SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Les bénéfices du CAC 40 devraient atteindre 100 milliards d’euros en 2017

« C’est la crise ! » nous disent tous les chefs d’Etat pour justifier leurs coupes drastiques dans les budgets. Sauf pour les actionnaires qui profitent du peu de croissance mondiale pour faire exploser leurs profits. Les bénéfices du CAC40 devraient atteindre entre 90 et 100 milliards d’euros en 2017. Photo Rajph Orlowski. Reuters

L’été est synonyme, en bourse, de publication des résultats trimestriels des entreprises cotées dans les différents indices. Celui de Paris, le CAC 40, se porte particulièrement bien et son premier semestre a été particulièrement fructueux : les quarante plus grosses entreprises ont annoncé que leurs bénéfices avaient atteint 51,6 milliards d’euros en six mois, soit 25% d’augmentation par rapport au premier semestre 2016. Parmi les 40 géants de l’économie impérialiste française, 30 ont vu leurs résultats s’améliorer. Ainsi, en un semestre, ces bénéfices ont été plus importants que ceux réalisés durant toute l’année 2009 ou toute l’année 2013. Pour certaines entreprises, les bénéfices sont tout simplement monstrueux : 6,7 milliards pour Sanofi, 4,5 pour Total, 4,3 pour la BNP Paribas ou encore 3,3 milliards pour Safran, l’industrie de l’aéronautique.

La raison de ce nouveau décollage des bénéfices ? Depuis la crise de 2009, toutes les grandes entreprises ont « serré leurs coûts », c’est à dire licencié de nombreuses personnes, augmenté les cadences, abaissé les conditions de travail. De plus, le faible coût des matières premières a permis de doper certaines industries, comme le ciment (Lafarge-Holcim) ou l’acier (Arcelor-Mittal).

A titre de comparaison, ces milliards de bénéfice, extraits de la sueur du front des millions d’employés de ces multinationales, permettraient, s’ils étaient socialisés, de résoudre plus d’un problème. Ainsi, le trou de la Sécurité Sociale, de 7,8 milliards en 2016, serait comblé à 85% avec les seuls profits de Sanofi, le géant de l’industrie pharmaceutique. Les universités, que le gouvernement décrit systématiquement comme un gouffre financier, ont chaque année comme budget l’équivalent de trois mois de bénéfice du CAC 40 ! Autant d’argent qui va dans les poches des Bernard Arnaud et des Vincent Bolloré au moment même où la loi travail va faciliter de manière extraordinaire les licenciements. Si on les laisse faire, les bourgeois ont de beaux jours devant eux.

Elizabeth Wind

PAR REVOLUTION PERMANENTE

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Ordonnances : les six manières par lesquelles les licenciements seront facilités

Les ordonnances sont maintenant présentées et chaque page ouverte est synonyme d’une mauvaise nouvelle pour les salariés. Outre les suppressions d’acquis des salariés, l’autre projet de ces ordonnances est simple : faciliter les licenciements. Tour d’horizon des outils du patronat pour vous licencier.

Le plafonnement des indemnités prud’homales

Une des premières façons de faciliter les licenciements, c’est le plafonnement des indemnités que peut recevoir un employé qui fait reconnaître aux prud’hommes que son licenciement était « abusif ». La mesure, qui était la ligne rouge de la CFDT au printemps 2016, permet tout simplement au patron de votre entreprise de prévoir quel sera le coût de votre licenciement, même s’il est « sans cause réelle ni sérieuse ». En effet, auparavant, les tribunaux pouvaient condamner un employeur à n’importe quel montant pour réparer les préjudices causés. Aujourd’hui, le plancher baisse de 6 à 3 mois de salaires avec deux ans d’ancienneté et un mois de salaire en dessous. Le plafond est fixé à vingt mois de salaire pour trente ans d’ancienneté, avec une grille inscrite dans la loi.

La réduction du temps de recours aux prud’hommes en cas de licenciement

De surcroit, le recours aux prud’hommes pour faire reconnaître son licenciement comme « abusif » sera réduit par les ordonnances, de 24 mois à 12 mois. Le MEDEF espérait faire passer ce chiffre à 6 mois, ce qui n’a finalement pas eu lieu. La réduction de ce temps de recours est une aubaine pour les entreprises, qui vont pouvoir ainsi réduire le nombre de procès pour licenciements abusifs. En effet, l’accès inégal aux ressources juridiques des personnes licenciées en empêche beaucoup de porter plainte dans les temps, ne sachant pas que leur licenciement était illégal.

L’employeur ne sera plus obligé de motiver le licenciement sur la lettre de licenciement

Autre disposition des ordonnances : la direction d’une entreprise licenciant un de ses employés ne sera pas obligée de motiver le licenciement sur la lettre qui lui notifie la rupture du contrat. Pour pouvoir avoir un motif de licenciement, le salarié sera obligé de demander celui-ci à son employeur, qui sera légalement obligé de le faire. S’il n’y a pas de cause de licenciements formulée, le licenciement ne pourra pas être reconnu comme « abusif » par les prud’hommes, empêchant donc le salarié d’avoir droit à ses indemnités. Officiellement, l’employeur sera obligé de répondre au salarié qui lui demandera le motif de son licenciement. Mais dans les faits, il est très probable que l’employeur refuse et fasse pression sur le salarié en question, refusant tout simplement de lui donner officiellement le motif de son licenciement.

La redéfinition du périmètre d’appréciation de la cause économique du licenciement

Aujourd’hui, pour mettre en place un plan social, la direction d’une entreprise doit justifier de sa mauvaise santé au plan global, c’est à dire en tenant compte des résultats de toutes les filiales et au niveau mondial. Les ordonnances veulent réduire ce périmètre aux résultats nationaux, permettant ainsi aux entreprises de mettre en place de grands licenciements dans les usines françaises s’ils estiment que celles-ci ne sont pas assez rentables. En effet, il sera très facile pour une entreprise de faire passer des bénéfices dans d’autres filiales à l’étranger pour montrer qu’une usine est en difficulté et justifier ainsi les licenciements.

Le refus de reconnaissance d’un accord d’entreprise

Lors de la signature d’un nouvel accord collectif, le salarié peut refuser d’y adhérer. Actuellement, ce refus équivaut à un licenciement économique, ce qui permet à l’employé d’avoir un contrat de sécurisation professionnelle (CSP), un dispositif réservé aux salariés licenciés dans le cadre d’un plan social. Le CSP donne un certain nombre de droits notamment une indemnité chômage plus importante et un meilleur suivi de Pôle emploi. Cependant, avec la nouvelle réforme qui prévoit de renforcer le rôle des accords d’entreprises, le gouvernement a décidé de supprimer tout simplement ce droit et de faire passer les salariés qui refuseraient un nouvel accord dans le cadre d’un licenciement traditionnel. Seul « droit » : celui de se voir crédité 100 heures dans son compte personnel de formation.

L’arme fatale du patronat : les ruptures conventionnelles collectives

Finalement, le dernier outil que veulent mettre en place les ordonnances présentées par le gouvernement Philippe est l’élargissement des ruptures conventionnelles individuelles à l’échelle collective. Il sera ainsi beaucoup plus facile de déguiser un plan social, notamment les « plans de départ volontaire » en rupture conventionnelle collective, supprimant au passage les droits des salariés concernés par les plans sociaux.

Voir à ce sujet notre article détaillé.

Crédits photos : PHILIPPE HUGUEN / AFP

George Waters

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Les ruptures conventionnelles collectives, l’arme de choc des ordonnances pour faciliter les licenciements

Si l’essentiel du contenu des ordonnances était connu à l’avance, la présentation de celles-ci par le gouvernement, jeudi dernier, a révélé quelques surprises, notamment la possibilité pour les employeurs de recourir à des « ruptures conventionnelles collective ».

Aujourd’hui, un employeur peut se séparer « d’un commun accord » d’un employé via une rupture conventionnelle, appelée aussi séparation à l’amiable. Ce licenciement, qui est officiellement basé sur le « volontariat », permet au salarié d’avoir droit à l’assurance-chômage, ce qu’une démission ne permet pas. Le gouvernement, ayant bien écouté les conseils du Medef et de Pierre Gattaz, qui réclament cette mesure depuis 2012, veut créer une rupture conventionnelle collective, c’est à dire généraliser cette mesure pour faire un plan de départ concernant plusieurs personnes sur le même mode.

Mais la mesure s’apparente surtout à un plan social déguisé, et sera inévitablement utilisée à la place des plans de départs volontaires qui, mis en place dans le cadre d’un « plan de sauvegarde de l’emploi », donnent des droits équivalents à ceux existant dans le cadre d’un licenciement : droit à un CSP, propositions de reclassement, actions de formation et de soutien aux employés licenciés… Tout cela serait terminé avec une généralisation des ruptures conventionnelles collectives, qui seront tout simplement des PSE déguisés, et ce sans justifier l’existence d’une difficulté économique. Non seulement l’entreprise pourra licencier à moindre frais, mais elle pourra aussi réembaucher plus rapidement : après un PSE, une entreprise ne peut embaucher personne avant un an ; avec ces ruptures collectives, elles pourraient le faire tout de suite. Un bon moyen de se séparer de services entiers sans proposer de reclassement et de formations en interne.

D’ailleurs, tous les salariés le savent : l’aspect « volontaire » d’un départ est toujours très relatif, pour ne pas dire inexistant. Entre les pressions de l’employeur, la capacité à isoler les salariés, le harcèlement moral ou encore l’arrêt de toute progression professionnelle, ce sont autant de moyens dont usent les patrons pour forcer la main aux salariés et leur faire accepter une rupture à l’amiable ou un départ « volontaire ». Avec un plan collectif, on se doute bien que les mêmes procédés seront utilisés.

La procédure pourrait notamment s’avérer très efficace si une entreprise en pleine forme souhaite se séparer d’un de ses services, atelier ou centre de production, sans pour autant être « en difficulté ». La rupture conventionnelle collective permettrait de licencier tous les employés du service sans avoir à les former pour d’autres pôles d’activités, et embaucher ensuite des personnes déjà qualifiées pour les postes en questions. D’autre part, les syndicats, notamment la CGT, craignent aussi que ce soit un moyen « d’épurer » les services des plus de 50 ans, pour rajeunir le personnel. D’ores et déjà, les seniors sont les plus concernés par les ruptures conventionnelles individuelles ; ils seraient d’autant plus menacés par ces ruptures collectives. Une chose est sûre : avec les ordonnances, les licenciements deviendront vraiment simples comme bonjour pour le patronat.

Crédits photos : Christian Coulais

Charles Fire

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Plutôt que feindre de s’étonner comme les éditocrates du nombre relativement faible des salarié.e.es syndiqué.e.s, on s’interroge parfois sur le pourquoi nous sommes encore si nombreux au syndicat !

Systématiquement dénigrés, en particulier la CGT, taxés d’incompétence, de malhonnêteté, de corrompus, d’inefficaces, de passéistes (voire carrément de dinosaures), les syndicalistes ne sont pas à la fête dans les médias.

Il est vrai que nous sommes face à des difficultés importantes : vieillissement du corps militant, division syndicale (facilité il est vrai par les "partenaires" du patronat ou du gouvernement), évolution du salariat et de l’entreprise (avec toujours plus de précarité et de divisions entre les salarié.e.s).

Malgré tout, à la CGT, nous sommes et serons toujours là pour défendre la justice sociale et l’égalité. A chaque non syndiqué.e de s’interroger sur ses responsabilités par rapport à la contre révolution sociale en cours depuis plusieurs années.

Celle-celui qui ne lutte pas a déjà perdu !

Et avec un peu d’humour, c’est bien aussi :

10 bonnes raisons d’être contre les syndicats

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Loi Travail XXL, despotisme et arbitraire patronal : ce qu’en dit la presse

Il ne s’agit pas vraiment de journalistes ou d’économistes d’extrême gauche. Et pourtant, ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère pour analyser l’impact que pourrait avoir une Loi Travail XXL. Petite revue de presse

Pour Michel Noblecourt, éditorialiste du Monde et spécialiste des questions sociales, « dans toutes les entreprises de moins de 20 salariés, qui n’ont pas d’élu du personnel, l’employeur pourra négocier directement avec ses salariés sur tous les sujets. Cela signifie un accroissement du pouvoir du chef d’entreprise de prendre des décisions unilatérales qu’il fera ensuite ratifier, sans difficultés, par un référendum (…) Il aura les mains libres (…) Dans les TPE de moins de onze salariés, il y a de fait une grande proximité entre l’employeur et ses salariés. Un salarié hésitera davantage à s’opposer à quelqu’un qu’il côtoie tous les jours et auquel le lie un lien de subordination, sous peine d’être mis à l’index ».

Pour le site Capital.fr, « la réforme du Code du travail introduit un plafonnement des dommages et intérêts en cas de licenciement abusif, hors cas de harcèlement et de discrimination. Désormais, le salarié demandeur ne pourra pas recevoir plus de 20 mois de salaire comme indemnités prud’homales. De ce fait, l’employeur pourra très bien juger opportun de licencier son salarié, plutôt que de négocier une rupture conventionnelle, si les conditions posées par le salarié pour la rupture sont moins avantageuses que les dommages et intérêts à payer aux prud’hommes, cumulés aux indemnités légales de licenciement. En clair, un patron aura toutes les cartes en main pour choisir, par avance, la solution la moins coûteuse entre la rupture conventionnelle ou le licenciement, ce qui n’était pas le cas auparavant. Si un barème existait bien, celui-ci n’avait jusque-là qu’une valeur “indicative” ».

Jean-Christophe Chanut, dans La Tribune, souligne qu’en matière de « mobilité interne, de rémunération et de temps de travail, la réforme permet aussi de simplifier les choses pour les entreprises. Jusqu’ici, il existait plusieurs types d’accords pour négocier sur ces trois thèmes : les accords "loi Aubry sur le temps de travail", les accords de modulation du temps de travail, les accords de maintien de l’emploi, les accords de prévention de l’emploi, etc. Ils obéissaient tous à des règles différentes. Aussi, une des ordonnances institue ce que l’on appelle des "accords majoritaires simplifiés ».

Ces accords particuliers peuvent être conclus pour pérenniser le fonctionnement de l’entreprise ou pour assurer la prévention de l’emploi. Ils permettent de diminuer la rémunération et/ou de modifier la durée du travail. Mais à l’instar des actuels accords « défensifs de maintien de l’emploi », ils ne peuvent être conclus qu’avec des syndicats majoritaires et pour une durée maximale de cinq ans. Et un salarié ne peut pas refuser l’application d’un tel accord, sauf à être licencié. Il s’agira d’un licenciement sui generis, c’est-à-dire que la cause réelle et sérieuse du licenciement résidera dans le seul refus du salarié. L’employeur n’aura aucun autre justificatif à apporter. Un outil précieux pour des entreprises qui ont besoin de s’adapter à une situation nouvelle...

Toutes ces modifications qui seraient appliquées font dire à Dan Israël et à Manuel Jardinaud dans Mediapart que « le gouvernement entend bouleverser la philosophie générale du code du travail, le faisant passer d’un texte pensé pour défendre les salariés face aux abus de leur employeur, à un outil de ‘sécurisation’ des pratiques des chefs d’entreprise ». On ne saurait être plus clair…

Yann Le Bras

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« Nous avons fait notre travail ». Mailly, premier majordome du gouvernement et du MEDEF ?

Alors que le gouvernement présentait ses ordonnances ce jeudi, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, a ouvertement assumé son rôle de collaboration étroite avec l’exécutif dans le détricotage du Code du travail. Et en plus, il en est fier !

Après avoir donné carte blanche à Emmanuel Macron ce mercredi, en renonçant ouvertement à la participation de Force Ouvrière aux manifestations du 12 septembre, Jean-Claude Mailly est allé encore plus loin ce jeudi, en marge de la présentation des ordonnances par le gouvernement Philippe, en affichant un franc soutien à l’exécutif. Certes, le secrétaire général de FO a annoncé sa volonté de « continuer à se battre sur les décrets, il estime que même si « tout n’est pas parfait », il pense avoir « fait [son] travail » !

Mis sous pression en interne par des appels FO à des manifestations locales le 12 septembre, y compris sur Paris, Mailly maintient malgré tout le cap, laissant entendre non seulement que le gouvernement Philippe serait plus à l’écoute des préoccupations des syndicats mais aussi que la réforme du code du travail voulue par Emmanuel Macron serait principalement bénéfique pour les travailleurs. Un tournant important par rapport à la position de Mailly au printemps 2016, et qui ne risque pas d’apaiser les tensions en interne de la centrale syndicale.

Jean-Claude Mailly, le « Laurent Berger » d’Emmanuel Macron ?

« Trois mois de concertation intenses, le rapport de force ne s’est pas exercé dans la rue mais dans les coulisses » a ainsi déclaré Jean-Claude Mailly pour justifier son positionnement vis à vis du nouveau gouvernement en place. Des propos qui font écho à ceux d’un certain Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, estimant que « le combat syndical ne se résume pas à la rue » pour justifier le non ralliement de la centrale au 12 septembre. Et si, concernant Berger, le quinquennat Hollande en général et le mouvement contre la loi travail en particulier nous a « habitué » aux positions de collaboration affichée avec le gouvernement de la part de la CFDT, force est de constater que Mailly est aujourd’hui un candidat sérieux au poste de laquais numéro 1 d’Emmanuel Macron.

Est-ce les liens étroits de la CFDT avec le Parti Socialiste, ou bien le discrédit réel auprès des travailleurs combatifs de la centrale qui amène Emmanuel Macron à miser davantage sur Mailly comme faire-valoir syndical de sa contre-réforme ? Sans doute un peu des deux. Il n’en reste pas moins que le résultat est sinistre pour les travailleurs.

En collaborant ouvertement à la destruction des acquis sociaux, Mailly est aussi à la pointe de l’affaiblissement d’un potentiel arc de résistance ouvrière. Force est de constater que la division règne en vue du 12 septembre. Pourtant, il faudrait une mobilisation XXL pour faire face à une loi travail XXL. Toutefois, la fronde règne en interne de Force Ouvrière, où des sections entières refusent la politique de collaboration de classe de Jean-Claude Mailly et appellent à la mobilisation. Le vrai boulot, il sera fait quand Macron aura remballé ses ordonnances. Pour cela il faudra la mobilisation, tou-te-s ensemble, quelles que soient nos couleurs syndicales, et dans la durée, contre la Loi Travail XXL. Et contre les traîtres qui la soutiennent.

[Crédit photo : L’Obs. François Chérèque, ancien secrétaire général de la CFDT, et Jean-Claude Mailly]

Julian Vadis

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TOUTES ET TOUS EN GREVE

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Moins de droits pour les salariés, plus de pouvoirs pour les employeurs

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Le gouvernement vient de nous proposer dans la droite ligne de ses prédécesseurs une énième réforme du droit du travail partant du principe que le travail est un coût, alors qu’il produit les richesses. Cette loi va se rajouter aux précédentes sans même les avoir évaluées et pour cause, elles sont inefficaces.

Pourtant, lors de sa première rencontre avec le gouvernement, la CGT a fourni 14 pages de propositions pour que notre pays engage de réelles réformes afin de sortir de cette spirale qui nous enfonce dans un chômage de masse.
Pour rappel, si on comptabilise l’ensemble des catégories A-B-C-D et E, ce sont plus de 6,6 millions de chômeurs inscrits à Pôle Emploi que comptera la France, auxquels s’ajoutent des millions de précaires, de salariés à temps partiel imposé, dont une majorité de femmes et de jeunes.

Le code du travail permet que les salariés aient les mêmes droits, il n’a jamais permis de créer des emplois car ça n’a jamais été son rôle ! Monsieur GATTAZ Yvon (le père) annonçait déjà en 1986 la création de 471 000 emplois grâce à la suppression administrative de licenciement, le fils portait un pin’s (« 1 million d’emplois ») il y a deux ans ! On connaît le résultat !

Le gouvernement vient de confirmer les craintes que nous pouvions avoir.

D’abord, il va encore accentuer l’inversion de la hiérarchie des normes qui s’était engagée dès 1984 et qui n’a cessé de s’intensifier au fil des différentes réformes depuis 40 ans.

La primauté de l’accord d’entreprise, même moins favorable, sur l’accord de branche va s’accentuer dans la plupart des domaines (primes, indemnités diverses, congé de maternité, etc..). La primauté de l’accord de branche sur la loi s’élargit considérablement (ex : durée et renouvellement des CDD, contrats de chantiers).

Cette mesure n’aura qu’un seul effet : l’amplification du dumping social, en accentuant la mise en concurrence des PME et PMI et de leurs salariés. Cela va aggraver l’insécurité sociale de ces entreprises toujours plus placées sous l’emprise des donneurs d’ordres.

A l’heure où la souffrance au travail, les maladies professionnelles et accidents du travail et le désengagement de nombreux salariés s’intensifient parce qu’ils ne peuvent effectuer un travail de qualité, le CHSCT, qui est l’outil essentiel pour aborder les questions autour du travail réel va être fusionné avec les autres instances représentatives du personnel.

La négociation est un droit des salariés exercé par leur syndicat. Le patronat vient d’obtenir une relation de gré à gré avec un salarié isolé et non protégé dans les PME/PMI. On imagine aisément comment pourront se dérouler de futures négociations.

Ce déséquilibre va être renforcé, l’employeur pouvant prendre l’initiative d’un référendum au style déjà connu « choisissez entre la peste et le choléra ».

Une étape supplémentaire dans la liberté de licencier sans contrainte est également franchie. Sont en effet instaurées les ruptures conventionnelles, collectives, contournant les règles des PSE. Ce sont encore moins de droits et de protection pour les salariés.

Enfin, pour couronner le tout, un plafond des dommages et intérêts est fixé pour les indemnités prud’homales, ce qui pourra permettre à un employeur de provisionner un licenciement et amortir l’embauche d’un jeune de qualification égale mais moins payé.

Cette loi sur le droit du travail, comme les précédentes, n’améliorera pas le chômage, va augmenter encore la précarité, développer la pauvreté comme c’est déjà le cas en Allemagne ou en Angleterre.

Le 12 septembre doit être une première riposte de grèves et manifestations à cette loi du travail XXL.

La CGT va continuer à informer partout les salariés sur les conséquences très concrètes qu’ils pourraient subir dans leurs entreprises.

La CGT va engager le débat avec eux pour d’autres propositions, comme l’augmentation de salaire, une autre répartition des richesses (41 milliards de dollars versés aux actionnaires au 2ème semestre 2017 mettant la France première des pays européens), la réduction du temps de travail, des droits attachés à la personne et transférables d’une entreprise à l’autre, une sécurité sociale professionnelle permettant de ne plus passer par le chômage après la perte d’un travail.

La CGT fera tout pour unir les salariés, les travailleurs indépendants, les privés d’emploi, les retraités, les jeunes lycéens et étudiants avec l’ensemble des autres organisations syndicales afin de gagner des réformes de progrès social.

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Gattaz à l’université du MEDEF : « le monde est une formidable opportunité de marché »

Pierre Gattaz a introduit l'université d'été du MEDEF par un discours d'une trentaine de minutes, dessinant l'horizon du capitalisme français d'ici 2030. Quand les patrons nous disent ce dont ils rêvent, il est intéressant de voir un peu de quoi il retourne.

Crédit : ERIC PIERMONT. AFP

Gattaz a réédité les palabres de 2016 sur l’économie en mutation. Mais cette fois, on le sent très en attente des futures réformes du gouvernement.

L’amour de l’entreprise ne suffit pas au MEDEF, maintenant il faut des actes.
Pour Gattaz et l’ensemble des patrons cordialement invités à la grand-messe patronale, il y a quatre grands chantiers à mettre en oeuvre. Les chefs d’entreprises qu’il dépeint sont apparemment soit morts de trouille à l’idée d’embaucher, soit tétanisés par la bureaucratie (dont on sait qu’elle inhibe jusqu’à certains ministres qui ne savent pas se débrouiller avec une déclaration d’impôts), soit empêchés de se livrer corps et âme à l’embauche faute de marges suffisantes, ou encore parce que les talents ne sont assez bien formés par l’ENA. Damned.

Mais pour ces quatre chantiers, le MEDEF a quatre solutions :

1) un effort de pédagogie, pour valoriser l’entreprise, quitte à écouter les critiques. Gattaz réclame que les chefs d’entreprises nous fassent part de « leurs peines et leurs joies ». C’est sans doute le moment littéraire du discours, le reste est nettement plus technique.

2) continuer le combat grâce aux ordonnances (qui apparaissent comme la véritable carotte de tout le discours, Gattaz dit même que « tout y est ». On s’en doutait. Et le Projet de Loi de Finances 2018 : le MEDEF attend un effort du gouvernement pour soulager la fiscalité des entreprises, qui a beaucoup apprécié le CICE déjà (les marges des entreprises sont passées de 28 % à 32%), mais souhaite retrouver de belles marges pour faire face à la concurrence des autres Etats membres de l’UE (moyenne des marges 40 %)

3) Un MEDEF de conquête, qui n’est plus simplement défensif (même si on n’avait pas vu qu’il était en position de défense). Il faut conquérir les marchés, se lancer dans l’export. Une fois les patrons guéris de leurs anxiétés d’embaucher, ils s’apercevront qu’en Inde, en Chine, en Afrique, « le monde est une formidable opportunité de marché ».

4) La réforme de l’apprentissage permettra aux écoles de produire les talents nécessaires à l’entreprise. Gattaz et le MEDEF se mêlent donc de plus en plus de l’Education nationale. Blanquer (salué d’entrée de jeu puisque l’université d’été se tient à HEC, que Blanquer a présidé) est donc invité à réaliser le « rêve » du MEDEF.

Ces quatre blocs de réforme sont essentiels selon Gattaz, et on sait que le gouvernement est déjà en ordre de marche pour les réaliser. Ce n’est pas un coup de poker cependant. Gattaz rappelle en début de discours un proverbe à l’adresse des politiques : « ce n’est pas le plus gros qui bat les plus petits, mais les plus rapides et les plus agiles qui peuvent vaincre les plus lents ». On s’attend donc à une course de vitesse et Gattaz et le MEDEF se proposent explicitement de donner le tempo.

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La direction de Force Ouvrière n’appellera pas à la manifestation du 12 septembre

Ce mercredi, Jean-Claude Mailly a fini par trancher : la direction de Force Ouvrière n’appellera pas à la manifestation du 12 septembre appelée par la CGT et SUD contre Macron et sa loi Travail XXL. De la sorte, il donne une totale confiance à Macron pour légiférer comme cela lui convient.

Crédits : REUTERS/Philippe Wojazer

Jean-Claude Mailly a déclaré que le bureau confédéral de Force ouvrière a décidé à l’unanimité de ses treize membres de ne pas participer aux manifestations du 12 septembre avec la CGT et SUD, tout en affirmant qu’il ne soutiendrait pas le projet dans son intégralité : « Je suis sûr qu’il y a des choses sur lesquelles nous serons en désaccord fort demain. Mais nous allons peser le pour et le contre. » Bien que ce ne soit pas sans contradiction, notamment de la pression à la base, la direction de FO réaffirme ouvertement le caractère de sa collaboration ouverte avec Macron.

« Il y a eu un vrai dialogue social ». Dans son interview filmée, diffusée par Les Échos, Jean-Claude Mailly estime que la réforme en cours a été menée après une « vraie concertation » et que sur plusieurs points, « le gouvernement a fini par bouger ». Le leader de Force Ouvrière affirme que le gouvernement a bougé sur plusieurs points comme le poids des accords d’entreprise vis-à-vis des accords de branches. « Peut-être insuffisamment, on verra demain », dit-il, satisfait que « la branche (soit) remise en selle sur toute une série de points ».

Jean-Claude Mailly affirmait déjà, pour justifier son tournant par rapport à la mobilisation du printemps dernier, que la méthode Macron était « totalement différente ». Il affirmait alors vouloir « juger le texte » après la publication officielle des ordonnances. Après avoir légitimé le dialogue social, l’argumentation tombe totalement à l’eau, dès lors que, avant même la publication des ordonnances dans leur version définitive, Mailly tombe une nouvelle encore le masque.

Interrogé sur la participation annoncée de certaines unions départementales de Force ouvrière, comme celle du Finistère, à cette journée de mobilisation, le secrétaire général a mis cette décision sur le compte du positionnement « anarchiste » des militants de cette structure. « A Force ouvrière, il y a des gens qui se disent anarchistes, ils sont très critique de manière générale », justifiait-il pour nier et dévier le regard de la pression qui monte à la base. En ce sens, c’est maintenant l’union départementale de FO en Ille-et-Vilaine qui a appelé ce mercredi à manifester le 12 septembre.

Ainsi, à la base, la pression tend à s’accentuer au vu du caractère toujours plus ouvertement collaborationniste de Mailly. Cette décision particulièrement hâtive du leader de la FO peut être comprise comme une volonté d’éteindre l’incendie qui tend à se propager. En affirmant que ces appels seraient l’œuvre de tendances « anarchistes », « très critique de manière générale », Mailly vise à faire passer ces déclarations à manifester le 12 septembre comme une tentative de « coups politiques ». Une manœuvre visant à mettre un coup d’arrêt à toute dynamique à la base.

Pourtant, les appels au 12 septembre émanant de structures syndicales FO, comme l’UD du Finistère et la Fédération des Transports et Logistique, se multiplient. Poussés par les équipes militantes combatives, à terme, ces appels pourraient, s’ils se généralisaient, imposer quand bien même à Mailly de reprendre la rue tout comme la grève, seule à même de construire le rapport de force contre Macron, son gouvernement et sa loi Travail. Nous appelons les diverses fédérations FO à désobéir à Mailly et manifester les 12, comme l’a fait notamment l’UD FO de l’île et Vilaine.

Damien Bernard

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Un impôt injuste financé par les salariés et les retraités, les patrons profitent

En augmentant la contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7 % pour les salariés et retraités, le Gouvernement accentue une nouvelle fois le transfert du financement de la sécurité sociale des cotisations vers l’impôt et la fiscalisation, selon un communiqué de la fédération Finances de la CGT.
Ce transfert s’est continuellement accru depuis la création de la CSG par le Gouvernement Rocard en 1991 jusqu’au Gouvernement Jospin en 1998 ou la CSG est passée de 1,1 % à 7,5 % pour les salariés et 6,6 % pour les retraités.

Avec cette nouvelle augmentation, la part des cotisations finançant la sécu passerait de 86,8 % en 1991 à 65,6 % alors que la part de l’impôt incluant la CSG passerait de 4,9 % à 30,3 %.

Cette fiscalisation accrue illustre le danger de voir arriver la fusion entre la CSG et l’impôt sur le revenu. Si cela peut sembler être une simplification, une telle fusion ferait courir un risque important concernant le financement de la protection sociale.
La CSG, cet impôt injuste est financé par les salariés et les retraités à hauteur de 89,6 % au détriment des patrons qui en sont épargnés.
Depuis sa création, les hausses successives de la CSG ont souvent été compensées par des baisses de cotisations sociales, en particulier, de cotisation « patronales ».
Si bien qu’aujourd’hui, ce que l’on paye en CSG était naguère payé par les employeurs.

Cela pourrait aussi augurer de l’instauration d’une « flat tax » c’est-à-dire un impôt à un taux unique sur les revenus. Le résultat serait une hausse importante de l’impôt pour les plus pauvres et à l’inverse une sacrée baisse pour les plus riches.

La contrepartie des baisses de cotisations maladies et chômage (3,10 %) des salariés, annoncées pour « soi-disant » améliorer leur pouvoir d’achat, n’est qu’un leurre et aura un effet boomerang dévastateur avec la diminution du salaire socialisé* (salaire net + cotisations sociales) et des droits collectifs (retraite, remboursements maladie, allocation chômage etc...) qui en résultent.
Au nom de la solidarité intergénérationnelle, 60% des retraités vont voir leur pension amputée de 1,7 point. C’est en fait un cadeau de plus aux patrons et actionnaires.
Le Prélèvement à la source (PAS) vise à préparer les esprits à cette fusion. Véritable usine à gaz qui n’est pas véritablement un prélèvement contemporain, le PAS va fragiliser le consentement à l’impôt mais aussi les services même de la DGFIP. 
Les risques de remises en cause de la progressivité de l’impôt, et de la fusion CSG/IR dans la foulée du PAS sont bien réels. La CGT a rappelé son opposition à cette réforme qui va compliquer inutilement un recouvrement de l’impôt sur le revenu, aujourd’hui réalisé à près de 99 %.

Qu’est-ce que le salaire socialisé ?
Les cotisations sociales constituent un élément du salaire. Elles sont immédiatement transformées en prestations par la sécurité sociale (pensions de retraites, allocations chômage, prestations maladies etc...).
La cotisation sociale est, comme le salaire direct, prélevé sur la valeur ajoutée, c’est-à-dire les richesses produites par les salariés. Augmenter les cotisations sociales, comme augmenter les salaires nets, c’est faire reculer le profit - on a ainsi une opposition entre salaire et profit - quand l’un augmente, l’autre recule.

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
ordonnances
Loi travail : les choses sérieuses commencent
Jeudi 31 août, le gouvernement dévoilera le contenu des ordonnances donnant le top départ de la rentrée sociale. Une course de vitesse s’engage avec deux dates en ligne de mire. Celle du Conseil des ministres du 20 septembre devant valider le texte et celle de la première journée de grève et de manifestation le 12 septembre.

Quinze jours déterminants. Du côté du gouvernement, le voile sur le contenu des ordonnances sera enfin levé jeudi 31 août. Après deux mois d’une bien étrange concertation, sans texte posé sur la table et sans mesures clairement annoncées, le couperet va tomber. Le reste du calendrier institutionnel est connu. Les organisations professionnelles devront se prononcer sur le texte pour la Commission nationale de la négociation collective du 6 septembre. Mais leur avis n’est que consultatif. Ensuite, les ordonnances doivent être adoptées le 20 septembre en Conseil des ministres. Enfin, la loi de ratification sera soumisse à l’Assemblée nationale, en octobre pour le clap de fin.

Changement de braquet aussi du côté syndical. La CGT réunit aujourd’hui son Comité confédéral national pour définir sa stratégie et se mettre en ordre de bataille. Toutes les organisations de salariés vont décortiquer rapidement les textes définitifs et se positionner. La CGT, ainsi que Solidaires ont déjà annoncé un appel à la grève le 12 septembre. Les autres confédérations annonceront leurs intentions dans les prochains jours.

La mobilisation c’est maintenant !

Avant même la publication des ordonnances, l’union syndicale Solidaires déclenche les hostilités. Elle appelle à un blocage symbolique de l’Université d’été du Medef le 30 août. Par cette action, le syndicat entend dénoncer « les collusions entre le gouvernement et un Medef très offensif ». Une manifestation reliera en fin de matinée la gare de Jouy-en-Josas à l’entrée du lieu de réunion du patronat. Plusieurs associations comme le DAL ou Attac se sont associées à l’appel, ainsi que l’UD-CGT des Yvelines et l’antenne locale du Front social de ce département d’Île-de-France.

« Nous attendons un millier de personnes », estime Verveine Angeli, secrétaire nationale de Solidaires. Prévue un jour de semaine, à la veille de la grève du 12 septembre, la syndicaliste ne compte pas sur une mobilisation massive. « Les gens vont se réserver pour cette date ». Une manifestation essentiellement militante, mais donnant un signal de départ à la contestation.

Quelle opposition à la loi travail ?

Le vrai test de l’opposition à la loi travail est programmé le 12 septembre. Pour l’heure, seules la CGT et Solidaires appellent à la grève ce jour-là. Des manifestations sont prévues à Paris et en province. Mais la publication des cinq ordonnances ce jeudi devrait clarifier les positions.

S’il est peu probable que la CFDT se dresse contre le projet du gouvernement, la position de FO reste incertaine. Dans plusieurs départements, la centrale réformiste se joint aux appels à manifester, malgré les déclarations conciliantes de son secrétaire général. Autre inconnue, la CGC. Le syndicat des cadres a multiplié les critiques au cours de l’été. À défaut d’être un poids lourd dans la contestation sociale, son ralliement aux côtés des opposants à la loi travail serait symboliquement un échec pour le gouvernement.

Difficile pour le moment d’évaluer la force de la première journée de mobilisation. Même si l’exécutif dégringole dans les sondages, il n’est pas certain que ce désamour se transforme en manifestations massives. « Les salariés ne sont pas encore rentrés de vacances, au moins dans leur tête », explique un syndicaliste de la CGT, se gardant de tout pronostic pour le 12 septembre comme pour les suites de la contestation.

De son côté, la France insoumise appelle seule à une manifestation à Paris le 23 septembre, faisant grincer des dents au sein de la CGT. Interrogé à ce propos lundi 28 août sur LCI, son secrétaire général, Philippe Martinez a prudemment renvoyé chacun à son créneau syndical ou politique. Avant d’évoquer et souhaiter « d’autres rendez-vous avant et après le 23 ». La date du 20 septembre, jour de validation de la loi travail en Conseil des ministres, circulerait dans la CGT.

 

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