LES GRÈVES SE MULTIPLIENT... EN ALLEMAGNE

par Syndicat CGT Le Meux  -  6 Mai 2015, 11:26  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Rail, banque, crèches, les syndicats mobilisent pour le pouvoir d’achat.

La grève est promise pour durer. Claus Weselsky, le leader du syndicat des conducteurs de train GDL, l’a annoncé : elle pourrait bien être « la plus longue » de l’histoire de la Deutsche Bahn. À partir de lundi 15 heures et jusqu’à la fin de la semaine, la circulation des trains devrait être fortement perturbée dans tout le pays.

Il s’agit du septième arrêt de travail du syndicat, engagé dans un bras de fer avec la Deutsche Bahn pour obtenir une augmentation des salaires et une diminution du temps de travail, et dans une lutte d’influence contre un autre syndicat, l’EVG, que le GDL veut concurrencer. Pour l’instant, le syndicat n’a obtenu que la réprobation générale, de l’opinion publique aux milieux économiques en passant par le gouvernement.

Le vice-chancelier SPD Sigmar Gabriel a regretté un mouvement « incompréhensible » qui va affecter « toute l’économie allemande ». Habituée au dialogue social, l’Allemagne découvre l’épreuve de force. Les conducteurs de train ne sont pas les seuls à se mettre en grève. À la fin de la semaine, ce sont les crèches et les maternelles qui devraient s’engager dans un mouvement « illimité » pour obtenir une revalorisation des salaires des éducateurs. Le vote à 75 % des salariés, nécessaire pour déclencher le conflit, devrait être obtenu.

Au mois d’avril, de nombreuses agences de la Postbank sont aussi restées portes closes pour cause de négociations tendues. Ver.di, l’un des plus puissants syndicats, a ainsi obtenu qu’aucun licenciement économique ne puisse intervenir avant 2017, soit un an après le retour de l’entreprise en Bourse. Les salariés bénéficieront aussi d’une augmentation de 2,1 % dès cette année et de 2 % dans un an. Enfin ces derniers mois, les pilotes de la Lufthansa ont aussi multiplié les arrêts de travail pour défendre notamment leurs droits à la retraite.

Fruits de la croissance. Si ces derniers conflits sociaux sont particulièrement visibles et impressionnants, le nombre de jours de grèves en Allemagne n’a en réalité pas augmenté ces dernières années. En 2014, 392 000 journées ont été perdues, soit un peu moins qu’en 2013 avec 550 000 journées et moins qu’en 2012 avec 630 000 journées, selon une évaluation réalisée par la fondation Hans Böckler. Mais au plus fort de la crise, en 2010, le nombre de jours perdus en raison de conflits grève était descendu à 173 000.

L’amélioration des conditions économiques en Allemagne pousse désormais les syndicats, après des années d’efforts et de modération, à réclamer leur part du succès économique et des revalorisations salariales beaucoup plus favorables. ■

par Nicolas Barotte £@NicolasBarotte

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