Crédits photo : Capture d’écran, JT France 2
Syndicat CGT Unilever HPCI France
Publié par Luttesinvisibles
« Chaque coup bas porté par la direction est et sera rendu. » Après vingt-neuf jours de grève, les salariés de la cimenterie Calcia de Couvrot, dans la Marne, n'ont rien perdu de leur combativité, malgré les provocations de leur direction que le syndicat CGT de l'entreprise rappelle dans une lettre ouverte : « Présence d'huissier, assignations au tribunal, convocations par la direction et intimidations »… Autant de moyens de pression mis en œuvre par l'employeur pour briser le mouvement social – en vain.
Les grévistes (109 salariés sur les 142 qu'emploie l'entreprise) ne demandent pourtant pas la lune. Ils revendiquent une amélioration des conditions de travail, un apaisement des relations sociales, des embauches dans les services où les postes ont été supprimés sans être remplacés, le retrait de toutes les convocations pour entretien en vue d’éventuelles sanctions disciplinaires et une prime de 1 500 euros pour tous face à l'augmentation de la charge de travail et à l'augmentation du coût de la vie. Si des négociations on été ouvertes depuis le début du mouvement, elles n'ont pas débouché sur un accord : « Ils voulaient bien parler parler de tout ce qu'il y a autour du noyau de nos revendications, mais pas du noyau en lui-même » déplore un représentant syndical. La direction fait donc la sourde oreille, en dépit du bon sens : « Le site en est aujourd'hui à 10 millions de perte, alors que nous ne demandons que 213 000 euros de primes et quatre embauches. La direction en fait une question de principe. »
La bataille est rude, mais les grévistes restent unis. Les salariés d'autres usine du groupe (Gargenville, Beaucaire, Ranville, Airvault…) ont débrayé ou se sont mis en grève pour soutenir leur collègues. Présente à une manifestation devant le site industriel le 27 septembre, Céline Verzeletti, secrétaire confédérale, a exprimé le soutien de la Confédération aux grévistes : « Il est particulièrement choquant de voir les salariés assignés en justice. Nous allons vous aider à interpeller les pouvoirs publics. »
Mais tout le monde peut contribuer à la réussite du mouvement. Le syndicat CGT de Calcia-Couvrot a mis en place une caisse de solidarité et une cagnotte leetchi pour soutenir financièrement les grévistes. N'hésitez pas à leur apporter votre aide !
L'enjeu de cette bataille dépasse les seuls intérêts des salariés de Calcia. Les travailleur·ses de la filière sont tou·tes soumis·es à de nombreux risques (chimiques, physiques, acoustiques, thermiques…) et subissent des conditions de travail difficiles. Les salariés en lutte en sont conscients, et en voient leur détermination renforcée : « Nous avons alerté sur un mal-être qui s'étend à l'ensemble de la profession, nous sommes les porte-parole de tout un métier. »
Publié par FSC
Alors que dans les autres pays européens, l’inflation baisse relativement la France semble faire exception, de sorte que les prix de l’énergie et de l’alimentaire repartent à la hausse. Face à une situation qui ne peut aller qu'en s'aggravant, l’indexation des salaires sur l'inflation se pose de manière toujours plus urgente : il s’agit maintenant de l’imposer.
Crédits photo : Capture d’écran, JT France 2
Ces derniers jours, les experts économiques de plateau-télé s’inquiètent : malgré les promesses répétées de Bruno Lemaire annonçant une baisse de l’inflation (à peu près tous les mois depuis deux ans), celle-ci continue de se maintenir à un niveau élevé. Le professeur d’une école de commerce, Gilbert Cette, pointe : « C’est vrai, l’inflation résiste davantage en France qu’ailleurs. En août 2022, la France était, des vingt pays de la zone euro, celui qui affichait l’inflation la plus faible. Un an plus tard, en août 2023, l’inflation est plus basse dans treize pays, soit presque les deux tiers de la zone. » Une tendance à l’inflation que la sortie du bouclier tarifaire sur les prix de l’électricité d’ici la fin 2024 va continuer d’accentuer l’an prochain.
Confirmé par les derniers chiffres de l’INSEE, ce constat met à mal l’ensemble du discours gouvernemental depuis le début de la crise inflationniste. Alors que depuis deux ans, Macron pointe que pour voir l’inflation baisser, les salariés ne doivent pas pas être trop gourmands, dans l’attente de jours meilleurs. Or, la situation est loin de s’améliorer et continue de s’aggraver.
L’une des raisons est le desserrement des subventions publiques de sorte que les tarifs réglementés de l’électricité ont ainsi augmenté de 10% dès le 1er août 2023, au moment où les prix de l’énergie explosent, promettant un hiver de chien pour les classes populaires.
Le pari de Macron et de son gouvernement qui consistait à mettre en œuvre des mesures de contention des prix est un échec sur toute la ligne. Alors qu’il cherchait à mettre en exergue une inflation moindre à l’échelle européenne, il n’a fait que jouer sur les rythmes de l’inflation de sorte que celle-ci est loin de s’arrêter. Ainsi, loin de bloquer les prix et de faire payer l’inflation aux grands groupes de l’énergie, ces mesures ont servi à freiner relativement la hausse des prix à la consommation en payant la différence aux distributeurs d’électricité, de gaz et de carburants avec de l’argent public, par dizaines de milliards (une somme dont personne ne sait estimer l’ampleur exacte comme le pointe Mediapart). En définitive, la maîtrise très relative des prix de l’électricité et du gaz s’est faite au prix de subventions publiques indirectes massives au grand patronat du secteur de l’Énergie.
Désormais, le gouvernement et le patronat demandent de rembourser la note. Le bouclier tarifaire n’était pas un cadeau mais un prêt, avec des intérêts qui se payent au prix fort ! Âge légal de départ à la retraite reculé de deux ans, attaques contre l’assurance chômage et les allocataires du RSA qui doivent désormais fournir 15 heures hebdomadaires de travail gratuit, moindre remboursement des frais dentaires à partir du 1er octobre, flicage des arrêts-maladies. Le budget 2024 est rempli d’attaques austéritaires contre les classes populaires.
Pourtant, le gouvernement l’assure – et pourquoi devrait-on douter de ses prédictions ? – les salaires devraient, au global, avoir augmenté de 4,5% sur l’année 2023, quand l’inflation générale aurait augmenté dans le même temps de… 5%. Si on peut fortement douter de ces statistiques globales qui ne font absolument pas la différence entre les augmentations des PDG et du management des entreprises avec celles des travailleurs, il y a une inflation officieuse qui est elle vécue quotidiennement par les travailleurs : la nourriture est près de 10% plus cher qu’il y a un an, l’électricité et le gaz sont en constante augmentation et l’essence est à 2€ le litre. C’est tout simplement la promesse d’un plongeon dans la misère pour des millions de foyers.
Quand même manger à tous les repas (sans même parler de bien manger) devient un luxe, il y a pourtant des mesures d’urgence simples à mettre en œuvre. Il faut que les salaires et les pensions soient indexées sur la hausse du coût de la vie ! Mais il faut aussi augmenter d’au moins 400€ tous les salaires ! C’est une nécessité alors qu’aujourd’hui, il n’est plus possible de vivre correctement de son travail, plus possible de ne pas se retrouver dans le rouge dès le milieu de mois et pas possible de faire face à un coup dur et à des dépenses imprévues.
Face à cette inflation qui a été extrêmement élevée ces deux dernières années, des vagues de lutte pour les salaires ont eu lieu dans de nombreux pays. Un bilan de cette séquence à l’échelle européenne est que les quelques avancées un peu significatives, quoiqu’insuffisantes, ont eu lieu lors de combats groupés, à échelle d’une branche ou de plusieurs. Les luttes entreprise par entreprise n’ont souvent permis que de perdre le moins possible, et de ne gratter que des « augmentations » en deçà de l’inflation générale et bien en deçà de l’inflation alimentaire ou de l’énergie.
La perspective d’une lutte générale de l’ensemble des salariés pour l’indexation des salaires sur l’inflation et l’augmentation de tous les salaires de 400€ devrait ainsi être mise à l’ordre du jour par les directions des organisations syndicales, ainsi qu’un véritable plan de bataille pour l’obtenir. Rien de tout ça n’est proposé aux salariés : seulement une journée de mobilisation isolée ... à deux mois de la rentrée sociale, le 13 octobre, et ce dans une perspective de pression sur la conférence sociale, la nouvelle supercherie pondue par Macron pour embourber les syndicats dans le « dialogue social ».
Or, cette conférence sociale ne vise aucunement à régler le problème de la baisse des salaires, mais au mieux à négocier les salaires minimums de branche qui ont été dépassés par l’augmentation du SMIC… Autrement dit, des miettes. A la hauteur de l’objectif, on n’entend quasiment pas les têtes syndicales se mobiliser pour faire la promotion de cette journée. En se donnant des objectifs aussi limités, il est bien entendu difficile de motiver ses collègues à perdre du salaire pour faire grève. Face à une telle situation de crise sociale, le minimum vital est d’opposer face à Macron et au grand patronat, un plan de lutte résolue pour une augmentation générale des salaires et l’indexation sur l’inflation.
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
Alors que les accidents du travail se multiplient, le nouveau mode de calcul des indemnisations pour les maladies professionnelles et les accidents du travail prévu par le PLFSS 2024 prévoit d’exonérer les patrons d’une partie de ce qu’ils devraient verser à leurs victimes en cas de faute inexcusable.
Alors que le budget 2024 est placé sous le signe des attaques anti-sociales, le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2024 (PLFSS) n’est pas en reste. Ce dernier prévoit notamment, avec son article 39, de réduire très fortement les montants que devraient verser à leurs victimes les patrons dont la faute inexcusable dans un accident ou une maladie professionnelle est reconnue.
En effet, les modes de calculs actuels permettent – sur le papier – d’arracher à son employeur une rente majorée et payée de sa poche lorsque sa faute inexcusable est reconnue devant la justice. Le PLFSS 2024 réduit très fortement cette possibilité en introduisant un nouveau mode de calcul des rentes de base versées en cas d’incapacité permanente d’origine professionnelle. Ce mode de calcul agrège dans un seul forfait deux types de préjudices qui étaient auparavant séparés : la compensation de la perte de revenus professionnels et la réparation du « déficit fonctionnel » de la victime dans sa vie personnelle. Une fusion qui permet de réduire mathématiquement la part à débourser par le patronat, la responsabilité de l’employeur en cas de faute inexcusable étant réduite du montant déjà indemnisé par la rente de base. En bref, la faute inexcusable de l’employeur (autrement dit sa mise en danger reconnue par la justice des employés), sera dès 2024 financée majoritairement par la mutualisation.
Une logique que le PLFSS lui-même ne cherche même pas à cacher. L’exposé des motifs de l’article 39 assume ainsi : « en cas de faute inexcusable de l’employeur, l’employeur ne sera pas seul à supporter la charge financière d’un préjudice fonctionnel déjà en partie couvert par la rente AT MP [Accident du travail – Maladie Professionnelle] ».
Une mesure scandaleuse qui s’apparente à une incitation à mettre en danger les travailleurs. Et ce alors que « la France fait partie des pays où l’on meurt le plus au travail, avec 3,32 accidents mortels pour 100 000 personnes en activité (données Eurostat). Deux morts par jour, plus de 600 000 accidents du travail par an », selon une récente tribune publiée dans Le Monde. Depuis 2016, le nombre de morts au travail tend d’ailleurs à augmenter (à l’exception de l’année de 2020 marquée par le confinement) alors que jusque-là dominait une tendance à la baisse sur plusieurs décennies. Voilà la conséquence des politiques austéritaires, de la précarisation du travail, de la liquidation des Comités d’Hygiène et de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) et des logiques de sous-traitances. Une hausse que la macronie entend bien entretenir en offrant au patronat un passe-droit économique pour mettre en danger la vie des salariés. François Desriaux, rédacteur en chef du magazine Santé & Travail et co-fondateur de l’association nationale de défense des victimes de l’amiante, dénonçait ainsi le 2 octobre sur X (anciennement twitter) : « le gouvernement fait un gros cadeau au patronat sur le dos des victimes et de la prévention ».
En plus de représenter un passe-droit pour le patronat, cette mesure est également un crachat au visage de tous les accidentés, malades et familles des victimes du travail. Ces derniers doivent en effet mener de lourdes batailles administratives et juridiques dans des cadres structurés contre leurs intérêts, pour faire reconnaître leurs pathologies et pouvoir toucher des indemnités, et a fortiori faire attester par la justice les fautes graves de leurs employeurs. La sociologue Véronique Daubas-Letourneux explique ainsi à Mediapart : « On sait par exemple que les cancers d’origine professionnelle sont très rarement reconnus comme tels. Et la Sécu en est consciente, puisque chaque année sa branche accidents du travail reverse beaucoup d’argent [2 milliards d’euros en 2019 – ndlr] à sa branche maladie pour compenser les sous-déclarations. ». Dans le même temps, le patronat se voit couvert par le gouvernement pour avoir mené la santé des travailleurs à la ruine.
Cette attaque importante a été facilitée par la logique de dialogue social adopté par les directions syndicales. Ainsi, la CGT, FO, la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC sont signataires aux côtés du Medef et d’autres organisations patronales de l’Accord national interprofessionnel du 15 mai 2023. Ce dernier prévoit notamment une rénovation des barèmes de calculs de la rente accidents du travail-maladies professionnelles. La possibilité que la fusion derrière un forfait commun des indemnités professionnelles et fonctionnelles résulte en une hausse globale de l’indemnité a en effet poussé les directions syndicales à accepter la révision du barème. Une possibilité 100% virtuelle : la macronie se donne toute latitude pour préciser les modalités de calcul par décret une fois le PLFSS adopté, et la dernière séquence a prouvé que renforcer les droits des travailleurs n’étaient pas vraiment le credo de Macron.
Cette véritable incitation à mettre en danger la vie et la santé des travailleurs, est un crachat de plus de la macronie à l’adresse du monde du travail et un nouveau cadeau obscène au patronat. Une attaque qui vient compléter une longue liste (dernièrement la réduction des soins dentaires et la volonté de traquer les arrêts-maladies des travailleurs) et qui ne pourra être combattue qu’en se débarrassant de toute illusion dans le dialogue social et la conciliation avec la macronie, par la grève et la rue.
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
Publié par Luttesinvisibles
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Publié par Luttesinvisibles
SOURCE : L'Humanité
En juin, deux salariés de la Banque de France se sont suicidés à leur domicile. L’un d’entre eux a laissé une lettre incriminant la Banque de France, que l’Humanité s’est procurée. Face au manque de réactions de la direction, l’intersyndicale devrait voter, le 11 octobre prochain, une demande d’expertise pour « danger grave et imminent ».
Je fais cet acte contre la Banque de France ». Les mots sont écrits noir sur blanc. Sur une simple feuille laissée juste avant de se suicider à sa famille, le salarié, né en 1966, travaillant sur le site de Paris La Courneuve, accuse explicitement l’institution publique.
Intitulée « dernières volontés », le texte est court, tout comme cette phrase où il « demande à tous ceux qui peuvent de faire un procès à la Banque pour maltraitance et RPS (risques psychosociaux NDLR) », avant de dire « Adieu ». En juin, deux salariés de la direction fiduciaire, là où sont fabriqués les billets et pièces de banque, ont mis fin à leurs jours, à leur domicile. Là où se sont multipliées les réorganisations, avec de nombreuses fermetures de sites.
Les salariés « vivent dans une sorte d’instabilité permanente », inquiets quant à l’avenir même de cette filière au moment où « plusieurs projets d’externalisation sont en cours », alerte le délégué syndical central CGT Hugo Coldeboeuf. Si la fiduciaire est une filière particulièrement touchée, la restructuration est pour le syndicaliste plus globale.
Depuis 2015, date de l’arrivée de François Villeroy de Galhau, à la tête de l’institution publique
Publié par FSC
Ue nouvelle pierre dans le jardin de la presse système, de LCI et consorts empêtrés dans leurs mensonges !
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«La guerre en Ukraine n’a pas commencé en février 2022, elle a commencé en 2014, quand les fascistes ukrainiens ont massacré des citoyens russes ethniques en Ukraine», a rappelé le vainqueur des élections en Slovaquie.
Au grand dam d’un journaliste, qui ânonne le récit fantaisiste, martelé en 2014, d'une «invasion russe» du Donbass.
Au contraire, «tout a commencé avec le meurtre d’Ukrainiens russes», rappelle Fico, dans le cadre d'une politique de nettoyage ethnique assumée du régime de Kiev.
Donbass: «Il y a une catégorie de gens qu'il faut simplement tuer» (télé ukrainienne, 2014)
«Les Américains combattent la Russie avec des soldats ukrainiens», avait aussi recadré Fico.
Mais la classe politique et les médias «gardent le silence».
«Ils se taisent parce qu’ils ont peur d’être punis par Bruxelles ou Washington».
Publié par FSC
Ce sous-traitant ferroviaire, dernier fabriquant français de roues et d'essieux, emploie 380 personnes dans le Nord. L'actionnaire chinois veut se désengager. Une solution de reprise doit être trouvée d'ici la fin du mois sans quoi le placement en redressement judiciaire sera inévitable.
"La trésorerie donne de la visibilité à 30 jours. Mais après ?" Sur les deux sites que compte Valdunes, distants de 150 kilomètres, on vit dans l'inquiétude et au gré des marques d'intention. Une douzaine de repreneurs potentiels ont ces dernières semaines montré des signes d'intérêt pour l'entreprise. Problème : pour quasiment tous (sauf un), c'est oui pour l'atelier d'usinage de Tith-Saint-Léger près de Valenciennes, mais non pour la fonderie installée à Leffrinckoucke sur la côte dunkerquoise. Seul un investisseur en effet, Navigator Group, se positionne concrètement pour une reprise des deux sites. Problème là encore : son profil ne rassure pas les salariés.
Navigator a un ambitieux projet qui peut séduire sur le papier. Créer un "pôle ferroviaire" européen en rachetant des acteurs de taille moyenne. Le groupe allemand est en passe de mettre la main notamment sur une PME bretonne AP Industries, basée à Ploërmel et qui fabrique notamment les aimants qui permettent à deux rames de train de se raccorder entre elles. Accoler à son projet les deux sites de Valdunes permettrait de lui donner de la consistance. Mais Navigator a-t-il les moyens de ses ambitions ? Celles-ci se heurtent à la méfiance de la CGT dans l'entreprise et de son délégué syndical Maxime Savaux pour qui le risque est d'avoir un investisseur qui vienne "piller le savoir-faire, empocher les aides de l'État et des collectivités, puis décide de s'en aller comme les autres d'ici 3-4 ans".
Au ministère, on suit de très près ce dossier qui a tout du terrain miné. Un cabinet d'experts Grant Thornton a été désigné pour éplucher les offres de reprise et les évaluer : "Le repreneur devra investir au moins 50 % du besoin financier de Valdunes avec son propre argent", insiste-t-on à Bercy, au cabinet du ministre délégué à l'industrie, Roland Lescure. Et c'est là que le dossier présenté par Navigator pourrait atteindre ses limites, sachant qu'approximativement plus de 100 millions d'euros seraient aujourd'hui nécessaires pour remettre l'outil industriel au goût du jour après des années de sous-investissements. "Si on décide de faire confiance à un repreneur, il faut que ça tienne", abonde une conseillère au cabinet. "Que ce soit carré et qu'on ne se dirige pas vers le même scénario dans deux ans."
Pour la CGT, la meilleure manière de ne pas être déçu est encore d'écrire le scénario soi-même. La centrale de Montreuil veut convaincre la SNCF et Alstom de s'investir dans un projet alternatif. Selon Sophie Binet, la secrétaire générale du deuxième syndicat français, "les interpellations de la CGT ont fait bouger les lignes puisque la SNCF s'est dite disponible à augmenter son carnet de commandes et à s'engager à plus de volumes qu'aujourd'hui". La compagnie se serait aussi dite ouverte à entrer dans un tour de table sur la reprise de Valdunes. "Pour l'instant, le point de blocage se situe du côté d'Alstom qui ne répond pas à nos sollicitations", regrette Sophie Binet qui doit se rendre à Bercy vendredi pour évoquer la question et demander l'organisation d'une table-ronde entre la SNCF, Alstom et la Région Hauts-de-France.
Publié par FSC
Ce samedi, un millier de manifestants, ont manifesté à Quimper après qu’un bébé soit mort faute de prise en charge à l’hôpital de Carhaix. Une mobilisation réprimée par le gouvernement qui démontre l’étendue de la crise des urgences et la colère de la population.
Crédits photos : Ouest France
L’image a fait le tour des réseaux sociaux samedi dernier, un millier de personnes selon les organisateurs ont manifesté devant la préfecture du Finistère à Quimper pour exiger la réouverture des urgences de Carhaix la nuit. Une manifestation dont les images témoignaient d’une détermination importante, en particulier celle de la catapulte tractée par les élus municipaux de Carhaix devant le cordon de CRS, ou encore le feu allumé devant la préfecture et les danses de joie des manifestants.
Alors que [plus de 300 habitants, soignants et élus de Carhaix avaient https://www.ouest-france.fr/sante/hopital/video-300-manifestants-prennent-la-direction-de-quimper-pour-defendre-lhopital-de-carhaix-d644494e-fc36-4fde-b0a7-b08e8ff786cd], ces derniers se sont heurtés à la réponse habituelle du gouvernement, celle de la matraque. Tandis que les manifestants tentaient de franchir le cordon de CRS pour rejoindre la préfecture, la police n’a pas hésité à les réprimer en employant gaz lacrymogène et coup de matraque comme on peut le constater dans les vidéos.
Une réponse ultra-répressive à une mobilisation survenue en réaction à un drame survenu dans la nuit de mercredi à jeudi à Carhaix, où un nourrisson de 6 mois, souffrant de problèmes respiratoires, est décédé en l’absence de prise en charge suffisamment rapide par les secours. Une conséquence de la fermeture de nuit des urgences hospitalières de Carhaix, fautes de personnel et de moyens, que la population avait déjà dénoncé le 14 septembre dernier en envahissant l’ARS, restée silencieuse face aux revendications.
La manifestation de ce samedi a permis de mettre en lumière les conséquences profondes de la crise des services de santé, tout particulièrement celles des services d’urgences. En réalité, le choix du gouvernement depuis plusieurs mois de pérenniser un fonctionnement dégradé des services d’urgences en généralisant leur fermeture et leur « régulation », amène un véritable calvaire pour la population. Dans un reportage réalisé par le HuffPost qui a suivi la manifestation, les habitants racontent la situation à Carhaix. « C’est une galère, on appelle le 15, on nous envoie ailleurs pour faire revenir ici, c’est une perte de chance et de temps » explique une auxiliaire puéricultrice. Alors que les hôpitaux vers lesquels sont renvoyés les habitants de Carhaix sont, pour le plus proche, à 45 minutes de voitures, Solange, habitante de la petite ville de 7 500 personnes, soutient que « la situation ne peut pas tenir, ici on est loin de tout, on a besoin d’un service de santé correct ».
Le problème à Carhaix dépasse par ailleurs la question des services d’urgence et concerne l’accès aux soins dans sa globalité, comme l’affirme avec force Delphine, elle aussi habitante : « on en parle depuis longtemps de ce problème à Carhaix. Il n’y a plus de dentiste, un médecin généraliste c’est très compliqué à trouver. Moi, j’ai la chance d’en avoir un, mais pour les gens qui arrivent à Carhaix c’est impossible d’en trouver. » Une réalité rapportée aussi par Monique, infirmière à la retraite, qui montre l’absurdité de la fermeture des urgences : « Mon propre médecin d’ici m’a dit qu’il y a des gens qui bloquent des semaines pour aller à Paris se faire soigner. »
« C’est pour toutes ces raisons qu’on se dirige vers Quimper, pour se faire entendre », affirme une habitante de Carhaix, tandis qu’un autre assure qu’ils vont continuer « à se battre pour l’hôpital », « sans jamais baisser la tête » pour qu’il rouvre complètement. Des déclarations qui montrent le niveau d’indignation et de révolte présent au sein de la population, que l’élu municipal et agriculteur de Carhaix, Yann Maniac’h appuie, après s’être fait réprimer par la police en déclarant « qu’ils [le gouvernement] ne gagneront pas, on ne s’arrêtera pas de se défendre ». En 2008, à Quimper, la population avait forcé les grilles de la préfecture du Finistère contre la fermeture d’un service de maternité, faisant reculer les pouvoirs publics.
Si les mobilisations syndicales au sein des services de santé ne manquent pas ces dernières années, depuis avril, celles-ci prennent une nouvelle ampleur dans certaines petites villes. 2 000 manifestants à Feurs (Loire) fin avril, 6 000 à Langres (Hautes-Marne) le 23 septembre dernier, et enfin un millier à Quimper ce samedi, la population se mobilise de plus en plus pour dénoncer un accès aux soins détériorés, la destruction des services publics et les déserts médicaux. Tandis qu’à Feurs, la population protestait contre la fermeture très prochaine du service des urgences, à Langres, l’immense manifestation jamais vue dans cette ville, et à l’initiative de l’association Egalité santé, s’opposait au projet de réorganisation hospitalière de l’ARS.
Des manifestations qui marquent une colère profonde au sein de la population contre les conséquences des politiques néolibérales des gouvernements successifs. Des conséquences qui vont au-delà de la santé, puisque ce sont l’ensemble des services publics qui sont détruits et font face au manque de moyens. Une situation dont les plus fortes conséquences se ressentent dans les banlieues pauvres ou les zones rurales et semi-rurales. Alors que le grand mouvement contre la réforme des retraites marquait la profondeur de la colère dans le territoire, que les révoltes des banlieues exprimaient également ce phénomène et ont grandement fragilisé le gouvernement, la dossier de l’hôpital public, l’accès aux soins et les contestations grandissantes en ruralité pourraient bien venir percuter ce dernier par en bas et l’ébranlé à nouveau.
Marie-Laure Charchar, secrétaire générale de la CGT blanchisserie et membre de Révolution Permanente nous donne sa vision de la situation : « d’une part la centralité d’un service de santé performant pour la vie de tout le monde, et d’une autre la détérioration de ces services, le caractère minable des conditions de travail à l’hôpital, et ce par la faute des politiques qu’ont menaint les gouvernements. Et ça va pas en s’arrangeant, Les drames à l’hôpital ne cessent de se multiplier, c’est urgent d’y mettre fin ! La contestation dans les petites villes est normale et symptomatique au vu du niveau de destruction des services de santé. On doit prendre exemple sur ce qui se passe dans ces petites villes qui arrivent à mobiliser largement la population sur un sujet, surtout à l’heure où les directions syndicales continuent de maintenir des mobilisations dans la division les luttes alors qu’on aurait besoin d’un mouvement d’ensemble. »
De fait, la démonstration de colère de samedi pose la question de la construction d’une riposte, qui associe lutte pour les services publics, mobilisation contre la vie chère et pour les salaires, et refus des offensives autoritaires et racistes, qui font obstacles à celles et ceux qui relèvent la tête. Un enjeu central à l’heure où la préparation du 13 octobre est largement en-deçà des nécessités urgentes de la situation, et où le son de cloche des dirigeantes de la CGT et de la CFDT est au refus de prendre « sa revanche » face à Macron. La colère existe, il faut l’organiser dans un plan de bataille offensif ! Comme le conclut Marie-Laure, « il y a urgence à construire une riposte d’ensemble, contre les offensives répressives et racistes du gouvernement, contre la vie chère et l’inflation qui nous appauvrit, mais également pour un service public de qualité pour tout le territoire ».
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
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Se syndiquer CGT ?
Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.
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