SYNDICAT CGT UNILEVER FRANCE HPCI

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Syndicat CGT Unilever HPCI France

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Façade d'immeuble à Montreuil. Bravo l'artiste !

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Carrefour

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La CGT Poste 43 ( Hte Loire) inquiète pour la santé de ses postiers

La saturation des centres courriers

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Les agents des services Courrier de Haute-

Loire ont été appelés par le syndicat CGT

Poste à une grève illimitée depuis fin novembre.

Voici les raisons de cette action et les inquiétudes des syndicats partagées par le biais du communiqué ci-dessous.

"La situation des centres courrier est plus que préoccupante. Tout au long de l’année, les postières ont dû faire face à un flux tendu de colis, atteignant même des records de trafic, sur des périodes habituellement basses. Depuis la mi-octobre, la Peack Période colis a commencé et génère une augmentation constante du trafic colis jusqu’à présent."

La Poste comme France Telecom ?

"Cette montée en charge provoque la saturation des centres courriers qui ne sont plus adaptés, la surcharge des véhicules trop petits pour transporter autant de colis, des heures supplémentaires en cascade ainsi que le ras le bol des agents épuisés physiquement et psychologiquement. Certains agents n’ayant eu que le dimanche en repos depuis le mois de septembre. Nous sommes en train de vivre un nouvel épisode dramatique comme malheureusement nos collègues d’Orange/France-Télécom."

Du turn-over dans les CDD

"La Poste qui s’enorgueillit d’avoir embauché 9 000 CDD et intérimaires pour cette Peak Période oublie de préciser qu’elle en a mis à la porte 15 000 courant mars au moment du confinement. Les 9000 embauches ne sont qu’un effet de communication, puisque ces emplois ne sont pas de réels renforts. Nombreux ne tiennent pas plus de 2 jours, craquent et abandonnent. Cette gestion flexible à court terme du personnel conduit à une dégradation des conditions de travail et de la qualité de service, les retards, incivilités et réclamations en sont la preuve flagrante. Tout ceci engendre un mal être croissant des agents."

"Tout ceci impacte clairement le service public postal tant sur la partie courrier que sur la partie guichet. Tout ceci par manque de personnel et pour la recherche de gains de productivités, nombreux sont les bureaux agents seuls qui ferment et fermeront si rien n’est fait, notamment par la prise de conscience générale et politicienne."

"Le courrier est stocké"

"Nous savons que le courrier est stocké dans une période comme celle-ci et cette soi-disant baisse ne se fait nullement ressentir en raison des postes vacants non comblés depuis des années, aux suppressions de postes, et à l’allongement des tournées lors des réorganisations incessantes. En revanche le trafic colis généré par la vente en ligne explose, expliquant les excellents résultats financiers du Groupe."

"La Poste, via son PDG communique beaucoup dans les médias, remerciant ses employés et certifiant que tout va bien. Mais la réalité du terrain est tout autre : hausse des accidents de travail, hausse des arrêts maladie, nombreux CDD et intérimaires livrés à eux même avec des horaires de fin de service exorbitants."
 

Les agents veulent une reconnaissance financière pérenne

"Les agents réclament une hausse immédiate des salaires par l’octroi du 13e mois, une prime de fin d’année, qualité et intéressement à hauteur des efforts fournis cette année."

Une pétition portant sur le recrutement et la création d’emplois, sur la reconnaissance du travail et de l’investissement de chaque postier, l’attribution d’une prime « Peak Période » a recueilli 200 signatures.

 

Publié par http://canempechepasnicolas.over-blog.com

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Le dialogue social : un monologue bourgeois !

Un envoi de notre camarade jean-Pierre PAGE :

 

 
Cet article est un extrait de notre livre “La guerre des mots, combattre le discours politico-médiatique de la bourgeoisie” par nos co-rédacteurs en chef, Selim Derkaoui et Nicolas Framont. Illustré par Antoine 

Les centaines de licenciements qu’annonce Danone sont décrits par des journalistes comme une “stratégie de modernisation pour améliorer les performances de l’entreprise”. Non seulement on parle très peu des milliers de licenciements dans toute la France, mais quand c’est le cas, les journalistes reprennent les mots du patronat dans un habituel grand souci de “neutralité”. On nous annonce généralement l’ouverture des “négociations avec les partenaires sociaux” comme le moment où tout va s’arranger. L’occasion pour nous de publier un extrait de notre livre “La Guerre des mots” au sujet du mythe bourgeois du “dialogue social”.

 

Dialogue social : Ensemble des démarches menées à l’échelle de l’État, des collectivités ou des entreprises visant à mettre en scène une discussion ouverte et permanente entre secteurs de la société, y compris entre les personnes qui ont des intérêts divergents. Ce faisant, les artifices du dialogue social renvoient le conflit à quelque chose de négatif et de répréhensible, tandis que le “dialogue” est valorisé, même s’il est inégalitaire, inefficace et vain. Les gouvernements néolibéraux et les entreprises les plus socialement régressives se sont faites les chantres du “dialogue social”, pour aboutir au paradoxe suivant : plus on dialogue, plus ils décident. Il n’empêche que le dialogue social est l’alibi ultime de l’ordre dominant, celui qui permet à ses partisans d’affirmer que tout reste ouvert, tout est sujet à consultations et à grands débats, et qu’il n’y a donc pas matière à s’énerver.

 

“Muriel Pénicaud, le dialogue social pour méthode” : avec un titre enthousiaste, Le Journal du dimanche nous présentait la nouvelle ministre du Travail, en mai 2017, sous son meilleur jour. “Le parcours de la ministre du Travail Muriel Pénicaud est constitué d’allers-retours entre le public et le privé. Avec un leitmotiv : le dialogue social”, nous prévenait l’introduction de l’article. On apprend dans ce “portrait” qu’elle est issue de la “société civile” parce qu’elle n’a pas fait que de la politique mais qu’elle a aussi été directrice des ressources humaines. “C’est chez Danone que Muriel Pénicaud assoit sa réputation de femme ouverte au dialogue social”, nous indique l’article.

 

Ouverte au dialogue social… ou au plan social ? Quelques années plus tôt, en 2013, Muriel Pénicaud avait réalisé une belle plus-value de 1,3 millions d’euros sur ses stocks options, après avoir orchestré le départ de 900 personnes. En effet, comme tous les hauts cadres récompensés pour leur fidélité aux actionnaires, elle disposait de stock-options qui prirent de la valeur grâce à ce dégraissage en règle, lui rapportant plus d’un million d’euros. Cette vilaine polémique n’est pas parvenue à ternir l’image médiatique de la ministre DRH fan du “dialogue social”. Pas plus que ses ordonnances réformant le Code du travail, qui ont réduit d’un tiers le nombre de représentants du personnel en France. Il peut sembler contradictoire de réduire les capacités de négocier des salariés face à leur employeur tout en prônant le dialogue social. C’est pourtant tout à fait cohérent. Muriel Pénicaud, reine du dialogue social, a su pousser cet art bourgeois à son apogée. Elle a inspiré le reste du gouvernement, qui n’a de cesse d’organiser des grandes consultations, des grands débats, tout en maniant la matraque et l’état d’urgence avec fermeté. Le dialogue social est le simulacre de démocratie qui donne son supplément d’âme à l’autoritarisme bourgeois, la comédie qu’il nous rejoue à intervalles réguliers pour éviter le conflit. Cette comédie a des acteurs, un script, une chute (toujours la même) et des coulisses.

 

Les acteurs : des syndicats jaunes aux “membres de la société civile”

 

Les débuts du capitalisme n’eurent pas besoin de faire semblant de parler avec les travailleuses et les travailleurs : ordre répressif contre le mouvement ouvrier, absence de droit du travail, élections qui ne donnaient voix au chapitre qu’à une minorité de la population (les personnes modestes et les femmes en étaient exclues)… La monarchie constitutionnelle, régime parlementaire bourgeois mis en place à l’issue de la Révolution de 1789, fait passer une loi très explicite pour empêcher l’action collective des travailleurs : connue sous le nom de loi Le Chapelier, elle précise dans son article 8 que “tous attroupements composés d’artisans, ouvriers, compagnons, journaliers, ou excités par eux contre le libre exercice de l’industrie et du travail […] seront dissipés par les dépositaires de la force publique, sur les réquisitions légales qui leur en seront faites, et punis selon toute la rigueur des lois sur les auteurs”.

 

Tout au long du XIXe siècle, le combat contre les monarchies et les empires rassemble les partisans de la république bourgeoise, celle qui protège les affaires et le commerce contre l’arbitraire des rois et les guerres des empereurs, et la république sociale, celle qui libère la classe ouvrière du joug qu’elle subit dans la rue comme dans les usines en s’en prenant aux propriétaires de moyens de production. Ce front éclate en 1848, et les débuts de la République française telle qu’on la connaît continuent de bafouer les droits des ouvriers pendant plusieurs décennies. Par conséquent, en l’absence de possibilité de s’exprimer sur la scène publique, les représentants du mouvement ouvrier s’organisent dans la clandestinité, et le rapport de force vis-à-vis des possédants s’exerce par la grève d’un côté et par la répression de l’autre.

 

Les choses changent en 1884, quand la loi instaure la liberté syndicale. Il est désormais possible de se rassembler et de mener des combats collectifs sur son lieu de travail. La loi de 1901 qui consacre la liberté d’association constitue aussi un grand progrès dans notre histoire sociale. Mais aussi une nouvelle donne à laquelle le patronat doit s’adapter. En 1899, après une longue et dure grève au Creusot, dans les usines Schneider, le gouvernement accorde ainsi aux employeurs le droit de former leurs propres syndicats. C’est l’industriel Eugène Schneider qui est le premier à s’en saisir, en créant un syndicat que le préfet de Saône-et-Loire de l’époque décrit comme “composé d’ouvriers favorables au patron et n’[ayant] d’autre but que d’entraver l’action du premier syndicat, organisé après la première grève dans un but d’émancipation ouvrière”. L’appellation de syndicat “jaune” en opposition aux syndicats “rouges” se diffuse au début du XXe siècle, et devient rapidement une insulte désignant par extension les salariés qui refusent de rejoindre une grève lorsqu’elle est déclenchée.

 

La pratique du syndicalisme jaune est toujours très répandue dans les entreprises françaises. Dans une enquête sur les stages de formation de DRH, le sociologue Baptiste Giraud rapporte les propos d’une responsable des ressources humaines étant parvenue à “affaiblir un délégué syndical avec qui elle entretient des relations très conflictuelles, en créant de toutes pièces une liste concurrente (sous le sigle de la CFTC) composée de salariés recrutés par ses soins en échange d’une promesse de promotion professionnelle, et dont elle a su faciliter la victoire aux élections professionnelles”.

 

Le script : consulter, dialoguer, diviser et bien faire ce que l’on veut  

 

Que cela soit au plan national comme local ou dans les entreprises, des mécanismes bien rodés de gestion de la colère sociale ont été mis au point pour faire avaler la financiarisation de l’économie et les brutales “réformes” liées à la logique néolibérale. De telle sorte qu’il est possible de distinguer un scénario préconçu, une tactique de liquidation du débat tout en lui donnant une apparence démocratique, qui se répète systématiquement.

 

Face à la colère et à la défiance, “nos portes sont grandes ouvertes”, ne cessent de répéter gouvernements et directions d’entreprise. Parler, échanger, dialoguer : tout est possible. Ainsi, il n’est pas une loi néolibérale qui ne passe pas par un intense processus de concertation des “partenaires sociaux”. Ce terme désormais consacré dans le discours managérial et la politique est lui-même porteur de négation des divergences d’intérêt entre salariés d’un côté et patronat et actionnaires de l’autre. “Partenaires” de fait, ils n’ont a priori pas intérêt au conflit, puisqu’ils veulent la même chose : la réussite de l’entreprise. Cette vision de l’entreprise comme un lieu de concorde n’a rien de novateur. Elle a connu son heure de gloire sous le gouvernement du maréchal Pétain, qui avait instauré le 1er mai, journée de commémoration importante du mouvement ouvrier, hommage à des ouvriers tués par la police aux États-Unis à la fin du XIXe siècle, comme “fête du Travail et de la Concorde sociale”. L’idée forte portée par Pétain et ses sbires était d’affirmer, contre le mouvement ouvrier, que l’entreprise était un lieu d’intérêts convergents, où la hiérarchie devait être acceptée et valorisée. 

 

Le “dialogue social” est la version contemporaine de cette “concorde sociale”. Pour le ministre du Travail “socialiste” François Rebsamen, concepteur de la loi du même nom qui a développé les marges de manoeuvre des employeurs en matière de négociation en entreprise (en dérogation au Code du travail), “le contrat de travail n’impose pas toujours un rapport de subordination entre employeur et salarié : il est signé par deux personnes libres qui s’engagent mutuellement”. Dans cette déclaration faite au Sénat en mars 2015, il consacrait la vision patronale du travail, contre laquelle précisément le Code du travail avait été édifié, prenant acte d’une inégalité de fait entre l’employeur et le salarié : chacun vient librement, et accepte librement un lien libre de subordination. Par conséquent, pourquoi s’énerver ? Hélas, il y en a toujours qui s’énervent. Ceux-là, on les appelle les syndicats radicaux ou extrémistes. C’est la CGT, Solidaires, et tous les gens qui ne sont pas “ouverts au dialogue” et aiment manifester pour un oui ou pour un non. Mais heureusement, à côté d’eux, il y a les syndicats “réformistes”, qui sont “pragmatiques”, “prêts à discuter” et toujours de bonne volonté pour “dialoguer”. C’est le cas de la CFDT, de la CFTC et de l’UNSA.

 

La CFDT est un cas très intéressant parce que, depuis 1995, ses dirigeants signent et applaudissent les réformes néolibérales, y compris quand elles réduisent les droits des travailleurs. Dans les années 1970, ce syndicat était pourtant à la pointe d’une alternative au capitalisme qui s’appelait l’autogestion : donner le pouvoir aux salariés sur leur entreprise. Et puis, petit à petit, s’accommodant de tout et accompagnant les gouvernements “socialistes” successifs dans leur recul, la CFDT a liquidé sa pensée originelle. “L’autogestion ? Je le dis : je me sens un héritier de ce courant-là, qui est encore très vivace”, expliquait Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, à Jean-Michel Dumay, journaliste au Monde diplomatique.

 

Puis, à la réflexion : “En fait, on ne le dirait plus comme cela. Moi, je crois à la codécision et à la co-construction.” Quelqu’un comme lui pense en effet qu’il y a une possibilité de codécider dans des entreprises gérées comme des machines à cash pour les actionnaires. Ce qui fait de lui un “bon élève”, en symbiose avec les directions patronales qui pensent tout pareil. Au niveau des entreprises, cet art est un peu plus subtil, comme le raconte Baptiste Giraud dans son immersion en stage de management : “La division étant ce qui fonctionne le mieux, les consultants expliquent, face à un parterre de DRH : “Les plénières, ce n’est que du théâtre, parce qu’on est face à des syndicats qui sont en interaction les uns avec les autres. En bilatérales, les types se livrent plus facilement et vous disent jusqu’où ils peuvent aller, quels sont les enjeux pour eux de la négociation. C’est très utile surtout pour celles avec qui vous voyez qu’un accord est possible, car ça vous permet de leur dire aussi jusqu’où vous irez au terme de la négociation, de trouver un terrain d’entente. […] Bon, moi, par exemple, je laissais toujours entendre à la CFDT que je lâcherais deux ou trois trucs. Ils le savaient, ce qui permettait quand même de savoir où on allait dans la négociation, même si chacun jouait son rôle.”

“Un bon délégué du personnel, il va chercher à faire du collectif à partir d’un problème individuel. Un bon DRH, ça fait l’inverse !”

Leur leçon de paix sociale ne s’arrête pas là, et le truc suivant a cours dans moult entreprises : “Lorsque c’est possible, il faut toujours chercher à traiter individuellement le cas des meneurs”, enseigne un consultant. Un exemple est donné par son collègue : “[Les “meneurs” étaient] des jeunes, peu diplômés et sans perspective d’évolution professionnelle. Eh bien, après une grève, le DRH leur a proposé à chacun de partir dans d’autres entreprises du groupe, avec la perspective de voyager à travers le monde pendant plusieurs années, de se qualifier et d’avoir des possibilités d’évolution.” Malin. L’art managérial de gérer le conflit est résumé en une phrase au cours de la même formation : “Un bon délégué du personnel, il va chercher à faire du collectif à partir d’un problème individuel. Un bon DRH, ça fait l’inverse !” Les gouvernements successifs, et en particulier ceux de l’ère Macron, ont fait leur cette devise. Plutôt que de discuter avec des collectifs, ils cherchent de plus en plus à s’adresser aux individus. Chaque loi est désormais précédée d’une “grande phase de consultation” qui se réalise sur une plateforme, où chaque citoyen se voit invité – en tant que citoyen (et non en tant que salarié, que syndicaliste…) – à venir déposer ses petites doléances personnelles. Pour la réforme des retraites, une plateforme a été mise en ligne, et l’on y trouve désormais le message suivant : “Vous avez été nombreux à nous faire part de vos idées, de vos questions sur la plateforme en ligne et lors des débats citoyens – soyez-en remerciés.”

 

En gros, c’est “merci pour ce moment”, puisqu’il n’y a pas eu de réelle suite à cette consultation. Chacun a pu donner son avis en ligne, sans savoir comment il allait être traité ou intégré. Et le gouvernement a choisi d’en diffuser ce qui l’arrangeait, c’est-à-dire pas grand-chose. C’est sur une vague page web qui n’a pas fait l’objet d’une mise en avant de sa part qu’on trouve quelques résultats, notamment le fait que les citoyens consultés étaient majoritairement défavorables à ce que la valeur du fameux “point”, qui structurait le projet de régime universel des retraites, puisse baisser. Ce qui a ensuite été tout de même défendu par le gouvernement, à coups de gaz lacrymogène et de tirs de flashball dans la rue. Car le dialogue social, y compris dans ses versions les plus individualisées, n’est bien qu’une grande farce, dont ceux qui dominent le rapport de forces feront ce qu’ils veulent, et que les dominés peuvent difficilement refuser sous peine de se voir taxés de colériques fermés au dialogue.

 

En rupture avec cette routine rassurante, le mouvement des Gilets jaunes fut une période traumatisante pour la bourgeoisie française parce qu’elle se trouvait pour la première fois depuis des décennies face à une force anonyme, incontrôlable et surtout rétive à négocier – le moindre de ses leaders qui se rendait à des réunions de “dialogue social” à Matignon était conspué sur les réseaux sociaux. Les tentatives pour y parvenir se sont heurtées aux désirs des représentants Gilets jaunes de filmer en direct leurs échanges, totalement à rebours des pratiques managériales de discussion opaques et bilatérales “entre partenaires sociaux”.

Il a donc fallu déployer d’intenses moyens de propagande pour mettre en œuvre le “Grand Débat national”, sorte d’ultime tentative pour calmer le pays à coups de “dialogue social”. Il s’est agi en réalité de shows qui n’auraient pas déplu à des nostalgiques des régimes soviétiques. Le simulacre de débat poussé à son paroxysme n’a pas choqué la presse qui a salué le caractère courageux et innovant du procédé. Une cinquantaine d’intellectuels, chercheurs, économistes, se sont prêtés au jeu et sont venus “débattre” avec le président, deux minutes chacun pour poser une question, des heures pour écouter le grand dialogueur leur répondre. Pour un résultat… inexistant. Déçue, France Télévision constate, un an plus tard, qu’il n’y eut aucune synthèse des milliers de contributions émanant des débats : “En Corrèze, à Tulle, ils sont conservés dans des cartons nichés au 3e étage, sur une étagère. Et c’est pareil pour les 16 337 cahiers : pour en avoir une vue d’ensemble, il faudrait donc faire le Tour de France !” Oui mais dans le monde capitaliste, il y a un temps pour le dialogue qui ne mène à rien et un autre pour générer le profit.

 

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Bienvenue à la SECU !
Fortement mise à contribution par la crise sanitaire, la protection sociale s'avère une nouvelle fois précieuse. Mais elle se trouve fragilisée par l'accumulation des déficits liés à la hausse des dépenses et à la baisse des recettes. Et si le moment était venu de repenser son financement ? La CGT ne manque pas de propositions.
Cet article

Après avoir critiqué le « pognon de dingue » mis dans les aides sociales sans ­résorber la pauvreté, après avoir déclaré, en juin 2018, qu'en matière de protection sociale, « la solution n'est pas de dépenser toujours plus d'argent », Emmanuel Macron a bien été contraint, avec la crise sanitaire, de mobiliser les filets de sécurité de notre système de protection sociale (assurance maladie, assurance chômage, allocations familiales, notamment) et de mettre en pause les réformes des retraites et de l'assurance chômage. C'est peu dire qu'il a fait une entorse majeure à sa doxa libérale. Car depuis son accession à l'Élysée, son quinquennat a été marqué, notamment, par une baisse des allocations logement, des revalorisations insuffisantes des minima sociaux (minimum vieillesse, allocation adulte handicapé, prime d'activité) et par l'ouverture des chantiers de réforme des retraites et de l'assurance chômage. Emmanuel Macron n'a jamais fait mystère de son ambition de réduire les dépenses sociales publiques qui représentaient 30 % du produit intérieur brut (PIB) en 2018, contre une moyenne de 21 % dans les pays de l'OCDE. Mais la pandémie est venue rebattre les cartes, contrarier provisoirement cette ambition.

Un système au rôle protecteur déterminant

La crise sanitaire, ainsi que ses impacts économiques et sociaux, révèlent une nouvelle fois le rôle déterminant de notre système de protection sociale, mais aussi ses faiblesses, ses insuffisances et la fragilité de son financement. Ce rôle n'est pas nouveau comme le rappelait, le 11 octobre dernier dans plusieurs quotidiens régionaux, l'historien Michel Dreyfus : «La Sécu a joué, et joue encore, un rôle d'amortisseur de la crise sanitaire. On ne peut la voir uniquement d'un point de vue économique : ses conséquences sociales sont absolument bénéfiques. Mais la crise sanitaire et économique a aussi des retombées sur elle. Elle l'affecte financièrement car les dépenses de santé et le chômage augmentent. Ça se paye… Avant la crise sanitaire, la Sécu était proche de l'équilibre financier. Il est maintenant renvoyé à un avenir incertain. »

Plus de dépenses, moins de recettes

Cette nouvelle crise résulte des décisions souveraines des États qui ont conduit à mettre brutalement à l'arrêt des pans entiers de l'appareil productif générant à la fois une hausse du chômage, qui touche désormais plus de 9 % de la population active (chiffre Insee du 10 novembre 2020), une dégradation du PIB et une perte de recettes sociales et fiscales. Mais aussi une explosion des dépenses de santé immédiates dues à la pandémie et une forte croissance à venir de ces dépenses. En effet, on doit s'attendre à des vagues sanitaires successives du fait de la quasi-­monopolisation du système hospitalier par le Covid, qui a engendré des retards de diagnostic et de traitements et des renoncements aux soins. Et donc, plus globalement, une montagne de dettes publiques contractées par l'État et le système de protection sociale pour amortir les dégâts et les souffrances provoqués par la chute de la production. Alors qu'elle était annoncée sur la voie d'un retour à l'équilibre comptable, la Sécurité sociale connaîtra un déficit inédit évalué à 45 milliards d'euros en 2020, et à 20 milliards d'euros les années suivantes en raison de la chute des recettes. Si pour l'heure, Emmanuel Macron et son équipe s'en tiennent à conforter la stratégie du « quoi qu'il en coûte », l'exécutif a néanmoins déjà commencé à répondre à la question que tout le monde se pose légitimement : « Qui va payer la note ? »

136 milliards de dettes transférés

Pour financer les déficits, le gouvernement a prévu de mettre à contribution les organismes de protection sociale complémentaire (mutuelles, institutions de prévoyance, assurance santé) avec une taxe exceptionnelle à hauteur de 1,5 milliard d'euros, en estimant qu'ils avaient réalisé des économies sur les remboursements de santé durant le premier confinement. Nul doute qu'à terme cette ponction sera répercutée sur les cotisations. Il a aussi inscrit dans le PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2021) la création d'un « forfait patient urgence » en cas de passage aux urgences sans hospitalisation, ce qui est le cas dans 80 % des cas. Le gouvernement prévoit également 4 milliards d'euros d'économies à l'hôpital public alors même que les soignants tirent le diable par la queue. Par ailleurs, le gouvernement a fait adopter, en août dernier, le transfert de quelque 136 milliards de dettes de l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) vers la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades). Techniquement, il s'agit notamment de 31 milliards d'euros de déficits passés auxquels s'ajoutent 13 milliards d'euros pour la reprise d'un tiers de la dette des hôpitaux, annoncée fin 2019 dans le cadre du plan d'urgence pour l'hôpital. Sommes auxquelles on ajoute 92 milliards d'euros de déficits sociaux prévisionnels 2020-2023 liés à la crise actuelle et aux futurs investissements dans les établissements publics de santé qui ont été décidées dans le cadre du Ségur de la santé. Ainsi le remboursement du déficit social est étalé dans le temps puisque la date de fin de remboursement de la dette portée par la Cades est repoussée de 2024 à 2033. Ce transfert aboutit à faire financer cette dette exclusivement par les salariés et les retraités puisque le financement de la Cades est assuré par la CRDS (Contribution au remboursement de la dette Sociale) et la CSG dues au titre des revenus d'activité et de remplacement par tous les salariés. Ce faisant, le gouvernement exonère les entreprises de toute contribution à l'apurement des déficits sociaux alors qu'elles vont bénéficier de 20 milliards d'euros de réductions d'impôts.

Les réformes toujours à l'agenda

Dès le début de la pandémie, les syndicats ont exigé du gouvernement le report, voire l'annulation, de la réforme de l'assurance chômage et de celle des retraites qui sont, l'une comme l'autre, porteuses de régression en matière de couverture sociale. Le gouvernement a néanmoins renoncé ni à l'une ni à l'autre. D'autant moins qu'il peut en espérer des économies afin de rétablir l'équilibre des comptes. Concernant la réforme de l'assurance chômage, reportée à avril 2021, il n'a pas renoncé à durcir les conditions d'indemnisation. Ainsi, le ministère du Travail prévoyait initialement de durcir ces conditions en portant à six mois, sur une période de référence de vingt-quatre mois, la durée de travail nécessaire pour ouvrir des droits au chômage. Sous la pression des syndicats il a allégé cette mesure en portant la période de référence à vingt-sept mois. Il ne renonce pas non plus à la réforme sur le rechargement des droits au chômage. Initialement, la réforme prévoyait que le seuil de rechargement des droits soit fixé à six mois. Finalement, le ministère du Travail envisage de l'abaisser à quatre mois.
Du côté des retraites, alors que le déficit devrait dépasser 25 milliards d'euros en 2020, selon une note du Conseil d'orientation des retraites (Cor), on imagine mal le gouvernement renoncer à l'une des réformes phares du quinquennat. D'autant que les libéraux l'y poussent et entendent bien « profiter » de ce déficit pour justifier le caractère impérieux de la réforme. Ainsi, l'Institut Montaigne a publié une note, le 27 octobre dernier, intitulée « Réformer les retraites en temps de crise ». Le think tank libéral estime que « si les réformes de financement étaient nécessaires auparavant au regard des données publiées dans ces rapports il y a un an, elles sont devenues indispensables : la crise accélère la dégradation financière de notre régime et la nécessité de sa réforme ». Et si l'Institut Montaigne écarte un scénario d'augmentation des cotisations ou de baisse des pensions, il plaide pour un recul de l'âge de départ à la retraite

Propositions de la CGT pour le calcul des cotisations

Alors que le système de protection sociale est mis en difficulté par la baisse des recettes, le moment n'est-il pas venu de repenser son financement ? Pour l'asseoir sur des bases socialement plus justes, pour l'indexer sur la création de richesses, pour qu'il soit enfin favorable à la création d'emplois. C'est ce que revendique la CGT, en proposant depuis de nombreuses années la modulation du taux de la cotisation des employeurs. « Il serait différencié en fonction de la masse salariale et des choix de gestion de l'entreprise par la création d'une surcotisation patronale », explique la confédération. Le but serait de faire cotiser plus l'entreprise qui ferait le choix de la précarité et de bas salaires. En s'appuyant notamment sur les calculs réalisés par les services techniques des régimes de retraite complémentaire, la CGT propose aussi, depuis plusieurs années, de réaliser l'égalité salariale femmes-hommes susceptible de rapporter, à terme, plus de 20 milliards d'euros par le surcroît de cotisations versées par les salariées et leurs employeurs. Elle revendique aussi la suppression des exonérations de cotisations patronales, dont on a vu, depuis des années, qu'elles « dissuadent les employeurs d'augmenter les salaires et encouragent le développement d'emplois à faible niveau de qualification et/ou précaires », pointe la CGT. De nouvelles recettes pourraient aussi être dégagées par un déplafonnement des cotisations salariales et patronales. Attachée au financement de la protection sociale par les cotisations et non par la fiscalisation, la CGT, qui était opposée à la création de la CSG par Michel Rocard en 1991, propose de la transformer en cotisation salariale et patronale. Enfin, elle revendique d'élargir l'assiette des cotisations à toutes les formes de rémunération : l'intéressement, les primes, la participation et l'abondement patronal au plan d'épargne d'entreprise et au plan épargne pour la retraite collectif (Perco), ainsi que les stock-options et les attributions d'actions gratuites dont bénéficient certains salariés. De nouvelles recettes qui créeraient aussi de nouveaux droits, notamment en matière de retraite. Enfin, la CGT propose la création « d'une contribution sociale assise sur les intérêts et dividendes versés par l'entreprise à ses actionnaires et aux souscripteurs d'obligations ». Car, tandis que depuis vingt ans les cures d'austérité ont été imposées aux assurés, aux retraités, aux familles, aux bénéficiaires des minima sociaux, aux hôpitaux – avec les dégâts que l'on mesure aujourd'hui­  –, les dividendes versés par les entreprises du Cac 40 ont augmenté de 269 % selon l'Observatoire des multinationales et Attac.

Publié par FSC

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Publié par EL DIABLO

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Publié le par Syndicat CGT Le Meux
Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Qu'est ce qu'un &quot;média mainstream&quot;? par Gilles Questiaux

Qu’est ce qu’un « média mainstream » ?

 

C’est un média qui relaye les messages de propagande capitalistes et impérialistes, en les présentant comme de l’information objective.

 On le reconnaît notamment à ce qu’il participe aux campagnes mondiales qui ciblent un pays non occidental : cette année nous avons eu droit à la Biélorussie, Hong Kong, le Xinjiang, la Bolivie, et dans un passé récent aux campagnes infructueuses contre la Russie, la Corée, la Chine le Venezuela, l’Iran, Cuba, la Syrie, ou victorieuses en Ukraine, en Libye, en Birmanie, en Irak, etc.

Une seule cause anti-impérialiste a eu une certaine ouverture dans les médias, mais de moins en moins, celle de la Palestine, sans doute parce que la situation est verrouillée, et peut servir à montrer de manière répétée et redondante qu’il n’y a pas d’autre alternative à l’Empire que la défaite.

Ces médias peuvent aussi se révéler dans leur participation unanimiste à des campagnes politiques considérées par leurs propriétaires comme de grande importance, comme la campagne en faveur du oui au TCE en 2005, ou contre le Brexit.

Un média mainstream est ou bien :

Un média capitaliste, qui appartient à des capitalistes qui le financent et dépensent beaucoup d’argent pour ça, et qui fait sous ses diverses variantes la promotion idéologique du capitalisme par la diffusion des idéologies libérales qui sont variées, mais qui tournent principalement à notre époque autour d’un consensus libéral-libertaire qui va allouer aux conservateurs traditionalistes un rôle de repoussoirs, comme les barbons ridicules des comédies de Molière.

Comme par hasard, les médias professionnels de droite qui doivent assumer ce rôle peu flatteur (le Figaro, certains titres de la presse éco) en deviennent un peu plus crédibles que les autres, tant que le portefeuille n’est pas directement en jeu.

La quasi totalité des médias privés, qui ont une notoriété dans le grand public, et bien diffusés sont de tels médias.

Ou bien c’est un média d’État d’un État capitaliste relevant de la sphère impériale occidentale où l’information est encore plus verrouillée, et qui a surtout une mémoire plus longue : alors que les médias privés considèrent souvent qu’en ce qui concerne le communisme la partie est gagnée, la messe est dite et qu’il n’y a plus à s’en occuper, les médias d’État comme Arte ou France Culture organisent la prison mémorielle où ils veulent le placer, en falsifiant, salissant, ou détournant l’histoire révolutionnaire. Ces médias font aussi la promotion des intellectuels gauchisants inoffensifs qui ont tout à tour leur moment de célébrité.

Et un média mainstream c’est de toute manière un média occidental (nord américain, européen, océanien) qui recycle avec une tonalité compassionnelle dans le langage des ONG les préjugés occidentaux néocoloniaux, et qui est nourri exclusivement par les récits émanant des agences de presse occidentales qui produisent la plus grande partie de l’information accessible au grand public : Reuters, AP, AFP. Il n’y a en dehors de quelques grandes capitales occidentales, à domicile, presque plus aucun correspondant étranger attitré de ces médias qui pourrait produire une information originale.

Ce monde des médias gravite autour d’un petit nombre de titres de presse qui sont considérés comme des références de sérieux et d’objectivité, palme qu’ils ne manquent pas de se décerner à eux mêmes : le Monde, le New York Times, le Washington Post, et qui ne valent pas mieux que les autres. La seule différence étant que leurs rédacteurs principaux ont un statut des notables dans les milieux politiques décisionnels occidentaux qui dépasse celui que devrait leur apporter le niveau de leur rémunération.

Il y a des médias capitalistes ou d’État extérieurs à cette sphère géographique et culturelle, en Russie, en Chine, et dans la plupart des pays non occidentaux, mais leur contenu est jugé suspect à moins qu’il ne reflète servilement le contenu des grandes agences de presse occidentales, et dans ce cas il aura les honneurs d’une sélection dans « Courrier International ». Un média non-occidental n’est coopté dans le circuit de l’information mondialisée que s’il soutient les interventions de l’Occident dans le monde non-occidental, ou s’il reflète des positions caricaturalement réactionnaires pour servir de faire-valoir au discours de propagande du premier monde.

C’est pourquoi les médias russes sont devenus indispensables à qui veut s’informer aujourd’hui en Occident : ce sont les seuls médias dynamiques et professionnels qui ont un intérêt objectif partiel à un dévoilement du réel. Ce qui explique les opérations de censure directe dont ils font l’objet.

Sinon la censure habituelle porte plutôt que sur la publication et l’édition, sur la diffusion et le référencement, comme le savent bien les animateurs de sites socialistes ou communistes de par le monde.

 Le point le plus important à retenir est en même temps le plus banal et le plus facile à comprendre : l’information sur le réel est aliénée à des intérêts privés.

La justification libérale de cet état de fait, selon laquelle un média honnête aurait plus de succès (et donc rapporterait davantage de profits à son propriétaire) et éliminerait les médias malhonnêtes ne tient pas la route une seule seconde : ces médias perdent presque tous de l’argent, à part les nouveaux médias des GAFAM, dont l’information est un produit secondaire. A part le fait que la concurrence développe au détriment de l'information sérieuse l’espace dévolu à la distraction et aux faits divers, il est patent que les médias sont les danseuses des grands groupes capitalistes, qui leur servent à distiller des messages qui favorisent leur intérêts, mais aussi dans leur croisade permanente contre tout ce qui n’est pas capitaliste et occidental (après tout ces gens peuvent être désintéressés).

Ce problème est ancien : les législateurs de la Libération avaient à cet effet interdit la concentration dans les entreprises de presse.

En gros le message mainstream est le suivant : le capitalisme produit des marchandises en abondance pour tout le monde, et une société tolérante où chacun fait ce qu’il lui plaît, et si ce n’est pas encore le cas partout, ce le sera bientôt grâce aux interventions de l’Occident. Nous ne vivons pas au sein d’un Empire mais dans une communauté internationale respectueuse de tous ses membres, et d’ailleurs cet empire qui n’existe pas est l’empire le plus bienveillant de l’histoire, auquel on ne peut reprocher qu’une seule chose : ne pas envahir assez de territoires pour y apporter la paix et la prospérité. Mais il s’affaire pour porter la démocratie et la liberté partout où le capitalisme ne règne pas, ou pas autant qu’on le voudrait, comme en Chine.

Toutes les information dites sérieuses qui sont diffusées doivent concourir à ce récit.

Lorsque des voix s’éloignent de ce consensus, elles deviennent de moins en moins audibles, sont diabolisées par la « théorie de la théorie du complot », ou s’enferrent d’elles-même dans des contradictions ou des polémiques stériles, parce qu’elles acceptent une partie des présupposés de la presse capitaliste en rejetant arbitrairement le reste.

Dans le passé, les médias appartenaient déjà à des capitalistes, mais l’impression reste que des messages opposés au capitalisme pouvaient davantage s’exprimer. C’est en partie une impression fausse, car l’information dont on a disposé sur des points cruciaux, sur l’URSS tant qu’elle existait, et qui s’est déposées dans les livres d’histoire, est encore moins fiable que le contenu de l’actu d’aujourd’hui. Mais le capitalisme avait des contradictions internes, des contradictions internationales, et il y avait une contradiction principale entre le capitalisme et le socialisme, et de part le monde un nombre non négligeable de situations socio-économiques mixtes qui reflétaient un compromis instable entre les deux systèmes. Une minorité dans la bourgeoisie occidentale, petite mais impossible à négliger, avait même fait le choix du socialisme, entre 1945 et 1975 environ, pour des raisons objectives qu’on ne peut pas développer ici sans sortir du sujet, et la bourgeoisie du Tiers Monde s’affichait volontiers marxiste.

Il y avait donc grâce aux contradictions dans le réel une ouverture vers l'expression de la vérité, qui n’existe plus aujourd’hui.

Maintenant pour s'y orienter, on doit conjuguer les deux principes opposés : a priori, rien de ce qu’annonce la presse capitaliste n’est crédible ; et d’autre part, qu’il est très difficile de s’en passer complètement pour s’informer de ce qui se passe vraiment. Il faut mettre au point des grilles de déchiffrement au cas par cas.

Ne croire en rien de ce que propage la presse capitaliste ne signifie pas croire en tout ce qu’elle ne propage pas, ou en ce qu’elle propage en lui affectant un coefficient négatif (comme les produits du blogueur Soral).

La règle de bon sens est de ne pas prendre position, de ne même pas évoquer les questions sur lesquelles on n’a pas de connaissance, ou pour lesquelles on n’éprouve pas d’intérêt ou d’attirance. Ne pas en parler signifie ne même pas dire qu’on n’en parle pas et feindre l’étonnement et l’ennui en présence d’un faux débat sociétal.

Cela semble assez facile de conserver assez de recul de jugement, mais il est incroyable de voir à quel point le public, et notamment le public militant relativement cultivé qui se recrute dans la classe moyenne, peut être crédule, 

 

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Gilles Questiaux

 

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Publié dans : #Notes d'information Cgt Unilever
Réveillon sur le piquet de grève
 
pour les femmes de chambre
 
d’Ibis Batignolles

 

Après 17 mois de grève, les femmes de chambre de l’Ibis Batignolles ont saisi les prud’hommes de Paris. Le bras de fer entre les grévistes et les directions d’ACCOR et de STN continue sur les bancs juridiques. Ce 24 décembre, les grévistes organisent un Réveillon des Solidarités devant le Novotel des Halles.

 

&quot;Procès de la sous-traitance&quot;

Crédits photo : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Après 17 mois de grève, les femmes de chambre de l’Ibis Batignolles ont saisi les prud’hommes de Paris le 16 décembre dernier. Le bras de fer entre les grévistes et les directions d’ACCOR et de STN continue sur les bancs juridiques, pour un procès qualifié de « procès de la sous-traitance » par leur avocat Slim Ben Achour. Ce 24 décembre, les grévistes organisaient un Réveillon des Solidarités devant le Novotel des Halles.

L’enjeu majeur du procès pour les 20 grévistes sera leur internalisation au sein d’ACCOR – le 6ème groupe hôtelier mondial et détenteur du groupe IBIS. Actuellement, elles sont employées par l’entreprise STN, qui est connue pour abuser des licenciements et des mutations arbitraires de manière dissimulée, notamment grâce à la corruption des syndicats. Selon Ouest-France, « Chacune des demandeuses réclame en outre plus de 200 000 € pour différents motifs, dont la somme de 100 000 € pour “préjudice moral lié à la discrimination”  ». Et pour cause : les travailleuses et travailleurs de ce secteur sont surexploité.es, travaillant dans des conditions le plus souvent déplorables au profit du capital. La liste est longue : cadences insoutenables, travail dissimulé (effectuer un temps complet en étant payé en temps partiel) voire gratuit et déresponsabilisation des directions quant aux revendications des employé.es. Ces situations concernent en grande majorité des femmes issues de l’immigration.

L’orchestration de cette surexploitation se fait notamment sur l’appui de l’instauration d’une division des travailleurs et travailleuses entre eux, comme le pointe Tiziri Kandi, salariée de la CGT–HPE (Hôtel de Prestige et Économique). Lors d’une interview avec le magazine Contretemps, elle revient sur les caractéristiques des emplois en sous-traitance : « on prive les salarié-e-s de la sous-traitance des acquis des salarié-e-s de l’hôtel, iels […] ne peuvent bénéficier des accords d’entreprises qui contiennent certains avantages (13ème mois, prime d’intéressement, etc.) au prétexte qu’iels ne sont pas directement salarié-e-s des hôtels donneurs d’ordres. […] Un autre enjeu pour les hôtels qui sous-traitent est celui de la destruction et de l’éclatement de la communauté de travail. En sous-traitant, on crée une multitude de statuts, et on divise donc les salarié-e-s qui travaillent pourtant dans un même endroit. Il peut parfois y avoir dans un même établissement 3 ou 4 sociétés de sous-traitance qui interviennent, et cette division est souvent intégrée par les salarié-e-s elles/eux-mêmes ! Cette division bloque malheureusement la possibilité de mobilisations communes ». Les employé.es de la sous-traitance n’ont pas accès aux mêmes lieux (cafétérias, etc.) que les employé.es d’IBIS. Selon leur avocat, Slim Ben Achour, iels n’ont même pas le droit à une bouteille d’eau.

Cette mobilisation est donc historique tant par sa durée que par les problématiques qu’elle soulève. Les société de sous-traitance du secteur tertiaire emploient majoritairement des femmes issues de l’immigration et en situation de précarité. La direction profite donc de cette situation pour faire du profit à bas coût. Lors de la conférence de presse du procès, le 16 décembre dernier, Claude Lévy, responsable de la CGT-HPE, le rappelait : à l’Ibis Batignolles « toutes les femmes de chambre sont d’origine africaine ». Et Rachel Keke, porte parole des grévistes, expliquait clairement : « ils profitent qu’on n’ait pas la peau blanche pour faire ce qu’ils veulent de nous. » Tandis que Sylvie Kimissa, elle aussi porte-parole des grévistes, ajoutait : « On ne peut pas leur laisser se dire que comme on est des africains on pourrait vivre avec 500 euros par mois ».

Malgré l’importante précarité de ce secteur, des luttes s’organisent depuis une trentaine d’années et deviennent de plus en plus importantes et organisées. En 2002-2003 les femmes de chambre d’Arcade se sont mises en grève, suivies dix ans après par 16 grévistes de la société de propreté DECA France, auparavant sous-traitant.es des hôtels Première Classe et Campanile du Pont de Suresnes (appartenant au Louvre Hotels Group, deuxième groupe hôtelier européen). La mobilisation avait à l’époque conduit à l’internalisation de chacune d’elle.

 

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Depuis jeudi 17 décembre, 230 éboueurs marseillais sont en grève contre les licenciements et le harcèlement quotidien de leur direction.

Marseille. Les éboueurs en grève face au harcèlement de leur direction

Un mouvement de grève perdure depuis une semaine, suivi par 100% des salariés de Derichebourg Polyceo, branche de l’entreprise chargée entre autres du ramassage des ordures et de la propreté dans les 2e, 15e et 16e arrondissements de Marseille. Les 230 grévistes exigent que leur directeur et son adjoint soient mutés ailleurs, dénonçant le « harcèlement quotidien » qu’ils exercent sur les salariés.

Un travailleurs témoigne que depuis l’arrivée de ce directeur en 2017, l’entreprise a connu une quarantaine de licenciements. Ces méthodes de la direction, que relatent les salariés, font largement échos aux politiques patronales menées depuis des mois : des licenciement massifs qui précarisent l’ensemble des travailleurs, et en premier lieu ceux qui étaient en première ligne face à la pandémie, les « héros » du Covid. C’est d’ailleurs les licenciements à tour de bras qui avaient poussé un éboueur au suicide, licencé après avoir été mobilisé pendant le covid.

La grève des éboueurs marseillais fait écho à la colère exprimée à Paris, où des agents de nettoyage exigeaient déjà il y a quelques semaines des conditions de travail décentes avec le matériel sanitaire nécessaire pour ceux qui brassent les ordures et les bactéries qui s’y trouvent indéniablement.

Ce service public et essentiel connaît une privatisation croissante, avec un recours massif à des entreprises de sous-traitance donc le seul objectif est d’accumuler du profit en faisant payer la crise aux travailleurs. « Il agit en dictateur, met la pression et harcèle les salariés » témoigne un salarié à propos du directeur. En ce sens, et en période de crise économique qui fait gonfler le chômage et favorise le chantage à l’emploi, ces méthodes visent à imposer des conditions de travail toujours plus dégradées. 

Mais depuis une semaine les grévistes ne cèdent pas à la pression. La direction a proposé de « réviser le règlement intérieur et à remettre à zéro les dossiers disciplinaires ». Une proposition méprisante envers les travailleurs qui savent très bien que les sanctions et les pressions augmenteront si le rapport de forces retombe, dans ce contexte de crise. L’un d’eux témoigne sur le piquet : « On ne peut pas reprendre avec une direction avec laquelle on travaille avec la peur au ventre d’être licencié. Les licenciements, c’est une simple formalité pour eux et c’est la destruction d’une vie pour d’autres ».

Ayant d’abord considéré les éboueurs comme des héros, la métropole s’est rapidement alignée sur la direction de Derichebourg en se plaignant des grévistes. Une tentative de casser la grève par le biais d’un illusoire dialogue social a vu le jour ce mardi en « réunissant syndicats et représentants de la direction de l’entreprise », mais aucun accord n’en est sorti.

Plus significatif encore du mépris porté aux grévistes, selon Emmanuel Brun, directeur général de Poly-Environnement, maison mère de Polyceo, le problème serait surtout « la volonté de certains salariés de ne pas se soumettre à certaines règles ». On ne saurait mieux résumer le cynisme d’un patronat décomplexé qui compte faire payer la crise aux travailleurs coûte que coûte.

Aussi la Métropole n’ayant pas réussi à faire plier les travailleurs par un accord, a décidé de faire appel aux forces de répression pour lever les blocages des sites de tri. Encore une fois les institutions qui privatisent leurs services et les patrons qui en tirent profits s’entendent sur des intérêts communs, utilisant leur bras armé pour mater toute contestation. A l’instar des autres secteurs qui ont relevé la tête contre la privatisation et pour défendre leurs intérêts et ceux des usagers, comme la SNCF, la RATP, ou plus récemment les hospitaliers la seule réponse est celle de la matraque. 

Il s’agit donc, au delà de revendiquer le départ de deux membres de la direction, d’exiger l’arrêt de la privatisation et du recours à la sous-traitance au sein de ces secteurs essentiels. Des services qui ne peuvent être assurés convenablement et avec des conditions de travail dignes que par un contrôle des travailleurs eux-mêmes en étroit lien avec la population. 

Une solidarité semble se nouer autour des grévistes au grand dam de la direction qui dénonce « des interventions extérieures à l’entreprise ; on a bien vu pendant ce mouvement qu’un certain nombre de ceux qui sont dans les piquets de grève n’appartiennent pas à l’entreprise ». C’est de cette solidarité entre les agents et la population et les autres secteurs du monde du travail dont il faut se nourrir pour construire un rapport de force contre le patronat qui cherche à nous faire payer la crise.

 

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Le syndicat d’entreprise est la base du syndicalisme, car situé au plus près du salarié. Il fonctionne avec les syndiqués qui proposent, orientent et décident de l’activité.

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