SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Aéro. Grève majoritaire et reconductible à l’aéroport de Paris contre la baisse des salaires et le PSE

Les grévistes de l’aéroport de Paris frappent fort pour ce premier week-end de départ en vacances. Ils étaient plusieurs centaines à bloquer le terminal 2E contre la suppression de primes et la baisse des salaires. La police est intervenue pour déloger les grévistes et a violemment réprimé les grévistes à coups de gaz lacrymogènes en intérieur et de clefs d’étranglements.

Casse sociale

Crédits photo : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Ce vendredi matin, les terminaux 2E et 2B de l’aéroport de Roissy à Paris ont été bloqués par plusieurs centaines de grévistes. Encadrés par un énorme dispositif policier, 400 grévistes ont manifesté à l’intérieur et devant l’aéroport de Paris contre la suppression des primes et la baisse des salaires jusqu’à 20 %. Un préavis de grève a en ce sens été posé jusqu’au 5 juillet, par les trois syndicats d’ADP, la CGT, l’Unsa et la CFE-CGC.

Pour cause, si la direction de l’aéroport de Paris avait déjà signé avec les bureaucraties syndicales de la CGT, CFE-CGC et UNSA un accord de rupture conventionnelle collective (RCC) qui prévoyait, selon un article de Franceinfo « 1.150 départs en 2021, dont 700 non remplacés » la direction de l’ADP (Aéroport de Paris) veut maintenant faire passer un plan d’adaptation des contrats de travail (PACT). Ce dernier permettrait de supprimer des primes comme celle de « l’indemnité kilométrique » ou les heures majorées de nuit, qui se traduirait par des baisses de salaire pouvant représenter jusqu’à un mois de salaire.

D’après [Libération -> https://www.liberation.fr/economie/greve-a-laeroport-de-roissy-ce-sont-les-petits-echelons-qui-trinquent-20210702_ARTCSDCISBDX3A4LRY2O3EDOX4/ et le secrétaire général CGT chez ADP Daniel Bertone environ 60 % des 5 200 employés étaient en grève aujourd’hui. Et ce dans différents secteurs de l’aéroport : des guichets d’information aux pompiers. En conséquence aujourd’hui, grâce à la grève, une seule piste était ouverte à Roissy.

Ce que Daniel Bertone ne dit pas, c’est que les travailleurs mènent depuis deux semaines différentes actions quotidiennes pour rendre visibles leurs revendications. Face à cela, les directions syndicales ont proposé un préavis de grève allant du 1er au 5 juillet, refusé par les salariés qui sont déterminés à partir en grève reconductible illimitée.

Pour tenter de mettre fin à l’importante mobilisation d’aujourd’hui, dans l’après-midi, la police et les CRS qui étaient présents en nombre, ont décidé de gazer les manifestants à l’intérieur du terminal 2B pour les forcer à évacuer. L’usage des gaz lacrymogènes est pourtant strictement interdit en intérieur, car très dangereux. A cela se sont ajoutées des scènes de violences policières. Une vidéo circulant sur Twitter montre clairement comment un policier saisit un manifestant par le cou, l’étrangle et le déplace derrière le cordon de police, le séparant des manifestants. Cette répression inacceptable vise à casser la grève en intimidant les grévistes !

Une lutte commencée en juin dernier

La lutte des salariés d’ADP avait déjà commencé en avril, quand l’Unsa avait saisi le tribunal de Bobigny pour faire suspendre le PACT et le PSE. Le tribunal s’était déclaré incompétent, mais cela n’a pas empêché les salariés de continuer à se battre contre le plan de destruction des emplois. En effet en juin, le 18 et le 25, il y avait déjà eu des mobilisations et des épisodes de grèves qui avaient concerné près de la moitié des effectifs. Ces mobilisations laissaient alors présager le surgissement d’une grève combative en juillet, moment stratégique par excellence et de multiplication des flux touristiques.

Si la situation de l’aéroport de Paris est la même, en terme d’offensive patronale, que pour la plupart des petites entreprises ou boites de la sous-traitance aéronautique, il s’agit d’une grève stratégique en ce que les salariés ont le pouvoir de paralyser un énorme pôle aérien, celui d’une capitale, et de perturber très fortement le trafic national et international vers et en direction de la France et de Paris. Les grévistes ont en ce sens des leviers pour imposer un rapport de force et faire reculer la direction.

Ce chantage à l’emploi n’est pas un cas isolé mais est généralisé à l’ensemble du secteur aronautique. Dans la séquence ouverte par la pandémie, le patronat du secteur a vu son chiffre d’affaire baisser de plusieurs milliards d’euros, et mène depuis une véritable offensive contre les travailleurs pour leur faire payer la crise, à coups de suppression de primes, dAPC ou de PSE. Selon la dernière étude de lINSEE portant sur le secteur industriel de laéronautique et de dans le Grand Sud-Ouest (Occitanie et Nouvelle-Aquitaine), 8 800 emplois ont ainsi été supprimés en 2020. Cela sans compter lénorme plan de licenciement camouflé que représentent les contrats non-renouvelés d’intérimaires et CDD. Les salariés du secteur aéronautique font également face à une surcharge du travail, et certains sont même réembauchés avec des conditions inférieures . Cette dégradation profonde des conditions de travail, qui va à l’encontre de toutes les prévisions optimistes pour le secteur, ne tombe cependant pas de nulle part. Elle est la conséquence directe de la compromission de certains syndicats qui ont accompagné les récents plans de licenciements, et qui ont donc laissé la voie libre à l’offensive patronale. Pour éviter que l’avenir des salariés soit à nouveau décidé par en haut et vendu dans des cadres du « dialogue social », la grève doit appartenir aux grévistes et être décidée dans des assemblées générales !

En ce sens, pour les suites du mouvement, si les syndicats ont déjà posé un nouveau préavis de grève pour le 9 juillet, le deuxième weekend de départ en vacances, de nombreux travailleurs sont déterminés à reconduire la grève jusqu’à gagner sur leurs revendications. Cette grève est prometteuse, et il est central que la combativité exprimée des grévistes serve de levier face à la pression du dialogue social. C’est la condition à laquelle la construction d’un véritable rapport de force ne pourra échapper pour qu’aucune suppression d’emploi ni de baisse de salariale n’aient lieu.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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