Journée contre la répression : la direction menace, la police réprime, les grévistes s’organisent !
La coordination des grévistes RATP/SNCF appelle à un rassemblement contre la répression, à 13h au 19 place Lachambaudie à Paris. Grévistes depuis le 5 décembre, Hani et Yassine sont menacés de sanction allant jusqu'à la révocation, et des convocations disciplinaires sont adressés à de nombreux agents, pendant que la police réprime violemment les piquets de grève avec l'assentiment de la direction de la RATP. Soyons nombreux pour montrer que nous ne laisserons aucun gréviste seul face à la répression.
Les agents empêcher d’accéder à la Maison de la RATP le 23 décembre dernier. Crédit Photo : O Phil des Contrastes
Si la direction de la RATP menace Hani et Yassine de sanction allant d’un mois de mise à pied à la révocation, cela n’est pas sans lien avec la volonté de mater la détermination des grévistes de la RATP. En grève depuis le 5 décembre, ces travailleurs jouent aujourd’hui le rôle de locomotive de la mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites qui exprime le ras-le-bol du monde du travail à l’égard des politiques néo-libérales du gouvernement Macron.
Tout cela avec la bénédiction de la direction de la RATP qui a autorisé les forces de répression à pénétrer dans l’enceinte de plusieurs dépôt de bus pour permettre de mieux gazer et matraquer les grévistes.
D’autres grévistes, non élus et non protégés, sont également visés par les menaces de sanctions de la direction, par exemple au dépôt de Vitry. Pour montrer qu’aucun grévistes ne sera laissé seul face au gouvernement et à la direction de la RATP qui répriment main dans la main, il est donc important de se retrouver nombreux demain pour cette journée contre la répression organisée par la Coordination des grévistes RATP/SNCF d’Île-de-France, au rassemblement qui se tiendra à 13h au 19 place Lachambaudie à Paris.
Extraits d'un débat sur LCI le 30 décembre 2019 avec Martine Billard, oratrice nationale de la France Insoumise, face à un député LREM, sur les retraites.
Retraites :Les bas salaires progressent fortement en Allemagne. Plus d’un retraité sur cinq vivra sous le seuil de pauvreté dans 20 ans… Cet article dela Tribune de Genèvenous montre que partout le néo-libéralisme, cette phase du capitalisme où profitant de la chute de l’URSS, dans le cadre d’une contre-révolution qui a débuté au Chili, a été mise en place une véritable paupérisation d’une masse grandissante d’individus, précarisation, pression sur les salaires…Danielle Bleitrach
Retraites : Les bas salaires progressent fortement en Allemagne. Plus d'un retraité sur cinq vivra sous le seuil de pauvreté dans 20 ans... Cet article de la Tribune de Genève nous montre que ...
Paris. Déterminés, les grévistes et gilets jaunes s’échauffent pour une semaine décisive
Macron a d’ores et déjà perdu la bataille de la trêve. Pour ce samedi de rentrée, s’est déroulée, entre gare de Lyon et gare de l’Est, une manif de plusieurs milliers de personnes, à l’appel de syndicats et des gilets jaunes. Une journée émaillée de temps forts qui augure bien de la suite de la mobilisation.
Des grévistes qui ne se découragent pas, des soutiens toujours présents
C’est une manifestation dynamique de plusieurs milliers de participants qui a eu lieu à Paris, tandis que d’autres manifestations se déroulaient à Marseille, Toulouse ou Caen. Appelée par les unions départementales CGT, FO, Solidaires et FSU, la manifestation avait pour slogan « Macron retire ton projet, sauvegardons et améliorons nos retraites ». Les gilets jaunes qui appelaient également à manifester ont pu rejoindre sans encombre au départ de Reuilly Diderot, et constituer, aux côtés des grévistes, un imposant cortège de tête. Parmi les grévistes, on remarquait particulièrement ceux de la RATP, bien visibles avec les banderoles et les cortèges des lignes de métro, n° 3, n° 5, n° 9, n° 11… des RER A et B, des dépôts de bus comme Flandres, Montrouge ou Lagny.
Un encadrement policier contenait véritablement la manif. Malgré ce cadenassage quelques tensions et gazages ont eu lieu à la Bastille, puis à l’entrée de la place de la République où les manifestants ont été temporairement bloqués. Au total, pas de frictions majeures sur l’ensemble du trajet. A l’arrivée gare de l’Est, quelques manifestants se sont engouffrés à l’intérieur de la gare. La police a immédiatement bloqué l’entrée en fermant les grilles, quelques-uns se trouvant à l’intérieur tandis que ceux qui se trouvaient à l’extérieur cherchaient à ouvrir les grilles. La police a alors lancé des gaz pour provoquer la dispersion et évacuer ceux qui étaient à l’intérieur. Ils ont ensuite bouclé les grilles.
Des temps forts qui donnent toutes les raisons de continuer la lutte jusqu’au retrait
Mais, ce qui a marqué la manifestation, et lui a donné un caractère de gravité ce sont les hommages rendus à plusieurs reprises sur le parcours, à Alix, conducteur de la ligne 7 bis, dont on a appris la veille le suicide. Dès le départ du cortège, 30 secondes de silence et 30 secondes d’applaudissements ont été l’au revoir de ses camarades de la RATP dont beaucoup portaient une rose blanche à la main.
Autre temps fort, moins dramatique, mais qui donne aussi un sens à la lutte que les grévistes poursuivent depuis maintenant 31 jours, au moment du passage place de la Bastille, les manifestants ont salué les danseurs de l’Opéra en scandant « la clause du grand-père on n’en veut pas », allusion à la phrase des danseurs qui déclaraient la semaine dernière, en réponse à « l’offre » de Macron qu’ils ne voulaient pas que leur génération soit celle qui sacrifie les générations futures.
Là aussi une dimension qui dépasse l’instant présent et qui touche, au plus profond, les raisons humaines qui poussent à combattre jusqu’au bout contre la réforme des retraites, mais aussi contre Macron et le monde qu’il offre aux jeunes générations.
Une volonté de combattre et un besoin d’extension du mouvement.
Aujourd’hui, ils étaient des milliers à défiler pour dire qu’ils étaient déterminés à continuer la lutte jusqu’au retrait. Forts de leur solidarité, de leur détermination, de la continuité de leur effort, ils se sentent capables de poursuivre jusqu’à gagner d’autant qu’ils bénéficient du soutien de près des deux tiers de la population. Mais leur message, au-delà d’un avertissement à Macron, s’adressait surtout à tous ceux qui n’ont pas encore fait le pas de se mettre en grève. Ils sont conscients à la fin de cette journée réussie, qu’une grève qui s’étendrait cette semaine dans tous les secteurs du public mais aussi du privé, qui serait capable de tenir quelques jours avec le jalon de la grande manifestation prévue le 9 janvier pourrait contraindre le gouvernement à céder, non pas parce qu’il entend ou comprend, mais tout simplement parce qu’il cède devant un rapport de force auquel il ne peut plus résister.
Qui va nous rejoindre ? Combien seront-ils ? Qui est prêt à faire tomber la réforme ? C’est la question qui était dans beaucoup des têtes à la fin de la journée.
L'actualité place ses projecteurs sur la première entreprise d'investissement du monde, BlackRock, qui capitalise des fonds - entre 6 et 7000 milliards de dollars - avec des participations dans chaque valeur d'indices boursiers, le CAC 40 entre autres.
"Ça n'empêche pas Nicolas"publie ce document qui fait froid dans le dos : BlackRock joue un rôle économique mondial et pèse en permanence sur les choix des gouvernements qui font du marché la loi de leur politique.
SOUS LES LUMIERES DE CHEMS TV Ces financiers qui dirigent le monde - BlackRock En dehors de Wall Street, qui connaît BlackRock, le plus puissant gestionnaire d'actifs de la planète ? Enquête sur un acteur discret mais influent de la vie économique et politique mondiale.
L'actualité place ses projecteurs sur la première entreprise d'investissement du monde, BlackRock, qui capitalise des fonds
Le président de BlackRock France, Jean-François Cirelli, a été élevé au rang d’officier de la Légion d’honneur.
Pour la sociologue Monique Pinçon-Charlot, spécialiste de la grande bourgeoisie et auteure avec Michel Pinçon du livre Le Président des ultra-riches (éd. La Découverte), c’est le symbole d’une “camaraderie de classe et de l’entre-soi oligarchique”.
Alors que BlackRock est accusé de faire du lobbying pour que la France passe au système de retraite par capitalisation, que vous inspire cette décision ?
Monique Pinçon-Charlot
Cette promotion au rang d’officier de la Légion d’honneur de Jean-François Cirelli confirme la camaraderie de classe et l’entre-soi oligarchique qui existe de fait. Alors que nous sommes dans une phase particulièrement difficile du point de vue des rapports de classe, cette reconnaissance symbolique à travers la Légion d’honneur – qui n’a pas d’autre valeur que symbolique – est une façon sidérante, cynique et insupportable, d’ajouter de la violence à la violence.
Matignon estime que “ce qui prévaut, c’est le parcours de M. Cirelli au service de l’Etat depuis 35 ans”…
Monique Pinçon-Charlot
Ce personnage est pourtant emblématique des oligarques prédateurs, c’est-à-dire qui pillent l’Etat par tous les bouts, en étant au cœur de celui-ci. Jean-François Cirelli a commencé sa carrière à la direction du Trésor, au ministère de l’Economie et des Finances. Puis il est passé au cœur de la finance en devenant administrateur suppléant pour la France au Fonds Monétaire International (FMI) pendant deux ans.
Ensuite, il est devenu secrétaire général du Club de Paris pendant trois ans, à Bercy. Le Club de Paris est un groupe informel de créanciers publics et privés, qui se retrouvent à Bercy, afin de négocier les restructurations des dettes des pays les plus pauvres. A chaque fois, pour avoir des nouveaux prêts, ils conviennent de politiques d’ajustements structurels. Enfin, en tant que délégué général de GDF Suez, il a mené à bien sa privatisation. C’est caractéristique de ce que Laurent Mauduit décrit dans son livre, La Caste. Qu’il ait obtenu cette promotion est donc parfaitement logique : c’est le coup symbolique qu’il faut asséner aux grévistes, à ceux qui tentent de lutter, de faire valoir leur droit à cette retraite basée sur la solidarité et la répartition.
La secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher a défendu que BlackRock ne faisait pas de lobbying car “il n’a pas grand-chose à gagner” dans la réforme des retraites. Le gouvernement accuse pour sa part ceux qui défendent cette thèse de “complotisme”. Qu’en pensez-vous ?
Monique Pinçon-Charlot
Rien ne m’étonne. A bout d’arguments, les deux mots mobilisés contre nous sont systématiquement “complotisme” et “populisme”. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’en effet, notre travail d’ethnologues et d’entrisme pendant plus de trente-cinq ans dans la haute bourgeoisie nous rend légitimes pour affirmer que cette classe sociale est en permanence dans un entre-soi, qui se décline sous toutes les formes possibles et imaginables.
Le lobbying en est une, les conseils d’administration, les beaux quartiers, les cercles, les rallies pour jeunes, etc., en sont d’autres. La nébuleuse institutionnelle de mobilisation de cette classe à l’échelle mondiale est absolument sidérante. Si ça, ce n’est pas un complot, qu’est-ce que c’est ? Ils retournent ce terme en nous accusant de complotisme, c’est le propre de la manipulation. Le second mot qu’ils utilisent pour nous stigmatiser, c’est populisme. Ce faisant, ils stigmatisent en fait la colère des grévistes et des salariés, qui est immense dans le pays.
Par ailleurs, dans la liste des décorés du 1er janvier, Jean-François Cirelli n’est pas le seul représentant de la finance…
Monique Pinçon-Charlot
En effet. La stratégie de cette classe a toujours été de masquer la forêt, pour qu’on ne voie que des arbres. En l’occurrence, on nous donne en pâture Jean-François Cirelli, mais dans la même promotion, il y a plusieurs représentants de la finance et du monde de l’assurance. Antoine Flamarion, cofondateur de Tikehau Capital, a été fait Chevalier de la Légion d’honneur, de même que Jean-David Chamboredon qui est patron du fonds d’investissement ISAI, fondé en 2008 par Geoffroy Roux de Bézieux (le président du MEDEF depuis 2018, ndlr), ou encore Karima Silvent, DRH du groupe d’assurance Axa.
Le patron d’Axa, Thomas Buberl, a pour sa part été promu à la dernière promotion du 14 juillet… Les réseaux sociaux se braquent sur Cirelli à juste titre car il est exemplaire : il est responsable de BlackRock pour la France, la Belgique et le Luxembourg, qui est le plus grand paradis fiscal. C’est le symbole d’une oligarchie mobilisée pour le dépeçage systématique de l’Etat. Il n’y a plus de conflits d’intérêts. Ils sont dans la synthèse permanente des intérêts de l’oligarchie.
Qu’est-ce que cela changerait, si les fonds de pension tels que BlackRock faisaient main basse sur les retraites des Français ?
Monique Pinçon-Charlot
C’est un problème de solidarité, et de rapport à l’humain. Ce qu’on nous propose est une retraite par point, c’est-à-dire le chacun pour soi. Les femmes seraient massivement pénalisées dans ce système. Dans le système actuel en revanche, les jeunes payent pour les vieux, et ils seront payés ainsi à leur tour lorsqu’ils prendront leur retraite. Nous avons un minimum garanti pour tous, un système d’évaluation des retraites assez juste, et on est le pays où les retraités sont les moins pauvres et les moins malades d’Europe. Avec le système de retraite par point individuel, géré par des fonds de pension, ce qui est en route, c’est un processus de déshumanisation.
Jean-François Cirelli, patron de la branche française du fond de pension américain Black Rock, a été promu officier de la légion d’honneur ce 31 décembre 2019 des mains d’Edouard Philippe et par décret d’Emmanuel Macron.
Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.
Recherche
Newsletter
Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés.