Reims

par Syndicat CGT Le Meux  -  19 Juin 2020, 15:09  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Une première victoire des Neuhauser

 

après 10 jours de grève

 

Les Neuhauser de la boulangerie de l’Europe à Reims ont démarré une grève le lundi 8 juin afin de réclamer une prime covid et des primes de risques pour avoir travaillé pendant la pandémie. Après 10 jours de bras de fer, ils ont arraché une première victoire !

Reims

Démarrée le 8 juin, leur grève était une première. Au lendemain, ils ont été rejoints par les camarades du site de Moselle et puis de Maubeuge. La colère s’est étendue et les ouvriers de plusieurs autres sites en France ont menacé la direction de se mettre également en grève.

Pour Reims, il s’agit bien de la première grève de leur histoire et d’une première expérience de lutte et de coordinations avec d’autres sites de l’entreprise. Un travail de longue haleine mené par des militants de Révolution Permanente et syndicalistes de l’entreprise qui ont cherché avec patience de tisser et construire des liens forts qui aujourd’hui portent ses fruits dans la lutte contre le patron.

A Reims, les travailleuses et travailleurs novices dans la lutte ont évolué et pris conscience de leur force au fil des discussions et débats, d’heure en heure, sur le piquet de grève. Ils ont su organiser démocratiquement la grève et la lutte, en mettant en place des assemblées générales pour décider de la suite du mouvement. Ils ont également créé une caisse de grève et animé leurs piquets de manière quotidienne. Canapés, barnum, sono et même des tables de ping-pong ont été installés sur le piquet. Il s’agissait d’une façon de montrer à leur patron qu’ils étaient prêt à rester des jours et des jours devant l’usine afin de faire valoir leurs revendications !

Des soutiens de tout Reims sont venus les voir sur le piquet, des cheminots, des transports urbains, des profs, des syndicalistes et des militants révolutionnaires. C’est une lutte exemplaire que les grévistes ont menée, une première expérience qui les a transformés. En plus d’avoir pris conscience de leur force ils ont su reprendre leur dignité et créer des liens entre eux que leur patron ne pourra pu jamais détruire.

La première victoire est d’avoir inversé le rapport de force en rappelant que c’est eux les ouvriers qui créent les richesses et que sans eux leur usine est à l’arrêt et leur patron n’est rien ! Les liens créés entre les collègues et ceux des autres sites de l’entreprise ne font que renforcer la confiance des travailleuses et travailleurs dans leur détermination et la justesse de leur combat. Le patron n’a pas eu le choix : il a dû d’abord ouvrir les négociations sur la prime covid, améliorer les conditions de travail des salariés et il a dû octroyer la même prime de production pour tous les salariés avec un minimum de 209€ garantie pour tous.

Ils n’ont certes pas obtenu l’intégralité de leurs revendications mais ils ont compris que seule la grève et la lutte de classe paient. Ils ont également pris conscience de la nécessité du travail interprofessionnel et de la nécessité de se coordonner et s’organiser au-delà des limites syndicales et d’étiquettes. Une première victoire qui va en ouvrir d’autres car les salariés, après avoir relevé la tête, sont bien déterminés à aller chercher de nouvelles victoires !

 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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