la pension Arrco-Agirc est du revenu différé qui dépend étroitement de la performance sur le marché du travail pendant 42 ans, la pension de fonction publique prolonge à vie le salaire atteint en fin de carrière.

Dire qu’un « droit est attaché à la personne » serait donc un abus de langage ?

Bernard Friot Évidemment. Le CPA fait étroitement dépendre les droits de l’emploi. Sauf que l’emploi, tel qu’il est vu par les capitalistes, ce n’est plus « l’emploi poste », mais « l’emploi parcours ». Le capitalisme financiarisé ne veut plus s’engluer dans la stabilité de postes de travail, et donc lier des droits au poste de travail : il s’efforce d’obtenir des salariés les plus mobiles possible et donc il lie les droits au parcours professionnel. Qu’on me démontre que le parcours professionnel est davantage maîtrisé par le salarié que son poste de travail ! En fait il ne maîtrise ni l’un ni l’autre. Et passer de droits attachés au poste à des droits attachés au parcours, ce n’est en aucun cas passer à des droits attachés à la personne. Pour qu’un travailleur soit titulaire de droits attachés à sa personne, il faut que ces droits le libèrent de l’aléa du marché du travail et du marché des biens et services.

Le CPA est lié à l’emploi. Or personne (salariés et patrons) ne se déclare contre l’emploi. La notion d’emploi est sans doute mal définie…

Bernard Friot Elle est le fruit de la lutte de classes. L’invocation de l’emploi sert essentiellement au patronat et au gouvernement, au nom du « sauvetage de l’emploi », à s’attaquer aux droits des salariés. Pour les patrons, un emploi a toujours été réduit à un poste de travail, ou aujourd’hui à un parcours d’un poste à l’autre. Autant « l’emploi » a été un mot du vocabulaire syndical parce qu’il a été construit dans la lutte comme obligation de respect de la qualification du poste et de versement de cotisations sociales, autant aujourd’hui l’emploi tend à redevenir le poste tout nu ou le parcours entre des postes tout nus. Et donc c’est finalement la définition patronale de l’emploi qui aujourd’hui l’emporte.

On en arrive à l’hégémonie du vocabulaire de la classe dominante. Hégémonie traduite dans les faits…

Bernard Friot C’est là qu’il faut sortir de la dépendance vis-à-vis de l’agenda des patrons. Cela veut-il dire promouvoir le « vrai emploi » face aux « faux emplois » patronaux ? Non. C’est une bataille perdue depuis quarante ans. Faire de la bataille pour le « vrai emploi » le cœur de l’action syndicale me paraît une faute stratégique majeure. Les droits liés aux postes ou aux parcours sur le marché du travail restent maîtrisés par les propriétaires de l’outil de travail, qui décident des postes et des parcours. Fonder des droits sur quelque chose sur lequel les salariés ont si peu de prise n’a plus de sens. Il n’y a plus une seule entreprise ou une seule branche qui fonctionne avec ce qu’on appelait un marché interne, c’est-à-dire qu’on y faisait sa carrière sans jamais passer par le marché du travail. C’est fini. Même si l’emploi a été une victoire syndicale et a été, en cas de marché interne, le support de parcours professionnels libérés des aléas du marché du travail – à condition de rester dans la même entreprise à vie : on peut aussi ne pas avoir cela comme projet –, aujourd’hui cela ne peut, en aucun cas, être le fondement d’une stratégie syndicale. Une chose est de requalifier en emploi des situations d’infra-emploi, au cas par cas, auprès des prud’hommes : c’est indispensable et il faut se battre contre les réformes qui rendent cette requalification toujours plus difficile. Tout autre chose est de faire de « vrais emplois » un projet stratégique.

Un point sur la définition de l’« infra-emploi » ?

Bernard Friot L’infra-emploi qualifie deux types de situations. D’une part celles dans lesquelles on dépend d’un employeur en étant en stage, bénévole, volontaire, en service civique, en formation, et d’une façon générale toutes ces situations d’emploi dans lesquelles le poste n’est pas reconnu comme porteur de qualification. D’autre part celles dans lesquelles on est faussement indépendant comme l’autoentrepreneuriat. Faussement parce qu’en réalité, on dépend entièrement du même client, ou du même fournisseur (de données numériques par exemple dans l’économie prétendument collaborative)… Sauf que lui ne cotise à rien, que le travailleur n’a pas de droit au chômage, que les règles horaires ou de sécurité liées à l’emploi sont inexistantes, etc.

L’autoentrepreneuriat est peut-être le reflet de l’aspiration de la jeunesse à ne plus dépendre de l’employeur. Les capitalistes ont-ils un train d’avance ?

Bernard Friot Je ne peux que saluer la maturité politique de tous ceux qui, chez les jeunes, ne veulent pas se soumettre à des employeurs et entendent bien maîtriser leur travail en refusant de produire des choses dont ils savent qu’elles sont nocives ou inutiles. Cela dit, tout dépend comment est institué ce travail indépendant. Il peut être entièrement récupéré par le capital à travers des dispositifs dans lesquels les jeunes en question sont autonomes dans leur travail, collaborent sans hiérarchie, dans un dispositif horizontal… tout en alimentant par un travail gratuit, par exemple dans le logiciel libre, le profit des ­propriétaires de Google. Se développe un capitalisme rentier qui n’assume plus les responsabilités de l’employeur, qui renvoie les travailleurs à la valorisation de leur travail sur le marché des services : il faut vendre 150 km de covoiturage, une semaine de son appartement, avec l’effarante marchandisation du quotidien que cela représente. Tout comme les employés sont sous le joug des aléas du marché du travail, ces indépendants sont sous le joug du marché des biens et services tout en alimentant la rente de propriétaires de bases de données affranchis de leur responsabilité dans la conduite du travail.

Il y a donc une volonté des capitalistes de se ­dédouaner de leur rôle d’employeur ?

Bernard Friot Oui, ils ne veulent plus lier le profit au fait d’assumer sur le long terme des salaires, des cotisations sociales, le fonctionnement d’un comité d’hygiène et de sécurité, les droits des CE, etc. C’est pour cela qu’ils construisent avec tant de continuité depuis 1992, avec la CFDT, une « sécurisation des parcours » qui renverse la logique de responsabilité. Ce ne sont plus les employeurs, mais les intermédiaires du marché du travail, qui sont le « pôle emploi » ! Et les droits des salariés sont renvoyés à leur capacité à alimenter un CPA au prorata de leur performance sur des marchés, qu’ils soient du travail ou des biens, sur lesquels ils n’ont aucune prise. Car un des points de la loi travail, très insuffisamment souligné, est l’extension du CPA aux indépendants. Vont donc se trouver fongibles des droits nés dans l’emploi et dans l’indépendance : inutile de dire que celle-ci va être massivement instrumentée.

En parallèle à cette production de valeur qui est faite hors du contrat de travail se développe aussi l’idée d’un revenu de base…

Bernard Friot Ça va tout à fait ensemble. Le filet de sécurité que va offrir un revenu de base est la condition du recul de la sécurité qu’offre le Code du travail. Si le capital n’est absolument plus déterminé à assumer la sécurité d’emploi, en revanche cela ne lui pose aucun problème d’assumer la sécurité d’un minimum de ressources qui lui permettra, non seulement de baisser les salaires puisqu’il invoquera l’existence de ces ressources pour ne pas pratiquer des salaires normaux, mais aussi de récupérer la valeur produite par ces personnes en dehors de l’emploi, dès lors que la propriété lucrative n’est pas supprimée. Car le revenu de base ne supprime pas la propriété lucrative, et les capitalistes seront en capacité de récupérer la valeur produite. Et ce ne sont pas eux qui paieront, puisque c’est l’impôt qui financera le revenu de base. Bref ils ont tout intérêt à ce qu’un revenu de base vienne, à côté d’un CPA étendu aux indépendants, étayer l’autoentrepreneuriat.

Quelle alternative proposez-vous ?

Bernard Friot Le salaire à vie, qui est inséparable de la copropriété d’usage de tous les outils de travail par les travailleurs et donc de la maîtrise par eux de l’investissement, tant il est vrai que la propriété lucrative, au cœur du capitalisme de rente, doit être supprimée. Il s’agit d’actualiser la bataille qui a conduit à la mise en place à la Libération du régime général comme caisse unique à gestion ouvrière, et du statut de la fonction publique. Le régime général a fait la preuve jusqu’aux années 1970 que nous pouvons produire la santé avec des travailleurs payés à vie, qu’ils soient fonctionnaires ou indépendants conventionnés, sans mettre en valeur aucun capital actionnaire ou prêteur : l’investissement hospitalier des années 1960 a été largement subventionné grâce à la hausse du taux de cotisation maladie. Nous pouvons tout produire sans emploi et sans capital. Ce n’est pas 45 % du salaire qui doit aller aux caisses de Sécurité sociale comme aujourd’hui, mais 100 % (et au seul régime général, qui, à nouveau géré par les seuls travailleurs, sera chargé de payer les salaires à vie). Le reste de la valeur ajoutée pourrait se partager entre autofinancement de l’outil de travail décidé par les travailleurs copropriétaires des entreprises, et cotisation économique allant à des caisses, elles aussi gérées par les seuls travailleurs, chargées de subventionner le reste de l’investissement (y compris par création monétaire sans crédit) et d’assurer les ­dépenses de fonctionnement courantes des services publics. Je vous renvoie aux travaux que mène sur toutes ces questions Réseau Salariat.

De la socialisation du salaire. Auteur d’une thèse d’État portant sur la construction de la sécurité sociale, Bernard Friot axe son travail en défendant « le caractère anticapitaliste des institutions de socialisation du salaire ». Dans son dernier ouvrage, Émanciper le travail : entretiens avec Patrick Zech, paru aux éditions La Dispute et au sein de l’association Réseau Salariat, il développe l’idée de « salaire à vie » et de la « copropriété d’usage des moyens de production ».

PAR FSC

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Concerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à Compiègne
Concerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à CompiègneConcerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à CompiègneConcerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à Compiègne
Concerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à CompiègneConcerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à CompiègneConcerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à Compiègne
Concerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à CompiègneConcerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à CompiègneConcerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à Compiègne

En meeting mercredi soir à Margny-les-Compiègne (Oise), François Fillon a tenu un discours musclé sur les questions de sécurité pour mieux tenter de faire oublier les affaires qui empoisonnent sa campagne.

« Fillon ! Nous aussi, on veut des emplois fictifs ! » C’est par un concert de casseroles qu’a débuté le meeting de François Fillon à Compiègne (Oise). Une centaine de manifestants ont pris d’assaut l’accès de la salle du Tigre, cégétistes en tête. Police nationale, municipale, service de sécurité privé, les forces de l’ordre ont eu le plus grand mal à canaliser les contestataires.

Le meeting délocalisé

Odette, septuagénaire, est venue avec son mari de Ribécourt-Dreslincourt. « Je vis avec une petite retraite et je ne me plains pas. Si je suis là, c’est que je trouve inadmissible tout ce que j’entends sur cet homme. » C’est, entre autres, pour éviter de tels débordements que le comité de soutien s’est ravisé. Initialement, François Fillon devait s’exprimer dans une salle municipale à Compiègne, en pleine ville.

Le meeting a finalement été délocalisé au Tigre, une salle plus grande, perchée au milieu des champs et d’une zone d’activités. Officiellement, cette salle qui accueille de nombreux spectacles était la plus à même de contenir le nombre de participants inscrits. « Mais on est quand même là ! » lâche le secrétaire général de l’union locale CGT. En fin d’après-midi, François Fillon a néanmoins fait une apparition en ville, discrète, réservée à un comité restreint. « On était dans une salle de quartier pour parler de prévention et de sécurité. Il a entendu le sentiment d’abandon de beaucoup face à la montée de la délinquance », explique un participant.

Pendant ce temps, le public a eu le plus grand mal à accéder à la salle, slalomant entre les manifestants. « J’habite à 4 km et j’ai mis une heure pour venir », souffle un homme dans sa voiture. Au final, c’est dans une salle galvanisée que plus de 2000 personnes se sont rassemblées. Si François Fillon a choisi l’Oise pour convaincre les foules, c’est qu’il y est en terre amie. Il y compte de nombreux soutiens, Caroline Cayeux, maire de Beauvais, Eric Woerth, député-maire de Chantilly, Philippe Marini, maire de Compiègne. Tous ont chauffé la salle avant l’arrivée de leur candidat. « Je l’admire car, malgré la tempête, il garde le cap. On doit être derrière lui et tous se rassembler », assure Yannick, venu de Beauvais, le drapeau tricolore en main. Philippe, chef d’entreprise dans le sud de l’Oise martèle son attachement au candidat. « Lui, il a un programme. Il veut redresser le pays. On est à deux mois des élections, il faut tenir ! »

Concerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à Compiègne
Concerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à CompiègneConcerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à Compiègne
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Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Le CETA n’est pas constitutionnel, assurent des juristes

Le CETA n’est pas constitutionnel, assurent des juristes

Le traité d’Accord économique et commercial global avec le Canada, dit CETA, doit être adopté ce mercredi 15 février par le Parlement européen à Strasbourg. Mais selon un groupe de professeurs en droit constitutionnel, l’accord CETA n’est pas compatible avec la Constitution française.

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Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
 
Scop-Ti a produit et vendu 30 tonnes de thés et d'infusions et 2016.
 

Sauvé et repris par ses salariés, Scop-Ti (ex-Fralib), fabriquant de sachets de thé à Gémenos, près de Marseille, tente de pérenniser et de propager son modèle coopératif et solidaire.

Ils faisaient figure de victimes idéales de la mondialisation galopante. La rationalité économique leur prédisait le chômage ou un emploi en Pologne pour 6000 euros par an. Mais en ce début d’année 2017, les salariés de l’usine de Scop-Ti, dans la zone industrielle du village provençal de Gémenos, s’activent toujours à remplir de petits sachets de thé. «On a gagné», résume simplement Olivier Leberquier, grand type au timbre ensoleillé et actuel directeur général adjoint de Scop-Ti.

Le 28 septembre 2010, quand l’usine s’appelait encore Fralib, il y cravachait déjà. Ce jour-là, la multinationale Unilever, propriétaire de l’entreprise gémenosienne, annonce aux 182 salariés que l’activité de production de sachets de thés et d’infusions – plus de 30 % du marché français – va être délocalisée. Direction la Pologne, où il ne coûte que de 9 centimes d’euros de salaire pour fabriquer une boîte, contre 14 en France.

Comme les autres, Olivier Leberquier, alors délégué syndical CGT, ramasse la nouvelle sur le coin du visage. «On était bénéficiaire, ça n’avait aucun sens», rappelle-t-il. Ensuite? Une lutte sans merci. Par trois fois, les employés font retoquer, devant les tribunaux, le plan de licenciement proposé par le géant Unilever. Les Fralibs occupent leur usine pour éviter que les machines soient enlevées et vont jusqu’à envahir le ministère de l’Agriculture. De son coté, Unilever enchaîne les coups bas, jusqu’aux pressions physiques.

«On n’a pas le droit de se vautrer»

En mai 2014, la société anglo-néerlandaise finit par rendre les armes et débourse 20 millions d’euros. Dix payent les arriérés de salaires, 1,5 sont répartis entre les 72 salariés encore en lutte. Le reste sert à financer le projet qu’ils ont élaboré, celui d’une entreprise coopérative et démocratique produisant des thés et des infusions, Scop-Ti1.

Dans le réfectoire de l’usine, Jean-François et Yannick sont assis côte à côte. Les deux sont entrés en interim à Fralib, en 1996 et 1997, avant d’être embauchés en CDI (contrat à durée indéterminée) quelques années plus tard. Comme cinquante-deux anciens salariés de Fralib, restés jusqu’à la fin de la lutte, ils ont déjà été réintégrés. Leurs quelques collègues qui touchent encore le chômage rejoindront l’entreprise courant 2017. «On a pas le droit de se vautrer», constate Yannick.

La coopérative a lancé deux marques: 1336 – comme le nombre de jours de lutte des salariés –, destinée aux grandes surfaces, et Scop-Ti, qui cible les réseaux spécialisés. Les affaires sont florissantes: 30 tonnes de produits écoulées depuis le lancement. Soit 450 000 euros de chiffre d’affaires en un an et demi.

Réinventer l’entreprise

Mais il faudra faire mieux. En s’engageant à reprendre l’ensemble des anciens de Fralib, la coopérative s’est condamnée à un succès rapide. D’ici 2018, l’entreprise doit quadrupler les ventes pour arriver à l’équilibre et pérenniser l’activité.

Le challenge est aussi personnel: l’ensemble des salariés a dû apprendre de nouveaux métiers, tous les cadres ayant quitté l’entreprise durant la lutte. «J’ai passé une licence professionnelle, trois ans d’études», raconte Yannick. «Jeff» a lui aussi changé de métier. Longtemps opérateur, il s’occupe aujourd’hui de la communication numérique de Scop-Ti. Plus que d’argent, il parle de lutte des classes. «L’enjeu, c’est de démontrer que l’économie peut fonctionner autrement, qu’il y a d’autres solutions », dit-il.

En ce sens, Scop-Ti fait figure d’anomalie: les anciens salariés sont tous coopérateurs et élisent un comité de direction. Les statuts interdisent de rémunérer le capital et de verser de hauts salaires, ceux-ci variant aujourd’hui entre 1700 et 2000 euros par mois.

Exporter le modèle

En sortant, on recroise le directeur-adjoint. Alors Olivier, c’est quoi la suite? «Là, tout de suite, je pars en formation, glisse-t-il. Pour l’année, je me fixe un objectif plus simple. Trouver du temps pour me remettre au sport.» Et pour la boîte? «Dans nos murs, on a vaincu le capitalisme, on a fait tomber le système. Mais dehors, il existe toujours», balance-t-il malicieusement.

Pour continuer le combat, les Scop-Ti ont créé une association, Fraliberthé. L’objectif: promouvoir – «partout!» – le modèle économique, social, culturel et politique de l’entreprise. A les connaître, on les en croit capables.

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Qu’est-ce qu’être de gauche selon vous ? Y a-t-il encore du sens à se dire de gauche ? Comment voit-on la gauche du futur ? Quelles sont ses valeurs, ses idées, ses projets, ses défis ? #imagineLaGauche, c’est la série lancée par Basta !, pour comprendre, reconstruire, rêver, renouveler, mettre en débat… Salariés, chômeurs, retraités, étudiants, paysans, militants associatifs, syndicalistes, artistes, chercheurs, jeunes et moins jeunes, témoignent. Aujourd’hui, Karl Montagne, docker à Saint-Nazaire.

Y a-t-il une gauche en France ? Je ne suis pas sûr, en tout cas pas du côté de ceux qui ont le pouvoir. Pour moi, seuls les syndicats sont de gauche, et encore, pas tous ! C’est quand même un gouvernement soi-disant « de gauche » qui nous a imposé la loi El-Khomri, qui remet en question tous les droits des travailleurs. Avec l’annualisation du temps de travail sur trois ans, on pourra se retrouver à bosser quasi jour et nuit la dernière année si on n’a pas fait assez d’heures avant. On n’aura plus de vie de famille, que le travail. Même les congés payés sont remis en cause. C’est de gauche, ça ?

Protéger les ouvriers, réellement

Les patrons auront le droit d’avoir recours au CDI juste quand ils en auront besoin. Ils pourront jeter les gens ensuite sans payer les primes de précarité auxquelles avaient droit les intérimaires et les CDD. Les gens ne pourront plus rien faire. Avec un CDI, nous pouvons souscrire un emprunt, s’acheter un logement et être un peu tranquille. C’est ça que veulent les gens. Ce n’est pas grand chose en fait, mais même ça, ils l’enlèvent ! Une mesure de gauche urgente, ce serait d’abroger cette loi travail, entièrement, et protéger les ouvriers réellement.

Il faut arrêter de tout donner au patronat : le fric, tous les droits, aucun risque de finir en prison même s’ils ont des ouvriers qui meurent au boulot. Il faut voir comment ils se sont gavés encore cette année, tandis que nous n’avons rien du tout [en référence à l’augmentation record des dividendes, lire ici, ndlr]. Tout augmente, sauf les salaires. Les gens vont finir par ne plus vouloir travailler tellement ils sont mal payés. Valoriser les gens qui travaillent et arrêter les cadeaux aux grands patrons : voilà une autre mesure de gauche très urgente.

On va se retrouver avec l’extrême droite à cause de leur mépris

Être de gauche, c’est arrêter de mépriser les ouvriers, de les trouver sales et encombrants quand ils sortent dans la rue. Ce sont eux qui font la richesse de la France ! Certains politiques, comme Olivier Besancenot ou Philippe Poutoux, parlent de nous avec respect. Eux connaissent le travail. Les autres ne sont pas fatigués. Forcément, dormir à l’Assemblée nationale ou au Sénat, c’est facile. On peut faire ça jusqu’à 80 ans sans problèmes. Quand on n’a jamais mis les pieds dans une usine, sauf cinq minutes pour se laver les mains, que sait-on ? Ceux qui sont au pouvoir ne savent pas ce que c’est de s’user le corps à cravacher toute une journée, par tous les temps.

Comment pourrais-je continuer à travailler jusqu’à 67 ans ? C’est impossible. Je vais mourir au travail. Je ne servirai plus à rien. Je ne serai même plus compétitif. Les gens sont en colère. Ils n’en peuvent plus d’être pris pour des imbéciles, pour des moins-que-rien. Un jour, on va se retrouver avec l’extrême droite, à cause de leur mépris. Et on accusera encore les Français de base, les ouvriers, en les traitant d’abrutis.

Karl Montagne, docker, Saint-Nazaire

Recueilli par Nolwen Weiler

Photo : Laurent Guizard pour Basta !

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PAR EL DIABLO

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A l'assemblée européenne, Jean-Luc Mélenchon, opposant résolu au CETA

A l'assemblée européenne, Jean-Luc Mélenchon, opposant résolu au CETA

Au parlement européen de Strasbourg, les députés ont donné leur aval à l'accord de libre échange entre l'UE et le Canada (CETA). Ce dernier est donc désormais approuvé.

Selon les premiers échos du vote, les eurodéputés ont approuvé l'accord par 408 voix contre 254.

Avec ce vote favorable, une grande partie du texte devrait très prochainement être appliquée de manière provisoire, le temps qu'il soit ratifié par l'ensemble des Parlements nationaux et régionaux de l'UE, ce qui pourrait prendre des années.

Les eurodéputés de droite, ainsi que les libéraux et la plupart des socialistes étaient favorables au texte, tandis que les Verts, l'extrême gauche, l'extrême droite et certains socialistes s'y sont opposés.

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« La SÉCURITÉ SOCIALE vous appartient »[par Michel Cialdella, ex-administrateur de la Sécurité Sociale]

« La Sécurité sociale vous appartient ».

A chaque occasion, il faut rappeler que L’Histoire ne sert pas à célébrer le passé, mais à écrire l’avenir.

La sécurité sociale est née de la volonté du Conseil National de la Résistance dont le programme doit beaucoup au Parti communiste français et à la CGT. Sait-on assez que le principal rédacteur de ce programme est le communiste Pierre Villon, résistant de la première heure ? Programme qu’il a élaboré en liaison avec Jacques Duclos et Benoît Frachon.

Ce programme a été adopté à l’unanimité le 15 mars 1944. Ce qui pourrait laisser penser qu’il y a eu un consensus, mais c’est oublier un peu vite, que certains espéraient que ce programme ne se réaliserait pas.

Qui peut croire que la droite et le patronat étaient pour :

- l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie.
- le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, ..., des compagnies d’assurances et des grandes banques.
- la participation des travailleurs à la direction de l’économie.
- un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs ....
(1)

Ce programme prévoyait : « Un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ». Il restait à construire l’organisme qui comprend 4 branches : Maladie, Accidents du travail et Maladies professionnelles, Vieillesse et Famille. Le 8 août 1946 à l’Assemblée nationale constituante, Ambroise Croizat rappelle que l’ordonnance du 4 octobre 1945 a été le produit d’une année de travail de la commission sociale qu’il présidait. Le projet d’ordonnance organisant la sécurité sociale est issu d’un rapport présenté par Georges Buisson de la CGT, le 31 juillet 1945. Il est adopté par l’assemblée consultative provisoire par 194 voix pour, et une voix contre, celle de Joseph Denais (droite), mais il y a 84 abstentions pour la plupart des députés MRP, la CFTC et quelques radicaux. Ce qui invalide la thèse de l’unanimité.

De Gaulle, à qui certains attribuent un peu vite la Sécu, ne signera pas les ordonnances. Il est à Moscou ce jour-là.

Le 21 octobre 1945, à élection de l’assemblée constituante (2), la gauche est majoritaire avec 60% des voix. Le PCF obtient 26,2 % et 159 députés, devenant ainsi le premier parti de France. Le 10 novembre 1946 pour l’élection de la première Assemblée nationale de la IVe République il obtiendra 28,6 % des suffrages et 183 députés. (2) De 1945 à 1947, la CGT voit le nombre de ses adhérents passer de 4 à 6 millions (3).

Au-delà des chiffres, cette dynamique crée un rapport de force favorable aux travailleurs. Il est utile de le rappeler au moment où d’aucuns tentent de nous faire oublier, l’utilité des luttes sociales et criminalisent l’action syndicale.

C’est dans ce contexte que le 22 novembre 1945, soit 32 jours après la publication des ordonnances, Ambroise Croizat devient ministre du Travail et de la Sécurité sociale. Il est chargé de mettre en place ce grand organisme (4). Pour cela, il organisera des centaines de réunions avec les gens concernés (5).

La droite ne renonce pas.

Le 22 décembre 1945, 79 jours après la publication des ordonnances, le MRP présente une proposition de loi (6), qui a pour objet de modifier l’ordonnance du 4 octobre 1945. On devine dans quel sens. Le 20 janvier 1946, De Gaulle démissionne du gouvernement (68 jours après son élection comme chef du gouvernement) ce qui le met dans l’impossibilité de faire quoi que ce soit pour la Sécurité sociale. Pire, dès mars 1948, dans son discours de Compiègne, de Gaulle met l’accent, sur la nécessité de réduire les dépenses sociales, « de manière durable et effective ; cela comporte, en effet, la suppression de services entiers, la mise en ordre radical des entreprises nationalisées, la réforme profonde du fonctionnement des assurances sociales… » (7) . Voilà, pour l’apport de Gaulle à la Sécu, qu’il appellera toujours « les assurances sociales ».

Le patronat ne renonce pas non plus.

La Confédération Générale du Patronat Français, qui avait collaboré avec le régime de Pétain et l’Allemagne nazie, change de nom. L’organisation patronale devient C.N.P.F le 21 décembre 1945, et tente de se refaire une virginité en allant chercher pour la présidence un certain Georges Villiers, dirigeant de PME, estampillé résistant, bien que maire de Lyon de 1941 à 1943, sur proposition de François Darlan, chef du gouvernement de Vichy. Dès 1948, le CNPF soutient que « la Sécurité sociale met en danger l’économie du pays ».

Le 10 novembre 1948, la chambre de commerce de Paris prétend que : « La Sécurité sociale est devenue pour l’économie, une charge considérable. » Dans la foulée, elle fustige les salariés qui selon elle « ont profité de traitements dont ils n’avaient peut-être pas un besoin certain, la moindre maladie a été le prétexte de repos. L’absentéisme s’est développé ». 70 ans plus tard, ils ont du mal à se renouveler.

En 1949, Paul Reynaud, président du conseil, dénonce : « la charge excessive des cotisations sociales qui rend notre situation économique intenable ». Incompétence ou mauvaise foi ? Sans doute les deux car nous avons eu ont ensuite, ce qu’ils ont eux-mêmes appelé les « Trente glorieuses ».

Non content de voler l’histoire ouvrière, la classe dominante cherche à masquer l’enjeu de classe.

En 2013, dans un livre publié à la documentation française, Benjamin Ferras inspecteur des affaires sociales prétend que les entreprises ont accepté de contribuer au système d’assurances sociales. (8). Pour la sociologue Colette Bec, « le programme du CNR est emblématique d’un consensus, et au-delà, le signe d’une unanimité nationale. ». (9). Celle là il fallait l’oser !

Les gouvernements ainsi que les grands médias font de Pierre Laroque le père de la Sécurité sociale. Ce qui est extraordinaire, car c’est la seule réforme qui porte le nom d’un directeur de cabinet alors que toutes les réformes même les plus rétrogrades portent le nom du ministre, par exemple : La loi Veil (bien que votée grâce à la gauche, elle porte le nom de la ministre), Balladur, Juppé, Fillon, Douste-Blazy.

Je ne conteste pas le rôle important de Pierre Laroque qui a mis en forme juridique les longs travaux de la commission sociale, mais, ainsi que l’indique le chercheur américain Henry C. Galant : « les défenseurs les plus actifs du nouveau plan de sécurité sociale et de son application étaient les communistes et la CGT... » (6).

La mise en valeur de Pierre Laroque sert à masquer les luttes sociales. Pour que la Sécurité sociale fonctionne à partir du 1er juillet 1946, le gouvernement reçu « l’appui efficace des dirigeants communistes comme d’ailleurs des éléments non communistes de la CGT.... » « ... c’est grâce aux efforts de la CGT que les caisses furent prêtes à fonctionner à la date prévue ». Relève encore Henry C. Galant. Et cela dans une France dévasté par 4 années de guerre.

Tout au long de ces 70 années, les attaques contre la Sécurité sociale n’ont pas cessé. Au prétexte d’un déficit que gouvernement et patronat ont eux-mêmes organisé, en gelant les taux de cotisations : en 1979 pour la retraite et en 1984 pour la maladie. Nous avons, non pas un déficit, terme impropre, mais un besoin de financement.

La Sécu n’est pas un commerce, mais un formidable moyen de permettre l’accès de tous aux soins de qualité, à la retraite, et aux allocations familiales qui ne sont pas une aide aux pauvres, mais un salaire socialisé qui reconnait le travail de la famille auprès des enfants. En 1945, Croizat fait passer la cotisation de 16 à 32 %. Il triple les allocations, les indexe sur les salaires. Elles représentent alors la moitié du salaire des familles populaires. Il augmente les retraites de 130%. Et personne n’en est mort ! Les agitateurs du trou abyssal comptent pour peu de choses les millions de personnes qui ont pu, grâce à la Sécurité sociale, être soignées, avoir la vie sauve, et puissent finir leur vie dans la dignité. Même si je suis conscient qu’il reste beaucoup à faire dans le domaine des retraites.

La gestion.

Pendant les 15 premières années, les travailleurs, et notamment les ouvriers avec la CGT majoritaire, qui disposaient des 3/4 des sièges, ont géré complètement les caisses de Sécurité sociale. Montrant ainsi la capacité de la classe ouvrière à gérer un budget supérieur à celui de l’Etat. Ce qui est insupportable aux classes dirigeantes. En conséquence, le 12 mai 1960, le gouvernement De Gaulle organise par décret, la mainmise de l’État, renforçant les pouvoirs du directeur au détriment des conseils d’administration élus. (Décret du 12 mai 1960) (11).

À chaque réforme c’est un peu moins de pouvoir pour les conseils d’administration. En 1967 la réforme De Gaulle / Jeanneney vise entre autres à marginaliser la CGT et à donner le pouvoir réel au patronat. Il suffit à celui-ci de trouver un syndicaliste jaune, pour avoir la majorité. Cette réforme met fin (momentanément je l’espère) aux élections des conseils d’administration. Le paritarisme à la sauce capital est instauré. Avec une brève interruption en 1983.

En 2004, c’est la loi dite Douste-Blazy qui supprime carrément les conseils d’administration pour y substituer des conseils d’orientation sans pouvoir. Cette loi qui donne les quasi pleins pouvoirs au directeur Général de la CNAMTS, fait entrer les complémentaires (assurances privées et mutuelles) dans une union nationale des caisses complémentaires d’assurance-maladie. (UNOCAM), où elles disposent du pouvoir de peser sur les remboursements. Cette loi d’essence libérale, ouvre la voie à la privatisation.

Aujourd’hui, Fillon, mais pas seulement voudrait, je cite : « focaliser l’assurance publique universelle sur des affections graves ou de longue durée, et l’assurance privée sur le reste ». Ce qui porterait un coup fatal à notre Sécu.

La propriété.

Pierre Laroque, s’il n’est pas le père de la Sécurité sociale, avait bien compris l’objectif des bâtisseurs et rappelait en 1946 : « Nous voulons que demain, les travailleurs considèrent que les institutions de Sécurité sociale sont des institutions à eux, gérées par eux, et où ils sont chez eux ».

La Sécurité sociale française est un organisme de droit privé exerçant une mission de service public. Elle n’a ni actionnaires ni PDG. Elle est une propriété sociale. Ambroise Croizat rappelait en 1946 que : « La sécurité sociale, pour assurer son efficacité, ..., doit être confiée aux Français et aux Françaises... ».

La Sécurité sociale est également la démonstration que nous pouvons nous passer des patrons et du crédit. Les gouvernements qui doivent exercer une garantie et un contrôle a posteriori n’ont aucune légitimité pour la détruire.

Nous avons le devoir de transmettre aux futures générations, une Sécurité sociale encore plus performante que celle que nos anciens nous ont léguée. Loin d’être dépassée, avec la cotisation sociale, salaire socialisé, indirect, elle est d’une grande modernité comme l’est le programme du Conseil National de la Résistance. Cela devrait nous inciter à continuer l’œuvre de ses fondateurs, en faisant plus et mieux dans une France immensément plus riche. Songez que de 1949 à 2014 le PIB en valeur 2010, a été multiplié par 7,54, selon l’INSEE.

Parlant des libéraux de son temps, Robespierre disait : « ils ont plus disserté sur le commerce des grains que la subsistance du peuple…ils ont compté pour beaucoup les profits des négociants ou des propriétaires, la vie des hommes à peu près pour rien ».

N’oublions jamais : Ni pacte républicain, ni État-providence, la Sécurité sociale est une conquête. Seule la lutte consciente des salariés permettra de la conserver et de l’améliorer. Dans cette lutte, le Parti Communiste Français doit jouer un rôle de premier plan.

Le 5 février 2017

Michel Cialdella

Par El Diablo

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© D.R

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“La maison du Président? C'est là-bas, tout au fond du chemin de terre! Vous voyez? C'est la petite baraque au toit en zinc vert avec les poules devant!".

Au fin fond de cette banlieue pauvre de Montevideo, au Paso de la Arena, tout le monde connait José Mujica, affectueusement surnommé, à plus de 80 ans, “Pépé Mujica“.

D'abord parce qu"il vit depuis plus de 20 ans dans cette modeste fermette de 45 m2 avec sa femme Lucia et sa chienne handicapée, à trois pattes, Manuela.

Ensuite, parce qu'il a été Président de la République d'Uruguay de 2010 à 2015! Et qu'il n'a jamais cessé de vivre dans cette baraque, même quand il était le chef de la nation!

Pépé Mujica, né d'une famille de paysans pauvres, a toujours voulu rester au milieu des plus défavorisés et, s'il s'est engagé et a milité depuis son plus jeune âge, c'est justement pour défendre les plus pauvres et les opprimés!

Alors pas question de les abandonner, même quand il était Président, pour les ors de la République et le Palais présidentiel, trop luxueux à son goût!
 

Prisonnier-otage de la dictature militaire pendant 10 ans dont 2 ans au fond d'un puits

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C'est à l'âge de 15 ans, en 1950, que le jeune José, orphelin de père à 6 ans, commence à s'engager contre la misère et l'injustice.

Dans les années 60, face à la montée des groupes paramilitaires qui veulent faire la loi et prendre le pouvoir dans son pays avec force agressions, enlèvements et assassinats, José Mujica est un des fondateurs, avec Raoul Sendic, du groupe emblématique des Tupamaros. Sortes de “Robin des Bois” uruguayens, les Tupamaros s'étaient donné pour mission de protéger le peuple et de contenir la montée des paramilitaires.

En 1973, alors que la dictature militaire fait rage, il est fait “prisonnier-otage” par la junte et est emprisonné dans des conditions insoutenables.

Torturé chaque jour, mis à l'isolement total, il sera ainsi détenu pendant plus de 10 ans, dont 2 ans au fond d'un puits. Il en sortira en 1985, à demi-fou.

Une folie et une expérience terrifiante dont il fera, paradoxalement, sa plus grande force.

"C'est étrange, se confie-t-il aujourd'hui, mais l'homme apprend parfois plus des moments difficiles que des moments de bonheur. Ces années noires ont été horribles et pourtant, elles m'ont apporté beaucoup“

Un silence, puis: “Par exemple, je ne sais plus haïr. Vous connaissez le luxe de ne pas haïr?”
 

Elu Président, il fait redistribuer les 90% de son salaire à des organisations caritatives

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Dès sa sortie de prison, l'ex-Tuparamo reprend le combat, un combat plus pacifique cette fois mais toujours aussi inlassable et sans concession.

En 1994, il devient député. En 1999, il est élu sénateur et est réélu aux mêmes fonctions en 2004. Tout en continuant de travailler comme agriculteur.

En 2010, consécration d'une vie au service de son peuple, il est élu Président de la République.

Fini donc la fermette et le dur travail d'agriculture? Et bienvenue au confort présidentiel, aux voitures de fonction, au luxueux Palais présidentiel et aux très confortables émoluments de la République?

Pas du tout! En aucun cas! Ce serait bien mal connaitre Pépé Mujica!

Dès le lendemain de son élection, il fait connaitre - au grand dam du Protocole-, qu'il est hors de question pour lui d'habiter au Palais présidentiel. Trop riche pour lui! Il restera dans sa baraque, point barre! Mais il rassure son monde: la demeure présidentielle continuera à servir, il s'y engage. En 2012 par exemple, lors de la terrible vague de froid qui s'abattit sur le pays, il la fait inscrire comme refuge pour les sans-abris!

Secundo, il refuse toutes voitures de fonction qu'on veut lui imposer. Sa Coccinelle, bleue achetée en 1987, lui suffit amplement, affirme-t-il.

Et tertio, il décide de faire redistribuer les 90% de son salaire mensuel de Président à des associations caritatives, se déclarant bien loti de conserver les 10% restant, soit l'équivalent de 900 euros, montant du salaire moyen en Uruguay.
 

L'apologie, non de la pauvreté, mais celle du partage et de la sobriété

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C'est le 1 mars 2015 que Pepe Mujica a mis fin à ses fonctions présidentielles. Non pas qu'il en avait assez! A 80 ans, il est encore en pleine forme! Rien ne vaut l'amour de sa famille, de ses amis et de ses chiens pour vous conserver un homme! Mais la Constitution de l'Uruguay n'autorise qu'un seul mandat présidentiel de 5 ans.

Pépé Mujica est donc retourné, serein et bonhomme, à sa fermette, à ses fleurs et à son jardin, au fin fond de sa banlieue et aux côtés de ses amis.

Quand on lui demande ce que cela lui fait d'être l'ex-Président le plus pauvre au monde, il hausse les épaules. “Beaucoup de personnes sont pauvres, très pauvres, de par le monde. Moi, je ne suis pas pauvre, j'ai juste décidé de vivre de manière austère pour être plus proches de ceux qui le sont. Je ne fais pas l'apologie de la pauvreté, mais celui du partage et de la sobriété“.

Est-il satisfait de ce qu'il a fait, de l'exemple qu'il a pu donner? Il lève les yeux au ciel.
“J'ai fait ce que j'ai pu... J'ai dédié une grande partie de ma vie à essayer d'améliorer la condition sociale du monde dans lequel je suis né. J'ai eu quelques déconvenues, de nombreuses blessures, quelques années de prison.... Enfin, la routine pour quelqu'un qui veut changer le monde...“

Ses projets?
“Continuer à vivre le plus longtemps possible! C'est un miracle que je sois encore en vie après tout ce que j'ai vécu! Et puis lire aussi, lire beaucoup! J'ai passé plus de 10 ans dans un cachot dont 7 sans pouvoir lire. J'ai du retard à rattraper!“

Je te souhaite encore de longues années de vie et de lecture, Pépé Mujica, et je te serre avec émotion contre moi.

Tu es pour moi, - pour nous toutes et tous -, beaucoup plus qu'un exemple...
Tu es un espoir!

Bien à toutes et à tous

Pierre MARTIAL

A partager le plus largement possible, mes amies et amis.
Partager, c'est déjà agir.

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Par FSC

Benoît HAMON vient de rendre publique la mise en place de son équipe de campagne.

Il feint de tourner la page pour ne pas avoir à rendre des comptes sur la politique menée par le PS, en particulier sur le terrain économique et social.

Pourtant dans son équipe on retrouve tous les courants solfériniens.

Et parmi eux, en bonne place un certain Carnouvas qui en pleine bataille contre la loi travail attaquait durement la CGT.

« Caste gauchisée », « privilégiés », Philipe Martinez est un « permanent politique », « un Peppone de mauvaise facture » : Luc Carvounas n’avait pas de mots assez durs mardi 24 mai sur LCI  pour essayer de discréditer la CGT et son secrétaire général. Et comme si les insultes ne suffisaient pas, Luc Carvounas s’est fait le porte-voix de la droite et du Medef en caricaturant et méprisant la lutte des salariés.

Des attaques que nul ne saurait oublier !

Rappel : Luc CARNOUVAS est sénateur PS du Val de Marne.

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CASSE DE LA POSTE - Encore un mauvais coup contre la population et les travailleurs

UL CGT DIEPPE

L’annonce de la fermeture des bureaux de poste de Janval, du Pollet, le nouveau projet de casse de l’emploi au centre courrier de Dieppe s’inscrivent dans les choix gouvernementaux contre le peuple pour satisfaire les actionnaires.

Nous sommes confrontés à une logique de marchandisation de tous les services pour trouver de nouvelles sources de profits aux actionnaires et rentiers. La Poste poursuit sa mutation, du service public des PTT à La Poste société anonyme. Comme dans la plupart des pays de l’union européenne, l’objectif est l’entrée en bourse et de juteux dividendes pour les plus riches.

Pour cela il faut être en mesure de garantir un joli taux de profits, les dirigeants de La Poste s’y emploient avec le soutien actif des gouvernements qui se succèdent à la tête du pays qu’ils soient de droite ou socialistes et ce depuis le vote de la loi Quilès.

Les recettes sont connues, suppressions massives d’emplois, fermetures de bureaux de poste et de centre courrier, avec pour conséquence une distribution du courrier qui n’est plus assurée quotidiennement et des utilisateurs qui ne peuvent accéder aux services postaux qu’ils relèvent du courrier, des colis ou des opérations bancaires.

Les points « poste » chez le commerçant du coin ne peuvent remplacer les bureaux de plein exercice.

La cour des comptes laisse entrevoir les choix à venir, abandons d’activités, recentrages sur le plus rentable, externalisations et sous-traitances, avec pour le personnel temps partiel et précarité, pour le public, service cher ou de moindre qualité.

Mais c’est encore insuffisant pour les tenants du libéralisme économique, l’idée est d’accentuer le financement par les collectivités territoriales, notamment les communes qui déjà dans bien des cas subventionnent des locaux postaux, des agents de guichets et dans le futur la distribution du courrier.

Ce qui se passe aujourd’hui à Dieppe est symptomatique.

Les politiques antisociales d’austérité du gouvernement Hollande, porte une lourde responsabilité dans les difficultés de vie des Dieppois liées à la casse des services publics.

L’argument du miracle numérique qui serait la panacée et remplacerait le papier est fallacieux, 25% de la population est en situation de précarité informatique, particulièrement celle des quartiers populaires frappée par la crise. L’informatique, qui devrait être au service du développement pour tous, est dévoyée pour diminuer les coûts et marginaliser les êtres humains.

En outre, si la baisse du courrier est réelle elle n’atteint pas les chiffres annoncés par les directions de La Poste, et lorsque qu’ils sont sollicités les usagers plébiscitent le support papier. Le volume des imprimés publicitaires déposés dans les boites aux lettres a augmenté de 37% en 10 ans.

Le trafic colis est en pleine croissance. Il y a du travail pour les facteurs !!!

Les pseudo-services mis en avant par le siège de La Poste n’ont d’autres finalités que de faire payer par les collectivités le rôle social que le postier acquittait gratuitement.

Alertée par Monsieur le Maire de Dieppe, le syndicat FAPT CGT 76 des activités postales et l’Union locale CGT de Dieppe mettront tout en œuvre pour que ces projets néfastes n’aboutissent pas.

La ville de Dieppe et sa population méritent mieux que des services au rabais. Des solutions alternatives existent, les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités.

Nous ne nous satisfaisons pas d’un statu quo, notre syndicat est aussi force de propositions, d’autres choix sont possibles que ceux de la rentabilité financière.

Dans la période électorale qui s’ouvre il est important que populations et salariés fassent entendre leurs besoins et aspirations.

Osons un retour au service public de qualité !

Maintien et création à Dieppe au Pollet, à Janval et dans les autres quartiers :

  • Des bureaux de poste de proximité, plus nombreux, avec des plages d’ouverture en semaine plus amples pour un accès à tous, avec du personnel formé pour conseiller et aider.
  • Des services bancaires gratuits, des crédits avec des tarifs sociaux, des ordinateurs en libre service.
  • Un retour à la franchise postale (gratuité) pour le courrier à destination de tous les organismes officiels, services et entreprises publics, et pourquoi pas les associations.
  • L’intégration du rôle social du postier dans le temps de travail pour que l’humain devienne le premier critère dans les choix d’organisation du travail.

Cette liste n’est pas exhaustive et ces propositions n’ont rien d’utopique !

Devant ces attaques, La CGT prendra ses responsabilités !

 

CASSE DE LA POSTE - Encore un mauvais coup contre la population et les travailleurs

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Se syndiquer CGT ?

Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.

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