Crédits photo : Jeanne Menjoulet, Flickr, CC BY-ND 2.0.
Syndicat CGT Unilever HPCI France
Quatorze propositions ont été remises par des parlementaires ce jeudi à Bruno Le Maire dans le cadre du futur projet de loi visant à « simplifier la vie quotidienne des entreprises ». Parmi elles, la possibilité de déroger aux accords de branche, qui s’apparente à une nouvelle offensive historique contre le code du travail.
Crédits photo : Jeanne Menjoulet, Flickr, CC BY-ND 2.0.
Un rapport réalisé à la demande de Bercy, emmené par deux députés de la majorité présidentielle, présente quatorze propositions visant à « simplifier la vie quotidienne des entreprises ». En écho aux déclarations de Macron, trois de ces mesures traitent du fonctionnement des « seuils sociaux ». La troisième proposition constitue la principale nouveauté et propose de « permettre aux entreprises de moins de 5 ans et de moins de 50 salariés de définir avec les salariés l’application de certaines dispositions des accords de branche ».
Plusieurs ballons d’essai avaient préparé le terrain à la mesure. D’abord, Emmanuel Macron avait affirmé lors de sa conférence de presse du mardi 16 janvier qu’il voulait « donner plus de dynamique au dialogue social au niveau de l’entreprise ». Une volonté que le chef de l’Etat avait précisée à Davos, affirmant vouloir transférer « tout ce qu’on peut au niveau de l’entreprise dans les négociations », avant que le député Renaissance Marc Ferracci, ancien du cabinet de Muriel Pénicaud, ne définisse davantage les contours du projet, en affirmant ne plus vouloir étendre automatiquement les accords de branche aux jeunes et petites entreprises, afin de leur laisser plus de marge de manœuvre, notamment sur les rémunérations.
Concrètement, la majorité présidentielle veut permettre à certaines PME de déroger « provisoirement et de manière sélective » aux accords de branche, après accord individuel des salariés. Parmi les domaines concernés, les minima conventionnels (salaires) et le temps de travail. Non exhaustive, cette liste est déjà étendue au domaine du temps partiel : « il est nécessaire d’accroître la flexibilité du recours au temps partiel de manière à favoriser la création d’emplois. Le plancher d’heures hebdomadaires pourrait être revu à la baisse », insiste le rapport. Des mesures laissant peu de doute sur la nature de l’offensive : toujours moins de droits pour les salariés, et toujours plus de précarité.
L’offensive s’inscrit dans la continuité de l’inversion de la hiérarchie des normes mise en place par la loi El Khomri imposée par Francois Hollande et les ordonnances Macron en 2017. Avant cette loi, en cas de conflit entre l’accord de branche et l’accord d’entreprise, l’accord le plus favorable au salarié l’emportait. Depuis, le principe a été renversé de sorte que l’accord d’entreprise prime sur l’accord de branche. Une règle qui ne s’applique pas dans une grande majorité de domaines, où l’accord de branche prévaut toujours sur l’accord d’entreprise. Dès lors, le rapport appelle à étendre la possibilité de déroger aux accords de branche à des domaines qui jusque-là n’étaient pas concerné comme les salaires, le temps partiel.
La spécificité de la mesure réside également dans les modalités de sa mise en œuvre. Contrairement aux « accords majoritaire d’entreprises », qui permettaient de déroger aux accords de branche, le rapport parlementaire insiste sur l’« accord individuel des salariés » plutôt que l’accord collectif. Une formulation qui, loin d’être anodine, présage d’une volonté de faire peser la pression sur les travailleurs individuellement. Ce qui, en cas de refus de signer ces accords de dérogations, pourrait conduire à un licenciement ou à une mise au banc, et ne peut qu’aiguiser la concurrence les salariés, en allant toujours plus vers de moins-disant social.
Cette mesure, qui pour l’heure est réservée à certaines catégories de PME, pourrait rapidement être généralisée à l’ensemble des PME voire à l’ensemble du Code du Travail. Avec la mesure sur les seuils, elle préfigure de l’offensive majeure que compte préparer Macron autour de l’« Acte II » de la réforme des ordonnances travail qui sera présentée au printemps.
En termes d’agenda, Bruno Le Maire jugeait « important de bien découper les sujets pour être plus efficace », plaidant au Parlement pour des textes distincts, rapporte Le Monde. De son côté, le premier ministre Gabriel Attal a évoqué un seul et même projet de loi les rassemblant tous dans un entretien au Parisien le 11 février.
Si les termes de l’offensive ne sont toujours pas clairement établis, il est nécessaire que les directions syndicales se préparent à répondre à la hauteur de l’offensive à venir. Cela implique de quitter immédiatement les négociations en cours sur les Seniors. Alors que le gouvernement prépare une offensive de grande ampleur contre le monde du travail, il s’agit de rompre définitivement avec le « dialogue social ».
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
Jeudi, une femme de 66 ans est morte aux urgences de l’hôpital Simone Veil d’Eaubonne. Une nouvelle démonstration des conséquences dramatiques de la casse des services publics.
Crédit photo : capture écran vidéo Facebook de l’Hôpital Simone Veil
Josiane Destruels est décédée à l’âge de 66 ans ce jeudi 8 février, après avoir passé dix heures aux urgences de l’hôpital d’’Eaubonne dans le Val-d’Oise sans que les hospitaliers ne puissent lui administrer les soins nécessaires. L’hôpital d’Eaubonne a expliqué que la nuit du décès de Josiane avait été marquée par plusieurs urgences vitales, ce qui avait monopolisé l’équipe médicale déjà surchargée.
Ce n’est pas la première fois que l’hôpital d’Eaubonne est confronté à des décès survenus aux urgences, au mois de décembre 2022 une femme de 83 ans était également décédée après avoir attendu 44 heures. Ces cas tragiques ne sont pas propres à l’hôpital d’Eaubonne, en effet, dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre dernier, Lucas, âgé de 25 ans, est décédé aux urgences de l’hôpital de Hyères. Ces évènements mettent en lumière, les conséquences dramatique des coupes budgétaires de l’État, des fermetures successives de lits et de la concurrence entre les services publics et privés.
Le personnel hospitalier qu’on applaudissait le soir lors de la pandémie de Covid-19 est débordé, surchargé, à bout. C’est pourquoi, de plus en plus, ils se mobilisent et luttent pour dénoncer leurs conditions de travail et le manque de moyen à l’image de plusieurs hôpitaux en Bretagne, des brancardiers du CHU d’Angers au mois de décembre dernier ou bien encore du CHU de Bayonne.
En parallèle, le gouvernement cherche à faire des économies sur les dépenses de l’Assurance maladie, notamment sur les remboursement des affections de longue durée, et continue sa politique de casse de l’hôpital public. D’un autre côté, celui-ci annonce de nouvelles attaques contre les travailleurs et les classes populaires, à l’image de la nouvelle Loi travail. Face au gouvernement, il faut exiger un plan d’urgence pour l’hôpital public pour des moyens massifs et l’augmentation générale des salaires, seul moyen de répondre à la crise de l’hôpital public.
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
SOURCE : Le Marin
/image%2F0946080%2F20240217%2Fob_6b964f_marseille-fos.png)
La CGT obtient deux élus au conseil de surveillance du port de Marseille-Fos
La CGT améliore son score par rapport à 2018 et obtient deux sièges salariés, la CFE-CGC obtenant le troisième. Le prochain conseil, qui lancera de nouveaux projets de connexion électrique à quai, se réunit le 23 février.
Les élections des représentants salariés au conseil de surveillance du grand port maritime de Marseille (GPMM) le 15 février ont donné 66,63 % des voix à la CGT, en progrès de 5 points par rapport au scrutin précédent de 2018, selon le syndicat. La CGT confirme donc son bon résultat aux dernières élections du conseil social et économique (CSE) en décembre 2022.
Le troisième poste d’élu salarié, réservé aux cadres, revient au Spicpam, le syndicat des cadres et ingénieurs du GPMM, affilié à la CFE-CGC.
Le prochain conseil de surveillance se réunira le 23 février à Marseille avec, au menu notamment, le lancement de la seconde phase de la connexion électrique à quai au-delà des postes déjà équipés (Corse) ou en cours d’équipement (achèvement de la gare maritime internationale du Cap Janet cette année et du terminal croisière du môle Léon Gourret en 2025). En piste pour la seconde phase de 70 millions d’euros d’un programme global de 150 millions d’euros pour le GPMM : le poste du J4, pour les petits paquebots à côté du Mucem, la forme de réparation navale n° 10, soumise à la pression des riverains du quartier de l’Estaque, les postes rouliers du terminal Pinède et le terminal à conteneurs de Mourepiane, en balance aussi avec le terminal à conteneurs Eurofos, à Fos.
Publié par FSC
Publié par Luttesinvisibles
/image%2F0946080%2F20240216%2Fob_b83b14_capture-du-2024-02-16-11-02-33.png)
Publié par FSC
Dans une note, la CGT tire la sonnette d’alarme face aux mesures de la loi « plein emploi » qui vont accroitre la pression sur les chômeurs pour les pousser dans des emplois mal rémunérés et avec des conditions de travail dégradées.
Crédit photo : France travail
Dans un document daté du 5 février et diffusé en ligne, la CGT décortique la loi « plein emploi » du 18 décembre dernier. Allant plus loin que les réformes de l’assurance chômage de ces dernières années, ce texte constitue une offensive globale contre tous les privés d’emploi : demandeurs d’emploi inscrits à l’ancien Pôle Emploi, mais aussi allocataires du RSA, jeunes accompagnés par les missions locales, ainsi que les bénéficiaires de l’allocation adultes handicapé (AAH) et certains publics inscrits auprès des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH).
Une réforme de grande ampleur sur laquelle le gouvernement n’hésite pas à déjà surenchérir avec de nouvelles annonces, telles que la suppression de l’allocation spécifique de solidarité (ASS) ou une énième réforme de l’assurance chômage en 2024, soit la 6ème réforme en la matière en 7 ans.
La confédération insiste sur le périmètre très extensif de la loi, qui loin de se contenter des « demandeurs d’emploi », cherche à pousser à tout prix vers l’emploi un public très large composé de toutes personnes que le gouvernement considère insuffisamment productives. En transformant Pôle Emploi en France Travail, organisme placé au cœur du nouveau « Réseau pour l’emploi » qui regroupe également les missions locales, Cap Emploi pour les personnes handicapées, les départements qui versent le RSA et plus largement tous les institutions en contact avec des populations qui ne travaillent pas ou peu, le gouvernement généralise et approfondit les méthodes de mise au pas et de surveillance élaborées depuis plusieurs années pour les inscrits à Pôle Emploi, les bénéficiaires du RSA et les jeunes suivis par une mission locale.
A compter du 1er janvier 2025, toutes les personnes concernées devront signer un « contrat d’engagement » qui fixera leurs obligations en matière de formation ou de stages ». Pour les demandeurs d’emploi indemnisés et les allocataires du RSA, les actions de formation, de stage ou d’activité du « contrat d’engagement » devront atteindre le niveau d’au moins 15 heures hebdomadaires. En cas de violation de cette obligation, l’allocataire pourra être sanctionné. Le montant et la durée des sanctions doit encore être précisé par décret, mais dans tous les cas, la suspension même temporaire ou partielle d’une allocation déjà peu élevée aura nécessairement des conséquences désastreuses sur des populations par définition précaires.
Au-delà de la possibilité de sanctionner, la centralisation de tous les allocataires au sein d’un « Réseau pour l’emploi » unique permet d’inscrire la fixation du contenu des contrats d’engagement (à quelles formations et quels stages, y compris éloignés de ses aspirations, contraindre l’allocataire à participer) au sein d’une politique nationale dictée par les besoins du patronat.
La note de la CGT pointe également les mesures scandaleuses de la loi « plein emploi » en matière de handicap. Loin de prendre en compte les besoins des personnes handicapées ou malades, les nouvelles mesures œuvrent dans le sens d’un recours accru aux contrats et aux statuts d’exception qui organisent déjà aujourd’hui l’exploitation des personnes handicapées.
Ainsi, la loi nouvelle prévoit l’octroi automatique du statut de « travailleur handicapé » à tous les bénéficiaires d’une pension d’invalidé ou d’une rente d’incapacité d’origine professionnelle encore aux allocataires de l’AAH, alors qu’aujourd’hui la « reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé » (RQTH) requiert une démarche spécifique auprès de la MDPH. France Travail sera mis automatiquement au courant de l’octroi automatique de ce statut, ce qui facilitera l’orientation de ces personnes vers des emplois « adaptés », c’est-à-dire avec des contrats ou au sein de structures d’exception aux conditions d’emploi et de salaire dégradées.
Les « CDD Tremplin » pouvant durer jusqu’à deux ans pourront par exemple leur être proposés et compter comme un des deux refus d’offre d’emploi entraînant la sanction d’un demandeur d’emploi indemnisé. Certains allocataires pourraient enfin être orientés vers les ESAT (établissements et services d’aide par le travail), qui ne sont pas des entreprises mais des établissements médico-sociaux, dont la « prise en charge » consiste à mettre au travail leurs « usagers » en situation de handicap pour une rémunération comprise entre 55 % et 110 % du SMIC.
La centrale syndicale rappelle enfin que la loi « plein emploi » intervient après de multiples réformes de l’assurance chômage depuis 2017, qui ont réduit le montant et la durée de l’indemnisation par Pôle Emploi, renforcé le contrôle et les sanctions des demandeurs d’emploi, supprimé l’indemnisation en cas d’abandon de poste ou en cas de deux refus de CDI par un salarié en CDD, etc. Ces réformes successives constituent un tout cohérent, une réforme prolongée et continue du marché de l’emploi, qui vise à la fois à faire des économies sur les montants des allocations versées en réduisant les possibilités d’en bénéficier et en multipliant les cas de suspension, tout en poussant les allocataires à accepter n’importe quel emploi, quelles que soit la rémunération ou les conditions de travail.
Cette politique constitue donc un double cadeau pour le patronat : d’une part en contenant les dépenses de l’assurance chômage, financée exclusivement par les employeurs depuis la suppression de la cotisation salariale en 2018, et d’autre part en contraignant les travailleurs privés d’emploi à tout accepter, d’abord pour obtenir un emploi puis pour le conserver.
Les réformes menées par Macron en matière d’emploi depuis 2017 rappellent de façon frappante les lois Hartz, adoptées en Allemagne entre 2003 et 2005 sous la chancellerie du social-démocrate Gerhard Schröder et inspiré par le DRH de Volkswagen, Peter Hartz. « Contrat d’insertion » définissant les devoirs du demandeur d’emploi, durcissement des conditions d’indemnisation, fusion de l’allocation aux chômeurs en fin de droits (comme l’ASS en France) et de l’aide sociale (comparable au RSA), jobs à 1€ obligatoires pour les allocataires : la source d’inspiration de Macron ne fait aucun doute. Or, en Allemagne comme en France, ces politiques ont les mêmes effets : précariser toujours plus les travailleurs privés d’emplois et créer une population toujours plus importante de travailleurs pauvres. L’OIT a ainsi constaté une « déflation salariale », c’est-à-dire une baisse des salaires, à la suite de l’entrée en vigueur des lois Hartz. Alors qu’actuellement en France, plus de 17 % des salariés sont au SMIC et que les salaires réels reculent à cause de l’inflation, les réformes du marché de l’emploi ne peuvent que renforcer ce processus.
C’est pourquoi l’opposition à ces réformes de précarisation du marché de l’emploi est étroitement liée à la lutte pour l’augmentation des salaires et de leur indexation sur l’inflation. La défense des salaires ne peut pas s’arrêter à la porte des entreprises et doit aller de pair avec la revendication de la répartition du temps de travail entre tous et toutes, pour en finir avec le chômage qui livre des couches entières de notre classe à la pauvreté et est utilisé chaque jour par le patronat pour faire pression sur les travailleurs en poste.
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
Face à l’imminence du conflit chez les contrôleurs qu'elle croyait avoir bernés, la direction a convoqué cette réunion le 13 février 2024, tout en sachant que les vacances d'hiver débutaient le 10 février pour la zone C, le 17 pour la A et le 24 pour la B.
Alors que les préavis de grève avaient été déposés conformément à la loi, la SNCF, une fois de plus, n'a rien proposé ou presque dans la période dite de négociation également prévue par la loi.
Ce 13 février, en urgence, le groupe SNCF proposait:
- d'embaucher 100 agents dans la police ferroviaire pour la sécurité à bord des trains. Nettement insuffisant étant donné le nombre de circulations ferroviaires et que les contrôleurs revendiquent d'être 2 contrôleurs à bord;
-de revaloriser la prime de travail de tous les cheminots avec une priorité à l'égard des contrôleurs. Mais à voir en NAO salaires en fin d'année 2024.
La CGT a donc réaffirmé les revendications déposées dans son préavis:
- une première étape sur la prime de travail des contrôleurs pour à faire passer la prime moyenne actuelle de 590 € à 780 €, soit +190 €;
- l'exigence d'une table-ronde d'urgence sur l'ensemble des métiers;
La transposition des mesures sur l’indemnité de résidence pour les contractuels, cheminots qui ne sont pas au Statut.
En renvoyant à plus tard les réponses aux revendications des cheminots, la direction crée les conditions d’une mobilisation massive des ASCT dès ce week-end, qui pourrait s’étendre dans de nombreux métiers ou filières dans les prochains jours.
Publié par Le Mantois et Partout ailleurs
Ce 13 février, l’Humanité révélait le contenu des dernières déclarations de patrimoine du gouvernement. Près de la moitié des ministres se déclarent millionnaires. Focus sur quelques ministres représentatifs d’un gouvernement de riches.
Dans un article publié ce mardi 13 février, l’Humanité estime, sur la base de précédentes déclarations de patrimoine, qu’au moins la moitié des ministres du gouvernement actuel seraient millionnaires. Un chiffre à prendre avec distance dans la mesure où les déclarations de patrimoines des élus sont parfois sujettes à caution – on peut penser à celle rendue par Macron avant les élections de 2022 qui avait suscité des doutes, le patrimoine qu’il déclarait alors était presque dix fois moins important que celui qu’il avait déclaré en 2014 au moment d’entrer au gouvernement sous Hollande – et dans la mesure où ces déclarations de patrimoine ne sont publiées que six mois après l’arrivée au gouvernement des ministres, laissant quelques inconnues concernant les nouveaux membres du gouvernement Attal. Les chiffres de l’Humanité constituent donc l’estimation la plus basse possible de la richesse des ministres du nouveau gouvernement, mais elle donne une idée du train de vie habituel des ministres, qui n’a tout simplement rien à voir avec celui des travailleurs.
En tête du classement des ministres les plus riches, on trouve Franck Riester, ministre du commerce extérieur, doté d’un patrimoine de 10 millions d’euros. D’abord consultant au sein d’un groupe d’audit, au sein duquel il travaillait avec Éric Woerth, qui était lui aussi destiné à devenir ministre sous Sarkozy, Franck Riester a ensuite hérité d’une société de concession automobile fondée par son grand-père, comptant une dizaine d’établissements. En parallèle de ces activités, Franck Riester a commencé très tôt une carrière politique au sein du RPR, obtenant un premier poste d’élu au conseil municipal de Coulommiers dans la Marne en 1995, alors qu’il n’est alors âgé que de 21 ans. Il devient d’ailleurs maire de Coulommiers entre 2008 et 2017, est élu député en 2007 à l’âge de 33 ans, et occupe des fonctions ministérielles depuis 2018. Un proche de Macron qui n’a occupé qu’un poste de cadre avant de devenir patron et politicien professionnel en même temps, mais qui mange et dort probablement mieux que les travailleurs contraints de cumuler deux emplois pour subvenir aux besoins de leur famille.
En deuxième position, on retrouve la ministre des sports, Amélie Oudéa Castéra, nouvelle au gouvernement mais qu’on ne présente déjà plus tant elle a enchaîné les scandales en un mois à l’éducation nationale avant d’être limogée. Ancienne championne de tennis, puis haute fonctionnaire, dirigeante de sociétés du CAC 40 et directrice générale de la Fédération Française de Tennis, elle a été nommée au gouvernement en 2022 pour être ministre des sports, poste auquel elle reste à ce jour. Au cours de son bref passage au ministère de l’éducation nationale, elle a eu le temps de réveiller la haine de classe de la population : on ne la créditait à mi-janvier que de 6% d’opinion favorable !
« Symbole d’une caste privilégiée à abattre » comme elle s’est si bien qualifiée, elle a d’abord cherché à expliquer la scolarisation de ses enfants dans le privé en prétendant y avoir été contrainte par le non remplacement des enseignants dans le public. Un mensonge dénoncé par l’ancienne enseignante du fils aîné de la ministre, qui a nié la moindre absence sur les six mois au cours desquels ce dernier a été scolarisé dans une école maternelle du 6ème arrondissement de Paris, et explique que l’enfant a changé d’école après qu’un saut de classe demandé par sa famille ait été refusé par le personnel de l’établissement. Les fils Oudéa-Castéra ont depuis lors été scolarisés dans les classes non-mixtes de Saint-Stanislas, établissement scolaire emblématique de la bourgeoisie réactionnaire française où on inculque les valeurs les plus rances aux élèves, entre racisme, sexisme et homophobie, et au sein duquel le fils aîné a pu profiter du système mis en place par l’établissement pour contourner Parcoursup.
Entre cette saga et les scandales sur son mari, PDG de la société générale qui a menti alors que sa banque était au cœur du scandale des Panama Papers, et une seconde polémique autour de la rémunération qu’a touché la ministre en tant que directrice générale de la Fédération Française de Tennis qu’un rapport parlementaire l’accuse d’avoir minimisé, la ministre commençait à devenir encombrante à la tête du ministère de l’éducation nationale et a battu un nouveau record dans sa carrière sportive : celle du plus court passage de la cinquième république à ce poste. Championne des bourgeoises, elle a tout de même gardé son poste au ministère des sports, à l’approche des JO de Paris qui s’annoncent depuis déjà longtemps comme un carnage social.
Après elle, Éric Dupont-Moretti, ministre de la Justice, devenu célèbre en tant qu’avocat pénaliste médiatique, avec un patrimoine de 5 millions d’euros. À son palmarès, des soupçons de conflit d’intérêts dans ses relations avec le Parquet National Financier dans la mesure où il est un ami de Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy et cité dans les affaires Bismuth et des financements lybiens, mais aussi un « oubli » dans sa déclaration de revenus à la Haute Autorité Pour la Transparence de la Vie Publique de 300 000€ perçus au titre de droits d’auteur sur ses livres. Il est enfin accusé de comportements sexistes envers une journaliste et une magistrate, magistrate qui a ensuite fait l’objet d’une procédure disciplinaire lorsque Dupont-Moretti est arrivé au Ministère de la Justice, dans laquelle elle percevait une représaille pour ne pas avoir baissé la tête au moment des faits.
Éric Dupont-Moretti tient d’ailleurs régulièrement des propos machistes dans les médias à l’encontre des femmes dénonçant des violences sexistes et sexuelles. Dans un entretien accordé en 2019 au magazine GQ, il a par exemple développé : « L’emprise, ça existe. Mais il y a aussi des femmes que le pouvoir fait bander. La starlette qui va voir un producteur célèbre et lui dit ‘je veux devenir une star’ et l’autre répond ‘d’accord, mais tu couches’. Si elle couche ce n’est pas un viol, c’est une promotion canapé. Et j’ajoute que considérer cela, c’est faire injure à toutes les femmes qui ont le courage de dire non. » Tout un programme.
Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’Industrie et de l’Énergie, se place en quatrième position. Polytechnicien, il a été Directeur Général Délégué d’une entreprise de gestion d’actifs financiers, puis dirigeant de Groupama. Entre 2009 et 2017, il a été premier vice-président d’un des plus importants fonds de pension d’Amérique du Nord. Soutien de Dominique Strauss-Kahn, figure de la « gauche caviar » aux primaires de la gauche en 2006, il rencontre Macron en 2012, au cours d’une réunion où ils représentaient respectivement « les investisseurs » et l’Élysée. Il s’en est suivi une riche relation puisque Roland Lescure a été l’un des principaux contributeurs financiers pour la campagne de Macron aux élections présidentielles de 2017.
Enfin, Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de l’Europe, dont le père était déjà politicien professionnel : député de Haute-Loire, ministre de plusieurs gouvernements de droite, vice-président de la Commission Européenne avant de finir sa carrière en tant que membre du Conseil Constitutionnel. Jean-Noël Barrot a une soeur cadette, directrice de la communication de Uber pour le Sud et l’Ouest de l’Europe. Jean-Noël Barrot, lui, a repris le poste de conseiller départemental pour le canton d’Yssingeaux en 2015, déjà occupé par son père et son grand-père auparavant, puis il est élu député LREM avec le soutien du MoDem en 2017. Il est également Conseiller Régional d’île de France depuis 2021.
Alors que Gabriel Attal a prétendu que son gouvernement s’adressait « aux classes moyennes » qui « travaillent », cette composition fait apparaître cette adresse comme ce qu’elle est : la mise en opposition factice des travailleurs plus pauvres, qui seraient, en creux, un coût pour « notre modèle social » avec les autres salariés. En somme, une tentative réactionnaire de susciter l’adhésion à un exécutif bourgeois, dont un tiers se situe dans les 1% les plus riches, qui va mettre les bouchées doubles dans les prochains mois et années pour multiplier les attaques anti-sociale.
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
Après avoir limité les indemnités de licenciements aux prud’hommes, obligé les Français à travailler deux années supplémentaires, tué la médecine du travail, l'inspection du travail, les délégués du personnel et interdit l’abandon de poste, Macron , Attal et leurs patrons du Medef veulent maintenant supprimer la rupture conventionnelle.
Publié par Luttesinvisibles
Par ailleurs, titulaire de plusieurs mandats de la CGT sur les questions de conditions de travail, la chambre disciplinaire régionale d'Île-de-France de l'Ordre des médecins lui interdit d'exercer son métier pendant un an dont 6 mois avec sursis. Alors que le Ministère macroniste du Travail a lancé en 2023 une campagne de prévention des accidents du travail et que deux travailleur·ses décèdent, chaque jour, dans l’exercice de leur métier.
Le patron, l’entreprise Valente, a saisi le conseil départemental de l’Ordre des médecins sous prétexte que le Docteur Zylberberg aurait rédigé des « avis d’inaptitude litigieux (...), de nature à léser de manière directe et certaine » Valente Sécurité.
"Les intérêts des travailleurs et la protection de leur santé ne peuvent pas être bafoués par les intérêts économiques du patronat. Ce n’est ni à l'employeur, ni à l’Ordre des médecins, de statuer sur la légitimité ou non d’un arrêt d’inaptitude. De plus, il est inadmissible qu’un·e médecin ait à choisir entre violer le secret médical en divulguant des informations sur le/la patient·e ou renoncer à se défendre et à avoir un procès équitable", s'indigne la CGT dans un communiqué du 26 janvier 2024 qui demande la levée de la sanction.
Et la CGT de réclamer la suppression du terme "notamment", inscrit dans l'article . 4126-1 du code de la santé publique, permettant à un employeur de saisir le Conseil de l'ordre, sans passer par la Justice prud'homale.
Rappel important: En France, l'embauche, l'organisation et le financement de la médecine du travail est obligatoirement assuré par les employeurs.
Publié par Le Mantois et Partout ailleurs
552419
Se syndiquer CGT ?
Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.
Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés.
Hébergé par Overblog