Crédits photo : CGT 93 sur X
Syndicat CGT Unilever HPCI France
L'annonce du départ de Syngenta, son principal client, fait craindre le pire aux 400 salariés de l'usine chimique Weylchem à Trosly-Breuil (Oise).
L’usine Weylchem Lamotte située le long de l’Aisne à Trosly-Breuil est l’un des principaux employeurs des Lisières de l’Oise – Crédit : Lamotte Industrial Park
«On a de grosses inquiétudes», soupire un délégué syndical de l’usine chimique Weylchem Lamotte de Trosly-Breuil. Les salariés craignent un plan social dans les trois prochains mois, dans cette société basée à Trosly-Breuil. «On craint la suppression de 150 postes sur les 400 salariés», reprend le délégué.
Cette crainte de licenciement s’appuie sur la perte du principal client de la société Weylchem. En l’occurrence le producteur de semences et produits phytosanitaires Syngenta. «On nous l’a annoncé en juin», reprend le délégué syndical. Ce client contribuait à un tiers du chiffre d’affaires et 20% de la marge selon les syndicats. La perte de contrat sera effective au 1ᵉʳ janvier 2025.
L’usine Weylchem a changé de direction voici trois ans. «On a l’impression qu’ils sont là pour préparer cette restructuration et faire remonter l’argent aux actionnaires, même s’ils investissent quand même», poursuit le syndicaliste.
Cette annonce survenue avant les grandes vacances a eu pour conséquences de faire mariner les salariés. «Quand ils vont dégainer, ça va faire très mal», prévoit-il. Les syndicats ont voté un droit d’alerte en Conseil social et économique (CSE), afin de mandater un expert sur la situation l’entreprise. «Lui-même n’arrive à obtenir aucune réponse de la part de la direction», reprend le délégué.
Le sentiment général qu’il partage est qu’un plan social signifierait le début de la fin pour l’usine WeylChem.
Depuis 2014, le site de Lamotte appartient au groupe ICIG (International Chemicals investor group), une société d’investissement privé familiale.
WeylChem Lamotte est le propriétaire et l’exploitant principal de la plateforme industrielle de Lamotte (ex-site Clariant). Ce site existe depuis 1896. Il compte cinq entreprises : Merck, PQ Europe, Archroma, Cell Alternativ et Weylchem Lamotte.
Nous n’avons pas réussi à joindre la direction du groupe
En lutte contre le « Plan de Sauvegarde de l'Emploi » qui menace quatre cent familles, les salariés de MA France entament leur cinquième mois de grève contre Stellantis. Présents tous les jours sur le site, ils défient le géant de l'automobile en continuant de refuser la saisie des machines.
Crédits photo : CGT 93 sur X
Les travailleurs de MA France ont entamé la semaine dernière leur cinquième mois de mobilisation. Alors que la quasi-totalité des salariés ont reçu leurs lettres de licenciements, ils continuent à se mobiliser pour obtenir des postes de reclassement et des indemnités de départ auprès de Stellantis, principal donneur d’ordre et propriétaire des outils de production. Malgré un contexte difficile, avec un salarié qui a tenté de mettre fin à ses jours, la motivation des travailleurs reste forte. « On a tellement mal pris notre licenciement, qu’on veut tenir la grève coûte que coûte. On est là sept jours sur sept, presque 24h sur 24h, c’est vraiment la guerre des nerfs » explique Abdel de la CGT MA France.
Les salariés ont également décidé d’ouvrir un nouveau front en contestant la validité du Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) devant la justice. Une audience a été fixée le 2 octobre au tribunal administratif de Montreuil. Comme l’explique Abdel, « c’est un moyen de pression et ça peut être une première victoire ».
De son côté, le groupe Stellantis continue de refuser toute négociation. En dépit des conséquences financières massives de cette occupation pour le groupe, Stellantis n’a, pour l’heure, fait aucune proposition, à l’exception de la distribution d’une prime de 15 000 euros brut aux salariés qui renonceraient à les attaquer en justice.
Si Stellantis refuse toute négociation, l’entreprise entend bien récupérer les machines de l’usine que les travailleurs refusent de lui remettre. Une délégation du géant automobile s’est rendue ce vendredi à l’usine, traduisant la détermination de Stellantis à clôturer le dossier. Pourtant, les salariés font front, comme l’indique Abdel, élu CGT au CSE : « la dernière fois qu’ils sont venus à la mi-août on leur avait indiqué qu’il était hors de question qu’ils partent avec quoi que ce soit. Ils sont quand même revenus. On leur a redit qu’on ne les laisserait pas récupérer les machines ».
Si la petite équipe est effectivement repartie les mains vides, elle ne semble pas s’être déplacée pour rien. Pour Stéphane, élu CGT de l’usine, « ils étaient vraiment là pour organiser les choses, avec l’idée de revenir rapidement. On va donc augmenter notre présence la nuit au cas où ils décideraient de venir avec les camions ».
Derrière cette rigidité, Stellantis tente de contenir un mouvement qui pourrait s’amplifier, alors que l’heure est à la réduction des coûts dans le secteur de l’automobile. Stellantis a déjà supprimé plus de 20 000 emplois entre 2021 et 2023, et, anticipe, en coulisse, une possible fermeture de l’usine de Poissy, dernier site d’assemblage de voitures d’Ile-de-France.
Au-delà de Stellantis, les premiers signes d’une vague de licenciement dans le secteur se font déjà sentir. Alors qu’on apprenait en juillet que l’équipementier automobile Valéo s’apprêtait à fermer trois sites en France, menaçant près de 1200 emplois, c’est le constructeur Volkswagen qui annonçait au début du mois se préparer à son tour à des licenciements massifs.
Conscients de l’importance de leur lutte dans ce contexte pour les salariés du secteur, les travailleurs de MA France se sont joints mardi dernier à la manifestation organisée par les salariés de Valéo. Pour Abdel « Ils ne veulent pas qu’on donne le « mauvais exemple ». Demain on se prépare à un massacre au niveau de Stellantis avec des usines comme Poissy qui pourrait disparaître mais aussi plus largement, avec ce qui se passe chez Valeo par exemple. Et ils craignent qu’on serve de somme plancher. Parce que, si demain ils doivent donner ce qu’on pourrait obtenir, ça commence à chiffrer ».
Alors même que les profits de Stellantis ont augmenté de 11% en 2023, les mégacorporations de l’automobile pourraient supprimer 500 000 emplois d’ici 2040, dans une honteuse quête de profits. Dans la lutte contre les géants de l’industrie qui licencient pour augmenter leurs marges, les salariés de MA France montrent que seule la lutte peut arracher la victoire. Plus largement, face à la menace d’une casse sociale massive, il devient nécessaire de défendre le refus de tout licenciement ou suppressions d’emplois. Ce n’est pas aux travailleurs de payer les conséquences de la course aux profits d’un patronat toujours plus vorace !
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
Le Rassemblement National vient de dévoiler son programme économique. Écrit pour séduire les grands patrons, il propose notamment de s’attaquer aux droits syndicaux par la promotion de « syndicats-maison ».
Au cœur de la crise politique, le Rassemblement National poursuit sa quête de crédibilité auprès du patronat et des investisseurs. Le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy présentait le week-end dernier le programme économique du parti, dévoilant un peu plus l’opposition de façade du parti de Marine Le Pen. En effet, cette nouvelle orientation stratégique du RN a ouvertement vocation à séduire les milieux patronaux et s’inspire, dans la continuité des législatives, de plus en plus de la politique de l’offre d’Emmanuel Macron.
L’une de ces mesures pro-patronales est la volonté de « faciliter la création de nouveaux syndicats » au nom de la « [recréation] des conditions d’une véritable liberté syndicale ». Lors de sa présentation, Jean-Philippe Tanguy expliquait à ce sujet que ces réformes favoriseraient la création de « syndicats-maison » et soutiendraient la « productivité des entreprises », tout en luttant contre la « politisation des syndicats représentatifs ». En clair, une offensive ouverte contre le monde du travail.
Il apparaît clairement en effet que les intentions (pour l’heure très floues) du RN sont de priver les travailleurs d’un moyen de s’organiser concrètement en créant des organisations soumises aux patrons et dépossédées de leurs capacités de lutte. En ce sens, il n’est pas surprenant de voir qu’une organisation patronale telle que la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) soutient ouvertement ces mesures. Pour cause : avec la création de ces « syndicats-maison », le RN entend développer des organisations au sein desquelles pourraient coexister patrons et travailleurs et qui rouleraient évidemment pour les premiers.
Dans le même sens, le RN pourrait reprendre à son compte un de ses mots d’ordre programmatique historique : la nécessité de restreindre l’activité des syndicalistes à leur lieu de travail, entravant ainsi toute tentative de jonction des luttes des travailleurs entre les différents corps de métiers et même entre les différentes entreprises. Plutôt que d’être un contre-pouvoir, les « syndicats-maison » du RN et les diverses mesures anti-syndicales qu’il propose (réduction des moyens financiers, baisse du seuil de représentativité…) souhaiteraient finalement ouvrir la voie à un syndicalisme corporatiste de cogestion des entreprises, soumis au patronat. Pratique alors que le RN candidate au pouvoir pour appliquer les attaques austéritaires à la place de Macron.
Un programme qui pourrait ne pas être sans contradictions comme le souligne Gaëtan Gracia, militant à Révolution Permanente et à la CGT Ateliers Haute-Garonne, « la baisse du seuil de représentativité peut aussi conduire à la création de syndicats locaux plus à gauche, comme ça a été le cas avec RS-RATP en 2014, qui avait été créé par des militants syndicaux qui ne se retrouvaient plus dans les syndicats représentatifs ».
Quoi qu’il en soit le « syndicat-maison » du RN a bien l’intention de remplacer un outil qui permet aux travailleurs de s’organiser en tant que classe, en tant que travailleurs peu importe leur secteur d’activités pour lutter collectivement contre le patronat et le gouvernement. Pour Gaëtan Gracia, ce corporatisme défendu par le RN constituerait une « rupture franche avec le syndicalisme historique français et menacerait par exemple la CGT ». L’avènement de ce type de syndicat évoque en ce sens « ce qui pouvait exister dans les années 70 dans l’industrie automobile, où la Confédération des syndicats libres (CSL, organisation formée par d’anciens collabos et/ou des barbouzes coloniales) formait des vrais syndicats maison tels que le RN les imaginent, c’est-à-dire la voix et les bras du patron, anti-grève et anti-syndical ».
Sans surprise, ces attaques contre le droit syndical vont de pair avec un discours anti-grève caractéristique de l’extrême droite. En 2010, Marine Le Pen appelait les opposants à la retraite à 62 ans des « gréviculteurs » ou des « émeutiers ». Plus récemment, en 2018, Louis Aliot, alors vice-président du parti, se positionnait « contre la grève », qu’il considérait comme un « moyen d’action archaïque ». Même son de cloche pendant la mobilisation contre la réforme des retraites de 2023, durant laquelle Marine Le Pen appelait le gouvernement à faire cesser les « blocages » des raffineurs et des éboueurs, pendant que plusieurs députés RN condamnaient la grève des contrôleurs aériens qui se mobilisaient hors du calendrier syndical.
Ces ambitions dessinent cependant une continuité avec bon nombre des politiques menées par le gouvernement Macron et ceux qui l’ont précédé. « C’est la logique de la bourgeoisie française depuis un moment de réfléchir aux moyens d’affaiblir les centrales syndicales, poursuit Gaëtan Gracia, c’était le cas avec les CE à la proportionnelle par exemple, ou avec la loi de 2008 qui était aussi une tentative d’éparpiller et de casser les syndicats les plus combatifs comme la CGT, bien que ça n’ait pas vraiment fonctionné. » De fait, les propositions du RN sont en un sens un prolongement plus radical des attaques anti-syndicales qu’a subi le mouvement ouvrier ces dernières décennies, et qui pourraient encore accentuer le recentrage déjà bien engagé du syndicalisme sur le dialogue social au sein de l’entreprise, la distanciation entre les grandes centrales syndicales et le champ politique et en toile de fond l’affaiblissement de la force de frappe des travailleurs.
Dans sa campagne de légitimation auprès des milieux patronaux, le RN continue de révéler son visage anti-social, dont le versant anti-syndical n’est qu’un exemple. Si le parti d’extrême droite continue de surjouer l’opposition au gouvernement, les gages donnés au patronat et les reculs déjà effectués sur leurs positions pseudo-sociales montrent bien que Le Pen et le RN ne constituent en rien une rupture avec Macron. Le parti d’extrême droite apparaît pour ce qu’il est : un ennemi historique des travailleurs.
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
/image%2F0946080%2F20240922%2Fob_ba97c8_debre-democratie.png)
Publié par FSC
Suite à une enquête sur le CSE d'Airbus, l'inspection du travail a pointé des discriminations contre les salariés ayant eu des arrêts-maladies ou étant affiliés à la CGT. Une pratique qui s'inscrit dans une longue tradition d’attaques contre le syndicalisme combatif chez Airbus.
Le CSE d’Airbus est une « entreprise dans l’entreprise » avec plus de 350 salariés qui travaillent pour la grande majorité à la restauration des sites toulousains du géant aéronautique. C’est au sein de cette entité que l’inspection du travail a réalisé une enquête cherchant à identifier de potentielles discriminations de salariés par rapport à l’attribution des augmentations individuelles (AI).
« L’inspection du travail a été saisie par la CGT en 2023 parce que des pratiques discriminantes liées à l’état de santé des salariés avait été constatée. Plusieurs travailleurs qui ont été en arrêts-maladies ont dit qu’ils ne bénéficiaient pas comme les autres des augmentations individuelles. Ça faisait longtemps qu’on se doutait que quelque chose n’allait pas. En plus de cela, l’inspection du travail a constaté de la discrimination syndicale notamment envers la CGT » nous explique un militant de la CGT Airbus.
Pour mener à bien son enquête, l’inspection du travail s’est donc intéressée aux critères d’attributions des augmentations individuelles pour l’année 2023 en croisant les données des salariés selon leurs arrêts-maladies et les augmentations individuelles qu’ils ont perçues. Le 6 septembre, l’inspection du travail a adressé ses conclusions au CSE d’Airbus Opérations.
Dans son courrier, l’inspection du travail pointe tout d’abord des pratiques discriminantes liées à l’état de santé des salariés. En effet, elle constate « une propension plus importante à ne pas accorder d’AI aux salariés cumulant le plus d’absences maladie » avec 58 % des salariés qui cumulent plus de 100 jours d’arrêts-maladies et qui n’ont pas bénéficié d’augmentations individuelles, alors que c’est le cas pour seulement 16% des personnes qui cumulent moins de 100 jours d’arrêts-maladies.
De plus, l’enquête met en évidence « des différences flagrantes (qui) apparaissent selon l’appartenance syndicale des salariés ». Effectivement, pour les travailleurs qui se sont portés candidats aux élections professionnelles avec l’étiquette CGT, « le nombre de bénéficiaires d’AI est donc en très fort décrochage comparativement à la population générale ». L’enquête révèle aussi que le montant des augmentations individuelles pour les salariés affiliés CGT est inférieur de 13,9 % par rapport à l’ensemble des salariés et de 26,7 % par rapport à ceux affiliés à FO. L’inspection du travail pointe une différence flagrante de traitement entre les travailleurs affiliés au syndicat majoritaire FO et à ceux affiliés à la CGT.
« On sent qu’en tant que CGT, on n’est pas écouté et mal vu. Il y a un traitement à deux vitesses quand on compare avec le syndicat majoritaire FO. Tout simplement parce qu’à la CGT on soulève les vrais problèmes et qu’on défend les salariés » regrette le militant de la CGT Airbus. En effet, ces pratiques de discrimination syndicale envers la CGT ne sont pas nouvelles chez Airbus. Encore récemment, le 22 décembre 2023, le géant aéronautique était condamné par la cour d’appel de Toulouse pour discrimination syndicale.
Un phénomène de discrimination syndicale qui n’est pas sans lien avec un contexte où les attaques de la direction contre les salariés se multiplient à l’image de l’annonce récente du plan d’austérité nommé « Lead ». « Comme les conditions de travail se dégradent sur l’ensemble des postes d’Airbus avec le projet Reload qui a fait beaucoup de mal, le mécontentement monte et les gens voient d’un meilleur œil la CGT pour s’organiser. Si le syndicat majoritaire reste FO, la CGT progresse malgré tout à l’image des 24% réalisés par la CGT aux élections du CSE d’Airbus alors qu’avant elle n’existait pas. Tout ça ne plaît pas à la direction » résume le syndicaliste. Face à une telle situation, la direction pourrait être d’autant plus offensive contre un syndicalisme combatif qui gagne du terrain.
Le militant CGT que nous avons interrogé détaille quelles suites donner après cette enquête de l’inspection du travail : « je pense qu’il faudra lancer une procédure aux prud’hommes pour permettre à toutes celles et ceux qui ont été victime de ces discriminations, de faire valoir leurs droits. Il faut continuer à diffuser l’information, de plus en plus de salariés se rapprochent de la cgt pour dire qu’ils sont dans la même situation, cela va au-delà de la discrimination syndicale des salariés affiliés CGT. Il y a de nombreux salariés qui auraient « pris trop d’arrêts-maladies » pour la direction et qui sont mis de côté quand il s’agit des AI ».
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
Le 14 septembre, dans les 35 pages du Livret économique, présenté par le Fn, pardon le Rn, des mesures sociales emblématiques de son programme pour les dernières législatives ont disparu. Pour rassurer les marchés, le patronat et les entreprises.
Or, sur les plateaux télé, on ne s'est aperçu de rien puisqu'aucune question des éminents journalistes ne fut posée à l'extrême droite à ce sujet. C'est dire si l'info est libre et non faussée.
Pourtant, il y avait de quoi: plus d'abrogation de la réforme anti-sociale du chômage; plus de baisse de la TVA sur les produits énergétiques utilisés par les ménages; plus de "protection" pour les travailleurs âgés de 55 ans. Quant à la réforme des retraites, c'est 62 ans avec 42 années de cotisations. Na! Et loin du programme du NFP.
En revanche, dans ledit livret figurent la baisse des impôts de production sur les entreprises, la suppression de leur contribution foncière, l'exonération de cotisations pour les entreprises qui augmenteraient les salaires de 10 %, création d’un fonds souverain permettant par exemple des placements dans des paradis fiscaux...
Pro-business ou parti pour la justice sociale? Aucun commentateur patenté n'a posé la question. Mais comme dit le dicton, les amis de mes ennemis sont mes ennemis. Non?
Publié par Publié par Le Mantois et Partout ailleurs
Bien que l'entreprise ait enregistré un bénéfice dix fois supérieur à celui de l'année précédente au premier trimestre 2024, elle s'apprête à lancer un plan de licenciements à l'échelle mondiale.
Capture d’écran : France 24
La semaine dernière, Reuters a révélé que Samsung Electronics prévoyait des suppressions massives de postes dans la plupart de ses secteurs d’activité. Ce vaste plan de réduction des effectifs viserait à diminuer de 15 % le personnel de vente et de 30 % le personnel administratif d’ici à la fin de l’année. Le géant de l’électronique, qui emploie actuellement 270 000 personnes à travers le monde, entame ainsi la plus grande campagne de licenciements de son histoire.
Samsung justifie cette décision par la volonté « d’améliorer [son] efficacité », citant la pression croissante depuis la pandémie de COVID-19 ainsi qu’une concurrence accrue dans le secteur. Cependant, cette quête d’efficacité semble n’être qu’un prétexte pour masquer une stratégie visant à augmenter les marges bénéficiaires, au détriment de ceux qui ont bâti ses profits. Cette stratégie est d’autant plus scandaleuse quand on sait que Samsung a réalisé un bénéfice record de 4,9 milliards de dollars au premier trimestre 2024, soit dix fois plus que l’année précédente, avec des prévisions encore plus optimistes pour le deuxième trimestre. Pendant ce temps, des milliers de travailleurs se retrouveront sans emploi et sans protection, alors même que l’entreprise continue d’accumuler des profits colossaux.
Pour l’instant, seuls les salariés basés en Corée du Sud seraient épargnés par ces licenciements massifs. Une « exception » qui n’est sans doute pas sans relation avec les conditions de travail souvent difficiles auxquelles sont soumis les ouvriers coréens, ainsi que la longue tradition anti-syndicale de l’entreprise. Cet été, pour la première fois dans l’histoire de Samsung, les salariés ont décidé de ne plus rester silencieux face à la direction. Ils ont déclenché une grève illimitée, luttant fermement pour obtenir une augmentation des salaires et de meilleures conditions de travail.
Un exemple à suivre et à généraliser. Et cela d’autant plus que dans toute l’Europe, comme le notait déjà Le Monde en février dernier, les banqueroutes sont au plus haut (et les licenciements qui vont avec) depuis 2008-2009. Sur fond de tendances à la crise, le capital se prépare plus que jamais à une offensive contre les travailleurs. Et la situation ne va pas en s’arrangeant, à l’image des fermetures d’usine que prépare le géant de l’automobile Volkswagen en Allemagne.
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
Patrick Martin, le président du Medef multiplie les contacts avec les syndicats pour tenter de renouer un dialogue. La CGT, elle, entend maintenir le rapport de force avec la mobilisation du 1er octobre. Deux stratégies pour reprendre la main face à un exécutif aux abonnés absents.

Le public présent en nombre, dans un Forum social bondé, samedi 14 septembre, à la Fête de l’Humanité, dit tout de l’importance de l’événement. Durant près de deux heures, Patrick Martin (Medef) et Sophie Binet (CGT) ont exposé leurs points de vue, parfois âprement, sur l’actualité économique et sociale.
« Oui, il faut augmenter les salaires », a fini par concéder le patron des patrons, plutôt surpris des applaudissements. « Cela suppose que nos entreprises soient plus performantes d’un côté et que, d’autre part, on revisite nos régimes sociaux », a toutefois précisé Patrick Martin, pointant là l’un des nombreux désaccords avec la secrétaire générale de la CGT sur l’avenir de la protection sociale.
Côté patronat, ce débat illustre la volonté de Patrick Martin de renforcer le « dialogue social », mis à mal par plusieurs années d’accords défavorables au monde du travail et d’ingérence de l’État dans les rouages du paritarisme. « Je ne suis pas chaud pour le ménage à trois avec l’État », avait-il lancé lors des universités de rentrée du Medef.
Face à un exécutif affaibli, les organisations syndicales et patronales entendent pousser leur avantage. La machine de la démocratie sociale avait été enrayée en avril, après l’échec des négociations sur l’emploi des seniors. Parmi les dossiers sur la table, l’assurance-chômage, alors que l’Élysée parie toujours sur la casse des droits des salariés privés d’emploi. D’ailleurs, depuis ce lundi 16 septembre, les collaborateurs du premier ministre Michel Barnier reçoivent à tour de rôle les organisations de salariés et d’employeurs.
Côté CGT, la feuille de route revendicative est connue :
Ces mots d’ordre sont partagés par Solidaires et la FSU, qui appellent aussi à participer à la journée de mobilisation interprofessionnelle du 1er octobre, date butoir de la présentation du budget aux députés.
« Cet exercice est central pour nos vies. Sans mobilisation, nous risquons une violente austérité : jours de carence, franchises médicales, coupes dans les services publics. Nous le disons à Michel Barnier : pour redynamiser nos services publics, les impôts des plus riches et des multinationales devront augmenter », prévient Sophie Binet dans un entretien à l’Humanité magazine.
Publié par FSC
552419
Se syndiquer CGT ?
Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.
Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés.
Hébergé par Overblog