CGT Lubrizol
Syndicat CGT Unilever HPCI France
Face à l'annonce du licenciement d'un salarié sur quatre des usines de Lubrizol, les travailleurs ont répondu par une grève massive depuis le lundi 17 février. Deux des trois usines sont à l'arrêt pour revendiquer le maintien de tous les emplois.
CGT Lubrizol
Depuis lundi soir 22h, les travailleurs de Lubrizol, fabriquant d’additifs pour huile de moteurs, sont en grève reconductible pour la défense de leurs emplois. Pour cause, depuis le 6 février, les sites du Havre (76) ainsi que de Rouen (76), sont menacés par un plan de licenciement qui détruirait 169 emplois, dont 140 pour la seule usine de Rouen.
Sur fond de colère suite à l’annonce du plan de licenciement, c’est un sentiment d’incompréhension qui règne. Thierry Bazire, secrétaire général de la CGT Lubrizol raconte :« On a fait un gros chiffre d’affaires en 2024 d’un milliard d’euros et un bénéfice pour la boîte de soixante millions ! Il y a aucune raison de nous licencier ! Ils veulent juste faire pareil mais avec moins de salariés ».
Depuis la riposte s’organise. Après l’annonce du plan de licenciement le 6 février, un rassemblement s’est tenu avec les travailleurs. Dans la foulée, à l’appel de la CGT, la grève a été lancée lundi 18 février au soir. « Maintenant on est dans le dur de la grève, alors on fait passer le mot chaque soir pour savoir si les collègues veulent continuer. Plus rien ne tourne dans les deux usines et même si ils essayent de réquisitionner quelques employés pour la mise en sécurité, ça ne suffit pas pour relancer la production » détaille Thierry Bazire. La CGT annonce que « 100 % des effectifs de production sont en grève à Rouen et à Oudalle »
En juin 2024, un précédent mouvement de grève avait déjà porté ses fruits alors que les travailleurs réclamaient l’embauche de 15 nouveaux salariés. Un combat qui reste dans les esprits à l’heure où la direction est prête à licencier 10 fois plus de monde. « Nous, on n’a plus rien à perdre et on sait que notre seul rapport de force c’est la grève alors s’ils veulent jouer on va jouer ! » affirme le secrétaire de la CGT. Contre cette attaque qui concerne un employé sur quatre de la filiale, leur revendication est simple, la suppression de ce plan de licenciement et la sauvegarde de tous les emplois.
C’est loin d’être la première fois en effet que la direction de Lubrizol traite les travailleurs avec mépris. En 2019, l’énorme incendie sur le site de Rouen avait choqué à l’échelle du pays : « tous les stocks avaient pris feu. Par miracle aucun collègue ni riverain n’a été blessé mais il n’y a eu aucune poursuite en justice alors qu’il y aurait pu y avoir des victimes et aujourd’hui l’enquête est au point mort » dénonce le représentant CGT.
Alors que l’ampleur de l’incendie avait entraîné le rejet de 9 505 tonnes de produits chimiques dans l’air et sur le sol, l’ampleur de la pollution et les risques pour la santé ont provoqué un sentiment de stress et d’insécurité pour les habitants et les travailleurs. Plusieurs habitants et travailleurs ont signalé des troubles respiratoires, des nausées et des maux de tête et des milliers d’exploitations aux alentours ont dû jeter leur production par crainte de contamination. La même usine de Rouen avait déjà connu des fuites de gaz nauséabond en 2013.
Face à la casse sociale et au mépris du patronat pour la vie des ouvriers et de la population, les travailleurs de Lubrizol montrent la voie à suivre. Ils nous rappellent encore une fois que la grève est la seule arme efficace pour imposer un rapport de force. Plus largement, face à la perspective d’une hausse brutale du chômage, le mouvement ouvrier doit construire une riposte massive pour défendre le maintien de l’emploi et non pas se limiter à lutter pour des meilleures indemnités de départs qui arrangent le patronat.
Plus que jamais, le monde du travail doit défendre ses intérêts, sans concessions au patronat, en revendiquant l’interdiction des licenciements ainsi que l’embauche immédiate en CDI des travailleurs précaires, en CDD ou intérimaires. Il est aussi nécessaire de se battre pour l’expropriation et la nationalisation sans indemnités ni rachat des entreprises qui ferment et licencient ainsi que leur mise sous contrôle des travailleurs. C’est seulement par cette voie qu’il sera possible de penser une réorganisation de la production en adéquation avec les besoins et la santé de la population et des travailleurs.
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
Alors que la RATP a tenté une opération de communication en début d’année sur les recrutements, Révolution Permanente a pu se procurer le bilan emploi de l’année 2024 présenté aux élus du CSE du réseau Bus. Un rapport qui dévoile l’explosion du nombre de licenciements pour faute grave et inaptitude médicale.
C’est le grand chantier initié par Castex depuis son arrivée à la tête de la RATP : faire la chasse aux agents en arrêt maladie et pousser vers la sortie les agents devenus inaptes à leur poste de travail, suite à une maladie professionnelle, un accident du travail ou pour un autre motif.
Depuis l’accélération de l’ouverture à la concurrence du réseau bus, la direction de Castex a accéléré également le taillage à la hache des effectifs de l’entreprise. Quasiment 2000 postes supprimés sur les trois dernières années et une augmentation croissante des licenciements pour « inaptitudes » médicales. Alors qu’ils étaient 126 agents en 2023, c’est une progression de 61% pour l’année 2024 avec 203 agents. Le chiffre est tout aussi spectaculaire pour les révocations et licenciements pour faute grave qui passe de 320 en 2023 à 473 en 2024, soit une progression de 48% en un an.
Des chiffres qui démontrent clairement le tournant pris par la RATP pour réduire les effectifs, avant la privatisation des dépôts en 2025 et 2026. De plus, il faut noter que dans le cas des agents inaptes, le repreneur aura tout loisir de décider de poursuivre ou non leur contrat. En clair, la grande majorité risque de se faire licencier faute de reclassement. La RATP étant son propre repreneur avec sa filiale de droit privé CAP IDF, le sort réservé aux agents inaptes en 2024 se poursuivra encore plus durement au moment du basculement des effectifs.
Vous l’aurez compris, il y a donc un enjeu pour la direction de la RATP, de reclasser le moins d’agents possible dans les prochains mois, car leur statut d’inapte facilitera encore plus leur licenciement par la suite. Pour preuve dans ce même bilan emploi, il n’y a aucun agent reclassé dans une des filiales du groupe RATP en 2023 comme en 2024. Des agents ont d’ailleurs raconté à Révolution Permanente comment la direction freine des quatre fers pour reclasser les agents du réseau bus, prétextant un manque de poste, alors que la RATP compte de nombreuses filiales et des milliers de postes. Parfois même pour certains agents licenciés ce sont des raisons fantoches qui sont données, comme cela a été le cas pour Mamadou, agent au dépôt de Flandres depuis 2006 et qui fait partie des 203 agents licenciés en 2024. Suite à un accident grave, ce dernier a demandé un reclassement en tant que travailleur handicapé : « on m’a refusé un poste suite à un test pour un poste en bureau. J’aurais soi-disant fait 3 fautes d’orthographes (…) j’ai demandé à voir ma copie, cela m’a été refusé ». Le cas de Mamadou est symptomatique de cette radicalisation patronale, qui considère n’avoir aucun compte à rendre aux agents inaptes ou/et reconnus travailleurs handicapés : « quand je suis revenu sur mon dépôt après mon arrêt, la nouvelle direction du dépôt m ’a dit : "nous n’avons aucune obligation envers vous". Je suis resté sans voix ». À la suite de ce soi-disant test raté, Mamadou a été convoqué pour être révoqué.
Pourtant les entreprises comme la RATP qui refusent même de suivre les règles ultra-minimales édictées par l’Etat imposant d’embaucher un pourcentage de travailleurs handicapés, disposent pourtant de budgets spéciaux et importants pour adapter les postes des agents RQTH. C’est à l’employeur de mettre les moyens humains et financiers pour accompagner ces travailleurs. L’entreprise, en plus de se soustraire à ses obligations légales, finit par virer sans ménagement les agents handicapés ou malade.
Le cas de Mamadou et des autres agents licenciés sert aussi d’avertissement au reste des salariés. Certains agents racontent l’épée de Damoclès qui pèse sur les machinistes en cas d’inaptitude, et pousse de nombreux agents à éviter de déclarer des problèmes de santé ou encore des accidents du travail. C’est le cas par exemple de Patrick (prénom modifié), machiniste dans le 92, qui nous raconte « Cela fait presque 20 ans que je suis machiniste, je fais de l’apnée du sommeil depuis des années maintenant, mais je ne le déclare pas, car je sais que derrière la direction voudra se débarrasser de moi ». Pour Patrick c’est donc la peur du chômage qui lui fait prendre des risques sur sa santé et celle des usagers. Il nous explique comment cette politique d’entreprise impacte les choix des agents ; « la vérité c’est que nous sommes plusieurs à avoir peur de dire les choses, car nous voyons comment les agents malades sont maltraités, comment ils virent comme des kleenex les collègues inaptes (…) si la direction nous permettait d’évoluer vraiment, je pense que j’aurais déclaré mon apnée du sommeil depuis longtemps, mais la réalité c’est qu’on a tous peur de vivre la même chose que les autres, du coup on ferme nos gueules. »
Le cas de Patrick révèle un véritable management par la peur, qui pousse des agents à prendre des risques pour leur santé, plutôt que de prendre le temps de se soigner et qui se retrouve par peur de la précarité à mettre en danger la vie des usagers. L’un dans l’autre les directions comme celle de la RATP profitent de la situation, pouvant se couvrir derrière la méconnaissance des problèmes médicaux de l’agent en cas d’accident, quand ce n’est pas elle-même qui exige des agents de conduire des bus avec des traitements médicamenteux lourds. L’essentiel pour la RATP est de faire tourner la boutique, quoi qu’il en coûte pour la vie des salariés et des usagers.
Pour Ahmed Berrahal, militant de la CGT et référent harcèlement de la CSSCT, il y a un véritable changement dans la politique emploi à la RATP : « avant il y avait un minimum de respect pour les agents, mais avec l’ouverture à la concurrence, ils ne se cassent plus la tête, ils dégagent les gens. », le syndicaliste confirme également que de nombreux agents subissent cette situation, préférant se taire sur leurs accidents ou maladie professionnelles « Il y a des agents qui se font agresser au volant de leur bus et on exige d’eux d’avoir des témoins pour reconnaître l’arrêt. À cause de cette politique, de nombreux agents ne font même plus les déclarations d’accident, car ils ont peur du préjudice contre eux ». Pour le syndicaliste de la CGT Ahmed Berrahal cette augmentation des licenciements est très grave. Il dénonce un acharnement sur des salariés qu’il dit « victimes d’accidents du travail, suite à des agressions, ou encore des véhicules en manque d’entretien qui provoquent des troubles musculo-squelettiques ». Il dénonce cette chasse aux malades expliquant que « personne n’a demandé à être inapte, personne ne demande à être handicapé ou malade, mais au final on les rend presque coupables de l’être en les poussant vers la sortie de force. »
Même constat pour Louisa Lamour, avocate en droit du travail, qui a participé à la création du collectif contre la répression à la RATP, pour qui le bilan emploi confirme le durcissement de la direction de la RATP : « La RATP licencie énormément pour "faute grave", ça lui permet de licencier les gens sans indemnités, parfois pour un arrêt maladie qui ne serait pas arrivé dans les temps ». L’avocate dénonce un calcul conscient des employeurs et en l’occurrence de la RATP en lien avec les politiques mises en place par Macron pour faciliter les licenciements, « le plafonnement des indemnités en cas de licenciements sans cause réelle est sérieuse permet à la direction de budgétiser combien lui coûte un licenciement. Ils perdent régulièrement en justice mais ils savent que cela ne leur coûte pas cher ».
L’avocate confirme que la RATP ne semble pas permettre le reclassement des agents inaptes : « Sur les plusieurs dizaines d’agents inaptes qui font partie du collectif, aucun n’a été reclassé, ou bien sur des postes qui ne sont absolument pas adaptés. Pourtant, des milliers de postes existent dans le groupe RATP, mais la politique de la direction est de privilégier les licenciements des agents malades ». « En 2023 il y a eu 313 licenciements pour autres motifs que faute grave, 421 agents ont été jugés inaptes en 2023 et entre fin août 2023 et fin août 2024, le nombre de licenciements pour motif médical a augmenté de 66%. C’est clairement un plan social déguisé » expliquait Yassine Jioua, membre du collectif contre la répression et l’ouverture à la concurrence.
Face à la situation, de plus en plus d’agents se sont regroupés dans un collectif initié par Révolution Permanente pour passer à l’offensive contre la répression à la RATP. Ils sont plus de 150 agents, victimes en grande partie de la CCAS, qui joue le rôle de machine à broyer pour la direction de la RATP. Multipliant les non-paiements parfois pour un document, contestant les déclarations d’accidents, payant des cabinets pour organiser des contrôles médicaux abusifs.
Pour le syndicaliste Ahmed Berrahal, également membre de ce collectif : « Il faut que la peur change de camp, c’est pour cela que le collectif est important, car il faut s’organiser maintenant contre cette cabale aux agents inaptes. ». Pour Louisa Lamour, l’objectif « est de faire le maximum la lumière sur les pratiques d’une entreprise, qui est en train de broyer les agents à petit feu », pour elle le collectif « a permis de redonner beaucoup d’espoir à de nombreux agents, jusque-là seuls, face à une direction qui se croit inarrêtable. Dans le collectif ils voient que ce qui se passe, est un système bien organisé par la direction et que tous sont victimes de cette politique. »
À n’en pas douter, la situation à la RATP est de plus en plus grave, entre révélation de violences sexistes et sexuelles sur de nombreuses travailleuses, ou sur ces licenciements organisés et massifs d’agents malades en constante augmentation. La gouvernance « familiale » de Castex dévoile son vrai visage : une politique de casse sociale tous azimuts, sur fond de pratiques qui ont tout du harcèlement des agents, le tout pour dégraisser toujours plus de masse salariale, avant la privatisation de pans entiers de la RATP.
Pour rejoindre le collectif des agents de la RATP victimes de la répression et de la CCAS, contactez-nous sur le site de Révolution Permanente.
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
Bêta que je suis, l'affaire de ND de Bétharram, collège-lycée privé catholique de Pau, ville dont le premier ministres est le maire sans doute pour assurer ses vieux jours, n'a peut-être rien à voir avec le scandale des airbags japonais Takata tuant ou blessant N automobilistes au lieu de les protéger.
Ben si, par la voix de son ministre des Transports, le gouvernement du duo Macron-Bauyrou a ordonné sine die l'arrêt des voiture incriminés du groupe Peugeot-Citroën. Parce qu'avant cette injonction impérative, tout allait bien madame la marquise? Ben non, ces accidents ont débuté en 2017.
Et ce n'est pas uniquement le groupe Peugeot-Citroën dans l'oeil du cyclone, mais aussi plusieurs millions de véhicules construits entre 1998 et 2019 et dotés de l'airbag Takata, soit plus de 150 modèles pour une trentaine de marques: Citroën, Audi, Tesla, Nissan, Ford, Open, Mercedes, Volkswagen., etc, etc.
Le site du Ministère de l'Ecologie, pas celui de l'Industrie, dit qu'il est possible de bénéficier d'une réparation "rapide et gratuite". Ah ben dis donc, et si c'est impossible, la ministre de l'Ecologie vous prête sa bagnole de fonction pour aller au turbin ou chez le médecin?
Bon, François Bayrou, qui décidément à l'air de tomber des nues une fois encore, ne parle d'aucun versement de dommages et intérêts aux victimes de ND de Bétharam, pardon des airbags japonais Takata, ni de taxer les juteux profits enregistrés par les actionnaires de l'industrie automobile.
Et vous l'avez remarqué. Les prix des bagnoles en occasion flambent, puisque, faute de pouvoir d'achat, on délaisse les neuves.
C'est bêta aussi, je ne me souviens pas si François Hollande et ses potes socialistes ont censuré le gouvernement Bayrou.
Publié par Le Mantois et Partout ailleurs
Publié par EL DIABLO
Publié par EL DIABLO
Publié par EL DIABLO
Le géant britannique des produits d’hygiène, cosmétique et alimentation Unilever a annoncé jeudi 13 février un bénéfice net part du groupe en baisse de 11% à 5,7 milliards d’euros (5,9 milliards de dollars US), pénalisé par des "pertes" liées notamment à son départ de Russie et par son plan de restructuration.
Avec des ventes sous-jacentes en croissance de 6,5% en valeur et une croissance en volume de 5,1%, l’activité Beauty & Wellbeing a été la plus dynamique du groupe. L’activité Personal Care a progressé de 5,2% avec une croissance du volume de 3,1%, grâce à une forte croissance des ventes de déodorants.
Unilever, qui a dévoilé il y a un an un plan stratégique pour relancer sa performance, avait annoncé en octobre la cession au groupe Arnest, le plus grand fabricant russe de cosmétiques, de ses actifs en Russie.
Le groupe connu pour les savons et produits de douche Dove, les déodorants Axe ou les soupes Knorr, a en revanche vu son chiffre d’affaires augmenter de presque 2% l’an dernier, à 60,8 milliards d’euros.
Il met en avant également une augmentation de sa marge brute et annonce un programme de rachat d’actions de 1,5 milliard d’euros ainsi qu’une hausse de son dividende.
Mais "la croissance du marché a ralenti tout au long de 2024" et "nous prévoyons un début d’année 2025 ralenti", avant une amélioration de l’activité par la suite, a-t-il prévenu.
Le directeur général Hein Schumacher s’est félicité de cette "année d’activité significative". "Nous nous sommes concentrés sur la transformation d’Unilever en une entreprise constamment plus performante", a-t-il fait valoir.
Sous pression pour améliorer les performances, notamment de la part de l’investisseur activiste et milliardaire américain Nelson Peltz, qui siège au conseil d’administration depuis 2022, Hein Schumacher avait dévoilé il y a un an un plan pour se focaliser sur 30 marques "motrices" représentant conjointement 70% des recettes de l’entreprise.
En mars, Unilever avait annoncé que le groupe allait scinder sa division des glaces (qui compte les marques Ben & Jerry’s ou Magnum notamment) et lancer pour doper ses marges un plan d’économies prévoyant 7.500 suppressions d’emplois, soit près de 6% des effectifs.
Malgré le démarrage poussif attendu par l’entreprise en 2025, "Unilever a fait un bon travail en augmentant ses volumes de ventes, ses marges et ses flux de trésorerie, ce qui implique que l’entreprise retrouve enfin le dessus après une période difficile", estime Russ Mould, analyste chez AJ Bell.
Mais si son plan de transformation "est en avance" sur les prévisions, il pèse sur le résultat : "les coûts de restructuration, y compris le programme d’accélération de la productivité, ont augmenté à 850 millions d’euros, soit 1,4% du chiffre d’affaires du groupe en 2024", a précisé Unilever.
L’entreprise mentionne également que ses cessions l’an dernier se sont traduites par une perte de plus de 400 millions d’euros, citant la sortie de Russie, mais aussi la vente d’Elida Beauty, une entreprise de beauté et de soins personnels, et de deux filiales spécialisées dans les purificateurs d’eau.
La séparation de sa division glaces devrait "être achevée d’ici la fin de 2025". La nouvelle entité restera basée à Amsterdam et sera cotée séparément, après scission, à Amsterdam, Londres et New York, comme Unilever.
Son patron a précisé jeudi, lors d’une conférence d’investisseurs, que la cotation primaire serait à Amsterdam, ce qui ravive dans la presse britannique les inquiétudes au sujet de la Bourse de Londres, qui a perdu en attractivité ces dernières années, notamment depuis le Brexit.
Unilever va faire coter son activité de crèmes glacées, qui comprend notamment la marque Ben & Jerry's, sur la Bourse d'Amsterdam. Unilever va faire coter son activité de crèmes glacées, qui comprend notamment la marque Ben & Jerry's, sur la Bourse d'Amsterdam. ©Bloomberg
Unilever a annoncé la cotation de son activité de crèmes glacées avant la fin de l'année. Le Belge Jean-François Van Boxmeer en deviendra le président. L'action a ouvert en recul de 5% à la Bourse de Londres.
Arriver à un portefeuille de produits réduits, telle est l'ambition du géant agroalimentaire Unilever
. L'éventualité d'une entrée en bourse de l'activité 'crèmes glacées' était dans l'air. C'est aujourd'hui confirmé, avec certes une déconvenue pour le London Stock Exchange qui accueillait depuis 2020 l'unique cotation du groupe. Le LSE et le NYSE seront les marchés secondaires pour la cotation de l'entité glaces, au profit d'Amsterdam."Nous progressons sur les principaux chantiers, notamment la mise en place des entités juridiques, la mise en œuvre du modèle opérationnel autonome et la préparation des états financiers de la séparation", lit-on dans un communiqué du groupe.
Le Belge, Jean-Francois van Boxmeer prendra la présidence de cette entité. L'homme a dirigé pendant 15 ans le brasseur néerlandais Heineken jusqu'en 2020. Il en reste administrateur. Il préside aussi le conseil de Vodafone.
Les raisons de cette scission sont multiples. Unilever ne cache pas que la maximisation des rendements pour les actionnaires est l'une d'elles. La réduction des coûts du groupe en est une deuxième. Unilever avait annoncé, en mars 2024, son intention de se séparer de cette activité dans le cadre d'un plan de réduction de coûts. Le groupe espérait ainsi regagner la confiance des investisseurs après des années de difficultés. Des milliers de suppressions d'emploi font aussi partie de ce plan.
L'entité crèmes glacées n'est pas la seule victime de cette stratégie. La marque végétale Le Boucher Végétarien est en quête de repreneur. Unilever confirme aussi la cession, cette année, des marques Unox, Conimex et Zwan. S'ajoute à la liste l'activité de blanchisserie en Amérique centrale, alors que la filiale russe a été cédée – tant au niveau de ses activités que de ses quatre usines – au groupe Arnest en octobre dernier.
"Les résultats d'aujourd'hui sont le reflet d'une année d'activité importante, au cours de laquelle nous nous sommes concentrés sur la transformation d'Unilever en une entreprise toujours plus performante", explique Hein Schumacher, CEO du groupe.
Unilever affiche une croissance sous-jacente de 4% de son chiffre d'affaires annuel, là où les analystes tablaient sur une hausse de 4,1%. Les volumes progressent de 2,9%. L'activité glaces a généré, en 2024, un chiffre d'affaires de 8,3 milliards d'euros. Le bénéfice du groupe a chuté de 11%.
Unilever prévoit pour 2025 une croissance de son chiffre d'affaires sous-jacente dans la fourchette de 3 à 5%.
Le groupe rappelle avoir versé 5,8 milliards d'euros aux actionnaires en 2024. L'acompte trimestriel sur dividende pour le quatrième trimestre est porté à 0,4528 euro (+6,1% par rapport au quatrième trimestre 2023). Un rachat d'actions de 1,5 milliard d'euros est annoncé.
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En pleine restructuration, le groupe Michelin vient d’annoncer des résultats canons, qui confirment la bonne santé de l’entreprise. Et l’absence d'urgence industrielle à supprimer des postes.
Voilà qui ne va pas faciliter le « dialogue social » chez Michelin. En pleine restructuration (1 254 suppressions de postes programmées), la multinationale du pneu vient d’annoncer des résultats annuels excellents quoiqu’en légère baisse, confirmant les rumeurs qui circulaient dans les couloirs au cours des dernières semaines. Dans le détail, le groupe réalise pour l’année 2024 un chiffre d’affaires de 27,2 milliards d’euros (-3,5%), pour un taux de marge de 12,4% (-1,6%) et un bénéfice net de 1,9 milliards d’euros (-4,7%).
C’est dire s’il n’y a aucune urgence industrielle à fermer deux sites en France (à Cholet et Vannes), comme le dénoncent les syndicats depuis des semaines. « Que les sites de Cholet ou Vannes soient en difficulté en raison de taux de charges trop faibles – conséquence de l’approche sélective des marchés et donc de volumes moindres – est une chose, écrivait la CFE-CGC fin 2024. Que leur fermeture soit inéluctable en est une autre. Si le site de Cholet ferme, c’est parce que les niveaux de rentabilité sur la camionnette sont inférieurs (moins de 10%) à ceux visés par le Groupe (14% de marge opérationnelle en 2026). Mais cette activité reste rentable. »
En effet, Michelin poursuit un recentrage autour de ses activités les plus juteuses, notamment les pneus Tourisme (18 pouces et plus) et les pneus dits de spécialité (équipant les engins opérant dans les mines sous-terraines, les avions, etc.), où le taux de marge frôle les 15%., selon les chiffres publiés ce jeudi 13 février. A l’arrivée, les volumes vendus par Michelin diminuent globalement, mais ce dernier se rattrape sur des segments dans lesquels il propose des prix plus élevés.
Les syndicats, vent debout contre la restructuration, sont actuellement en pleine négociation du PSE. L’ensemble des organisation syndicales (CGT, CFDT, CFE-CGC, SUD et FO) a organisé un mouvement de grève le 5 février, devant le siège du groupe, pour dénoncer la stratégie de la multinationale. « Rappelons que ces salariés ont appris la nouvelle de la fermeture de leurs usines un dimanche devant la TV, écrivent-ils. Ces usines sont économiquement viables. Leurs fermetures ne reposent pas sur des nécessités économiques mais sur une stratégie de création de valeur pour les actionnaires. »
Publié par FSC
Aux camarades de la CE + CFC UD CGT 83 :
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Publié par FSC
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Se syndiquer CGT ?
Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.
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