Unilever s’endette, pour choyer ses actionnaires

par Syndicat CGT Le Meux  -  10 Mai 2017, 20:23  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Unilever a franchi une nouvelle étape dans la mise en œuvre de son plan destiné à récompenser ses actionnaires. Le groupe de produits de grande consommation vient de lever 3,15 milliards de dollars sur le marché primaire, à travers une émission multitranches, pour financer son programme de rachats d’actions.

Les souches émises affichent des maturités comprises entre 2020 et 2027 avec des coupons allant de 1,8% à 2,9%. Pour ne citer qu’elle, l’obligation d’une maturité égale au 5 mai 2027 et d’un coupon de 2,9%, la plus rémunératrice, est aussi celle qui affiche la taille la plus élevée du quatuor de dettes émises, avec un milliard de dollars. Négociable par coupures de 100.000 en nominal, elle peut être achetée à 98,32%, correspondant à un rendement de 3,10%.

Créer de la valeur

Le cash collecté servira à financer un programme de rachats d’actions, précise le géant de Rotterdam dans son prospectus d’émission. Ce plan avait été annoncé au début du mois d’avril, quelques semaines après que le fabricant des soupes Knorr, des savons Dove ou encore des crèmes glacées Ben & Jerry’s ait repoussé une offre de rachat de 143 milliards de dollars de l’américain Kraft Heinz.

Ce programme, d’un montant de cinq milliards d’euros pour cette année, n’est qu’une des pistes recommandées par l’audit interne mené par Unilever pour récompenser et fidéliser ses actionnaires. Le géant néerlandais de l’agroalimentaire et des cosmétiques entend, par exemple, augmenter de 12% son dividende ces prochaines années et renforcer la valeur de l’entreprise, en intensifiant son plan d’économies (de 4 à 6 milliards d’euros cumulés d’ici 2020) ou encore en passant en revue son portefeuille de marques alimentaires. Les margarines Flora ou le beurre Stork sont par exemple appelés à être scindés ou vendus.

Augmenter la dette

« Nous comptons aussi soutenir nos activités avec un niveau d’endettement plus élevé, tout en bénéficiant d’une notation de crédit solide. Cela nous permettra de renforcer la valeur pour nos actionnaires en améliorant le rendement du capital, tout en conservant une flexibilité stratégique et opérationnelle », a précisé Unilever dans un communiqué. Sa note est « A » et « A2 » respectivement chez Standard & Poor’s et Moody’s, dans la catégorie « Investment grade ».

En augmentant son endettement, la multinationale néerlandaise, qui a réalisé l’année dernière un chiffre d’affaires de 52,7 milliards d’euros, espère sans doute aussi se rendre moins attractive pour d’éventuels candidats au rachat, peut-on lire sur le site EconomieMatin.fr. Sa dette nette s’élevait à 12,61 milliards d’euros fin décembre, selon le communiqué des résultats financiers 2016.

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