SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Questions CE/DP vendredi 24 février 2017

Voici les questions de la CGT pour le CE/DP de vendredi 24 février 2017 :

Questions CE :

Y a-t-il un objectif du Groupe de réduire la masse salariale

Pourquoi la nomination d’un cadre qui va gérer les caristes

 Point sur les retards habillages et matières premières, nous voulons de vraies explications

Point sur l’organisation à venir du shampoing/dentaire

Part de marché France et Europe, dentaire/shampoing

Volume usine à date

Budget publicitaire/promo/dentaire/shampoing

Explication sur la présentation de la maintenance au mois de décembre et le document reçu au mois de janvier qui a été changée, pourquoi ce décalage ?

Point sur Chevy, quel est coût de destruction d’un batch, combien ont été détruit ?

Est-il prévu de faire un test évacuation incendie ?

Mise à jour de l’organigramme des effectifs

 

Questions DP :

Combien d’opératrice spécialisé ont eu une augmentation individuelle, combien d’opérateur régleur (femme) ont touché une augmentation individuelle ?

Explication de la direction sur la communication des congés payés pour le personnel de week-end, nous ne comprenons pas la position de la direction. Pourquoi le directeur, le DRH ou le responsable de production n’ont pu intervenir le week-end dernier alors qu’il y avait une forte demande des salariés ?

Combien coûte la photo sur le pilier et le budget de la décoration

Ou en est-on avec la règle des enfants du personnel pour qu’il puisse venir en période hors vacance

1 caroussel sur les 2 est HS. Il n’a pas eu d’achat pour 2016, et pas de prévu pour 2017. La prod augmentant, comment faire sachant que les heures sup sont interdites.

 Samedi obligatoire pour 6 personnes soit 6*6 ; 36 week end sur 52. Il manque 2 personnes donc de 36 on passe à 24 sur 52. Est-il prévu l’emploi d’un intérimaire ?

 Serait-il possible d’avoir la prime panier, le samedi comme le personnel posté ?

Problème de connexion avec les scans au Transit

Point sur les référents week-end et chefs d’équipe en semaine

Il y a un manque de temps de formation pour le personnel au fract shampoing, que fait-on de la règle sur la sécurité et la qualité

Réponse du RTT week-end

Il nous a été signifié que nous n’avions plus le droit de prendre de sans solde tant que nos congés ne sont pas soldés, d’où vient cette règle ?

Point sur le projet Equilibre

Ou en est-il sur l’aménagement d’un point d’eau chaude au process dentaire cluster 2 suite à l’accident (question déjà posé au mois de novembre 2016, suite à un presque accident).

Ci-dessous l'ordre du jour CE/DP  :

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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Retour de l’entretien avec la direction suite à la communication sur le déroulement des congés payés.

Pour faire court, c’est une énorme erreur de communication de la part de la Direction. Rien n’est remis en cause, la façon de faire reste la même, la direction veut tout simplement avoir un regard plus pointilleux sur l’ensemble des congés payés (au plus vite) afin d’améliorer la planification et de le mettre en adéquation avec le marché. En aucun cas le Planning ne prendra pouvoir sur les congés payés, les chefs d’équipe gèrent la démarche de demande de congés payés comme les autres années.

Pour faire simple, ils ont merdé !!!

Pour votre info, la direction veut augmenter le seuil mini des permanents au sein de l’usine pour être le plus réactif à la demande du marché lors des grands pics de congés.

Nous serons vigilants sur ce point car dans tous les cas, il y aura un besoin d’embaucher si elle veut augmenter ce seuil. Difficile à croire avec un taux de précarité aussi élevé, depuis si longtemps !!! (Un point sera fait en CE/DP en fin de semaine)

Pour finir, la réaction des salariés du week-end étaient plus que légitime. Entre le discours de la direction d’aujourd’hui et celui de samedi matin, on est complètement en décalage. D’où la zizanie dans la tête des salariés !

Rappelons-le encore une fois, sans la mauvaise « COM » de leur part, les salariés n’auraient pas réagi ainsi, donc Oui, ils ont merdé. Les salariés du week-end ont perdu 2 heures de salaire !

Le message est clair au niveau des salariés (on n’est pas dupe), et peu importe le projet de la direction, cela ne se fera pas à notre détriment.  

On parle la même langue mais on ne doit pas parler le même langage

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever

Voici les faits :

Samedi, réunion d’équipe ou le chef annonce qu’il ne gère plus nos congés, que ceux-ci seront gérés par le planning. Tous très mécontent, les salariés interpelle le cadre du planning qui était justement d’astreinte. Là, il  réitère les mêmes faits et nous dit que si on veut partir en voyage, on doit en faire la demande, et après acceptation, faire les réservations.

Colère des salariés, ils exigent la présence de M. Caillot, ni lui, ni M. Odru n’ont répondu à l’appel. Les salariés lui mettent un ultimatum de faire renoncer à ce projet, si à 10H00 demain matin nous n’avions pas de réponse, on mettait le feu devant.

Dimanche matin à 10H00, réunion. Il avait réussi à avoir le DRH. Même musique, même TOPO!

10H45, 100% de l’effectif titulaire dehors pour 2 heures de grève. En rentrant nous avons  précisé au cadre de les prévenir que ce n’était qu’un avertissement….et il nous a répondu qu’il avait bien compris.

Il est inadmissible de la part de la direction, de faire ce genre d’annonce. Rien dans le CE du mois de décembre 2016, ne prévoyait ce type de communication.

Il y a une grosse incompréhension !

La direction veut imposer une nouvelle règle sur les congés, eh bien elle se fera avec les salariés.

A suivre…

 

Grève de 2 heures pour le personnel week-end suite à l'annonce de la règle sur la prise des congès.

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Le géant agro-alimentaire américain Kraft Heinz a créé la surprise vendredi en mettant 143 milliards de dollars (134 milliards d'euros) sur la table pour son concurrent anglo-néerlandais Unilever, qui a aussitôt sèchement rejeté cette proposition.

Unilever a refusé l'offre de rachat de Kraft Heinz

Vendredi, le géant agro-alimentaire américain Kraft Heinz a créé la surprise en proposant à Unilever, son concurrent anglo-néerlandais, de le racheter pour 143 milliards de dollars.

(c) Reuters

Un mariage de ces deux multinationales arriverait au troisième rang du classement des plus grosses fusions d'entreprises jamais conclues dans le monde et serait le plus important rachat d'une entreprise basée au Royaume-Uni.

Vendredi 17 février, le géant agro-alimentaire américain Kraft Heinz a créé la surprise en proposant à Unilever, son concurrent anglo-néerlandais, de le racheter pour 143 milliards de dollars (soit 134 milliards d'euros). Une proposition que ce dernier s'est empressé de rejeter.

Le titre Unilever, aussi bien coté à Londres qu'à Amsterdam a bondi de plus de 13%, touchant au passage un record, à la suite de l'annonce de l'offre de Kraft Foods, qui a lui vu son action s'envoler de plus de 10% à Wall Street.

Le secteur de l'alimentation est confronté simultanément au ralentissement des marchés émergents, qui ont longtemps été le principal moteur de leur croissance, à la baisse des prix sur les marchés développés et à l'évolution des comportements d'achat des consommateurs, de plus en plus sensible aux arguments sur l'origine et la qualité des produits.

Unilever est plus présent que certains de ses concurrents dans les pays émergents. Il est par ailleurs plus exposé qu'eux à l'impact du Brexit.

Même si Kraft Foods a dit être impatient d'arriver à un stade permettant l'ouverture de discussions avec Unilever, ce dernier a dit ne voir aucun intérêt financier ou stratégique à de telles discussions.

Cela n'empêche pas certains investisseurs d'anticiper une surenchère, tout en soulignant que Kraft Foods, qui dispose jusqu'au 17 mars pour lancer une offre finale sur Unilever selon la législation britannique, devra y mettre le prix.

"Nous pensons que Kraft Foods devra relever son offre de manière substantielle pour espérer pour faire bouger les choses", a déclaré David Palmer, analyste chez RBC Capital Markets.

Une "proposition qui n'a aucun intérêt"

Unilever, qui possède entre autres les thés Lipton, les soupes Knorr et les savons Dove, estime que la proposition à 50 dollars par action soumise par Kraft Heinz le sous-évalue.

"Unilever rejette la proposition qui n'a aucun intérêt, qu'il soit financier ou stratégique, pour les actionnaires d'Unilever. Unilever ne voit pas de base pour de nouvelles discussions", a déclaré le groupe dans un communiqué.

Il recommande à ses actionnaires de ne prendre aucune initiative.

Kraft Heinz avait auparavant dit souhaiter "travailler à la conclusion d'un accord sur les modalités d'une transaction", une déclaration dans laquelle des analystes voient la possibilité d'un relèvement de son offre.

Dans son communiqué, Unilever précise que l'offre de Kraft Heinz, lui-même né d'une fusion en 2015, représentait une prime de 18% sur son cours de Bourse de jeudi. Il précise qu'elle se composait de 30,23 dollars par action en numéraire et de 0,222 action nouvelle par titre Unilever.

Même si Kraft Heinz est plus petit qu'Unilever par la capitalisation boursière (106 milliards de dollars, soit un peu moins de 100 milliards d'euros, pour l'américain), il peut s'appuyer sur le soutien financier de ses deux grands actionnaires, Berkshire Hathaway, la holding de l'investisseur multimilliardaire Warren Buffett, et le groupe de capital-investissement 3G Capital.

A eux deux, Berkshire et 3G possèdent 50,9% de son capital.

"C'est la rencontre entre l'argent pas cher et la logique industrielle", résume Steve Clayton, gérant du fonds HL Select UK Shares chez Hargreaves Lansdown, actionnaire d'Unilever.

Il évoque d'importantes opportunités de synergies dans le marketing, la fabrication et la distribution, en plus des économies que générerait la fusion des sièges.

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Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Salaires indécents, on marche sur la tête

Afin de continuer le gavage des actionnaires et de consolider la rémunération des Cadres principaux du Groupe Unilever, les usines doivent continuer à réduire les coûts, être encore plus compétitif,  augmenter la polyvalence jusqu’à l’outrance, réduire les effectifs, précariser le personnel, délocaliser les services, sous-traitances à outrances, toutes cette régression pour une logique « Financière ».

Et pour les exploités, les miettes…et la souffrance au travail !

Nous avons toutes les raisons de se révolter !!!

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C'est Bernard FRIOT qui en fait une magistrale démonstration.

Et ce n'est pas un hasard si B. HAMON le vainqueur de la primaire PS s'en fait le propagandiste.

La grande presse présentant ce projet tout droit sorti des officines patronales et des boites à idées de la grande bourgeoisie comme un projet progressiste, marqueur de la "gôche".

ASSEZ d'hypocrisie et de tromperie : sur ce terrain aussi le PS se comporte en auxilliaire du MEDEF et de la bourgeoisie!

Volonté du capital d'être purement rentier et de se débarrasser de toutes les acquis qui vont avec les institutions du salariat.

C'est à partir de cet objectif que se développe la campagne médias, PS, HAMON MEDEF de la destruction massive de l'emploi dans les années qui viennent pour justifier ce retrait des employeurs parallèle à la remise en cause radicale des droits et garanties du travail, du code du travail.

Ils arguent de la nécessité de trouver un autre modèle social consécutif aux mutations technologiques afin de remettre en cause tous les conquis du mouvement ouvrier.

La modernité sert de masque à une vieille ambition de la bourgeoisie contrée par les luttes de pouvoir exploiter sans aucune entrave les travailleurs!

 

Bernard Friot « Un capitalisme rentier qui n’assume plus d’être employeur »

interview à l'Humanité de mars 2016 qui revêt une brûlante actualité

Création du compte personnel d’activité, développement de l’autoentrepreneuriat, revenu de base…L’économiste et sociologue Bernard Friot met ces éléments nouveaux en perspective et interroge leur rôle dans l’économie capitaliste. Animateur du Réseau Salariat, association d’éducation populaire, il avance l’idée d’un « salaire à vie » à l’image du droit de vote comme un droit politique.

Vous insistez dans votre analyse économique sur la nécessité de droits salariaux attachés à la ­personne, que voulez-vous dire ?

Bernard Friot Que le salaire, comme le droit de vote, doit ­devenir un droit politique. Notre travail est reconnu de trois façons : par un employeur si nous allons sur le marché du travail et sommes employés ; par la vente du produit de notre travail sur le marché des biens et services si nous sommes indépendants ; par le salaire à vie si nous sommes fonctionnaires ou retraités. Or les employés et les indépendants sont soumis à des aléas sur lesquels, individuellement ou collectivement, ils n’ont aucune prise. Les capitalistes les exploitent sans retenue. Le marché du travail, des biens et services ne peuvent plus être le fondement de la reconnaissance du travail. Il faut généraliser le salaire à vie, c’est-à-dire une reconnaissance du travail attachée à la personne et non pas à un emploi ou à la vente d’un produit. Le droit politique de suffrage doit se doubler du droit politique de salaire : chacun, à 18 ans, a droit à vie au salaire correspondant au premier niveau de qualification, et passe au cours de sa carrière (qu’il soit indépendant, dans une entreprise ou fonctionnaire) des épreuves de qualification qui lui permettent de passer à des niveaux supérieurs, chaque progrès en qualification étant acquis à vie.

Le compte personnel d’activité est-il un progrès en ce sens ?

Bernard Friot Sûrement pas, c’est au contraire une régression. Un compte personnel, à commencer par le plus ancien d’entre eux, le compte personnel de retraite Arrco-Agirc, construit contre le régime général, asservit les travailleurs au marché du travail puisque c’est la performance dans l’emploi qui alimente le compte. Plus j’ai d’emplois, et de bons emplois, plus j’additionne des droits à des jours de repos ou de chômage, à la formation, à la retraite, à la complémentaire santé, etc. Ainsi, alors que le régime général permet de prolonger dans la pension les meilleurs salaires, le compte personnel tient compte de toute la carrière, y compris les années très mal payées. Le CPA n’est donc pas attaché à la personne, mais à son parcours professionnel, ce qui n’a rien à voir.

Pouvez-vous préciser en quoi cela n’a rien à voir ?

Bernard Friot La pension dans la fonction publique est la poursuite à vie du meilleur salaire et non pas la contrepartie des cotisations de carrière. Elle est donc bien un droit dépendant non pas de la mesure du parcours professionnel telle que l’opère l’addition de points dans un compte, mais de la qualification de la personne, qualification qui lui est attachée à vie. Alors que la pension Arrco-Agirc est du revenu différé qui dépend étroitement de la performance sur le marché du travail pendant 42 ans, la pension de fonction publique prolonge à vie le salaire atteint en fin de carrière.

Dire qu’un « droit est attaché à la personne » serait donc un abus de langage ?

Bernard Friot Évidemment. Le CPA fait étroitement dépendre les droits de l’emploi. Sauf que l’emploi, tel qu’il est vu par les capitalistes, ce n’est plus « l’emploi poste », mais « l’emploi parcours ». Le capitalisme financiarisé ne veut plus s’engluer dans la stabilité de postes de travail, et donc lier des droits au poste de travail : il s’efforce d’obtenir des salariés les plus mobiles possible et donc il lie les droits au parcours professionnel. Qu’on me démontre que le parcours professionnel est davantage maîtrisé par le salarié que son poste de travail ! En fait il ne maîtrise ni l’un ni l’autre. Et passer de droits attachés au poste à des droits attachés au parcours, ce n’est en aucun cas passer à des droits attachés à la personne. Pour qu’un travailleur soit titulaire de droits attachés à sa personne, il faut que ces droits le libèrent de l’aléa du marché du travail et du marché des biens et services.

Le CPA est lié à l’emploi. Or personne (salariés et patrons) ne se déclare contre l’emploi. La notion d’emploi est sans doute mal définie…

Bernard Friot Elle est le fruit de la lutte de classes. L’invocation de l’emploi sert essentiellement au patronat et au gouvernement, au nom du « sauvetage de l’emploi », à s’attaquer aux droits des salariés. Pour les patrons, un emploi a toujours été réduit à un poste de travail, ou aujourd’hui à un parcours d’un poste à l’autre. Autant « l’emploi » a été un mot du vocabulaire syndical parce qu’il a été construit dans la lutte comme obligation de respect de la qualification du poste et de versement de cotisations sociales, autant aujourd’hui l’emploi tend à redevenir le poste tout nu ou le parcours entre des postes tout nus. Et donc c’est finalement la définition patronale de l’emploi qui aujourd’hui l’emporte.

On en arrive à l’hégémonie du vocabulaire de la classe dominante. Hégémonie traduite dans les faits…

Bernard Friot C’est là qu’il faut sortir de la dépendance vis-à-vis de l’agenda des patrons. Cela veut-il dire promouvoir le « vrai emploi » face aux « faux emplois » patronaux ? Non. C’est une bataille perdue depuis quarante ans. Faire de la bataille pour le « vrai emploi » le cœur de l’action syndicale me paraît une faute stratégique majeure. Les droits liés aux postes ou aux parcours sur le marché du travail restent maîtrisés par les propriétaires de l’outil de travail, qui décident des postes et des parcours. Fonder des droits sur quelque chose sur lequel les salariés ont si peu de prise n’a plus de sens. Il n’y a plus une seule entreprise ou une seule branche qui fonctionne avec ce qu’on appelait un marché interne, c’est-à-dire qu’on y faisait sa carrière sans jamais passer par le marché du travail. C’est fini. Même si l’emploi a été une victoire syndicale et a été, en cas de marché interne, le support de parcours professionnels libérés des aléas du marché du travail – à condition de rester dans la même entreprise à vie : on peut aussi ne pas avoir cela comme projet –, aujourd’hui cela ne peut, en aucun cas, être le fondement d’une stratégie syndicale. Une chose est de requalifier en emploi des situations d’infra-emploi, au cas par cas, auprès des prud’hommes : c’est indispensable et il faut se battre contre les réformes qui rendent cette requalification toujours plus difficile. Tout autre chose est de faire de « vrais emplois » un projet stratégique.

Un point sur la définition de l’« infra-emploi » ?

Bernard Friot L’infra-emploi qualifie deux types de situations. D’une part celles dans lesquelles on dépend d’un employeur en étant en stage, bénévole, volontaire, en service civique, en formation, et d’une façon générale toutes ces situations d’emploi dans lesquelles le poste n’est pas reconnu comme porteur de qualification. D’autre part celles dans lesquelles on est faussement indépendant comme l’autoentrepreneuriat. Faussement parce qu’en réalité, on dépend entièrement du même client, ou du même fournisseur (de données numériques par exemple dans l’économie prétendument collaborative)… Sauf que lui ne cotise à rien, que le travailleur n’a pas de droit au chômage, que les règles horaires ou de sécurité liées à l’emploi sont inexistantes, etc.

L’autoentrepreneuriat est peut-être le reflet de l’aspiration de la jeunesse à ne plus dépendre de l’employeur. Les capitalistes ont-ils un train d’avance ?

Bernard Friot Je ne peux que saluer la maturité politique de tous ceux qui, chez les jeunes, ne veulent pas se soumettre à des employeurs et entendent bien maîtriser leur travail en refusant de produire des choses dont ils savent qu’elles sont nocives ou inutiles. Cela dit, tout dépend comment est institué ce travail indépendant. Il peut être enti

Création du compte personnel d’activité, développement de l’autoentrepreneuriat, revenu de base…L’économiste et sociologue Bernard Friot met ces éléments nouveaux en perspective et interroge leur rôle dans l’économie capitaliste. Animateur du Réseau Salariat, association d’éducation populaire, il avance l’idée d’un « salaire à vie » à l’image du droit de vote comme un droit politique.

Vous insistez dans votre analyse économique sur la nécessité de droits salariaux attachés à la ­personne, que voulez-vous dire ?

Bernard Friot Que le salaire, comme le droit de vote, doit ­devenir un droit politique. Notre travail est reconnu de trois façons : par un employeur si nous allons sur le marché du travail et sommes employés ; par la vente du produit de notre travail sur le marché des biens et services si nous sommes indépendants ; par le salaire à vie si nous sommes fonctionnaires ou retraités. Or les employés et les indépendants sont soumis à des aléas sur lesquels, individuellement ou collectivement, ils n’ont aucune prise. Les capitalistes les exploitent sans retenue. Le marché du travail, des biens et services ne peuvent plus être le fondement de la reconnaissance du travail. Il faut généraliser le salaire à vie, c’est-à-dire une reconnaissance du travail attachée à la personne et non pas à un emploi ou à la vente d’un produit. Le droit politique de suffrage doit se doubler du droit politique de salaire : chacun, à 18 ans, a droit à vie au salaire correspondant au premier niveau de qualification, et passe au cours de sa carrière (qu’il soit indépendant, dans une entreprise ou fonctionnaire) des épreuves de qualification qui lui permettent de passer à des niveaux supérieurs, chaque progrès en qualification étant acquis à vie.

Le compte personnel d’activité est-il un progrès en ce sens ?

Bernard Friot Sûrement pas, c’est au contraire une régression. Un compte personnel, à commencer par le plus ancien d’entre eux, le compte personnel de retraite Arrco-Agirc, construit contre le régime général, asservit les travailleurs au marché du travail puisque c’est la performance dans l’emploi qui alimente le compte. Plus j’ai d’emplois, et de bons emplois, plus j’additionne des droits à des jours de repos ou de chômage, à la formation, à la retraite, à la complémentaire santé, etc. Ainsi, alors que le régime général permet de prolonger dans la pension les meilleurs salaires, le compte personnel tient compte de toute la carrière, y compris les années très mal payées. Le CPA n’est donc pas attaché à la personne, mais à son parcours professionnel, ce qui n’a rien à voir.

Pouvez-vous préciser en quoi cela n’a rien à voir ?

Bernard Friot La pension dans la fonction publique est la poursuite à vie du meilleur salaire et non pas la contrepartie des cotisations de carrière. Elle est donc bien un droit dépendant non pas de la mesure du parcours professionnel telle que l’opère l’addition de points dans un compte, mais de la qualification de la personne, qualification qui lui est attachée à vie. Alors que la pension Arrco-Agirc est du revenu différé qui dépend étroitement de la performance sur le marché du travail pendant 42 ans, la pension de fonction publique prolonge à vie le salaire atteint en fin de carrière.

Dire qu’un « droit est attaché à la personne » serait donc un abus de langage ?

Bernard Friot Évidemment. Le CPA fait étroitement dépendre les droits de l’emploi. Sauf que l’emploi, tel qu’il est vu par les capitalistes, ce n’est plus « l’emploi poste », mais « l’emploi parcours ». Le capitalisme financiarisé ne veut plus s’engluer dans la stabilité de postes de travail, et donc lier des droits au poste de travail : il s’efforce d’obtenir des salariés les plus mobiles possible et donc il lie les droits au parcours professionnel. Qu’on me démontre que le parcours professionnel est davantage maîtrisé par le salarié que son poste de travail ! En fait il ne maîtrise ni l’un ni l’autre. Et passer de droits attachés au poste à des droits attachés au parcours, ce n’est en aucun cas passer à des droits attachés à la personne. Pour qu’un travailleur soit titulaire de droits attachés à sa personne, il faut que ces droits le libèrent de l’aléa du marché du travail et du marché des biens et services.

Le CPA est lié à l’emploi. Or personne (salariés et patrons) ne se déclare contre l’emploi. La notion d’emploi est sans doute mal définie…

Bernard Friot Elle est le fruit de la lutte de classes. L’invocation de l’emploi sert essentiellement au patronat et au gouvernement, au nom du « sauvetage de l’emploi », à s’attaquer aux droits des salariés. Pour les patrons, un emploi a toujours été réduit à un poste de travail, ou aujourd’hui à un parcours d’un poste à l’autre. Autant « l’emploi » a été un mot du vocabulaire syndical parce qu’il a été construit dans la lutte comme obligation de respect de la qualification du poste et de versement de cotisations sociales, autant aujourd’hui l’emploi tend à redevenir le poste tout nu ou le parcours entre des postes tout nus. Et donc c’est finalement la définition patronale de l’emploi qui aujourd’hui l’emporte.

On en arrive à l’hégémonie du vocabulaire de la classe dominante. Hégémonie traduite dans les faits…

Bernard Friot C’est là qu’il faut sortir de la dépendance vis-à-vis de l’agenda des patrons. Cela veut-il dire promouvoir le « vrai emploi » face aux « faux emplois » patronaux ? Non. C’est une bataille perdue depuis quarante ans. Faire de la bataille pour le « vrai emploi » le cœur de l’action syndicale me paraît une faute stratégique majeure. Les droits liés aux postes ou aux parcours sur le marché du travail restent maîtrisés par les propriétaires de l’outil de travail, qui décident des postes et des parcours. Fonder des droits sur quelque chose sur lequel les salariés ont si peu de prise n’a plus de sens. Il n’y a plus une seule entreprise ou une seule branche qui fonctionne avec ce qu’on appelait un marché interne, c’est-à-dire qu’on y faisait sa carrière sans jamais passer par le marché du travail. C’est fini. Même si l’emploi a été une victoire syndicale et a été, en cas de marché interne, le support de parcours professionnels libérés des aléas du marché du travail – à condition de rester dans la même entreprise à vie : on peut aussi ne pas avoir cela comme projet –, aujourd’hui cela ne peut, en aucun cas, être le fondement d’une stratégie syndicale. Une chose est de requalifier en emploi des situations d’infra-emploi, au cas par cas, auprès des prud’hommes : c’est indispensable et il faut se battre contre les réformes qui rendent cette requalification toujours plus difficile. Tout autre chose est de faire de « vrais emplois » un projet stratégique.

Un point sur la définition de l’« infra-emploi » ?

Bernard Friot L’infra-emploi qualifie deux types de situations. D’une part celles dans lesquelles on dépend d’un employeur en étant en stage, bénévole, volontaire, en service civique, en formation, et d’une façon générale toutes ces situations d’emploi dans lesquelles le poste n’est pas reconnu comme porteur de qualification. D’autre part celles dans lesquelles on est faussement indépendant comme l’autoentrepreneuriat. Faussement parce qu’en réalité, on dépend entièrement du même client, ou du même fournisseur (de données numériques par exemple dans l’économie prétendument collaborative)… Sauf que lui ne cotise à rien, que le travailleur n’a pas de droit au chômage, que les règles horaires ou de sécurité liées à l’emploi sont inexistantes, etc.

L’autoentrepreneuriat est peut-être le reflet de l’aspiration de la jeunesse à ne plus dépendre de l’employeur. Les capitalistes ont-ils un train d’avance ?

Bernard Friot Je ne peux que saluer la maturité politique de tous ceux qui, chez les jeunes, ne veulent pas se soumettre à des employeurs et entendent bien maîtriser leur travail en refusant de produire des choses dont ils savent qu’elles sont nocives ou inutiles. Cela dit, tout dépend comment est institué ce travail indépendant. Il peut être entièrement récupéré par le capital à travers des dispositifs dans lesquels les jeunes en question sont autonomes dans leur travail, collaborent sans hiérarchie, dans un dispositif horizontal… tout en alimentant par un travail gratuit, par exemple dans le logiciel libre, le profit des ­propriétaires de Google. Se développe un capitalisme rentier qui n’assume plus les responsabilités de l’employeur, qui renvoie les travailleurs à la valorisation de leur travail sur le marché des services : il faut vendre 150 km de covoiturage, une semaine de son appartement, avec l’effarante marchandisation du quotidien que cela représente. Tout comme les employés sont sous le joug des aléas du marché du travail, ces indépendants sont sous le joug du marché des biens et services tout en alimentant la rente de propriétaires de bases de données affranchis de leur responsabilité dans la conduite du travail.

Il y a donc une volonté des capitalistes de se ­dédouaner de leur rôle d’employeur ?

Bernard Friot Oui, ils ne veulent plus lier le profit au fait d’assumer sur le long terme des salaires, des cotisations sociales, le fonctionnement d’un comité d’hygiène et de sécurité, les droits des CE, etc. C’est pour cela qu’ils construisent avec tant de continuité depuis 1992, avec la CFDT, une « sécurisation des parcours » qui renverse la logique de responsabilité. Ce ne sont plus les employeurs, mais les intermédiaires du marché du travail, qui sont le « pôle emploi » ! Et les droits des salariés sont renvoyés à leur capacité à alimenter un CPA au prorata de leur performance sur des marchés, qu’ils soient du travail ou des biens, sur lesquels ils n’ont aucune prise. Car un des points de la loi travail, très insuffisamment souligné, est l’extension du CPA aux indépendants. Vont donc se trouver fongibles des droits nés dans l’emploi et dans l’indépendance : inutile de dire que celle-ci va être massivement instrumentée.

En parallèle à cette production de valeur qui est faite hors du contrat de travail se développe aussi l’idée d’un revenu de base…

Bernard Friot Ça va tout à fait ensemble. Le filet de sécurité que va offrir un revenu de base est la condition du recul de la sécurité qu’offre le Code du travail. Si le capital n’est absolument plus déterminé à assumer la sécurité d’emploi, en revanche cela ne lui pose aucun problème d’assumer la sécurité d’un minimum de ressources qui lui permettra, non seulement de baisser les salaires puisqu’il invoquera l’existence de ces ressources pour ne pas pratiquer des salaires normaux, mais aussi de récupérer la valeur produite par ces personnes en dehors de l’emploi, dès lors que la propriété lucrative n’est pas supprimée. Car le revenu de base ne supprime pas la propriété lucrative, et les capitalistes seront en capacité de récupérer la valeur produite. Et ce ne sont pas eux qui paieront, puisque c’est l’impôt qui financera le revenu de base. Bref ils ont tout intérêt à ce qu’un revenu de base vienne, à côté d’un CPA étendu aux indépendants, étayer l’autoentrepreneuriat.

Quelle alternative proposez-vous ?

Bernard Friot Le salaire à vie, qui est inséparable de la copropriété d’usage de tous les outils de travail par les travailleurs et donc de la maîtrise par eux de l’investissement, tant il est vrai que la propriété lucrative, au cœur du capitalisme de rente, doit être supprimée. Il s’agit d’actualiser la bataille qui a conduit à la mise en place à la Libération du régime général comme caisse unique à gestion ouvrière, et du statut de la fonction publique. Le régime général a fait la preuve jusqu’aux années 1970 que nous pouvons produire la santé avec des travailleurs payés à vie, qu’ils soient fonctionnaires ou indépendants conventionnés, sans mettre en valeur aucun capital actionnaire ou prêteur : l’investissement hospitalier des années 1960 a été largement subventionné grâce à la hausse du taux de cotisation maladie. Nous pouvons tout produire sans emploi et sans capital. Ce n’est pas 45 % du salaire qui doit aller aux caisses de Sécurité sociale comme aujourd’hui, mais 100 % (et au seul régime général, qui, à nouveau géré par les seuls travailleurs, sera chargé de payer les salaires à vie). Le reste de la valeur ajoutée pourrait se partager entre autofinancement de l’outil de travail décidé par les travailleurs copropriétaires des entreprises, et cotisation économique allant à des caisses, elles aussi gérées par les seuls travailleurs, chargées de subventionner le reste de l’investissement (y compris par création monétaire sans crédit) et d’assurer les ­dépenses de fonctionnement courantes des services publics. Je vous renvoie aux travaux que mène sur toutes ces questions Réseau Salariat.

De la socialisation du salaire. Auteur d’une thèse d’État portant sur la construction de la sécurité sociale, Bernard Friot axe son travail en défendant « le caractère anticapitaliste des institutions de socialisation du salaire ». Dans son dernier ouvrage, Émanciper le travail : entretiens avec Patrick Zech, paru aux éditions La Dispute et au sein de l’association Réseau Salariat, il développe l’idée de « salaire à vie » et de la « copropriété d’usage des moyens de production ».

PAR FSC

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Concerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à Compiègne
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Concerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à CompiègneConcerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à CompiègneConcerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à Compiègne
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En meeting mercredi soir à Margny-les-Compiègne (Oise), François Fillon a tenu un discours musclé sur les questions de sécurité pour mieux tenter de faire oublier les affaires qui empoisonnent sa campagne.

« Fillon ! Nous aussi, on veut des emplois fictifs ! » C’est par un concert de casseroles qu’a débuté le meeting de François Fillon à Compiègne (Oise). Une centaine de manifestants ont pris d’assaut l’accès de la salle du Tigre, cégétistes en tête. Police nationale, municipale, service de sécurité privé, les forces de l’ordre ont eu le plus grand mal à canaliser les contestataires.

Le meeting délocalisé

Odette, septuagénaire, est venue avec son mari de Ribécourt-Dreslincourt. « Je vis avec une petite retraite et je ne me plains pas. Si je suis là, c’est que je trouve inadmissible tout ce que j’entends sur cet homme. » C’est, entre autres, pour éviter de tels débordements que le comité de soutien s’est ravisé. Initialement, François Fillon devait s’exprimer dans une salle municipale à Compiègne, en pleine ville.

Le meeting a finalement été délocalisé au Tigre, une salle plus grande, perchée au milieu des champs et d’une zone d’activités. Officiellement, cette salle qui accueille de nombreux spectacles était la plus à même de contenir le nombre de participants inscrits. « Mais on est quand même là ! » lâche le secrétaire général de l’union locale CGT. En fin d’après-midi, François Fillon a néanmoins fait une apparition en ville, discrète, réservée à un comité restreint. « On était dans une salle de quartier pour parler de prévention et de sécurité. Il a entendu le sentiment d’abandon de beaucoup face à la montée de la délinquance », explique un participant.

Pendant ce temps, le public a eu le plus grand mal à accéder à la salle, slalomant entre les manifestants. « J’habite à 4 km et j’ai mis une heure pour venir », souffle un homme dans sa voiture. Au final, c’est dans une salle galvanisée que plus de 2000 personnes se sont rassemblées. Si François Fillon a choisi l’Oise pour convaincre les foules, c’est qu’il y est en terre amie. Il y compte de nombreux soutiens, Caroline Cayeux, maire de Beauvais, Eric Woerth, député-maire de Chantilly, Philippe Marini, maire de Compiègne. Tous ont chauffé la salle avant l’arrivée de leur candidat. « Je l’admire car, malgré la tempête, il garde le cap. On doit être derrière lui et tous se rassembler », assure Yannick, venu de Beauvais, le drapeau tricolore en main. Philippe, chef d’entreprise dans le sud de l’Oise martèle son attachement au candidat. « Lui, il a un programme. Il veut redresser le pays. On est à deux mois des élections, il faut tenir ! »

Concerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à Compiègne
Concerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à CompiègneConcerts de casseroles et... d’applaudissements pour Fillon à Compiègne
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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Le CETA n’est pas constitutionnel, assurent des juristes

Le CETA n’est pas constitutionnel, assurent des juristes

Le traité d’Accord économique et commercial global avec le Canada, dit CETA, doit être adopté ce mercredi 15 février par le Parlement européen à Strasbourg. Mais selon un groupe de professeurs en droit constitutionnel, l’accord CETA n’est pas compatible avec la Constitution française.

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
 
Scop-Ti a produit et vendu 30 tonnes de thés et d'infusions et 2016.
 

Sauvé et repris par ses salariés, Scop-Ti (ex-Fralib), fabriquant de sachets de thé à Gémenos, près de Marseille, tente de pérenniser et de propager son modèle coopératif et solidaire.

Ils faisaient figure de victimes idéales de la mondialisation galopante. La rationalité économique leur prédisait le chômage ou un emploi en Pologne pour 6000 euros par an. Mais en ce début d’année 2017, les salariés de l’usine de Scop-Ti, dans la zone industrielle du village provençal de Gémenos, s’activent toujours à remplir de petits sachets de thé. «On a gagné», résume simplement Olivier Leberquier, grand type au timbre ensoleillé et actuel directeur général adjoint de Scop-Ti.

Le 28 septembre 2010, quand l’usine s’appelait encore Fralib, il y cravachait déjà. Ce jour-là, la multinationale Unilever, propriétaire de l’entreprise gémenosienne, annonce aux 182 salariés que l’activité de production de sachets de thés et d’infusions – plus de 30 % du marché français – va être délocalisée. Direction la Pologne, où il ne coûte que de 9 centimes d’euros de salaire pour fabriquer une boîte, contre 14 en France.

Comme les autres, Olivier Leberquier, alors délégué syndical CGT, ramasse la nouvelle sur le coin du visage. «On était bénéficiaire, ça n’avait aucun sens», rappelle-t-il. Ensuite? Une lutte sans merci. Par trois fois, les employés font retoquer, devant les tribunaux, le plan de licenciement proposé par le géant Unilever. Les Fralibs occupent leur usine pour éviter que les machines soient enlevées et vont jusqu’à envahir le ministère de l’Agriculture. De son coté, Unilever enchaîne les coups bas, jusqu’aux pressions physiques.

«On n’a pas le droit de se vautrer»

En mai 2014, la société anglo-néerlandaise finit par rendre les armes et débourse 20 millions d’euros. Dix payent les arriérés de salaires, 1,5 sont répartis entre les 72 salariés encore en lutte. Le reste sert à financer le projet qu’ils ont élaboré, celui d’une entreprise coopérative et démocratique produisant des thés et des infusions, Scop-Ti1.

Dans le réfectoire de l’usine, Jean-François et Yannick sont assis côte à côte. Les deux sont entrés en interim à Fralib, en 1996 et 1997, avant d’être embauchés en CDI (contrat à durée indéterminée) quelques années plus tard. Comme cinquante-deux anciens salariés de Fralib, restés jusqu’à la fin de la lutte, ils ont déjà été réintégrés. Leurs quelques collègues qui touchent encore le chômage rejoindront l’entreprise courant 2017. «On a pas le droit de se vautrer», constate Yannick.

La coopérative a lancé deux marques: 1336 – comme le nombre de jours de lutte des salariés –, destinée aux grandes surfaces, et Scop-Ti, qui cible les réseaux spécialisés. Les affaires sont florissantes: 30 tonnes de produits écoulées depuis le lancement. Soit 450 000 euros de chiffre d’affaires en un an et demi.

Réinventer l’entreprise

Mais il faudra faire mieux. En s’engageant à reprendre l’ensemble des anciens de Fralib, la coopérative s’est condamnée à un succès rapide. D’ici 2018, l’entreprise doit quadrupler les ventes pour arriver à l’équilibre et pérenniser l’activité.

Le challenge est aussi personnel: l’ensemble des salariés a dû apprendre de nouveaux métiers, tous les cadres ayant quitté l’entreprise durant la lutte. «J’ai passé une licence professionnelle, trois ans d’études», raconte Yannick. «Jeff» a lui aussi changé de métier. Longtemps opérateur, il s’occupe aujourd’hui de la communication numérique de Scop-Ti. Plus que d’argent, il parle de lutte des classes. «L’enjeu, c’est de démontrer que l’économie peut fonctionner autrement, qu’il y a d’autres solutions », dit-il.

En ce sens, Scop-Ti fait figure d’anomalie: les anciens salariés sont tous coopérateurs et élisent un comité de direction. Les statuts interdisent de rémunérer le capital et de verser de hauts salaires, ceux-ci variant aujourd’hui entre 1700 et 2000 euros par mois.

Exporter le modèle

En sortant, on recroise le directeur-adjoint. Alors Olivier, c’est quoi la suite? «Là, tout de suite, je pars en formation, glisse-t-il. Pour l’année, je me fixe un objectif plus simple. Trouver du temps pour me remettre au sport.» Et pour la boîte? «Dans nos murs, on a vaincu le capitalisme, on a fait tomber le système. Mais dehors, il existe toujours», balance-t-il malicieusement.

Pour continuer le combat, les Scop-Ti ont créé une association, Fraliberthé. L’objectif: promouvoir – «partout!» – le modèle économique, social, culturel et politique de l’entreprise. A les connaître, on les en croit capables.

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
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Qu’est-ce qu’être de gauche selon vous ? Y a-t-il encore du sens à se dire de gauche ? Comment voit-on la gauche du futur ? Quelles sont ses valeurs, ses idées, ses projets, ses défis ? #imagineLaGauche, c’est la série lancée par Basta !, pour comprendre, reconstruire, rêver, renouveler, mettre en débat… Salariés, chômeurs, retraités, étudiants, paysans, militants associatifs, syndicalistes, artistes, chercheurs, jeunes et moins jeunes, témoignent. Aujourd’hui, Karl Montagne, docker à Saint-Nazaire.

Y a-t-il une gauche en France ? Je ne suis pas sûr, en tout cas pas du côté de ceux qui ont le pouvoir. Pour moi, seuls les syndicats sont de gauche, et encore, pas tous ! C’est quand même un gouvernement soi-disant « de gauche » qui nous a imposé la loi El-Khomri, qui remet en question tous les droits des travailleurs. Avec l’annualisation du temps de travail sur trois ans, on pourra se retrouver à bosser quasi jour et nuit la dernière année si on n’a pas fait assez d’heures avant. On n’aura plus de vie de famille, que le travail. Même les congés payés sont remis en cause. C’est de gauche, ça ?

Protéger les ouvriers, réellement

Les patrons auront le droit d’avoir recours au CDI juste quand ils en auront besoin. Ils pourront jeter les gens ensuite sans payer les primes de précarité auxquelles avaient droit les intérimaires et les CDD. Les gens ne pourront plus rien faire. Avec un CDI, nous pouvons souscrire un emprunt, s’acheter un logement et être un peu tranquille. C’est ça que veulent les gens. Ce n’est pas grand chose en fait, mais même ça, ils l’enlèvent ! Une mesure de gauche urgente, ce serait d’abroger cette loi travail, entièrement, et protéger les ouvriers réellement.

Il faut arrêter de tout donner au patronat : le fric, tous les droits, aucun risque de finir en prison même s’ils ont des ouvriers qui meurent au boulot. Il faut voir comment ils se sont gavés encore cette année, tandis que nous n’avons rien du tout [en référence à l’augmentation record des dividendes, lire ici, ndlr]. Tout augmente, sauf les salaires. Les gens vont finir par ne plus vouloir travailler tellement ils sont mal payés. Valoriser les gens qui travaillent et arrêter les cadeaux aux grands patrons : voilà une autre mesure de gauche très urgente.

On va se retrouver avec l’extrême droite à cause de leur mépris

Être de gauche, c’est arrêter de mépriser les ouvriers, de les trouver sales et encombrants quand ils sortent dans la rue. Ce sont eux qui font la richesse de la France ! Certains politiques, comme Olivier Besancenot ou Philippe Poutoux, parlent de nous avec respect. Eux connaissent le travail. Les autres ne sont pas fatigués. Forcément, dormir à l’Assemblée nationale ou au Sénat, c’est facile. On peut faire ça jusqu’à 80 ans sans problèmes. Quand on n’a jamais mis les pieds dans une usine, sauf cinq minutes pour se laver les mains, que sait-on ? Ceux qui sont au pouvoir ne savent pas ce que c’est de s’user le corps à cravacher toute une journée, par tous les temps.

Comment pourrais-je continuer à travailler jusqu’à 67 ans ? C’est impossible. Je vais mourir au travail. Je ne servirai plus à rien. Je ne serai même plus compétitif. Les gens sont en colère. Ils n’en peuvent plus d’être pris pour des imbéciles, pour des moins-que-rien. Un jour, on va se retrouver avec l’extrême droite, à cause de leur mépris. Et on accusera encore les Français de base, les ouvriers, en les traitant d’abrutis.

Karl Montagne, docker, Saint-Nazaire

Recueilli par Nolwen Weiler

Photo : Laurent Guizard pour Basta !

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PAR EL DIABLO

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Se syndiquer CGT ?

Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.

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