Le géant britannique des biens de consommation Unilever envisage la vente d'un portefeuille de marques américaines de crème glacée telles que Klondike et Breyers, qui pourrait être évalué à 3 milliards de dollars, a rapporté Bloomberg News jeudi.
Les marques internationales Magnum et Ben & Jerry's ne font pas partie de la révision, selon le rapport de Bloomberg News, citant des personnes familières avec la question.
« Indemnité carburant » de 100 euros : Borne annonce de nouvelles miettes contre l’inflation
Face à la hausse des prix à la pompe et à l’inflation généralisée, le gouvernement a communiqué sur le versement d’une aide unique de 100 euros aux 10 millions de travailleurs les plus modestes. Une nouvelle provocation, bien en deçà des besoins des travailleurs face à l'inflation.
Ce mercredi, Elisabeth Borne a annoncé sur RTL le versement unique d’une « indemnité carburant » pour l’année 2023, d’un montant de… 100 euros. Une aide destinée exclusivement aux 10 millions de travailleurs les plus modestes. « Cela représente une remise de l’ordre de 10 centimes par litre » pour ceux qui font 12 000 kilomètres par an, soit « la moyenne de ce que font les Français » s’est défendu la première ministre.
La manœuvre fera difficilement oublier qu’à partir du 31 décembre prochain la remise à la pompe de 10 centimes du gouvernement prendra fin après celle du gel tarifaire quelques semaines plus tôt et que dans le même temps la macronie se refuse toujours augmenter les salaires. En outre, le versement ne sera pas automatique : pour y avoir droit, il faudra faire une déclaration sur l’honneur via le site internet des impôts début 2023, « disant que vous avez besoin de votre voiture pour aller au travail », en fournissant son numéro fiscal et sa plaque d’immatriculation.
Or, en seulement deux an, les prix de l’essence ont augmenté de plus de 60 centimes, soit plus de 50%. Ainsi, cette nouvelle indemnité est une nouvelle marque de mépris pour les travailleurs et les classes populaires qui subissent l’inflation.
Face aux nouvelles miettes jetées par le gouvernement, il faut opposer un programme radical pour faire face à l’augmentation des prix : plafonner les prix de l’énergie, supprimer la TVA qui pèse lourdement sur le budget des plus précaires, et surtout augmenter les salaires et les indexer sur l’inflation. Nous n’avons rien à attendre des miettes jetées par Borne ou Macron.
À l’appel de quatre syndicats du groupe pharmaceutique, un mouvement de grève est en cours depuis la mi-novembre sur une quinzaine de sites de production, les salariés jugeant les propositions de la direction insuffisantes face à l'inflation.
Comme le rapportent le quotidien du Parti communisteL'Humanitéet le média Euractiv, un mouvement de grève d'ampleur est à l'œuvre au sein de l'entreprise pharmaceutique Sanofi et entre sur certains sites dans sa quatrième semaine, autour de la question des salaires.
Initié depuis le 14 novembre à l’appel de quatre syndicats (CGT, CFTC, FO, CFDT), le mouvement touche une quinzaine de sites de production de l’entreprise pharmaceutique française et serait suivi par 2 500 à 4 000 salariés selon la CGT, l'entreprise donnant une fourchette plus basse de 600 à 900 grévistes.
Le conflit porte, comme dans de nombreuses autres entreprises, sur les augmentations salariales, les grévistes réclamant une hausse de 10% en 2023, accompagnée d’une prime de 10 000 euros, alors que la direction a initialement proposé 3,5% d'augmentation et une prime de 1 000 euros. Ce désaccord a déjà occasionné de vives tensions et à un rassemblement devant le siège France de l'entreprise à Gentilly (Val-de-Marne) le 23 novembre, donnant lieu à des échauffourées entre les forces de l'ordre et les manifestants.
Ils ne réclament pas la lune
Les négociations annuelles obligatoires (NAO) ont à nouveau achoppé le 1er décembre, la direction proposant cette fois 4% d'augmentation et une prime de 2 000 euros, selon un délégué syndical CGT cité par L'Humanité. «En 2021, le géant pharmaceutique a pourtant enregistré des bénéfices gargantuesques», relève le quotidien, rappelant que le groupe a engrangé «6,2 milliards d’euros de profits et versé plus de 4 milliards d’euros à ses actionnaires».
«En 2021, le bénéfice net de Sanofi était en hausse de 11,8% et s’élevait à 8,21 milliards d’euros», note pour sa part Euractiv. Le 1er décembre également, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinezs'est rendu sur le site de Sisteron(Alpes-de-Haute-Provence) pour apporter son soutien aux manifestants, estimant qu'«ils ne réclament pas la lune», mais simplement «de quoi pouvoir manger et vivre dignement».
La grève se poursuivait ce 5 décembre sur la quinzaine de sites touchés, dont ceux du Trait (Seine-Maritime), a indiqué la CGT du groupe dans un tweet évoquant le blocage de poids lourds au petit matin.
La mobilisation se poursuit aussi à Montpellier (Hérault), rapporte le collectif Le Poing Levé, affilié au média de gauche radicaleRévolution Permanente. «Il y a un blackout volontaire des médias français, il y a une vraie censure» a dénoncé auprès de ce dernier Jean-Louis Peyren, coordinateur CGT à l’échelle du groupe, jugeant anormal de voir ce conflit largement passé sous silence, à l'exception de médias régionaux.
Le Parti communiste a apporté son soutien aux grévistes du site de Gentilly ce 5 décembre. «Nous sommes en grève depuis 22 jours pour revendiquer ce dont on a besoin, c'est-à-dire 500 euros nets par mois [...] et l'embauche de nos collègues en précarité», a fait valoir Josefa Torres, élue CGT au CSE (conseil social et économique).
La députée insoumise Nathalie Oziol avait apporté son soutien aux salariés montpelliérains le 2 décembre, jugeant que «ce sont les patrons de Sanofi qui mettent en danger la production de médicaments dans ce pays» en refusant d'augmenter les salaires, en référence aux difficultés d'approvisionnement actuelles en paracétamol et en amoxicilline.
Face à la détermination des salariés grévistes, l'entreprise a revu ses propositions à la hausse le 2 décembre, mais celles-ci seraient «encore loin des attentes des salariés et organisations syndicales», selon L'Humanité. «Entre patronat et syndicats, le dialogue semble rompu», estime pour sa part Euractiv.
L'entreprise pharmaceutique a fait l'objet de nombreuses critiques pour son échec à mettre au point rapidement un vaccin contre le Covid-19, que les syndicats et certains élus ont expliqué par les suppressions répétées de postes décidées ces dernières années dans les effectifs de la recherche.
Grève chez Sanofi : « il faut que les salaires soient indexés sur l’inflation ! »
Depuis le 14 novembre, les salariés de Sanofi sont en grève pour des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail. Reportage sur le site de Vitry d’une grève qui s’installe dans la durée.
Le piquet de grève est monté dès 6h du matin, alors que les températures flirtent avec le zéro. Pas de quoi entamer la détermination des grévistes, qui continuent leur mouvement pour des augmentations salariales. Pour tous les grévistes, une chose est sûre : jamais pareille mobilisation n’avait été vue chez Sanofi à l’échelle nationale. Il faut dire que 16 sites sont mobilisés sur les 28 que compte le groupe en France : « c’est la première fois que l’ensemble des sites se mobilise pour une même cause » témoigne Sacko Kefing, élu CGT au CSE du centre de production de Vitry (Val-de-Marne). « Ça réchauffe les cœurs », témoigne Marie, salariée depuis quatorze ans sur le site, qui n’avait « jamais connu ça ».
Le site, situé à quelques kilomètres de Paris, est important pour Sanofi : c’est le seul à produire le vaccin anti-Covid du groupe, avec plus de 2000 salariés dont 600 à la production. Le site produit aussi des médicaments anticancéreux et des traitements pour le cholestérol. Sur le site, entre 110 et 120 salariés de la production sont en grève, bien au-dessus des 4 % de grévistes décrits par le groupe, qui cherche à invisibiliser le mouvement en déclarant que celui-ci n’a aucun impact. Pourtant, depuis le début de la grève, trois lots de médicaments ont du être jetés à la benne : deux lots de vaccins anti-covid et un lot de d’anticancéreux. A chaque fois, c’est un mois de travail qui est jeté, mais la direction préfère cela que d’augmenter les salaires de ses employés.
La mobilisation s’est déclarée après les propositions de la direction du groupe sur les augmentations de salaire, lors des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) : après dix ans de quasi gel des salaires (ils ont été augmentés deux fois de 1%), la direction a cette fois proposé 4 % d’augmentation générale. Bien insuffisant pour les salariés, qui réclament 500€ d’augmentation et l’indexation des salaires sur l’inflation : « Il faut que les salaires suivent le coût de la vie, avance Josepha Torres, de la CGT. Il faut indexer nos salaires sur les coûts réels, pas l’inflation officielle qui est bien en dessous. Il faut que ce soit les travailleurs eux-mêmes qui contrôlent les prix. La guerre elle a bon dos, mais les loyers cela ne dépend pas de l’Ukraine, et pourtant ils augmentent ».
Il faut dire que l’inflation frappe durement les salariés : Moussa*, 2 ans de boîte, témoigne ne pas avoir encore allumé les radiateurs : « les enfants mettent des doubles chaussettes, des doubles pyjamas. Je paye 150€ d’électricité par mois, on a pas les moyens pour le chauffage ». De son côté, Stéphane a vu le prix de son caddie augmenter : « je fais les courses pour ma grand-mère et c’est au produit près toujours les mêmes courses. Durant les derniers mois, son caddie est passé de 55€ à 70€ ». Pour beaucoup, les augmentations de salaires deviennent une urgence vitale, pour se chauffer comme pour se nourrir. En 10 ans, alors que l’inflation progressait d’environ 10 %, les salaires n’ont été augmenté que de 2 %. C’est donc non seulement l’inflation de l’année 2022 qu’il s’agit de rattraper, mais aussi dix ans de baisse de salaire réel.
Au-delà des salaires, ce sont aussi les conditions de travail et le manque considération qui sont au cœur du mécontentement. Josepha regrette ce qu’il s’est passé durant le Covid : Sanofi avait alors refusé pendant longtemps de produire les vaccins de ses concurrents, préférant développer le sien. « On aurait pu mettre toute notre énergie à fabriquer plus de vaccins » regrette la syndicaliste. A propos du vaccin Sanofi, c’est un sentiment de gâchis qui prédomine parmi les salariés : le groupe, en retard, n’a reçu l’autorisation d’utilisation par l’Union européenne qu’en novembre, bien après ses concurrents. Et si Sanofi produit aujourd’hui des millions de doses, c’est avant tout pour répondre aux commandes déjà signées. Les salariés, eux, doutent de l’utilité même de leur production : « je ne sais même pas si ce que l’on fait va servir à quelque chose » regrette un gréviste.
Tout le dévouement fourni par les salariés lors des premières vagues de covid semble bien loin, tant la direction du groupe exprime un manque de considération à leur égard. Sandrine, 33 ans de boîte, dénonce « un sous-effectif permanent, une surcharge de travail, une demande de polyvalence et de flexibilité ». Dans certains bâtiments, l’entièreté du travail se fait sous atmosphère contrôlée, c’est-à-dire avec une pression plus importante, condition nécessaire pour empêcher toute contamination des lieux de production. Et quand ce genre de travail pénible était autrefois partagé entre plusieurs postes, certains passent jusqu’à huit heures par jour dans ce genre d’environnement, avec des conséquences importantes pour la santé (par exemple sur la vue, les yeux étant particulièrement sensibles aux changements de pressions). Pour d’autres, la pénibilité est encore plus importante : « On a des gars qui portent des sacs de 25kg, d’autres qui poussent des chariots de 500L : ils se cassent le dos, c’est ça nos conditions de travail » dénonce Sandrine.
Demain encore, les salariés continueront leur mouvement, avec le reste de leurs collègues sur les autres sites. « On ne s’arrêtera pas tant qu’on n’aura pas eu d’augmentation ! », prévient un gréviste.
Issue du regroupement de mutuelles fondées il y a plus de 50 ans, Mutuelle Entrain a été créée en 2009 par des cheminots pour une véritable couverture santé mutualiste et solidaire. Cet engagement a croisé celui de la CGT-Cheminots, de ses syndicats et adhérents, dans la construction d'un courant mutualiste sur des valeurs humanistes et progressistes.
Or, en participant à Railcoop, SA de droit privé inscrite dans l'ouverture du rail public à la concurrence, Mutuelle Entrain s'éloigne des valeurs précitées. Pire, Railcoop, depuis septembre 2021, adhère à l'Union des transports publics et ferroviaires, branche patronale du Medef dans l'industrie ferroviaire. Depuis quand le Medef fait-il dans le progrès social et solidaire?
Grève pour les salaires à Sanofi : « il y a un black-out des médias français »
Depuis le 14 novembre, les salariés du groupe pharmaceutique Sanofi sont en grève. Et malgré un mouvement très suivi et 16 sites mobilisés, les grandes chaînes continuent de passer la grève sous silence.
« Il y a un blackout volontaire des médias français, il y a une vraie censure » dénonce Jean-Louis Peyren, coordinateur CGT à l’échelle du groupe. Pour lui, comme pour d’autres salariés, il y a un sentiment de colère face à la couverture médiatique de leur grève. Alors que le nombre de grévistes oscille entre 2500 et 4000 selon les syndicalistes, force est constater que les grandes chaînes d’infos ont boudé la chaîne, TF1 et France 2 en tête, les deux journaux télévisés les plus regardés. Un black-out d’autant plus assourdissant que la grève concerne le sujet qui inquiète le plus la population : celle des salaires et de l’inflation. En effet, les salariés se battent pour des augmentations de 500€ pour tous et 10% d’augmentation, indexés sur l’inflation.
Le coordinateur de la CGT, opérateur sur le site de Sisteron (Alpes de Haute Provence) explique pourtant avoir contacté différents médias, à commencer par le service public et France 2. « Je suis rentré en contact avec la médiatrice de France TV et France 2 qui me renvoie aux chaînes France 3 locales. Cela nous pose un problème : on a quand même 16 sites en grèves, avec des blocages sur certains d’entre eux, il y a un silence radio. On est une des plus grandes entreprises du CAC40, Sanofi ce n’est pas le petit Poucet ».
Quelques articles sont cependant sortis, notamment dans la presse locale, dans L’Humanité ou encore dans nos colonnes. Mais chez les grands groupes de presses, rien : ni Le Monde, ni Libération, ni Le Figaro, ni Les Echos, ni même Médiapart (qui n’a que republié une brève de l’AFP) n’ont écrit sur une grève qui ébranle pourtant le premier groupe pharmaceutique français.
Jean-Louis Peyren, entré dans la boîte en 1996, dénonce par ailleurs le double discours du gouvernement : « on a un président de la république qui demande aux entreprises de faire des efforts pour les salaires, mais de l’autre, il nous envoie les CRS face aux salariés qui étaient rassemblés devant le siège de Gentilly. Le discours présidentiel est largement partagé et diffusé par les médias nationaux avec Macron qui veut passer pour le chevalier blanc en demandant des efforts aux entreprises : ce n’est qu’une opération de manipulation de masse. » Une fois de plus, les médias bourgeois montrent clairement leur caractère de chien de garde de la bourgeoisie. Déjà, lors de la grève chez Exxonmobil et Total, les médias avaient ignoré le mouvement pendant près de 10 jours avant que les pénuries n’arrivent. Faudra-t-il attendre une pénurie de Doliprane pour que les médias s’emparent de la grève ?
Seize sites du groupe sont maintenant à l’arrêt selon le syndicaliste, qui ajoute que deux nouveaux sites devraient être bloqués par les salariés dès la semaine prochaine, afin de durcir le rapport de force.
Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.
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