SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

Publié le par Syndicat CGT Le Meux
« La vapeur est en train d’être renversée ! » Les salariés de la SAM obtiennent le maintien de 50 emplois

Grève reconductible et occupation de l’usine. Les salariés de la fonderie automobile de Decazeville, la SAM, ont fait reculer la direction et obtenu le maintien de 50 emplois supplémentaire alors que le site est menacé par un PSE. Une première victoire pour l'emploi qui en appelle d'autres !

Imposons zéro suppressions d'emplois !

A l’occasion d’une table ronde sur l’avenir de la fonderie SAM, les salariés de cette entreprise avec le soutien des salariés de Bosch et de la population locale ont manifesté ce jeudi 11 mars contre les licenciements et pour défendre le bassin d’emplois de Decazeville. Après des journées de grève et d’occupation de l’usine, les salariés ont fait reculer la direction en obtenant 10 millions de chiffre d’affaires supplémentaires, l’équivalent de 50 postes. Si cette victoire montre la voie, ce n’est qu’un premier pas !

Les difficultés liées à la mauvaise gestion patronale de la Société Aveyronnaise de Métallurgie (SAM) ont mis en 2010 l’entreprise dans une situation de redressement judiciaire, ce qui a impliqué la mise en vente de l’entreprise et ses emplois. C’est sept ans plus tard que le chinois Jinjiang reprend cette usine avec un compromis d’investissement de plus de 40 millions qui ne sera jamais mené à bien. Les difficultés liées au délaissement du site ne cessent et en 2019 un deuxième redressement est annoncé, avec en fond la possible fermeture de l’usine. Cette fois, c’est le groupe espagnol CIE qui a candidaté pour reprendre la fonderie du sous-traitant de Renault, c’est le groupe espagnol CIE.

Dans la continuité des plans des précédents patrons du sous-traitant, le groupe espagnol annonçait ce mardi 9 mars sa volonté de réduire presque 60% de totale des salariés. Le nouveau repreneur voudrait donc licencier 214 salariés sur les 365 actuellement employés dans la fonderie. Le profit c’est tout, la vie des salariés et ses familles, rien. Le plan du repreneur s’inscrit parfaitement dans le projet de Renault, qui saigne la fonderie à petit feu en délocalisant depuis des années des parties de sa production là où la main d’œuvre est moins cher à exploiter.

Face à cette casse sociale organisée, les salariés exigent un investissement équivalent au chiffre d’affaires délocalisé lors de ces dernières années pour sauver tous les emplois. Comme nous le racontaient Mathieu, salarié chez la SAM, la fonderie tourne à 60% de ses capacités alors que les fonderies roumaines par exemple fonctionnent à 140%, avec le risque évident sur la santé et la sécurité des travailleurs. Un salarié interroge : « C’est là tout le paradoxe : certaines travaillent trop, mal payés et d’autres fonderies comme la nôtre se trouvent dans des situations très compliqués. […] Pour les employeurs c’est tout bénéfice. Mais est qu’on veut un monde comme ça, où les salariés sont de la chair à canon ? Ou est-ce que on fait en sorte que le travail soit pour tout le monde ? »

Récemment Renault annonçait encore vouloir en finir avec la production de petites pièces fabriquée dans cette fabrique (l’équivalent de 10 millions de son chiffre d’affaires) pour les produire en Tunisie. Dans la ligne stratégique du patronat et soutenu et impulsé par l’État avec les 5 milliards d’euros du plan de relance, Renault cherche à délocaliser certains processus productifs à faible valeur ajouté pour concentrer les éléments à forte valeur ajoutée, comme le moteur électrique, en France. Cela résume bien le plan de relance soi-disant vert défendu par l’État et le patronat : précariser les travailleurs en France et à l’étranger sans se soucier, comme le dénoncent les salariés, de l’environnement.

Les salariés de SAM et Bosch manifestent pour l’emploi et contre la casse sociale organisée par le patronat et le gouvernement

Étant donné la quantité d’emplois indirects et le tissu qui se développe autour de l’activité de la fonderie, elle est considérée, avec Bosch, comme un des poumons économiques du bassin d’emplois. Plus de mille familles dépendent de l’activité de la SAM à Viviez. Comme nous l’expliquait Serge Soulier, « si la SAM disparaît, ce sont des commerces qui vont disparaître et la population qui va partir ». C’est pourquoi le plan annoncé par le repreneur espagnol s’est heurté à la colère et la riposte immédiate des salariés du sous-traitant. Le même mardi 9 mars, la totalité des salariés de la SAM se sont mis en grève tout en bloquant les livraisons. La grève a été reconduite jusqu’à jeudi 11 mars, journée où se tenait un Table ronde à la préfecture de Rodez à propos de l’avenir de l’usine. Réunissant représentants de l’état et de Renault, des élus locaux et des délégués des salariés, la tenue de cette Table ronde a été l’occasion pour les salariés de la SAM de manifester et montrer leur colère.

 

Des salariés de la Sam, de Bosch, des postiers, des travailleurs de l’aéronautique, des familles de salariés…environ 500 personnes se sont rassemblée à l’esplanade des Ruthènes dans une ambiance combative rythmée par les explosions de pétards. La préfecture était gardée par un dispositif important de CRS, exprimant l’inquiétude des représentants de l’État et de Renault qui tentent de jeter à la rue des centaines de famille depuis leurs bureaux confortables. « On voit à qui protège la police ! », les salariés de cette région baigné par la tradition des luttes minières et des travailleurs de la métallurgie savent déjà qui prête main forte au patronat quand il s’agit de casser la résistance des travailleurs.

Dans la manifestation, les salariés de la SAM se sont distingués en amenant tous un panneau accroché dans le dos avec l’inscritpion « -1 ». Les familles des salariés étaient aussi présentes, avec des t-shirts où on pouvait lire « fille et petite-fille de métallo ». Jérémy Gargaros, délégué CGT chez Figeac Aéro était aussi présent au rassemblement : « on est venu nous aussi à apporter notre soutien. On a tous des connaissances, des gens qui travaillent à Figeac aéro connaissent des gens de la SAM et de Bosch. (…) Chez nous on est aussi victimes d’un plan social de 220 suppressions d’emplois. Ça n’a rien à voir avec un plan social, c’est un plan de licenciements. Donc on est venu nous aussi pour apporter notre soutien »

Après trois heures de négociations, les délégués des salariés ont finalement annoncé les résultats : « l’obtention de 10 millions de chiffre d’affaires supplémentaires ». Ce qui signifie cinquante autres postes (soit 200 au total) conservés sur le site. Mais comme a également pointé la déléguée syndicale, cela n’est pas suffisant, ce n’est qu’une première étape. En effet lors de la dernière AG, les salariés s’étaient mis d’accord pour revendiquer le maintien de 300 emplois sur le site. Les négociations pourraient donc durer jusqu’au 10 juin, date à laquelle la procédure de reprise de l’usine devrait finir. L’assemblée des grévistes de la SAM qui s’est tenu au soir suite aux annonces a décidé d’arrêter la grève pour le moment.

Les annonces d’investissement supplémentaire sont l’expression d’un premier recul du patronat. Comme l’expliquait Sébastien « la vapeur est en train d’être renversée grâce à la mobilisation de tous ». En effet la convergence qui commence à se construire dans le bassin entre les boites et la population locale, suscite l’inquiétude du patronat et de l’État. Cette convergence, liée à la combativité et le méthode radicale de lutte des salariés de la SAM (organisés en assemblée générale avec 100% de grévistes et occupation de l’usine), à rebours de l’illusion de « dialogue social » dans lequel les directions syndicales et le gouvernement enferment le monde du travail, risque de faire tache d’huile dans la région et d’inspirer d’autres boites subissant les attaques du patronat. Approfondir ces méthodes de lutte, à l’image de ce qu’on fait les raffineurs de Grandpuits, c’est la seule voie pour imposer zéro suppressions d’emploi !


 

Publié par REVOLUTION PERMANENTE

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