CORONAVIRUS

par Syndicat CGT Le Meux  -  4 Mars 2020, 15:20  -  #Notes d'information Cgt Unilever

Pour les hôpitaux, Olivier Véran « débloque » 260 millions... qu’il prend sur le budget des hôpitaux !

Alors que l'épidémie de coronavirus se répand, le nouveau ministre de la Santé a tenté de paraître responsable et rassurant sur BFM. Il annonce 260 millions d'euros pour venir en aide aux hôpitaux – avant de préciser que ces fonds proviennent de la réserve budgétaire... des hôpitaux ! On s'en amuserait presque, si les moyens ne manquaient pas si cruellement à l'hôpital.

CORONAVIRUS

 Crédits photo : Reuters

Selon LCI, dans le monde « l’épidémie a dépassé les 3000 morts pour plus de 90.000 infections dans une soixantaine de pays ». En France, ce sont plus de 200 cas qui sont aujourd’hui confirmés. Un quatrième décès est survenu ce mardi après-midi dans le Morbihan. Ce département breton est le nouveau foyer de contamination en France, après l’Oise et l’Île-de-France.

Invité chez Jean-Jacques Bourdin sur BFM ce matin, Olivier Véran déclarait : « Je peux vous annoncer que nous allons débloquer 260 millions d’aides pour les hôpitaux ». Le nouveau ministre de la Santé cherchait ainsi à apparaître comme celui qui agit, qui prend des décisions responsables dans la situation, qui vient en aide aux personnels soignants, pour lesquels l’épidémie est une véritable difficulté supplémentaire. Mais, détail important, ce soutien financier sera pris sur... les « réserves de l’exercice budgétaire 2019 non dépensées » – c’est-à-dire sur le budget de l’hôpital lui-même !

Ainsi, les déclarations du ministre de la Santé ont tout du coup de communication et risque de ne pas suffire pour endiguer la crise – et ce d’autant plus que les hôpitaux publics sont dans une situation où les moyens financiers et humains manquent cruellement.

C’est ce que soulevait le médecin qui interpellait Emmanuel Macron la semaine dernière, dénonçant la casse de l’hôpital public, fortement aggravée par la politique de Macron : « Là il faut sauver l’hôpital public, qui est en train de flamber à la même vitesse que Notre-Dame a failli flamber. Ça s’est joué à rien et là, en ce moment, ça se joue à rien ». Les personnels soignants sont en première ligne face au coronavirus, en témoigne le fait que trois soignants de l’hôpital Tenon à Paris aient été infectés par le virus.

Après des années d’austérité imposée à l’hôpital, 260 millions d’euros ne suffiront pas. La somme est très faible au regard des besoins réels des hôpitaux publics, qui se mobilisent depuis maintenant un an pour davantage de moyens. Yasmina Kettal du collectif Inter-Urgences évaluait il y a quelques mois les besoins de l’hôpital à 3,8 milliards d’euros.

On pourrait aussi signaler les contradictions dans le plan gouvernemental quand il semble y avoir un véritable « deux poids, deux mesures » en faveur de la sphère économique : le gouvernement interdit les rassemblements de plus de 5000 personnes dans les espaces confinés et ferme des écoles, pendant que les centres commerciaux et les stades de foot restent ouverts.

Ainsi, si le gouvernement tente d’apparaître comme rassurant et rassembleur à l’approche des élections municipales, le coup de com’ ne prend pas et cela met en lumière le fait que ses politiques néolibérales ainsi que celles de ses prédécesseurs ont dégradé le service public et ont aggravé les inégalités sociales et géographiques.

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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