Syndicat CGT Unilever HPCI France
Hayet Kechit
L'Humanité du 29 mars 2024
Le tribunal correctionnel de Lille a requis, jeudi 28 mars, de la prison avec sursis contre Jean-Paul Delescaut, secrétaire général de la CGT du Nord, jugé pour « apologie du terrorisme » après avoir publié, en octobre dernier, un tract sur le conflit israélo-palestinien et l'attaque du Hamas. Parmi les soutiens rassemblés devant le tribunal, Sophie Binet a fustigé une interprétation malveillante des propos du syndicaliste et a dénoncé un « procès politique scandaleux ».
Les réquisitions du tribunal correctionnel de Lille sont tombées le 28 mars, à l’issue de quatre heures d’audience : la prison avec sursis a été requise contre Jean-Paul Delescaut, secrétaire général de l’Union départementale de la CGT du Nord, jugé pour « apologie publique d’un acte de terrorisme » et « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion », des délits passibles d’une peine allant jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende.
En cause : la diffusion, le 10 octobre 2023, d’un message de soutien à Gaza, trois jours après l’attaque sanglante du Hamas et la réplique aveugle d’Israël contre les habitants de l’enclave palestinienne.
On pouvait y lire notamment ces propos pointés par les parties civiles : « Les horreurs de l’occupation illégale se sont accumulées. Depuis samedi [7 octobre 2023], elles reçoivent les réponses qu’elles ont provoquées. » Retiré du site Internet, le tract avait été remplacé par une version « confédérale » corrigée, trois jours plus tard.
Mais l’Organisation des juifs d’Europe et l’Association communauté israélite (ACI) de Lille s’étaient déjà engouffrées dans la brèche, dénonçant « un tract partisan, agressif, militant, guerrier et antisémite », qui justifierait l’attaque du Hamas, en le présentant comme une réponse aux « horreurs de l’occupation illégale ».
Des accusations dont les réquisitions de la procureure se sont fait l’écho. Cette dernière a en effet estimé le délit « parfaitement caractérisé ». Elle a dénoncé un tract « présentant ces horreurs comme si elles avaient eu un caractère inévitable » ajoutant, « c’est une légitimation d’un attentat de masse sous couvert d’une analyse historique ».
La CGT défend les « valeurs d’humanité et de solidarité entre les peuples »
Jean-Paul Delescaut, accueilli à son entrée au tribunal par un comité de soutien de plusieurs centaines de personnes, dont la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet et le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, n’a pourtant eu de cesse de contester ces accusations en réaffirmant, lors de l’audience, les « valeurs d’humanité, de défense de salariés, contre l’injustice sociale et pour la solidarité entre les peuples » de la CGT, ainsi que sa « condamnation des actes terroristes en général et bien entendu celui du 7 octobre » ainsi que « de toutes les violences ».
Le responsable syndical, qui est aussi soignant au centre hospitalier de Valenciennes (Nord), s’en est tenu à cette déclaration lors de son procès, où Jean-Luc Mélenchon a témoigné dans une vidéo de trois minutes.
Ses avocats, Arié Alimi et Ioannis Kappopoulos, qui ont tous deux plaidé la relaxe, ont contesté l’interprétation faite de ce message, affirmant que si « ce tract n’est pas un chef-d’œuvre », « à aucun moment il n’évoque les modalités d’action du Hamas », ni ne les présente sous un jour favorable.
En marge du procès, ses soutiens ont également pris la parole. À l’instar de Sophie Binet, qui avait fait le déplacement à la mi-journée à Lille. Cette dernière a relevé la dimension symbolique et politique prise par ce procès qui s’inscrirait « dans un climat très inquiétant de répression des libertés syndicales », avec « plus de 1 000 militants poursuivis au nom des actions menées collectivement par la CGT ».
Elle a ainsi fustigé « un procès politique scandaleux ». Et la secrétaire générale de la CGT de donner sa lecture de cette publication : « Ce que disait ce tract tout simplement c’est que la violence entraîne la violence. C’est malheureux. Le tract condamnait la violence et exprimait la solidarité de la CGT avec toutes les victimes civiles. » La décision du tribunal correctionnel de Lille a été mise en délibéré au 18 avril 2024.
Publié par FSC
Publié par Luttesinvisibles
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Nouvelle réforme de l’assurance-chômage : « Réduire les droits des chômeurs n’a aucun effet sur l’emploi », explique Denis Gravouil, CGT
Membre du bureau confédéral de la CGT, Denis Gravouil analyse la politique menée par le pouvoir macroniste à l’encontre des privés d’emploi, alors que le premier ministre Gabriel Attal, invité du 20 heures de TF1 ce mercredi 27 mars, a annoncé qu’il y aurait « une réforme de l’assurance-chômage cette année ».

L’officialisation par l’Insee, mardi, du dérapage des déficits publics en 2023 à 5,5 % du PIB, au lieu des 4,9 % prévus, a relancé la frénésie d’idées de coupe dans les budgets sociaux. L’assurance-chômage, qui a déjà subi deux réformes austéritaires, se retrouve dans le viseur du gouvernement. Invité du 20 heures de TF1, ce mercredi 27 mars, Gabriel Attal a annoncé qu’il y aurait « une réforme de l’assurance-chômage cette année ». Sans trancher sur les contours de celle-ci, il a rappelé que l’un des paramètres était « la durée de l’indemnisation de l’assurance-chômage ». Une ineptie, pour Denis Gravouil, membre du bureau confédéral de la CGT en charge de la protection sociale.
Le gouvernement justifie la nécessité d’un nouveau tour de vis sur l’assurance-chômage par le « dérapage » des comptes publics : qu’en pensez-vous ?
Denis Gravouil
Que le gouvernement n’assume jamais ses responsabilités. En quoi les chômeurs ont-ils joué un rôle dans la hausse du déficit que l’exécutif a été incapable de prévoir ? C’est la politique économique du gouvernement qui est en échec : les saignées libérales n’ont pas produit leurs effets et voilà qu’ils nous expliquent que nous aurions besoin de nouvelles saignées.
Toutes les études montrent que la réduction des droits des chômeurs, fil rouge de la politique macroniste, n’a aucun effet sur le niveau de l’emploi. En revanche, on sait que ces réformes ont favorisé l’appauvrissement des personnes concernées. La question du déficit est surtout un prétexte utilisé par le gouvernement pour justifier de nouvelles mesures contre les chômeurs.
Dans l’histoire de la Ve République, aucun chef d’État n’avait autant réformé l’assurance-chômage : quelle est la logique poursuivie ?
Denis Gravouil
Il s’agit à la fois de réaliser des économies sur le dos de la protection sociale, tout en obligeant les privés d’emploi à accepter des emplois dégradés. Dans les États autoritaires, les pouvoirs en place inventent les chiffres. Dans les États démocratiques, ils mettent en avant les chiffres qu’ils veulent.
L’exécutif ne cesse de communiquer sur le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) ou sur les inscrits à Pôle emploi comptabilisés dans la catégorie A, c’est-à-dire des gens qui n’exercent aucune activité. Mais je rappelle que, sur 6,2 millions de personnes inscrites à France Travail (ancien Pôle emploi), plus de la moitié passent d’un petit boulot à un autre.
Les catégories B et C (personnes exerçant une activité réduite) sont invisibilisées dans le débat public, or ce sont celles qui ont le plus augmenté depuis les années 1980. D’ailleurs, lorsque les gens quittent la catégorie A, c’est souvent parce qu’ils ont retrouvé un petit boulot, ce qui les fait basculer dans les autres catégories. Cette précarité n’est jamais montrée.
Depuis plusieurs semaines, le gouvernement semble cibler spécifiquement les seniors…
Denis Gravouil
Jusqu’en 2021, les premières victimes des réformes de l’assurance-chômage étaient les travailleurs précaires, et notamment les jeunes qui mettent des années à trouver un emploi stable après leurs études. Depuis, on voit que le gouvernement s’en prend à de nouvelles cibles. Depuis le 1er février 2023, la durée maximale d’indemnisation a été réduite par décret de 25 % : les plus touchés sont les seniors, qui se retrouvent souvent à Pôle emploi après avoir perdu leur poste en CDI.
Je veux insister sur les effets combinés de la réforme des retraites et de cette baisse de la durée d’indemnisation. De nombreux chômeurs âgés de 55 ans et plus vont se retrouver avec 27 mois d’allocations seulement, contre 36 mois dans l’ancien système. Ils vont donc perdre neuf mois de chômage, mais ils risquent aussi de se voir priver d’ASS (allocation de solidarité spécifique, destinée aux chômeurs en fin de droits – NDLR), que le gouvernement a promis de supprimer.
Enfin, ils subiront les effets du report de l’âge de départ à la retraite. Autrement dit, des milliers de chômeurs âgés d’une soixantaine d’années risquent de se retrouver sans rien, ni emploi ni allocation. Il y a là un risque social considérable, qui peut se doubler d’un risque politique dans la perspective des élections de 2027 : on sait à quel point la précarisation peut alimenter le vote d’extrême droite.
Le gouvernement met souvent en avant les difficultés de recrutement pour justifier de nouvelles mesures : crédible, selon vous ?
Denis Gravouil
Ce raisonnement ne tient pas debout. Les offres d’emploi non pourvues s’élèvent à environ 300 000 par an, ce qui signifie que l’immense majorité des offres déposées chaque année trouvent preneur. S’il y a des difficultés dans certains secteurs, comme les hôtels-cafés-restaurants, c’est lié aux conditions de rémunération.
Prenons le cas des saisonniers : quand vous proposez à un travailleur de venir bosser au Smic dans une station balnéaire, et qu’il sait qu’il dépensera l’équivalent de son salaire en transport et logement sur place, comment voulez-vous qu’il accepte ?
Lorsque les restaurateurs parviennent à loger leurs saisonniers, tout le monde sait qu’ils n’ont aucune difficulté à recruter. La question des emplois non pourvus sert à nourrir l’idée reçue selon laquelle les chômeurs ne voudraient pas travailler. Ce qu’ils veulent, c’est un emploi digne, à la hauteur de leurs qualifications, pour un salaire correct.
Publié par FSC
Si Gabriel Attal n’a finalement rien annoncé de concret, le premier ministre a affiché clairement la couleur ce mercredi soir. C’est une nouvelle offensive historique qui se prépare contre l’assurance-chômage, face à laquelle le dialogue social a déjà montré qu'il était une impasse.
Crédit photo : Gabriel Attal devant 145 milliards d’euros auxquels il a promis de ne pas toucher...
Début mars, Gabriel Attal annonçait vouloir « tourner notre modèle social davantage vers le travail ». La phrase est alambiquée, mais l’objectif (100% macroniste) est clair : nous faire travailler plus, tout en réduisant nos droits sociaux et l’accès aux services publics. Avec l’aggravation du déficit annoncée cette semaine, qui contraint le gouvernement à donner des gages pour rassurer marchés et agences de notation, le gouvernement tient le motif idéal pour justifier de nouvelles offensives, dont il a annoncé la couleur au JT de TF1 ce mercredi soir. Après une introduction raciste, à l’occasion de laquelle Gabriel Attal a annoncé que l’État déposerait plainte contre une lycéenne ayant dénoncé une agression islamophobe, et après avoir réaffirmé son refus de toucher au profit du grand patronat, le premier ministre a en effet confirmé vouloir s’en prendre aux chômeurs.
Certes, aucune annonce concrète n’a finalement eu lieu, Attal cherchant à éviter une crise avec les directions syndicales en pleine négociations sur l’assurance-chômage. Celui-ci a cependant dessiné des pistes claires. A propos de la durée d’indemnisation, Attal a ainsi expliqué considérer la perspective de « réduire cette durée d’indemnisation de plusieurs mois » tout en précisant, « je ne pense pas qu’il faut que ça aille en dessous de 12 mois. » Pour rappel, au début du premier mandat de Macron, la durée d’indemnisation maximum était de 24 mois. Depuis, celle-ci a été abaissée à 18 mois, tout en durcissant les conditions d’accès. De quoi donner une idée de l’ampleur de la perte de droits en cours.
Autre piste pour Gabriel Attal, l’indemnisation des seniors. Là encore, le premier ministre ne se prononce pas encore clairement. Mais le plan, annoncé depuis novembre par Bruno Le Maire, est connu : réduire la durée d’indemnisation maximale des plus de 55 ans, qui s’élève actuellement à 27 mois (maximum). Un régime sensé prendre en compte la difficulté pour les seniors de trouver un emploi, démontrée par de nombreuses enquêtes de l’Unédic ou de Pôle Emploi, que la macronie tient à supprimer.
Pour justifier cette nouvelle attaque, annoncée dès novembre, le gouvernement et ses chiens de garde mettent en avant le « déficit », et laissent entendre que les « seniors » profiteraient du système pour partir en pré-retraite. Comme le souligne le site Point de repères à partir d’enquêtes de l’Unédic, il s’agit d’une déformation totale de la réalité. « Les principales causes d’ouverture des droits à l’assurance chômage des seniors restent involontaires : à 59 ans un sénior se retrouve indemnisé par l’assurance chômage en raison d’un licenciement dans 40% des cas ou d’une fin de CDD dans 34% des cas. A cet âge, plus d’un licenciement sur 4 l’est pour une inaptitude » note le site, qui rappelle que « les seniors sont surreprésentés parmi les chômeurs en fin de droit » et que « si le niveau d’emploi des seniors est plus faible c’est d’abord en raison de la détérioration de l’état de santé des travailleurs âgés qui ne leur permet plus de reprendre un emploi. »
Avec son projet, le gouvernement assume ainsi de s’attaquer à nouveau aux plus fragiles, qu’il voudrait faire passer pour des « profiteurs » et obliger à accepter n’importe quel emploi. Alors que la Cour des comptes appelle à faire jusqu’à 50 milliards d’économie d’ici 2027, la macronie ne compte pas s’arrêter là et envisage de nombreuses autres attaques, notamment sur le terrain de la santé. Parmi les pistes, l’idée de s’attaquer aux malades chroniques fait son chemin... Dans le même temps, Attal a tenté de draguer les « classes moyennes » en évoquant une nécessaire « désmicardisation », un mot d’ordre creux qui masque des attaques contre les bas salaires. En réalité, le projet du gouvernement est clair : « rigueur » partout, sauf en ce qui concerne les cadeaux aux entreprises (autour de 160 milliards d’euros par an), le budget de la police (+15 milliards sur 5 ans dans la dernière LOPMI) ou de l’armée, 413 milliards pour la période 2024-2030.
Dans ce cadre, la question de la riposte aux attaques est plus que jamais posée. Depuis 2018, l’assurance-chômage a été massacrée pendant que les directions syndicales poursuivaient tranquillement leur « dialogue social », craignant plus que tout de perdre la main sur l’Unédic, que Bruno Le Maire a encore récemment appelé à nationaliser. S’il faut s’opposer à cette perspective, force est de constater que le paritarisme n’a pas empêché des attaques historiques contre les chômeurs. Au contraire, le bilan des dernières années souligne combien l’intégration des bureaucraties syndicales permet de les contenir sur un terrain institutionnel, ouvrant la voie à des attaques de grande ampleur.
Alors qu’un nouveau plan d’offensive se fait jour, il y a urgence à en finir avec le dialogue social et à commencer à construire une riposte d’ensemble. Le gouvernement l’assume : il table sur le fait que les directions syndicales sont incapables de mobiliser en défense des chômeurs. Pourtant, il serait possible de construire un plan de bataille qui articule le refus des attaques austéritaires du gouvernement, les revendications salariales et le rejet du militarisme, qui apparaît toujours plus comme l’envers des offensives anti-ouvrières. Avec un programme capable d’unifier notre classe et l’ensemble des opprimés, et une stratégie pour l’imposer, nous sommes capables de faire reculer le gouvernement. Il y a urgence !
Publié par REVOLUTION PERMANENTE
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Publié par FSC
L'arme du crime: une pièce de 1 euro déposée sur le comptoir des toilettes publiques que la SNCF a concédé à la multinationale néerlandaise 2theloo jusqu'en 2028.
Licenciée pour faute grave après 10 années de labeur payées au Smic, sans préavis ni indemnité, pour ce que l'ex-salariée, 53 ans, mère isolée avec deux enfants à charge, considérait comme un pourboire. Non, rétorque 2theloo, 1 euro, c'est le tarif pour entrer dans l'une des 43 "boutiques-toilettes" exploitées dans les grandes gares françaises. 1 euro pour faire pipi, les tarifs ont explosé!
2theloo, ce n'est pas du néerlandais, mais en langage du dollar, sans doute plus porteur dans le business international. De la même façon, "boutiques-toilettes" permet de s'affranchir de la Convention collective nationale des entreprises de nettoyage plus protectrice que quelques lignes dans le Code du travail.
Récapitulons: la filière française 2theloo s'emboite dans sa société-mère parisienne 2theloo French Group -toujours en langage du dollar-, laquelle remonte à la super holding des Pays-Bas, l'un des états-paradis fiscaux dans l'UE du capital, entre 1,2 et 1,7 million d'euro chaque année. Quant à l'impôt en Gaule ?
Publié par Le Mantois et Partout ailleurs
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Service minimum, sanctuarisation des vacances, interdiction partielle… les menaces se multiplient contre le droit de grève.
La répression contre les travailleurs s’accentue, mois après mois. A la répression post-mouvement social s’ajoutent, en 2024, des mesures de contrôle social très brutales (France Travail notamment) et de restrictions unilatérales des droits des travailleurs à l’approche des Jeux Olympiques.
En plus des QR codes et autres futurs Pass de circulation, et d’un confinement partiel des zones « à risque », les autorités ont annoncé multiplier les dérogations afin de permettre la réquisition des travailleurs (public comme privé) pendant la période des JO. Fonctionnaires, salariés de la RATP, de la Construction, des Transports etc… tous et toutes sont et seront concernés.
Et, surtout, quelques mois avant les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris, une petite musique antigrève est en train de monter crescendo. En cause : les grèves à répétition pour les salaires, la grève à la RATP et le puissant mouvement social des contrôleurs de la SNCF des 16,17 et 18 février dernier
Alors que plus de 1000 syndicalistes CGT sont trainés devant les tribunaux, la crainte d’un pays qui « ne se tient pas sage » est palpable dans les discours des ministres et sur les plateaux télévisés. Comme souvent lors de ce genre d’épisode, la haine de classe ressort très vite.
La réaction ne s’est ainsi pas fait attendre. Au Parlement comme au gouvernement, les attaques contre le droit de grève se multiplient. Des députés et des sénateurs planchent ainsi sur des propositions de lois pour « encadrer » (comprendre limiter) le droit de grève, notamment pendant les vacances scolaires ou lors de grands événements.
La ministre déléguée chargée des relations avec le Parlement, Marie Lebec, a fait entendre sa volonté de « sanctuariser » des périodes sans grève dans les transports. « La question de la protection du droit de grève est essentielle, mais je crois qu’on peut s’interroger sur le recours au droit de grève quand on a une mission de service public », a estimé la ministre déléguée, ajoutant : « la réflexion sur le sujet peut être débattue à l’Assemblée […] Est-ce que les modalités doivent forcément passer par la loi ? Est-ce que ça peut faire l’objet d’un accord ou autre avec les représentants syndicaux ? Je crois que toutes les options sont ouvertes », a-t-elle estimé.
La sentence est lâchée : « toutes les options sont sur la table. ». Service minimum, limitation des modalités de la grève, etc… le droit, constitutionnel, de grève est attaqué. Le premier ministre lui-même a appelé le Parlement à débattre et a déploré « une forme d’habitude, à chaque [période de] vacances (…), d’avoir l’annonce d’un mouvement de grève » des cheminots. « Les Français savent que la grève est un droit », mais « aussi que travailler est un devoir », avait-il dit.
On le voit, cette petite musique qui monte est insupportable d’hypocrisie, de suffisance et d’autoritarisme. « Travail, consomme et ferme ta gueule » est bien le slogan de la France start up Nation.
Ce projet patronal et gouvernemental, visant à contenir et casser la capacité de défense et de réaction des travailleurs, doit être combattu pied à pied, ici et maintenant, par la Confédération CGT toute entière. La meilleure méthode est justement d’utiliser, partout et le plus possible, le droit de grève. Pour gagner sur nos revendications et rendre illusoire toute volonté patronale ou gouvernementale de restriction de ce droit fondamental.
Publié par FSC
Publié par Luttesinvisibles
Knorr, Omo, Omo Matic, Surf et Zed ne seront plus fabriqués au Maroc, mais vont être importés d’un autre pays, certainement l’Egypte. Unilever a prévu de fermer en juin prochain ses deux usines marocaines qui produisent ses marques pour se recentrer sur leur distribution. Les détails.
Les détergents Omo, Omo Matic, Surf, Zed, ne disparaîtront pas du marché marocain. Mais ils ne seront plus fabriqués au Maroc. Unilever, le géant mondial de l’agro-industrie fermera en juin prochain son usine de fabrication de ses marques dans le Royaume. L’unité industrielle, basée Ain Sebaa et qui produisait en 2010 encore jusqu’à 300 tonnes de détergent par jour, sera démontée et transférée dans un autre pays. En cause : la réduction des droits de douane, voire leur abolition dans certains cas (nombreux accords de libre-échange signés par le Royaume), qui rendent l’importation plus compétitive que la production locale avec ses coûts jugés élevés mais aussi le manque d’anticipation des dynamiques du marché local, …sans doute dicté par les mots d’ordre standardisation et globalisation.
Fermeture de l’usine « Knorr » » malgré le succès de la marque
Mais contrairement à ce segment, celui des bouillons se porte bien sur le marché marocain où la marque « Knorr » de la multinationale est appréciée et continue à bénéficier d’une forte notoriété en dépit de l’arrivée de la concurrence. Knorr reste le nom générique utilisé par la ménagère et le commerçant pour désigner le bouillon.
Malgré tout, si la marque symbolise ce produit utilisé comme condiment, Unilever prévoit également de fermer, en juin prochain, l’usine « Knorr » spécialisée dans la production de bouillon. Contacté par Challenge, Unilever Afrique du Nord, Levant et Irak, dont relève Unilever Maghreb basé à Casablanca, n’a ni confirmé, ni infirmé la fermeture de ses deux usines marocaines en juin.
D’ici là, le groupe anglo-néerlandais espère tout de même trouver un acquéreur local de cette unité de fabrication, qui va prendre en main la gestion de l’usine et continuer à produire exclusivement pour Unilever sa marque « Knorr ». Même s’il n’y a encore rien de concret en ce sens, le groupe Damandis de la famille Raji serait intéressé pour reprendre la ligne de production. Car le groupe dirigé par Hamid Raji, spécialisé dans la distribution des produits de grande consommation, et Unilever se connaissent bien. Pour rappel, après la cession à l’échelle mondiale en 2018 par Unilever de sa marque Alsa, spécialisée dans la fabrication de produits d’aides à la pâtisserie au groupe multinational alimentaire allemand Dr. Oetker, ce dernier, tout en conservant la marque, avait à son tour cédé l’usine Alsa à la famille Raji.
Il faut dire qu’en abandonnant ses usines marocaines, le groupe Unilever veut se recentrer sur la distribution. Et c’est sa méga-usine en Egypte, siège d’Unilever Afrique du Nord, Levant et Irak, qui devrait approvisionner le marché marocain.
En mars 2023 déjà, la multinationale anglo-néerlandaise de produits de grande consommation, a nommé à la tête de sa filiale maghrébine, basée à Casablanca, le Marocain Sidi Mohamed Dinia en remplacement du Tunisien Baligh Ghedira. Depuis Unilever Maghreb, dirigée depuis près trente ans par des étrangers, est désormais pilotée par un management marocain.
Une tendance qui n’est pas nouvelle
Unilever n’est pas la seule multinationale à tourner le dos à la production pour se concentrer sur la distribution et le marketing. Le cas de l’américain Procter & Gamble (P&G) a particulièrement retenu l’attention. En 2020, soit six ans après avoir mis fin à la production des couches pour bébé de son usine de Mohammedia (qui tournait bon an mal an à quelques 200 millions de pièces par an) et vendu, dans la foulée, son activité de fabrication de l’eau de javel sous marque ACE à l’italien Fater Group, le géant de Cincinnati (Etat de l’Ohio aux Etats-Unis) s’est délesté encore une fois d’une partie de sa production résiduelle au Maroc, à savoir celle des détergents en poudre. Et cette fois-ci, et contrairement à l’eau de javel, c’est vers son partenaire historique local de distribution Dislog présidé par Moncef Belkhayat, que P&G s’est tourné, pour lui transférer la fabrication de la poudre lavante de marque Tide dans le cadre d’un contrat de fabrication sous licence. L’italien Fater finira à son tour par céder son unité de production d’eau de Javel à la holding de la famille Belkhayat.
Cette tendance n’est pas nouvelle. Elle a commencé avec la globalisation qui a poussé les multinationales spécialisées dans la grande consommation, toujours en quête de profitabilité, à faire des choix stratégiques. Ce qui n’est pas sans obliger ces firmes étrangères à revoir leurs implantations et surtout leurs régimes de production en fonction des nouvelles données tarifaires induites par les nombreux accords de libre-échange signés par le Royaume. Ainsi, sur le terrain, la compétitivité du Maroc et le coût de production dans le pays subissent un benchmarking élargi à l’ensemble des pays concernés par ces accords. Il faut dire que la réduction des droits de douane, voire leur suppression dans certains cas, rendent l’importation plus compétitive que la production locale. Par ricochet, plusieurs firmes étrangères révisent leurs stratégies de production. Elles abandonnent parfois des lignes de production, réduisent l’activité industrielle et se recentrent sur un nombre réduit de produits. Il arrive même qu’elles se transforment en un simple hub de distribution. Tel est le cas actuellement de L’Oréal Maroc (anciennement UFCI), Johnson & Johnson, Beiersdorf (Nivea) au Maroc.
Les multinationales bousculées par les industriels locaux
Mais, ces dernières années également, une nouvelle tendance s’est amorcée : les industriels marocains gagnent de plus en plus de parts de marché sur le marché national au détriment des multinationales. Aujourd’hui, les exemples d’entreprises industrielles marocaines du secteur de la grande consommation qui réussissent à tailler des croupières aux multinationales internationales, sont nombreux. On les voit ainsi dans plusieurs secteurs, notamment la production de lait et dérivés laitiers, de détergents, de couches bébé, de biscuits, produits cosmétiques, … Le 19 mars dernier, Mutandis, présidé par Adil Douiri, a inauguré à Berrechid un nouveau complexe industriel, qui a mobilisé un investissement de 285 millions de DH et qui comprend des unités de production de la détergence liquide, de produits cosmétiques et de boissons. L’ancien ministre du Tourisme n’y est pas allé par quatre chemins pour assurer, lors de l’événement, que son entreprise est capable d’offrir ces produits avec la même qualité des multinationales, mais à des prix 15 à 30% moins chers.
Mais aujourd’hui, Casablanca est concurrencée par Dubaï et Le Caire. Outre leurs filiales européennes, les multinationales font provenir leurs importations de ces deux pays. « Comparé à l’Egypte et Dubaï, notre fiscalité n’est pas attrayante aux yeux des géants mondiaux spécialisés dans la grande consommation. Beaucoup de leurs sièges qui étaient à Casablanca ont déménagé ces dernières années à Le Caire ou à Dubaï. Rien n’empêche au Maroc d’instaurer un statut fiscal particulier à la fois pour ces firmes et les sociétés marocaines exportatrices. En attendant, espérons que d’ici là le CFC renverse la tendance. Dubaï où aujourd’hui, toutes les publicités de ces multinationales concernant même le marché marocain sont réalisées, par exemple, dispose d’une zone pratiquement défiscalisée », explique un expert.
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Publié par Luttesinvisibles
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Se syndiquer CGT ?
Certains diront « à être défendu », d’autres « à lutter tous ensemble ». En fait, les deux idées sont inséparables. Le syndicat sert à s’unir, à s’organiser et à agir collectivement pour se défendre dans la lutte des classes et conquérir de nouveaux droits.
Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.
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