La CGT appelait les salariés du groupe SFR à cesser le travail et à se rassembler partout en France ce mardi 6 septembre afin de protester contre lessuppressions d’emplois et les fermetures de boutiques annoncées cet été. En cause également la dégradation des conditions de travail dans une entreprise dont la direction n'a d'autre objectif que la rentabilité financière à tous crins, au mépris des employés et des clients. Reportage devant le siège du groupe, à la Plaine Saint Denis.
Alors qu’Apple se prépare à commercialiser son iPhone 7, des abus sérieux sont une nouvelle fois signalés dans les usines de ses fournisseurs chinois, comme Foxconn ou Pegatron. Comme le montre une analyse réalisée par le média américain TruthOut, cela fait au moins quatorze ans que les ONG signalent ce type de problèmes dans la chaîne d’approvisionnement d’Apple, et quatorze ans que la marque à la pomme promet d’y mettre bon ordre. Les années passent et rien ne change.
En ce moment même, des centaines de milliers de jeunes travailleurs et travailleuses chinois sont en train de trimer sur les lignes de production de l’iPhone 7. Le montage final du dernier smartphone d’Apple s’effectue dans une poignée d’usines de Foxconn et de Pegatron localisées à travers toute la Chine, pour le lancement prévu ce mois de septembre 2016.
Le nom de Foxconn est désormais relativement connu, ce fournisseur d’Apple s’étant retrouvé sous les feux des médias internationaux en 2012, après la mise en lumière de violations systématiques – d’un point de vue éthique et d’un point de vue légal - des droits des travailleurs. Pegatron, en revanche, a peu attiré l’attention des journalistes, malgré le rôle de plus en plus important de cette firme dans la chaîne d’approvisionnement d’Apple depuis quatre ans. Pourtant, les conditions de vie et de travail des quelques 100 000 jeunes Chinois et Chinoises qui travaillent dans l’usine de Pegatron de Shanghai paraîtront tristement familières à quiconque a tant soit peu suivi ces controverses.
Des constats tristement familiers
Un récent rapport de China Labor Watch montre que les abus dénoncés par les médias internationaux en 2012 se poursuivent aujourd’hui, sans signe d’amélioration. Dans le cas de Pegatron, les conditions de travail auraient même empiré depuis 2015, malgré les audits commissionnés depuis des années par Apple, son adhésion à la Fair Labor Association, et ses engagements répétés à assurer la sécurité et la dignité de ceux qui fabriquent ses produits extrêmement lucratifs.
China Labor Watch est une ONG qui se consacre à mettre en lumière les violations des droits des travailleurs dans les usines chinoises qui fournissent les grandes marques internationales. Son dernier rapport est basé sur des entretiens avec les ouvriers de Pegatron à Shanghai et une analyse de leurs fiches de paie. Il montre que ces travailleurs se voient toujours imposer des heures de travail excessives et parfois extrêmes, pouvant aller jusqu’à 109 heures supplémentaires par mois en plus de leur temps de travail normal – soit trois fois la limite légale en vigueur en Chine.
Une exploitation « optionnelle » ?
La grande majorité des ouvriers du département maintenance de l’usine ont déclaré plus de 82 heures supplémentaires pour le seul mois de mars 2016, et toutes les fiches de paie émanant de ce département sans exception signalent des heures supplémentaires dépassant la limite légale de 36 heures supplémentaires mensuelles. Parmi les travailleurs concernés, des étudiants « stagiaires » qui légalement ne devraient pas faire d’heures supplémentaires du tout, mais dont certains en ont enregistré plus de 80 par mois.
Interpellés sur ces pratiques, les dirigeants de Pegatron comme de Foxconn font valoir que les heures supplémentaires sont optionnelles dans leurs usines. Les recherches de China Labor Watch démontrent cependant que les quotas élevés de production imposés par Apple, les bas salaires imposés dans les usines, les techniques agressives de management et le refus systématique des congés concourent à ôter aux ouvrier tout pouvoir de choisir dans ce domaine.
Salaire net en baisse
L’enquête de China Labor Watch révèle également que le salaire de base offert à ses ouvriers par Pegatron, après déductions, équivaut à seulement $213 par mois, soit $117 de moins que le salaire minimum en vigueur à Shanghai. Même avec toutes leurs heures supplémentaires, les travailleurs gagnent $300 de moins que le salaire mensuel moyen de la région.
Ces chiffres mettent même en lumière une baisse nette des salaires des ouvriers de Pegatron entre 2015 et 2016, parce que la direction de l’usine a compensé l’augmentation du salaire minimum imposée par le gouvernement par une suppression d’autres avantages sociaux et l’obligation désormais faite aux salariés de contribuer une portion de leur salaire pour leur assurance sociale, qui était auparavant payée par l’entreprise. De sorte que malgré une hausse légale de $1.85 par heure en 2015 à $2 en 2016, le salaire horaire net après déductions n’était que de $1.60.
Parmi les autres violations légales et éthiques documentées par China Labor Watch : plus d’une heure de travail quotidien non rémunérée, des conditions de vie marquées par la surpopulation des dortoirs et leur manque d’hygiène, ou encore la non fourniture d’équipements protecteurs, qui menace la santé et la sécurité des travailleurs.
14 années de violations des droits des travailleurs
De tels abus sont familiers chez Apple. Le lecteur en aura déjà entendu parler, ici ou dans d’autres médias. Ce dont il ne se rend peut-être pas compte est que cela fait plus d’une décennie qu’ils ont été portés à l’attention d’Apple.
Le 18 août 2006, le journal britannique Mail on Sunday publiait un reportage au vitriol sur les conditions de travail dans les usines chinoises où étaient fabriquées, alors, des iPods. Des journalistes d’investigation découvrirent que les ouvriers dormaient à 100 par dortoirs dans l’usine Longhua de Foxconn à Shenzhen, appelée à l’époque « iPod City », et qu’ils trimaient jusqu’à 15 heures par jour pour des salaires de misère. Ils trouvèrent des conditions similaires dans une usine d’Asustek à Suzhou, dans la province du Jiangsu, produisant des iPods Shuffle. Travaillant jusqu’à 12 heures par jours, les ouvriers y perdaient la moitié de leurs salaires en raison des frais de logement et de nourriture imposés par l’usine.
En réalité, les violations légales et éthiques des droits des travailleurs dans la chaîne d’approvisionnement d’Apple remontent encore plus loin. Dans un rapport publié en septembre 2005, Somo, une organisation non gouvernementale néerlandaise qui examine les pratiques des multinationales, révélait déjà des abus chez deux fournisseurs d’ordinateurs portables Apple, Quanta Shanghai et Elite Computer Systems, tous deux basés à Shenzhen. Le rapport de Somo signale notamment des heures de travail excessives, des salaires insuffisants, l’absence de prise en compte de la santé et de la sécurité des ouvriers, leur intimidation par les managers, et l’absence de tout mécanisme de plainte qui auraient permis aux travailleurs de signaler des problèmes.
La réalité dément les beaux discours
Une analyse de l’ensemble des données disponibles sur ce type d’incidents et d’abus – ainsi que d’autres comme des accidents du travail et des problèmes médicaux, des « burn-outs » et autres troubles émotionnels chez les travailleurs, ou les obstacles apportés à des audits indépendants dans les usines – montre qu’ils reviennent année après année dans la chaîne d’approvisionnement d’Apple en Chine. Sur la base des rapports et études réalisés par des organisations à but non lucratif ou des chercheurs sur les conditions de travail chez les fournisseurs chinois d’Apple (China Labor Watch, Students and Scholars against Corporate Misbehavior, Institute of Public & Environmental Affairs, Somo, Good Electronics et quelques autres), cette analyse montre que ces abus, documentés sur une période de 14 ans dans 26 usines de fournisseurs chinois d’Apple, se poursuivent à ce jour sans signe de répit.
Dans ses rapports annuels sur sa responsabilité vis-à-vis de ses fournisseurs, Apple déclare de manière répétée qu’elle agit auprès de ses fournisseurs problématiques pour améliorer les conditions de travail et de vie, et qu’elle exclut de sa chaîne d’approvisionnement ceux qui refusent de répondre positivement à ses interpellations. Pourtant, on constate des abus répétés d’une année sur l’autre dans 17 usines propriété de 10 entreprises sous-traitantes d’Apple. Sur la période récente, des violations répétées ont été documentées dans des unités de production de Pegatron tous les ans de 2012 à aujourd’hui, et de même pour de nombreuses usines de Foxconn jusqu’en 2015 au moins.
Horaires excessifs et conditions de travail insalubres : des abus systématiques
Au total, l’analyse que j’ai réalisée a identifié 76 cas spécifiques et documentés de situations de violation des droits des travailleurs sur toute la période. Sur ces 14 ans, les abus les plus fréquents et les plus systématiques sont les durées de travail excessives et l’absence de protection de la santé et de la sécurité des ouvriers. On retrouve ces deux problèmes dans plus de trois quarts des 76 cas. D’autres abus sérieux se retrouvent dans au moins la moitié de ces cas, comme les techniques agressives de management, l’intimidation et l’humiliation des travailleurs, l’insuffisance de la rémunération, les accidents et autres problèmes médicaux liés à des conditions de travail inadéquates, des cas d’épuisement sévère et chronique, souvent liés à des troubles émotionnels, et bien entendu l’absence de syndicat ou d’autre forme de représentation et de protection des intérêts des travailleurs.
En outre, j’ai constaté que dans plus d’un tiers de cas, les ouvriers se plaignaient que leur usine n’avait pas de mécanisme de plainte efficace pour les ouvriers. Dans plus d’un quart des cas, ceux-ci souffraient de conditions de vie inadéquates. Également dans plus d’un quart des cas, les fournisseurs avaient recours à des « dispatch workers » (sorte d’intérimaires), exploités d’un côté par les usines et de l’autre par les agences de placement qui les envoyaient, et à des « étudiants stagiaires » forcés de travailler pour un salaire de misère par leur école ou leur gouvernement local. Les interférences avec les audits sociaux réalisés par des tierces parties indépendantes – par exemple la falsification de documents ou l’intimidation des ouvriers pour qu’ils ne parlent pas aux auditeurs – semble aussi un problème récurrent : je l’ai retrouvé dans 12% des cas répertoriés.
« Rien ne changera dans cette industrie tant qu’Apple ne changera pas ses pratiques »
Ces données démontrent sans ambiguïté qu’Apple ne sanctionne en aucune manière ses fournisseurs qui violent la législation chinoise et le propre code de conduite qu’elle a élaboré à leur intention. Aujourd’hui, on retrouve les mêmes abus qu’il y a quatorze ans dans les usines qui fabriquent les produits Apple. Un constat qui ne peut que remettre en question l’efficacité des audits sociaux, une pratique pourtant plébiscitée par l’industrie.
Pire encore, Li Qiang de China Labor Watch estime qu’Apple contribue activement à faire « obstruction » à tout changement positif dans l’industrie électronique en pressurant ses fournisseurs et en leur imposant des marges minuscules, tout en leur fixant des quotas de production qui impliquent de faire tourner les usines 24 heures sur 24. Étant donné son statut de leader du marché des smartphones, Li Qiang pense que rien ne changera vraiment dans cette industrie tant qu’Apple ne changera pas ses pratiques.
Les secrétaires généraux des syndicats opposés à la loi travail ont fait leur rentrée en meeting dans la préfecture de Loire-Atlantique, mercredi, avant de se revoir à la Fête de l'Humanité ce week-end. La mobilisation du 15 septembre devra avoir "des suites", a prévenu Philippe Martinez (CGT).
Nantes (Loire-Atlantique), envoyée spéciale.
Ils ont ressorti les drapeaux pour accueillir leurs représentants syndicaux. Devant les quelque 3 000 participants au meeting de rentrée de l'intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et la Fidl) rassemblés mercredi soir sur l'esplanade des Machines, devant les anciens ateliers des ex-chantiers navals de Nantes fermés en 1987, la voix de Philippe Martinez a tonné : "Rien ne nous a été épargné : les insultes, (...) les violences, les tentatives d'intimidation, la répression syndicale, (...) mais nous sommes bel et bien là !" Sous les applaudissements, le secrétaire général de la CGT a ajouté : "Parce qu’un mauvais projet de loi au printemps reste une mauvaise loi à l’automne".
Le dirigeant de la centrale de Montreuil a ainsi donné le ton de la rentrée sociale, à l’unisson de son homologue de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, pour qui "un mauvaise projet, on en demande le retrait ; une mauvaise loi, on en demande l’abrogation". Tous les dirigeants de l'intersyndicale sont revenus sur ces quatre mois de luttes "inédits" sous un gouvernement de gauche, a souligné le leader de FO. "Ce mouvement social est particulier ; avec la pétition, avec les réseaux sociaux, nous avons vu l’émergence de gens pas forcément organisés qui se sont sentis concernés", a de son côté analysé Éric Beynel, porte-parole de Solidaires.
Quatre mois de mobilisation "exceptionnelle" où la solidarité financière et morale, a témoigné le délégué syndical de la raffinerie de Donges, Fabien Privé-Saint-Lanne, a été "précieuse". Il "nous faut reprendre le chemin de la lutte", a poursuivi le syndicaliste, même si "après cette grève de 25 jours, notre syndicat est conscient qu'il sera difficile de réamorcer un tel bras de fer, nous mettrons tout en oeuvre pour recréer les conditions de cette mobilisation le plus vite possible". Pour y parvenir, "notre arme la plus forte est de débattre avec les salariés pour les convaincre", a lancé le syndicaliste de Loire-Atlantique.
"Cette loi ne doit pas entrer dans les entreprises"
Une ambition portée par les six membres de l’intersyndicale (la Fidl était excusée). Forts de leur victoire après avoir arraché 500 millions d’euros de mesures à destination des jeunes et des étudiants durant le printemps, les représentantes de l’Unef et de l’UNL veulent poursuivre le combat. "L’action collective à montrer qu’elle était efficace, s’est félicitée Clara Jaboulay, présidente de l'UNL. On en a pris plein la gueule, il faut le dire. Pourtant, les jeunes sont les premiers concernés, condamnés à la précarité avant même d’avoir un emploi".
Une première date de mobilisation, le 15 septembre, est à l’agenda de tous les participants, et "il faudra des suites", a d'ores et déjà affirmé Philippe Martinez. D’autres formes d’action se préparent, notamment sur le plan juridique, une manière de se rappeler au bon souvenir du Contrat nouvelle embauche (CNE) de Dominique de Villepin qui, une fois voté, avait dû être abrogé car reconnu illégal. "Cette loi ne doit pas entrer dans les entreprises", a poursuivi le dirigeant cégétiste. Une ambition qui dépasse la lutte contre la loi El Khomri. "S’il faut abroger la loi travail, nous devons aussi conquérir de nouveaux droits pour redonner du sens, de l’espoir, afin de rendre au travail son rôle émancipateur", a affirmé Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU. Et de proposer la mise en place "d’ateliers revendicatifs dans tous les départements, afin de remettre aux élus un livre blanc". Une proposition qui pourrait être reprise par l’intersyndicale. "Nous devons peser dans la campagne électorale, nous pouvons changer les choses sur le plan politique", a de son côté réaffirmé Philippe Martinez, en proposant notamment la réduction du temps de travail, "seule mesure efficace pour l’emploi". En hommage à Georges Seguy, ancien secrétaire général de la CGT, décédé cet été, l'actuel dirigeant de la confédération a conclu son discours en le citant : "Il ne suffit pas de s’indigner, il faut s’engager".
Le prochain rendez-vous de l'intersyndicale est prévu samedi, à la Fête de l'Humanité, à La Courneuve. "J'ai entendu le premier secrétaire du Parti socialiste (Jean-Christophe Cambadélis - NDLR) se mettre en colère parce que j'allais à la Fête de l'Huma", s'est amusé Jean-Claude Mailly. Le syndicaliste a répliqué à la pique du numéro un socialiste, qui l'avait interpellé sur ce qu'auraient pu penser ses prédécesseurs à la tête de FO, en s'interrogeant à haute voix sur "ce qu’aurait dit Jaurès à la lecture de la loi travail"...
Quand ils ont réduit les effectifs de l’hôpital public…
Je n’étais pas malade
Quand ils ont fermé des bureaux de poste ruraux…
J’habitais en ville
Quand ils se sont attaqués au spectacle vivant…
Je regardais la télévision
Quand ils ont bradé notre couverture sociale…
J’étais en bonne santé
Quand ils ont remplacé les surveillants…
Je n’étais pas étudiant
Quand ils ont réduit le réseau SNCF local…
Je ne prenais pas le train
Quand ils ont laissé détruire les sites archéologiques…
Je ne m’intéressais pas à mon passé
Quand ils se sont attaqués aux retraites…
J’étais jeune
Quand ils ont voulu casser le statut du fonctionnaire…
Mon fils ne l’était pas encore
PUIS UN JOUR …
Je suis tombé malade,
J’ai calculé le futur montant de ma retraite,
J’ai eu un accident de la route
J'ai eu des enfants
J'ai eu besoin d'envoyer un colis
J'ai voulu aller au théâtre
Mes enfants ont suivi des études
J'ai du renoncer à conduire
Mon fils est entré dans la fonction publique
Etc...
J'ai compris que tout me concernait .. heureusement il était encore temps
L’ambition originale de la CGT c’est d’être efficace dans la conquête du progrès social.
D ABORD PARCE QUE …
Pour être efficace, il faut s’organiser, être présent sur tous les fronts. en plus d’être présente dans les entreprises, la CGT s’organise en collectifs :
- Jeunes
- Cadres et techniciens
- Retraités
- Privés d'emplois
- Femmes
- Fonctionnaires
- Etc
La CGT est un syndicat démocratique. Chacun peut exprimer son avis et participer aux décisions.
La CGT est un syndicat unitaire. Nous n’avons pas la prétention de faire avancer les revendications à nous seuls.
La CGT est un syndicat ouvert à l’international. Après notre adhésion à la Confédération Européenne des Syndicats (CES), la CGT s’engage à la Confédération Syndicale Internationale (CSI), afin de porter une alternative à la mondialisation.
La CGT est un syndicat de contestation, de mobilisation, de négociation, capable de mettre en échec des mesures prises par les employeurs ou le gouvernement et qui portent gravement atteinte à vos conditions de vie et de travail.
car côté cour, côté opinion française, Matthias Fekl secrétaire d’Etat au Commerce extérieur affirme vouloir arrêter les négociations en cours;
tandis que côté jardin le gouvernement français s'incline devant les déclarations du président de la Commision européenne,Jean-Claude Juncker qui martèle :" la commission continuera de négocier" puisque effectivement elle en a le mandat, y compris donc aussi du gouvernement socialiste français!
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Source : le blog de Jacques Sapir
Le TAFTA, la Commission et le gouvernement « français »
Les dernières déclarations de Jean-Claude Juncker et de la Commission européenne sur le TTIP (ou TAFTA) jettent une lumière crue sur la manœuvre politicienne à laquelle s’est livré le gouvernement de François Hollande[1]. La Commission « continuera de négocier » avec les Etats-Unis le traité transatlantique de libre-échange (TTIP ou Tafta), car le mandat de la Commission reste pleinement valable, aucun pays de l’UE n’ayant officiellement manifesté sa réprobation ou son désaccord, a assuré dimanche son président Jean-Claude Juncker, en marge du G20 de Hangzhou.Il a alors ajouté que« Etant donné le mandat » que les Etats-membres de l’UE ont accordé à la Commission, « nous continuerons de négocier avec les Etats-Unis », en dépit de la contestation manifestée au sein des gouvernements français et allemand.
Fekl et les canards sauvages
Il convient donc de revenir sur la déclaration du secrétaire d’Etat au Commerce extérieur du gouvernement français, Matthias Fekl . Ce dernier avait indiqué que la France demanderait en septembre à la Commission, à l’occasion d’une réunion des ministres européens du Commerce, d’arrêter les négociations sur ce projet en raison du « manque de transparence de ces dernières ». Que les négociations du TTIP manquent de transparence est une évidence. Les conditions draconiennes qui sont mises à la consultation des documents de négociation en témoignent. Mais, cela, le gouvernement français le savait depuis 2013. On s’étonne qu’il ait fallu trois ans à un membre de ce gouvernement pour découvrir ce qu’experts et militants dénonçaient depuis le début. On veut bien croire que l’on a le cerveau embrumé dans ce gouvernement, au point de confondre un Macron avec un socialiste ou prendre la politique de Bercy pour une attaque contre la « finance ». Mais il y a des limites à l’indécence.
Alors, comme le disait Michel Audiard, il faudrait peut-être éviter de prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages. Bref le drapeau noir flotte sur la marmite et si les cormorans européistes continuent de crier ainsi au-dessus des jonques de Hangzhou, on aura droit aux tontons flingueurs ; bref ce sera du brutal, et on pourrait bien se fâcher.
Car, cette déclaration (indécente) de Matthias Fekl fait écho à celle, prononcée dimanche dernier le 28 août, par le ministre social-démocrate allemand de l’Economie, Sigmar Gabriel, qui a estimé que les discussions avaient de facto échoué car les Européens ne devaient pas céder aux exigences des Etats-Unis. La chancelière conservatrice Angela Merkel continue cependant de défendre le projet. La réalité est que les différents gouvernements savent très bien que les opinions publiques sont aujourd’hui violemment remontées contre le TAFTA, et cela non sans de très bonnes raisons. Ce traité, et l’on a l’expérience des traités précédents, n’apportera rien que ce soit aux consommateurs ou aux producteurs. Il est fait, avant tout, pour enrichir les actionnaires et la finance, pour accélérer, si faire se peut, le mouvement de désindustrialisation que l’on observe dans les pays d’Europe occidentale.
Mais, il faut le faire passer en dépit de la volonté claire et explicite des opinions publiques. La méthode que les gouvernements ont choisie est donc de prendre position contre ce traité, tout en laissant la Commission européenne faire le sale boulot. Après, il sera toujours possible d’user d’un discours du style « on ne voulait pas, mais c’est la commission qui a négocié… ». Sauf que cette Commission a eu un mandat explicite de ces mêmes gouvernements, et que ce mandat pourrait être révoqué, s’il le voulait. Seulement voilà, ils ne le veulent pas…
D'abord, il faut préciser qu'ils ne cheminent pas ensemble, lutte des classes oblige, contrairement à la fable de La Fontaine. Mais tous vont passer devant la justice de la France prétendument des droits de l'homme dans lequel un syndicaliste est égal devant la loi autant que Serge Dassault, sénateur à vie de la Sarkozyland, patron de presse, avionneur et marchand d'armes international: Cocorico!
Dernièrement, au Havre, au petit matin, deux syndicalistes de la CGT sont arrêtés à leur domicile par la police parisienne et amenés illico presto pour comparaître devant un juge d'instruction à Paris. On aurait pu les convoquer au commissariat du Havre. ils n'étaient ni terroristes ni de dangereux criminels qui auraient pu fausser compagnie aux forces de l'ordre de Bernard Cazeneuve, le chef socialiste de la police. Mais non, il y avait eu en juin dernier une manif contre la loi El Khomri à Paris et sans doute que le pouvoir socialiste avait été mis en péril par la CGT. Voilà pour le pot de terre.
Côté pot de fer, le ci-devant Serge Dassault. Le Tribunal correctionnel devait rendre son jugement à son sujet il y a 4 jours. Il ne s'était jamais présenté devant ledit tribunal, alors que la loi républicaine l'impose et que la justice souveraine a tout pouvoir pour dire si son motif d'absence était valable et à défaut de le faire comparaître comme tout justiciable égal en droit avec ceux d'en bas.
Et bien ledit Tribunal a renvoyé son jugement au mois de novembre pour un complément d'informations.
Pourtant, la 6e fortune française (estimée grosso modo à treize milliards d'euros) a dissimulé des fonds à l'étranger, dans des coquilles offshore aux îles Vierges, au Lichtenchtein puis au Luxembourg, paradis fiscaux par excellence. Certes, comme l'ont plaidé ses avocats, il n'est pas à l'origine de cette évasion fiscale délictuelle, mais il en a bénéficié. Les faits sont établis: en juillet 2014, -oui, deux ans déjà- Serge Dassault, bon patriote, s'est pointé à la cellule de dégrisement fiscal de Bercy, pour régler rubis sur l'ongle vingt millions d'euros, y compris les pénalités de retard. Ne restait plus qu'à le juger pour non déclaration de ses avoirs à l'étranger auprès de la Haute Autorité de la Transparence de la Vie Publique. Cela vaut mine de rien 3 ans de taule, agrémentés, selon les réquisitions du parquet lors du procès de cinq ans d'inéligibilité. Ouais, ce n'est pas beaucoup, mais c'est la Loi votée par les hors-sols.
Et Serge Dassault devra être présent ce 28 novembre 2016, a précisé ledit Tribunal. S'il est une fois de plus absent pour "voyage d'affaires", la police de Bernard Cazeneuve, mandée par la Justice du palais de l'Elysée, le convoquera-t-elle manu miltari?
C'était ma chronique dominicale sur un riche pot de fer et un misérable pot de terre façon France du 21e siècle, sous ce quinquennat de gôche avec François Hollande président..
Source : un article sur le site de Roger Colombier
Lactalis : les pratiques financières opaques du leader mondial du lait
Ces dernières semaines, le groupe Lactalis s’est retrouvé la cible des éleveurs laitiers français, durement touchés par la crise qui frappe le secteur. Il a fini par céder, par crainte de voir son image écornée auprès des consommateurs. Le groupe français Lactalis est devenu leader mondial des produits laitiers après une frénésie d’acquisitions. Mediapart rappelle que l’entreprise se caractérise aussi par une gestion financière particulièrement opaque.
Malgré son chiffre d’affaires de 17 milliards d’euros, Lactalis reste une société familiale, non cotée, propriété de la famille Besnier à travers des holdings domiciliées à Paris. Emmanuel Besnier a pris la direction de l’entreprise en 2000, après le décès de son père Michel qui avait repris, en 1955, la fromagerie fondée par son père André, en 1933. (...) Alors qu’il se lance dans une campagne de rachat d’entreprises à l’étranger, Besnier SA (BSA) installe sa filiale – et bras armé – BSA international à Ixelles, en Belgique. Le capital de cette entité, qui détient une soixantaine de filiales étrangères, est passé de 100 millions d’euros en 2005 à 2,1 milliards d’euros en 2014… Son objectif étant de profiter d’une disposition fiscale belge – « les intérêts notionnels » – qui réduit la base imposable d’une société selon le niveau de ses fonds propres. Ainsi, alors que le résultat net cumulé de la filiale, en 2004-2014, s’est élevé à 268 millions d’euros, BSA international n’a versé que 7,23 millions au fisc belge sur la même période. Rien d’illégal, soutient à juste titre le groupe. (...)
En revanche, Lactalis a pour doctrine de ne pas déposer ses comptes annuels et préfère payer l’amende, dérisoire. Or depuis le début de la crise laitière, la transparence est devenu un enjeu crucial des négociations entre producteurs, industriels et distributeurs. L’an dernier, les industriels n’avaient pas répercuté la baisse de leurs prix d’achat du lait sur leurs tarifs aux distributeurs, laissant deviner des marges importantes. L’un des dispositifs du projet de loi Sapin 2 relatif à la transparence vise précisément à enjoindre les industriels à la publication de leurs comptes, sous l’astreinte d’acquitter 2 % du chiffre d’affaires journalier moyen hors taxes réalisé en France.
La réforme du droit du travail proposée au début de l’été est vivement contestée. Onze organisations syndicales appelaient à une journée de grève générale, vendredi 2 septembre, contre la politique économique du gouvernement nationaliste de Modi .
Onze organisations syndicales, dont la CITU (Centre of Indian Trade Unions - 3,2 millions d’adhérents) ont appelé à une journée de grève générale pour le vendredi 2 septembre, pour s'opposer à la réforme du travail présentée au début de l’été.
Les organisations syndicales attendent une mobilisation de 150 millions de personnes et de nombreux blocages.
Les syndicats portent une revendication de 12 points dont l'instauration d'un salaire minimum mensuel de 18.000 roupies (242€), le contrôle des prix et une pension minimum mensuelle garantie de 3000 roupies (40€). Le Gouvernement de Modi a déjà répondu favorablement à la hausse du salaire minimum. La mobilisation a déjà permis des avancées sur 9 des 12 points des syndicats.
Une marque textile allemande sera jugée pour violation des droits humains chez ses fournisseurs en Asie
Le 30 août, la tribunal de Dortmund s’est déclaré compétent pour juger la plainte déposée l’an dernier en Allemagne par quatre Pakistanais contre le géant national du textile à bas-prix KiK. La plainte accuse l’entreprise allemande de violations des droits humains dans la chaîne de sous-traitance, pointant sa responsabilité dans l’incendie survenu en 2012 dans une des ses usines sous-traitantes, à Karachi. Le sinistre avait tué 260 ouvriers. Cette décision de la justice allemande est une première. Le tribunal a même décidé de prendre en charge les frais de justice des quatre Pakistanais.
« Cette décision est un premier pas pour qu’un cas de violation des droits humains perpétrée par une entreprise allemande à l’étranger soit jugé devant un tribunal allemand », a régi l’ONG European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR), qui soutient les plaignants. Ceux-ci estiment que l’entreprise KiK est coresponsable de l’état de la fabrique, qui n’était pas aux normes en matière de protection contre les incendies : avec des issues de secours bloquées, des fenêtres barrées, et une seule sortie accessible, les ouvriers se sont retrouvés pris au piège des flammes. Aujourd’hui, les quatre Pakistanais réclament un dédommagement de 30 000 euros par personne. Bien plus que les quelque 3000 dollars par victime que l’entreprise avait promis au bout de plusieurs années de négociations avec les représentants des ouvriers et de leurs familles. Une offre finalement rejetée par ceux-ci.
Et en France ?
Mais l’enjeu va au-delà de la seule indemnisation des victimes de cette catastrophe. L’incendie meurtrier de Karachi en 2012 est malheureusement loin d’être une dramatique exception. La même année au Bangladesh, un incendie dans une usine textile sous-traitante avait fait une centaine de victimes. Et en avril 2013, l’effondrement du bâtiment du Rana Plaza, à Dacca, où travaillaient plusieurs milliers d’ouvrières et d’ouvriers textiles, a tué plus de 1000 personnes. Là encore, les victimes travaillaient pour des donneurs d’ordre principalement européens et nord-américains : Benetton, Walmart, Mango... Mais aussi pour des entreprises françaises (voir notre dossier sur l’industrie textile).
Pour autant, les entreprises donneuses d’ordre refusent toujours de reconnaître leur responsabilité juridique dans ces catastrophes et pour les conditions de travail des ouvriers de leurs sous-traitants. En France, une proposition de loi pour renforcer le devoir de vigilance des multinationales vis-à-vis de leurs sous-traitants est toujours bloquée au Parlement (Voir notre article). Après avoir été édulcorée, elle n’est pourtant plus vraiment contraignante : elle prévoit la mise en œuvre par les entreprises françaises d’un plan de prévention des atteintes aux droits humains sur leur chaîne d’approvisionnement. En cas d’événement grave, les victimes pourraient saisir une juridiction civile française pour que celle-ci vérifie si ce plan était adéquat ou non. L’entreprise allemande KiK risque pour sa part un procès en Allemagne pour violation des droits humains.
Les dépenses de lobbying des grandes firmes à Bruxelles ont augmenté de 40% depuis 2012
Le site Lobbyfacts.eu lance sa nouvelle mouture, qui rend visible l’évolution des dépenses de lobbying auprès des institutions européennes au fil du temps. Avec un constat sans appel : les dépenses des multinationales à Bruxelles ne cessent d’augmenter, notamment dans des secteurs sujets à controverse comme l’automobile, l’énergie ou le numérique.
Les scandales se succèdent, mais l’influence des milieux économiques et de leurs lobbys à Bruxelles ne se dément pas. En témoigne l’évolution des dépenses déclarées au registre de transparence du lobbying mis en place par la Commission et le Parlement européens : + 40% entre 2012 et 2016, de 76 à 106 millions d’euros, pour le « Top 50 » des plus entreprises les plus présentes dans la capitale européenne.
Ces chiffres, vous ne les trouverez pas sur le site de la Commission, qui se contente d’afficher les dernières données disponibles, sans suivi dans le temps. Le registre officiel est d’ailleurs notoirement truffé d’erreurs. C’est la nouvelle version du site Lobbyfacts.eu (une initiative de deux ONG spécialisées, Corporate Europe Observatory et LobbyControl), mise en ligne ce 1er septembre, qui permet de retracer l’évolution des dépenses de lobbying des firmes, cabinets de lobbying et autres acteurs bruxellois depuis 2012. Le site inclut aussi les informations sur les rendez-vous entre la Commission et les représentants des entreprises. Des données essentielles pour comprendre le fonctionnement du lobbying à Bruxelles et analyser les forces en présence.
Parmi les leaders du lobbying à Bruxelles, on trouve plusieurs entreprises françaises, notamment dans le secteur de l’énergie : Total, EDF et Engie. On découvre aussi que les leaders du lobbying à Bruxelles sont... deux firmes américaines, ExxonMobil et Microsoft (dans le top 3 aussi bien en 2012 qu’en 2016). Autre exemple pointé par Lobbyfacts : l’industie automobile, dont l’influence à Bruxelles est sur la sellette depuis le scandale du Dieselgate, a presque multiplié ses dépenses de lobbying par trois depuis 2011.
Si certains secteurs (énergie, chimie, internet, finance) dominent largement le lobbying à Bruxelles depuis 2012, l’évolution des dépenses des multinationales dans la capitale européenne est également fonction de l’agenda législatif et des risques qui pèsent sur elles. C’est ainsi que Volkswagen, en raison du scandale des émissions truquées, et Google, visée par trois enquêtes de la Commission pour abus de position dominante, occupent cette année les toutes premières places du classement.
Alors que se prépare la relance de l'action pour l'abrogation de la loi travail parallèlement à des initiatives sur le terrain juridique pour empêcher la promulgation des arrêtés nécessaires à la mise en pratique de la loi, Laurent Berger lui estime (dans le Monde) que « le climat social est toujours tendu », avec « un chômageextrêmement élevé et une situation préoccupante dans plusieurs secteurs » , et souhaite à propos de la loi anti-travail que « les décrets sortent pour une application concrète des droits obtenus ».
La recherche de l'unité avec la CFDT sur de telles bases est donc une impasse.
Fondamentalement, y compris dans sa dénonciation du FN les dirigeants de la CFDT se comportent en courroie de transmission du gouvernement socialiste.
La dénonciation du FN fonctionnant dans ce cas comme l'utilisation d'un repoussoir destiné à justifier un rassemblement autour de ceux qui représenteraient le "moindre mal".
Alors qu'au fonds c'est leur politique anti-sociale, pro-austérité, pro Union européenne qui fait le lit de l'extrême droite!
Le développement de la résistance aux politiques de régression ne passe décidément pas par l'alliance et la complaisance à l'égard des dirigeants de la CFDT!
Et cela ne date pas d'hier!
Et nous n'oublions les trahisons de 1995, de 2003, de 2010 ... et l'entreprise de sabotage du mouvement de ce printemps 2016!
Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.
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