France: Record du nombre de contrats précaires

par Syndicat CGT Le Meux  -  23 Août 2015, 09:11  -  #Notes d'information Cgt Unilever

86 % des embauches se font en contrat à durée déterminée. Un signe de la précarisation du marché du travail.

Le marché de l’emploi en France ne cesse de se précariser. Le nombre de CDD n’a jamais été aussi élevé dans notre pays. Selon une étude récente, “86 % des embauches se font en CDD pour 14 % en CDI.

En clair, près de neuf personnes sur dix sont embauchées en emploi précaire. Ces CDD sont de plus en plus courts. La moitié dure en moyenne moins de huit jours. Cela concerne plutôt les jeunes, les femmes et les moins qualifiés”, explique Julien Gasparutto

La flexibilité qui ne crée pas d’emploi

Mais cette plus grande souplesse du marché du travail est-elle créatrice d’emplois ? “Pas vraiment. Si l’on observe les nouveaux chômeurs, près d’un tiers s’inscrivent à Pôle emploi après la fin d’un CDD ou d’une mission d’intérim. C’est la première raison d’inscription à Pôle emploi. À titre d’exemple, le nombre de personnes s’inscrivant à Pôle emploi pour licenciements économiques ne représente que 2,6 % du total”, analyse Julien Gasparutto.

Compléments qui sortent de ce reportage

L'apprentissage grimpe et complète le panel de CDD ou d'interim dans les grandes entreprises. Mais ils s'agit très souvent d'un apprentissage sans perspective d'embauche.

En 2014, un rapport la Dares (Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques, organisme de l'État) constatait déjà une forte hausse des embauches en contrats temporaires entre 2000 et 2012. Elle notait dans ce rapport :

"D’une part, le poids de l’apprentissage s’est sensiblement accru (+13 points):

  • > l’apprentissage a concerné de plus en plus de jeunes et, avec l’allongement rapide des études jusqu’au milieu des années 90,
  • > la proportion de jeunes en emploi a beaucoup baissé, ce qui contribue mécaniquement à accroître fortement la part de l’apprentissage parmi les salariés de 15-24 ans.

D’autre part, hors apprentissage, la part des CDD (respectivement de l’intérim) dans l’emploi salarié des 15-24 ans a plus que triplé, passant de 8,4% (respectivement 2,4%) en 1982 à 28,7% (respectivement 9,1%) en 2012."

En effet, à la différence de l'Allemagne — où le patronat est contraint de s'engager, par contrat, à embaucher le jeune à l’issue de sa formation —, en France, il n’y a aucune obligation d’embauche pour les employeurs. C'est même aujourd'hui la quasi certitude pour le jeune, même le diplôme en poche, d’être viré, et d’être remplacé par un autre apprenti, et ainsi de suite.

C'est le cas de la direction d'Orange, qui embauche des apprentis là où elle sait qu'elle ne les embauchera pas à la fin de leur formation ! Parallèlement la direction y développe un plan de suppression de 20 000 nouveaux emplois par le non remplacement des départs en retraites, s'ajoutant aux 90 000 emplois supprimés depuis janvier 1998. Les jeunes alternants sont utilisé comme variable d’ajustement à "pas cher" (car ce sont des emplois subventionnés).

En effet, l'apprentissage et le contrat d'alternance s'ajoutent à la foule des moyens utilisés pour tirer les salaires vers le bas, une formidable aubaine pour bénéficier de la main d'œuvre hautement qualifiée à bas coût.

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