Syndicat CGT Unilever HPCI France
Le SMIC, référentiel pour l’ensemble des salaires, hormis son indexation annuelle imposée par la loi, n’a été l’objet, depuis 2012, d’aucune revalorisation (revalorisation à discrétion du gouvernement, dite « coup de pouce »).
Huit ans sans revalorisation !!!
Le smic, au 1er janvier 2020, c’est 10,15 Euros brut de l’heure, 1 539,42 Euros brut mensuel, 1 219,00 Euros net mensuel ; +15 Euros net par mois par rapport à 2019.
Selon la DARES (service de recherche statistique du ministère du travail), au 1er janvier 2017, 10,6% des salariés français étaient payée au niveau du SMIC ; soit 1,65 million. Leur nombre augmente ! Ils étaient 1,6 million un an plus tôt !!!
En 2014, avec une progression de 1,25% sur 1 an des rémunérations, le salaire moyen des 18,8 millions de salariés non-cadre, 82% de la population active, s’élevait à 1 541 Euros brut mensuel, soit 6,6 % de plus que le SMIC d’alors (source Randstad). La progression des salaires ne cesse de fléchir et c’est toujours une réalité aujourd’hui !
Pour les quelques 5 000 000 de fonctionnaires, depuis 10 ans, ce sont des salaires bloqués, hormis deux hausses, en juillet 2016 et février 2017 ; des hausses de 0,6% !! Pour un fonctionnaire débutant, au plus bas de l’échelle indiciaire c’est un traitement brut de 1 533,63 Euros. Un traitement inférieur au SMIC !!! C’est le développement, comme dans le privé, du salaire au mérite, de primes divers échappant aux cotisations sociales, d’une retraite additionnelle (complémentaire) assise sur les primes…
Aujourd’hui, pour un fonctionnaire de catégorie moyenne, le blocage de la valeur du point d’indice qui perdure depuis 10 ans génère un manque à gagner mensuel de l’ordre de 160 euros !!!
Augmenter les salaires c’est une urgence économique et une urgence sociale. Une urgence économique, car le salaire c’est de la consommation, de la production, de l’emploi, et une urgence sociale d’autant que le seuil de pauvreté est de 1041 Euros, à moins de 170 euros du SMIC net pendant que en 2018, les entreprises du CAC 40 réalisaient 88,5 milliards d’Euros de profit (90 milliards de profit en 2019 et 60 milliards de dividendes versés aux actionnaires).
A cette question des salaires, le gouvernement répond « pouvoir d’achat » et « partage des richesses », rejetant par la même, implicitement, toute hausse de salaire !
Dans ses vœux aux français pour 2020, Macron dit « mettre le travail et le mérite au cœur » de son action, qu’il a été fait, par son action, « pour que le travail paye mieux » et de citer la baisse de l’impôt sur le revenu, la suppression complète de la taxe d’habitation pour une large majorité, et d’en appeler à « partager la richesse créée dans toutes le entreprises ».
Auparavant, dans l’un de ses meetings de campagne en 2017, il affirmait « pour libérer le travail, je veux qu’il soit moins cher, je veux qu’il paye mieux » et de préciser « tous les travailleurs, quel que soit leur statut ou leur catégorie, gagneront en pouvoir d’achat durant notre quinquennat ».
Ainsi dans son programme on lit « nous améliorerons le pouvoir d’achat de tous les travailleurs », « nous augmenterons le pouvoir d’achat des ouvriers, des employés et des salariés les moins bien payés ».
Faisant écho à Macron, Edouard Philippe, dans sa déclaration de politique générale, dit que l’un des pivots de « la rénovation sociale » est de « redonner du pouvoir d’achat aux actifs ».
Concrètement, pour le gouvernement, « Redonner du pouvoir d’achat » :
- c’est la déclaration de Macron du 10 décembre 2018 ; à savoir ; « Le salaire d’un travailleur au SMIC augmentera de 100 Euros par mois dès 2019 sans qu’il en coûte 1 Euro de plus l’employeur »,
- c’est une baisse des cotisations sociales salariales en 2018,
- c’est la hausse, en une seule fois, à compter de janvier 2019, du montant maximal de la prime d’activité qui initialement était programmée sur 3 ans (2019/2021),
- ce sont des heures supplémentaires défiscalisées et désocialisées,
- c’est l’exonération progressive, sur 3 ans (2018 – 2020), de 4/5éme des foyers, de la taxe d’habitation,
-c’est une baisse de l’impôt sur le revenu en 2020 (passage de la non-imposition du revenu de 9064 Euros à 10064 Euros, passage du taux d’imposition de la 1ère tranche de 14% à 11% [12,2 millions de foyers concernés, gain moyen de 350 Euros], tranche suivante, 5 millions de foyers, gain moyen 180 Euros),
- c’est un reste à charge zéro pour l’optique, les prothèses dentaires et auditives,
- c’est la recherche avec « le partage des richesses » d’un développement, d’une généralisation, de la participation, de l’intéressement, de l’actionnariat salarié ; autant d’éléments qui constituent une rémunération aléatoire liée à la profitabilité de l’entreprise, au taux d’exploitation du salarié et qui associent le salarié à la marche du capital.
Concrètement, pour le gouvernement, « Redonner du pouvoir d’achat », c’est ne pas augmenter les salaires !!!
« Nous ferons moins peser la protection sociale sur le travail pour soutenir le pouvoir d’achat » (programme du candidat Macron), « Nous réduirons le coût du travail … en baissant les cotisations sociales employeurs… » (programme du candidat Macron) et le « Je veux que nous continuions à permettre de partager la richesse créée dans toutes les entreprises » (allocution Macron du 31 décembre 2019), révèlent les trois axes d’une politique qui exclut toute hausse de salaire, qui baisse le coût du travail pour le capital, qui étatise une part de rémunération libérant d’autant le capital, qui associe capital et travail qui n’auraient qu’intérêt commun avec les dispositions d’intéressement et autres, qui augmente le salaire net et réduit le salaire socialisé transférant ainsi sur le salarié, le moyen de sa protection sociale qui est ouverte à l’assurantiel, à de nouveaux marchés pour le capital.
Outre le fait que les mesures fiscales ne touchent que les salariés imposables, que les mesures relatives à la prime d’activité (prestation sociale financées par l’impôt) ne touchent que les salariés rentrant dans le cadre de son obtention, outre le fait que ces mesures ne génèrent pas de financement de la sécurité sociale, derrière la prétendue volonté de donner du pouvoir d’achat en augmentant le revenu net, de partager les richesses créées, le capital, via ses serviteurs de l’Elysée à Matignon, n’augmente pas les salaires, cultive l’illusion pour les salariés, pousse la baisse du coût du travail pour le patronat et reporte sur le salarié le financement de prestations qui hier étaient assurées par la cotisation sociale.
Ce qui est mis en œuvre, répond au Capital, au patronat, à la recomposition de la société, à «la transformation du pays », à la construction d’une « société nouvelle » fonction des intérêts du capital telle que l’exprime le Président de la République dans son allocution du 31 décembre 2019.
Le salaire conditionne la protection sociale, la consommation, l’emploi. La hausse des salaires c’est la clef de voûte de l’édifice.
La hausse des salaires, c’est l’exigence que doivent porter de plus en plus fort les travailleurs. Cette exigence s’inscrit pleinement dans la lutte pour faire barrage à la réforme Macron des retraites.
Le Parti Révolutionnaire Communistes
2019
SOURCE :
Publié par EL DIABLO
A l'initiative de la CGT spectacle qui nous rappelle la nécessité de poursuivre les collectes :
SOURCE : L'Humanité



Publié par FSC
Décidément ça va très mal pour le contre-projet du gouvernement!
Les manifestations demeurent puissantes, les grèves se prolongent, les actions prennent des formes inattendues et originales, des secteurs entiers de l'économie sont bloqués, des convergences inhabituelles s'opèrent ... ET la détermination des travailleurs et de l'opinion ne faiblit pas!
Toutes choses qui sont un fort encouragement à poursuivre le comabt ... jusqu'au R E T R A I T !
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SOURCE : Libération

Manque de «précision», projections économiques «lacunaires»...
Dans son avis rendu public ce vendredi, la plus haute juridiction administrative estime en outre ne pas avoir eu «les délais de réflexion nécessaires pour garantir au mieux la sécurité juridique».
Voilà qui ne va pas arranger les affaires du gouvernement.
A peine a-t-il fait adopter ce vendredi en Conseil des ministres ses deux projets de loi destinés à créer un régime universel de retraite par points que le Conseil d’Etat, dans son avis publié ce même jour dézingue la manière dont l’exécutif a bouclé ces deux textes qui doivent être examinés à partir du 3 février à l’Assemblée nationale.
La majorité comptait dans les prochains jours s’appuyer sur l’imposante étude d’impact (plus de 1000 pages) pour enfin apporter des chiffres et convaincre du caractère «massivement redistributif» de cette réforme, elle va devoir, ces prochains jours, répondre aux mises en garde de la plus haute instance administrative française, pourtant peu connue pour sa rébellion…
Cette fameuse «étude d’impact»? Elle est jugée «insuffisante» pour «certaines dispositions», ne répondant pas «aux exigences générales d’objectivité et de sincérité» et manquant de «précision», pour notamment – et ce n’est pas rien – «vérifier que cette réforme est financièrement soutenable».
«Le Conseil d’Etat constate que les projections financières ainsi transmises restent lacunaires et que, dans certains cas, cette étude reste en deçà de ce qu’elle devrait être», peut-on lire dès les premières pages de l’avis. Et les conseillers de poursuivre : «Il incombe au gouvernement de l’améliorer encore avant le dépôt du projet de loi au Parlement, poursuivent les magistrats, en particulier sur les différences qu’entraînent les changements législatifs sur la situation individuelle des assurés et des employeurs, l’impact de l’âge moyen plus avancé de départ à la retraite […] sur le taux d’emploi des seniors, les dépenses d’assurance-chômage et celles liées aux minima sociaux». Rien que ça.
Soufflante
Par ailleurs, si les juristes se félicitent des longues «concertations» menées depuis le printemps 2018, ils regrettent l’«urgence» des avis demandés aux différents organismes compétents en la matière et se couvrent en cas d’inconstitutionnalité du texte. Selon eux, l’empressement du gouvernement à vouloir leur avis en trois semaines pour présenter ces projets de loi en Conseil des ministres cette semaine, ainsi que les nombreux ajouts en cours de route n’ont «pas mis à même (le Conseil d’Etat) de mener sa mission avec la sérénité et les délais de réflexion nécessaires pour garantir au mieux la sécurité juridique de l’examen auquel il a procédé». «Cette situation est d’autant plus regrettable, poursuivent-ils, que les projets de loi procèdent à une réforme du système de retraite inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour les décennies à venir un système social qui constitue l’une des composantes majeures du contrat social». En langage juridique, c’est bel et bien une soufflante.
Le Conseil d’Etat torpille au passage le slogan présidentiel («chaque euro cotisé ouvre les mêmes droits pour tous») : cet «objectif […] reflète imparfaitement la complexité et la diversité des règles de cotisation ou d’ouverture de droits définies par le projet de loi». Il doute également de la «lisibilité» revendiquée par le gouvernement puisque «le choix d’une détermination annuelle de chacun des paramètres du système […] aura pour conséquence de limiter la visibilité des assurés proches de la retraite sur les règles qui leur seront applicables». Enfin, il raye carrément l’engagement que comptait prendre le gouvernement dans ce texte d’une promesse de revalorisations des enseignants et des chercheurs pour qu’ils ne figurent pas dans le camp des perdants de cette réforme. «Sauf à être regardées, par leur imprécision, comme dépourvues de toute valeur normative, ces dispositions (sont) contraires à la Constitution». Au revoir…
«Le projet de loi ne crée pas un régime universel»
Autre risque constitutionnel : le trop-plein d’ordonnances (29 en tout). «S’en remettre» à un tel instrument pour définir des «éléments structurants du nouveau système de retraite fait perdre la visibilité d’ensemble qui est nécessaire à l’appréciation des conséquences de la réforme», disent les juges.
Plus embêtant encore pour le gouvernement, l’institution bat en brèche l’idée d’un grand soir de l’universalité : «Le projet de loi ne crée pas un "régime universel de retraite" qui serait caractérisé, comme tout régime de sécurité sociale, par un ensemble constitué d’une population éligible unique, de règles uniformes et d’une caisse unique».
Aïe… Si le gouvernement crée bien le même système pour les salariés du public et du privé, il maintient à l’intérieur «cinq régimes» (salariés; fonctionnaires, magistrats et militaires; salariés agricoles; non-salariés agricoles; marins) et «à l’intérieur de chacun de ces régimes créés ou maintenus», il met en place des «règles dérogatoires à celles du système universel».
L’exécutif va donc devoir bien mieux «justifier» pourquoi il garde ces «différences de traitement […] entre assurés relevant du système universel de retraite et rattachés, le cas échéant, à des régimes distincts».
En tout cas, les navigants aériens qui pensaient avoir sauvé leur caisse complémentaire pour financer des départs anticipés sont rattrapés par le principe d’égalité : elle «serait ainsi la seule à bénéficier d’une compensation apportée par les ressources du système universel afin de financer à l’avenir des avantages de retraites propres», fait remarquer le Conseil pour qui «aucune différence de situation ni aucun motif d’intérêt général ne justifi(e) une telle différence de traitement». Conclusion : «Elle ne peut être maintenue dans le projet de loi.»
Le gouvernement pourra néanmoins se rassurer en se disant que le nouvel «âge d’équilibre» qu’il compte instituer, le fonctionnement «en points» proposé, les durées de transitions définies, la fin des régimes spéciaux, les droits familiaux, les mécanismes de réversion ou encore les compétences offertes à la future «gouvernance» dirigée par les partenaires sociaux devraient – sauf surprises – passer sans problème le circuit du Conseil constitutionnel. A condition de résister aux oppositions parlementaires qui, elles, vont se nourrir des arguments du Conseil d’Etat pour réclamer un report ou l’abandon de cette réforme.
Valérie Rabault
Publié par FSC

La presse rapporte que les organisations syndicales (à l'exception bien sûr de la CFDT de Laurent BERGER), la direction de la CGT s'interrogent sur l'opportunité de participer à la conférence pour le financement de la contre-réforme des retraites qui doit débuter le 30 janvier.
Mais une chose serait qu'une conférence se tienne pour plancher de manière loyale sur le financement des retraites, n'écartant AUCUNE solution.
Autre chose avec cette conférence ci mise sur pied de concert avec la CFDT après la manipulation sur soit-disant " ligne rouge" à propos de " l'âge pivot " corsetée par les exigences du pouvoir macronien.
Une participation qui de surcroît et de fait signifierait une acceptation de la contre-réforme par points puisque la mise en place de ladite conférence est totalement liée à la mise en oeuvre de la contre-réforme elle-même, comme le stipule le point 5 de la lettre d'E. PHILIPPE du 11 janvier aux organisations syndicales.
E. PHILIPPE prenant la peine de préciser que l'invitation à participer à cette conférence s'adresse aux " partenaires sociaux qui participeront à la gouvernance du futur futur système".

La poursuite de la lutte pour le RETRAIT de la contre-réforme n'est donc pas compatible avec la participation à ce piège du pouvoir macronien mis en place de concert avec la CFDT
Et ce qui compte et sera décisif ce sont les actions s'inscrivant dans la durée comme celles qu'a prévu l'intersyndicale nationale mercredi 29, précisément à la veille de la conférence PHILIPPE-BERGER.
Il y a des moments où la chaise vide correspond pleinement aux intérêts des travailleurs loin des compromissions de salon dans le dos des salariés et du peuple!
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Finalement acceptée par le gouvernement après une proposition de la CFDT, la conférence de financement vise à trouver d’autres solutions d’équilibre financier au système de retraites qu’un recul de l’âge de départ. Mais le Premier ministre a posé ses conditions : pas de hausse des cotisations patronales, et pas de baisse des pensions de retraite.
« J’entendais Monsieur le Premier ministre dire ‘on est honnête, on est dans le dialogue » raille Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT. Pour lui, l’organisation de cette conférence n’est pas forcément un pas de fait vers les partenaires sociaux, au contraire.
« La CGT, qui était dans la délégation, rencontre le Premier Ministre vendredi il y a quinze jours. Je lui dis : il faut tout mettre sur la table. Notre projet, votre projet, comment on finance. Il me dit que c'est une bonne idée » raconte Philippe Martinez. Lors de cette concertation, Édouard Philippe accepte que la CGT « amène des experts indépendants, proches de nos idées ». « Et le lendemain on reçoit un courrier qui nous dit ‘pas question de parler du coût du travail’ » dénonce le secrétaire général.
Une méthode qui n’a pas plu aux militants et aux grévistes proches de la CGT, et qui font hésiter le syndicat à participer à cette conférence de financement. « Ce n’est pas un vrai débat parce qu'il y a des sujets interdits : c'est ça qui nous fait réfléchir, et la mauvaise foi du 1er ministre » détaille Philippe Martinez. « Quelle est la loyauté du dialogue ? »
Publié par FSC
Et pendant ce temps là MACRON qui hurle contre les actions "violentes" de nos camarades de l'énergie.
En Corse, ... mais pas seulement !
Nul doute que dans la population on saura faire le tri entre la politique violente du pouvoir contre le peuple et les actions pour défendre ses intérêts!
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Nouvelle action de la la CGT Energie Corse contre la réforme des retraites. Les agent ont procédé dans la nuit de jeudi à vendredi à une intervention technique afin de faire bénéficier l'ensemble des usagers corses de tarifs heures creuses.
Yannick Boutry, membre du syndicat, estime cette opération à un montant de 150 000 euros par jour. "Une perte pour l'entreprise, mais une action forte pour les usagers, particulièrement dans une région où le coût de la vie est extrêment élevé. Les factures de nos usagers seront bien moins élevées".
Radars coupés la semaine dernière, tarifs heures creuses, les agents multiplient les actions sur le territoire et entendent "monter au créneau si le projet de réforme est maintenu".
Publié par FSC
Ce vendredi 24 janvier, le Conseil des ministres a validé la réforme des retraites, alors que, selon la CGT, 1,3 millions de personnes ont manifestés contre ce projet. Avec un âge d'équilibre à 65 ans et un discours très offensif et menaçant pour les grévistes.
Bien sûr, ce n’est pas une surprise : Le Conseil des ministres de ce 24 janvier a validé la réforme des retraites. Le texte, en réalité deux texte séparés, devra passer maintenant devant le parlement. En Février 2020 pour un vote durant l’été. Dans l’intervalle, une conférence des financeurs sera lancée le 30 janvier en vue de présenter au gouvernement des pistes pour « atteindre l’équilibre financier de l’ensemble des régimes de retraite de base en 2027 ». En d’autres termes, le gouvernement entend imposer sa réforme en cherchant de passer outre la mobilisation, qui dure depuis maintenant 51 jours et alors qu’1,3 millions de manifestants se sont mobilisés ce 24 janvier.
Le très long texte, très technique, masque mal les points qui crispent l’ensemble du mouvement social, largement soutenue par la population. L’âge pivot dit « paramétrique » a été retiré temporairement, certes, affichant qu’il n’y a pas de remise en cause « officielle » du départ à la retraite à 62 ans.
Toutefois, en entrant dans le détail, d’ici à 2037, l’âge d’équilibre est fixé à 65 ans. Or, une décote et une surcote de 5% par an est prévue ! Ainsi donc, pour partir à la retraite à 62 ans, la retraite, nouvelle formule avec donc une prise en compte de l’ensemble de la carrière et non plus des 25 meilleures années ou des 6 derniers mois, sera sabordé de 15% !
Plus encore, pour les travailleurs les plus précaires, la retraite à l’âge d’équilibre, c’est à dire 65 ans, sera synonyme de pensions promettant la précarité jusqu’à la tombe ! Ainsi, la question des bonus (+5% jusqu’à 66 ans, +10% jusqu’à 67 ans etc.) deviendra une obligation pour l’immense majorité de la population.
Voici donc le résultat de la « victoire » si fièrement claironné par Laurent Berger ! Pas d’âge pivot, certes, mais un âge d’équilibre qui revient dans les faits à une augmentation de l’âge de départ à une retraite qui sera toutefois promesse de précarité. Sauf pour celles et ceux qui auront les moyens de « capitaliser » durant leur carrière, bien entendu.
Avec de pareilles annonces, il est clair que le contexte social ne risque pas de s’apaiser, alors que 61% de la population veut le retrait de la réforme, et que 7 sondés sur 10 se déclare favorable à la poursuite du mouvement, selon un dernier sondage BVA publié ce vendredi.
La volonté est donc bel et bien de passer en force, malgré toutes les gesticulations de Macron pour nous inciter d’aller donc « essayer la dictature », en réponse à ces accusations d’imposer sa réforme. Et pour imposer sa réforme, Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, à donner les grandes lignes de la méthode voulue par Macron.
Ainsi, le président a fustigé les soit disant « actes de violence et la radicalité de certains blocages » et appelant « à la plus grande fermeté à l’égard de leurs auteurs ». Une ligne devenue un grand classique de la macronie, celui de s’imposer par la matraque et la répression judiciaire.
En soi, la mobilisation en forte hausse ce 24 janvier est une première réponse à la fermeté du gouvernement. Tout comme l’ensemble des actions de blocages ou autres coupures de courant, méthodes légitimes des travailleurs en lutte.
A ce titre, si les taux de grèves sont en baisse – comment pourrait-il en être autrement après plus de 50 jours de lutte ? - la question qui se pose est celle de s’appuyer sur ce rebond de mobilisation dans la rue, pour la transformer en grève active, notamment par l’entrée en grève reconductible, pour prendre le relai des secteurs mobilisés depuis près d’un mois et demi, offrir un nouveau souffle pour reconstruire une dynamique de grève majoritaire. Car c’est bien en généralisant la grève au privé que l’on pourra construire une grève générale nécessaire pour faire plier un Macron.
Publié par FSC
Les manifs se succèdent et ne se ressemblent pas. Si celle du 16 janvier était loin d’être un baroud d’honneur, la journée de grève et la manifestation parisienne du 24 confirment que le mouvement n’est pas mort. Loin de là.
Alors, bien sûr, si l’on prend comme élément de comparaison la paralysie quasi-complète des transports franciliens des dernières semaines, on pourrait dire qu’on est passés à une autre phase. Il n’en reste pas moins que la RATP était extrêmement perturbée, aujourd’hui, en raison du taux de grévistes chez les conducteurs et les machinistes, alors que d’autres secteurs sont en train de s’insérer dans la mobilisation. Serait-ce une prise de relais ? Les prochains jours le détermineront, mais à voir la nervosité gouvernementale, il est clair que cette hypothèse n’est pas complètement hors-sol.
L’impact est peut-être moins visible qu’au niveau des transports en commun, mais la grève était bien à l’ordre du jour, en Île-de-France, pour ce 51ème jour de mobilisation depuis le 5 décembre et pour cette 7ème journée nationale de grève interprofessionnelle appelée par l’Intersyndicale depuis le début du mouvement. C’est en ce sens, également, qu’il s’agit d’une séquence historique. Que Macron s’égosille, que ses flics déploient leurs armes avec ostentation, que certains ministres montrent leurs muscles alors que d’autres promettent le dialogue et des amendements dans le débat parlementaire et les négociations avec les partenaires sociaux, rien n’y fait. La rue, elle est à nous !
Le premier élément qui confirme l’enracinement de la mobilisation reste la taille et le dynamisme du vaste cortège de tête de jeunes et de grévistes organisés autour de leurs établissements, universités, dépôts, gares et lieux de travail. En début de manif, donc, devant le carré de tête syndical officiel, soigneusement entouré par un solide SO, un long défilé de grévistes, très remontés contre Macron et son monde. En effet, ce n’est plus seulement la réforme des retraites présentée ce vendredi en Conseil des ministres qui est en ligne de mire : c’est bien le choix de société dont elle est symptomatique qui est contesté par, littéralement, « tout le monde ».
Le président est conspué dans les cortèges, suivi de près, dans le Top 10 de la détestation, par Jean-Michel Blanquer, son ministre de l’Education, pourtant l’un des plus populaires du gouvernement jusqu’à il y a peu. Les profs, en effet, ont constitué une bonne partie de ce début de manif parisienne, arrivée à 15h, Place de la Concorde, alors que la fin du cortège syndicale, que clôturait ce jour la CGT, était encore bien loin derrière, sur les quais. Etablissements en lutte, regroupements par arrondissements ou localités, banderoles départementales, à l’instar de celle des enseignantes et enseignants du 95, très mobilisés, les écoles, collèges et lycées étaient au rendez-vous. Tous les personnels d’ailleurs, revendiquaient sur leurs panneaux et encarts de faire partie de ces « 0,1% » de profs opposés, selon le ministre, à sa nouvelle mouture du bac. Les E3C, d’ailleurs, n’ont pu se tenir, ce jour, que sous escorte policière, à l’instar du lycée de Lisle-Adam, dans le Val-d’Oise, occupé par les flics pour que les épreuves se tiennent. Au final, « 0,1% », ça fait beaucoup de manifestantes et de manifestants.
La Coordination RATP-SNCF a su également drainer derrière elle des grévistes des deux secteurs, mais bien au-delà, compte tenu du dynamisme du cortège, au départ de la Place de la République. Devant et derrière, des milliers de profs et d’étudiants du supérieur, qui avec sa banderole de fac, voire même d’UFR, qui défilant avec les collègues du secondaires. En tout état de cause, la jeunesse et l’enseignement supérieur, rentrés sur le tard dans la mobilisation, étaient au rendez-vous. L’un des éléments nouveaux, par rapport aux mobilisations précédentes, est la présence remarquée des précaires de l’enseignement supérieur, variable d’ajustement de l’université 2.0 qui s’est consolidée à l’ombre des gouvernements sous Chirac, Sarkozy puis Hollande et dont le modèle fait eau de toutes parts.
Interpros, du 20ème, du 92, de Montreuil-Bagnolet, se partageaient le reste du cortège, avec les grévistes des lignes de lignes de métro et de RER qui maintiennent la pression. Partout, la fierté d’accumuler au compteur 7, 15 voire 51 jours de grèves, et la volonté affichée d’aller jusqu’au retrait. Un mouvement historique, en ce sens, également : alors que le texte vient tout juste d’être présenté officiellement en Conseil des ministres, avec son lot de nouveaux coups tordus, comme la retraite à 65 ans, la grève et la contestation sont toujours profondément inscrites dans le paysage.
Parmi les secteurs particulièrement mobilisés et défilant dans le cortège de tête ou entre les ballons syndicaux, on notera, également, « toute la culture dans la rue », avec les bibliothèques et les musées, l’Opéra et la Comédie française, les salariés de la ville de Paris, avec en particulier les conservatoires « en luth », le ministère du Travail, mais également les travailleuses et travailleurs de l’énergie qui ont été à l’origine de très sérieuses opérations coups de poing, des aéroports de Paris et d’Air France, avec un gros cortège de la CGT 94, ainsi que le nettoiement et les égoutiers de Paris. Partout le même slogan : la guillotine de Louis XVI pourrait reprendre du service en 2020, et Macron n’a qu’à bien se tenir.
Autre élément notable, différent de la mobilisation du 16 janvier : la taille des cortèges syndicaux. On sent que les directions ont tenu à mobiliser plus conséquemment, avec des cortèges départementaux fournis de la FSU, mais aussi et surtout de la CGT, en fin de manif, avec quelques départements particulièrement représentés, comme le Val de Marne.
Le chiffrage de la CGT donne 350000 manifestants. Le cabinet « indépendant » Occurrence, relayé par les médias, en aura dénombré plus de dix fois moins, 38.400. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que tant au niveau national, avec 1,3 millions pour la CGT contre 800.000 il y a huit jours, qu’au niveau parisien, la journée du 24 marque, si ce n’est un rebond, du moins un enracinement de la conflictualité et laisse à voir, dans la rue, le niveau d’opposition que doit affronter le gouvernement dans le pays.
Les actions qui vont se poursuivre, d’ici à mercredi prochain, nouvelle journée de mobilisation, seront un test pour évaluer la capacité de persistance de cette radicalité hors-norme, à Paris comme en région. En attendant, pour en finir avec les tergiversations, les hésitations et les calendriers saute-mouton de l’Intersyndicale, les grévistes et les secteurs en lutte depuis le début tout comme ceux qui sont rentrés depuis moins longtemps dans la mobilisation ont tout à gagner à s’organiser eux-mêmes pour faire valoir leurs revendications contre Macron et son (im)monde. Et le gouvernement est loin d’avoir gagné la partie.
Publié par FSC
Une information qui jette un éclairage particulier sur un dirigeant et une organisation qui prétend donner des leçons de tolérance, de débat démocratique ...

Une affaire effectivement qui tombe mal pour la CFDT comme le déplore le Figaro
Tandis que sur RT :

Alors que le patron de la CFDT, Laurent Berger, fustigeait fermement l'intrusion d'opposants au QG du syndicat le 17 janvier, la centrale a été condamnée pour un coup de force similaire à l'encontre de ses propres militants au sein d'une section. Un couac pour la CFDT. Le Canard enchaîné révèle le 22 janvier que le syndicat dit réformiste qu'est la CFDT a été condamné le 16 janvier pour violence envers ses militants. «Des gros bras», précise le journal, avaient en 2015 «fracturé les portes des locaux du syndicat des Grands magasins pour le placer sous administration provisoire et faire, au passage, main basse sur ses comptes bancaires».
Le tort de ces militants aux yeux de la CFDT ? S'être opposés à des directives nationales du syndicat, notamment sur le travail du dimanche, selon Le Canard enchaîné. D'ailleurs, leurs prises de position publiques contre la CFDT n'auraient pas du tout plu à Laurent Berger, selon Le Figaro. Après l'épisode des gros bras, les syndicalistes ont de fait décidé de porter plainte contre leur centrale. Le 16 janvier, quatre ans après les faits, la cour d'appel de Paris a donné raison aux militants de la section. Dans son jugement, il est précisé que «La CFDT a outrepassé les pouvoirs qu’elle tient de ses statuts» et qu'il «ne ressort pas des statuts de la CFDT ni de son règlement intérieur dans sa version en vigueur à l’époque des faits que la confédération avait le pouvoir de mettre un syndicat confédéré sous administration provisoire ou sous tutelle». Ironie de l'histoire, au lendemain de ce jugement, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger dénonçait l'intrusion, au QG du syndicat, de militants opposés à la CFDT et à la réforme des retraites. Laurent Berger avait ainsi dénoncé dans un tweet l'«agression» verbale et physique dont auraient été victimes les salariés de la CFDT. «Nous condamnons cet acte et nous ne nous laisserons pas intimider», a-t-il ajouté.
La section, qui a obtenu gain de cause, s'est exprimée après le jugement en raillant l'attitude de Laurent Berger : «Ce que Laurent Berger dénonce dans les médias est le strict reflet de ce que nous avons vécu avec la CFDT.»
La procédure de ces anciens cédétistes ne semble en outre pas terminée, puisque ceux-ci exigent que la CFDT «rende tous les documents qu’elle nous a volés, sous peine d’astreintes».
A SUIVRE DONC !
Publié par FSC
Plus de 400 personnes ce soir à Compiègne
suite à l'appel de la CGT
Avocats, enseignants, retraités et salariés de
l'interpro public/privé, gilets jaunes tous
ensemble.
Les grèves, ça les met en rage et ils jouent le pourrissement. Quant aux occupations, blocages, barrages, coupures et autres actions radicales aux allures subversives, ils n’en veulent à aucun prix.
C’est un tollé du camp de la bourgeoisie contre les soi-disant fauteurs « d’atteinte à la démocratie ».
Contre ce poison du dénigrement systématique et de la criminalisation véhiculés par les médias aux ordres, il faut rétablir la vérité et remettre la légitimité démocratique à sa place, dans le camp des travailleurs.
Depuis le début de l’année, Macron a tenté de sonner le glas de la grève et de siffler la fin du mouvement social. Le cœur de la lutte contre la réforme s’étant concentré dans les grèves de la RATP-SNCF, il espérait, grâce à l’entourloupe de l’âge pivot et avec la complicité de Berger (CFDT) et Escure (UNSA), sonnant la reprise, gagner définitivement la manche… et peut-être la partie.
Mais, à la base, malgré la pression et l’usure, ça résiste encore avec détermination et, depuis le coup d’envoi lancé par les danseuses de l’Opéra, des couches nouvelles entrent dans la lutte et inventent de nouveaux modes d’action tandis que des secteurs économiques essentiels entrent à nouveau dans la danse.
D’abord interloqués, mais enclins à composer avec les actions « symboliques » comme les concerts impromptus, les lancers de robes et de blouses des avocats ou des médecins, Macron et son gouvernement ont compris que de telles initiatives devenaient contagieuses et maintenaient la flamme de la combativité. Elles n’ont d’ailleurs pas tardé à trouver un prolongement dans d’autres types d’actions. Qu’il s’agisse de la visite rendue à Macron aux Bouffes du Nord, de l’entrée dans les locaux de la CFDT, ou des coupures de courant dans ces mêmes locaux mais aussi à Rungis mardi et un peu partout ce mercredi. Dans le camp de la bourgeoisie on commence à s’inquiéter sérieusement de ce que les médias appellent eux-mêmes la « gilet-jaunisation » du mouvement et à tenter de lui porter un coup d’arrêt.
En ce qui concerne la « visite » aux Bouffes du Nord, Macron, après s’être apparemment enfui en courant, n’a rien trouvé de mieux que de placer en garde-à-vue le journaliste Taha Bouhafs pour avoir émis un tweet signalant la présence du Président et un probable rassemblement d’opposants.
Plus significative pour le camp des travailleurs, il y a la réaction de Laurent Berger, secrétaire de la CFDT, qui, face à l’incursion de grévistes venus lui demander des comptes sur son renoncement à la bataille, a trouvé que la réponse adéquate était de les mettre dehors et de porter plainte. Quant au désaveu de Martinez il n’a pas manqué de susciter des réactions dans les rangs des militants de la CGT. La riposte est d’ailleurs montée d’un cran avec les coupures d’électricité dans les locaux de la CFDT, en même temps qu’à Rungis.
Mais l’escalade dans la criminalisation ne s’est pas arrêtée là. Ce mercredi 22 janvier, deux agents de la société Enedis ont été mis en garde-à-vue à Neuvic en Dordogne pour coupure sauvage d’électricité. Une soixantaine de personnes portant notamment des drapeaux de la CGT et de FO se sont réunies devant la gendarmerie de Neuvic, en signe de soutien aux deux interpellés : « la situation ne peut que se dégrader, si on se met à nous traiter comme des délinquants. On se bat contre une réforme des retraites régressive, mais on n’est pas des voyous » ont-ils déclaré.
Dans le même sens, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, renouant avec sa base, a estimé que l’interpellation de ces deux agents grévistes revenait à « jeter de l’huile sur le feu ». « Il y a deux agents en garde-à-vue à Périgueux, il y en a eu deux à Orléans, trois à Bordeaux, il y a ceux de la RATP. La conception de la négociation et de la discussion avec un mouvement de grève, c’est les gardes à vue. Je crois que ça, c’est jeter de l’huile sur le feu ». Il a accusé les autorités de « stigmatiser » la CGT.
Face à ceux qui crient à l’atteinte des règles démocratiques, il faut rompre avec l’emprise qu’exerce la domination bourgeoise pour définir ce qui est « démocratique » et ce qui ne l’est pas.
La bourgeoisie et la classe ouvrière ont, fondamentalement, des intérêts antagonistes irréconciliables. Depuis son élection, Macron est le support conscient et délibéré des attaques exigées par le capitalisme dans sa phase néolibérale, contre les travailleurs. Il n’y a plus, dans ce cadre, aucune réforme portée par le gouvernement qui puisse être autre chose qu’un coup-de-force contre les travailleurs.
C’est dans cette réalité incontournable que se situe la première source de légitimité de la lutte que mènent, depuis plus de 6 semaines, les salariés de la RATP, de la SNCF et tous ceux qui les rejoignent, raffineurs, électriciens, portuaires, enseignants… et ce, quelles qu’en soient les formes. La population s’est d’ailleurs très vite rendu compte de la dimension collective de ces luttes. Malgré les coups de boutoir répétés des médias et l’usure du temps, l’opinion publique a continué à manifester largement son soutien. Car, l’histoire n’a cessé de le prouver, lorsque des victoires, même partielles, ont été obtenues, les bénéfices se sont toujours appliqués à tous et toutes, qu’ils aient fait grève ou non et qu’ils fassent partie des générations actuelles ou futures.
Se battre pour les intérêts de sa classe tout entière est légitime, parfois même héroïque, et c’est dans ce cadre seulement que doit être examinée la question des moyens.
Le premier des moyens et le plus efficace, on le sait, c’est la grève, surtout si elle devient générale. Même si les patrons n’ont de cesse de le limiter, le droit de grève est inscrit dans la constitution. Si la grève contre la réforme des retraites est devenue la plus longue de l’histoire du mouvement ouvrier en France, ce n’est ni par romantisme, ni par entêtement de travailleurs dont les salaires sont souvent voisins du SMIC, voire inférieurs dans certains cas. Si les grévistes ont été contraints à cet « exploit », c’est parce qu’ils ont été pris en étau entre l’inflexibilité du gouvernement et les tactiques des bureaucraties syndicales, et au premier chef, celle de la CFDT.
La stratégie du gouvernement, qui a consisté à ne rien entendre et ne rien lâcher, était délibérée et se fondait sur le pari du « pourrissement » de la grève. Pari qui n’était rendu jouable que grâce à la stratégie de la négociation qui ne s’est jamais interrompue et notamment grâce au « cheval de Troie » qu’a représenté « l’âge pivot ». Forts de la capitulation de Laurent Berger et de l’UNSA, le gouvernement et les médias n’ont cessé de mettre la pression pour que la grève se termine, n’hésitant pas à interpeller la CGT en citant à tout bout de champ la phrase de Maurice Thorez en juin 1936 : « Il faut savoir terminer une grève »... C’est cette situation d’impasse qui a poussé les grévistes de tous les secteurs à rechercher des modes d’action que les commentateurs ont le front maintenant de qualifier de « jusqu’au boutisme » et que le gouvernement veut absolument criminaliser.
La réalité qui les met en rage c’est que, parmi ces moyens, certains ont un aspect plus symbolique mais d’autres sont de véritables armes politiques et pourraient avoir une influence décisive dans l’inversion du rapport de forces. En 1968, alors que Georges Séguy, secrétaire Général de la CGT s’apprêtait à appeler à la fin de la grève, Kraszucki, membre également de la CGT, missionné pour préparer les accords de Grenelle avec Chirac, secrétaire d’Etat à l’emploi, avait pris soin de lui donner des garanties en précisant que la CGT ne procéderait pas…. à des coupures d’électricité.
Nombre de gloseurs qui viennent parler dans les « débats » de BFM-TV ou autres CNEWS, prennent soin, pour justifier leur dénigrement systématique, de dire que la cause est certes légitime mais que les moyens adoptés ne sont pas acceptables, relançant ainsi le vieux débat sur le rapport entre « la fin et les moyens ». Pour mieux rendre contestables et éventuellement répréhensibles ces actions qualifiées implicitement ou explicitement de « hors la loi », on les affuble du qualificatif de « violentes » ; histoire, au passage, de faire d’une pierre deux coups et d’en remettre une couche pour dédouaner les violences policières.
Commençons déjà par dire que, ainsi que les vidéos le prouvent, ni le rassemblement aux Bouffes du Nord pour « aller chercher Macron », ni la visite dans les locaux de la CFDT pour interpeller Berger, ni les opérations de coupure de courant n’ont présenté de caractère de violence. Se rendant compte de l’exagération du propos, plusieurs commentateurs revoient d’ailleurs la caractérisation à la baisse en parlant « d’intimidation ».
Mais au-delà, et sans vouloir ici revenir sur le débat concernant les violences policières dans le cadre des manifestations, accordons-nous quelques instants de réflexion sur cette question de la « fin » et et des « moyens ». Dans son court écrit intitulé Leur Morale et la Nôtre rédigé en 1938, Trotsky répond aux « moralistes » qui reprochent aux marxistes d’appliquer la formule selon laquelle « la fin justifie les moyens ». Il leur demande alors sur quoi fonder son éthique si ce n’est sur une fin sociale ? Il renvoie d’ailleurs la balle à la bourgeoisie en faisant remarquer qu’elle ne se prive pas, sans l’avouer ouvertement, d’appliquer elle-même cette formule.
Il explique : « La classe dominante impose ses fins à la société et l’accoutume à considérer comme immoraux les moyens qui vont à l’encontre de ces fins. Telle est la mission essentielle de la morale officielle. Elle poursuit « le plus grand bonheur possible » non du plus grand nombre, mais d’une minorité sans cesse décroissante. Un semblable régime, s’il était fondé sur la seule contrainte, ne durerait pas une semaine. Le ciment de l’éthique lui est indispensable. La fabrication de ce ciment incombe aux théoriciens et aux moralistes petits-bourgeois. ».
Bien qu’écrites depuis près d’un siècle, ces phrases résonnent avec une étonnante actualité lorsque l’on voit le gouvernement se parer des plumes de l’intérêt général et de l’égalité entre tous pour justifier une réforme au profit des intérêts du patronat et des fonds de pension. Comment ne pas être frappés de leur justesse quand on voit des responsables du monde politique ou syndical recourir à des méthodes policières pour empêcher la légitime défense de travailleurs attaqués dans leurs droits les plus élémentaires.
Loin de calmer le jeu, nul doute qu’un tel abus de pouvoir et un tel mépris ne les mettent encore plus en colère !
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
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