SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux

Le pouvoir n'a de cesse de fracasser les droits conquis par les travailleurs. Rappel sur l'une des luttes victorieuses du mouvement ouvrier français: la journée de travail de 8 heures, revendication historique du mouvement ouvrier

Paris, Premier mai 1906: pour la journée de 8 heures de travail

Bourse du travail de Paris. Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Dès 1866, sous l'impulsion de Karl Marx, la 1ère Internationale ouvrière inscrivait dans ses statuts : "Nous déclarons que la limitation de la journée de travail est la condition préalable sans laquelle tous les efforts en vue de l’émancipation doivent échouer. […] Nous proposons huit heures pour limite légale de la journée de travail. "

Le 1er Mai 1906, la CGT organise une grande manifestation pour revendiquer la journée de huit heures. A Paris, les heurts entre la police et les manifestants sont tels que plus de 800 personnes sont arrêtées dont le secrétaire général et le trésorier de la CGT. Deux morts sont enregistrés par la Préfecture de police de Paris. Mais de nombreux blessés encombrent les hôpitaux parisiens.

La CGT a décidé de faire cette année 1906 un 1er mai "pas comme les autres" et de "canaliser tout effort syndical vers une seule revendication": la journée de huit heures de travail. 

Au temps du travail, à celui du repos s'accole, notion neuve pour la classe ouvrière, celui du loisir. Un dessin de Grandjouan, publié dans l'Assiette au beurre du 1er mai, symbolise le rythme ternaire des prémices des lendemains qui chanteront pour les travailleurs. Cette revendication, la CGT l'entreprend depuis son congrès de Bourges en 1904, pour la faire pénétrer dans la conscience de millions d'êtres humains.

Paris, Premier mai 1906: pour la journée de 8 heures de travail

Quand le patronat n'était surtout pas un "partenaire social"

 

Dans son organe de presse, L'Echo de Paris, le patronat se félicite des méthodes du gouvernement pour briser ce premier mai 1906. Et la parole est donnée à la préfecture de police de Paris, dirigée par Louis Lépine sous les ordres de Georges Clemenceau, ministre de l'Intérieur se définissant comme "le premier flic de France": "Nous nous trouvons en présence d’une agitation de groupements ou de syndicats ouvriers, appuyés et encouragés par la Confédération du Travail: (pour) l’obtention de la journée de huit heures par un chômage de toutes les corporations ouvrières".

Le journal réactionnaire, acquis à la cause du capital, s'indigne depuis deux ans devant "cette pancarte de toile que "M. Lépine, malgré tous ses efforts, n’a pu obtenir l’enlèvement de la façade de la Bourse du Travail où elle est exposée aux yeux de tous, annonce qu’à partir du 1er mai 1906 les ouvriers ne travailleront que huit heures par jour".

Mais pour L'Echo de Paris, heureusement, le préfet de police de Paris connaît les points stratégiques de la capitale qu’il faut occuper pour rendre impossible tout mouvement insurrectionnel : "sur une centaine de points, d’accord avec l’autorité militaire qui va disposer, en dehors de la garnison ordinaire, de 20 000 soldats, dont 5000 cavaliers pris dans les corps d’armée environnant Paris, nous répartirons une force de police et de sécurité de 36 000 hommes, tout compris. […]"

Dès lors, comme l'écrit Maurice Dumanget dans son Histoire du Premier mai:

"L’après-midi, les choses prennent une tournure plus grave. Dès une heure, la circulation est impossible dans un rayon de cinq cents mètres autour de la Bourse du Travail. A deux heures, le préfet de police Lépine, promu au grade de généralissime du service d’ordre, fait son apparition. Les bagarres se multiplient et le fameux “manège Mouquin”, imaginé par un policier tristement célèbre, entre en action. Il consiste à faire tourner sans arrêt en ordre serré les gardes républicains à cheval ou les cuirassiers. On ne peut traverser la place qu’au prix de mille difficultés, en risquant les ruades ou le piétinement. Dès lors, c’est dans les artères avoisinantes que les manifestations se déroulent. Des batailles se livrent sur les quais du canal Saint-Martin, sur le boulevard du même nom, faubourg du Temple, rue de la Douane. Le funiculaire est renversé. Des barricades surgissent. Les policiers cognent et expédient aux petits bonheurs passants inoffensifs aussi bien que manifestants sur la caserne voisine transformée en prison depuis le matin et où une vingtaine d’enfants ont été traînés.

Au total, la journée se soldera par plus de 800 arrestations, dont 173 maintenues, des blessés nombreux encombrant les hôpitaux. Il y aurait même eu deux morts. Les libérés du Château d’Eau gagnèrent la sortie le soir en courbant le dos sous les coups des agents faisant la haie.”

En 1906, le patronat et son gouvernement n'étaient en rien des partenaires sociaux du mouvement ouvrier. En 2021, le sont-ils devenus?

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

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