Depuis quasiment une semaine, le Théâtre de l'Odéon à Paris est occupé à l'initiative de la CGT du spectacle et de la culture. Depuis mardi, le Théâtre National de Strasbourg et Le Théâtre de la Colline à Paris ont rejoint le mouvement que la CGT appelle à amplifier.
Dans France musique de ce mercredi, Denis Grévoul, secrétaire général de la CGT spectacle et de la culture, explique les revendications en cours. "Il faut clarifier les choses sur la réouverture et l’accompagner d’un plan extrêmement fort de soutien à la culture en direction de l’emploi. Si c’est pour une reprise où il y aura un spectacle sur cinq, ce n’est pas ça qu’on appelle une reprise".
La CGT appelle également à une prolongation de l’année blanche. Pour l’instant, aucune nouvelle annonce n'a été faite par le gouvernement, la prolongation des droits étant officiellement actée jusqu’au 31 août 2021. "Elle a été faite comme si on avait tous retravaillé depuis le 1er septembre dernier car il faut un an pour arriver à avoir suffisamment d’heures de travail pour avoir une allocation chômage quand on ne travaille pas. Alors qu’à moins de 6 mois de la date du 31 août, certains n’ont pas du tout travaillé" constate Denis Gravouil.
Plus largement, le syndicat demande la mise en place d'un "plan pour la culture et la possibilité de travailler". Il pourra ainsi réitérer ces revendications lors de sa rencontre avec le Premier Ministre ce jeudi 11 mars. "Il faut qu'ils aient des réponses. On souhaite garantir les droits sociaux et l'année blanche, sans oublier d'annuler la réforme de l'assurance chômage" annonce le Denis Gravouil. (...)
Le secrétaire général de la CGT Spectacle appelle très clairement à une amplification du mouvement. Selon lui, il y aura d'autres occupations dans les prochains jours et peut-être même "dès aujourd'hui".
Avec ce mouvement, Denis Gravouil souhaite faire émerger de nouvelles réflexions pour changer l'avenir du secteur culturel mais pas seulement, cherchant à atteindre d'autres secteurs. En effet, les personnes mobilisées à l'Odéon ont rédigé un appel intitulé : "Occupons occupons, pour réinventer nos vies".
Note de ma pomme: Les théâtres de Pau, Châteauroux et Nantes sont entrés dans l'action par des étudiants en art dramatique et des intermittents du spectacle.
Et ce soir, dans son show télévisé hebdomadaire, le gouvernement s'en tiendra à sa politique sanitaire conforme aux intérêts du capital. Pas de contamination dans les transports en commun ou dans les supermarchés. Pas d'atteinte aux profits du patronat en région parisienne en laissant prospérer l'épidémie. Quant à se faire vacciner, passer en priorité comme Nicolas Sarkozy, ex-président de la République et muni à 66 ans d'une "prescription médicale".
L'ampleur du mouvement d'occupation de nombreux théâtres contraint le pouvoir à bouger.
Roseline Bachelot n'ose plus dire que ces occupations sont " inutiles et dangereuses",
MAIS elle ne propose que des miettes !
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Denis Gravouil à franceinfo
"Nous ne sommes pas du tout satisfaits", a réagi jeudi 11 mars sur franceinfo Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle, alors que le gouvernement a annoncé jeudi de nouvelles mesures pour l'emploi dansle secteur culturelet l'accès des intermittents aux congés maladie et maternité. Vingt millions d'euros supplémentaires seront mobilisés pour trois des secteurs les plus en difficulté, une somme qui vient s'ajouter aux 30 millions d'euros prévus dans le plan de relance pour 2021.
Denis Gravouil dénonce"une aumône, des miettes". Les intermittents réclamaient"un calendrier de réouverture et un plan d'aide à la reprise". Selon le patron de la CGT Spectacle, 20 millions d'euros, cela va permettre"de faire travailler quelques personnes pendant une semaine".
Ajoutés aux 30 millions d'euros tirés du plan de relance, cela représente 50 millions d'euros, soit"exactement le volume de la masse salariale correspondant à ceux qui travaillaient uniquement dans le champ du spectacle occasionnel, c'est-à-dire les comités des fêtes, les mariages et autres, un volume d'activité qui ne correspond même pas à 10% de l'ensemble de l'activité du spectacle". Pour Denis Gravouil, il faudrait"au moins un zéro de plus pour qu'on puisse tous travailler et avoir un niveau d'activité un peu plus proche de celui de 2019".
Appel à "amplifier la mobilisation"
Le secrétaire général de la CGT Spectacle détaille que"sur l'ensemble des mesures d'accompagnement à la reprise, il n'y a quasiment rien. Sur les droits sociaux, il y a une bonne nouvelle"avec"la situation des congés maternité"qui devrait être réglée, mais"on attend le décret". Enfin, sur la question de l'assurance chômage, les intermittents constatent qu'il y a"un refus de d'annuler la réforme de l'assurance chômage".
Pour la prolongation de l'année blanche pour les droits des intermittents,"il faut attendre fin mars la remise d'un rapport", explique Denis Gravouil,"dans un contexte où on va faire des économies sur le dos des chômeurs, des précaires, des intérimaires, de nos collègues des festivals, de ceux qui sont à l'accueil, à la billetterie, qui n'ont pas le régime des intermittents et qui, eux, voient leurs droits baisser considérablement".
"Il faut annuler cette réforme d'assurance chômage et ouvrir des droits pour tous les précaires qui ont été concernés. Nous avons besoin d'un plan de relance pour la culture."
Au Havre, à Marseille ou encore à Aix-La-Chapelle… plusieurs unions locales de la CGT ont organisé des distributions de colis alimentaires auprès des étudiant.es, qui subissent de plein fouet la crise économique liée au coronavirus. Pour protester contre cette précarité, quatorze syndicats étudiants et mouvements de jeunes appellent à une mobilisation le 16 mars.
Les étudiant.es sont durement touché.es par la crise économique liée à la crise sanitaire de coronavirus
Avec la perte de leur petit boulot d’étudiants et des bourses insuffisantes, ils sont nombreux et nombreuses à souffrir de mal logement, de manque de soins et de faim.
L’Observatoire de la vie étudiante a établi que pendant les deux mois du premier confinement 1 étudiant sur 4 n’a pas mangé à sa faim pour des raisons financières.
Selon cette même étude, 19 % des étudiant.es interrogé.es ont dû se restreindre sur les achats de première nécessité.
La crise sanitaire est venue aggravée une situation déjà préoccupante. L’enquête Insee « Revenu, niveau de vie et pauvreté en 2016 », publiée en décembre 2018, précisait de son côté que 21 % des élèves et étudiants se situaient sous le seuil de pauvreté contre 13 % de l’ensemble de la population.
Pour protester contre la précarité, quatorze syndicats étudiants et mouvements de jeunes appellent à une mobilisation le 16 mars pour protester contre la précarité étudiante et réclamer un « filet de sécurité ».
Les réponses gouvernementales n’étant pas à la hauteur de l’enjeu, la solidarité s’organise à l’échelle locale pour venir en aide aux étudiant.es.
Au Havre, l’union locale de la CGT a déjà organisé plusieurs distributions de colis alimentaires, mais aussi obtenu par l’intermédiaire des élus locaux et du Crous le rétablissement du chauffage dans les logements étudiants, coupé en plein cœur de l’hiver et alors que les températures avoisinaient les -5 degrés.
« Lors de la journée d’action du 4 février, les étudiants sont venus dans la manif et deux jeunes m’ont interpellé. Ils nous ont fait par de leur difficulté pour manger, mais aussi d’autres difficultés. Ils faisaient moins 5 degrés, et ils n’avaient pas de chauffage, ils doivent faire cours en distanciel mais n’ont pas de wifi fiable… », expose Sandrine Gérard, secrétaire générale de l’UL CGT du Havre.
Pour répondre à l’urgence alimentaire, l’union locale a lancé un appel à dons auprès de tous les syndicats du Havre, notamment le syndicat des Ports et Dock.
Le 20 février, l’UL a distribué 170 colis, un nombre insuffisant par rapport au nombre d’étudiants dans le besoin. Pour la deuxième distribution le 27 février, l’UL s’est mis en relation avec un restaurant d’entreprise qui a passé plusieurs accords avec des prestataires et a aussi bénéficié d’un don important de la Banque alimentaire.
De nombreux syndicats ont aussi apporté leur aide. Cette mobilisation a permis à 500 jeunes de bénéficier d’un colis.
Des initiatives similaires se sont multipliés ces dernières semaines.
La CGT des Bouches-du-Rhône a mené deux actions de distribution alimentaire et de produits de première nécessité, à Marseille, devant la Bourse du travail, et à Aix, à la Cité universitaire de Cuques, pour les étudiants – avec l’aide de l’association Comité de lutte.
« Cette distribution alimentaire vise à répondre à un besoin, auquel les universités, Crous et gouvernement ne répondent pas. Fruit de la solidarité des travailleurs et travailleuses de la CGT, nous disons clairement que ce n’est pas au rôle des associations étudiantes de distribuer de la nourriture, mais bien au Crous lui-même et aux universités ! En cela, nous disons aussi que c’est seulement pas la lutte organisée que nous pouvons sortir de l’isolement et conquérir des droits pour nous dispenser de l’aide et de la charité ! », a rappelé le Comité de lutte dans un communiqué annonçant la distribution.
Aéro. T-Systems veut fermer le site de Toulouse, les salariés répondent par la grève
Les salariés du sous-traitant aéronautique T-Systems sont en grève contre les suppressions de 44 emplois qu'envisage la direction à Toulouse et Bordeaux. Pour faire face aux attaques patronales les salariés se sont mis en grève.
Le mot d’ordre du gouvernement et du patronat face à la crise sanitaire et économique est évident : il faut faire payer la crise aux salariés. Le secteur aéronautique a été un des premiers à se trouver sous l’impact de la crise et donc de l’offensive patronalz : plus de 13.000 emplois ont été concernés par des PSE depuis le début de la crise et cela sans compter les postes intérimaires, les accords collectifs hors-PSE et les APC. Au total, 10% des 202.000 emplois de la filière en France auraient été supprimés lors de l’année 2020.
Cette offensive qui a démarré dans le secteur avec Derichebourg et Daher, se poursuit toujours aujourd’hui comme le démontre le cas du sous-traitant T-Systems. Cette entreprise d’infrastructure numérique envisage de supprimer 44 emplois dans le cadre d’un PSE : 33 à Toulouse et 11 à Bordeaux. Dans la Ville Rose le site est menacé de fermeture et avec lui tous ses salariés.
Comme l’explique la CGT dans un tract « Airbus a choisi un nouveau prestataire qui délocalise en partie cette activité. Conséquence : T-Systems France, la filiale du géant Deutsch Télécoms (qui a réalisé l’an dernier plus de 35 milliards de bénéfices) trouve le marché trop concurrentiel et veut fermer son site à Toulouse ». En effet malgré les bénéfices engrangés lors de ces dernières années par le patronat et qui pourraient être mis au service de sauver les emplois, ce sont les salariés et leurs familles qui doivent payer la crise.
Cyril de la CGT T-Systems précise que c’est une « pure choix stratégique de l’entreprise et du groupe Deutsch Télécom » qui a conduit à ne pas répondre à l’appel d’offre d’Airbus, puis au PSE. Ce choix stratégique avait été annoncé depuis 2015 et le groupe n’a eu « zéro anticipation sur l’évolution de nos métiers ».
Face au mépris du patronat et de la direction, plus de deux tiers des salariés ce sont mis en grève. Ce mercredi matin, lors du CSE virtuel, les grévistes ont interpellé publiquement les élus soutenant le dialogue social et accompagnant dans les faits les licenciements.
Pour continuer à rendre visible leur grève et renforcer leur lutte, les salariés de T-Systems se sont donnés rendez-vous jeudi 11 mars à 8h au rond-point de la Crabe. Soyons nombreux à les soutenir !
30.000 emplois menacés à Roissy : la riposte doit être à la hauteur de l’hécatombe
Sur 94 000 emplois à l’heure actuelle à Roissy Charles-de-Gaulle, un tiers sont menacés. 30 000 familles de travailleurs, auxquels le patronat fait payer la crise, pourraient ainsi se retrouver sur le carreau. Une marche est appelée le 18 mars à laquelle il faudra être nombreux !
Aéroport de Paris (AdP) et Air France, les deux géants nationaux de l’aéroportuaire, annonçaient la semaine dernière dans un article paru dans Le Monde que jusqu’à 30 000 postes pourraient être supprimés à Roissy Charles de Gaulle, comme nous le notions sur Révolution Permanente. En effet, Air France met en pratique pour la première fois à grande échelle le mécanisme de Rupture Conventionnelle Collective (RCC), alors que les 700 à 800 sociétés actives à Roissy (manutention des bagages, sûreté, assistance aéroportuaire, nettoyage d’avions) se préparent à licencier massivement.
La situation est encore plus scandaleuse quand on sait qu’Air France a bénéficié et continue à le faire des aides financières conséquentes de l’Etat : 7 milliards d’euros d’aide. Une fois de plus, et comme le dénonçaient déjà récemment les travailleurs de TUI France, les aides versées par l’Etat avec l’argent collecté par les impôts vont dans les poches du patronat et jamais à ceux qui produisent les richesses et payent les impôts, les travailleurs.
Le 15 octobre 2020 une première marche pour sauver les emplois, appelée par l’intersyndicale (CGT, Fo, CFE-CGC, CFTC, UNSA et Sud Aérien) a eu lieu avec la participation 2000 travailleurs, suivie d’une rencontre avec la préfète Mme Wolfermann. Cinq mois après, et suite à la confirmation de 30.000 suppressions de postes envisagés, l’intersyndicale appelle à une nouvelle marche pour l’emploi le 18 mars prochain devant la préfecture. Cette initiative pourrait devenir le point de départ d’une lutte pour qu’aucun travailleur reste sur le carreau, à condition de créer une dynamique qui ne se cantonne pas à un simple dialogue impuissant avec le préfet.
De fait, les travailleurs ont de nombreux arguments à avancer. Par exemple, une de nombreuses entreprises de Roissy, la société Servair, est en capacité de produire 100 000 plateaux repas par jour pour les avions, et annonce la suppression de plus de 2000 postes avec l’argument du manque de travail due à la baisse de l’activité. En même temps, des milliers d’étudiants ne mangent pas à sa faim, touchés par une extrême précarité renforcée par la crise sanitaire. Toute la capacité de Servair devrait être mise au service de produire les plateaux repas nécessaires à nourrir nos jeunes ! D’autres sociétés de transport présentes à Roissy, comme Transdev par exemple, pourraient assurer le transport des plateaux repas vers les endroits où les jeunes font des files interminables pour s’alimenter. Les organisations syndicales pourraient étudier toutes les possibilités de reconversion des services impactés par la diminution de l’activité à Roissy et faire un plan pour répondre aux besoins de la population dans cette période de crise. Cette réorientation permettrait de montrer à quel point les intérêts des travailleurs sont liés à ceux de la jeunesse populaire, forgeant ainsi une unité dangereuse pour le patronat et le gouvernement.
Une telle démarche permettrait également de populariser à grande échelle la lutte des travailleurs de Roissy. Les grévistes de Grandpuits l’ont montré : en refusant de négocier seulement leurs conditions de départ mais en se battant pour sauver l’emploi et pour l’environnement, ils ont agrégé autour d’eux des soutiens très nombreux. Des travailleurs de toute la France (et même du monde entier) se sont ainsi retrouvés dans leur lutte, alimentant la caisse de grève, les rejoignant sur leur piquet de grève, prenant part à leurs action ou organisant des spectacles en solidarité.
Dans les prochains jours et semaines se jouent à Roissy la vie de 30 000 familles. Il s’agit d’organiser la lutte la plus déterminée pour l’emploi et de faire connaître ce combat fondamental ! En ce sens, il faudra être nombreux le 18 mars aux côtés des travailleurs de Roissy pour la Marche pour l’Emploi.
« Dialogue social » ? FO, CFTC, CFE-CGC valident le PSE chez Airbus, une trahison pour les travailleurs !
Le plan social historique annoncé fin juin 2020 par Airbus impliquait 15.000 suppressions d’emploi à échelle internationale, dont 5000 en France et 3500 sur les sites aux alentours de Toulouse. Apres la casse sociale qui a secoué le secteur, donneurs d’ordre et sous-traitants compris, Airbus tente de se refaire une image.
Crédit photo : REMY GABALDA / AFP - Mobilisation des salariés d’Airbus le 8 juillet 2020 contre les licenciements et les suppressions de postes
Retour sur un PSE historique : quand les délègues syndicaux deviennent les meilleurs conseillers du patronat
Le 30 juin, Airbus confirmait la mise en place du plus grand plan de suppression de postes jamais réalisé par l’avionneur. Sans compter le personnel intérimaire, qui a perdu son travail du jour au lendemain, ce plan impliquait 15.000 suppressions d’emploi à échelle internationale, dont 5000 en France et 3500 sur les sites aux alentours de Toulouse. Et cela dans un secteur arrosé par 15 milliards du plan de relance et où, malgré les risques sanitaires, les ateliers n’ont pas fermé pendant le confinement. Dans le sillage du gouvernement et du reste du grand patronat, l’avionneur s’est ainsi mis en marche pour faire payer la crise aux travailleurs.
Le 8 juillet suite aux annonces de ce carnage à l’emploi, plus de 7000 salariés rejoignaient l’appel à manifester et à débrayer lancé par les syndicats FO, CFE-CGC, CFTC et auquel la CGT avait aussi appelé à participer. Malgré une journée de mobilisation particulièrement suivie et la démonstration de ce secteur du monde du travail en l’espace d’une heure et demie de manif, les équipes syndicales majoritaires ont décidé de s’arrêter là, histoire de ne pas fâcher la direction tout en faisant semblant d’aller dans le sens de la colère des travailleurs.
Après cette mise en scène, les délégués syndicaux ont enterré toute possibilité de construire un rapport de forces pour imposer 0 suppressions d’emplois et se sont renfermés dans les cadres du « dialogue sociale » avec la direction du groupe pour négocier le rythme, les modalités et l’ampleur de la casse sociale. En mettant en avant les « départs volontaires » ou encore les « mesures de retraite anticipée » contre les « licenciements secs », les délégués syndicaux on fait semblant de négocier le moindre mal dans le seul profit du patronat. En effet, deux mois plus tard, le 12 octobre, FO, CFE-CGC et CFTC signaient le plan de suppressions d’emploi et un accord sur l’activité partiel de longue durée (APLD). A l’époque Jean-François Knepper, délégué central FO ainsi que les medias et le personnel politique comme Elisabeth Borne se félicitaient de cet « excellent accord » qui devait exclure tout « licenciement sec » mais donner feu vert à des milliers des suppressions d’emploi.
Ce 4 mars, la direction d’Airbus a confirmé ce scénario. Dans une déclaration transmise à l’AFP la direction du groupe expliquait : « Grâce à l’efficacité de toutes les mesures sociales déployées jusqu’à présent, Airbus ne voit pas la nécessité de procéder à des licenciements forcés en France, en Allemagne et au Royaume-Uni, en attendant le déploiement réussi des mesures de mobilité interne en cours ». Un jour avant, lors d’un comité d’entreprise européen le groupe avait « confirmé aux partenaires sociaux que son plan d’adaptation au Covid-19 serait formellement conclu au plus tard à l’été 2021 ». Le groupe a aussi précisé qu’il « continuera d’évaluer au cours des prochaines semaines les dernières mesures à mettre en œuvre ».
Dans le cadre de l’accord actuel, sur les presque 5000 emplois visés, l’APLD aurait permis de garder temporairement 1500 salariés au prix d’une baisse du salaire et sans garantie de ne pas être licenciés plus tard. D’un autre côté, le programme de recherche qui vise à développer notamment l’avion à hydrogène, devrait occuper environ 600 salariés. Parmi les 2100 suppressions d’emploi qui restent pour atteindre les objectifs du patronat, les 60% seraient des départs en retraite (400) ou pré-retraite. Le 40% restant seraient concernerait des mesures différents comme des congés sans solde, des congés sabbatiques, etc.
Bien qu’on ne les appelle pas « licenciements contraints » , les différentes modalités des soi-disant « départs volontaires » amènent au même endroit : chômage et précarité pour ceux qui partent et surcharge du travail pour ceux qui restent. Le principal bénéficiaire de cette opération de « dialogue sociale », on le voit rapidement, est en effet le patronat d’Airbus : il fait payer la crise aux salariés (malgré des décennies de bénéfices milliardaires) tout en sauvant son image et en passant celle du patronat du secteur et de certaines équipes syndicales, si nécessaires à la direction pour accompagner la casse sociale.
Apres la première vague de licenciements, redorer l’image du patronat et du dialogue sociale
Comme l’expliquait éloquemment Florent Veletchy, délégué syndicale centrale CFTC « C’était important pour nous, syndicalistes, de montrer qu’on ne licencie pas chez Airbus. C’est un message pour toute la filière. D’autres entreprises, notamment les sous-traitants, regardent ce qui se passe chez nous, et toutes n’ont d’ailleurs pas été aussi soucieuses avec leurs salariés ». Jean Luc Moudenc, maire de Toulouse, a aussi salué dans un tweet « cette décision issue d’un dialogue sociale constructif ». La Dépêche, de son côté recevait les nouvelles d’Airbus avec un titre pompeux : « Airbus ne va pas licencier de personnel en France malgré la crise du Covid ». Cette opération médiatique pour redorer l’image du patronat du secteur et du dialogue sociale vient combler une inquiétude.
La première vague d’attaques patronales dans le secteur aéronautique a été d’une ampleur inouïe, plus de 13.000 postes ont été concernés par des PSE. Et cela sans parler des intérimaires, les licenciements collectifs hors-PSE ou encore les baisses de salaire et les licenciements associés aux accords de performance collective (APC). Cette vague d’attaques est allée de pair avec une certaine usure d’un des principaux outils du patronat pour canaliser la colère des salariés et imposer ses intérêts : le dialogue social.
Pour ne citer que quelques exemples, les salariés ayant subi des APC comme ceux de Derichebourg ou DSI, ou qui ont fait face à une PSE comme AAA, ont averti du danger d’épuiser le temps qui devrait être consacré à la construction du rapport de forces, dans la table de négociations. Les attaques patronales ont aussi montré au grand jour le rôle de certains bureaucrates syndicaux plus soucieux de faire passer les plans du patronat que de défendre les intérêts des travailleurs. C’est le cas de FO Derichebourg ou encore le scandale du délégué CGC-CFE chez AAA. Les attaques contre les travailleurs ne sont pas non plus restées sans réponse. A Derichebourg, Cauquil, Latelec ou Toray, ce sont autant de luttes qui ont exprimés avec des différents degrés la volonté de dépasser la stratégie de « négocier le poids des chaines » défendu par les équipes syndicales pro-patronales.
Au moment où le patronat, la bureaucratie syndicale, les medias et la classe politique essayent de réhabiliter le « dialogue sociale » qui a accompagné et accompagne cette casse sociale historique, il est important de rappeler et revendiquer les expériences récentes qui ont permis d’envisager une méthode de lutte capable de construire un vrai rapport de forces pour défendre l’emploi. C’est le cas des luttes des salariés de Derichebourg de Toray ou de Grandpuits qui elles aussi, à des degrés différents, ont montré l’importance de l’unité entre les travailleurs syndiqués et non-syndiqués, de construire des assemblés de salariés où décider des suites de la mobilisation, de refuser de « négocier le poids des chaines », de lutter par la grève et de se coordonner avec les autres boites pour imposer 0 suppressions d’emploi et 0 baisse de salaire.
Lutte sociale : les salariés de Bosch Rodez et SAM se battent ensemble pour l’emploi dans l’Aveyron
Dans l’Aveyron, le choc est terrible pour les salariés de Bosch à Rodez. La direction a annoncé la liquidation de 750 postes d'ici 2025 sur les 1500 emplois du site. Les salariés de la SAM à Viviez, eux aussi luttent contre la fermeture de l'usine et le licenciement des 365 salariés
Dans l’Aveyron, le choc est terrible pour les salariés de Bosch à Rodez. La direction a annoncé la liquidation de 750 postes d’ici 2025 sur les 1500 emplois du site. Le PDG de Bosch France disait dans ses annonces que cela était inéluctable et qu’un site de 500 salariés serait viable. Mais nous savons tous que la situation est bien plus difficile et que le plan pourrait conduire à la fermeture de l’usine. Les accords mettant en avant les départs « non contraints » comme une solution favorable aux salariés ne sont que de la poudre aux yeux, puisqu’aller travailler ailleurs est impossible avec la situation de crise économique internationale et la montée du chômage qui touche le pays. Le PSE sera inévitablement la prochaine étape, et les salariés s’y préparent en organisant le bras de fer contre les suppressions d’emplois et la fermeture du site. Le blocus qui a uni les salariés de Bosch de Rodez à ceux de la SAM à Viviez en est un exemple. Eux aussi luttent contre la fermeture de leur usine et le licenciement des 365 salariés pour lesquels l’idée d’une éventuelle reprise s’éloigne de plus en plus .
Bosch, la crise du dièselgate et la situation de l’entreprise mondial
Avec près de 394 500 salariés, le groupe mondial Bosch est un géant dans le secteur des équipements automobiles. Son chiffre d’affaire en 2020 était de 77,9 milliards d’euros, et le bénéfice en cette même année était de 1,9 milliards d’euros. Malgré ces chiffres, sans parler des bénéfices cumulés ces dernières années, Bosch a décidé de s’attaquer à la masse salariale et ainsi s’assurer une marge de profit face à la baisse de 41 % du chiffre d’affaires due à la crise du Covid et à la baisse de la demande de moteurs diesel. Décharger la crise sur les salariés est d’autant plus scandaleux que la direction de Bosch est responsable de cette baisse de commandes des moteurs diesel. En effet suite à l’affaire du diéselgate, le groupe Bosch à dû payer 90 millions d’amende en Allemagne pour avoir participé à la tricherie sur le niveau réel d’émissions d’oxides d’azote des moteurs diesel de Volskwagen. Ainsi non seulement la direction de l’entreprise est responsable, mais surtout Bosch a les moyens économiques de maintenir tous les emplois. Les milliards sont bien là et c’est le fruit des salariés qui on travaillé pendant ces années, puisque ce sont eux qui font tourner l’entreprise. C’est notre force.
Les salariés de Bosch et de la SAM dans l’action pour construire une riposte
Depuis lundi matin les salariés et les organisations syndicales ont décidé de bloquer les entrées de l’usine de Bosch pour protester contre les suppressions d’emploi et les conséquences néfastes que cela aurait sur le bassin d’emploi de la région. En effet ce ne sont pas « seulement » 750 emplois pour Bosch et 365 pour la SAM, mais tous les emplois directs et indirects qui entourent ces industries. C’est pourquoi d’autres secteurs se sont joints à l’appel des salariés de Bosch pour les soutenir. C’est dans cette solidarité que réside la force du mouvement ouvrier. Si cette solidarité entre les salariés et les habitants de l’Aveyron est un pas très important dans la construction d’un rapport de forces, c’est aussi le moment de mette sur pieds une stratégie à la hauteur, à l’image de ce qu’ont fait les salariés de Grandpuits, pour lutter contre les licenciements et les suppression d’emplois. Malgré les annonces pour tenter de calmer la colère, Bosch n’a pas de plan de reconversion sérieux pour faire face à la baisse de la demande de moteurs diesel. L’entreprise ne cherche qu’à laisser pourrir la situation pour ensuite massacrer tous les emplois tel que l’a fait le patronat de Bridgestone à Bethune. Ce ne sont pas ni Renault ni l’Etat qui vont qui vont sauver les emplois, ils ne cherchent qu’à empêcher et dévier toute forme de lutte, bloquer l’organisation démocratique des salariés en dehors des cadres du « dialogue social » pour ainsi trouver moins de résistance pour imposer ses intérêts. Défendre un programme intransigeant autour de 0 suppression d’emploi comme l’ont fait les salariés de la raffinerie de Grandpuits et chercher à l’imposer par la grève est le meilleur moyen d’élargir le combat et d’envisager une victoire contre le patronat.
Révoltes contre les violences policières à Lyon : Darmanin ment pour justifier la répression
Les nuits de révolte dans le quartiers populaire de La Duchère à Lyon s’enchaînent depuis près d’une semaine et l'hospitalisation d'un jeune de 13 ans percuté en scooter par une voiture de police. Loin des fantasmes distillés par Darmanin présentant les émeutes comme une conséquence du « démantèlement des points de deal », les jeunes dénoncent l'impunité et les violences policières.
« La tête de mon petit frère a percuté un poteau, et la police l’a laissé par terre inconscient » : à l’origine de la révolte, la violence policière de trop
Depuis bientôt une semaine, dans plusieurs quartiers populaires de Lyon et sa banlieue, des jeunes se révoltent la nuit tombée. Jeudi soir dans le quartier de la Duchère, dans le 9ème arrondissement, de premiers affrontements ont opposé la police aux jeunes du quartier après une série d’incendies volontaires de poubelles et de voitures. Les jours suivants les émeutes se sont poursuivies et se sont rapidement étendues à de nombreux quartiers de la métropole.
L’élément déclencheur s’est produit le mercredi 3 mars dernier, lorsqu’un jeune adolescent de 13 ans a été hospitalisé après avoir été percuté par une voiture de la police. Sur instagram son grand frère, Hamza Cherifi, raconte : « Selon les témoins une voiture de la police a suivi mon petit frère et l’a pris en chasse sans gyrophare. Ils se sont amusés à jouer avec lui avant de le percuter. La tête de mon petit frère a percuté un poteau puis le trottoir. La police a alors fait marche-arrière, demi-tour et a laissé mon petit frère par terre inconscient. ».
Il poursuit :« Ce n’est pas la première fois que la police s’amuse à nous faire peur en nous suivant en voiture. Ces mêmes faits se sont déjà produits avec certains de mes amis. A chaque fois les affaires ont été étouffées, classées, il a toujours été dit que c’était la faute des jeunes. Mais cette fois-ci, croyez-moi, ils ne pourront pas dire que c’était de la faute des jeunes. Mon petit frère il n’a pas pu tomber tout seul, avec un 50 cm3 de marque ZIP, ce sont les scooters les plus faciles à conduire. Je ne peux pas accepter qu’ils disent à la télé que mon petit frère est tombé tout seul, qu’ils expliquent que les jeunes cassent et brûlent pour rien. Les jeunes de la Duchère ils ont entendu qu’un petit jeune de 13 ans s’était fait percuter par une voiture de police et que celle-ci avait pris la fuite et je comprends leur colère même si j’essaye de les calmer. Parmi les émeutiers il y avait des gens de tout âge, des pères de famille, des jeunes, … ils veulent juste se faire entendre ».
Hamza Cherifi explique avoir porté plainte contre la police et dénonce la caractère systémique des violences policières dans son quartier :« J’ai porté plainte, j’espère juste qu’ils feront leur travail, qu’ils ne vont pas étouffer l’affaire. On ne pourra pas m’étouffer moi. A La Duchère on a à faire à des policiers qui se comportent comme des voyous mais qui portent plainte à la fin eux-mêmes. La police menace tout le monde, fait la misère à tout le monde, mais une fois que quelqu’un leur répond, ils vont au commissariat et portent plainte et c’est toujours les mêmes qui ramassent. Une nouvelle fois des hauts-placés de la police ont tenté d’étouffer l’agression de mon frère, ils ont dit à la télé qu’il était tombé tout seul. Ce que je ne comprends pas c’est qu’à la télé ils nous parlent de violences urbaines mais à aucun moment il n’a été dit que c’était la conséquence de violences policières ». Par ailleurs qu’il y ait eut ou non collision, et surtout que l’on parvienne ou non à le prouver, n’enlève en rien le lien fort probable entre l’agression du jeune homme et la présence, selon de nombreux témoins, de cette voiture de la police.
Darmanin joue de la rhétorique anti-drogue pour occulter les accusations de violences policières et légitimer la répression
Arrivé samedi après-midi dans la métropole lyonnaise, Gérald Darmanin a revendiqué un bilan total de 21 interpellations, dont une majorité concernant des mineurs avant d’annoncer l’envoi en renfort de 200 policiers et gendarmes. Le contrôle des territoires et des populations qui vivent en banlieue n’en sera que renforcé alors même que les quartiers populaires font déjà l’objet du contrôle quotidien des unités de la Bac et subissent violences racistes et harcèlement policier au quotidien. En arrière-plan le ministère de l’intérieur refuse de parler de violence policière et évoque une émeute de dealers face à laquelle il conviendrait d’intensifier la répression.
Ainsi dimanche, en déplacement à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), le ministre de l’intérieur a estimé que ces émeutes trouvaient leur source dans le renforcement de la présence policière avec l’intensification annoncée de la répression des points de deal :« s’il y a des violences urbaines, s’il y a des voitures qui peuvent brûler, des policiers qui sont pris à partie, des élus menacés, c’est parce qu’avec les polices municipales, mais avec la police nationale en premier lieu, on intervient, on démantèle chaque jour de points de deal. (…) Plus il y aura harcèlement de ces points de deal, plus il y a manifestement réaction des dealers ».
Une allégation qui permet à Gérald Darmanin d’occulter les accusations de violences policières et de balayer l’origine sociale de la révolte, tout en insultant copieusement les jeunes de quartiers qui se révoltent contre leur condition. Par ailleurs, derrière le maquillage sensationnel du politicien, l’affirmation ne résiste à aucune épreuve sérieuse du réel. Sebastien Roche, chercheur en Sciences Politique au CNRS, est venu le rappeler sur France 3 : « Il n’y a pas de lien entre la géographie du trafic de drogue et la géographie de l’émeute. Ce n’est pas deux choses qu’on peut associer. Politiquement on peut bien sûr en faire les déclarations qu’on souhaite mais d’un point de vue de l’analyse on ne peut pas montrer de correspondance. On l’a étudié de manière détaillée en 2005 et c’était même l’inverse en fait. Ces lieux des trafics de drogue sont les lieux où il y a le moins d’émeutes pour une raison simple : si vous voulez faire du commerce vous avez besoin de tranquillité. […] Le bon commerçant c’est un commerçant qui travaille dans un espace paisible donc il a absolument aucun intérêt à déclencher des opérations multiples de police, ou un quadrillage du terrain par la police, parce qu’à ce moment-là il ne peut plus travailler ».
Crise économique, crise sanitaire et violences policières : la triple peine dans les quartiers populaires
Dans les quartiers la peine est triple pour les plus précaires et les populations issues de l’immigration. Plus exposés à l’épidémie de Coronavirus du fait de la crise structurelle du système de santé public, et de leur place sur la marché du travail, les soignantes, les caissières, ou encore les éboueurs qui peuplent les quartiers populaires sont à la fois « les petites mains invisibles » qui font tourner la société et ceux qui ont travaillé en première ligne face au virus pour des salaires de misère, en même temps que les parents des jeunes victimes de violences policières. Face au manque de moyens dans la santé, la macronie a offert une réponse répressive à la crise. Celle-ci s’est particulièrement concrétisée contre la jeunesse dans les banlieues et de quartiers populaires. Pendant le premier confinement près de 10% des amendes pour non-respect du confinement ont été dressées en Seine-Saint-Denis quand les affaires de violences policières se sont multipliées.
Et si les quartiers populaires sont en première ligne face à la répression il se sont également face à la crise la crise économique. Le chômage de masse y était une réalité déjà avant la crise économique que nous connaissons, et la situation est amenée à s’empirer. Dans ce contexte la mise en place de la réforme de l’assurance-chômage réalise une nouvelle attaque antisociale d’envergure du gouvernement Macron. D’autre part, le saut répressif dans les quartiers populaires au nom de la lutte contre le Covid, mais aussi dans le cadre de la campagne islamophobe et liberticide du gouvernement avec la Loi Sécurité Globale et la loi séparatisme, sont des attaques contre notre camp social. Plus que jamais, le mouvement ouvrier traditionnel doit prendre part à ce combat.
A ce titre, c’est de la responsabilité l’ensemble des organisations de gauche et d’extrême-gauche de construire le front le plus large possible pour lutter sans concessions contre la politique répressive et autoritaire du gouvernement qui s’abat en premier lieu sur les habitants des quartiers populaires, et promouvoir toutes les initiatives en ce sens à l’instar de la marche contre l’islamophobie appelée le 21 mars prochain à Paris. Contre les violences policières, l’islamophobie et le racisme d’État, construisons la riposte, organisons-nous !
Spoutnik I fut le premier satellite artificiel, lancé par l'URSS en 1957, pour tourner autour de la Terre. Aujourd'hui, Spoutnik V n'est pas un engin spatial, mais un vaccin russe anti-covid-19 lancé vers l'UE, à la grande damnation de Bruxelles, notamment du Français Thierry Breton, ex-ministre de droite et grand patron, chargé de représenter notre pays en tant commissaire européen au Marché intérieur. Tout un programme et le CV qui va avec.
Figurez-vous que, sans attendre les diktats de Bruxelles, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie ont signé un chèque avec la Russie de Poutine pour Spoutnik V dans leur pays. La Finlande serait aussi sur les rangs. Quant à l'Italie, 3e grand état européen après l'Allemagne et la France, elle s'apprêterait à construire sur son sol une usine chargée de produire Spoutnik V.
Pendant ce temps, dans la Gaule de Macron, il y a des bisbilles entre les docteurs en pharmacie et ceux en médecine pour vacciner les gens, avec toujours moins de vaccins pour la population. Business is business ou lutte efficace contre la pandémie? Il est vrai que, depuis, la casse de la Santé publique, en tête des manifs, pharmaciens ou toubibs n'ont pas été trop en nombre. Si?
En tout cas, le syndicat le plus influent chez les toubibs demandent illico presto la démission de Jérôme Salomon, Dirlo en chef de la Santé publique au sein du ministère cédé au docteur Olivier Variant, pardon Olivier Véran. Démission de Salomon, mais pas du ministre en charge, encore moins de l'ex-banquier d'affaires qui, depuis son palais de l'Elysée, dirige chaque semaine un Conseil de défense contre le coronavirus avec le succès que l'on connait.
Comme quoi, peut-être, business is toujours business et en avant pour la présidentielle de 2022. Non?
Parallèlement aux réflexions dont nous avons déjà fait état (Laurent Brun, Emmanuel Lépine, le collectif Monatte) voici l'intervention et l'appel issu du site " Unité CGT " :
Pour un
syndicalisme offensif
Partout dans notre pays, des grèves – malheureusement souvent isolées les unes des autres - et des conflits sociaux éclatent ; dans nombre de secteurs, les travailleurs résistent et tentent de s’opposer aux suppressions d’emplois et aux blocages/baisses de salaires et casse des conditions de travail imposées sous prétexte de crise COVID.
Citons encore les grèves et mobilisation de la santé en juin 2020, les grèves dans l’énergie, l’éducation, la santé, le commerce, la chimie, et ailleurs, les marches pour l’emploi et la dignité de l’automne dernier, la manifestation pour l’interdiction des licenciements du 23 janvier, les marches des libertés… Un esprit de désobéissance sociale et citoyenne existe en France.
Ces mobilisations sont-elles un préalable pour une riposte d’ampleur ? Oui. Sont-elles pour autant suffisantes pour mettre un frein et un terme aux offensives patronales ? Non. La journée nationale de grèves et de mobilisations du 4 février a-t-elle été suffisante ? Non. La journée de mobilisations du 8 mars sera-t-elle suffisante ? Non.
Car de larges pans de la population demeurent comme « sonnés », encore sous le choc du grand chamboulement de 2020. Des centaines de milliers de travailleurs sont licenciés. Des millions de chômeurs et de précaires sont dans la misère tandis que des milliers d’étudiants font la queue au Secours populaire. Les soignants sont épuisés et continuent d’exiger des moyens pour l’Hopital. Et pendant ce temps, le cirque médiatique et politique continue…
Notre organisation CGT elle-même, dans son ensemble, a été durement touchée par la crise sanitaire et les restrictions autoritaires. Optimistes et réalistes, nous le disons simplement : tout est question d’organisation et de volonté. Cela est valable en période de crise de basse-intensité et encore davantage en période de crise aigüe.
Alors, que faire ?
Ce dont nous avons besoin ; quelques pistes de réflexion
1/ Accélérer le déconfinement des consciences et des luttes
Nous le répétons inlassablement depuis des mois, le sursaut dont nous avons tous et toutes besoin est aussi d’ordre « psychologique ». Il suppose ainsi un déconfinement « mental », de casser la peur de « l’autre » en retrouvant les sentiers de la solidarité, de s’engager dans la lutte collective.
De manière générale, et sans mettre de côté la combativité des syndicats CGT engagés dans la lutte contre le patronat, on ne saurait ignorer que les syndiqués CGT, comme le reste de la société, ne sont pas imperméables à l’impact plus que négatif du COVID dans la psyché collective et individuelle.
Ainsi, le sursaut nécessaire doit se faire ET à la base, ET dans les instances dirigeantes de nos organisations. L'instant initial de sidération ne doit plus perdurer car le patronat ne reste pas passif durant la période, au contraire il cherche à entretenir la passivité pour faire avancer ses intérêts.
Car, oui, la peur est le pire des virus. Or cette psychose est entretenue depuis des mois et des mois par les médias qui jouent sur la crainte de la maladie et de la mort pour étouffer tout instinct de vie dans notre classe sociale, et plus largement, dans le peuple.
Nous ne pouvons pas sacrifier nos droits et nos vies. Nous ne pouvons plus abandonner la jeunesse. Nous ne pouvons plus accepter comme une « évidence » irrémédiable la vague de suicides annoncée avec des larmes de crocodile dans la presse.
Le chantage moral – et qui n’a aucun rapport avec ce que doit être une gestion sanitaire efficace - n’a que trop duré. Une autre méthode pour combattre le virus, qui se baserait avant tout sur la reconstruction de nos capacités hospitalières, et qui ne remettrait pas en cause nos libertés est possible, et nécessaire. Il ne tient qu’à nous de l’imposer.
L’instinct de vie doit redevenir la boussole de notre CGT. Car oui, nous nous battons pour la vie, pour le droit à une vie digne, à une vie débarrassée de la peur du chômage, de la vieillesse, des maladies, pour qu’adviennent les jours heureux. Cela n’est pas qu’une simple formule et il faut le dire et le porter publiquement : « c’est maintenant le temps de vivre et de lutter ».
2/ Développer un processus des luttes et un véritable plan de bataille
Nous avons besoin de la mise en branle, par la CGT toute entière, d’une riposte générale du monde du travail. Cette dernière ne peut passer que par la construction d’un vaste processus des luttes interprofessionnelles.
Or, c’est justement le rôle des organisations interprofessionnelles, les UD mais aussi la Confédération, de porter cette dynamique et cette construction du rapport des forces qui dépasse le simple périmètre de telle ou telle boîte, de tel ou tel secteur professionnel.
Nous devons par exemple préserver, et développer le formidable maillage territorial que constituent notre réseau d’Unions locales CGT et d’Unions départementales CGT. Mises à mal par l’onde de choc du confinement (physique comme mental), nos activités reprennent petit à petit.
Car le « tous ensemble » n’a un sens que s’il s’accompagne d’un réel déploiement de nos syndicats CGT. Certaines Unions départementales, comme celle des Bouche du Rhône, du Nord ou encore du Val-de-Marne ont déjà pris à bras le corps cette nécessité en organisant notamment des rassemblements et des marches aux flambeaux en décembre et en janvier.
Tout est question d’organisation, et de volonté. Personne ne dit que c’est facile, ou simple. Chaque militant CGT le sait, l’union est un combat, et un rapport de force, ça se construit.
3/ Mettre en perspective la grève générale interprofessionnelle
La paralysie économique du pays est nécessaire si nous voulons contraindre, par l’usage inflexible du droit de grève, le pouvoir à non seulement reculer, mais également chuter et démissionner.
Une grève générale se construit, nous sommes tous d’accord là-dessus. Mais, pour joindre le geste à la parole il faut franchir le pas. Cela nécessite en particulier de montrer aux travailleurs que les luttes, passées, présentes et à venir, dans l’entreprise sont la conséquence de l’aggravation de la politique d’un gouvernement qui ne sert que les intérêts du patronat.
La violence et la cohérence de cette politique de classe, de cette nouvelle offensive du grand capital, appellent une réponse tout aussi vigoureuse, de notre camp social.
La clique qui se maintient depuis des décennies au pouvoir est en effet responsable de la situation. Ce gouvernement ultra-libéral et ultra-autoritaire, héritier des alternances gauche-droite, doit payer pour les 40 dernières années de privatisations massives, de libéralisation, de reculs des droits sociaux, de négation des besoins sociaux du peuple, de casse des services publics, de remises en cause de nos droits démocratiques et de nos libertés.
Beaucoup d’entre nous se demandent « comment faire plier ce gouvernement ». Nous avons pris – à tort – pendant longtemps l’attitude de Macron et consorts pour de l’arrogance alors qu’il s’agit d’une détermination de classe. Les patrons ne sont pas « immoraux » ou « méchants » : ils défendent tout simplement leurs intérêts de classe. A nous de faire de même.
C’est bien la raison pour laquelle nous devons répondre coup pour coup ! Et faire éclater au grand jour la force immense des travailleurs lorsque ces derniers cessent, ensemble et en même temps, la production et bloquent les transports, les usines, la logistique, toute la machine à cash du patronat.
La violence et la cohérence de cette politique de classe, de cette nouvelle offensive du grand capital, appellent une réponse tout aussi vigoureuse, de notre camp social.
4 / Porter un objectif, un projet révolutionnaire de rupture avec le capitalisme
Notre organisation porte un projet de société, ce dernier peut fédérer largement autour de la CGT les forces sociales qui aspirent également à la transformation radicale de la société et à la démocratie, sociale et directe.
Citons à ce propos une des motions votées lors des « Assises nationale de la riposte générale pour un changement de société » du 29 octobre 2020 à Martigues : « Pour le monde du travail, se défendre contre les conséquences néfastes du dogme de la concurrence est insuffisant, il faut mettre fin aux causes, à savoir le régime économique. Donner aux travailleurs des perspectives politiques concrètes de changement de société est un travail quotidien à articuler avec les revendications immédiates comme les salaires et les conditions de travail et de vie. Le moyen pour y parvenir est l’unité des travailleurs sur ce double objectif commun. »
« Les participants aux Assisses réaffirment le rôle central du syndicat et de l’Union Locale et la dimension révolutionnaire du caractère interprofessionnel de la CGT. Le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera dans l’avenir le groupement de production et de la répartition, base d’une nouvelle organisation sociale. », ajoutait encore cette motion qui précisait : « La démarche pour gagner ce changement de société doit être lisible pour les travailleurs : si l’attaque est globale, la riposte, pour être à la hauteur, doit l’être aussi. Il nous faut construire les cohérences revendicatives pour faire converger toutes les luttes en cours et donner envie, courage et détermination au plus grand nombre. »
Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.
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